Archive for juin 2015

Compte-rendu du Kukaï de Paris n° 102 :

28 juin 2015

Bonjour

En présence de neuf personnes (dont une nouvelle – un nouveau, plus exactement), dans un coin des Buttes-Chaumont, 32 haïkus ont été échangés. 18 d’entre eux ont obtenu une voix et plus.
°°°
Avec 4 voix :
°
bientôt / la fin des cours – / le classeur bâille
: Valérie Rivoallon.
°°°
Avec 2 voix :
°
Ciel de traîne – / le donjon capture / un nuage
: Christiane Ranieri ;
°
ciel orangé – / un goéland pose ses ailes / sur le vent
: Danièle Etienne-Georgelin ;
°
clapotis – / parlons de l’été / mon plombier et moi
: Eléonore Nickolay ;
°
l’ombre des bambous / au vent du soir / caresse ses yeux
: Philippe Bréham ;

et :

sur les bords du lac / où glissent trois cygnes / un aveugle immobile…

: Philippe Bréham.
°°°
Avec 1 voix :
°
à l’ombre paisible / des vieux arbres les enfants / jouent à la guerre
: Jacques Quach ;
°
au feu rouge / sa main tendue / – la seule
: Patrick Fetu ;
°
au feu vert / ses lèvres rouges
: Daniel Py
°
Elle libelle leur secret / dans l’air, les libellules / point, virgule.
: Mo Coudert ;
°
feuilles dentelées – / la chenille ne fabrique / que des chefs-d’oeuvre
: Michel Duflo ;
°
grosse de son enfant, / elle observe la procession / des canetons !
: Danièle Etienne-Georgelin ;
°
la petite maison / au bord de la falaise – / s’y retirer
: Valérie Rivoallon ;
°
les yeux clos / dans l’odeur d’herbe foulée / un galop d’éternité
: Roselyne Fritel ;
°
matin de vent sur / la lande – je prends la vie / des immortelles
: Jacques Quach
°
après l’orage / les grenouilles coassent / mes tennis aussi
: Danièle Etienne-Georgelin ;
°
premier pique-nique / la couleur d’olive / des champs
: Eléonore Nickolay ;
°
repues / les coccinelles roupillent / dans les lauriers
: Michel Duflo ; et :
°
retoucherie / par la porte entrebâillée / rire rafraîchissant
: Eléonore Nickolay.
°°°
Les dates des prochains kukaï proposés sont les suivantes :
(samedis) 12 septembre / 3 octobre / 17 octobre / 7 novembre / 28 novembre / 19 décembre /
°°°
Bon été à tou(te)s !
Daniel
°°°

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‘L’Anthologie du Haiku’ – Cor van den Heuvel – 5)

26 juin 2015

°

Betty Drevniok :

Neige profonde :

pelant des pommes de terre –

de la terre sombre sur mes mains

°

Bernard Lionel Einbond :

le blanc de son cou

comme elle remonte ses cheveux

pour que je défasse sa robe

les mille couleurs

dans sa chevelure marron –

soleil du matin

mare aux grenouilles –

une feuille tombe

sans un bruit

°

David Elliott :

protégeant ses yeux

avec son gant de baseball…

les premières oies

°

Robert Epstein :

long après-midi de juillet

au passage à niveau

le train n’en finit pas de passer

de retour de vacances

je laisse les traces de sable

dans le coffre de la voiture

°

Judson Evans :

pluie de novembre –

les longues cordes des laveurs de carreaux

flottent dans le vent

°

(à suivre…)

L’Anthologie du Haiku – Cor van den Heuvel – 4)

24 juin 2015

°

Margaret Chula :

averse soudaine

dans le parc vide

une balançoire se balance encore

prenant congé

la neige fond

des tuiles du toit

à travers les lattes

de la porte de l’appentis

l’Everest !

°

Tom Clausen :

allant dans le même sens…

échangeant des regards avec le conducteur

du corbillard

aube –

du toit du camion du boulanger

le givre tourbillonne

le plombier

s’agenouillant dans notre douche

– se parle

brocante –

le vent tord l’étiquette

d’une garantie à vie

neige légère…

les étudiants étudient

en silence

°

Ellen Compton :

kaléidoscope

le petit bruit d’une étoile

qui se brise

°

Gerard John Conforti :

Sur la pente montagneuse

le calme des pins blancs

sous la neige qui tombe

un corbeau croasse :

dans le silence des bois

le battement de ses ailes

°

L. A. Davidson :

à mon retour

elle apporte des prunes bleues

sur un plateau blanc

la foule silencieuse

attend que la fontaine

jaillisse de nouveau

le jour s’assombrit,

personne n’est venu à la porte

et le chien aboie toujours

°

Raffael de Gruttola :

une femme endormie dans le métro

des pâquerettes cueillies

à la main

°

Mike Dillon :

après-midi de printemps

le coiffeur me fait pivoter

vers le miroir

nuit du mois d’août :

la lumière tranquille de la lampe

comme nos enfants dessinent

°

(à suivre…)

Rendez-vous kukaï de Paris n° 102 samedi 27 juin

24 juin 2015

Rendez-vous du prochain (102è) kukaï de Paris samedi prochain 27 juin à 15 heures aux grilles d’entrée des Buttes-Chaumont, du côté de la Mairie du XIXè arrondissement (Métro Laumière)
Avec vos deux haïkus (senryûs…)

En cas de mauvais temps, nous nous rabattrons sur le café à l’angle de la rue A. Carrel et de la rue Manin !

Merci !

Daniel

Haïkus, etc. Py, septembre 2014

20 juin 2015

°°°

Olkiluoto 3 :

le dernier EPR

d’Areva en Finlande :

9 ans de retard,

facture doublée

°

Un thème : L’amenuisement (dans le haïku) ;

le haïkiste : menuisier

– Menuiser…

°

De fille en aigu-il

°

avant de se mettre à l’ouvrage

le coiffeur enclenche

sa musique mélopéenne

°

la joggeuse

au feu rouge

saute sur place

de bas

de haut

(Boulevard Seins-Michel ?)

°

prendre l’araignée

par une patte

l’emmener se promener

dehors

°

à la sortie de la chèvrerie

(sentir)

les rosiers en fleur

°

Après l’A-6 *,

la Cisse **

* : autoroute

** : rivière

°

Le haïku c’est

l’en-creux de l’encre

°

le croa d’un oiseau dans l’arbre

éveilla

le coa des grenouilles dans la mare

matin ensoleillé

une tige dans un champ

fait du morse

°

des nuages défilaient –

un moteur traçait un horizon

dans l’après-midi bleu

le tracteur

partage le champ

en deux couleurs

un tracteur

(dans l’après-midi)

coud le champ

un coq

vers 14 h 39

– sonne la sieste (?)

_

des piaillements

du milieu des feuilles

milieu d’après-midi

vide d’activités –

un avion creuse le ciel

le tracteur :

blond d’un côté,

brun de l’autre

les deux couleurs du champ

ce chaque côté

du tracteur

champ blond

champ brun

le tracteur

°

au réveil (dans la lucarne)

le soleil

et une montgolfière jaune

°

« Il » ne peut s’empêcher :

au milieu de son haïku,

son soi pensant !

°

ces escargots posés, là

°

la lézarde

au soleil

– mûrit ?

°

d’un géranium

à l’autre

règne

une araignée

le soleil ce matin

marche sur le fil

de l’araignée

dans le cirque de la toile

le soleil

funambule

ce matin l’araignée

n’a pris qu’un akène

entre deux géraniums rouges

sur le fil souple

de l’araignée

le soleil

ce matin

ce matin

l’araignée n’a pris

qu’un peu de poussière

le soleil sur mon balcon

mais aussi la cigarette

de ma voisine –

je rentre

(dans ma coquille)

jour quiet –

le haïku

au plus près

°

j’en ai cure :

douzième jour de raisin

tous les matins

perdre 333 grammes :

cure de raisin

°

(je ressors sur le balcon,)

la voisine

a fini de fumer

– le thé vert-tiède

°

ce matin

manger aussi le soleil (de septembre)

sur les grains de raisin

ce matin de septembre

manger le soleil

dans les grains de raisin

°

ce matin

les petites boules de lumière

du raisin

la vie minuscule

majuscule

°

sharp mind

aiguiser son esprit

– jeûner

°

Haïku :

qu’on ne puisse pas

écrire plus simple !

Le haïku, c’est l’art du simple.

Ecrire

au plus près,

au plus simple.

°

Dans un champ

près de l’aéroport

face au soleil du soir

un oiseau s’envole

de l’aéroport –

le battement inégal de ses ailes

°

admirant des fleurs

aux noms inconnus –

l’heure de la retraite

°

des ardoises

au pied des vignes –

sentir les roses extrêmes

°

du temps a encore passé :

mère nona-

fils sexa-

°

Le sablier

se serre-t-il

la ceinture ?

°

dans le géranium,

extra-pétale :

un duvet blanc

°

assister à un concert :

voir

le son

°

la femme sans soutien-gorge

décroche une mûre

et la mange

(Orly, 15/9/14)

°

au soleil

elle brode (blanc)

attendant son train du matin

°

la lune fait rêver

l’ombre de la glycine

°

métro :

elle éteint ses chaussures

°

(Haïbun vache) :

Quand on sait

ce que les moustiques

apportent à l’humanité,

on a tendance à préférer

les requins.

Se

requin

quer.

(20/9/14)

°

un marmon(n)ologue

°

rue de la gare

le vent retourne une feuille

°

banc –

une feuille roule sous mon col

marque-page de septembre :

une feuille tombe

dans le livre (de haïkus)

atterrissage :

un pigeon

souffle les feuilles

°

septembre

un cil

tombé

sur la page

°

un akène se promène

d’un bout à l’autre de ce « haïku »

°

premiers doigts de la pluie

tambourinant sur la peau du matin

(vers l’automne)

°

entre deux plantes

de la jardinière

le soleil

fait du hamac

d’une fleur à une autre

le soleil

se balance

d’une fleur

jusqu’au bord de la jardinière

le soleil glisse

d’une fleur

au bord de la jardinière

le soleil

avance

recule

°

encore une intello

dans la famille ?

ma vésicule biliaire

calcule

°

Saint Clown, riez pour nous !

°

ta hernie,

ton air niais…

°

(Automne :)

°

un corbeau

appelant

sa corbelle ?

°

trois pigeons s’envolent

exactement ensemble

– septembre serein

°

Bercy :

chiens qui se niaquent

– premiers jours de l’automne

°

plein de piaillements

dans l’oreille

du crépuscule

°

calligraphie de l’araignée d’eau –

(maître chinois)

°

concert au salon –

je la regarde regarder

vers le jardin

°

l’épeichette

court sur ses roulettes

boire à l’étang

l’épeichette

se dépêche en roulettes

d’aller boire à l’étang

cette pie

descend sur ses roulettes

boire à l’étang

°

cette pie

sort d’un bouleau

cette pie

sort du bouleau

incognito

cette pie

fondue

de bouleau

°

Manchoir : tomber assez bas pour faire la manche.

Déchoir : choir au jeu (?)

Pochoir : tomber dans le Pô (?)

Crachoir – Mouchoir – Séchoir

°

Ecrire parfois trouve.

Ecrire juste – Justécrire

°

A la télé

Sarko nous glisse

un imparfait du subjonctif :

nous enculturerait-il ?

°

si ronds

les seins de l’Indienne

du Kama-Soutra

– sans silicone !

ses seins si ronds

– sans silicone !

°

une partie du public en rose :

l’après-midi (s’)avance

aux sons du Stabat Mater

(de Dvorak)

°

le toit

de l’atelier Brancusi

sculpté de pigeons

– fin septembre radieux

°

mégot à terre :

le bout rose de son filtre

– début de l’automne

avec sa patinette :

« Non !, Non ! »

: évitant les grilles métalliques

parc à la tombée du jour :

la bambine

jappe après le Yorkshire-terrier

°

chez le tourneur sur bois

l’harmonieux chant des manches

qui se choquent

°

Pas bénin,

ce harponnage informatique

du Bénin ?

°

(Hommage à Issa :)

maintes fois

ici pissai

pensant à Issa

Ici Issa

ne pissa pas

Certains font leur trou

dans la vie

Issa

fit le sien

dans la neige

°

premier mois de retraite écoulé :

que du soleil !

sans crème, brûler

sur le balcon,

ce dernier dimanche de septembre

°

d’un géranium à l’autre :

jeu du soleil

et de l’araignée

ce pot chaud de confitures

rentré du balcon –

dernier dimanche de septembre

°

les rideaux décatis

d’un magasin de livres anciens

(Reims, fin juin 2014)

°

une bouteille de jus vide

cogne et tournoie

, repart ailleurs

(: trajet de métro)

°°°

‘Une mare cachée’ : anthologie moderne de haïku – 24/24

11 juin 2015

Profils :

Katô Kôko :

Née à Kyoto en 1931. Habite Nagoya.
Docteur en littérature japonaise à l’université de Chûkyô, spécialiste de la période d’Edo (1600-1864).
Pofesseur au Nagoya Junior College.
Présidente de l’Association de poésie Kô. Editrice de la revue d’essais et de haïkus , en japonais et en anglais.

Siège au Conseil d’administration du Musée de la Littérature du Haïku, et comme directrice de l’Association Internationale de Haïku, et de l’Association de Poésie moderne anglo-américaine.
Membre du Pen Club japonais et de l’Association des Ecrivains japonais.

A écrit plusieurs recueils de haïkus, des anthologies de haïkus…

°

David Burleigh :

Né en 1950 en Irlande-du-Nord. Vit à Tokyo.

Professeur associé à l’Université Ferris

Siège au comité de l’Association Internationale pour l’étude des littératures irlandaises (Branche japonaise), et appartient au groupe de travail pour les Prix Internationaux de Haiku Masaoka Shiki.
Membre de l’Association Internationale de Haïku et de l’Association Japonaise de Littérature comparée.

A écrit plusieurs manuels anglais, des essais sur la littérature irlandaise, et trois recueils de haïkus.

°°°

A Hidden Pond

– Anthology of Modern Haiku –

a été édité au Japon (1997, 2003) sous la direction de Kôko Katô, avec traductions et commentaires de Kôko Katô et David Burleigh.

°°°

‘Une mare cachée’ : anthologie moderne de haïku – 23/24

11 juin 2015

Postface de Katô Kôko :

(…)

La poésie qui s’est développée au Japon, sous ses différentes formes traditionnelles, est une expression des sensations humaines et des sentiments personnels, tout à fait comme elle l’est à l’Ouest.

(…)

La beauté est un attribut naturel d’une telle expression poétique, qui est à la fois sincère avec ce que contient le coeur. Comme le poète John Keats l’énonça : « Beauté est vérité, vérité est beauté ».

(…)

Le mot hokku fut utilisé par Matsuo Bashô le premier, pour décrire sa propre oeuvre. Avant cela, il existait 18 mots de coupe couramment employés. Trois d’entre eux : ya, kana et keri servaient à couper un verset en deux, un peu comme une césure. Le propos de cet arrêt était de permettre au sens du verset de mieux résonner.

(…)

La raison pour laquelle j’ai mentionné l’appartenance des poètes à des groupes de haïkus est que presque tous les poètes au Japon appartiennent à des groupes, chacun desquels est mené par un maître poète. Les membres se réunissent pour faire des sorties appelées ginkô, dans le but de composer des haïkus. Ils tiennent aussi des réunions pendant lesquels ils lisent et choisissent parmi les oeuvres des membres, et ces réunions s’appellent des kukai. Le maître donne des conseils aux poètes membres, et ceci constitue un moyen important pour améliorer la technique individuelle.
Après la réforme de Shiki, le manteau du « leadership » fut porté par ses deux principaux disciples, l’un un expérimentateur, l’autre plus traditionaliste. Takahama Kyoshi (1874-1959) se montra le plus durable. Kyoshi fonda le groupe Hototogisu (« Coucou »), et édita sa revue. Depuis ce temps beaucoup d’autres groupes de haïkus sont apparus, chacun avec sa propre revue dans laquelle sont consignées les oeuvres de ses membres. On dit qu’il y a environ 800 groupes au Japon de nos jours.

Le motto le plus important pour ceux qui souhaitent étudier le haïku et progresser dans leur propre oeuvre est : « Continuer est la mère du succès ». Cela pourrait bien être la seule voie pour maîtriser le haïku. Les haïkistes qui ont écrit depuis longtemps, vingt ans ou plus, réussissent à atteindre finalement à la vraie beauté et à l’originalité. Ils deviennent vraiment formés, comme de vieux arbres qui ont vécu des centaines d’années. »

°°°

(A suivre p. 249)

‘Une mare cachée’ – anthologie moderne de haïku – 22/24

11 juin 2015

°

kogarashi no yo no ôkeyaki hoshi sazanami

Kurahashi  Yôson (m) (1931-) Leader du groupe de haïku Nami (« Vagues »). A écrit une biographie du poète Mizuhara Shûôshi.

au-dessus du grand zelkova

dans un vent froid du nord

les étoiles ondulent

°

tsukisasaru hikari to narite karuru nari

Kurahashi Yôson (1931-)

aussi aigu et perçant

qu’un flash de lumière soudain –

dépouillement hivernal

°

fuyuki yori samishiki otoko arukidasu

Nakamura Akiko (f) (1927-) Membre du groupe Banryoku (« Une myriade de feuilles ») fondé par Nakamra Kusatao. Ce haïku provient d’un recueil appelé Jinkyô (« Miroir de Dieu »).

plus seul même

qu’un arbre d’hiver, un homme

commence à marcher

°

kareki oru nao takuwaeshi nama no oto

Kôno Nankei (m) (1913-1995) Co-fondateur du groupe de haïku Azami (« Chardon »)

le son d’une branche

cassée d’un arbre d’hiver

montre qu’il vit encore

°

kareyama no bosatsugao shite hi atareri

Ibaraki Kazuo (1939-) Leader du groupe de haïku Unga (« Canal »)

la montagne toute brune

tel qu’un bodhisattva

au soleil d’hiver

Ce haïku rappelle celui, fameux, de Takahama Kyoshi :

tôyama ni hi no ataritaru kareno kana

sur des collines lointaines

tombe la lumière du soleil d’hiver –

lande désolée

°

mizu tadoritsuku ippon no kareashi ni

Kawai Gaifu (m) (1921-1999) Leader du groupe de haïku Jiku (« Axe »)

L’eau sécoulant

atteint finalement un roseau

entièrement desséché

°

hitodai no garasu o oite yuku meido

Kôzuki Akira (m) (1924-)

avec une forme de taille humaine

en verre, partant

pour l’autre monde

°

ihin ari Iwanamibunko ‘Abe ichizoku’

Suzuki Murio (1919-) Leader du groupe de haïkus Kayô (« Semaine des fleurs »). Kyorai, un des disciples de Bashô, au XVIIè siècle écrivit que : « Les versets d’amour, de voyage, d’endroits connus, de séparation, etc. peuvent être écrits sans référence saisonnière. »

Une chose laissée en arrière –

un livre de poche de

La Famille Abe

Dans ce haïku le livre était un des objets laissés après la mort d’un jeune intellectuel tué pendant la deuxième guerre mondiale. C’est un requiem pour ceux qui moururent pendant cette guerre si cruelle.

°°°

(A suivre p. 244)

‘Une mare cachée’ – Anthologie moderne de haïku – 21/24

8 juin 2015

°

akiraka ni matsu taosu oto kôru yama

: Kodama Teruyo (f) (1926-) Leader du groupe de haïku Ie (« Maison »).

toute la clarté

d’un pin qu’on abat

sur une montagne gelée

°

richû no tsukiyo fue fuku yukionna

Sawada Ryokusei (1918-) Membre senior du groupe Ashibi (« Andromède japonaise ») et leader du groupe de haïku Shachi (« Orque »).

A travers le bois éclairé par la lune

vient le son errant de la flûte

d’une bonne-femme de neige

°

me tsumureba yuki samazama no tama kimaru

Akao Ei (f) (1930-) Après la mort de son mari Akao Tôshi, Ei devint leader du groupe Uzu (« Vortex »).

dans mes yeux fermés

l’âme blanche de chaque flocon

ne fait que mourir

°

chû to iu hashiki mono yuki maeri

Hanatani Kazuko (f) (1922-) Edite et publie la revue de haïku Ai (« Indigo »), à Ôsaka.

dans cette belle chose

appelée l’air, flocon sur flocon,

la neige tombe en dansant

°

takibi yori hinoko gakudan tobidaseri

Ueda Hizashi (f) (1961-) Mène le groupe de haïku « L’Ambre ». Elle suit l’esprit de son père Gosengoku.

Etincelle et les Flammes –

un concert de lueurs s’élève

du feu de joie

Le feu de joie est une référence saisonnière pour l’hiver.

°

doronegi kai jûshin hikuku modorikeri

Hirai Sachiko (f) (1925-) Membre senior du groupe de haïku Banryoku (« Myriade de feuilles vertes »).

Achetant des poireaux boueux

balancés très bas,

je les emporte à la maison

Les poireaux frais, couverts de boue manquent de toute grâce ou élégance poétique. Ce manque d’élégance poétique est une des caractéristiques principales du haïku.

°

seki yamite zendô no oto subete tayu

Satokawa Suishô (1927-) Un des membres d’origine du groupe de poètes Tenrô (« Sirius ») fondé par Yamaguchi Seishi en 1948.

la toux finie,

pas un son ne trouble

le temple Zen

Le mot de saison est ici « la toux », pour l’hiver.

°

poinsechia nani ni owaruru ware naran

Mukasa Kazuko (f) (1924-)

poinsetia –

qu’est-ce donc

qui me poursuit ?

°

hakuchô no sôshin ni hi o hajikitari

Ôhashi Atsuko (f) (1924-) Leader du groupe de haïku Ugetsu (« Lune pluvieuse »).

un cygne blanc

réfléchit la lumière du soleil

de tout son corps

°

nenneko no ko no me mo oki o miteitari

Hatakeyama Jôji (1930-2000) Leader du groupe de haïku Kairei (« Montagne marine »).

dans un manteau de nourrice

les yeux fixés aussi sur le large,

du dos de sa mère

°

karekuwabatake tokidoki tomaru sô no retsu

Yomogida Kieko (f) (1930-) Etudia le haïku avec Abe Midorijo (1887-1980), dissipe principal de Takahama Kyoshi. Leader de troisième génération du groupe Komakusa (« Coeur saignant ») nommé d’après une plante (Dicentra peregrina).

champs de mûriers desséchés

où des processions funéraires

s’arrêtent de temps à autre

°

(A suivre, p. 234)

°

Haïkus, etc. – Py – Oct. 2014 – 2/2

6 juin 2015

…/…

°

deuxième jour gris d’octobre

un chien hurle à la mort

°

un marron débogué

pile au milieu

d’une feuille rousse

(- trottoir d’octobre)

°

dans la rue d’octobre (ce soir)

sous le marronnier

un canapé double

accueille la pluie

°

Ce « poète » aux tercets si laborieux

(qui puent la sueur des mots)

sait-il respirer « naturellement » ?

– Certain(e)(s) qui respire(nt) (très) laborieusement

écri(ven)t des vers beaucoup plus « naturels » !

le haïku artificiel

le haïku de labo

le haïku-Frankenstein

le haïku-gonflette

le haïku anti-nature

l’anti-haïku

le souffleur de syllabes

Il vous présente

une aile

quelques pattes

encore une aile

il vous fait croire que c’est une mouche,

cet arracheur,

ce recolleur de haïkus !

Qu’on est loin de Kûkai, de Saigyô, … (les) grands inspirateurs de Bashô !

pour qui le mot devait signifier la chose !

(Lui, qui « tripote » les mots

Lui qui est resté

à l’ère des structuralistes

: un-demi siècle en arrière !

Les mots vains…

(Un commandement pour le haïkiste :)

Tu ne prendras pas les mots en vain !

Tu ne changeras pas les mots

en vains tercets !

haïku frelaté !…

haïku de garage

haïku-cambouis

Les haïkus de tête

sont des haïkus de pied(s)

Méfiez-vous

de ceux qui séparent

le vivre

de l’écrire !

Un dissecteur de haïku

(: du haïku comme objet de bureau…)

°

Quelques feuilles entrent

dans la rue

Courtalon *

ce 7 octobre avant midi

* 75001

°

Certains (/ la plupart de ?) ses haïkus

sont des « éléments de langage ».

(des effets de langage,

des trafics de mots,

haïkus stériles,

fossilaïkus,

haïkus aléatoires,

cadavres peu exquis,

battus, coupés, redistribués,

élaborations, élucubrations

haïkuistriques,

dérives mentales,

décompositions et recompositions langagières,

etc. etc.

Il prétend écrire des « haïkus »

– hélas !

Comme un coucou qui prend / squatte

le nid d’autres oiseaux,

le …-l’hermite du haïku :

il écrit des « imit-haïkus »

des haikus de labo,

des haïku-lego

du haïku de chambre obscure

du pharmaceutiqu-aïku

Le haïku est plus que la somme de ses parties !

(des cubaïkus

des je-de-construction-haïkus)

l’antipod-haïku

(du haïku (d’)antipodiste)

– stérilaïku

°

ce matin

six des huit voyageurs

de mon carré

dans leurs écrans

°

en patinette :

« – non !, non ! » :

évitant les grilles rondes

(: jardin Saint-Eustache)

°

« Peugeot veut vendre

sa filiale scooters » *

– Hollande va-t-il intervenir ?

* : Direct-Matin, 8/10/14.

(: Allusion à la paparazziade du Président allant rejoindre sa belle en scooter, incognito, sans garde du corps…)

°

Xavier Dolan, réalisateur québécois : « J’essaie de penser que le cinéma est l’art de raconter une histoire et pas l’art de se raconter soi-même en tant que cinéaste. »

Transposons au haïku :

« Je pense que le haïku est l’art de raconter une expérience et pas l’art de se raconter soi-même en tant que « haïkiste ».

… ce « haïku » qui n’est qu’assemblage de mots plus ou moins creux, plus ou moins vides, plus ou moins morts, plus ou moins signifiants, plus ou moins insignifiants…

Nous sommes toujours dans le nombril-haïku

(= se faire mousser par le haïku…)

un haïku dénaturé

c’est-à-dire un haïku intellectualisé,

un « pensaïku »

au lieu d’un « sensaïku » !

= un haïku de tête

(qui est souvent un haïku de pieds :

pour qu’on puisse reconnaître une forme

qui le rattache(rait) au moulaïku japonais de base

= un semblaïku !,

une apparençaïku !

un imitaïku

un similaïku voire un simulaïku

(= un simulacre de haïku

= un faux-haïku.)

Un haïkiste ?

Non : un penseur-de-haïku

Des clone-haïkus

des sinj-aïkus

°

(Exercices de Qigong :)

je me préoccupe du sort

de la mouche qui (res)sort

de sous la semelle de mon voisin –

puis marche vers la professeur

°

sortie de la chèvrerie :

sentir

les roses épanouies

°

(ancien :)

la fille aux cheveux bouclés

la blancheur de son châle

le soleil de février

the curly-haired girl

the whiteness of her woollen shawl

the sun of February

°

vers le congrès de haïku

entre romarin et lavande

pause-pipi

°

Match en nocturne :

les projos du stade

éclairent la fumée

montant du toit

(Vannes, 10/10/14)

le voyant lumineux

telle une aile d’avion :

une nuit au camping

un gros nuage blanc

habille

l’arbre mort

arbres rouges

dans la cour de l’hôpital,

arbres jaunes,

arbres verts

banc à l’entrée de l’hôpital –

seule la place au centre

sèche

grands et nombreux mulets

dans le bassin du port

– touristes affairés

°

Sonia :

tout l’éventail de(s) couleurs

de son prénom

(: à Sonia Delaunay, peintre.)

°

mort,

vous aurez atteint ce silence

VERS où

tendaient vos mots

j’ai même lu

des haïkus

encombrés

inutilement

de mots

Se

déprendre

des mots

peu à peu

effacer

les mots

(Ne pas en rajouter !)

ouvrir

le silence

ouvrir

au silence

c’est moins ouvrir la bouche

qui compte

qu’ouvrir l’oreille

(moins ouvrir l’oeil

qu’ouvrir l’ouïe)

(L’ouïe,

oui !)

ouvrir l’oeil

ouvrir l’ouïe

(garder le silence *)

* trésor précieux –

le noir de l’encre

pour rehausser

le blanc du silence *

* / le blanc du papier

dans le sumi-e

(ou dans le haïku)

le noir met en valeur

le blanc

(<- Manda)

°

ce matin

sur les branches *

les bourgeons

de la pluie

* / au bout des branches

ce matin

au bout des branches

des bourgeons

d’eau

(: Camping de Cantigol, Séné-Sine, Vannes)

pluie –

un rouge-gorge

monte la première marche

du bungalow

d’à côté

°

fin de l’été –

les mûres parfois

les autres aussi

°

Du congrès de Vannes, retenu :

le noir (de l’encre) qui rehausse * le blanc (du papier)

* pour rehausser

(: en sumi-e ; en haïku — : Manda)

°

Qu’est-ce qu’un « mangeur de rêves » ?…

: ces gens qui font dans la « poésie », qui ne font pas dans le haïku…

qui ne font pas « dans » le haïku,

qui font SUR le haïku !

°

Faire le plancton de garde

devant le (Palais du) silence…

les mots :

îlots du * silence

* de

du silence

parfois

émerge

un haïku

la surface du silence

le canard d’un haïkaï

Il y a la parole intempestive

(: celle qui veut faire son bruit)

et la parole

qui témoigne

du silence…

Considère

le silence

que créent tes mots…

le silence

est un puits

la parole

est un seau

du puits

du silence,

un haïku ?

« Le pape volant » : une illusion ?

« Le mangeur de rêves » : une illusion ?

Ah, tous ces illusionnistes

de la parole !

comme au ciel

un envol d’oies,

au papier, un haïku

le noir

est le blanc

qui s’assemble

– qui se précipite

quelle illusion

crée mon haïku ?

Méfiez-vous

des illusions verbales…

des arnaques verbales…

(: un arnaïku -)

J’ai lu bien des arnaïkus !,

bien gerbé

à leur « pouvoir » d’illusion mentale !

la grande réussite de Rimbaud :

son silence poétique

Tendre

vers le silence

de la poésie

sans encre

l’oie

tra(ver)se le ciel

sa trace efface

tra…..ver…..se

Réduire les mots

: que l’on n’ait plus

que la conscience

du blanc

l’oie

te donne conscience

du ciel

fuyant

Moins rêver

que révéler !

du brouillard

(de la page)

un haïku

(d’) un bain de blanc…

le blanc

qui nous hypnotise

l’hypnose

de l’espace (?)

°

qu’un mot

meuble

la page entière

: haïku

°

oies-bernache-cravant-haïku

(21/10/14)

°

war somewhere :

too much God

– or not enough

une guerre quelconque :

trop de dieu

ou pas assez

°

Rayer le noir

Faire la lumière

Eclaircir

Eclairer

(la page)

°

page lumineuse

page mise en lumière…

enluminée (?)

haïku rare

°

« Verbalisme : utilisation des mots pour eux-mêmes au détriment de l’idée. »

« Logomachie : assemblage de mots creux dans un discours, dans un raisonnement »… dans un haïku ?

Evitez le haïku verbaliste, logomachiste (?) !

°

Tout à ses pensées,

Charles VIII heurta

une porte du château d’Amboise –

Il en mourut.

: Gaffe, quand vous pensez !

°

Trouver un es-pisse vert ?

°

une roue

avec son cadenas doré

appuyés au mur

°

l’étudiante réveillée

replonge dans ses livres

à la bibliothèque

°

dernière demeure

d’un ami de plus de quarante ans

le gris d’octobre

(: Jacky Morel, hautboïste, 63 ans.)

°

R.-H. Blyth : « Le plus grand art de l’artiste est de cacher plutôt que de révéler la beauté. » (in Haiku, vol I, p. 149)

°

« Il faut de la mouche dans la bière

, il faut de la mouche ! »

(: Bar Le Fontenoy, rue de Choiseul, 75002)

°

(sur le trottoir)

en face des « Parfums de Capucine »,

une forte odeur de pisse

(: parfumerie, rue des Capucines, 75002)

°

spar

row

°

été indien –

il relâche une feuille

qui l’a pris à la gorge

°

Ici Issa

ne pissa pas

– ni ne passa

°

Un haïku français * :

en deux hémistiches

(de 6 syllabes chacun)…

* / alexandrin

°

la lune bout aussi

dans la casserole

aux pommes de terre

°

moins il y a de mots

plus l’encre « respire »

°

Jean-Sébastien Bach

au dépose-minute

l’envol des amis Roumains

(Roissy-Ch. de Gaulle)

°

une mouche dans la chambre

un haïku sur la page

°

sur le champ de bataille

Bashô s’assit

et pleura

°

au milieu de haïkus

un oiseau piaille

°

Les répétitions (/ les redites)

bouchent la vue

et l’ouïe

d’un haïku

(sauf en de rares cas…)

: Elles le remplissent

alors qu’un haïku devrait s’évider au possible !

Le remplissage

est à l’opposé

de l’esprit du haïku !

Pour certains, le haïku

serait une forme qu’il faut remplir…
Pour d’autres, c’est une forme

qu’il faut épurer.

les mots réitérés

inutilement

: gonflette-haïku !

a stutterer’s haïku :

un haïku (de) bègue !

– I beg your haiku ?

°

ça gargouille là-d’dans :

la chasse aux calculs biliaires

est ouverte

°

j’ai toujours cru que le haïku

tendait

vers le minimum

vital

°

Nous ne sommes pas

pour l’inflation du haïku

Nous sommes pour sa déflation !

– Crevez les baudruches, les vessies !

(moins de vessies, plus de lanternes !)

°

Moins il y aura de mores,

mieux ça vaudra !

°

Dieu : le très haut ;

haïku : le très peu

°

gouttes en bas de la vitre,

feuilles en haut des arbres,

les nuages filent vers novembre

°

salle d’attente

à l’hôpital

seul

devant l’extincteur

casaque bleue,

Bétadine rouge et jaune

: résultat des courses ?

odeur de soupe

dans le couloir

vers le bloc opératoire

patiente poireaute

sur un brancard

dans le couloir frais

salle d’op’

la chaleur de l’anesthésiant

me monte aux yeux :

3 secondes chrono !

réveil nauséeux

dans la salle de réanimation

– un peu de morphine

l’infirmière tchétchène

– kiné dans son pays –

m’apporte le repas du soir

rien-gurgité

menace nausée :

soupe claire

compote de pomme

pistolet

au côté

la première nuit

goutte à goutte

NaCl 0,9 –

Bonne nuit, monsieur !

l’écran noir

de la télé,

la nuit noire :

chambre d’hôpital

soir seul et serein :

ablation de la V.B. *

* : vésicule biliaire

chambre double, seul

sec le haricot de carton

(pour vomir)

mouillé le pistolet

(pour pisser)

°

Dommage que chaque haïku

n’engendre pas son propre rythme –

et qu’il reste figé

dans sa momie, son sarcophage (en 5/7/5) !

(L’on finit par s’assoupir à la longue, lassé de ce systématise monotone…)

Il serait temps de s’affranchir de cette monotonie (d’uniforme),

de cette servilité à ce moule convenu…

°

tout en haut de la branche

une feuille (-vigie)

: Vois-tu venir novembre ?

salle de réveil :

les différents rythmes cardiaques

des opérés

le soir tombe

le toit

sombre

une ampoule rouge clignote dans une chambre

mon goutte à goutte transparent

– dernière soirée

chambre double

à l’hôpital :

un moustique

et moi

quel est le bruit d’une seule main ?

: – Pan

vers le moustique !

(repas d’hôpital :)

le fin du fin :

un poisson pané

en forme de poisson

°

litanie

5 7 5

hypnotique

°

l’apéro * du ciel

une heure plus tôt

: heure d’hiver

* rosé

°

Picasso : « La simplicité ne se décrète pas, elle se travaille. »

°

la bouche

a une conception très fine

de la main

(: ceci n’est pas un haïku.)

°

(Fin octobre, 7 heures du matin, gare de Rodez)

des oiseaux noirs croisent le bec

dans de hauts arbres

– (le) bleu naissant

°

du temps a passé :

mère nona-

fils sexa-

(après « Une semaine en Aveyron » in Chemins Croisés, éd. Pippa 2014, p.51)

°

Ah, mouche aveyronnaise

de la fin octobre :

toujours aussi pimpante !

aussi emmerdante

qu’au printemps,

cette mouche de fin octobre !

°

le chat

sur le rebord de la fenêtre

s’aventure du deuxième

°

un fauteuil roulant

fait craquer des feuilles

– approche de novembre

°

à la place de

« pluie pluie pluie pluie pluie »

proposer

« pluie incessante – »

: haïku

Répéter « silence »

c’est l’abolir

°

à Saint-Jean-Pied-de-Port

cette femme s’exclame :

« j’ai toujours craqué sur le raku ! »

°

au doigt, maman

porte la bague de fiancée

de sa mère

– 95 ans plus tôt *

* / en 1919

°

roulant l’r’

en Aveyron

comme caillou

dans un ru

°

la mouche

vers novembre,

vertement

°

immensablement

incommensursable

°

le serin

qui n’est pas du genre à chanter

donne ses plumes

au balai

°

(Rythmes poétiques :)

Rien à faire ! :

le japonais préfère 5 et 7

le français 6 et 6 !

… revenir aux b-a bases

de la métrique française

(même en haïku) !

°

mère

se réchauffe les mains

au verre de café

°

au-dessus du causse

8 parapentes

tournoient au soleil

– veille de novembre

tout le long du causse

les parapentes

et la demi-lune

(veille de novembre)

sur le Causse les parapentes

sur le Tarn les canards

– paix du 31 octobre

pas une feuille

ne bouge à l’arbre

– veille de novembre

au foyer l’on fête

l’anniversaire d’une résidente

– accordéon

°

dp