Archive for the ‘domestikus’ Category

le 11/11/2005 dans la nuit – silence

14 mars 2015

°

dans la nuit
la lumière du compteur électrique pulse
– silence

°

dans la nuit
l’oeil rouge de la machine à laver
– silence

°

dp.(11/11/2005).

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Haïbun aux tranchées – D. Py

13 mai 2014

HAÏBUN AUX TRANCHÉES.

Nous avions rendez-vous chez Valérie pour son anniversaire. Elle avait prévu un brunch, un ginko, un kukaï, et un goûter pour terminer. Le temps, couvert en début de matinée, s’était éclairci, nous permettant cette promenade espérée. Direction le parc Robinson, de l’autre côté de la Seine, que jouxtait le « Cimetière des Chiens », mais où étaient inhumés également « chats, oiseaux, lapins, tortues, hamsters, poissons, chevaux, et même singe, gazelle, fennec, maki. », comme nous l’enseigna la brochure échangée par le préposé en contrepartie de notre écot d’entrée.
Ainsi put on découvrir quelques épitaphes remarquables :
« À notre bébé chéri KIKI »,
« SUSHI Ange Poilu »,
« TAMISE, ton Waouh Waouh nous manquera toujours »,
« À mon ChatChat tant aimé »,
« KOLA dors bien »,
« Ma MAMMINE Grand amateur de fromage »…

Quelques poèmes étaient également gravés en l’honneur de ces très chéris. Je remarquai parmi ceux-ci un premier vers :
« Ici repose Dick, des tranchées compagnon fidèle »…
et revins alors sur ses dates : 1915-1929.

Le centenaire de cette boucherie était alors partout célébré. Je me remémorai ces haïkus de la Grande Guerre, lus quelques années auparavant, à la bibliothèque Carnegie de Reims, où je travaillais à l’époque. Ils venaient d’être remis au goût du jour par une anthologie opportune.

Nous étions ensuite revenus partager et commenter nos tercets respectifs, concoctés au cours de cette marche, et nous étions enfin séparés après les gâteaux festifs et le champagne.

Ce même soir, rentré à la maison, je décidai de faire l’inventaire d’une malle héritée de ma mère.
Au milieu de divers bibelots figurait un cahier de « souvenirs », ainsi qu’elle l’avait intitulé. Je ne tardai pas à le feuilleter. Une lettre qu’elle m’avait écrite un an auparavant, mais ne m’avait pas envoyée, s’y trouvait insérée. En haut de la deuxième page j’y lus : « En ce moment je me rappelle les chiens qu’on a eus et qui étaient de vrais amis ». L’énumération commençait : « Toby dit Toto le premier chien de mon enfance (sa mère « Fifine » avait été rapportée de la guerre par mon père. C’était une chienne de tranchée) »…

Quelle coïncidence, me dis-je ! Le même jour, exactement, cette visite au Cimetière des Chiens où « repose Dick, des tranchées compagnon fidèle », puis cette lettre de souvenirs mentionnant Fifine, chienne de tranchée !

Balade-haïku
Sous le pont
une Africaine en boubou
devant sa tente Quechua

Daniel Py, Orly, le 28 avril 2014.

Gink(h)o « Amours enfouies » (27/4/2014)

11 mai 2014

Voici la suite de (18) haïkus écrite lors de la balade-haïku entre Clichy et Asnières-sur-Seine, le dimanche 27 avril 2014, organisées par notre amie Valérie Rivoallon, lors de sa fête-anniversaire :

°

Pour son anniversaire
une visite au cimetière
animalier d’Asnières
(1)

Cimetière d’Asnières –
niche en ciment
du regretté Bijou
(2)

Pierre tombale
« 6 kilos d’amour » –
une tonne de solitude
(3)

sur le marbre luisant de Moon
des pétales de marronnier
tombés
(1)

Chat tigré
recueilli sur la tombe
d’un congénère
(4)

des rires
dans le cimetière aux chiens –
et des chants d’oiseaux
(1)

Pâques de Médor –
entre les pensées violettes
un lapin Lindt
(5)

Soleil d’avril –
un chat joue sur les tombes
de ses congénères
(6)

Pierre tombale
vide et déplacée
« À notre Fantomas »
(5)

Trois minettes
côte à côte
pour l’éternité
(4)

Une sirène
à réveiller les morts –
Ah non !
(5)

Vert jade du fleuve
île flottante
de déchets
(2)

Sammy –
un sapin de Noël
fleurit sa tombe
(7)

Repos éternel
Narcisse sous un blason
sa balle à portée de patte
(2)

Cimetière des chiens –
le sien a fini
à la poubelle
(7)

sous le pont de Clichy
une femme en boubou
devant sa tente Quechua
(1)

Proche du mausolée
de Kiki – la tente
d’une sans-abri
(6)

Chienchiens et minettes
au cimetière d’Asnières –
amours enfouies
(8)

°

Index des auteur(e)s :

(1) Daniel Py
(2) Roselyne Fritel
(3) Jany Haibe
(4) Isabelle Ypsilantis
(5) Monique Serres
(6) Fabienne Caurant
(7) Valérie Rivoallon
(8) Christine Herment.

°

haïku, etc. Py – août 2013 – 1/2

28 août 2013

°°°

(ROUMANIE)

Bucharest-Ouest
des chiens sauvages aboient
autour de 4 heures 30

carré bleu
le jour se lève
sur les cris des chiens

certaines voitures
n’ont pas l’heur de leur plaire
: aboiements de chiens

piquant une courte pointe
derrière quelque voiture :
les chiens de l’aube

surveillant la rue à l’aube
une patrouille de chiens sauvages

Éteindre la voix des chiens
en fermant les fenêtres…
premier matin d’août

(… la danse de la pluie sur le trottoir…)

Du lac Bâlea
repêché
une coccinelle jaune

l’eau du lac
tâtée de la main
à 2044 mètres

un billet d’un leu *
offert au lac –
fait la planche

* monnaie roumaine : un leu, deux lei.

Un chien sauvage
dort sous un banc
à l’ombre –
à portée d’ouïe
des chants religieux
dans le parc du monastère

(Curtea de Arges)

/ sous un banc
à l’ombre
un chien endormi –
chants religieux
(diffusés) dans le parc
du monastère

sur un panneau
deux « sens unic »
en sens contraire

(Sibiu)

(Bras(h)ov)

la carriole à cheval
ramène le bois
par la route Nationale

Moisson faite,
des cigognes
dans le champ

(Transsylvanie)

Une nuit à Bras(h)ov *:
deux chats s’injuriant furieusement,
un fêtard gueulard…

* prononcer « Brachof », s’écrit en fait avec un s-cédille – 3/4-8-13

culte célébré,
le pasteur
quitte l’église fortifiée
de Neustadt / Cristian,
sa valise à la main

(où s’est rangée
sa robe noire)

(Bran :)

Pansu
le notaire
nous narre l’histoire
(du cœur)
de la Reine Marie
de Roumanie
entre Balçik et Bran
à l’apéro du soir

Dans la cour
du château de Dracula,
un gong

cris de chiens
très tôt
dans la ville
aux légendes draculéennes

Au pays de Dracula
son peigne au matin
a perdu une dent

ou :

Dans la ville du château de Dracula,
ton peigne au matin
perd une dent

ou :

son peigne
perd une dent –
ville de Dracula

au pays de Dracula
au milieu de la nuit
le bruit
d’un pipi

Du haut de la montagne
un Christ
en saut de l’ange

(Podu Dâmbovitei)

pentes montagneuses –
les fenaisons
familiales

(Constantza) :

une poche
de petits pois congelés
pour soulager la cheville
de la femme blessée

une moustiquaire –
une piqûre de moustique

/

la moustiquaire ;
un insecte à longues antennes
sur mon doigt

la nuit
rayée
d’un moteur de moto

les pommes tombent
– automne vert

/

le lendemain de la visite
au château « de Dracula »,
les pommes tombées dans l’herbe

/

les pommes tombent
je lace ses chaussures

Chiens, coqs de Roumanie.

(Viisoara)

Pique-nique à l’ermitage *

Quand les assiettes
s’envolent
les voix aussi

/

les liserons accueillants
sur le pas de porte
de l’ermitage *

* des Codrescu.

/

contre le mur
les futures confitures de mûres

(Constantza)

une carriole à cheval
passe
une sirène de police

deuxième nuit à Constanza :
pas de moto qui déchire la nuit

(Histria) :

dominant les ruines archéologiques,
un nid de cigognes
délabré

/

du fond d’une excavation antique,
des pousses vertes

/

au bord du chemin
du site archéologique
un peigne abandonné

/

sur le bord du lac Sinoe
une colonie de grenouilles paisibles

/

une grenouille verte
qui n’a pas peur d’un poète –
vaguelettes au bord du lac

/

photographiant
la meuf et l’âne
(- Histria)

dogs’ barks visiting our area
at night

des aboiements de chiens
en visite dans notre quartier
la nuit

avec nous dort
l’odeur de naphtaline

une grande plaine aride
traversée par la chaleur
et des pylônes électriques

a dry land
crossed by the heat
and power-lines

balade en forêt,
un bouquin d’arbres

à l’ombre du Monument Triomphal
un chien
au repos

in the shadow of the Triumphal Monument,
a dog
rests

(Monastère Saint-Andréï) :

route du monastère
les panneaux routiers
tous cabossés

un chevreuil sautant
dans un panneau
tout cabossé

a deer jumping
into an antique
sign post

Près du monastère
la cloche
écrasée de soleil

near the monastery
the bell
sun-struck

/

near the monastery
the sun-struck
bell

sur la cloche
à l’extérieur du monastère
pas de * papillon

* aucun

on the bell
outside the monastery
no butterfly

sur la cloche
du monastère
des guêpes

on the bell
of the monastery
wasps

un coup de * la cloche
les guêpes
s’envolent

* sur

près de la cloche
du temple
le papillon
de ton baiser

not far
from the monastery
the butterfly
of your kiss

Au monastère,
nous nous tapons la cloche

le papillon
sonné
se met à voler
droit

bell-struck
the butterfly
flies straight

dans l’urne
de la grotte du monastère :
des haïkus ?

dans la brouette
des cris
d’hirondelles

/

une brouette
remplie
de cris d’hirondelles

au monastère
le poney
devant le pope
défroque la visiteuse

(lac Sinoe) :

canicule –
les grenouilles dans les vaguelettes
au bord du lac (Sinoe)

scorching heat –
frogs in the wavelets
of (the) Sinoe lake

(Constantza) :

en bas du frigidaire
piqueté de rouille
ce bandeau rouge :
GARANTIE
2 ANI

une étoile cirée…

calligraffiti
sur la lanterne japonaise
vandalisée

calligragraffiti
on the vandalized
japanese lantern

pendant la lecture de haïkus
une mouette
se met à crier

during the haiku reading
a gull
cries

chants des grillons, bruits des vagues,
des chiens se répondent
le long de la mer Noire

/

loin de celui des hommes
le concert des grillons
et des vagues

°

Un tremblement de ciel (haïbun) :

Nous nous embrassons sur les lèvres rapidement. C’est comme un papillon embrassant une fleur (rapidement). Nous sommes en train de visiter le monastère de Saint-Andréï. À peu de distance se tient sa grosse cloche. Je n’oublie pas nos racines – Buson :

près de la cloche
du temple, le papillon
de ton baiser

(10/8/13)

Et aussi, enfin :

le papillon sonné
se met à voler
droit

(11/8/13)

We kiss on the lips very briefly. It’s like a butterfly kissing a flower. Were visiting St-Andrew’s monastery. Next to it stands its big bell. I do not forget our roots – Buson :

near the temple bell
the butterfly
of your kiss

(10/8/13)

and also, lastly :

bell-struck
the butterfly
flies straight

(11/8/13)

°

dans le même sens qu’Ovide
regarder la Mer Noire

(Musée archéologique de Constantza)

toutes ces mouettes
qui ont crié
au-dessus de la tête
d’Ovide !

au musée d’archéologie
une chaise branlante

sur la (grande) place
du musée archéologique
en chantier
Ovide reste de bronze

/

sur tout ce qui peut se passer
autour de lui,
Ovide
reste de bronze

au centre de la place
Ovide
et les excavatrices

, les tuyaux, les blocs de pierre,
les touristes et leurs bus

– et quelquefois les mouettes

les pigeons
chient-ils aussi
sur (la tête d’) Ovide ?

mettre un téléphone
portable
à l’oreille d’Ovide ?

Aujourd’hui Ovide
regarde
les moutons sur la mer

Ovide songeur,
perdu dans ses pensées
(tête penchée sur sa main droite)

sur mon sexe
elle écrivit
son prénom

/

sur mon sexe
elle n’écrivit
que son prénom

cabine d’essayage –
pensant à Untel *

(City Park Mall, Constantza)

* or. : à A.C. (en toutes lettres) /; à X…

dans la baie
baigneurs et mouettes
(sur la même ligne)
entre les algues

(O)mis mon maillot à Mamaïa…

dernier bain –
dans son maillot
des algues
de la Mer Noire

3 h – 10
un chien se met à aboyer
une voiture passe
puis une autre
et encore
aboiements

(Frankfurt) :

à l’aéroport
en transit
la passagère est priée
de faire l’avion
pour la fouille

/

transit –
la passagère
lève ses ailes
à la fouille

avant le décollage
déjà
les turbulences
de deux frère et sœur

colliers de lumière :
deux stades
peu après le décollage

la demi-lune brille
sur l’aile de l’avion
– son fil

/

la lune
tient * l’avion
par l’aile

* tire / guide / mène

On dirait que les lumières
veulent signifier
quelque mot

araignées,
drôles d’insectes

un tapis de lumières
orangées

Roissy

(13/8/13)

°°°

(ancien…)

elle nettoie le miroir
mes yeux tombent
entre ses quatre seins

Il vieillit
son miroir
ne fait pas un pli
/ n’a pas fait un pli

n’en fait pas un plat

/

À ride éra
petit patapon

À Ronflant-cette-narine…

le noyau du r
êve,
qu’est-ce ?

°°°

(à suivre, août 2013, 2/2.)

Haïku etc de Py, mai 2013, 2/2

17 juin 2013

***

 

moucheron

remonte le long de mon verre de lunette

puis s’envole

– soir de mai

 

 

cônes roses, cônes blancs

ces marronniers ?

taillés au carré

 

 

N’ayant pu trouver le vent dans ses soufflets,

l’accordéoniste regarde un coucher de poisson du balcon.

 

 

…« les goélistes verts »-

 

sur la terrasse

un fauteuil

roucoulant…

 

 

(Kyôku) haïkuisine :

 

Ô comme j’admire

ma femme à poêles

dans la cuisine

 

(Kyôka) domestiku :

 

… et à vapeur,

au-dessus de la planche à repasser

 

 

un chêne

en bois dormant…

 

 

les oiseaux se disent-ils

qu’il ne fait pas chaud

pour un vingt-quatre mai ?

 

 

les bornes chauffantes

dans la gare

allumées

 

 

Haïcoup de foudre

Haïfoudre

Haïcoudre

 

 

perles multicolores

dans le gazon :

le soleil sur la rosée

 

/

 

les perles multicolores

du soleil sur la rosée

 

/

 

toutes les couleurs

des gouttes de rosée

(sur le gazon)

 

/

 

toutes les couleurs

des brillants dans le gazon

 

/

 

mille diamants de couleurs

dans l’herbe verte

(le soleil sur la rosée)

 

 

un mariage

traverse le pont :

les hommes (passés) par les fenêtres…

 

/

 

un mariage

passe sur le pont

les hommes par les fenêtres

 

 

les petits chatons

en crottes

sur la chaussée…

 

 

sur la Seine flottent

quelques bâtons (de bois)

– où allez-vous ?

 

/

 

calmitude

un objet de bois

descend la Seine

 

 

(Petite suite en Seine) :

 

les ailes

plus grandes que le corps

ce moucheron sur mon index

 

/

 

près de la berge

le fleuve parle

 

/

 

envolé de mon doigt,

je peux reprendre ma marche

 

/

 

les mots de l’eau

près du bord

 

/

 

encore un insecte :

ne pas tourner la page

 

 

(Kyôku) :

 

(De grâce,)

Simplifiez (encore)

vos haïkus !

 

( : inversions, rejets,…)

 

 

dimanche matin tôt

trois musiciens slaves

l’accordéon sur le dos

 

/

 

dimanche matin tôt

trois accordéonistes

en gare

 

 

le bourdon quitte le bouton d’or oscille

 

 

entre deux haïkus

un moucheron

aplati

 

/

 

entre deux haïkus

un moucheron

noir

 

/

 

(à Christophe Jubien, cf ‘Les mains du bol à fleurs’ :)

 

entre les haïkus

de la « Rue du massacre »

et du « vieux curé »

un moucheron

(mort)

 

 

(Kyôku :)

 

Le haïku (est un) raccourci (de mots)

« rhaïkourci » ?

 

 

Aucune respectation

dit-elle, sa copine

Aucun respect

 

 

(Dad’s) dog

begging for a jog –

– feeling guilty

 

chien

quémandant un jogging –

– me sens coupable

 

 

une femme somptueuse

disparaît

dans le métro

 

 

(d’après Andrew Shimield in « Blithe Spirit » 23, vol.1, p.14 : « morning dew / the car wing mirrors / draped in spider webs » :)

 

l’araignée ce matin

a pris

une glace

 

 

Le jour des saints

que fais-je ?

 

 

quai de métro

elle tient son arbrisseau

par la racine

 

 

dernier gros morceau

de stress :

dossier de retraite

 

 

ô suce temps, Pan ton vol !

 

/

 

(…)

 

 

Debout les mores !

 

 

poèmes de la nuit,

aucune trace sur le papier

 

/

 

poèmes de la nuit

rosée évaporée

 

 

soudain quelque chose

se produit : haïku

 

 

le poète

parti ;

les instants-haïku

 

 

(Kyôku :)

 

Wanting to be « modern »

resolutely – absolutely =

anything (n’imprte quoi) goes !

 

 

seul en train

les gouttes de la pluie

craquent au carreau

 

 

rondeurs du jour

 

 

« Les Saules »

sous la pluie,

chemins d’herbes

dans le bitume

 

 

un moineau

tombe comme une feuille :

miette de pain

 

 

la vitesse

non affichée

du tgv –

la cannette de bière

glisse sur la tablette

 

 

fin mai

une petite feuille verte

de ginkgo biloba

au sol

 

***

Haïkus, etc de PY, août 2012 (1/2)

30 août 2012

°

une rondelle de fromage de chèvre –
la pleine lune

°

le long de l’autoroute
les automobilistes regardent
les éoliennes tourner

°

(Kyôku :)

Un haïku, sont-ce des mots en bouton(s) ?

(cf Japanese English Haiku 2008, ed. Modern Haiku Association, p. IX : « …a good haiku unfolds… »)

°
(filosofik ? )

bientôt
le regard
du silence

°

l’ « amarsissage » réussi
(de la navette spatiale)…

°

toutes les vaches
sous l’arbre
du champ

°

Août
quelques gouttes d’une pêche
par le balcon

°

herbes
à fleurettes blanches
des escargots
de la garrigue

rasant les herbes
et leurs escargots blancs :
tracteur de l’après-midi

escargots blancs des herbes
épargnés
par la faucheuse

bouquets d’escargots blancs
sur des tiges de Provence
– Tai-ji dans la garrigue

°

suspendu au balcon
un long cheveu blond :
toile d’araignée

°

on dirait qu’elle fait la cuisine
dans la cuisine :
bruit(s) de spatule en bois

°

heure de la sieste –
une cigale s’élance

°
(Kyôku(s) :)

le haïku « vécu » / « inspiré » / « reçu »
plutôt que
le haïku « conçu » / « concocté » (= popotaïku / haïkuisiné / Haïkuit !) / « haïconçu »

Bolt * of lightning-haiku
* (cf : Usain Bolt, London Olympic Games, 2012.)

Le haïku (comme) choc /
Striking (haiku)

Haïku, le sens du moins-soi

°

elle secoue
nue
un cheveu
par-dessus le balcon
de la garrigue
un homme
lui répond

°

nuit d’août :
un papillon, deux coccinelles
décorent l’abat-jour

°

un pet
rond
comme un ballon de hand-ball

(J.O. de Londres)

°

un haïku
a atterri
dans la cabine
neuf

(Thermes de Gréoux-les-Bains)

°
(rêve :)

sur la fenêtre
quelqu’un a senti l’eau s’éloigner
du paysage désolé

°

a)
(les) jambes repliées
elle dort
dans la nuit d’août

b)
bras croisés
son sommeil
sur la nuit d’août

°

immensément seul (…)

°

voix de voisins
sur leur balcon :
soudaine envie d’anis

°

Le soleil rongé
d’un paillasson
Esparron-de-Verdon

une plume descend en tournoyant
d’un rempart du XIIIème siècle

dans une meurtrière
une bouteille en verre
(vide)

dans le lavoir
du château
un mégot

°

bruit dans les nuages
les gens remontent du bord du lac
la cigale s’arrête de scier

(- sauve qui pleut !)

°

ronflant à l’expir
ronflant à l’inspir –
nuit d’étoiles

°

deux copule-en-l’air
entre par la fenêtre de la cuisine
puis ressort

(après-midi d’août)

°

sur les marbres luisants
passe le soleil
et ses nuages

(cimetière de Riez)

°
(kyôku(s) :)

travail d’écriture / de réécriture du haïku :
retrouver (en mots) l’exacte sensation / l’étincelle / première.

Théoriser – Théorire

°

projection (intersticielle)
de fil dentaire :
miroir de la salle de bain

°

L’arbre
trempe l’ombre de ses feuilles
dans le maigre cours d’eau

°

un avion de chasse
déchire
(l’heure de) la sieste

°

12 anneaux
au rideau de la cabine thermale –
les J.O. terminés

°

deux copule-en-vol
(les mêmes ?)
au début
d’un autre
après-midi

°

La vierge Marie
assomptueuse ?
– deux « copule-en-vol ».

°
(Bashôtage :)

la gueule du crapaud
en forme de saut *
silence

* couverture de The Genius of Haiku, readings from R.H.Blyth, Ed. BHS.

°

du buisson
(où je pourrais me jeter)
des oiseaux s’envolent

°

« Au 15 Août le coucou
perd son chant
c’est la caille qui le reprend »
: près du panneau,
le coucou d’une tourterelle

°
(Bashôtage ?)

vieille mare –
le bruit des cigales

°

de la lavande s’approchent
ma main
et un papillon

°

le long du Verdon
un caneton
accordé
au cours du courant

°
(à suivre : 2/2)

Haiku, etc, de Py – juin 2011 – 2/3

24 juin 2011

°

un coup de pinsaule

grand angle –
le feu noir
s’éteint

°
(Bashôtages :)

vieille mare –
de qui le plop !
en surface ?

la vieille mare :
pas vu,
entendu
plop !

vieille mare :
le son
d’un saut

vieille mare :
le son
d’un seau
(?)

après le plop !
la mare
de nouveau
vieille

la mare
ondule
avalant
un plop

du choc
la vieille mare
se gondole

choc !
le pouls
de l’eau
s’affole

après le choc
le pouls de la rivière
ralentit

autour du mystère
de la vieille mare :
toute une vie de haïkiste…?


(5/7/5 !:)

l’esprit agité,
comme si des grenouilles y
sautaient sans cesse

de grenouilles
sautant sans cesse :
marre !

°

un beau haïku
5/9/5
au fond

à la pêche
d’un haïku
plongé

°

blanche –
elle ne sort que
les jours de pluie

sur son pied
vers le sol :
serpente

« La forme
sans forme »
du haïku…

… que de quelques corbeaux au Québec…

la vague intéressante, c’est le t(h)on –

Le thon rouge = Le thon des cerises ?

cependant qu’un enfant lentement…

°

entendre le silence
du haïku

(où tout baigne)

de 7 à 5 :
haïkus tordus !

de 7 à 5
les « confectionneurs » de haïkus
se tordent pieds et mains

les confectionneurs de haïkus
maint pied
se prennent
dans le tapis
5/7/5

Suivez
le rythme naturel (/le plus naturel)
du dire ! / de l’écrire !

°

aux cinq coins du monde…
(ex : les 5 continents)

°
(Bashôtages :)

du bord
de l’eau, ah, croupie,
la grenouille se détend
– plouf !

du bord
de l’eau croupie
la grenouille se d’étang
– Ah !

vieille étend –
son linge au soleil

vieil étang :
dard du plouf !

au vieil étend
dare darde le soleil
ses rayons

au vieil étang
dare-dare plonge un crapaud
– Accourez, oyez tous !

°

à la pointe de l’épée de Jeanne :
une plante en pot fichée
– Cathédrale de Reims

lit vide :
la voisine
délaissée

(SSS ?)

l’étalon
à talons

: détalons !

(: d’Attali ?)

le souffle chaud
du train de l’après-midi
s’arrête en gare

(comité de réception ? :)

Les trois grasses
plantées à l’accueil

°
(Bashôtage :)

de la grenouille
les ronds
dans l’eau usée

°

dans la cour de l’école
jouent
les fleurs de cerisiers

°

Amoindrir

Ah, moins dire !

°

un bac rempli de la
poussière de l’église,
plus une plume

un bac rempli de poussière
plus une plume
de l’église

°

Entends-tu
le bruit
que font tes talons ?

(couloir de métro)

toutes les mouches
autour de la lampe
même en plein jour

deux
papillons blancs
voletant
au-dessus de
volubilis blancs

deux papillons blancs
voletant au-dessus de
volubilis blancs

lue
la lumière des lucioles
: jamais vue !

Le Sacré-Coeur :
pour écraser le souvenir
de La Commune !

°

Bannir les « comme » du haïku ;
« comme » : ce « piège » de la poésie occidentale !

[ : en lisant une anthologie de haïkus japonais contemporains ]

, ces « comme », dont nous faisons incommensurable indigestion, par ici !

°

une bulle de savon,
le barreau d’un grille :
deux bulles de savon

une seule feuille
captant tout le soleil
– patience !

fun –
une feuille
tombe en juin

que de pissenlits fleuris
dans ce champ
et que de moutons !

que de pissenlits,
que de moutons
dans ce champ !

(Aveyron, 4/11)

°

Haïkus, etc – Py – fév. 11

2 mars 2011

°

ajoutant du gris
au gris du ciel,
l’incinérateur

°

infimes flocons de neige –
sortie de répétition

infimes flocons de neige;
chewing-gums sur la chaussée

°

à la recherche du
temps qui place…

°

(goé-
mon) professeur
d’engrais

°

croa croa croa
au-dessus de la ville
enneigée

°

seules
quelques feuilles
défaillent

°

de part et d’autre
de l’église,
la queue pour la soupe populaire,
la queue pour l’entrée du concert

(5/2/11, Saint-Eustache)

°

2011,
l’année
des haïkus
du lapin

°

sa voix n’a pas
la forme de ses lèvres –
boulangerie

°

Guillaume Séchet
présente la météo
– 8 février

°

fasciné
par le clou :
ce soir
son ombre
vers le haut

captivated
by the nail :
tonite
its shadow
upwards

°

à chaque battement de son coeur
l’écran
tremble

°

mercredi :
les rues au matin
beaucoup plus calmes ;

ni poussettes
dans le bus

°

D’un-mot-ku :

« passe »

(Combien de temps
entre le « p » initial
et le « e » final
de
« passe »
?)

°

les nuages refont le coup
de la couleur des lampadaires
– matin d’hiver

(12/2, Orly-Ville)

°

ton tube-dentifrice
sur le mien :
veille de la Saint-Valentin

°

la fin de ton haïku :
le bord d’une falaise

°

Saint-Valentin –
la bouteille de champagne
à 69 euros

°

dans un appartement
un peintre peint
les contours
du ciel
gris

°

Partir, c’est m’ouvrir un peu…

°

les mains mouettes…

°

Saint-Valentin –
au milieu de la route
deux pies
se partagent
un sandwich

°

boules
qui est-ce
qui ronfle
encore ?

°

ont descendu
indécents nus
l’escalier

(cf Picasso…)

°

une balle
rebondit
et roule
jusqu’au bout de la pièce

ping-pong ? –
une balle qui tombe,
rebondit
et me réveille

°

Sarkozy,
président
de la Ré-privée !

°

deuil :
rapprochement familial

Des nuages lumineux
franchissent le pont —
L’on parle de deuils

°

la parole en joue…

°

filet flûté :
le concert
de la prostate

°

brassant le brouillard,
l’éolienne

°

« Monsieur Renard, le marchand de volailles… »

(: maman.)

°

un violent séisme
un violoncelliste

°

"ses petits doigts
pas plus gros
que les fraises des bois"

(: maman / Romain)

°

nous arriverons
par le vent du soir
inquiet des amandiers

°

toi, dont les cils ondoient –
toi, dont les si longs doigts

°

120 à l'heure –
entre conducteur et volant :
boucles blondes

°

le soir descend –
l'on assemble des cartons

le soir
entre
dans un carton
de déménagement

the evening
-darkness
fills
a cardboard box

°

vasque haut de gamma

°

patères
pas chères

°

la vieille dame
se souvient
un peu tard
de son
"activité-mémoire"

°

supérieurs
si peu rieurs

°

de temps à autre
une fille qui dit :
"j'm'en bats les couilles"

°

porte d'entrée grande ouverte :
un chapeau de paille
une paire de chaussures à talons

°

plage :
toute la famille
en rouge-coca

on the beach
the whole family
coca-cola red

°

le chant d'un oiseau
perce le gris
du matin

(fin février)
°

Après Mata-Hari :
MAlliot-à-ri
sques ?

°

Sarkozy,
(ou) la logique
épidermique ;

le com-
passionnel

°

coucou :

cinq coups
puis six coups :
haïku matinal

°

la saucisse aussi

°

07 : 07 :
déjà levé(s)
les haïku(s) !

°

accueillant coyote

°

(exploitation du gaz de schiste) :

(nous pourrir)
la planète
(déjà)
pas nette !…
= em-pirer !

le « Grenelle » : des dupes !

°

Saint-Valentin –
la lune d’un côté
les nuages de l’autre

Valentine’s night :
the moon one way
the clouds the other

(2008/2011)

°

dernier février –
une belle paire de jambes
disparaît
au coin de la rue

°

d’en bas de l’escalier
monte
sa gorge

°

Cet urlute Berlu-

°

dernier février –
premières jonquilles
au coin de la rue

°°°

dp. (2/11)

Haïkus, etc. Py – janvier 2011 – 1/2

24 janvier 2011

°

le soleil
frappe les glaçons du toit
– premier jour de l’an

le soleil glisse
sur les pentes enneigées :
restaurant de l’alpage

°

des touffes de poils arrachés,
des gouttes jaunes
sur la neige

(Savoie, fin 12/10)

°

bouclés de givre
les arbres ;
le début de l’an *

* Langres, plateau à l’est de la France.

°

des cris de métal
régulièrement –
gare de Drancy *

(d’après 2/2/04)

* en Île-de-France, d’où partaient les convois de prisonniers pour les camps d’extermination nazie.

°

à chaque extrémité
de la feuille de vigne
une goutte de rosée

(Pont-aux-Moines, 200?)

°

une abeille
se traîne

sur le parvis
de l’église

(Lot, 200?)

°

sur sa porte
lu :
 » je suis ouverte  »

(Paris, 2000?)

°

au Musée de l’Erotisme
cette inscription :
 » AIR CON – – –  »

(d’après 31/12/06)

°

marchant le long du mur :
elle
et son ombre

le pain
levé comme jamais
– lune noire

sur le toit gris
des rouleaux
de laine de verre

mi-janvier
un père Noël attardé
contre une façade

les lampions du matin
les couleurs du ciel

son archet
traverse l’après-midi
– mi-janvier

°

matin de novembre
la voisine
jour du cor

(12/12/06)

°
(à suivre… 2/2)

haïku, etc. – Py – Déc. 2010

3 janvier 2011

°

des flocons
vers les feuilles
– 1er décembre

feuille verte
dans le métro –
neige
au-dehors

de l’arbre nu
des pommes jaunes
au-dessus de la neige

(Choisy-le-Roi)

(d’après E. Hellal)

première neige
une péniche
passe

copeaux d’anche –
dehors
la neige

le ballet de son ombre
de réverbère
en réverbère

couinements lancinants
de l’escalier mécanique
– RER E

une pisse de chien
en train de geler
– lundi 13

un chat blanc passe
dans le salon du voisin –
flocons de neige

ce matin
gouttes
flottantes

régulièrement la neige —
une tasse de café
sur le trottoir

une barrette à cheveux
sous la neige …
… Buson

croa croa croa
au-dessus de la
ville de neige

le papillon
et moi…
respirons

(Ancien :)

café :
des étudiantes
ordinent…

vélos alignés :
toutes les selles blanches

snowy + owl
=
SNOWL

snOwl

°

cOld

°

le soleil se lève dans les nuages
– première aube de l’hiver

°

(Kyôbun au chapeau de paille) :

Dans le haïku, faire fusionner le « je » avec le monde… :

 » vent d’hiver
je garde mon chapeau de paille
dans la cuisine  »

(Dorothy Cameron Smith)

pouvant devenir :

vent d’hiver
gardant (son) chapeau de paille
dans la cuisine

(= (s’)objectiver… fusionner les sujets…),
slightly shifting the meaning(s) ? but O so slightly !

N’y gagne-t-on pas à « se perdre », à « s’oublier » un (tant soit) peu ?

(22/12/10)

°

lisant des haïkus d’hiver
une clémentine
sur la table

participe au présent…

(le participe poète …)

Se fondre dans la roche –
Finir par renoncer à toute volonté de « personnalité »,
d' »individualité » !
N’être (plus) qu’un –
Naître…
À n’être (plus) ? – ,
incorporé, faisant Un
avec le Tout… (?)

Naître
puis
(apprendre
à)
N’être
plus
(, en fin…)

°

Théoriser, c’est figer…

Déglacer !… Faire, Agir !

Briser les moules (des « théoriciens »)…
les contre-dire, contre-faire
… ( = s’opposer à leurs « prétentions »…)

Encore mieux que dire :
faire.

Battre en brèche leurs « certitudes » …

°

quatre nounours pendus
à deux piliers de la
gare de l’Est

°

(Du haïku :)

Le présent
est le temps qui clarifie la « vision »,
l’image.

°

pieds de vigne rachitiques –
le Père Noël
grimpe à la fenêtre

(vers Lodève)

°

(d’après un haïku ancien :)

perron –
le chat boit
les étoiles

°

brouillard
à couper
au
bus

°

aujourd’hui
les rocs
accrochent
le brouillard

(Larzac)

°

dans un champ désolé
un oiseau posé
vers Noël

°

(« Bashôtage » :)

de ma voisine
je ne connais
que le violon

(cf Bashô :

« L’automne s’achève
Je ne connais toujours pas
mon voisin »

in Fall, par LeRoy Gorman, ed. proof press, 1996)

°

Du haut des Causses
un rayon de soleil
sur Millau

°

remontant de la mare
un canard
s’ébat

– descente vers Millau

°

feuilles :
le vent
tourbillonne

°

L’art du peu :
peu de lard

/ l’art maigre

°

une plume
sur une feuille –
milieu de l’automne

(–> 23/12)

°

(senryû ancien = 2007 ? :)

plus besoin de Bush
pour écrire des senryûs :
voici Sarkozy !

Sarko-fric

(ne) Sert-qu’au-fric

: le consternant S. …

°

aussi sombre que lui
le cri du corbeau

(le) cri
et (la) corneille :
même couleur

son cri
ressemble
à sa corneille

tel corbeau
tel cri

°

1er mot de mère *
au lit ce matin :
 » feignante !…  »

* : 90 ans.

°

Noël
place de la Mangeoire
: Bethléem

°

3
c’est la moitié
de
8

Scindez un
8
vous obtiendrez
deux
3

(basculant sur le dos)

Accolez E
et 3
pour obtenir
B

Scindez B
pour donner naissance à
E 3

E 3 s’aiment = B

°

petites entailles d’avions –
soleil levant

°

On s’enfonce dans la nuit de neige –
il tourne les pages de son livre

ouvrant la fenêtre
au chalet : blanc
de carte postale

°

L’avantage du participe présent :
neutralisation du sujet…

°

(2 règles du haïku :)

La première règle dont l’on (l’Occidental) peut (/ doit ?) se défaire, c’est (de) la forme 5/7/5.

Celle dont aucun haïku ne pourra se défaire (sans imploser / exploser ), c’est le sens du présent (immédiat).

°

L’art du très peu
L’heure du très pas

°

Noircir noircir noircir —
Le bout du tunnel

°

C’est une (est)hétique :
l’ascèse des mots.

Trouver les mots
E X A C TS

(et B R E F S …)

Noircir
pour pouvoir mieux
Blanchir
(ensuite)

°

Il écrit, écrit, écrit …
toute cette neige
dehors !

°

en hiver
lisant des haïkus
d’hiver

°

corneille ou corbeau :
cri sombre

encorbeau

encorneille

encorneige

en corneille,
pas mal de neige !

°

le soleil
frappe les glaçons :
midi

midi :
le soleil
blanchit les stalactites
du balcon

°

premier matin à la neige :
allongé
au châlit

°

ouvrant les volets
dans une carte postale
de neige

°

par endroits
le long de la piste de ski :
petits trous jaunes

(Issa :

« le mince trou
fait en pissant
dans la neige devant la porte »)

°

le blanc de la neige
entrant par la fenêtre
envahit le livre

°

lavoir :
l’eau gelée
du village de montagne

°

le soleil glisse
le long des pentes enneigées
restaurant de l’alpage

°

les toits s’égouttent :
soleil du dernier décembre

°

balade en raquettes
un coq chante
fin de matinée

°

« passage à l’an neuf »
= déjà la première ligne
d’un nouveau haïku !

°

passage à l’an onze :
chacune revêt ses beaux
atours pour la fête

°

au fond du vallon,
ruisseau
du 31 décembre

°

plaques de neige
glissant des toits :
le dessin des tôles !

°°

dernière cuite de l’année :
première cuite de l’année

(31/12/10-1/1/11)

°°