Archive for février 2011

10 HAIKU d’été – Blyth – p.646-653

24 février 2011

°
(p.646 :)

waga tame ni . toboshi osokare . haru no kure

Gyôdai

par égard pour moi,
allumez les lampes tard,
ce soir de printemps

°
(p.647 :)

ume ikete . tsuki to mo wabin . tomoshikage

Taigi

arrangeant les fleurs de prunier,
je les apprécierais à la lueur de la lampe,
comme si sous la lune !

°
(p.651 :)

LA SAISON :

rokugatsu no . umi miyuru nari . tera no zô

Shiki

les bouddhas du temple;
au loin,
la mer de juin



ôari no . tatami wo aruku . atsusa kana

Shirô

une énorme fourmi
marche sur le tatami;
quelle chaleur !

fûrin wa . narade tokei no . atsusa kana

Yayû

la clochette-à-vent silencieuse;
la chaleur
de la pendule

°
(p.652 :)

umabae no . kasa wo hanarenu . atsusa kana

Shiki

les mouches du cheval
ne quittent pas mon kasa;
quelle chaleur !

shinanoji no . yama ga ni ni naru . atsusa kana

Issa

sur la route de Shinano,
la montagne est un fardeau que je porte –
oh ! quelle chaleur, quelle chaleur !

°
(p.653 :)

atsukurushi . midaregokoro ya . rai wo kiku

Shiki

chaleur oppressante ;
mon esprit tourbillonnant,
j’écoute les coups de tonnerre

hagakure wo . kokedete uri no . atsusa kana

Kyorai

les melons ont si chaud
qu’ils ont roulé
hors de leur cachette feuillue

kaze ikka . ninau atsusa ya . uchiwauri

Kakô

le vendeur d’éventails
porte un chargement de vent –
ah, quelle chaleur !

°
(à suivre, p.654-)

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L’Eté – HAIKU vol III – Blyth – p.641-646

24 février 2011

°
(p.645 :)

(automne)

inazuma ya . yami no kata yuku . goi no koe

Bashô

un éclair :
le cri d’un héron de nuit
volant dans le noir

(printemps :)

harusame ya . hachi no su tsutou . yane no mori

Bashô

pluie de printemps;
de l’eau fuyant par le toit
court le long du nid de guêpe

(hiver :)

uzumibi mo . kiyu ya namida no . niyuru oto

Bashô

le son des larmes
sifflant, étouffant
le charbon couvert

(printemps :)

ni ri hodo wa . tobi mo dete mau . shiohi kana

Taigi

cinq lieues à la ronde
le cerf-volant apparaît et s’élève
à marée basse

(été :)

yûdachi ni . utaruru koi no . atama kana

Shiki

averse d’été;
la pluie frappe
la tête de la carpe

(printemps :)

uguisu no . koe sede kikeri . koke no ue

Taigi

l’uguisu venu
se tient sur la mousse,
silencieux

°
(p.646 :)

(automne :)

kasa torete . ame muzan naru . kakashi kana

Hagi-jo

son kasa tombé,
la pluie tombe sans pitié
sur l’épouvantail

°
(à suivre…)

‘Seulement l’écho’ : Kyôbun critique sanguinolente – Py

23 février 2011

°

Aérez votre haïku !
Il est trop souvent
fenêtre… fermée !

(= en marge de :

La solitude
Plus lourde que la montagne
De ma fenêtre

C. Rigutto, in Seulement l’écho, antho de D.C., p.202)

L’intérêt de « tercets philosophiques » (dans cette « anthologie de haïkus francophones »), alors que l’on sait qu’ils ne sont en rien du haïku ?
A quoi bon ces thèmes recensés, resucés (, léchant « la bave des Anciens » ?), platement calqués sur une anthologie nonagénaire, tels que « quatrains à la façon des haïkaï japonais » ?
La pertinence de ces aléatoires « ruines », « voyages », « paysages », ou bien « enfants », « fêtes », « coeur », « 14 juillet »… à la manière de mots-clés (que s’évertuent par ailleurs à imposer des tenants d’une ligne dite « moderne » du haïku – même au Japon !) ?

Nombre de ces « haïkus » – choisis par un seul compilateur – ont l’infortune de ne rien susciter en moi (ou si peu !); leur saveur m’en est souvent fade, leur intérêt minime…

Certains auteurs qui n’ont qu’un ou peu de haïkus me paraissent (paradoxalement ?) être des meilleurs, de ceux qu’on aurait aimé beaucoup plus (pouvoir) lire et apprécier, à la différence de certains autres, cités en nombre surprenamment plus élevé…

Pour y revenir, des « haïkus » trop souvent « complets », qui en disent « trop », qui disent « tout », fermés, qui ne laissent pas assez de place au lecteur pour rêver, imaginer, ressentir, comme il devrait pouvoir le faire, à la lecture de tout « bon » haïku…

un peu trop lourds
un peu trop indigestes
quatre-quarts haïkus ?

Trop sages ? trop prosaïques ? « sérieux », ennuyeux à la longue ? Où est passé l’humour (: Qu’a-t-on fait du cocasse) ?

de l’esprit plaisant(in)
du haïkaï
seul un trop faible écho !

Dans cette (trop ?) épaisse recension ( plus de 350 pages, plus de 100 auteurs, plus de 500 haïkus ) la quantité ne noie-t-elle pas la qualité ?

Enfin, contrairement à ce qu’avance, simpliste, le compilateur, « choisir chaque haïku individuellement » n’est nullement « un gage de qualité » (p.7). La lecture de l’ouvrage tend à le confirmer : le choix est trop lâche, l’exigence de qualité insuffisante.
Il aurait suffi d’y travailler un peu pour gagner en force, en légèreté, en crédibilité…
Lorsqu’on cherche à plaire au plus grand nombre, * on affaiblit son propos et l’on déçoit d’autant…**
Nous aurions préféré nous enthousiasmer.
Une autre fois ?

Daniel Py, 19-24/2/2011.

* : travers de maint anthologiste – soucieux de « faire du chiffre » ? –

** « L’art de plaire est l’art de tromper. » Vauvenargues.

24 haiku de printemps – Blyth – p.634-640-

12 février 2011

°
(p.634 :)

yoku mireba . nazuna hana saku . kakine kana

Bashô

regardant soigneusement –
une bourse-de-pasteur fleurit
sous la barrière

yoku mireba . kiuri no tsubomi ya . kusa no naka

Shiki

regardant soigneusement –
les bourgeons d’une fleur de concombre
dans l’herbe

akazume ya . nazuna no mae mo . hazukashiki

Issa

devant mon gruau de bourse-de-pasteur
j’ai honte :
ces ongles sales !

°
(p. 635 :)

furudera ya . hôroku suteru . seri no naka

Buson

le vieux temple :
un plat à rôtir
jeté au milieu des seri *

* « seri est une des Sept Herbes du printemps » (Blyth.)

°
(p.636 :)

kore kiri ni . komichi tsukitari . seri no naka

Buson

c’est tout ce qu’il y a :
le sentier finit
parmi les seri

michi taete . ka ni semari saku . ibara kana

Buson

le chemin finissant,
approchant du parfum,
des roses sauvages fleuries !

samidare ni . miezu narinuru . komichi kana

Buson

dans les pluies d’été,
le sentier
a disparu

uragare no . naka ni michi aru . teruha kana

Buson

à travers le taillis desséché
un sentier ;
feuilles jaunissantes

°
(p.637 :)

sankei no . juppo ni tsukite . tade no hana

Buson

après trois pas
finit le jardin :
fleurs de renouée du Japon

soba katte . iru ya ware yuku . michi no hata

Buson

coupant le sarrasin
sur le bord de la route
où je marche

chikamichi ni . dete ureshi no no . tsutsuji kana

Buson

prenant un raccourci,
les azalées sur la lande Ureshi *
quel bonheur !

* Heureuse

ware kaeru . michi ikusuji zo . haru no kusa

Buson

sur le chemin du retour,
combien de rangées
d’herbes du printemps !

michi no be ya . te yori koborete . soba no hana

Buson

au bord de la route,
échappées des mains de quelqu’un
des fleurs de sarrasin

furumichi to . kiite yukashiki . yukino kana

Buson

entendre que c’était une ancienne route,
ce fut plaisant
sur la lande enneigée

massugu ni . michi arawarete . kare no kana

Buson

sur la lande desséchée
la route s’étend
droite

°
(p.638 :)

hasomichi ni . nariyuku koe ya . kannembutsu

Buson

chantant nenbutsu du milieu de l’hiver,
les voix des dévots plus faibles,
le chemin plus étroit



hosomichi wo . uzumi mo yaranu . ochiba kana

Buson

la sente étroite,
pas entièrement recouverte
de feuilles tombées

yamaji kite . naniyara yukashi . sumire-gusa

Bashô

venant le long du sentier montagneux,
il y a quelque chose de touchant
chez ces violettes



suwaritaru . fune wo agareba . sumire kana

Buson

sortant de bateau
qui a accosté –
les violettes !



sumire tsumeba . chiisaki haru no . kokoro kana

Gyôdai

cueillant une violette –
le tendre
Coeur du Printemps !

°
(p.639 :)

tsumu mo oshi . tsumanu mo oshiki . sumire kana

Naojo

dommage de la cueillir,
dommage de la laisser,
ah, cette violette !

te ni toreba . nao utsukushiki . sumire kana

Koshû

la violette :
tenue dans la main,
encore plus jolie

haya sabishi . asagao maku to . yû hatake

Issa

un parterre de fleurs
où on sème des belles-du-jour –
déjà la solitude !

°
(p.640 :)

honeshiba no . karare nagara mo . ki-no-me kana

Bonchô

le bois mort,
bien que coupé pour le feu
commence à bourgeonner

°

FIN de PRINTEMPS (vol. II) de HAIKU de R.H.Blyth, the Hokuseido Press, Tôkyô, 1950.

À suivre : ÉTÉ (vol. III), p.641-886.

9 Haiku de printemps – Blyth – p.629-633

11 février 2011

°
(p.629 :)

fuji no hana . tada utsubuite . wakare kana

Etsujin

fleurs de la glycine;
baissant seulement la tête
pour les adieux

haru no hi no . iru tokoro nari . fuji no hana

Issa

où le soleil du printemps
s’enfonce,
les fleurs de glycine

yamabuki no . utsurite ki naru . izumi kana

Ransetsu

prenant le reflet
du yamabuki *,
la source est jaune

* rosier jaune.

horo-horo to . yamabuki chiru ka . taki no oto

Bashô

les pétales du rosier jaune
se détachent-ils
au bruit de l’eau rapide ?

°
(p.632 :)

murusaki no . yûyama tsutsuji . ie mo nashi

Shiki

violettes les montagnes du soir,
les azalées ;
pas une maison en vue

tsutsuji ikete . sono kage ni hidara . saku onna

Bashô

une femme
sous les azalées dans un pot
déchirant de la morue sèche

°
(p.633 :)

mushitte wa . mushitte wa sutete . haru no kusa

Raizan

la cueillant, la cueillant,
la rejetant,
l’herbe du printemps

te wo nobete . ori-yuky haru no . kusaki kana

Sono-jo

tout en marchant,
j’étends ma main et cueille
les herbes et les feuilles du printemps

iroiro no . na mo muzukashi ya . haru no kusa

Shadô

tous les différents
noms difficiles :
herbes du printemps

°
(suite, p 634-)

33 Haiku + 3 waka – printemps – Blyth – p.616-628

10 février 2011

°
(p.616 :)
saku hana no . naka ni ugomeku . shujô kana

Issa

« Hommes »

nous autres humains,
qui nous tortillons parmi
les fleurs épanouies

yûzuki ya . nabe no naka nite . naku tanishi

Issa

« Enfer »

la lune du soir :
les escargots d’étang pleurent
dans la casserole

hana chiru ya . nomitaki mizu wo . tôgasumi

Issa

« Les fantômes affamés »

les fleurs s’éparpillent :
l’eau que nous désirons boire,
dans le brouillard, au loin

chiru hana ni . butsu tomo hô tomo . shiranu kana

Issa

« Animaux »

Dans la chute des fleurs,
ils ne voient pas de Bouddha,
pas de Loi

koegoe ni ; hana no kokage no . bakuchi kana

Issa

« Esprits-de-Nature malveillants »

à l’ombre des fleurs de cerisiers
voix contre voix,
les parieurs

°
(p.617 :)

kasumu hi ya . sazo tennin no . gotaikutsu

Issa

« Dieux »

jour brumeux :
même les Habitants du Ciel
le trouvent sûrement pénible !

hana ni kurete . waga ie tôki . nomichi kana

Buson

parmi les fleurs, il se fait tard,
et je suis loin de la maison –
ce chemin sur la lande

yû-zakura . kyô mo mukashi ni . nari ni keri

Issa

fleurs de cerisiers du soir :
aujourd’hui appartient maintenant aussi
au passé

°
(p.618 :)

gekkô nishi ni watareba . kaei higashi ni . ayumu kana

Buson

La lune passe à l’ouest,
l’ombre des fleurs
passe à l’est

°
(p.619 :)

hana ni kite . hana ni ineburu . itoma kana

Buson

je vins voir les fleurs
je dormis sous elles;
ce fut mon loisir

hana wo fumishi . zôri mo miete . asane kana

Buson

il dort tard;
voici ses sandales de paille
qui foulèrent les pétales tombés

haru no yo wa . sakura ni akete . shimai keri

Bashô

la nuit de printemps
s’est achevée,
l’aube sur les fleurs de cerisiers

°
(p.620 :)

ikada-shi no . mino ya arashi no . hana-goromo

Buson

les manteaux de paille des draveurs :
la tempête en fait
des robes à fleurs

hana wo en . shisha no yomichi ni . tsuki wo kana

Kikaku

pour m’apporter les fleurs,
oh, que le sentier du messager au soir
soit éclairé de lune !

°
(p.621 :)

rakka eda ni ; kaeru to mireba . kochô kana

Moritake

une fleur tombée
retournée sur sa branche !
non, c’était un papillon

kasho yorimo . gunsho ni kanashi . yoshinoo-yama

Shikô

plus que les chants,
les annales de la guerre m’ont chagriné
sur le mont Yoshino

ki no moto wa . shiru mo namasu mo . sakura kana

Bashô

sous les cerisiers,
sur la soupe, la salade de poisson et tout le reste,
pétales des fleurs

°
(p.622 :)

nawashiro no . mizu ni chiri-uku . sakura kana

Kyoroku

les fleurs de cerisiers
tombent et flottent sur l’eau
des plants de riz



shizukasa ya . chiru ni sureau . hana no oto

Chora

calme :
le bruit des pétales
descendant ensemble

(or :

le son des fleurs
qui se frottent
en tombant)

saku-karani . miru-karani hana no . chiru-karani

Onitsura

les fleurs de cerisiers éclosent;
nous les admirons;
elles tombent, et puis…

°
(p.623 :)

hito koishi . hitomoshi goro wo . sakura chiru

Shirao

mon coeur plein de désirs,
on allume les chandelles,
les fleurs de cerisiers tombent

hana chiru ya . omotaki oi no . ushiro yori

Buson

derrière moi,
vieux et faible,
les fleurs s’éparpillent

°
(p.624 :)

tada tanome . hana mo hara-hara . ano tôri

Issa

Aie simplement confiance :
les pétales ne tombent-ils pas aussi
juste ainsi ?

mizu-tori no . mune ni wake-yuku . sakura kana

Rôka

l’oiseau aquatique nage
séparant de son poitrail
les pétales de cerisiers

°
(p.625 :)

hana chirite . ko-no-ma no tera to . nari ni keri

Buson

les fleurs de cerisier tombées,
le temple appartient
aux branches

hana chirite . shizuka ni narinu . hito-gokoro

Koyû-ni

les fleurs de cerisiers tombées :
nos esprits maintenant
sont tranquilles

n’y aurait-il pas de fleurs de cerisiers
dans notre monde,
que le coeur des hommes au printemps
pourrait connaître la sérénité

(: waka de Narihira (825-880))

hana ni nenu . kore mo tagui ka . nezumi no su

Bashô

n’est-ce pas comme un nid de souris
d’être incapable de dormir
à cause des fleurs ?

°
(p.626 :)

hana chitte . take miru noki no . yasusa kana

Shadô

les fleurs tombées,
regarder les bambous
est reposant sous les auvents

hana chitte . mata shizuka nari . enjôji

Onitsura

Les fleurs de cerisiers tombées,
le temple Enjôji
est calme de nouveau

ume chitte . soreyori nochi wa . tennôji

Onitsura

après que les fleurs de prunier
sont tombées,
le temple Tennôji

°
(p.627 :)

kiniitta . sakura no kage mo . nakari keri

Issa

ces fleurs de cerisiers
qui me plaisaient tant
ont disparu de la terre

kutabirete . yado karu koro ya . fuji no hana

Bashô

épuisé,
et cherchant un toit pour la nuit –
ces fleurs de glycine !

°
(p.628 :)

Le dernier jour du troisième mois au temple Jionji :

ce matin, le printemps finissait à Jionji;
tout le jour j’errai près de la porte du temple.
Nous avons beau nous lamenter, le printemps ne restera ni ne reviendra;
le crépuscule jaune tombait sur les fleurs violettes des glycines

(: waka d’Hakurakuten / Po Chu yi)

bouquet de glycine dans le vase;
les fleurs retombent,
dans la chambre de malade;
le printemps commence à s’assombrir

(: waka de Shiki)

fuji no hana . ayashiki fûfu . yasumi keri

Buson

fleurs de glycine;
reposant sous elles,
un couple étrange

°
(suite, p.629-)

34 Haiku de printemps + 3 waka + 2 haiga – Blyth – p.601-615

9 février 2011

°
(p.601 :)

myôjô ya . sakura sadamenu . yama-katsura

Kikaku

étoile du matin –
distinguant les fleurs de cerisiers
des nuages de traîne

sakura sakura to . utawareshi . oiki kana

Issa

« fleurs de cerisier, fleurs de cerisier… »
dont on chantait,
ce vieil arbre

burando ya . sakura no hana wo . mochinagara

Issa

l’enfant se balance sur la balançoire,
dans sa main une branche fleurie
de cerisier

°
(p.602 :)

sakura sakura koro . tori ashi nihon . uma shihon

Onitsura

quand les fleurs de cerisier fleurissent
les oiseaux ont deux pattes
les chevaux quatre

me wa yoko ni . hana wa tate nari . haru no hana

Onitsura

yeux horizontaux,
nez vertical ;
fleurs du printemps

shitagau ya . oto naki hana mo . mimi no oku

Onitsura

les fleurs silencieuses
parlent aussi
à cette oreille intérieure docile

°
(p.603 :)

mikaereba . ushiro wo ôu . sakura kana

Chora

regardant par-dessus mon épaule,
tout était recouvert
de fleurs de cerisiers

yomo no hana ni . kokoro sawagashiki . miyako kana

Chora

leurs coeurs
et la capitale affairés,
avec des fleurs de cerisiers partout

morobito ya . hana wo wakeiri . hana wo izu

Chora

tous allant dans les
fleurs de cerisiers, sortant des
fleurs de cerisiers

°
(p.604 :)

yo no naka wa . mikka minu ma ni . sakura kana

Ryôta

le monde
pas vu de trois jours –
et les fleurs de cerisiers !

hana no kage . aka no tanin wa . nakari keri

Issa

sous les fleurs de cerisiers
personne n’est
un parfait étranger

°
(p.605 :)

kufû shite . hana ni rampu wo . tsurushi keri

Shiki

quel mal me suis-je donné
pour suspendre la lampe
sur la branche en fleurs !

hitogoe ni . hotto shita yara . yûzakura

Issa

à la voix des gens
les fleurs de cerisiers
ont rougi un peu



tsurigane no . kumo ni nuretaru . sakura kana

Shiki

des fleurs de cerisiers,
mouillées par les nuages
autour de la cloche du temple

°
(p.606 :)

yo ni sakura . hana nimo nenbutsu . môshi keri

Bashô

même aux fleurs de cerisiers
à leur apogée dans ce monde
nous murmurons « Namuamidabutsu ! »

kannon no . aran kagiri wa . sakura kana

Issa

Où que soit Kwannon,
partout
il y a des fleurs de cerisiers

°
(p.607 :)

ten kara de mo . futtaru yô ni . sakura kana

Issa

Ah, ces fleurs de cerisiers,
comme si descendues
en flottant du ciel !

yozakura ya . bijin ten kara . kudaru tomo

Issa

fleurs de cerisiers la nuit !
juste comme des anges
descendus du ciel

yozakura ya . ten no ongaku . kikishi hito

Issa

fleurs la nuit !
les gens cherchent à entendre
une musique divine

hada no yoki . ishi ni nemuran . hana no yama

Rotsû

colline de fleurs de cerisiers ;
je vais sommeiller
sur une pierre lisse

°
(p.608 :)

kumo wo nonde . hana wo haku naru . yoshino yama

Buson

avalant les nuages,
recrachant les fleurs de cerisiers,
le mont Yoshino !

kane kiete . hana no ka wa tsuku . yûbe kana

Bashô

la cloche du temple s’éteint –
le parfum des fleurs dans le soir
continue de sonner la cloche

kono yô na . masse wo sakura . darake kana

Issa

en ces jours récents,
ces temps dégénérés,
des fleurs de cerisiers partout !

°
(p.609 :)

ima no yo mo . tori wa hokekyô . naki ni keri

Issa

même en ce monde actuel,
des oiseaux chantent
« Hokekyô ! »

yukikurete . amemoru yado ya . ito-zakura

Buson

rattrapé par le soir,
le toit de l’auberge fuit;
un cerisier pleureur

°
(p.610 :)

(Blyth : « ce haiku provient probablement du fameux waka de Tadanori :

l’obscurité me rattrape;
l’ombre de cet arbre
mon auberge,
ses fleurs mes hôtes,
cette nuit)

samazama no . koto omoidasu . sakura kana

Bashô

combien, combien de choses
elles rappellent,
ces fleurs de cerisiers !

ware yande . sakura ni omou . koto ôshi

Shiki

les fleurs de cerisiers :
malade, combien de souvenirs
elles me rappellent !

°
(p.611 :)

hana saite . omoidasu hito . mina tôshi

Shiki

fleurs de cerisiers épanouies ;
ceux dont je me souviens
sont tous au loin

karasaki no . matsu wa hana yori . oboro nite

Bashô

le pin de Karasaki,
plus estompé
que les fleurs de cerisiers

ou :

le pin de karasaki
embrumé, on ne le distingue pas
des fleurs de cerisiers

le vert
du pin de Karasaki
est aussi indistinct,
dans la continuité des fleurs de cerisiers
au matin de printemps

(: un waka de l’Empereur Gotoba, (1184-98))

°
(p.614 :)

kô ikite . iru mo fushigi zo . hana no kage

Issa

quelle étrange chose
d’être ainsi vivant
sous les fleurs de cerisiers !

ku no shaba ya . sakura ga sakeba . saite tote

Issa

un monde de chagrin et de douleur,
même quand les fleurs de cerisiers
sont écloses

°
(p.615 :)

hana saite . shinitomo nai ga . yamai kana

Raizan

les fleurs de cerisiers s’ouvrent;
je ne souhaite pas mourir,
mais cette maladie…

mon plus cher désir
est de pouvoir mourir
sous les fleurs de cerisiers
à la pleine lune
du second mois du printemps

(: waka de Saigyô.)

°
(p.612/613 : 2 haiga d’Issa :)

niwa no chô . ko ga haeba tobi . haeba tobi

Issa

dans le jardin, un papillon :
le bébé rampe, il s’élève;
elle rampe, il s’élève à nouveau

ku no shaba ya . sakura go sakeba . saite tote

Issa

Un monde de chagrin et de douleur,
même quand les fleurs de cerisier
ont éclos

°
(suite, p. 616-)

Tierra de nadie – S. Bellen – 45

8 février 2011

°

Maison du maître
oiseaux et montagnes entrent
par la fenêtre

°

Salim Bellen, Tierra de nadie, 45, 5/2006.

Haïku du haïbun « Un couple de vieilles » – S. Bellen, déc 2006.

8 février 2011

°

Un couple de vieux ;
la dame et puis la servante
vont par le chemin

°

S. Bellen, p.111 de Le Signe renifle en décembre, 27 déc. 2006.

L’échelle brisée B) 31/40 – Salim Bellen

8 février 2011

°

Ouuh, dis-je à l’enfant / ouuh, me répondent les murs / dans la maison vide

°

: Salim Bellen