Archive for the ‘Féminie’ Category

Yosano Tekkan (h)(1873-1935) par Makoto Ueda

8 mai 2016

in Modern Japanese Tanka, pp. 1-12 (extraits) :

Fonda la revue « Myôjô » (Le bastion du romantisme) en 1900. Epousa Akiko (Yosano) en 1901 en troisièmes noces.

°°°

j’oublierai que je t’ai vue

debout avec un regard stupéfait

mains tenant tes seins

quand un tremblement de terre se produisit ce matin

alors apporte-moi à boire, ma chère

les coquelicots en fleur

me rappellent

ces lèvres que j’embrassai

allongé dans un grenier

éclairé par le soleil du soir

yeux fixés

sur le cou d’un chameau

qui se tient immobile

moi aussi j’attends tranquillement

l’approche de mon heure

sans bourgeons

cette vigne continue de grimper

tout droit

avec l’intention de ne fleurir nulle part

sauf dans les cieux

elle chante et chante

fort, longtemps et sans honte

ne connaissant pas

l’art du poème plus court

cette cigale

à la différence de leur père

quelles heureuses carrières attendent

tous mes enfants

qui ne montrent absolument aucune crainte

de l’algèbre ni d’un chien

sans bruit

un groupe de nonnes en robes noires

passe

ne laissant derrière elles

que la lueur du soir

°°°

(trad. de l’anglais : D. Py).

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Mori Ôgai (Mori Rintarô)(h.)(1862-1922)par Makoto Ueda

8 mai 2016

in Modern Japanese Tanka, pp. 25-36 (extraits) :

Médecin retraité de l’armée après 35 ans de services dont les neuf dernières en tant que chirurgien-général. Fut directeur du Musée Impérial et Président de l’Académie Impériale des Arts.

°°°

Q’un poème soit

comme un vase de cristal

rempli de glace

délicieusement transparent

ne laissant aucun endroit invisible

essayant de se percher

sur la fleur d’élodée

qui oscille

au milieu d’un ruisseau

une libellule lambine

sans incident

un autre jour est passé

tandis que je continue à regarder

la couleur non identifiable

du mur

la caresserais-je

que des étincelles jailliraient et se répandraient

de sa chevelure noire

qui s’enroule autour de mon corps

et me tient fermement lié

A NARA :

Les gens de Nara

ont-ils voulu oblitérer

la tristesse de l’automne?

sanctuaires et temples ici

sont tous peints en rouge

°°°

(trad. de l’anglais : D. Py)

Yosano Akiko (Hô Shô)(f)(1878-1942) par Makoto Ueda

8 mai 2016

in Modern Japanese Tanka, pp. 43-48 (Extraits) :

Yosano Akiko (Hô Shô), 1878-1942.

°°°

chacune avec la forme

d’un petit oiseau doré

des feuilles de ginkgo

dans le soleil du soir

volètent en bas d’une colline

dites-leur

qu’elle apprécie la vue

de la lune

une robe de gaze rose

couvrant à peine son corps

la terre a l’air

d’une magnifique

fleur de lotus

comme le soleil se lève

sur le paysage enneigé

l’aster

a fleuri

son pourpre pâle

comme la couleur de la fumée

s’élevant de ma rêverie

évanescente

comme le blanc pâle

des fleurs de cerisier

épanouies dans les arbres

ma vie ce jour de printemps

°°°

(tr. de l’anglais : D. Py)

 

Nakajô Fumiko (1922-1954) par Makoto Ueda

5 mai 2016

in Modern Japanese Tanka, pp. 205-216 :

(Extraits) :

Elle devint célèbre en avril 1954 quand un ensemble de cinquante de ses poèmes gagna le premier prix d’un concours national de tanka sponsorisé par une revue importante. En juillet 1954 son premier recueil de tanka fut publié : Chibusa sôshitsu (Un sein perdu), expression en analogie avec Rakuen sôshitsu (Paradis perdu). Elle ne vit pas son deuxième recueil : Hana no genkei (Le Prototype des fleurs), publié en avril 1955.

°°°

boîtes de somnifères

empilées à côté de lui

jour après jour

mon mari dort dans une

impuissance inapprochablele

les yeux

d’un animal acculé

et les yeux de mon mari

dans ma mémoire

se confondent un moment

le bus jaune

à destination d’une banlieue

où vit mon mari

ce matin emporte

un cadeau de haine de ma part

mes bras

tenant un enfant

comme une moisson de douleur

ressentent un poids

trop lourd pour être mesuré

partageant la douceur

que deux êtres sans relation éprouvent

l’un pour l’autre

une vache broutant et moi

au soleil couchant

dans une posture

prête à bondir

la bête attend

je marche vers elle

prête à être tuée

avec un craquement de tonnerre

des fleurs de feu s’ouvrent

dans le ciel nocturne

ne laissant aucune part de moi

protégée du pillage

chaque année

meurt puis

fleurit de nouveau magnifiquement

ce prototype de fleur

vit dans mon corps

comme le bistouri

lentement fend

le passé

mes foetus apparaissent

se donnant des coups de pied dans le noir

en quête d’une rive

où je pourrais repérer mon sein

dérivant

avec des méduses blanches

je m’endormirai encore

un jour je vis

une corde pendant d’un arbre

noir, sans feuilles

pourtant mon corps pendu

n’était nulle part visible

est-ce qu’une femme

me ressemblant

a eu son sein coupé

pour avoir commis l’adultère

il y a des milliers d’années ?

cette colline

en forme du sein

que j’ai perdu

sera décorée de

fleurs mortes en hiver

frétillant

hors d’une part fragile

de moi-même

et nageant de ses longues nageoires

un poisson rouge

avec peine je me souviens

de jeunes feuilles sur un cerisier

tandis que je suis allongée sur le ventre

montrant mon dos qui n’a

encore à ce jour aucune cicatrice

depuis ce soir

où je sentis pour la première fois la puanteur

de mon corps mort

les yeux acérés d’un vautour

restent toujours dans mon esprit

à cette

insomniaque de femme

la nuit offre

un crapaud, un chien noir

un noyé et tutti quanti

quand les lumières s’éteignent

elle vient se faufiler

près de moi

je l’ai tellement apprivoisée

qu’elle semble un réconfort maintenant

°°°

(tr. fr. : D. Py)

Tawara Machi (1962 -), par Makoto Ueda

5 mai 2016

in : Modern Japanese Tanka, Columbia University Press, 1996, pp. 229-240.

(Extraits) :

Elle devint une porte-parole éloquente des « shinjinrui » ou « nouvelle espèce humaine », génération de Japonais qui ne montrent que peu d’intérêt pour les croyances traditionnelles, même envers l’institution traditionnelle du mariage.

Rejoignit la revue « Kokoro no hana »(« Fleurs du coeur ») en 1983. N’exerça son métier d’enseignante que pendant quatre ans, grâce au succès de son premier livre de tanka : Sarada kinenbi (L’Anniversaire de la salade) paru en 1987, qui devint immédiatement un best-seller, causant le « phénomène Tawara ». « Mon premier recueil de tanka fut pour moi, initialement, une averse venue du ciel, mais à un certain point, elle se changea en orage et faillit m’emporter », se rappela-t-elle. Son deuxième livre de tanka Kaze no tenohira (La Paume du vent) parut en 1991.

°°°

Extraits de L’Anniversaire de la salade :

regardant en l’air

vers la pluie qui tombe

soudain

j’ai envie d’être embrassée

dans cette position

la solitude

de la vie où un plus un

font toujours deux

me tombe dessus

ce jour de décembre

« jusqu’à l’âge de trente ans

je me baladerai »

tes mots

me font me demander quelle part

de ton paysage je forme

ce jour de mars

sans qu’une partie de mon coeur

n’attende le printemps

j’admire avec toi

un prunier à floraison tardive

la lettre

déborde d’amour

l’amour

qui est ce qu’il était

le jour du timbre

à partir du moment

où je finis d’écrire

et où je colle le timbre

le temps commence à couler

attendant une réponse

essayant de nettoyer

la poussière 

de ce qu’elles ont vu

je rince mes lentilles de contact

aussi minutieusement que possible

fleurs de cerisier

fleurs de cerisier fleurs de cerisier

commencent de fleurir

finissent de fleurir, et le parc

comme si rien ne s’était produit

le jour

où j’oublie d’écouter

les prévisions météo du matin

je ne suis pas contrariée

s’il pleut ou fait soleil

°°°

Autres extraits :

mon coeur

désirant blanchir

un certain temps

sort voir un lis songeur

et lui tient compagnie

comme s’il voulait desserrer

toutes les chaînes le liant

à la société

il retire sa veste de costume

sa cravate, son pantalon, sa chemise blanche

la femme

qui a mis au monde ton enfant

porte un sourire sur son visage

sur ses sourcils, ses lèvres, etcetera

une nuit de lune montante

bien que

pas assez épais pour mériter le nom

de haine

il y a un liquide opaque

qui s’accumule dans ma poitrine

figeant mon sourire

pendant une demi-seconde

je regarde

vers ton appareil photo

qui ne peut pas photographier mon coeur

arrivant

un petit peu plus tard que d’habitude

et me laissant

comme toujours déçue

le facteur

comme si

leurs oreilles étaient à l’unisson

du grondement de l’océan

les jonquilles sont en fleur

dans le village où je suis née

avec l’air serein

qu’on voit seulement après un accouchement

un pommier

ouvre grand ses mains

pour accueillir la saison de la neige

d’autant plus

qu’on ne peut pas le voir

je regarde éternellement

vers ce pays qu’on dit

se trouver de l’autre côté de l’océan

d’une manière ou d’une autre cette impulsion

de te questionner sur ton lieu de naissance

comme je marche avec toi

à travers un sombre passage

dans l’aquarium

°°°

(Choix et traduction : Daniel Py).

 

Haïkus, senryûs, etc. – PY – juin 2015

1 juillet 2015

°°°

2 papillons dorés

qui s’adoraient

s’adonnaient

à la danse des ailes

dans le soleil

°

fractionné involontaire –

une racine qui affleure

(jog du vendredi, parc Méliès)

°

première canicule

ce cinq juin

– le soir va-t-il orager ?

°

première canicule de juin

la finesse des tissus féminins

°

l’inconnue lente de l’allée…

°

cet oiseau noir

à travers sente

ne poussera plus ses croas –

ce sont les roses roses

au bord du muret

qui sentent le meilleur

°

travaillant ses jambes

sur le vélib’ (à l’arrêt),

béquille dressée

°

Passer

(/ Evoluer)

du Penser au Sentir.

°

elle passe

avec une amie

poussant

une tondeuse à gazon

°

un carambriolage

°

une étudiante

dort assise

à la table de bibliothèque

– son cou

°

(régulièrement retombe sur le côté)

puis elle s' »abat » en avant

sur la table

°

au feu vert

ses lèvres rouges

°

ce matin

le coiffeur bâille

– ses ciseaux ?

°

désert des arts

désir des ors

°

martinets

les stries

dansent

°

toutes ces flèches d’argent

dans tous les coins du ciel

au soir

– l' »amour » du haïku

°

ce soir

sa fille

me montre un classeur de poèmes

que je lui envoyai

il y a quarante-cinq ans

°

Le haïku, ce peut être la commotion

créée par deux images qui se rencontrent (s’unissent, se joignent, se heurtent, s’épousent,…)

parfois même dans un seul mot (mot-valise,…)

Sa seins-ture

de sécurité

°

quand il fait son discours,

il politrique

°

sous sa jupe

joue le soleil –

soir de juin

(17/6)

°

César Marciaux…

°

Mieux vaut

un haïku

court – long – court

qu’un haïku

con – lourd – con !

Quand tu as soif,

regardes-tu le verre

ou le bois-tu ?

Quand tu as faim,

regardes-tu le plat

ou le manges-tu ?

La flèche doit-elle être

rouge, jaune, bleue

longue, courte, mi-longue

fine, épaisse, très fine

en bois, en métal, en verre ?

ou doit-elle

atteindre le coeur ?

(/… et le haïku ?)

assis

au bord de la mare,

j(a)ugeant l’eau

sans y plonger

ô grenouilles coassant

au bord de la mare,

sautez dedans !

l’apparence du haïku

ou le haïku ?

Le haïku ?

: toucher au centre.

Concentrez-vous

sur l’essentiel

(/ Revenez à l’essentiel)

en haïku !

(- le reste :

rien à cirer !)

°

sur l’asphalte

un bras de poupée

(Orly, 20/6)

°

les roses (roses qui sentaient si bon)

un peu défleuries,

leur parfum aussi est passé –

jog du dimanche

°

dans le sentier

une plume noire :

l’incitation à écrire ?

°

deux élèves de Taiji au parc –

dont une

en mauvaise posture !

°

attention aux racines !

le pas rasant

du joggeur

°

le merle

encore là :

de plus en plus ancré dans le sol

du sentier

°

les différents parfums

des roses différentes

°

Fête des pères –
Une femme cueille des roses
du bout des rangs de vigne

°

(La problématique majeure du haïkiste ? :)

comment faire (mieux) voir

au (/ le) lecteur

comment « éclaircir » sa vue

°

le Père Noël

au coin du balcon

rosit

°

Fête de la musique

il prend (des) notes

°

(D’après Daniel Thévenin – FB :)

Eoliennes –

Don Quichotte,

reviens !

°

Sarko à l’Express :

« Je mens moins qu’avant ! »

– Quel humoriste !

°

(Resto -)

L’intéressé-je ?

– ou la télé

allumée derrière moi ?

°

les clins d’oeil

d’une fenêtre

– soir de juin

°

Embrasser quelqu’un

qu’on ne connaît

ni d’Eve ni des dents…

°

une féministe :

dure au(x) mâle(s) ?

°

la pelouse de Qigong

m’offre une jolie plume

de pie

°

traduit,

le 5-7-5

explose

un haïku

« à-ras-le-moule »

un haïku

qui pue la sueur

/ de cerveau

/ mentale

un haïku constrictor

(un haïku de contorsion)

un haïku tordu

°

(Inspiré par la 4è de couv’ de Passage secret de Christian Cosberg :)

Le (/ la) haïkiste :

un personnage

en quête d’odeur(s) (?)

°

Au toucher du soleil

°

… une pie

sort du bouleau…

°°°

Haïkus, etc Py – février 2015

21 mai 2015

°

livre neuf –
un cil
coche un haïku

sur le chemin
du stage de bâton ce matin :
un livre de haïkus,
les cris des mouettes sur la Seine

lundi matin 2 février,
une fine couche de neige –
la mousse de l’eau de vaisselle

10 ans :
au lieu de sauter à la corde
elle saute à la bombe –
Boko Haram

des piaillements
percent le froid du matin noir
début février

il s’est bien mouillé
pour sauver la centenaire
des flammes !

Le haïku
doit épouser
la forme de ses rythmes
les plus élémentaires,
les plus naturels…

: la forme
c’est le rythme

(Le rythme dicta forme)

métro :
elle éteint ses chaussures

l’homme
est un homme
pour l’homme

le panneau
« Centre de secours »
pointe vers le ciel

un élastique
clé de sol
sur le trottoir

à l’abri du froid
la plante verte
se tresse
vers la lumière

nous préludions à l’amour –
je dus me lever pour pisser
mais je ne pus jamais retourner dans son rêve

pendu par les pieds
tout au bout de son balcon
un ancien père Noël

le vent
balance le bonnet
du père Noël
pendu de son balcon

… quant au Père Noël
à l’envers
au bout de son balcon :
le sang
lui est tombé
à la tête ?

… quant à la plante verte
derrière son carreau
(à l’abri)
elle grimpe, elle grimpe
et continue sa tresse
vers le haut

… se tresse
avec tant d’adresse

vers le haut
vers dehors,

spirale
géniale

je vous souhaite
de bien avancer
sur le chemin
de vous-même

trois élèves de Qigong
recentrent leur énergie
– un lotus qui se referme

silence :
laisser infuser l’image du haïku
pour bien s’en imprégner

étoiles, lucioles, gouttes
vers le réverbère

Arrêter le temps
Faire couler celui d’un livre

la pluie –
elle resserre son décolleté
(Saint-Valentin)

les vieux
se recourbent
ralentissent
rejoignent le temps

… pour qui je virgulais du coeur…

Pourquoi tourner autour des mots ?
: un seul, au centre

Pourquoi tant de mots ?
: un seul
mais juste !

jour de la Saint-Valentin :
annulé nos billets
pour Nouméa

la solitude du robinet :
goutte à goutte

(d’après Cécile Duteil : « Solitude / le robinet / goutte à goutte »)

la solitude du robinet :
goutte…
goutte…

la fleur
ne fait rien :
elle attend
que le printemps
la pousse
l’ouvre

Pour la Saint-Valentin
des affiches
Lise Charmel

au bout de leur tige
les bourgeons de géranium
sont si lents !
– mi-février

drone
survolant la centrale :
ami, ennemi ?

manucure impeccable,
elle accroche un ver de terre
à l’hameçon

une pantoufle mauve
sur une flaque d’eau
– ciel de février

la plume de canari
refuse
de monter dans la pelle

doigts d’une femme
faisant leur gamme
dans son sac à main

Charlie sous le coude,
les gouttes sur le parapluie

comme un bébé dans ses bras
son six-pack
de bières

2ème Charlie
après le crime
plus personne ne se précipite
au kiosque à journaux

25 février
le soufflé Charlie
retombe

Plus personne ne se précipite
au kiosque :
2è Charlie de l’an 15

un kaïkaïku :
un haïku qui fait se sauver
en courant

les oiseaux chantant
je m’égoutte
près du buisson

Janvier :
le mois de l’envol définitif des Charlie :
2015 : Charb, Cabu, Maris, Wolinski, Tignous, Honoré
2014 : Cavanna
2005 : (Le professeur) Choron

« Sarko l’incruste » :
« La première rigolade post-attentats »
(: in « La Presse Satirique, n° 10, p.8)

Sarkozy :
à lui seul
une caricature
– que dis-je ?
: mille caricatures !

(cf je-suis-nico.tumblr.com)

« Rire, c’est la meilleure arme contre les cons » : Maël Jones
(in : « La Presse satirique, n° 10, p. 8)

d’un inspir ronfleur
labourant un pan
du matin

(ancien = 2006 ? -:)

septembre
ses feuillets tombent
sur le trottoir

au coeur du traVail
cet envol de l’oiseau

au coeur de l’
enVol
les ailes s’ouvrent

au coeur de l’
enVol
ailes ouvertes

ciseaux
l’oiseau
scie le ciel

ciseau(x)
l’oiseau
ouvre le ciel

Faire haïku net !

quiet
le frigidaire
qu’on remplace demain

/(: inquiet ?)

/(: parce qu’inquiet ?)

°

dp

Haïkus etc de Py – mai 14 – 1/2

24 mai 2014

°

Les Niverniaises
et le -veau lent…

Frapper « Avecnue »
au lieu d' »Avenue »
: encore un fantasme ?

cette présentatrice-météo
au profil de carte de France

Au lieu de « japonaise »,
« japonase »…

les oiseaux
colorient le matin
– mai jonché
de marronniers

« des sentiers vides où
il n’y a que du silence
et de la lumière »

(: Pierre Loti, p. 223 de ‘Madame Chrysanthème’, éd. Garnier-Flammarion n° 570)

« notre chambre blanche
où entrent le clair soleil
et le vent tiède »

(: P. Loti, id., p. 224)

une belle femme
vieillissante
fatiguée
dans ce train de banlieue
vendredi soir

ce matin
au lieu d’Asnières-sur-Seine :
« Asnières-sur-Seins »


(ancien, Villeneuve-le-Roi :)

ce matin
la neige a pris
la toile d’araignée

déjà pliés
sous leur journée d’écoliers
– matin de mai

(à suivre, mai 14, 2/2)

Haïkus, etc. de Py – mars 2014 – 1/2

15 mars 2014

°

Plus il y a de chiens, plus il y a d’os.

Les os sous le pont coulent
Les aulx sous le pont coulent
les zoos sous le pont coulent
les eaux sous le pont coulent

°

une fois le froid sous les fesses passé,
attendre (20 minutes)
le prochain train

; le quai long de monde

°

un gant gris
sur une marche grise

– Que dit-il ?

– Je le laisse

°

De
haïku, taiji-quan, zen,
l’esprit-Un

°

Orly –
Au-dessus des pendules de la tour,
les aiguilleurs du ciel

°

Une dame à son amie :
« Viens, on va faire le trottoir »
– mars ensoleillé

°

Après la Saint-Valentin
(…)
(…)

°

matin de mars
sur les ailes blanches
de la pie

°
(Ancien:)

À l’accueil
de l’établissement,
trois grasses.

°

La gazette des rois

°

un magrouilleur

°
(Senryû :)

Sarko – l
Cass’roles

°

ce soir sur la table
le jus de soja a sauté :
patte d’ours

°

un gros avion
déborde de la brume
– pollution de mars

°

mon clignotant
au même rythme
que le marteau de l’ouvrier
– porte de l’immeuble

°

marronniers rognés

taille moignons

(À propos de W. Lambersy : Le mangeur de nèfles, éd. Pippa, 2014.)

°

(Kyôkus :)

Simplifier, toujours,
vers le plus grand « naturel » *
possible

* de la découpe des vers, des rythmes, des mots et de leur agencement…

Écrire des haïkus
qu’on ne puisse pas plus simple(s)

Dire moins, dire mieux.

Ceux qui veulent
absolument
faire preuve d’originalité
usent souvent d’artifice(lle)s !

Artifice(s), Assez !

(N’en déplaise aux « alambiquets »,)
plus c’est simple, plus c’est naturel,
plus je kiffe !

Le haïku nu !

La plus grande vertu
(dans l’écriture du haïku…) :
la simplicité,
l’absence de contorsions


ou :

la simplicité,
l’absence de contorsion(s),
le haïku nu

°

Malgré la pollution
les oiseaux aboient
– aube de mars

sur le quai
une va(tri)poteuse…
– aube de mars

°

du coin de l’oeil
(…)
(…)

°
(kyôku :)

Donner
le moins de clés possible
au haïku :
que le lecteur
trouve ses clés !

°

Nappy birthday !

°
(Kyôkus :)

d’un recueil de haïkus
le ronron 5/7/5
: somnolence inévitable !

L’imaginaire
au désservice
du haïku

le haïku sur le feu
L’huile sur le feu du haïku
Feu le haïku !

Je lis un recueil
de haïkus 5/7/5 :
l’esprit m’en tombe

Donnez-nous,
ô haïku (5/7/5)
notre ronron quotidien !

on se lasse, hélas
du 5/7/5 qui monotone
endort

Pédaler dans la somnole…

haïku 5/7/5,
haïku tsé-tsé !

le monotonneau 5/7/5 !

l’assoupissant 5/7/5

Réveillez le haïku
de son ronron
5/7/5 !

Le 5/7/5,
est-ce
« l’inertie bourgeoise » ? *

* cf Artaud, in Van Gogh le suicidé de la société, L' »Imaginaire-Gallimard, 2001, p.26.

Le haïku 5/7/5
c’est un peu comme les
« Monuments Men »
en vert caca-d’oie *

* : affiche d’un film, mars 2014.

°

Il fait sa disparition…

°

Ides * de Mars –
un Père Noël toujours en escalade
sous un balcon

* : 15 mars, mai, juillet, octobre ; 13 janvier, février, avril, juin, août, septembre, novembre, décembre (: calendrier romain)

°

D’où t’en viens-tu,
petit insecte,
où es-tu né ?
où t’en vas-tu ?
– mourir dans une goutte d’eau
de mon lavabo ?

Le minuscule insecte
n’a pas survécu
à la goutte d’eau
du lavabo

°
(Kyôku :)

5
7
5

é
cul
é

°

l’apex, l’antapex,
l’apogée, le périgée *
: heureux de mots neufs !

* : p.294 de L’Éveil des sens, du Pr. Jon Kabat-Zinn, Pocket 14424.

« Ne pensez pas…
Percevez !… »

« au-delà de la pensée,
en dessous de la pensée,
avant la pensée » *

* : p. 294, op. cit.

°

Haïku, etc. de Py – sept 2013 – 2/2

20 novembre 2013

°°°

Fukushima
pour le(gouvernement de)s Japonais
c’est tabou
ça bout !

°
FilloN
( : in Le Canard enchaîné du 18/9/13)

°

ventes libres d’armes –
massacres de déglingués –
USA…

°

Une ancienne plantureuse de riz…
(cf Hubert Haddad, in Le peintre d’éventails, éd. Zulma, 2013.)

°

quatrième jour de cure
son odorat s’affine…

°

ces travailleurs anthracite
à la sortie du train…

°

elle fit
tout le voyage
dans son téléphone portable
(Reims-Paris, tgv.)

°

(Métro :)
« POUSSEZ FORT »
dit la porte
– qui s’ouvrit seule

°

rigolant au soleil
le caniveau
me fait de l’œil
(Avenue Mac-Mahon)

°

sur un banc
(Avenue Mac-Mahon)
une feuille
s’en vient loger
entre oreille et veste…

°

beau son de hautbois
dans un couloir du métro

mais odeur de vomi

°

Si vous ovulez
fis-je,
en place de
Si vous voulez !

°

une femme
en plastique
irréprochable

°

(s’a
muser
avec les mots)

°

une pavanade

: un paon
se pavaonne ?

°

an eclectric preacher

°

(le rythme
dans la po
ésie (du haïku))

°

Autant que faire se put
Autant que fesse repue

°

deux avions croisent leur air
dans le ciel bleu

°

Le Mont Tolima *
fut-il le Mont Fuji
de Sélim Bellen ?
(comme la Sainte-Victoire
celui de Cézanne ?)

* en Colombie.

°

Sauver
une coccinelle jaune
du lac Bâlea

(Transfàgàràsan, Roumanie, 8/13)

°

voile intégral : a-guichée (fermée)

voile intégral : aguicher = fermé !

°

les pectoraux
électoraux

(et les taureaux ?…)

°

Fonçant dans le brouillard
à 320 kms/h

(Paris-Reims, 25/9)

°

ça grenouille
ça magrouille

(Magrouiller // Gremouiller…)

°

dans le RER
(vidé)
une cravate grise à rayures
à terre

(C, Paris-Choisy)

aux pieds de cette femme
qui continue son voyage
cette cravate grise rayée noir

°

cf : FilloN
: FéloN

°

devant la lune du projo
s’élève le nuage de la fumée
soirée jazz kréol

(Le Baho’s, Longjumeau, 28/9)

°

dans le dimanche matin
recroquevillé derrière toi
une voiture officielle
esquisse une sirène

°

bouille de keuf !
kouille de beuf !

°

passant par le parc
aux senteurs de roses de septembre
les marrons roulent

°

jog au parc
sur le piano
fermé
Mozart *

* : Le conservatoire de musique d’Orly se situe à l’intérieur du Parc Méliès.

°

les zozo les zonneurs

°

soutenu(e)
tousse nu(e)

°

(cf 23/8/13 :)

un livre
sabi – me
au soleil

°

ra – beauter ?

°

sa matrice
m’attriste

°°°