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Compte-rendu du kukaï de Paris 109

31 janvier 2016

En présence de 18 personnes, 39 haïkus furent échangés. 23 obtinrent une ou plusieurs voix.

°
Avec huit (8) voix :

Livre de chevet

Toute la lumière du jour

pliée dedans

: Monique Leroux-Serres

°

Avec quatre (4) voix :

matin gris –

d’une humeur

de nuage

: Michel Duflo;

Mouchoir chiffonné

au fond de la poubelle

ses larmes d’hier.

: Patrick Fetu;

Passade –

Restent ses pas

sur la neige

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

vent de velours

il entre par la fenêtre

le mimosa

: Patrick Fetu.

°

Avec trois (3) voix :

déménagement –

le miroir n’a rien retenu

de ce qu’il a vu

: Antoine Gossart;

Pelouse secrète

de nos tâtonnements –

l’herbe couchée

: Catherine Noguès;

tes yeux perdus dans

le ciel de Paris – poupée

de brocante

: Jacques Quach.

°

Avec deux (2) voix :

déjà le soir

encore un rayon

me dit mon ombre…

: Philippe Bréham;

Devant la Joconde

une belle fille se sourit

– selfie à deux

: Alice Schneider;

Ecole buissonnière

dans la rangée des fourmis

une à contresens

: Ben Coudert;

pèse-personne –

quel poids

pour la poussière ?

: Valérie Rivoallon;

Plein hiver –

Rentrant du cinéma

Le son aigu de mes hauts talons

: Hiro Hata.

°

Avec une (1) voix :

Blanche

comme un linceul

la piste noire

: Marie-Alice Maire;

crépuscule d’hiver –

dernière tournée de fiente

des mouettes

: Michel Duflo;

devant l’église –

c’est ça Sainte-Moustache ?

demande la petite fille

: Antoine Gossart;

la pluie d’hiver

affleure la vitre –

baiser de solitude

: Catherine Noguès;

la télé en panne

je regarde ma femme

qui pleure

: Ben Coudert;

quartier Pigalle –

en train de copuler

deux pigeons

: Minh Triêt Pham;

rencontres matrimoniales –

ma fille me présente

Freud (*)

: Valérie Rivoallon;

(* : un chat.)

Serin en cage

Comment comprendre la joie

d’un chant si libre

: Nicolas Lemarin;

son doudou

fripé

comme elle

: Eléonore Nickolay;

Tout est gelé

les canards font le tour de

l’étang – à pied

: Jacques Quach;

ville d’Orly

échappées d’un avion

les perruches prolifèrent

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

Sans voix, mais commentés :

Des nuages sur les reins

Le ciel bleu sur la tête

Le premier ski

: Hiro Hata;

je reprends

de la cuisse

: jogging

: Daniel Py;

Le feu se meurt

laissant une ombre

la cendre

: Monique Leroux Serres.

°

Notre prochain kukaï aura lieu samedi 20 février, à 15 heures, au bistrot d’Eustache (- ou de « Moustache » ? / ou de « mousse-qui-tache » ? (pour continuer dans l’esprit de l’almanach Vermot !?…)

°

 

 

 

 

 

 

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Haïkus, senryûs,… – Py – Déc. 15 – 2/3

12 janvier 2016

°

(Portrait – en noir et blanc :)

ses bas et son écharpe

zébrés –

son sac-à-dos

panda

°

Les décos de Noël

bien plus modestes cette année –

COP 21

°

cet après-midi

le temps

goutte-à-goutte…

(- siroter)

°

à terre

la tendresse

du ginkgo biloba

°

au matin du 21 novembre naît

un fleurisier

°

Capital(e) :

Trouver un espisse vert…

°

sous la pile des pulls

(une écharpe

crue perdue)

°

entre les feuilles de mon carnet

des feuilles de ginkgo biloba –

Avent

°

« Si le climat était une banque, il serait déjà sauvé. » Hugo Chavez (1954-2013) (- Partagé par Ben Adgnot sur FB.)

°

Penny Harter (in « Round The Pond », Roumanie, 1994):

« Beekeeper / humming / back »

« l’apiculteur / frelonne / en retour » (adapt. Py).

°

des limasseuses…

°

des auto-haïkuiseurs…

°

(Kyôku :)

Quand on aime

on ne compte pas

… les syllabes !

°

Des glaçons

dans mon apéro

– Bientôt A la neige !

°

De hotte

en bas

l’abonbondance…

°

ginkgo ô ginkgo,

tout le long du début de décembre !…

°

dans le sapin

les boules…

un Noël éboulissant…

°

sèche

la feuille de biloba

casse

°

ce matin

ça chauffe sur Internet

– mon bol de thé froid

°

retroussant ses cils

: maquillage RER

°

lendemain d’élections

le panneau d’affichage municipal

tout blanc

°

COP 21

rien n’est encore fait

mais voyez comme

ils s’auto-congratulent !

(J’ai juste vu

que les chefs d’Etats

étaient contents d’eux-mêmes

à l’issue de la COP 21)

Après la COP 21

les chefs d’Etats

vont gueuletonner,

satisfaits.

Après le gueuleton

post-COP

les chefs d’états satisfaits

repus

°

Là-haut

le réveil en ta

lons hauts

°

Les chaînes de Jacob

Amour :

les chaînes de soie…

… pas les chaînes de soi !…

°

le train arrive –

une cloche sonne

au loin

°

« En toute mauvaise foi » ? *

un plagiaire de rien (?)

 

* cf Maxime Decout, Ed. de Minuit, 2015 

La palinodie

du plagiaire

débusqué

Il nous fait une crise

de mauvaise foi ?

mots croisés

le plagiaire

s’est grillé

°

Je commande une bière Record

« Record de douceur »

à la télé du bar

°

« Dropped » *

: Les deux hélicoptères

dropped **

 

* Nom d’une émission télé

** to drop : (laisser) tomber; (se) « crasher ».

°

(Journaux gratuits :)

Des tombereaux d’informations formatées

pour qu’ils n’ingurgitent

qu’un seul son de cloches !

°

des dents

… qu’on aurait envie de lécher

?

°

(Traversée de rame :)

des cuisses haut-perchées

(qui impressionnent

leur public…)

°

Plein de mémères à petit chien

en train vers le Sud-Est

– vacances de Noël

°

couchée

sur son cahier

à écrire…

(18/12, Nice-ville)

°

une régalerie

°

les choses sont

ce caleçon

et elles seront

ce calceron

°

verre de vin

sur la terrasse

au-dessus de Menton

le 20 décembre

(au soleil)

le soleil

descend derrière le Mont

/ se retire du balcon

/ Fraîcheur

le soir

se pose

sur la nappe

du balcon

(Castillon, 20/12)

°

« Non, Kate,

ta p’tite soeur n’est pas

un xylophone ! »

(matin du 21/12, Castellar)

°

Prendre la multinationale 20…

°

dans la rue

que le bruit

(du filet d’eau)

de la fontaine

– Castellar, 22 décembre

°

(A suivre, p. 1, carnet gris).

°

Haïkus, senryûs, etc. – PY – juin 2015

1 juillet 2015

°°°

2 papillons dorés

qui s’adoraient

s’adonnaient

à la danse des ailes

dans le soleil

°

fractionné involontaire –

une racine qui affleure

(jog du vendredi, parc Méliès)

°

première canicule

ce cinq juin

– le soir va-t-il orager ?

°

première canicule de juin

la finesse des tissus féminins

°

l’inconnue lente de l’allée…

°

cet oiseau noir

à travers sente

ne poussera plus ses croas –

ce sont les roses roses

au bord du muret

qui sentent le meilleur

°

travaillant ses jambes

sur le vélib’ (à l’arrêt),

béquille dressée

°

Passer

(/ Evoluer)

du Penser au Sentir.

°

elle passe

avec une amie

poussant

une tondeuse à gazon

°

un carambriolage

°

une étudiante

dort assise

à la table de bibliothèque

– son cou

°

(régulièrement retombe sur le côté)

puis elle s' »abat » en avant

sur la table

°

au feu vert

ses lèvres rouges

°

ce matin

le coiffeur bâille

– ses ciseaux ?

°

désert des arts

désir des ors

°

martinets

les stries

dansent

°

toutes ces flèches d’argent

dans tous les coins du ciel

au soir

– l' »amour » du haïku

°

ce soir

sa fille

me montre un classeur de poèmes

que je lui envoyai

il y a quarante-cinq ans

°

Le haïku, ce peut être la commotion

créée par deux images qui se rencontrent (s’unissent, se joignent, se heurtent, s’épousent,…)

parfois même dans un seul mot (mot-valise,…)

Sa seins-ture

de sécurité

°

quand il fait son discours,

il politrique

°

sous sa jupe

joue le soleil –

soir de juin

(17/6)

°

César Marciaux…

°

Mieux vaut

un haïku

court – long – court

qu’un haïku

con – lourd – con !

Quand tu as soif,

regardes-tu le verre

ou le bois-tu ?

Quand tu as faim,

regardes-tu le plat

ou le manges-tu ?

La flèche doit-elle être

rouge, jaune, bleue

longue, courte, mi-longue

fine, épaisse, très fine

en bois, en métal, en verre ?

ou doit-elle

atteindre le coeur ?

(/… et le haïku ?)

assis

au bord de la mare,

j(a)ugeant l’eau

sans y plonger

ô grenouilles coassant

au bord de la mare,

sautez dedans !

l’apparence du haïku

ou le haïku ?

Le haïku ?

: toucher au centre.

Concentrez-vous

sur l’essentiel

(/ Revenez à l’essentiel)

en haïku !

(- le reste :

rien à cirer !)

°

sur l’asphalte

un bras de poupée

(Orly, 20/6)

°

les roses (roses qui sentaient si bon)

un peu défleuries,

leur parfum aussi est passé –

jog du dimanche

°

dans le sentier

une plume noire :

l’incitation à écrire ?

°

deux élèves de Taiji au parc –

dont une

en mauvaise posture !

°

attention aux racines !

le pas rasant

du joggeur

°

le merle

encore là :

de plus en plus ancré dans le sol

du sentier

°

les différents parfums

des roses différentes

°

Fête des pères –
Une femme cueille des roses
du bout des rangs de vigne

°

(La problématique majeure du haïkiste ? :)

comment faire (mieux) voir

au (/ le) lecteur

comment « éclaircir » sa vue

°

le Père Noël

au coin du balcon

rosit

°

Fête de la musique

il prend (des) notes

°

(D’après Daniel Thévenin – FB :)

Eoliennes –

Don Quichotte,

reviens !

°

Sarko à l’Express :

« Je mens moins qu’avant ! »

– Quel humoriste !

°

(Resto -)

L’intéressé-je ?

– ou la télé

allumée derrière moi ?

°

les clins d’oeil

d’une fenêtre

– soir de juin

°

Embrasser quelqu’un

qu’on ne connaît

ni d’Eve ni des dents…

°

une féministe :

dure au(x) mâle(s) ?

°

la pelouse de Qigong

m’offre une jolie plume

de pie

°

traduit,

le 5-7-5

explose

un haïku

« à-ras-le-moule »

un haïku

qui pue la sueur

/ de cerveau

/ mentale

un haïku constrictor

(un haïku de contorsion)

un haïku tordu

°

(Inspiré par la 4è de couv’ de Passage secret de Christian Cosberg :)

Le (/ la) haïkiste :

un personnage

en quête d’odeur(s) (?)

°

Au toucher du soleil

°

… une pie

sort du bouleau…

°°°

Compte-rendu du Kukaï de Paris n° 102 :

28 juin 2015

Bonjour

En présence de neuf personnes (dont une nouvelle – un nouveau, plus exactement), dans un coin des Buttes-Chaumont, 32 haïkus ont été échangés. 18 d’entre eux ont obtenu une voix et plus.
°°°
Avec 4 voix :
°
bientôt / la fin des cours – / le classeur bâille
: Valérie Rivoallon.
°°°
Avec 2 voix :
°
Ciel de traîne – / le donjon capture / un nuage
: Christiane Ranieri ;
°
ciel orangé – / un goéland pose ses ailes / sur le vent
: Danièle Etienne-Georgelin ;
°
clapotis – / parlons de l’été / mon plombier et moi
: Eléonore Nickolay ;
°
l’ombre des bambous / au vent du soir / caresse ses yeux
: Philippe Bréham ;

et :

sur les bords du lac / où glissent trois cygnes / un aveugle immobile…

: Philippe Bréham.
°°°
Avec 1 voix :
°
à l’ombre paisible / des vieux arbres les enfants / jouent à la guerre
: Jacques Quach ;
°
au feu rouge / sa main tendue / – la seule
: Patrick Fetu ;
°
au feu vert / ses lèvres rouges
: Daniel Py
°
Elle libelle leur secret / dans l’air, les libellules / point, virgule.
: Mo Coudert ;
°
feuilles dentelées – / la chenille ne fabrique / que des chefs-d’oeuvre
: Michel Duflo ;
°
grosse de son enfant, / elle observe la procession / des canetons !
: Danièle Etienne-Georgelin ;
°
la petite maison / au bord de la falaise – / s’y retirer
: Valérie Rivoallon ;
°
les yeux clos / dans l’odeur d’herbe foulée / un galop d’éternité
: Roselyne Fritel ;
°
matin de vent sur / la lande – je prends la vie / des immortelles
: Jacques Quach
°
après l’orage / les grenouilles coassent / mes tennis aussi
: Danièle Etienne-Georgelin ;
°
premier pique-nique / la couleur d’olive / des champs
: Eléonore Nickolay ;
°
repues / les coccinelles roupillent / dans les lauriers
: Michel Duflo ; et :
°
retoucherie / par la porte entrebâillée / rire rafraîchissant
: Eléonore Nickolay.
°°°
Les dates des prochains kukaï proposés sont les suivantes :
(samedis) 12 septembre / 3 octobre / 17 octobre / 7 novembre / 28 novembre / 19 décembre /
°°°
Bon été à tou(te)s !
Daniel
°°°

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 101

30 mai 2015

En présence de 20 haïkistes, 43 haïkus ont été échangés. 26 d’entre eux ont obtenu une voix et plus.

Avec 5 voix :

plage –
une fillette enterre
son père

: Minh Triêt Pham.

Avec 4 voix :

début de l’été
les pubs annoncent la fin
de la cellulite

: Eléonore Nickolay ;

Maison de famille
l’odeur du temps parfume
chaque objet

: Nicolas Lemarin ;

persiennes mi-closes
glissant sur ses cheveux
des rubans de lumière

: Cécile Duteil ;

Silence du soir
les pierres
se reposent

: Véronique Arnault.

Avec 3 voix :

au bord de la mare
un chat
à pas verts

: Daniel Py ;

lune noire
les trilles du rossignol
éclairant la nuit

: Eléonore Nickolay ;

matin de mai
assise sur le perron
vernissant ses ongles

: Dominique Borée ;

Mistral de mai
accrochée à la façade
la cigale factice

: Monique Junchat ;

Nuages fugaces –
Des milliers de pins
pour les attraper

: Isabelle Ypsilantis ;

Piaillements d’oiseaux
tôt le matin
vous avez un message

: Véronique Arnault ;

vents de printemps
le Père Noël au balcon
hoche la tête

: Daniel Py.

Avec 2 voix :

Balade dans les Rocheuses
d’une pierre
je fais deux haïkous

: Leïla Jadid ;

Cerf-volant –
Un dragon
Maître du vent

: Isabelle Ypsilantis ;

le blues m’accompagne
jusqu’au xylophone
– couloir du métro

: Dominique Borée ;

une terrasse un soir –
toutes les choses du monde
se diluent…

: Philippe Bréham.

Avec 1 voix :

Chant du merle –
Echos d’un mur à l’autre
Où es-tu l’oiselle ?

: Danièle Etienne-Georgelin ;

Devoir accompli
il fait un petit somme
l’aquarelliste

: Marie-Alice Maire ;

Foire aux plantes
l’hôtesse de caisse
a les ongles verts

: Monique Junchat ;

L’orage s’éloigne
La tête sur mon ventre
il se rendort

: Mo Coudert ;

mi-figue mi-raisin
raie de soleil – raie de pluie
mon manteau bleu-gris

: Alice Schneider ;

Parc à la française –
le jardinier laisse un coeur
de fleurs sauvages

: Marie-Alice Maire ;

Poèmes d’enfance
au fond d’une vieille malle
quatre boutons d’or

: Christiane Ranieri ;

Soir d’été
Mêlé à la lavande
Le parfum des moules-frites

: Leïla Jadid ;

sur un balcon
la jeune fille qui me regarde
arrose sa plante…

: Philippe Bréham ;

Un an de plus
chaque semaine remplir
son pilulier.

: Patrick Fetu.

0 voix (mais remarqué) :

jardin détrempé
des escargots partouzent
au pied du prunus

: Michel Duflo.

Le recueil de haïkus Un Bâton dans les Andes précédé de L’Echelle brisée (2) de l’ami Salim Bellen, illustré par Madame Hiro Hata (éd. Unicité, mai 2015) a été présenté – et apprécié par l’assistance.

Le prochain (102ème) kukaï de Paris aura lieu le samedi 27 juin, à 15 heures, au Parc des Buttes Chaumont (75019). R-V. aux grilles d’entrée, devant la mairie du 19è arrondissement !

Daniel.

C-R du 100è kukaï de Paris

17 avril 2015

du 11 avril 2015, au bistrot d’Eustache.
24 haïkistes en présence, et un haïku de onze en absence.

°°

Avec cinq (5) voix :

clair-obscur
les éoliennes brassent
le halo de la lune

: Lucia Supova-Dinga

et :

romarin en fleurs –
le mistral vient y chercher
sa teinte de ciel

: Michel Duflo.

°°

Avec quatre (4) voix :

démarche féline
à chacun de ses pas
la soie chuchote

: Patrick Fetu ;

Du bol à thé fumant
naissent des montagnes
voyage en solitude

: Roselyne Fritel

et :

journée mondiale du sida –
je réinstalle
mon antivirus

: Minh Triêt Pham.

°°

Avec trois (3) voix :

Arrivé au sommet
ma joie muette
comme un envol

: Nicolas Lemarin

et :

Fraîcheur de printemps
sur un mouchoir de poche
le parfum de ma mère

: Christiane Ranieri.

°°

Avec deux (2) voix :

avril à Paris
mettre ses poumons
en mode « veille »

: Gérard Dumon ;

burn-out
en cure de sommeil
le gardien de nuit

: Marie-Alice Maire ;

café du matin
les fêlures au fond du bol –
l’instant d’un regard

: Christiane Ourliac ;

dans le jardin
le merle noir ce matin
n’a pas chanté

: Philippe Bréham ;

éclat de soleil
dans une gorgée de Xérès –
le vieil homme sourit

: Francis Kretz ;

Encore un printemps –
mastiquant le repas
sa mâchoire craque

: Iocasta Huppen ;

entre les narcisses
les dents du bonheur
de la marchande

: Eléonore Nickolay ;

Hurlement des pneus –
il nous fait les yeux doux
l’âne sur la route

: Jo(sette) Pellet ;

l’enfant sur les genoux
un père attendri lui tend
son pistolet

: Philippe Bréham ;

Lundi de Pâques
à peine cachées dans le jardin
les violettes

: Daniel Py ;

marché de Pâques
éclatant
ce crâne d’oeuf !

: Eléonore Nickolay ;

mille nénuphars
flottant parmi les nuages
étang paisible

: Luc Bordes ;

route de printemps
soudain la voix du GPS
« faites demi-tour »

: Gérard Dumon ;

Soleil d’avril –
Gravé sur la pierre
un nouveau nom

: Isabelle Ypsilantis ;

soleil d’avril –
un nouveau chant d’oiseau
rajeunit la haie

: Michel Duflo ;

sur la branche
la pie aiguise son bec –
mon crayon tout neuf

: Monique Junchat

et :

Vent de terre –
Une mouette desséchée
reprend le large

: Danièle Etienne-Georgelin.

°°

Avec une (1) voix :

ciel en miroir
le monde
tout à l’envers

: Véronique Arnault ;

cité des fleurs
dans le patchwork de béton
où peuvent-elle fleurir ?

: Marie-Alice Maire ;

la joggeuse
sourde à mon sourire –
son i-pod

: Francis Kretz ;

Le ciel d’azur
Grand le silence
Rien qu’un cerisier sauvage.

: Hiro Hata ;

L’odeur de fleur de cerisier,
je n’aurais pas connu
si tu n’existais pas

: Keiko Ito ;

lune d’hiver –
le vieil homme hésitant
devant un peep-show

: Minh Triêt Pham ;

sur les bords de Seine
un pêcheur s’aventure
poisson d’avril

: Philippe Gaillard ;

Sur mes doigts encore
l’odeur de la clémentine
la saison prend fin.

: Patrick Fetu ;

un souffle
soulevant sa jupe
ronde de pétales

: Cécile Duteil

et :

Visite à ma mère –
j’ouvre une à une les fenêtres
sur mon enfance

: Christiane Ranieri.

°°

Sans voix, mais remarqués :

le chien
regardant les coureurs
s’échauffer

: Martin Dinga ;

Ma bibliothèque
ce sont mes livres d’école
et les champs de blé.

: Georges Friedenkraft ;

Montée de sève –
Sous tous les arbres
Les amoureux…

: Danièle Etienne-Georgelin

et :

Premier soleil
dans la cage dorée du saule
l’enfant émerveillé

: Roselyne Fritel.

°°

On ne pourra pas non plus passer sous silence cet hommage écrit par Hiro Hata :

Cher Bashô
La centième du Paris Kukaï
Une fête.

°°

Effectivement, nous avons terminé la fête, pour la plupart d’entre nous, à la Taverne Karlsbraü à côté du Pied de Cochon.

Et en route vers une deuxième centaine !

°°

Notre prochaine réunion aura lieu
samedi 30 mai
bistrot d’Eustache
15h30

°°

Bons haïkus à tou(te)s !

°°

Daniel

Résultats du 92è kukaï de Paris :

13 septembre 2014

Résultats du 92è Kukaï de Paris, du 13 septembre 2014.

En présence de quinze participant(e)s (dont une nouvelle, Mme Christine Devic), 31 haïkus ont été échangés.

°

Avec cinq (5) voix :

grimpette –
la roue avant et moi
crevés

: Michel Duflo.

°

Avec quatre (4) voix :

Lisant
Soudain là, tellement là
le parfum d’une rose

: Monique Leroux Serres ;

vidéoprojecteur –
mes collègues européens
en ombre chinoie

: Minh-Triêt Pham.

°

Avec trois (3) voix :

lac immobile
pleine lune entre les pins
le vent n’ose souffler

: Philippe Bréham ;

Main dans la main –
S’approchant à petits pas
du dernier été

: Isabelle Ypsilantis ;

Mal aux deux jambes –
sur le sentier de rando
je croise un mille-pattes

: Danièle Étienne-Georgelin.

°

Avec deux (2) voix :

août –
la pluie tambourine
sur le marteau-piqueur

: Valérie Rivoallon ;

Au milieu des bras
voltigent deux papillons
Match de basket

: Danièle Étienne-Georgelin ;

de part et d’autre du tracteur
les deux couleurs du champ

: Daniel Py ;

deux Perrier-menthe à la paille –
la couleur de l’océan

: Daniel Py ;

Jours d’été –
Au bout d’un fil toute une vie
d’araignée

: Isabelle Ypsilantis ;

Premier jour d’école
de sa main tremblante
je me souviens encore.

: Patrick Fetu ;

Rentrée d’école
Toute la grille envahie
par les capucines

: Monique Leroux Serres ;

Rupture cuisante
saisir la vie au vol
avant que le train ne siffle

: Roselyne Fritel ;

sous le platane
oubliée de Dieu dit-elle –
la centenaire

: Michel Duflo.

°

Avec une (1) voix :

ah, ce coucher de soleil !
je ne cesse de le contempler
pour l’empêcher de descendre…

: Philippe Bréham ;

Feux d’artifices –
Des saules pleureurs
Jaillissent de l’hippodrome

: Myriam Rouxel ;

Matin brumeux –
le bus scolaire ramasse
les feuilles en tas

: Marie-Alice Maire ;

nul vivant à portée de voix
excepté moi sous un ballet d’étoiles

: Roselyne Fritel ;

Rumeur de rentrée
dans la cour d’école
quelques feuilles mortes.

: Patrick Fetu.

°

Sans voix, mais remarqués :

journée tristounette –
me balader dans la rue
du Cherche-Midi

: Minh-Triêt Pham ;

et :

rentrée en grappe –
le sourire mielleux
du proviseur

: Éléonore Nickolay.

°

Vous pouvez lire ces résultats complets sur :

https://haicourtoujours.wordpress.com/

et

http://www.kukai.paris.free.fr/blog/

°

Notre prochain kukaï se tiendra samedi 4 octobre, à 15h30, au bistrot d’Eustache.

Merci !

Daniel.

Compte-rendu du 90è kukaï de Paris

8 juin 2014

du 7 juin 2014.

Nous nous sommes rendus (à huit participants) dans le nouveau chez soi de Paul de Maricourt, à Fontenay-sous-Bois, vu l’instabilité du temps ce samedi matin, pour notre repas-pique-nique. Champagne et petits plats sympathiques pour fêter également son anniversaire. Puis descendus au Bois de Vincennes tout proche pour notre kukaï.
Vingt-cinq haïkus (ou senryûs) furent échangés. Quatorze d’entre eux furent gratifiés d’une voix – ou de plusieurs.

°

Avec quatre (4) voix :

La tombe de mon père / près des voies du RER / Son train de 19 heures…
: Danièle Étienne-Georgelin.

(Ce haïku paraîtra donc dans notre 2ème anthologie du kukaï de Paris – sortie prévue en Septembre ou en Octobre 2014.)

°

Avec trois (3) voix :

Heure de pointes : / dans mon dos / un sein gauche
: Daniel Py.

(Ce senryû paraîtra en janvier 2015 aux éditions Éclats d’Encre dans son nouveau recueil : ‘Fourmi sur ma jambe’.)

°

Avec deux (2) voix :

Ce matin encore / jeter la poubelle / à la poubelle
: Paul de Maricourt ;

d’un déménagement à l’autre / le même paquet de semoule / fermé au scotch brun
: Paul de Maricourt ;

Juste une caresse / et il sème son essence / le basilic.
: Patrick Fetu ;

Sentier de fin d’été / Une chenille blessée – je la pose / Sur le côté
: Philippe Bréham ;

Une clope dans la bouche – / Elle me fait promettre / De ne jamais commencer
: Myriam Rouxel.

Avec une (1) voix :

ce matin de neige / la toile d’araignée
: Daniel Py ;

Dans le silence du monastère / retenir jusqu’au bruit / de ses pas
: Gwenaëlle Laot ;

Fuyant le soleil / d’une cache d’ombre à l’ombre / Un papillon de nuit
: Danièle Étienne-Georgelin ;

L’orage passé / Le paon ébroue / Toutes ses couleurs
: Danièle Étienne-Georgelin ;

Pluie – / Son linge sec / Encore sur le fil
: Myriam Rouxel ;

Un pet dans les draps – / sous le lit le chien / bat de la queue
: Paul de Maricourt ;

Virages en épingles / sous les yeux / les gris-gris du chauffeur
: Gwenaëlle Laot.

Sans voix, mais remarqués :

Crête-de-coq / C’est l’amarante volage / Tu m’as dit
: Hiro Hata

et

Déjeuner au bois – / finir par une soupe / aux fraises
: Marie-Alice Maire.

°

Lors du kukaï sur la pelouse du bois, cette réflexion de Danièle mise sous forme de senryû :

Kukaï / au pied d’un chêne / Dessous : les glands

que l’on appréciera à sa juste dérision !

°

Dernier kukaï de Paris (n° 91) avant les grandes vacances – et avant notre 2ème anthologie du K.P. (: sortie prévue septembre ou octobre 2014 !) – le samedi 28 juin ! Probable rendez-vous : à la grille principale du côté de la mairie du XIXème Arrt à 13 heures. Nous nous installerons sûrement sur une pelouse en contrebas !… S’il ne fait pas beau, nous nous rabattrons (pour le kukaï uniquement, alors !) sur le bistrot d’à côté (à gauche de la mairie !)

à bientôt !

Daniel

Haïbun aux tranchées – D. Py

13 mai 2014

HAÏBUN AUX TRANCHÉES.

Nous avions rendez-vous chez Valérie pour son anniversaire. Elle avait prévu un brunch, un ginko, un kukaï, et un goûter pour terminer. Le temps, couvert en début de matinée, s’était éclairci, nous permettant cette promenade espérée. Direction le parc Robinson, de l’autre côté de la Seine, que jouxtait le « Cimetière des Chiens », mais où étaient inhumés également « chats, oiseaux, lapins, tortues, hamsters, poissons, chevaux, et même singe, gazelle, fennec, maki. », comme nous l’enseigna la brochure échangée par le préposé en contrepartie de notre écot d’entrée.
Ainsi put on découvrir quelques épitaphes remarquables :
« À notre bébé chéri KIKI »,
« SUSHI Ange Poilu »,
« TAMISE, ton Waouh Waouh nous manquera toujours »,
« À mon ChatChat tant aimé »,
« KOLA dors bien »,
« Ma MAMMINE Grand amateur de fromage »…

Quelques poèmes étaient également gravés en l’honneur de ces très chéris. Je remarquai parmi ceux-ci un premier vers :
« Ici repose Dick, des tranchées compagnon fidèle »…
et revins alors sur ses dates : 1915-1929.

Le centenaire de cette boucherie était alors partout célébré. Je me remémorai ces haïkus de la Grande Guerre, lus quelques années auparavant, à la bibliothèque Carnegie de Reims, où je travaillais à l’époque. Ils venaient d’être remis au goût du jour par une anthologie opportune.

Nous étions ensuite revenus partager et commenter nos tercets respectifs, concoctés au cours de cette marche, et nous étions enfin séparés après les gâteaux festifs et le champagne.

Ce même soir, rentré à la maison, je décidai de faire l’inventaire d’une malle héritée de ma mère.
Au milieu de divers bibelots figurait un cahier de « souvenirs », ainsi qu’elle l’avait intitulé. Je ne tardai pas à le feuilleter. Une lettre qu’elle m’avait écrite un an auparavant, mais ne m’avait pas envoyée, s’y trouvait insérée. En haut de la deuxième page j’y lus : « En ce moment je me rappelle les chiens qu’on a eus et qui étaient de vrais amis ». L’énumération commençait : « Toby dit Toto le premier chien de mon enfance (sa mère « Fifine » avait été rapportée de la guerre par mon père. C’était une chienne de tranchée) »…

Quelle coïncidence, me dis-je ! Le même jour, exactement, cette visite au Cimetière des Chiens où « repose Dick, des tranchées compagnon fidèle », puis cette lettre de souvenirs mentionnant Fifine, chienne de tranchée !

Balade-haïku
Sous le pont
une Africaine en boubou
devant sa tente Quechua

Daniel Py, Orly, le 28 avril 2014.

Gink(h)o « Amours enfouies » (27/4/2014)

11 mai 2014

Voici la suite de (18) haïkus écrite lors de la balade-haïku entre Clichy et Asnières-sur-Seine, le dimanche 27 avril 2014, organisées par notre amie Valérie Rivoallon, lors de sa fête-anniversaire :

°

Pour son anniversaire
une visite au cimetière
animalier d’Asnières
(1)

Cimetière d’Asnières –
niche en ciment
du regretté Bijou
(2)

Pierre tombale
« 6 kilos d’amour » –
une tonne de solitude
(3)

sur le marbre luisant de Moon
des pétales de marronnier
tombés
(1)

Chat tigré
recueilli sur la tombe
d’un congénère
(4)

des rires
dans le cimetière aux chiens –
et des chants d’oiseaux
(1)

Pâques de Médor –
entre les pensées violettes
un lapin Lindt
(5)

Soleil d’avril –
un chat joue sur les tombes
de ses congénères
(6)

Pierre tombale
vide et déplacée
« À notre Fantomas »
(5)

Trois minettes
côte à côte
pour l’éternité
(4)

Une sirène
à réveiller les morts –
Ah non !
(5)

Vert jade du fleuve
île flottante
de déchets
(2)

Sammy –
un sapin de Noël
fleurit sa tombe
(7)

Repos éternel
Narcisse sous un blason
sa balle à portée de patte
(2)

Cimetière des chiens –
le sien a fini
à la poubelle
(7)

sous le pont de Clichy
une femme en boubou
devant sa tente Quechua
(1)

Proche du mausolée
de Kiki – la tente
d’une sans-abri
(6)

Chienchiens et minettes
au cimetière d’Asnières –
amours enfouies
(8)

°

Index des auteur(e)s :

(1) Daniel Py
(2) Roselyne Fritel
(3) Jany Haibe
(4) Isabelle Ypsilantis
(5) Monique Serres
(6) Fabienne Caurant
(7) Valérie Rivoallon
(8) Christine Herment.

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