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Compte-rendu du 131e kukaï de Paris

18 novembre 2017

En présence de 25 participants, 50 haïkus ont été partagés. 31 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus :

°

Avec 6 voix :

quartier latin

nos visages

ont bien changé

: Philippe Macé

°

Avec 5 voix :

le vieux globe-trotter

ses pas traînant jusqu’à

la mappemonde

: Eléonore Nickolay ;

matin d’automne

la forêt s’éveille

à coups de fusil

: Philippe Gaillard.

°

Avec 4 voix :

ses fleurs dépotées

le sourire de la voisine

rentre pour l’hiver

: Eléonore Nickolay ;

Terrain vague –

quelques flaques dispersent

le ciel d’automne

: Najat Aguidi.

°

Avec 3 voix :

bar-brasserie –

l’averse efface

le menu du jour

: Dominique Borée ;

Bercement des cèdres

La porte s’ouvre

Nuit d’équinoxe

: Dominique Durvy ;

cambriolé –

en caleçon

et en colère

: Minh-Triêt Pham ;

L’automne…

chaque jour un peu plus

près du ciel

: Najat Aguidi ;

maison de famille

pièce par pièce

elle décroche les images

: Jacques Quach ;

moustique au théâtre

applaudissements

imprévus

: Philippe Gaillard ;

Première mandarine

Envie de chocolat

et de neige

: Monique Leroux-Serres ;

Quai de gare ~

Dans les têtes

Tant de mondes

: Hervé Le Gall ;

vent d’automne

elle demande

qu’on lui raconte sa vie

: Jacques Quach.

°

Avec 2 voix :

dans le soir

froid dans le dos –

le vent invente des formes

: Françoise Gabriel ;

Devant le mendiant –

urgence

de regarder ses pieds

: Alain Henry ;

EHPAD

après chaque visite

tant de questions

: Patrick Fetu ;

morte saison

dans les moules à sable

de la poussière

: Annie Chassing ;

nid de poule –

le salto avant

de la cycliste

: Michel Duflo ;

salto arrière –

Par retomber sur ses pieds

Il finit toujours

: Anne-Marie Joubert-Gaillard ;

sur sa pancarte

« chasse réservée »

la buse

: Daniel Py.

°

Avec 1 voix :

beaujolais nouveau –

le poivrot vante les mérites

des WC turcs

: Michel Duflo ;

brume du matin

le marais fume au soleil

– moi de même

: Alice Schneider ;

caresser le chat

– rien d’autre

: Valérie Rivoallon

°

chemin d’automne –

il y a laissé des plumes

l’oiseau

: Dominique Borée ;

des miettes

sur la table –

les moineaux se taisent

: Valérie Rivoallon ;

écouteurs –

à ses hochements de tête

ce n’est pas un slow

: Jean-Paul Gallmann ;

Manteau d’hiver –

Le portefeuille vidé

De ses illusions

: Hervé Le Gall ;

odeur d’encaustique –

sur la toile cirée

le vase ébréché

: Patrick Fetu ;

parvis d’hôpital –

entrée en jeans troué

ressortie pareil

: Jean-Paul Gallmann ;

Sous la neige

la Loire avale les flocons –

Explosion de silence…

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

Notre prochain kukaï aura lieu au Bistrot d’Eustache, samedi 2 décembre, à 15 h 30, en présence de notre invitée d’honneur Jeanne Painchaud (Québec).

°

 

 

 

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Compte-rendu du K.P. N° 130

15 octobre 2017

Au bistrot du Jardin, 75001, le 14 octobre 2017. 14 présents. 41 haïkus échangés. 22 distingués avec 1 voix ou plus :

 

°

Avec huit (8) voix :

appuyée sur son reflet

la passagère endormie

: Jacques Quach.

°

Avec trois (3) voix :

Canicule –

Les touristes se traînent…

d’une ombre à l’autre

: Danièle Etienne-Georgelin ;

chi-kong au bois 

entre mes bras

les cris d’une corneille

: Daniel Py ;

octobre rose ~

le rendez-vous de mammo

encore reporté

: Marie Barut.

°

Avec deux (2) voix :

bouquet d’automne

une rose penche

vers le miroir

: Jacques Quach ;

Douceur d’automne

Avec une carte postale

Sortir les punaises

: Monique Leroux Serres ;

Excepté le cri

de l’oiseau dérangé

tout le ciel est bleu

: Monique Leroux Serres ;

miettes de croissant –

cette amitié naissante

avec le rouge-gorge

: Michel Duflo ;

pluie sur la véranda

d’un long soir d’automne

le délicieux ennui

: Philippe Macé ;

tumeur –

bientôt les jours d’hiver

peut-être

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

une étoile

puis une autre puis une autre

puis le froid

: Patrick Fetu.

°

Avec une (1) voix :

anniversaire –

un bouchon de champagne

percute la lune

: Michel Duflo ;

arbres –

certains plus frileux

que d’autres

: Valérie Rivoallon ;

de la mise en plis

au caniche

un blanc parfait

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

feuilles jaunes –

l’automne s’obstine

dans mes cheveux

: Valérie Rivoallon ;

file devant le glacier –

été indien

: Annie Chassing ;

mi-juillet

d’un jouet de plage à l’autre

un papillon

: Daniel Py ;

ombres des feuillages

dans leur balancement

des taches de soleil.

: Philippe Bréham ;

Pigeons et buveurs –

Dans la place vide

résonnent leurs cris

: Christiane Bardoux ;

premier octobre

changeant la coccinelle

au mur

: Daniel Py ;

Rinçage des verres

Un évier de bulles et de reflets

La vie en somme

: Monique Leroux Serres ;

rue endormie

le show dérisoire

du feu rouge

: Jacques Quach.

°

Notre prochain kukaï de Paris se tiendra le 18 novembre.

°

 

 

 

Compte-rendu du 128e kukaï de Paris

25 juin 2017

du 24 juin 2017, au Bistrot du Jardin (33 rue Berger, 75001).

En présence de 18 personnes, 34 haïkus ont été échangés. 23 ont obtenu une ou plusieurs voix : 3 à 4 voix, 9 à 3 voix, 4 à 2 voix et 7 à 1 voix.

°

Avec 4 voix :

métro bondé –

la mouche affolée

cherche une place

: Philippe Macé ;

son sourire 

d’une oreille à l’autre

– mousse au chocolat

: Patrick Fetu ;

un tour chez IKEA –

meubler le vide

d’un dimanche

: Philippe Macé.

°

Avec 3 voix :

entre les deux rosiers blancs

un papillon blanc ?

: Daniel Py ;

Jour d’été –

un coquelicot s’enracine

à la grille d’égout

: Danièle Etienne-Georgelin ;

le bleu du lin

caresse

le bleu du ciel

: Philippe Gaillard ;

le bruit sombre du clapot

cendres dispersées

: Patrick Fetu ;

merle en silhouette

le choeur de l’aube

entonne le jour

: Eléonore Nickolay ;

Métro du soir

L’odeur du lilas

Répand des sourires

: Christiane Bardoux ;

polar –

sur la page du crime

une tache de vin

: Minh-Triêt Pham ;

rappel de paiement

le sourire du facteur –

gratuit

: Eléonore Nickolay ;

sentier fleuri –

deux chiens se reniflent

le derrière

: Michel Duflo.

°

Avec 2 voix :

deux cyprès penchés

tendrement vers la lune

écoutent un piano

: Philippe Bréham ;

fête médiévale –

toujours sur sa tablette

le chevalier

: Minh-Triêt Pham ;

sous la canicule

les jardins morts de soif

les migrants aussi

: Annie Chassing ;

une feuille vert tendre

de plus à l’arbuste…

une aile de papillon

: Marie-Alice Maire.

°

Avec 1 voix :

Canicule –

Le chat tire un maillot humide

de l’étendoir

: Danièle Etienne-Georgelin ( – « retravaillé ».)

dans le mauve 

du bougainvillier

déjà l’été

: Michel Duflo ;

dans son esprit

le temps

ramassé

: Valérie Rivoallon ;

fête de la musique –

l’aube

sans le merle

: Annie Chassing ;

Jacquemart-André

Les Vénitiens de Tiepolo

Etudient le menu

: Dominique Durvy ;

jardin de ville

le gendarme joue

à saute-mouches

: Marie-Alice Maire ;

pluie torrentielle –

abritée sous le ceiba

l’araignée sous moi

: Valérie Rivoallon.

°

Nous remercions Annie Chassing de nous avoir confectionné – et distribué des grenouilles en origami !

Nous saluons Ben Coudert, venu au début de notre séance nous présenter son premier (et dernier) né : La revanche des petits riens, Ed. Unicité, 2017.

D’autres recueils ont été présentés :

Entre Ciel et Mer, de Patrick Fetu (Ed. Unicité),

Alsace-Vietnam, de Christiane Ranieri et Minh-Triêt Pham (Ed. Unicité),

Haïku, vol. 1 (« La Culture Orientale ») de R.H. Blyth, traduit en français par D. Py (Ed. Unicité.)

Passion Haïku et Horizon Haïku, deux anthologies contemporaines de haïku, Ed. Pippa (2017).

°

Certains d’entre nous sommes enduites allés à la librairie Pippa, pour une lecture par le groupe « Haïkoustics » (en l’occurrence Valérie Rivoallon et Philippe Gaillard) de haïkus de recueils publiés (ou republiés) en 2017 : En plus d’extraits d’Alsace-Vietnam et d’Entre Ciel et Mer mentionnés plus haut, ont été lus certains de Bulles de Musique de D. Py (Ed. Pippa, 2013, 2017) et de Les Haïkus de la Corde à linge (Dir. Danièle Duteil) de la revue Rivalités (Québec), janv. 2017.

°

Nos prochains kukaïs auront lieu les :

9 septembre 2017

(en présence de Janick Belleau et Danièle Duteil, qui présenteront leur recueil de « tankas doubles » : de Villes en Rives, Ed. du tanka francophone, fév. 2017.)

14 octobre

18 novembre

16 décembre.

°

Merci ! Et bel été à tous !

°°°

Compte-rendu du 127e kukaï de Paris, du 3/6/17 :

4 juin 2017

En présence de 20 personnes, dont deux nouveaux venus : Michèle et Alain, 40 haïkus ont été échangés. 27 ont obtenu une voix ou plus :

°

Avec 5 voix :

hier la pluie –

la dernière

pour le grand pin

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis

et :

tiédeur du soir –

des tintements de verres

que l’on rentre

: Cécile Duteil.

°

Avec 4 voix :

au passage

deux grains de raisin

: Daniel Py ;

Canicule

un à un ils s’envolent

les noeuds papillon

: Patrick Fetu ;

et :

Hôtel de province

ma valise en main

face au papier peint

: Philippe Macé.

°

Avec 3 voix :

au fond

de la crème anti rides –

un sourire

: Valérie Rivoallon ;

côté passager

les traces

d’un oiseau de passage

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

jour de canicule –

une joggeuse me demande

du feu

: Minh-Triêt Pham ;

et :

Retour de vacances

les fourmis refusent

de rendre la maison

: Alain Henry.

°

Avec 2 voix :

impromptu –

au piano se mêle

la grêle sur le carreau

: Jacques Quach ;

le pigeon rejoint

son ombre

en haut du mur blanc

: Jacques Quach ;

le silence –

chut… silence

le silence

: Francis Kretz ;

Lever de soleil –

dans sa chambre d’hôpital

mon père s’éteint

: Joëlle Ginoux-Duvivier ;

L’oiseau qui chante bien

ne se fait jamais siffler.

: Pascal Lys ;

nacre du printemps –

sur une épluchure d’asperge

la mite argentée

: Annie Chassing ;

pas un chat au cimetière des chiens ~

juste un drôle d’oiseau

: Pascal Lys ;

pelouse autorisée

un couple s’ébat

dangereusement

: Philippe Macé ;

et :

Pour combien de temps

son visage d’enfant

la jeune sans-logis ?

: Patrick Fetu.

°

Avec 1 voix :

Ah, Folâtrer

de fleur en fleur

derrière le papillon

: Danièle Etienne-Georgelin ;

Ciel si lourd –

le coq de la girouette

épingle un nuage

: Joëlle Ginoux-Duvivier ;

la mère à l’E.H.P.A.D.,

allégée de tout espoir,

sourit

: Philippe Gaillard ;

le vieux saule

son ombre a caressé

les yeux de l’aveugle

: Philippe Bréham ;

Odeur des thuyas –

Les mouettes planent

aux couleurs du couchant

: Danièle Etienne-Georgelin ;

planète bleue vire au rouge

mettre Trump au vert !

: Annie Chassing ;

Pour conter fleurette

la petite fleur des champs

sauve la mise

: Alice Schneider ;

sans se poser

le flocon fond au vent –

fleur de printemps

: Francis Kretz ;

et :

soir d’été

ce bambou caresse le mur

sans le toucher

: Philippe Bréham.

°

0 voix, mais remarqués :

l’orage est passé –

ouvrir ma fenêtre

au chant du merle

: Cécile Duteil

et

Maison de retraite –

à l’heure de manger leur soupe

ils râlent en douce

: Michèle Lila Harmand.

°°°

Prochain kukaï de Paris : samedi 24 juin, 15h30, bistrot d’Eustache (75001).

Puis, dans la foulée :

lecture de haïkus (extraits de recueils publiés en 2017), par le groupe « Haïkoustics », à la librairie-galerie Pippa (6 rue Legoff, 75005) !

°°°

 

 

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 126

14 mai 2017

du 13 mai 2017.

En présence de 19 participants, 38 haïkus ont été échangés. 23 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus !

°

Avec 6 voix :

lettre retrouvée

de la belle écriture

le parfum envolé

: Philippe Macé ;

vieux cimetière –

mon fils parle à un arbre

et moi à une pierre

: Ben Coudert.

°

Avec 5 voix :

convalescence

dans l’herbe neuve

la saveur de chaque pas

: Jacques Quach.

°

Avec 4 voix :

Chemin de croix –

il traverse

en dehors des clous

: Ben Coudert ;

pique-nique au parc

nous étions deux mille

en comptant les fourmis

: Philippe Macé.

°

Avec 3 voix :

affiches lacérées –

poussé par le vent

le sourire d’un candidat

: Dominique Borée ;

don du sang –

autour de son cou

quelques suçons

: Minh-Triet Pham ;

un pied ou deux de côté

pour ne pas arroser

les deux violettes

: Daniel Py ;

Visite aux parents –

Deux coquelicots s’accrochent

à la pierre tombale

: Danièle Etienne-Georgelin ;

°

Avec 2 voix :

Arc de Triomphe –

un pigeon s’est pris les ailes

dans le drapeau

: Marie Barut ;

brise de printemps –

sur une crotte de chien

deux pétales de rose

: Annie Chassing ;

bulldozer –

les fleurs gisent

dans les tranchées

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

clap de fin 

le vol d’un goéland

éteint le soleil

: Patrick Fetu ;

Crépuscule –

Les joggeurs du lac

au rythme des coassements

: Danièle Etienne-Georgelin ;

Ombre de l’oiseau

on lui roule dessus

elle s’envole à temps

: Jean-Christophe Jameux.

°

Avec 1 voix :

d’une jardinière à l’autre,

des ponts de soie

: Daniel Py ;

façade 

au balcon flottent

les dessous

: Eléonore Nickolay ;

Lune d’été

est-elle aussi brillante

que celle des tranchées

: Naty Garcia Guadilla ;

Paillettes de neige

Dans ta chevelure

Te vieillissent un peu

: Leila Jadid ;

quai –

le papa apprend à faire

des scoubidous

: Valérie Rivoallon

Sur la nappe

le bouquet de pivoines

saigne

: Philippe Gaillard ;

sur la vieille souche

dressé au soleil de mai

un satyre puant *

: Annie Chassing

* Le satyre puant ou phallus impudicus est un champignon.

sur ses reins

son sac à main se balance

– fleurs d’iris

: Dominique Borée.

°

Sans voix, mais remarqués :

Le printemps

me donne des ailes

moi qui peine à marcher

: Naty Garcia Guadilla ;

Promenade matinale

Chien et maîtresse

Manteaux assortis

: Leila Jadid ;

samedi 13 –

toujours à la recherche

d’un trèfle à quatre feuilles

: Minh-Triet Pham ;

sur le banc du jardin

le livre

couvert de rosée

: Jacques Quach

swing ! crac ! ploc ! splash ! wizzz !

même les verres chantent

au bar à cocktails

: Philippe Gaillard.

°°°

Nos prochains kukaïs auront lieu les

3 juin

24 juin

puis, après les grandes vacances, les

9 septembre

14 octobre

18 novembre

et 16 décembre.

°°°

Compte-rendu du K.P. 125

23 avril 2017

17 personnes présentes à notre kukaï du 22 avril 2017

34 haïkus ont été échangés.
1 haïku a obtenu 6 voix, 2 = 5 voix, 1 = 4 voix, 3 = 3 voix, 3 = 2 voix et 13 = 1 voix.

°

 

Sans voix, mais commentés :

Des aboiements / plus loin dans la rue / – le facteur passe

: Nicolas Lemarin ;

plus / de chants d’oiseaux – / le portable siffle

: Valérie Rivoallon.

°

Avec une voix :

Cerisiers en fleurs – / sur ses mains / fleurs de cimetière

: Annie Chassing ;

Cyclamen en fleur / sur son vélo assisté / le facteur vapote

: Marie-Alice Maire ;

dans la plaine jaune / la ténacité du vieux / pommier en fleur

: Jacques Quach ;

lunettes de soleil / une larme / trahit son chagrin

: Patrick Fetu ;

marché parisien / les robes à fleurs sentent / le poisson

: Eléonore Nickolay ;

matin de printemps / notre nid enfin prêt / le chant du coucou

: Philippe Macé ;

messagères du printemps – / la radio ne crache / rien de bon

: Eléonore Nickolay ;

panneaux électoraux / derrière tous ces sourires / la même blague

: Philippe Macé ;

plage – / j’y vais à pied / et à poil

: Minh-Triet Pham ;

Quel est cet oiseau / qui reprend le chant des autres / Vaste ciel bleu

: Monique Leroux Serres ;

quelques cierges / au seui ode la morgue / marronniers en fleurs

: Annie Chassing ;

repas pascal / quelques morts se mettent / à table

: Jacques Quach ;

Soudain / zéro voiture. / Un essaim de rollers

: Philippe. Gaillard.

°

Avec deux voix :

autour / du cou du chien – / la queue du chat

: Valérie Rivoallon ;

cours de géométrie – / tracer du doigt les courbes / de son corps

: Minh-Triet Pham ;

midi / la secrétaire passe / du Mac au Big Mac

: Patrick Fetu.

°

Avec 3 voix :

Maison de retraite, / des jonquilles en photo. / C’EST LE PRINTEMPS

: Philippe Gaillard ;

Papillon de Pâques / Du minuscule sarcophage / l’immense voilure

: Monique Leroux Serres ;

Sur la ligne d’horizon / les colzas plus jaunes / que le soleil

: Marie Barut.

°

Avec 4 voix :

Bourrasque – / son éclat de rire / avale des pétales

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

Avec 5 voix :

premier muguet / glisser dans l’urne / un bulletin blanc

: Marie-Alice Maire ;

qui s’agrippe à l’autre / ce soir / de l’arbre ou du ciel ?

: Daniel Py.

°

Avec 6 voix :

Rempotage – / dans les racines de l’olivier / ma terre natale

: Christiane Ranieri.

°°°

Merci à Eléonore Nickolay et à Christiane Ranieri, pour les petites douceurs sucrées qu’elles nous ont fait partager – et à Eléonore pour les petits cadeaux aux vainqueurs : lapins de Pâques et poussins !

°

Notre prochain kukaï aura lieu le 13 mai, les suivants, les 3 et 24 juin prochain.

°°°

 

 

 

 

Compte-rendu kukai.paris n° 124

2 avril 2017

Le 1er avril 2017, le kukaï de Paris s’est réuni pour sa 124e séance. En présence de 22 participants, dont 7 « nouveaux » (: Christiane Bardoux, Olga Bizeau, Anne-Marie Joubert-Gaillard, Evelaine Lochu, Jean-Paul Gallmann, Hervé Le Gall et Philippe Macé), 44 haïkus on été échangés.

°°

14 ont obtenu 1 (une) voix :

attirance

entre deux arbres

le jardin fleurit

: Philippe Macé ;

Centenaire –

dans le plâtre

les gros pouces

de Rodin

: Jean-Paul Gallmann ;

Couleurs du marché

Arôme du pain frais

Une mendiante regarde

: Lise-Noëlle Lauras ;

Dernière lune d’hiver

Vénus couchée sur l’horizon

: Hervé Le Gall ;

ensemble

contemplant les étoiles –

deux moucherons

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

Entre Vermeer et De La Tour

« En attendant le thé » *

de Nikosan

: Dominique Durvy ;

* le titre exact de la photographie de Nikosan est : « Calme et sérénité en attendant le bol de thé ».

Femme noire dans son wax *

Aux mille couleurs –

Printemps parisien.

: Anne-Marie Joubert-Gaillard ;

* wax = tissu africain.

Frappée de soleil

la transparence aveugle

sur la vitre

: Nicolas Lemarin ;

la lune de printemps

effleure le vieux cerisier

les oiseaux chantent encore

: Marie-Alice Maire ;

La menthe infuse –

Son odeur impénétrable

Infiniment proche

: Catherine Noguès ;

N’être que soi

si petit dans la montagne

et pourtant être

: Nicolas Lemarin ;

Retour du bureau –

Les fleurs du cerisier

Sont déjà tombées. *

: Christiane Bardoux ;

* reformulé en :

Retour du bureau –

Les fleurs du cerisier

déjà tombées.

Sanisette

Scrutant la porte fermée

Bébé dans sa poussette

: Evelaine Lochu ;

un peu perdu

le seul homme

parmi les randonneurs

: Philippe Macé.

°°

9 ont obtenu 2 (deux) voix :

audition de danse –

elle s’envole sur scène

mes phalanges se croisent…

: Danièle Etienne-Georgelin ;

au jardin d’enfants,

un vélo abandonné

pour toute présence

: Philippe Gaillard ;

Gonflent le désir

et l’eau du torrent ~

Printemps

: Hervé Le Gall

mi-mars –

les arbres élagués

s’essaient à fleurir

: Valérie Rivoallon ;

Plus de cantonniers ~

Les pissenlits apprivoisent

l’angle des trottoirs

: Marie Barut ;

présidentielles –

le vent prend le journal

pour un torchon

: Valérie Rivoallon ;

°

Printemps –

Traîtrise du vent, mes primevères

chez le voisin *

: Danièle Etienne-Georgelin ;

* Sous l’impulsion de Marie-Alice Maire et de Patrick Fetu, s’il m’en souvient bien, ce haïku a été modifié pour donner, finalement :

Traîtrise du vent

mes primevères

chez le voisin.

°

sous les cerisiers

les souvenirs de la neige

s’envolent au printemps * 

: Philippe Bréham ;

* modifié en :

sous les cerisiers

les souvenirs de la neige

au printemps s’envolent

Tempête apaisée –

j’entends à nouveau le ver

du vieux meuble en bois

: Jean-Paul Gallmann.

°°

8 Avec 3 (trois) voix :

ce premier bourgeon

la vieille dame l’observe –

attentivement

: Philippe Bréham ;

devant le Fuji

le photographe

oublie la photo

: Francis Kretz ;

jacuzzi

un de ses seins

choisit la liberté

: Patrick Fetu ;

première abeille

elle butine les fleurs

du tableau

: Marie-Alice Maire ;

Salon de jardin

épousseter

l’hiver

: Patrick Fetu ;

sur le dos

de la coccinelle

des points de pluie

: Daniel Py ;

Tout le concert

dans mon oreille gauche

le chewing-gum du voisin

: Evelaine Lochu ;

Vent du sud

la paille du smoothie

se fait girouette

: Dominique Durvy.

°

1 Avec 4 (quatre) voix :

Printemps nouveau –

l’araignée tend ses fils

sur le parfum des fleurs

: Daniel Py.

°

1 avec 6 (six) voix :

brume d’avril –

le soleil déguisé

en pleine lune

: Jacques Quach.

°°°

Bravo et merci à tous les participants !

Notre prochain kukaï se tiendra le samedi 22 avril

(même lieu, même heure),

le suivant : le 13 mai.

°°°

Compte-rendu du 123e kukaï de Paris

5 mars 2017

En présence de 19 personnes, 39 haïkus ont été échangés. 30 d’entre eux ont été remarqués :
°

Avec 4 voix :

d’un banc à l’autre

le moineau

et le vieil homme

: Patrick Fetu ;

éclaircie –

la bibliothèque s’agrandit

d’un rayon de soleil

: Jacques Quach ;

visite à l’ami

dans le jardin fleuri

sa tombe nue

: Christiane Ranieri.

°

Avec 3 voix :

carême

l’irrésistible douceur

des loukoums

: Eléonore Nickolay ;

champ d’oiseaux –

le soleil se prépare

à moissonner les ombres

: Ben Coudert ;

lenteur du temps

posé sur la pierre 

tiède du banc

: Nicolas Lemarin ;

pleine lune –

les ombres surnaturelles

sur la neige

: Danièle Etienne-Georgelin ;

sable noir

ici les tourterelles

ont un autre chant

: Cécile Duteil.

°

Avec 2 voix :

ciel étoilé –

découvrir l’univers

de ton corps

: Minh-Triet Pham ;

gorgés de pluie 

les crocus du square

et la sans-abri

: Michel Duflo ;

la nuit tombe –

une page blanche

pour confidente

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

Le pain entamé

près des assiettes vides

L’absence commence

: Monique Leroux Serres ;

repas d’amis –

on évoque les anges

autour du diable

: Jacques Quach ;

suspendu

à l’arbre nu –

un blouson

: Valérie Rivoallon ;

touiller mon café –

l’avion

dans la turbulence

: Minh-Triet Pham ;

Un flocon

égaré dans le ciel

exil

: Véronique Arnault.

°

Avec 1 voix :

Air de blues

une mélancolie s’élève

lentement

: Véronique Arnault ;

chez l’ostéopathe –

au contact de sa poitrine

un bien fou

: Antoine Gossart ;

brume sur la route

la pub me propose

un voyant

: Eléonore Nickolay ;

coassements à la lune –

transhumance

d’un étang à l’autre

: Danièle Etienne-Georgelin ;

état grippal –

dans la cuillère de miel

l’enfance

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

Flairé par un chien

Je suis couché

Dans le champ de fleurs

: Fujii Lika ;

l’oiseau qui s’ébroue

dans la flaque du chemin

y noie le ciel

: Nicolas Lemarin ;

Parapluie Ernest & Young

ouvert à ses côtés

un clochard est couché

: Dominique Durvy ;

plate-bande –

le jardinier municipal

enfouit son mégot

: Michel Duflo ;

plus fort

que ses ronflements –

ses ronronnements

: Valérie Rivoallon ;

Quelques violettes

sous les fougères tendres

Secrets d’enfance

: Monique Leroux Serres ;

saucisses dans une main

souvenirs dans l’autre –

rencontre au supermarché

: Christiane Ranieri ;

Tempête d’hiver –

l’arc-en-ciel fait un triomphe

aux plus belles vagues

: Antoine Gossart ;

vent de février –

elle tourne autour de son chien

: Daniel Py.

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Au menu de ces prochains jours :

le 11 mars à 15 h et à 17 h : présentation-lecture-dédicaces-signatures de l’anthologie contemporaine de haïkus en France : Passion Haïku, Ed. Pippa, avec le groupe de lecture « Haïkoustics » (Fabienne Caurant, Philippe Gaillard, Valérie Rivoallon), à la librairie Pippa (Nouvelle adresse) : 6 rue Le Goff, 75005 – M° Odéon, RER B : Luxembourg, Bus 27…

Du 11 au 19 mars, à Clichy La Garenne, événements culturels autour du haïku – dont lecture autour du thème « le voyage », le 13 mars. Voir avec Valérie Rivoallon !

vendredi 17 mars, à 18h30, à la galerie Chr. Peugeot, 62 Avenue de la Grande Armée – M° Argentine – présentation et dédicace de Patrick Fetu pour son nouveau livre de haïshas avec textes en breton et français : Entre ciel et mer.

Samedi 18 mars à Coupvray (77) journée présentation, ginkgo, etc. au musée Braille, du concours de haïkus en braille. Voir aussi, sur Facebook, le site du concours. Avec Christine Hardy, Joël Hardy, Christiane Ranieri, Eléonore Nickolay, Li Lou, etc.

samedi 25 mars, à 15h et à 17h : présentation-lectures-dédicaces-signatures de la (2e) anthologie contemporaine de haïkus en France : Horizon Haïku, Ed. Pippa, 6 rue Le Goff, 75005 M° Odéon, RER Luxembourg, Bus 27…

samedi 1er avril : 124e kukaï de Paris, au Bistrot d’Eustache, 37 rue Berger, 75001 – M° Les Halles – Châtelet, Louvre-Rivoli, …

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Du 5 au 22 mai, notre amie peintre et plasticienne Véronique Arnault exposera, avec le soutien du conservatoire de Rambouillet, à Rambouillet… Vernissage le samedi 6 mai, à 17 h.

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Compte-rendu du kukaï d’Issy-les-Moulineaux

15 février 2017

du samedi 4 février 2017, dans le cadre des manifestations « La voix des roseaux / Reflets du Japon », au Centre Culturel Andrée Chédid (Issy-les-Moulineaux) :

En présence de neuf personnes, réunies autour d’une table, dans une salle de ce beau centre, nous avons d’abord procédé à la lecture de deux haïkus (principalement japonais classiques : Issa, Shiki, Buson, Bashô, Santôka; mais aussi plus modernes – japonais et français) choisis et lus par chacun(e) des participant(e)s.

Ensuite, afin de mieux faire connaître « l’esprit du haïku », nous avons lu les « Notes sur le haïkaï » de Masaoka Shiki, telles qu’exposées dans la revue « La Délirante » (N° 8, été 1982), et les « considérations pour un concours de haïku » de l’Américain – récemment disparu -James W. Hackett, telles qu’éditées par la « British Haiku Society » (dans ma traduction française).

Nous avons ensuite procédé à l’écriture d’un haïku par personne, puis au partage de ces 9 haïkus. Chacun a choisi les deux haïkus qu’il préférait, et, après les commentaires de l’un ou/et de l’autre, une fois que les voix attribuées à chacun furent comptabilisées, sont ressortis :

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Avec quatre voix :

Dans la poussière

il me toise du regard

l’élégant gecko

: Daniel Martin.

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Avec trois voix :

La plume griffe le ciel.
Du nuage saigne

la première voyelle.

: Frédéric Jésu ;

Lumière argentée

posée sur le méandre

L’arbre noueux veille

: Dominique Durvy ;

S’assoupissant

il pique du nez

dans son inhalation

: Daniel Py ;

sur ses courbes

traces des doigts humides

glaise de la jarre

: Cristiane Ourliac.

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Avec une voix :

Cloche du matin

Rosée de notes dans le ciel

La lune s’endort

: Véronique Lejoindre ;

haïkus sur la table

graphies d’un instant en main

s’écartent les bruits

: Olga Bizeau.

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Nous avons ensuite librement échangé entre nous, avant de nous quitter, contents de cette aventure enrichissante.

PS : Un grand merci à M. Etienne Orsini, responsable de ces « folles journées » (pour paraphraser un autre événement musical célèbre en France,  se déroulant pratiquement au même moment) poétiques et culturelles autour du Japon, qui nous a fait confiance pour animer cet atelier !

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« So Happy to see Cherry Blossoms »

27 janvier 2017

Haïkus de l’Année des Grand tremblement de terre et raz-de-marée, anthologie par Madoka Mayuzumi, Ed. Red Moon Press, 2014 :

ABE Ryûsei (11 ans, ville de Yamada, Iwate) – 48 :

Je suis si content de voir les fleurs de cerisier à pleine maturité *

ce haïku donna à Madoka Mayuzumi le titre de son anthologie : « So Happy to see Cherry Blossoms », (Haïkus de l’Année du Grand Séisme et du Grand Tsunami), Red Moon Press, 2014.

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AKAGAWA Seijô (86 ans, Sendai, Miyagi) – 75 :

condoléances pour le séisme même du saké doux dans le colis

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AMI Takao (66 ans :Sendai, Miyagi) – 62 :

La mer s’étant calmée je verse du jeune thé *

« Shincha » (« nouveau thé ») renvoie au thé cueilli à la fin du printemps et mis sur le marché au début de l’été.

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ARA Fumiko (91 ans : Village d’Iitate, Fukushima) – 30 :

froid printanier douloureux d’évacuer à 90 ans

– 95 :

Même pendant l’évacuation les répliques continuent jusqu’au Festival d’O-Bon

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ARA Kazuko (63 ans, de Minamisôma, Fukushima) – 50 :

Au quartier des affaires frappé par le désastre viennent les hirondelles

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EBIHARA Yuka (44 ans : Minamisôma, Fukushima) – 34 :

désastre du séisme débris empilés sur la Colline des Fleurs

– 97 :

La lumière de la pleine lune enveloppe lentement un village dépeuplé

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FUNAHASHI Matsuko (59 ans : Minamisôma, Fukushima) – 61 :

le train abandonné sur sa voie la pluie de mai

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GORAI Shôko (78 ans, Minamisôma, Fukushima) – 67 :

Evacuée la maison vide murmure de jeunes hirondelles

– 90 :

A Tanabata * « Je veux maman » dit un enfant de victimes

* Tanabata, un des cinq festivals sacrés du Japon.

G.S : « Un garçon de quatre ans qui perdit ses parents dans le raz-de-marée dit « Je veux maman », quand on lui demanda quels étaient ses souhaits pour les parures de Tanabata. »

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HATTORI Nami (64 ans, Shiogama, Miyagi) – 17 :

Panne dans la cuisine seule une lune trouble

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HAYANO Kazuko (81 ans, ville d’Iwaizumi, Iwate) – 101 :

ville natale près de la plage après tout de nouvelles pommes de pin

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HIRAMA Chikuhô (89 ans, ville de Shibata, Miyagi) – 82 :

sous le soleil brûlant un bateau flotte sur un monceau de débris

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HOSHIZORA Maiko (18 ans, Kesennuma, Miyagi) – 111 :

l’année qui s’achève cette année je n’ai que trop pleuré

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KAWABATA Michiko (80 ans, Ishinomaki, Miyagi) – 92 :

au pays des séismes des voix allègres pleines de soleil automnal

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KIKUTA Tôshun (84 ans, Kesennuma, Miyagi) – 110 :

en récupération dans un camp provisoire le saké est chaud

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KOIDE Toshie (75 ans, Minamisôma, Fukushima) – 108 :

enroulant un enfant dans une seule couverture la nuit du raz-de-marée

– 58 :

Les hirondelles n’ont pas oublié la maison endommagée

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KOIKE Michiko (41 ans, de Miyako, Iwate) – 43 :

amassant la boue à la pelle rejetant la boue à la pelle lueur du soir de printemps

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KONNO Eiko (69 ans, Fukushima, Fukushima) – 70 :

emporté un bateau de pêche reste là dans le champ estival

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KÔRI Ryôko (77 ans, Minamisôma, Fukushima) – 71 :

à Fukushima les humains ne peuvent plus vivre les herbes prospèrent

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MIYAKI Mieko (63 ans, Minamisôma, Fukushima) – 68 :

Evacués mère et fils sortent voir les lucioles

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MORI Mikiko (40 ans, Kesennuma, Miyagi) – 98 :

Sur le pays dévasté la lumière de la lune brille franchement

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OKADA Akiko (78 ans, de Tagajô, Miyagi) – 44 :

comme en rampant une autre réplique arrive dans l’obscurité printanière

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ÔMIKA Chieko (85 ans, Minamisôma, Fukushima) – 100 :

Avec le désastre difficile à cerner le froid qui s’insinue

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SAITÔ Kazuko (82 ans, de Sendai, Miyagi) – 52 :

en moi les répliques sont venues habiter profond printemps

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SAITÔ Keisui (77 ans, ville de Yamamoto, Miyagi) – 40 :

Il ne reste que des débris dans ma ville natale la montagne sourit *

* Le mot de saison, « yama warau », « la montagne rit », « la montagne sourit » désigne le printemps. Il provient de la première ligne d’un poème chinois écrit par le peintre « de montagne et d’eau » Guoxi (1023-1085) :
la montagne de printemps est simple-sensuelle, comme si elle souriait **

(…)

** Le caractère chinois pour « rire », « sourire », signifie également « fleurir ».
N.B. : Nombre de kigos japonais proviennent du chinois (voir aussi un article récent sur https://haicourtoujours.wordpress.com/, à ce sujet).

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SAKAKIBARA Kôji (35 ans, Morioka, Iwate) – 115 :

dans un port alignés pour une prière silencieuse le Premier jour de Travail

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SATÔ Isao (69 ans : village de Noda, Iwate) – 63 :

resté maintenant seul, cette brise odorante

– 107 :

se regroupant autour de lampes provisoires l’hiver commence

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SATÔ Kuniko (79 ans, Minamisôma, Fukushima) – 16 :

les vagues du printemps en partant avalent mon village

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SATÔ Nobuaki (77 ans, Iwanuma, Miyagi) – 74 :

Tenant un pot de roses elle déménage dans une maison de fortune

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SHIGA Atsuko (78 ans, Minamisôma, Fukushima) – 27 :

Où je suis venue fuir les radiations les pissenlits jaunes

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SHIGA Hideki (81 ans, village de Kawauchi, Fukushima) – 65 :

un seul pin dans le raz-de-marée du siècle debout, vert

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TAKAE Sueko (77 ans, Minamisôma, Fukushima) – 89 :

les rails d’acier de la ligne désaffectée rouillant : vulpins *

queues de renard.

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TAKAHASHI Aiko (83 ans, Minamisôma, Fukushima) – 94 :

Père Mère au travers de violents séismes je lave leur tombe

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TAKANO Mutsuo (64 ans, ville de Tagajô, Miyagi) – 45 :

sur la quille du bateau retourné les fleurs de cerisier n’arrêtent pas

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YOKOTA Kiichi (83 ans, village de Kawauchi, Fukushima) – 93 :

Pour Tanabata je souhaite seulement que l’évacuation soit suspendue

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YOSHIDA Keiko (70 ans, ville de Shibata, Miyagi) – 51 :

Les cerisiers fleurirent et se dispersèrent avec les enfants qui ne reviendront pas

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YOSHINO Hiroko (38 ans, ville de Namie, Fukushima) – 15 :

froid printanier et la maison et la voiture emportées

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