Archive for the ‘humour’ Category

Compte-rendu du K.P. 125

23 avril 2017

17 personnes présentes à notre kukaï du 22 avril 2017

34 haïkus ont été échangés.
1 haïku a obtenu 6 voix, 2 = 5 voix, 1 = 4 voix, 3 = 3 voix, 3 = 2 voix et 13 = 1 voix.

°

 

Sans voix, mais commentés :

Des aboiements / plus loin dans la rue / – le facteur passe

: Nicolas Lemarin ;

plus / de chants d’oiseaux – / le portable siffle

: Valérie Rivoallon.

°

Avec une voix :

Cerisiers en fleurs – / sur ses mains / fleurs de cimetière

: Annie Chassing ;

Cyclamen en fleur / sur son vélo assisté / le facteur vapote

: Marie-Alice Maire ;

dans la plaine jaune / la ténacité du vieux / pommier en fleur

: Jacques Quach ;

lunettes de soleil / une larme / trahit son chagrin

: Patrick Fetu ;

marché parisien / les robes à fleurs sentent / le poisson

: Eléonore Nickolay ;

matin de printemps / notre nid enfin prêt / le chant du coucou

: Philippe Macé ;

messagères du printemps – / la radio ne crache / rien de bon

: Eléonore Nickolay ;

panneaux électoraux / derrière tous ces sourires / la même blague

: Philippe Macé ;

plage – / j’y vais à pied / et à poil

: Minh-Triet Pham ;

Quel est cet oiseau / qui reprend le chant des autres / Vaste ciel bleu

: Monique Leroux Serres ;

quelques cierges / au seui ode la morgue / marronniers en fleurs

: Annie Chassing ;

repas pascal / quelques morts se mettent / à table

: Jacques Quach ;

Soudain / zéro voiture. / Un essaim de rollers

: Philippe. Gaillard.

°

Avec deux voix :

autour / du cou du chien – / la queue du chat

: Valérie Rivoallon ;

cours de géométrie – / tracer du doigt les courbes / de son corps

: Minh-Triet Pham ;

midi / la secrétaire passe / du Mac au Big Mac

: Patrick Fetu.

°

Avec 3 voix :

Maison de retraite, / des jonquilles en photo. / C’EST LE PRINTEMPS

: Philippe Gaillard ;

Papillon de Pâques / Du minuscule sarcophage / l’immense voilure

: Monique Leroux Serres ;

Sur la ligne d’horizon / les colzas plus jaunes / que le soleil

: Marie Barut.

°

Avec 4 voix :

Bourrasque – / son éclat de rire / avale des pétales

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

Avec 5 voix :

premier muguet / glisser dans l’urne / un bulletin blanc

: Marie-Alice Maire ;

qui s’agrippe à l’autre / ce soir / de l’arbre ou du ciel ?

: Daniel Py.

°

Avec 6 voix :

Rempotage – / dans les racines de l’olivier / ma terre natale

: Christiane Ranieri.

°°°

Merci à Eléonore Nickolay et à Christiane Ranieri, pour les petites douceurs sucrées qu’elles nous ont fait partager – et à Eléonore pour les petits cadeaux aux vainqueurs : lapins de Pâques et poussins !

°

Notre prochain kukaï aura lieu le 13 mai, les suivants, les 3 et 24 juin prochain.

°°°

 

 

 

 

Compte-rendu du kukaï d’Issy-les-Moulineaux

15 février 2017

du samedi 4 février 2017, dans le cadre des manifestations « La voix des roseaux / Reflets du Japon », au Centre Culturel Andrée Chédid (Issy-les-Moulineaux) :

En présence de neuf personnes, réunies autour d’une table, dans une salle de ce beau centre, nous avons d’abord procédé à la lecture de deux haïkus (principalement japonais classiques : Issa, Shiki, Buson, Bashô, Santôka; mais aussi plus modernes – japonais et français) choisis et lus par chacun(e) des participant(e)s.

Ensuite, afin de mieux faire connaître « l’esprit du haïku », nous avons lu les « Notes sur le haïkaï » de Masaoka Shiki, telles qu’exposées dans la revue « La Délirante » (N° 8, été 1982), et les « considérations pour un concours de haïku » de l’Américain – récemment disparu -James W. Hackett, telles qu’éditées par la « British Haiku Society » (dans ma traduction française).

Nous avons ensuite procédé à l’écriture d’un haïku par personne, puis au partage de ces 9 haïkus. Chacun a choisi les deux haïkus qu’il préférait, et, après les commentaires de l’un ou/et de l’autre, une fois que les voix attribuées à chacun furent comptabilisées, sont ressortis :

°

Avec quatre voix :

Dans la poussière

il me toise du regard

l’élégant gecko

: Daniel Martin.

°

Avec trois voix :

La plume griffe le ciel.
Du nuage saigne

la première voyelle.

: Frédéric Jésu ;

Lumière argentée

posée sur le méandre

L’arbre noueux veille

: Dominique Durvy ;

S’assoupissant

il pique du nez

dans son inhalation

: Daniel Py ;

sur ses courbes

traces des doigts humides

glaise de la jarre

: Cristiane Ourliac.

°

Avec une voix :

Cloche du matin

Rosée de notes dans le ciel

La lune s’endort

: Véronique Lejoindre ;

haïkus sur la table

graphies d’un instant en main

s’écartent les bruits

: Olga Bizeau.

°°°

Nous avons ensuite librement échangé entre nous, avant de nous quitter, contents de cette aventure enrichissante.

PS : Un grand merci à M. Etienne Orsini, responsable de ces « folles journées » (pour paraphraser un autre événement musical célèbre en France,  se déroulant pratiquement au même moment) poétiques et culturelles autour du Japon, qui nous a fait confiance pour animer cet atelier !

°°°

 

 

 

 

Compte-rendu du K.P. 120

11 décembre 2016

En présence de 14 personnes, 42 haïkus ont été échangés. 27 d’entre eux ont obtenu une voix ou/et plus !

°

Avec 5 voix :

D’un seul éclat

meurt le dernier rire

du clown d’Alep

: Annie Chassing.

°

Avec 4 voix :

« le silence de la mer » –

page trente sept

un de ses cils

: Ben Coudert ;

trottoir gelé

son regard bleu

ne mendie pas

: Jacques Quach ;

Visage lifté

elle cherche dans le miroir

son ancien sourire

: Annie Chassing.

°

Avec 3 voix :

à l’aube de mes soixante ans ~

en lingerie fine

sans amant

: Marie Barut ;

au son de la cloche –

des morceaux de silence

chutent en poudreuse

: Antoine Gossart ;

friche industrielle –

un vent glacial joue au foot

avec un gobelet

: Michel Duflo ;

Le vent s’est tu

dans les berceaux de l’air

les feuilles tombent

: Nicolas Lemarin ;

Mon chat n’est plus –

l’ennui prend sa source

dans le bol vide

: Nicolas Lemarin ;

premier flocon

immense

sur mes lunettes

: Jacques Quach.

°

Avec 2 voix :

particules fines…

devant ma porte

le crachat d’un passant

: Eléonore Nickolay ;

poussette d’enfant 

dans le bruit des roulettes

le roulis des galets

: Frédérique Leriche ;

soirée près du feu –

encore un peu d’hiver

au bout des orteils

: Michel Duflo ;

un dernier parapente

contre l’or du causse *

– fin octobre

: Daniel Py

* plateau calcaire du sud, du sud-ouest, du massif central. Ici : Le causse noir – faisant partie des Grands Causses, dont le causse de Séverac, le causse Méjean, le causse du Larzac, le causse Comtal, le causse de Sauveterre…

°

Avec 1 voix :

ces herbes sauvages

couvriront-elles un jour

le souvenir d’un train ?

: Philippe Bréham ;

Jeu de grattage –

tous les matins il gagne

la même voiture

: Ben Coudert ;

Ladurée * –

ils coupent les macarons

en deux

: Valérie Rivoallon ;

* Maison Ladurée : : « Fabricant de Douceurs »…

les oiseaux au nid –

seul le rouge-gorge

entre chien et loup

: Antoine Gossart ;

Noël –

en mode hors gel

les chambres des enfants

: Eléonore Nickolay ;

nuit d’automne

sous un matelas de nuages

la lune ébréchée

: Frédérique Leriche ;

Parvis venteux –

les boules du sapin

s’entrechoquent

: Michel Duflo ;

première gelée –

une larme figée

sur la dernière rose

: Antoine Gossart ;

RER du soir

elle s’endort sur son livre

: L’Hypnotiseur *

: Daniel Py ;

* , de Lars Kepler.

soir d’été

le silence des blés glisse

sur la campagne…

: Philippe Bréham ;

Soleil pâle –

Pétrifiée par le givre

une dernière rose…

: Danièle Etienne-Georgelin ;

sur sa chaise pliante

sous son chapeau de paille

lisant La Vie de Van Gogh *

: Daniel Py

* , d’Henri Perruchot.

TGV

la course folle de la lune

sur l’horizon

: Jacques Quach.

°

Sans voix, mais remarqué :

grand-mère pour la seconde fois

attendre à nouveau

le Père Noël

: Marie Barut.

°

Antoine Gossart a remercié en haïkus Eléonore Nickolay pour ses cadeaux de Noël : des gâteries pâtissières et des étoiles pour les différents haïjins cités :

« Au kukaï / elle les honore / d’une pluie d’étoiles »

« Au kukaï Eléonore / nous fait avaler / des tours Eiffel »

Merci à lui, et merci à Eléonore !

°

Nous avons également présenté

le recueil de « haïkus normands » d’Anne Brousmiche, qui s’intitule : Des Iris sur un toit, aux Editions de l’Aiguille (à Etretat – cf : leseditionsdelaiguille.blogspot.com). Divisé en huit chapitres : Le Ciel, La Mer, La Terre, Les Chemins, Les Falaises, Les Jardins, Les Rivages, Les Villages, il « nous conduit de la côte d’Albâtre au Mont-Saint-Michel, des quais du Havre à la tombe de Jacques Prévert, des jardins de Giverny à la plage de Deauville »…

J’en ai choisi quelques uns que je me fais le plaisir de partager avec vous :

Un hiver de trop / la falaise recule / de plusieurs pieds

Pré en bord de mer / deux moutons se disputent / le carré avec vue

En pèlerinage / sur une tombe l’hirondelle / abandonne sa plume

(: Visite à Prévert. Omonville-la-Petite.)

 

Je pourrais vous en citer bon nombre d’autres, bien réussis. Je vous le recommande, vous resterez longtemps sous son charme.

°

Frédérique Leriche nous a présenté également certains numéros de la revue du groupe « Graines de Vent », animé par Hélène Phung, dont « Microcosmes », « Eaux dormantes », « Haïkus en voyage », … auxquels elle a participé.

°

Valérie Rivoallon nous a fait part d’un appel à textes (haïkus) sur le thème du voyage, afin de participer à une soirée de lectures organisée par le groupe « Haïcoustiques » nouvellement formé (composé de : Valérie Rivoallon, Françoise Lonquety, Fabienne Caurant et Philippe Gaillard), qui organisera – dans différents lieux – des soirées lectures autour du haïku, à partir du début de l’année prochaine. Vous pouvez envoyer, pour cette première manifestation, 3 haïkus à Françoise Lonquety, jusqu’à fin janvier 2017. Son adresse : flonquetAROBASEnumericable.fr

Merci à eux, et bon vent pour cette belle entreprise !

°°

Nous vous souhaitons à tous une bonne fin d’année, et de joyeuses fêtes de fin d’année !

°

Nos kukaïs reprendront les

7 janvier

28 janvier

25 février

25 mars

22 avril

°

Merci !

et bons haïkus à tous !

°°°

 

 

 

 

 

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 116

5 septembre 2016

Samedi 3 septembre en présence de 16 participants, 33 haïkus ont été échangés. 22 d’entre eux ont obtenu une voix, ou plus.

*

Avec 6 voix :

les yeux au ciel

elle étend sa lessive

entre deux nuages

: Patrick Fetu.

*

Avec 5 voix :

Canicule –

L’escargot s’accroche

à l’arrosoir

: Danièle Georgelin.

*

Avec 3 voix :

Coucher orangé

le ressac lancinant

contre le bunker

: Danièle Georgelin;

Fin de l’été,

Le château de sable s’écoule

Au bord de la mer.

: Fujii Lika;

lavande fanée

à la recherche de l’été

le dernier bourdon

: Eléonore Nickolay;

Même debout

elle reste courbée

la jardinière

: Monique Junchat;

toute la soirée

effleurée par ses mains –

envier la guitare

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis.

*

Avec 2 voix :

Ciel d’été

Par la fenêtre du 1er

Je cueille des figues

: Leïla Jadid:

ciel étoilé –

sur l’oreiller la trace

d’un sanglot

: Isabele Freihuber-Ypsilantis;

de ruines en ruines

partir à la recherche

du temps perdu

: Minh-Triêt Pham;

file d’attente

le souffle d’un inconnu

sur ma nuque

: Monique Junchat;

fin de l’été

le trou de la poche du short

encore plus grand

: Eléonore Nickolay;

rentrée des classes –

ni cartable ni école

: Françoise Lonquety.

*

Avec 1 voix :

Au chemin de la forêt

Les arbres fraîchement coupés

me crient tous « Adieu! »

: Rikako Ando;

au travers des feuilles

les taches de soleil

brûlent

: Philippe Bréham;

Encore un peu de jour

Et trois fleurs

de réverbères

: Corinne Fy

 

épilation –

je passe la brosse collante

sur mon chat

: Valérie Rivoallon;

 

mer montante

une brise parcourt les dunes

et puis ma nuque

: Cécile Duteil;

nuit blanche

à broyer du noir

: Patrick Fetu;

pont de Grenelle –

 

mon ombre 

prend l’eau

: Valérie Rivoallon;

prairie –

prendre le taureau par les cornes

et ma bien-aimée par surprise

: Minh-Triêt Pham;

songeant qu’il est gaucher

Il soupire

L’homme de droite

: Leïla Jadid;

Tous les soirs

le clocher de la mairie

s’endort debout

: Corinne Fy.

***

En début de séance, Minh-Triêt Pham nous a apporté son beau recueil de haïkus (en trilingue vietnamien, français et anglais) et photos  (avec texte en braille) : Reflet aveugle, dans ses deux premières éditions : l’une en noir, l’autre en couleurs : les deux pour 16€ aux éditions Unicité, 2016;

Monique Junchat nous a apporté son remarquable (premier) recueil de haïkus : Charivari, éd. Tapuscrits, 2016 – 8,80€;

Hiro Hata nous a annoncé sa prochaine exposition de peinture (une soixante ou soixante-dizaine de toiles) , à la Galerie du Montparnasse (55 rue du Montparnasse) du 6 au 15 octobre prochain (à partir de 14h30 tous les jours). Le vernissage aura lieu lundi  10 octobre, à 18h30;

Eléonore Nickolay nous a apporté le n° 113 de la revue de la Deutsche Haiku Gesellschaft (Association allemande de haïku), dans lequel elle a écrit un portrait de votre serviteur : « Im hier und Jetzt und ohne Pathos. Daniel Py. Ein Porträt » (pp. 6-8) (« Dans l’ici et le maintenant et sans pathos. D.P. Un portrait. »); et, pp.14-5, un article : « Die französische Ecke » (« Le coin français ») sur le thème du « Gong » 51 : « Le haïku, paysage intime », avec des exemples de haïkus, dont celui-ci (mon préféré) : « soir d’hiver – / il raconte sa journée / à son chien » : Michel Duflo.

Eléonore se propose de présenter à l’avenir d’autres portraits de haïjins francophones dans cette belle revue « classieuse » de « Sommergras », tel Serge Tomé, etc.

Qu’elle soit ici remerciée pour cette belle ouverture du haïku français vers nos amis outre-rhénans!

Enfin, Rikako Ando, a le projet de traduire en français un recueil de haïkus (déjà édité au Japon) de son papa. Mr Fujii Rika, avec des illustrations de sa soeur plasticienne, peintre, qui vit à Londres. Nous l’accompagnerons dans ce beau projet…

***

Nos prochains kukaïs auront lieu

à 15 h 30 au bistrot d’Eustache (75001), les :

24 septembre (# 117)

15 octobre (# 118)

19 novembre (# 119)

10 décembre (# 120)

prochains.

Ainsi s’achèvera notre 10è année de joyeuses rencontres autour du haïku avec nos amis du kukaï de Paris!

***

 

 

 

Compte-rendu du kukaï de Paris 113 :

22 mai 2016

En présence de notre amie invitée d’honneur Jeanne Painchaud, du Québec, de passage en France, nous étions 18 participants à notre réunion de samedi dernier.

Après un tour de table pour nous présenter, Jeanne nous a parlé de son parcours de haïkiste, et de ses ouvrages, dont le dernier, qu’elle avait apporté, et qui a recueilli un franc succès :

Découper le silence (Regard amoureux sur le haïku), éditions Somme toute, Montréal (QC), 2015,

qui, selon ses propres paroles, est le livre qu’elle aurait voulu pouvoir lire, quand elle a débuté dans le haïku. J’en extrais le haïku inspiré par son fils (haïku qui « appartient » à son premier recueil de haïkus : Je marche à côté d’une joie (première édition : Les heures bleues, 1997; deuxième édition : éd. de L’instant même et éd.Les 400 coups, 1997.) :

Ta petite question

Au-dessus de mon livre:

« tu lis le blanc ou le noir? »

°

Puis nous avons procédé à notre « kukaï » proprement dit, où trente-neuf haïkus ont été échangés. Vingt-sept d’entre eux ont obtenu une voix ou plus.

°°°
Avec quatre (4) voix :

Par la porte ouverte

Un peu de lumière

sur la lumière

: Monique Leroux Serres;

rosée matinale –

le chat a l’air

de marcher pieds-nus

: Antoine Gossart;

trop petites ses mains

pour tant de coquillages

: Patrick Fetu;

vent du large –

il déploie ses ailes

l’oiseau de papier

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis.

°

Avec 3 (trois) voix :

petit déjeuner –

la vie retrouve

un goût de miel

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

sommeil flottant

les canards immobiles

posés en plein ciel

: Antoine Gossart;

tombes oubliées –

leurs noms lus

à voix haute

: Michel Duflo.

°

Avec deux (2) voix :

bruit feutré

des roues de la poussette

dans les pétales du cerisier

: Lucia Dinga-Supova;

dernier métro

la nuit plus intense

le regard des hommes aussi

: Jeanne Painchaud;

pleine lune

poches vides

des soirs comme ça

: Jeanne Painchaud;

ses larmes

elle les garde pour les pierres –

une fourmi s’abreuve

: Valérie Rivoallon;

sur la photo

déchirée une jeune fille

inconnue – ma mère

: Jacques Quach;

sur Skype

un ami mort

déconnecté

: Martin Dinga;

tableau –

l’air penché

du contrebassiste

: Daniel Py;

un lézard veille

sur la pierre tiède

le temps immobile

: Nicolas Lemarin;

vue panoramique –

sur 180 degrés

le brouillard

: Michel Duflo;

°

Avec 1 (une) voix :

ces quatre feuilles rouges

gardent en silence

le souvenir de l’automne

: Philippe Bréham;

couloir d’hôpital

à la chambre douze –

un air d’opéra

: Jacques Quach;

envie pressante –

plus accessible que jamais

le mur Facebook

: Minh-Triêt Pham;

Fraises matinales –

Les petits avalent 

avec gouttes de rosée.

: Hiro Hata;

Légère brise

De pétales de cerisier

baptisée

: Monique Leroux Serres;

L’ombre du mûrier

au pas du soleil couchant

rejoint le muret

: Nicolas Lemarin;

Pissenlit –

J’ai hésité avant de choisir

toute seule.

: Hiro Hata;

porte cochère

deux amoureux

ne font plus qu’un

: Patrick Fetu;

Rafale de vent

entre les pâquerettes

neige de pétales

: Marie-Alice Maire;

Sur sa manche

un pétale de cerisier

le SDF mendie

: Marie-Alice-Maire;

un homme souriant

apporte six parapluies

au cimetière

: Daniel Py.

°°°

Bravo et merci à toutes et tous (et à Jeanne d’avoir accepté notre invitation, et de nous avoir gratifié de moments très chaleureux et enrichissants)!

Notre prochain kukaï aura lieu samedi 11 juin, le week-end même du Marché de la Poésie, place Saint-Sulpice, à Paris.

°°°

 

 

 

 

 

 

Vendredi 20 mai à la librairie Pippa, 14-19h.

19 mai 2016

Bonjour!

Demain, vendredi 20 mai, rendez-vous à la librairie-galerie Pippa, 25 rue du Sommerard, 75005 (M° Cluny-La Sorbonne) à partir de 14 heures (et jusqu’à 19 h)

en présence de Brigitte Peltier, notre hôtesse, la poétesse québécoise Jeanne Painchaud, votre serviteur, Laurent (Seegan) Mabesoone par Skype – du Japon, et vous-mêmes!

Jeanne Painchaud fera une présentation-vente-signature de son dernier ouvrage sur le haïku : Découper le silence, Regard amoureux sur le haïku, éd. Somme toute, Montréal 2015;

j’aurai l’honneur de présenter les Haikus sur les chats de Kobayashi ISSA, choisis , présentés et traduits du japonais classique par Seegan (Laurent) Mabesoone, qui pourra nous en entretenir également par écrans (skype) interposés, depuis le Japon, où il réside, en début de séance le plus probablement  (vu le décalage horaire entre nos deux pays!). L’éditrice en est, évidemment, Brigitte Peltier (éditions Pippa), et l’ouvrage en est tout récent (2016).

Nous vous y espérons, évidemment, nombreux!

Merci d’avance!

D.

 

 

 

 

 

Sôkan (1464-1552)

17 mai 2016

Sôkan (1464-1552)

Un des plus grands maîtres du haïkaï, élève de Ikkyû (1394-1481), et moine.

Posant ses mains sur le sol

la grenouille respectueusement

récite son poème

(Un verset d’Issa s’en rapproche :)

La grenouille

assise, chante

comme Saigyô

(Saigyô (1118-1190) devint moine à vingt-trois ans et voyagea à travers tout le pays en composant des waka).
Sôkan fait partie de ceux qui établirent le lien fondamental entre haïkaï et humour. Il ne perdit jamais son sens de l’humour, jusqu’à sa fin. Son poème de mort est un waka :

Si les gens demandent

où est parti Sôkan,

répondez-leur :

« Il est parti pour affaires

dans le monde d’après »

(Sôkan fait constamment des jeux de mots, et ici le jeu de mots porte sur « yo », le monde, et « yô », les affaires.)

On dit qu’il écrivit dans son journal :

Grande classe : les visiteurs qui partent tout de suite

Classe moyenne : ceux qui s’en retournent le jour-même, et

ceux qui restent : les plus vils d’entre tous. »

Cent-cinquante ans plus tard, Etsujin (1656-1702), un des « Dix Sages » de Bashô, écrivit :

Même si l’on m’appelle

le plus vil des visiteurs, 

ce logis fleuri!

, signifiant que même ainsi il chantera les fleurs de cerisiers :

gege no ge no kyaku to iwaren hana yo yado

Ce « ge-ge », Issa l’utilisera plus excessivement encore :

Pauvre, pauvre, oui, pauvre,

la plus pauvre des provinces, et pourtant

sentez cette fraîcheur!

en répétant sept fois ce son « ge » :

gege mo gege gege no gekoku no suzushisa yo

comme pour enfoncer les clous du cercueil de sa pauvreté : pauvre homme dans un pauvre village d’une pauvre province. Mais du fond de cette pauvreté il s’écrie : « Comme sont plaisants les courants frais qui viennent jusqu’à nous! »

S’ils passaient sans bruit

les hérons ne seraient

qu’une ligne de neige

à travers le ciel 

Même au moment

où mon père mourait,

je continuais de péter.

 

°°°

(à partir de « Haiku » de R.-H. Blyth.)

(trad. fr. : D. Py)

Yosano Tekkan (h)(1873-1935) par Makoto Ueda

8 mai 2016

in Modern Japanese Tanka, pp. 1-12 (extraits) :

Fonda la revue « Myôjô » (Le bastion du romantisme) en 1900. Epousa Akiko (Yosano) en 1901 en troisièmes noces.

°°°

j’oublierai que je t’ai vue

debout avec un regard stupéfait

mains tenant tes seins

quand un tremblement de terre se produisit ce matin

alors apporte-moi à boire, ma chère

les coquelicots en fleur

me rappellent

ces lèvres que j’embrassai

allongé dans un grenier

éclairé par le soleil du soir

yeux fixés

sur le cou d’un chameau

qui se tient immobile

moi aussi j’attends tranquillement

l’approche de mon heure

sans bourgeons

cette vigne continue de grimper

tout droit

avec l’intention de ne fleurir nulle part

sauf dans les cieux

elle chante et chante

fort, longtemps et sans honte

ne connaissant pas

l’art du poème plus court

cette cigale

à la différence de leur père

quelles heureuses carrières attendent

tous mes enfants

qui ne montrent absolument aucune crainte

de l’algèbre ni d’un chien

sans bruit

un groupe de nonnes en robes noires

passe

ne laissant derrière elles

que la lueur du soir

°°°

(trad. de l’anglais : D. Py).

« Quelques spéculations sur Bashô » par Makoto Ueda (USA)

11 février 2016

dans « Round the Pond », pp. 247-8.

 

Quelle sorte de personne était Bashô ? Quelle apparence avait-il ? Aimerions-nous l’inviter à une fête s’il vivait dans notre voisinage aujourd’hui ? Trois siècles après sa mort, personne n’est capable de donner des réponses définitives à ces questions. Cependant, sur la base d’évidences qui survivent, nous pouvons faire quelques suppositions cultivées.
Selon toute vraisemblance, Bashô avait les traits physiques typiques d’un Japonais. Il n’était définitivement pas grand, puisque son ami Yamaguchi Sodô rapporta ses paroles : « bien que je sois de petite taille… » Mais il ne semble pas avoir été particulièrement petit non plus, parce que son élève Sawa Rosen a observé qu' »il n’était ni grand ni petit. » D’après une estimation érudite, la taille moyenne d’un mâle japonais au XVIIè siècle avoisinait les un mètre soixante. On n’a pas de précisions concernant son poids, mais il ne semble pas avoir été corpulent. D’après Rosen, Bashô avait « une apparence émaciée ».

Des portraits de Bashô, particulièrement ceux peints par ses disciples les plus proches tels Sugiyama Sanpû, Morikawa Kyoriku et Ogawa Haritsu, nous aident à nous former une image visuelle du maître. Ils montrent en général un homme  visage ovale, à grands sourcils, à nez proéminent, petite bouche et lèvres fines. L’impression générale est celle d’un homme doux, sincère et intelligent, bien que cette impression soit celle voulue par les artistes, tous admirateurs de Bashô.

Son apparence affable, cependant, cachait un esprit extrêmement sensible, caractéristique d’un poète. Après tout, son nom d poète était Bashô, signifiant littéralement un bananier, qui a de grandes feuilles, délicates, douces. « J’adore le bananier parce que ses feuilles sont facilement déchirées par le vent », écrivit-il. Son chagrin à la mort de ses proches, tels que sa mère, ses amis, ses disciples lui inspira l’écriture de haïkus très émouvants. Il aimait son neveu Tôin comme un véritable fils, empruntant même une grosse somme d’argent quand celui-ci attrapa la tuberculose. Bashô pouvait être émotionnellement bouleversé; il pouvait aussi devenir sarcastique, appelant en une occasion son disciple Esa Shôhaku « une mauviette »; en une autre occasion attaquant quelques professeurs de haïkaï à Edo comme « n’ayant pas plus de talent poétique qu’un enfant de trois ans. » Quelques unes de ses lettres aujourd’hui préservées le montrent comme étant une personne excitable, versatile.

Cependant Bashô lui-même connaissait cet aspect de sa personnalité et essaya de la discipliner de deux manières. L’une était « fûga », une manière de vivre en artiste, une vie recluse dévouée à la quête de la vérité et de la beauté dans la nature. Aidé en partie par le taoïsme et le bouddhisme zen, il s’efforça d’amener son esprit hypersensible sous contrôle en le détachant des entreprises de la vie mondaine. L’autre manière était l’humour, un type d’humour « haïkaïs » qui émerge quand la vie terrestre est vue avec un certain détachement. La vie humaine a tendance à paraître tragique pour toute personne sensible, mais la perspective changerait s’il pouvait y apporter de l’humour. La philosophie d’un genre littéraire comme le haïkaï se basait sur cette idée même. Bashô, un maître du haïkaï et du haïku, fait un bon sens de l’humour et il le montrait à profusion lors de séances d’écriture de poésie. Il est vrai qu’il adorait la solitude, mais il adorait également les gens qui aimaient la solitude, et il écrivait des haïkaï avec eux, mangeait avec eux, parlait avec eux et riait avec eux. Je sais que je l’inviterais à ma fête, s’il habitait dans mon voisinage aujourd’hui.

Makoto Ueda.

Compte-rendu du kukaï de Paris 108

10 janvier 2016

En présence de 17 personnes, ce samedi 9 janvier, 54 haïkus ont été échangés. 33 d’entre eux ont obtenu une ou plusieurs voix.

 

Avec 4 voix :

 

dans les yeux

du vieil homme

le blanc de l’hiver

 

: Patrick Fetu;

 

ses seins fermes

sous le chiffon à poussière

je repasse une fois

 

: Antoine Gossart.

°

Avec 3 voix :

 

Garonne en crue

les mouettes de l’enfance

à contre-courant

 

: Jacques Quach.

°

Avec 2 voix :

 

crèche de Noël à l’Ehpad *

les résidents

devant l’aquarium

 

: Daniel Py;

* = Etablissement Hospitalier Pour Adultes Dépendants

 

Derrière le paravent

Le lavabo de faïence

garde ses secrets

 

: Catherine Noguès;

 

La goutte de pluie

sur les mains de l’aveugle

contient le ciel

 

: Nicolas Lemarin;

 

quelques taches brunes

sur les pages du vieux livre

… sur mes mains aussi

 

: Patrick Fetu;

 

qui d’elle ou de moi

est le plus ivre ?

une mouche dans mon verre

 

: Paul de Maricourt;

 

sous-marin

dans son bain –

le vacarme du monde

 

: Valérie Rivoallon;

 

Voleur de chaussures –

puissent-elles te guider

vers d’autres larcins

 

: Michel Duflo.

°

Avec 1 voix :

 

A la porte du cimetière

trois vieux amis

parlent rhumatismes

 

: Daniel Py;

 

assis au bord du sentier

je me sentis épié –

c’était la montagne !

 

: Philippe Bréham;

 

aube d’hiver –

urgence absolue

d’un second café

 

: Michel Duflo;

 

Branches nues

sur la marge du ciel

calligraphie d’hiver

 

: Nicolas Lemarin ;

 

Compter jusqu’à cinq

Sur chacune de ses mains

Contempler le ciel

 

: Lise-Noëlle Lauras;

 

crépuscule d’automne –

au fond du cendrier le mégot

encore incandescent

 

: Minh Triêt Pham ;

 

déchéance de nationalité –

mon steak à moitié

bleu marine

 

: Minh Triêt Pham;

 

Des cacahuètes

Dit le licencié

Voici ma prime

 

: Lise-Noëlle Lauras ;

 

Entre deux pluies

longue lettre au percepteur

pas le temps de rêver

 

: Roselyne Fritel ;

 

fin de décembre –

mon compte bancaire

anorexique

 

: Minh Triêt Pham ;

 

Légère absence

Elle caresse son ventre

de sept mois

 

: Monique Leroux-Serres ;

 

le mimosa en fleurs

S’enivre dans le vent –

Tout est là

 

: Catherine Noguès ;

 

lever de lune –

du regard la suivre

jusqu’aux toilettes

 

: Michel Duflo ;

 

Maison de campagne

seule l’araignée au chaud

dans l’abat-jour

 

: Antoine Gossart ;

 

nid d’hiver –

rêver d’ailes

pour s’y blottir

 

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

 

Nouvel An –

pour seul voeu

un virus numérique

 

: Christiane Ranieri ;

 

Nuit sans lune –

les premiers flocons éclairent

doucement les monts

 

: Danièle Etienne-Georgelin ;

Parc du château

les oies sauvages apprivoisent

les promeneurs

 

: Marie-Alice Maire ;

 

pluie sur la tombe –

orpheline aussi

de sa voix

 

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

 

pressée –

du vent

dans les herbes

 

: Valérie Rivoallon ;

 

Tante Alice

ses joues

aux odeurs de bonbons

 

: Patrick Fetu ;

 

Une corneille du parc

croasse sur son écho

elle n’est jamais seule

 

: Nicolas Lemarin ;

 

virage à droite –

la galette des rois

devient citoyenne

 

: Valérie Rivoallon

°

O voix, mais remarqués (commentés, discutés) :

 

au lever du jour

sur la neige

lire la nuit

 

: Antoine Gossart ;

 

brume automnale

les platanes peu à peu

deviennent fantômes…

 

: Philippe Bréham;

 

Le compte est bon –

jogging des pompiers

15 shorts et… 30 cuisses !

 

: Danièle Etienne-Georgelin ;

 

le temps d’un orage –

retrouver l’humilité

de nos ancêtres

 

: Ben Coudert ;

 

mes hématomes

le ciel, tes yeux et la mer –

nuances de bleu

 

: Ben Coudert ;

 

Réception –

un vrai sport

l’approche du buffet

 

: Danièle Etienne-Georgelin.

 

°

 

Pour terminer la soirée, Marie-Alice Maire a commenté et lu certains haïkus du dernier recueils de Bruno Robert : Parcelles d’elles, éd. Tapuscrits.

°

Notre prochaine réunion aura lieu

samedi 30 janvier 2016 à 15 h, au bistrot d’Eustache.

°°°