Archive for the ‘paradoxe’ Category

Takahashi Shinkichi, 2/2 :

7 avril 2016

(p. 369 :)

(A propos du tanka et du haïku) : « Je les regarde de la même manière que je regarde des peintures antiques; je n’ai pas envie de composer ma poésie en les imitant. » Pour sa sensibilité, les tankas et les haïkus sont archaïques ou sont sur le point de devenir rapidement archaïques. (…) « Je soupçonne que le tanka et le haïku  seront absorbés par le vers libre, dans le futur. » En une autre occasion, plus impatient, il déclara : « Le tanka et le haïku appartiennent déjà au passé. »  (…) Les successeurs de Shiki essayèrent de moderniser le tanka et le haïku, mais ils ne réussirent pas complètement.

(p. 372 :) Shinkichi rejeta les formes de poésie fixes parce qu’elles semblaient trop restrictives. (…) Un poème court, intitulé : « Mots » :

« Les mots peuvent être de toutes sortes,

les formes peuvent être de toutes sortes, car

ce qui doit être saisi n’est qu’un ;

cela n’a rien à voir avec les mots ou la forme. »

Si le poème capture la vérité, Shinkichi ne se soucie aucunement des mots ou de la forme. Parce que la vérité est difficile – en fin de compte impossible – à saisir, il voulait le maximum de liberté de choix dans ses essais pour la mettre par écrit. Shinkichi  a eu très peu de choses à dire à propos de la forme et de la structure du vers libre. Il choisit d’écrire de la poésie en vers libres (« shi ») précisément à cause de la liberté d’expression qu’elle lui apportait; il n’aurait pas voulu restreindre cette liberté en favorisant une certaine forme ou structure à l’intérieur du vers libre. (…)

La raison principale pour laquelle ses poèmes sont courts a probablement à voir avec sa haute considération pour un processus créatif d’inspiration. Comme nous l’avons vu, il croit qu’un poème doit être composé par la force  de l’inspiration; il considère qu’un poème doit être essentiellement l’enregistrement spontané de « ce qui flottait dans mon esprit comme un nuage dans le ciel. » Vraisemblablement, l’inspiration, une compréhension intuitive de la vérité, est d’une courte durée.

Il a écrit un nombre significatif de poèmes d’une ou deux lignes. En voici deux exemples :

« Le soleil »

Le soleil rétrécit tous les jours.

(= 17 syllabes en japonais)

« Pomme-de-terre »

Dans une pomme-de-terre

il y a des montagnes et des rivières.

(= 20 syllabes en japonais)

Ces poèmes courts de Shinkichi diffèrent du haïku de style libre par la grammaire et la syntaxe. La langue du haïku  détruit volontairement les relations ordinaires entre les mots, de manière à pouvoir transmettre la vérité qu’on ne peut pas exprimer par des formulations logiques. Les poèmes courts de Shinkichi ne font pas cela ; généralement parlant, ils conservent la grammaire et la syntaxe normale de la prose japonaise. Chacun des trois poèmes courts mentionnés auparavant (avec « La mort » : « Personne n’est jamais mort. ») comporte une phrase complète, avec toutes ses relations linguistiques normales intactes. Il n’y a aucun moyen de les confondre avec des haïkus de style libre.

(p. 374 :) A la différence de Sakutarô, qui essaya de verbaliser les sentiments avant qu’ils ne deviennent des idées, Shinkichi attend que les sentiments se solidifient en idées , et il spécule à leur sujet. Dans ce respect, il est plus philosophe que poète, et quelques uns de ses poèmes ont effectivement l’air d’aphorismes.

(p. 375 :) Avec lui, un poème est le résultat de la méditation…

(p. 376 :) Il était d’abord, et avant tout, en recherche d’une vie spirituelle meilleure. Il a été poète, en deuxième lieu.

(p. 377 :) D’un point de vue du zen, chercher la vérité au moyen du langage est aussi impossible qu’essayer de terminer la tour de Babel. Après tout, les mots sont un produit de l’esprit, et l’esprit pensant ne représente qu’une partie – et pas essentielle – de la vie humaine. (…)

Le zen et le bouddhisme ont perdu beaucoup de leur attrait populaire en ces temps modernes. (…) Le bouddhisme est devenue plus qu’une religion nominale pour beaucoup de japonais.

(p. 378) Pour Shinkichi, la littérature est la plus utile quand elle aide les lecteurs dans leur quête de vérité religieuse, même si elle ne peut faire cela qu’indirectement. La littérature peut n’être qu’un substitut verbal de la vérité, mais elle peut un jour servir de catalyseur dans leur recherche. La poésie, en particulier, est capable de fonctionner comme un kôan zen, grâce à sa capacité d’être plus illogique, plus provocatrice, et plus éloignée de la réalité quotidienne que la prose. Dans la manière de penser de Shinkichi, la poésie est la plus utile quand elle agit comme un kôan – quand elle plonge l’esprit du lecteur dans un type de méditation zen.

(p. 379:) Le moment meurt aussitôt qu’il est verbalisé. (…) Même s’il échoue, le poète présentera quand même une apparence du moment ou au moins un enregistrement de ses efforts, et son essai pourra aider le lecteur dans sa propre quête spirituelle. Dans l’opinion de Shinkichi, là réside la seule utilité dont peut se targuer la poésie.

°

(tr. : dp.)

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Haïkus, etc. de Py – Oct 2013 – 1/2

20 novembre 2013

°°°

effluves de cloches
au fond du bus…

°

dès 8 heures du matin
avec sa 8,6 4,2 à la main,
il rame vers Paris

(RER C, Orly-Paris)

°
(Kyô-court :)

le blanc
autour de ces vers !…

°

hier soir la salle était pleine
à croquer

°

des écouloirs…

°

soucoupe violente :
soupe volante

°

L’oignon fait la farce

°
(5/7/5 :)

sempi
ternell
ement

°

la terre rentière ?

°
(Ancien :)

Au-dessus de la gare
l’hôtel Mercure

°

feuilles
cherchant à entrer
dans l’immeuble –
fraîcheur d’octobre

°°

On se voit à 15 heures
et on se quitte à 16h21
encore meilleurs amis qu’avant

(: Paul de M.)

°

enterrement –
tout le monde
s’(en) approche

°

lieu public –
n’aimant rien plus
que le silence

(RER C, dim. 13/10/13)

°

retour :
le Jardin des Plantes
sur le bout de mes chaussures

°

cette nuit je me suis appelé
BRANCHE

puis
DOIGTS

puis
BIENVIEILLIR

et enfin mon nom de plume (japonais)
ce matin :
MOJITO

°°

de la mort
Salim
en sesshin * de silence

de la mort
Salim
garde le silence

de la mort
Salim
accomplit le silence

– Assis
à une table ronde
lisant le journal

est-il voisin
de Pessoa ?

°°

une chaussette noire
tordue
sur le plancher du métro
à côté
d’une petite pastille rose

(L.14, 14/10)

°

Son terrier à poil ras
Son maître à longue perruque

(rue Lamarck, 75018)

°

chantonnant sur une marche de métro
pour laisser passer
le temps
– et les passants

(L.13, Guy Môquet)

°
(Kyôku :)

Nous attendons avec impatience
le prochain recueil de haïkus
de Monsieur Roland Barthes !

°

j’étouffais
… pour m’en sortir

°°°

Haïku, etc. de Py – fév. 2012 (2/2)

15 mars 2012

°
(rêve :)

Nous sommes la conscience pianiste de l’île

°

une bulle de savon,
une grille
: deux bulles

°

dans la feuille de l’âge

°

Osez vous effacer…

Desquamer
le haïku
du trop de soi…

°

la rousse
qui dort dans le train
redresse périodiquement
la tête
– puis s’appuie sur son poing

°

zéro lion
l’érosion

°

un ami mort ce matin –
me fil-dentairant les dents
ce soir

un signe de croix
avec de l’huile
sur la salade –
la mort d’un ami

sur le ventre des morts
mangent les vivants
– l’adieu à l’ami


(rêves :)

Rendez-vous « Aux Mailles » :
le rade où il aimait écluser…

– je menottais un tronc d’arbre.

°

sur le parvis de l’église
de nombreux bruits de baisers :
l’adieu à un ami

(: Jean C.)

°

éclats de verre
le trottoir gris

°

le nom de son amant
sur toutes ses lèvres…

°
(Ancien :)

me demandant son chemin :
ses si jolies gambettes
avenue Gambetta !

°

au pied de la mangeoire
autant de bouts de pain
que de pigeons

°

une carcasse de voiture
une barre d’immeuble
– dimanche de février

°

dans les branches
de l’arbre hivernal,
quelques petits nuages

°
(À Patrick Fetu – d’après son haïsha « Matin silencieux » -)

le poids de la neige
sur le silence
du matin

°

elle a toujours
mené la bar(a)que

/

mené la bar(b)(a)que

°

Sarkozy de Nagy-Bocsa *
« candidat du peuple » :
quel superbe oxymoron !

(cf : http://sarkostique.over-blog.com)

* Sarkozy de S’agite-Boxon (?)

depuis trois jours en campagne
mais déjà une overdose
(cathodique)
de sarkocaïne

°

une écriture – dynamique
DE MONTRES – d’école

°

après la pluie
grand-père part
chasser l’escargot

au jardin l’escargot
ATTEND N’ATTEND PAS
la fin de la pluie

Nous sommes ceux qui
naissons de l’orage

l’escargoéland

(= un monstre tautologique (?))

de même,
le jeu de go
est lent

°

contre la vitre du train

(= haïku monostiche heptasyllabique au nombre d’or (: 2-3-2))

°

pinici
pinailleurs

°

franchissant
le premier quart des
1012 poèmes de Bashô,
février 2012

°

écrire, c’est
vider le bol

écrire, c’est
se vider le bol

écrire cesse :
vidé, le bol !

°

sur l’air de
« Ah, les p’tit’ femm’
les p’tit’ femm’ de Paris ! »
(Antoine entonne –
Non : c’est Patrick !)

Patrick entonne :
« Ah, le kukaï,
le kukaï de Paris ! »

°
(Sous Sarkozy :)

Faudrait pas que
Sarkommence !
Faudrait pas que
Sarkontinue !

Ne plus lui permettre de continuer
son (/ sa) Cirkozie !

une circose
de Sarko

une nécrose

(Faire une cirrhose sarkonique)

Ses effets de manche
de pioche…

détournements de son slogan :
« La France Morte »
« La Finance Forte »

: sur Sarkostique.over-blog.com

vite
(se) débrancher
/ décrocher

Sa(r)kro-de/le-boucher !

l’éminence (g)risible
: le gros-t-esque (?)

l’arracheur de dents (« Sarkomenteur »)
le P-austère (Pos(t)e(u)r)
l’Égée-manie(ur) (grec)

sa monomanie : le fric

Sarko,
l’entubeur
cathodique (/ méthodique)
de première (classe)

°

ronflement(s)
le sommeil
s’envole

°

(la télé :)

ce matin
ce midi
ce soir
cette nuit :
la Cirquozie !

Bienvenue en Sarkocaïnie !

le grand (?) risible permanent

le bon de l’affaire :
qu’il gave grave,
qu’il sature pur,
pour qu’on l’éjecte sec !

Sarko 1er :
l’envahisseur
cathodique !

qu’il se tire une balle dans le pied !

(je me tirai une belle – le pied !)

°

Ne pas se p(r)endre aux mots !…

« jubilation » : joie vive et expansive
« jubiler » : éprouver, manifester une joie très vive.
(: Petit Larousse Illustré, 1983)

Pour sortir des « relations-mitraillette »
(: « tu-tu-tu-tu-« )
(re)lire Jacques Salomé.

°

M’enfonçant
dans la forêt de poèmes
aux 1012 essences *
(21/2/2012)

* de Bashô

°

« La France Forte »
: d’une force
de (petite) frappe ?

°

Qui entend
les plaintes
des plantes ?

La scie crie-t-elle ?

°

la mer
/ la mère
aboie

°

le petit filet rose
qui s’élève de la cheminée –
la traîne blanche de l’avion

°

au soleil du tgv
l’écran de son ordi
plutôt dégueu

°

« PLOC »
perdrait-il
une L
pour devenir « POC » :
« Parti des Objecteurs de Croissance »
?

°

renversant,
ce que ce siège a bu
à ma place !

°

sous (le) Buisson *
(l’épine) le Pen ?

* : gourou sarkozien

Sarcoule

Trafliquer

°

Lent traînement…

Allant traînement…

en traîné…

°

les amoureux transi(toire)s…

°
(duilien :)

un avion s’écrase sur la ville
une grenouille saute dans la mare

(d’après : « la mouche qui pète »…)

°

RER
je la vois
en haut
en bas
elle croise les jambes

la belle-à-coeur-bleu

°

Michel-Ange
ou Mozart :
À Tourcoing
Sarkozy
se compare

: le cuistre de Jupiter(ne) !

°

Manifestations
contre l’essence chère :
ça chauffe,
quartier du Chaudron *

* : Île de la Réunion

°

l’épingle du « je »…

°

la vache à l
ait :
l’auto mob-
il(e)

la vache à l
(l’) automo
bill *

* : (en angl. = la facture)

°

« – Tu m’éviteras
quand tu te marieras ! »

(: d.)

°

Rouge neige
: – Phoqu ! *

( * cf : « – fuck ! »)

°

Il a mis sa ptit’ calotte…

°

les épées de bois
des oiseaux dans l’arbre
– aube de février

le jour
et les arbres
émergent du brouillard matinal

– la beauté du paysage
m’éveille

tel bouquet d’un vase
les arbres émergent
du brouillard

la montagne se déchevèle
, crêpe ses nuages

le blanc naît
en silence

°

les marteaux (feutrés) du silence

faire,
créer le silence…

silencre

Observer des mots « nouveaux »
Les regarder
En faire le tour
comme au musée
une sculpture –
pour en dégager
la/les signification/s (nouvelles)…
les sens /
l’essence
(fraîche)…

quelque écheveau subsiste
du fond de quelque val
– retenu par les branches…

entrons dans ce blanc
(de pierre)

ce blanc
d’oeuvre

: l’au-delà des mots

(: Rimbaud !)

AUTRES SOLUTIONS
est-il écrit au bord de la route
près Recoules-Prévinquières *

* : le village de mon père.

ceux qui débordent du cadre…

ceux qui peignent
(qui ne peindront jamais qu’)
à l’intérieur du / d’un cadre
pré-établi;

ceux qui
considèrent le cadre
le repoussent
le refixent
ailleurs
autrement
: qui sortent
en fait
de la « peinture »
pour sculpter
(élargir, réduire, etc.)
le / les cadre / s
(et) en proposent de nouveaux…

un premier nuage prend feu

(derrière Lapanouse, Aveyron)

rose
puis orange
(et doré)
un petit nuage de feu

(à la hauteur du château
: Séverac)

quelque lambeau de neige
encore
accroché çà et là
(vers Vezins)

le viaduc
déjà visible
(du haut d’Engayresque),

ce chantier monumental
si petit dans le paysage
(- la place de l’homme…!)

du col il se pousse
dans la descente
vers la ville

aux mille
visages
aux dix-mille

°

à ceux qui travaillent
il dit
travaillez plus !

à ceux qui ont été exclus
du travail
(par la Finance)
il dit :
mauvais citoyens !

glander plus
pour galérer moins !

Il est huit heures
Millau s’éveille
au soleil

°

Mamma(ire) Mia !

°

ah, du vrai nanan,
ce pain à la farine
de blé 110 !

°

mère à l’hôpital
dans sa maison
la pendule hésite
à avancer

(sur/de 7h 7′ et 17″ !)

mère à l’hôpital,
un tout petit moucheron
chez elle

°

Travaille, peuple, travaille,
que j’empoche ton pognon !

Consomme, peuple, consomme,
que j’empoche ton pognon !

°

douceur pré-printanière
pigeons et canards
qui barbotent

°

ce soir
entre deux étoiles,
la lune

/

ce soir
d’une étoile à une autre
la lune

°

maman (91 ans)
ne mange pas de sucreries,
ne veut pas grossir.

°

admirant le silence

silence
le soir
studieux

/

dans le silence
étudie

les oreilles pleines
de silence

/

emplir ses oreilles
de silence

l’eau qui bout
fait gonfler
le silence

le silence :
les bruits
dans sa tête…

°

du temps
pour ne rien faire

°

Haïku :
éclaircir la vue

(// raréfier les mots !)

ras-juster
ras-jusquer

(: 5/7/5 ?)

°

l’envers des corps
Saint-Pierre décore

°

haïkus – le thé froid

°

ma fille me dit :
« Assieds-toi bien, papa ! »
: bientôt 29 ans

°

guanacos* et caracaras**
: pumas de Patagonie

* : sortes de « lamas »
** : oiseaux de proie

°

ce président :
un mage
du chômage !

°

la neige s’accumule
sur le col
du guanaco

pumas en file indienne
Condor voudrait bien les suivre
jusqu’au butin !

devant l’écran
je voyage
partout :

Pumas de Patagonie

(: « Arte »)

là où je n’irai jamais :
télévision

Maman, j’ai faim
crie le petit troglodyte

mâchant
d’un côté
de l’autre
: guanaco

les nuages
s’envolant
de la montagne
(des Andes)

°

grand-père en novembre
neige en février
(?)

°
(Bashôtage :)

vieille corbeille –
un papier saute,
le bruit des mots

°

le moucheron
sur le cahier
se perd* dans mes mots

*/ disparaît

un moucheron
péniblement avance
sur le cahier à carreaux

j’écris
sur mon grand-père –
bientôt
grand-père
à mon tour !

°

ce matin
encore vivant !
(- alarme…)

°

« artificelles »
=
encore haïku ?

°

Décès
D.C.
Da Capo

°

exaspère
et
exasmère

soulever
toutes les pierres
du langage

/ de la langue

la langue creuse… creuser la langue
… la vague de la langue…
la langue se soulève… la vague
destructrice de la langue… (lan-
gue de vipère / langue de pivert)
… haïku(s) de bec… pourfendre
les haïkuistres…

°

S’a-J.T.*

(: Sarko s’a.J.T.e)

* J.T. = journal télévisé.

Sarko sage E.T.* ?

* : Extra-Terrestre.

Sarko, ça gîte
(: épaules, petits poings crispés…)

°
(Bashôtages :)

restant au bord de l’étang :
la grenouille
ou/et la lune ?

la grenouille
chante sous la lune
– bord de l’étang

°

le noeudipien

°

sonnerie de porte
« – c’est Barbara »

°

Son bilan : un Liban ?
-ta(s) ?

°

éradiquer l’esprit de lucre
/ de luxe
/ de sucre…

°

la crucifixchute…

°

au fond
de la boîte à gâteaux
vide,
trois mites
mortes

°

l’heure de l’apéro –
l’heure de la Péri* ?

* : ballet de Paul Dukas (1912)

°

(Ceux qui)
niquent ma terre !

(- Pas nique ma terre !)

°

le lent ballet
des parapentes
le long de la montagne *
– fin février

* / du Causse Noir

« Y a tout qui disparaît
avant qu’on disparaisse soi-même »

(: maman, qui ne distingue pas les parapentes.)

°

la présentatrice météo :
son profil
de carte de France !…

°

le président sortant
souhaiterait continuer
à « dégraisser (allègrement)
le mammouth »
(de l’Éducation) –
: C’est un Éducasseur° !

° pour lui, il faudrait : Éducasquer !(?)…

il a un tiroir-caisse
/ un miroir-caisse
à la place de la tête
/ du coeur
?

Sarkocasseur 1er

sarkocasse
sarkorreur

sark-veau-d’or –> Sarkor

le « règne de Sarko » :
un passage avide !/?

quand il écrira ses mémoires
ce sera :
« L’avide Sarko »
(!/?)

°

trou vaille
que vaille

°

mouche ron
de
– la tache de vin

°°°

dp.( 16-29/2/12)

Haïku, etc. de Py – déc 2011 – 4/4

2 janvier 2012

°°
(« je » / « moi » :)

(ou : from « I » to(wards) « Infinite » !
/ le « haïku » : du petit soi au Grand Tout !
/ Du moi / à illeurs !) :

°

je
junum

(= intestin grêle)

je
une
homme

je
t

je
table

je
tée

°

moi
gnon

moi
nillon

(à Christophe Jubien :)

moi
ne

moi
neau

moi
re

moi
si

moi
sissure

moi
sson

moi
te

moi
tié

°°
(Lors d’une) Cimaise :

(Un apôtre dit :)
Donner de l’espace au mot
afin qu’il puisse s’épanouir
entièrement,
lui
et
son sens.

Un autre apôtre dit :
Le haïku progressera
quand il « quittera ses père et mère
pour aller vivre avec son époux »…

( : « père et mère » étant le « corps »,
« époux » étant l' »esprit » (!)…)

°

« ça ne me branche plus »
dit le moi-no
qui s’envole

°
(bashôtage :)

Dans une poche
une grenouille coasse
– sauter dans le train !

°

demi
urge

°

certains arbres
refeuillus de vert
: le début de l’hiver *

* / le long du fleuve

°

une poubelle opine du chef
le train démarre

°

I
solmat

°

ma
g
ma

ma g ma

°

sur l’amour
on avait fait une croix
(et) on la ressort
de temps à autre
pour quelque procession,
pour bien enfoncer le clou
que sur l’amour
on a bien fait une croix

(29/12)

°
(Nouvelles du jour :)

Le fabricant de soutien-gorge
Lejabot
a été placé
en redressement…

°

Au Maguelone
tous les regards
tournés vers les juments
sur l’écran

(Montpellier)

°

un TANKAmikaze = un tanka suicidaire, un « jisei » ?

un TANKA-mi-case = un tanka à moitié rempli…

°

dis
soudre

dis
sourdre

(le doux désir de (se) dissoudre…)

°
(Bashôtages :)

……….V………
…..dans la mare :
le coin de la grenouille

faire avancer le haïku
comme un coin
dans la mare

°

a
r
pège

h
a
r
pège

°


plat

°
(« Entre chien et loup », de Jeon-Soo-il, 2006 –
– ce soir je vous raconte un film :)

ce soir
« entre chien et loup » :
seul
dans la salle

(- bientôt rejoint
par deux autres ‘loups’…)

marchant
pieds dans la neige
sous la pleine lune

dans la neige
le café
fait trois trous

son visage
parmi les poissons
mouvants

la cherchant dans la ville,
l’énigmatique,
l’absente

saoûle
elle amble
dans le couloir de l’hôtel

les ongles si longs
des glaçons –
méduses gelées

l’irrépressible ardeur
du darder amoureux


(Bashôtage) :

sous l’arbre dénudé
un homme s’est assis
le crépuscule d’hiver

cendres jetées
sur les rochers
du bord de mer

courant
en cercle
dans la neige
cent fois
mille fois
sans fin

(Espace Saint-Michel, 75005, 24/12/11)

°

nénuphars
nos lotus
font zazen
sur l’étang

la lampe
du nénu
phar(e)

nénuphartiste :

en équilibre
sur l’étang

(pendant que les grenouilles
sautent dans la vieille mare,
les nénuphars
font zazen)

°

Saint-
Plifier,
Rappelez-nous
à l’ordre !

°

twit, twit, twit,
ah, voilà enfin
un haïku moderne !

(twit twit twit
ah voilà enfin
un oiseau moderne !)

°

cou
rogné de succès…

°

il prit un * célib’
pour aller au ciné

* / son

« célib' » = son soi-même; son ombre; son alter égal; son double (invisible ?)…
comme on dit ses cliq et ses claq,
il sortit son célib’ (= il sortit en célib’)

cf. aussi :

Allô, c’élib’ ?
(= la place est-elle libre ?)

°
((En) Défense du kyôku – du kyôka, du kyôbun – :)

Vivre
c’est bien;
réfléchir
sur la vie,
ça peut aider
aussi,
non ?

Écrire haïkus,
écrire senryûs,
c’est bien;
réfléchir
sur haïku
sur senryû,
ça peut aider
aussi,
non ?

= c’est le rôle
exact
du kyôku
(- kyôka, kyôbun)

qui n’est pas
un « kyô-ci » ou un « kyô-ça », ou « kyô-n’importe-quoi »,
comme certain(s) peu(ven)t l’écrire
si ignoramment,
Non!

°

25 décembre,
anniversaire de la mort
de ma grand-mère,
il y a 25 ans

°

Noël à Erdeven * :
une marée humaine
pour voir
la Marée noire

* Bretagne

°

des applaudissements
crépitent;
la poêle de la télé

°

l’hiver
lit blanc

°

HAÏplateCOUture

°

I
nexorablement
s’égrène le temps

Noël passe
et le 1er de l’an
neuf douze

°

HAÏplateCOUtume

°
(kyôka maigre :)


j’y
me
serre
la ceinture

°

J’ai prédilection pour senryû et kyôku
parce qu’ils se moquent
aussi
des gens très/trop « sérieux » !

(Mieux vaut en
SATORIRE !

/ C’est très SÉRIEUR !)

°

« twist again »
puis
twitte again :

l’étang change !

°

Yes we can a ri ?

°

passe le bruit
d’un moteur à deux roues
vers une heure
ce matin

°

Remplacer l’expression « le bâton ou la carotte »
par :
« le bâton ou la sucette »…?

°

le


roule

°

T
ordre

°

oeuv
rer
n(o)euf !

°

dans la plaine embrumée
les cheminées de deux maisons
fument

une mèche de nuage flambe

tornade de lumière

°

le bouleau
heureux
sous la neige

un trait de blanc
ici et là
sur l’arbre

la chaleur du chalet

°

La graissivité

(Le graissif, la graissive…)

°

elle est gravissante
(= elle monte dans mon estime (?))

°

mangeant
un morceau de nuit
– la lune noire

la neige
sur les toits d’Arêches
– the icing on the cake *

* / chantilly sur la bûche

à la station,
j’es-ski-ve

(le ski,
j’eskive !)

°

au coin du lit
lampe et stylo
nuit blanche et noire

la nuit est longue :
des kilomètres d’encre

I
nfini
tif

°

créveillon

grêveillon

rêveillon
(= le réveillon des crève-la-faim ?)

°

nuit pointillée :
la
lumière
des mots

°

vitamine C
: l’hostie du matin

°

Jour magnifique
(jour magique) :
le soleil, la montagne;
tout le monde parti skier –

s’installer,
Faire la descente du Glandu :
bouquiner, s’assoupir, se réveiller,
pianoter quelques mots à l’ordi

(la solitude heureuse)

Arêches (73), 27/12.

°

dégagé la neige
au-dessus des velux :
un demi-mètre

°

une volée de mots verts…

°

mutu
-alité :

la descente du Glandu

°

sport de glisse
spires de glace…

°

des oiseaux
du langage
des oiseaux

°

dans le
grand
ventre
de la nuit
(baleine)
(: je nasse…)

°

ouvrant le livre
(de) la nuit

le silence
de l’encre…

°

À Tikrit :
une statue de la chaussure
lancée sur Bush

(Bravo !)

À quand
en France (par exemple)
une statue
de la tarte
lancée
sur tous les
Tartuffes ! *

* imposants imposteurs,
nuisibles prétentieux,
ignares satisfaits,
mécréants méprisants,
la liste est longue
des jeteurs de poudre
/ poutre(s) dans nos yeux !

Remettre l’homme à sa place
: voilà le rôle du haïku,
du senryû…
at their best !

°

au bout du soleil
des gouttes
tombent du toit

°

le haïku, globalement,
a froid au « je »

°

ame
nuiser

°

après-midi

°

de là où je suis
je les vois :
mouches glissantes
sur les pentes blanches

ils remontent les pentes
mécaniquement –
la mouche (re)monte
le long de la vitre

°

vacances à la neige :
aujourd’hui, descente du Glandu –
hier, descente du Glandu,
demain, descente du Glandu.

°

S’EXERSUER

S’ÉVERSUER

°

où s’en va la lumière
quand l’ampoule abandonne ?

°

ce matin
première neige
et
premiers cris de corneille

ce matin :
CORNEIGE

tombe le ciel blanc
par toutes petites touches

O(ffice du) T(ourisme) :
– Ôtez-moi d’un doute ! :

ce matin et ce soir
au-dessus du blanc
le corbeau

°
(Kyôka (d’)après Kyoshi :)

Il y a 75 ans *
Kyoshi (nous) dit :
en dehors du Japon
on peut se passer
du 5/7/5

* / Nous n’étions pas nés*, quand…

* : 1936.

°

haïcoups trop tirés :
mer fielleuse ?

°
(Re : opinion sur la revue « Gong » :)

« Gong », ça sent son W.H.A. à plein oeil !

°

2012,
Améliorer
la qualité
du cercueil

cerc(l)oeil

on attend,
debout sur la mort

°

En 2012
je nous souhaite
moins de vers mielleux *,
plus de vers meilleux !

* (: -guimauve, lyrico-kus, lèche-kus, etc.)

°

le jus de soja
laissé dans le frigidaire –
les pentes de ski

°

2012 :
atteindre (à) la
qualité
d’Anonyme !

°

le haïku = « l’étang aux grenouilles » !

:

dans cet étang
se trouvent :

des grenouilles,
une sandale,

un vieux réveil (tout rouillé)

une lune

°

les chiens aboient
le car avan(c)e…

°

2012 :
finir de traduire
les 1012
haïkaï de Bashô

°

l’apparence de la parure
: sapins sous la neige

le corbeau
choisit
la neige

poudreuse :
les sapins
lâchent leur neige

la neige –
les yeux fermés.

tout le jour
les déneigeuses –
avant-veille de l’an

la neige tombée,
le silence
du sapin

°

l’orage au ventre…

°

chutes de neige aujourd’hui –
ce soir, saler la purée

°

l’homme,
ce globe-crotteur !

°

entendre à l’intérieur des mots
(: la « langue des oiseaux »)

°

SENSASSUEL(LE)(S)

°

ça neige : manège –
dernier jour de l’an

°
(promenade au-dessus d’Arêches :)

plus la neige tombe
plus le sapin
ploie

(= D. + D.)

°

un peu de neige
dans le thé
le dernier jour de l’année

un bol de neige

dernier jour de l’an
les arbres lâchent
leur neige

(dernier décembre
les arbres
se délestent)

Neige –
l’arbre penche
vers janvier

sur le fil
la neige
funambule

400 ans avant Jésus-Christ –
400 mètres avant Chez Dédé

Arêches
le toit du mot
chalet

boules de neige
fruits de l’hiver

essuie-glace
dressés,
croisant les pattes
: la neige

la neige sur le toit
les épingles
le long du fil

°

le pied
hors du lit
– fougère

°
(« Haïku de bar » :)

tous les chemins
mènent au rhum

°

la première marche,
la dernière marche :
les plus dangereuses –
passage à l’an

°

préférant écouter
le chant des gouttières
que leur(s) jeu(x) à la con
– réveillon

°°°

Les 1012 haikai de Bashô – 131-140 )

21 décembre 2011

°

fleurs tout épanouies
le prêtre se réjouit sans raison
la femme légère

(printemps 1681)

NB : Rythme hachô (« mètre brisé ») en 7-8-5, de ce poème. Le mot numeri peut signifier « facile » ou « glissant » en termes amoureux. Combiné avec « femme » il devient lourd de sens. L’expression sozoro ukibôshi (« prêtre se réjouissant sans but ») est un composé créé par Bashô.

°

(…la fleur de l’igname est vaincue par celle du lotus)

rosée des roses
les fleurs de colza
deviennent jalouses

(printemps, année inconnue).

NB : Rythme en 7-5-8.

°

(Plaisirs printaniers à Ueno :)

ivre de fleurs
la femme armée d’une épée
porte une veste d’homme

(printemps, année inconnue)

NB : Une femme, portant deux attributs masculins : une veste de kimono et une épée, était ivre de saké pour contempler les fleurs. Adoucissant l’image, Bashô suggère qu’elle était intoxiquée par la beauté des fleurs.

°

le coucou est-il invité
par les plumets de l’orge
ou par ceux des herbes de la pampa ?

(été 1681)

NB : « Les plumets du miscanthus appellent le coucou » est une expression bien connue en poésie waka. Bashô en fait un haikai en changeant l’invitation par les plumets plus petits, moins nobles de l’orge.

°

Quand est-ce une planche de salut ?
sur une feuille un insecte
dort en voyage

(été 1681)

NB : Association avec l’histoire de Huo Di, le Chinois qui eut l’idée de bateaux en voyant une araignée dériver sur une feuille.

°

sous la pluie estivale
les pattes de la grue
raccourcissent

(été 1681)

NB : La structure en 5-5-7 semble mettre en relief la ligne où les pattes de la grue sont raccourcies.

°

folie dans l’obscurité
prenant une épine
au lieu d’une luciole

(été 1681)

NB : Un proverbe dit : « Poursuivre une chose, ne pas faire attention aux autres ». Le mot « obscurité » peut s’appliquer aux moments où l’on voit les lucioles, et au fait de ne pas être très intelligent. Ce poème emploie la technique du détour. Les deux premières lignes entraînent le lecteur dans une direction, la troisième en fait changer.

°

sombre nuit bizarre
un renard rampe sur le sol
vers un beau melon

(été 1681)

NB : Yamiyo (« nuit sombre ») est le mot qui convient, mais Bashô ajouta une note précisant qu’il voulait yami no yo to sugoku (« nuit sombre et bizarre ») pour souligner l’étrangeté de la nuit. Bash^emploie la technique associative pour montrer que le renard rampe au sol à la manière dont poussent les melons. Quelques érudits voient des métaphores dans ce poème (en 8-6-5 :hachô (« mètre cassé ») : l’amant, un renard, se faufile dans une maison, le champ de melons, pour emporter la belle princesse, le melon.

°

fleur d’hibiscus
nue j’en porte une
dans mes cheveux

(été 1681)

NB : Ce verset utilise le paradoxe « nue je porte », puis résout le mystère en révélant que c’est une fleur dans sa chevelure.

°

Ont-ils cueilli le thé
Ne connaissent-ils pas
les vents desséchants de l’automne

(automne 1681)

NB : Poème en 7-5-7. les « vents desséchants » est d’ordinaire un mot de saison d’hiver, mais Bashô place ici les vents froids en automne. On cueille habituellement le thé tôt et tard au printemps.

°

(à suivre : 141-1012)

‘Wu Wei’ d’Henri Borel (2) – L’Art (La poésie)

7 novembre 2011

°

« Qu’est-ce que la Poésie ? »
« Elle est simple et naturelle autant que la mer, les nuages et les oiseaux, »
« D’ailleurs, pour savoir, il suffit de laisser errer ton regard sur la terre et les cieux. Car la Poésie est depuis qu’ils sont. »

(p.52)

°

« Écoute le torrent qui prend sa course parmi les rochers. Sa voix – aiguë ou grave, brève ou longue – ne répond peut-être pas (exactement) aux lois de la musique, mais forme spontanément sa mesure et son rythme.
« C’est le son naturel (né-de-soi) du Ciel et de la Terre. Il procède du Mouvement.
« Eh bien, lorsque le coeur humain, vide à l’extrême et, à l’extrême, rempli de l’esprit, reçoit une impulsion quelconque, il engendre le Son. N’est-il pas étrange que de là, diversifiée merveilleusement, naisse la Littérature ?
« Mon fils, la Poésie est le Son du coeur. »

: Ong Giao Ki (1ère moitié du XVIIIè siècle), préface à son édition de l’art poétique sous la dynastie des Thang.

(p.53)

°

« Où que tu sois, la poésie est visible et perceptible, car la nature entière est un seul et grand poète. »

 » C’est à la source du mouvement que jaillit le son du vers. Tout autre son n’est point poésie. Il faut que le son naisse de soi – Wu Wei – ; il ne saurait être créé au moyen des artifices les plus variés. »

« Nombreux sont ceux qui produisent par l’Agir non-naturel. Ils ne sont point poètes, mais tels des singes ou des perroquets. »

« Rares, bien rares, les vrais poètes, chez qui jaillit le vers, harmonie spontanée, tour à tour puissante comme le torrent bondissant de rocher en rocher ou comme les éclats du tonnerre, et tendre comme la chute d’une pluie printanière, caressante comme la brise tiède d’une nuit d’été. »

(p.54)

°

Ah ! le poète doit être simple et grand comme la mer. Il se meut comme elle au rythme naturel qui procède de Tao, et auquel il doit s’abandonner, avec la docilité d’un enfant, sans vouloir personnel, non-agissant. »

(p.55)

°

« N’est-il pas merveilleux le son issu de Tao, qui est Silence ? N’est-elle pas merveilleuse la lumière jaillie de Tao, qui n’est point lumineux ? Et le vers, la sonore musique des mots, nés de Tao, qui est muet ? »

(p.56)

°

« Tout se résume à ceci : l’homme possède-t-il la vraie Source d’où le vers doit couler ?A-t-il en lui le rythme simple et pur de Tao ? Sa vie est-elle vraiment basée sur ce principe de beauté et de simplicité ? S’il réunit ces conditions, il est poète ; autrement, non. »

(p.57)

°

« C’est là ce qui différencie le poète du dilettante : examinant ses vers après les avoir extériorisés, il découvre qu’ils sont justes dans tous leurs mouvements, sonorités et rythmes. Le dilettante, par contre, d’après un plan savamment combiné, commence par tracer un petit sentier où il s’évertuera ensuite à faire avancer de force un assemblage de mots sans âme. Les phrases animées du poète coulent sans effort, du fait même qu’elles sont animées. »

(p.59)

°

« Je ne connais d’ailleurs que fort peu de vrais poètes. Le phénomène le moins fréquent, c’est un homme qui aurait la pureté de la nature. En as-tu beaucoup rencontré dans ton pays ? »

« Pourquoi un poète crée-t-il un poème ? »
« Pourquoi la mer bruit-elle ? Pourquoi l’oiseau chante-t-il ? »
« parce qu’ils ne peuvent faire autrement, parce qu’ils y sont forcés de par leur nature. C’est Wu Wei. »

(p60-61)

°

« – Un poète peut chanter pour aider à la création d’une Littérature dans un pays où celle-ci est morte. Voilà qui sonne bien, quoique ce soit, en somme, un motif impur. Et puis, il y a des poètes qui chantent afin de conquérir la gloire, la célébrité ; pour être couronnés de lauriers étincelants ; pour voir le frais sourire des blondes vierges qui sèment des fleurs sous leurs pas. »
« – les poètes qui chantent ainsi ne chantent point, et ne sont point poètes. Le poète chante parce qu’il chante. S’il élève la voix dans un but défini, il n’est plus qu’un dilettante. »

(p.61)
: Henri Borel, in Wu Wei, Étude inspirée par la philosophie de Lao-Tseu, éd. Trédaniel.

°

(à suivre…)

La réalité – Dr Suzuki

18 juillet 2011

« Docteur Suzuki, lorsque vous utilisez le mot « réalité », cherchez-vous par-là à distinguer la réalité relative du monde physique, ou la réalité absolue du monde transcendant ? »
… Après une minute de silence environ, […] il ouvrit les yeux et répondit : »Oui. »

: in Plus on est de sages, plus on rit, d’Eric Edelmann, p.249, éd. Le Relié, 2005.

Le rire du Dalaï-Lama

18 juillet 2011

« Pourquoi, malgré les souffrances qu’a subies votre peuple, riez-vous tout le temps ? »
Le Dalai-Lama a une rose rouge à la main. Il se lève en un éclair, montre la fleur et dit : »Parce qu’elle est belle, fraîche et qu’elle a été cueillie ce matin. Parce que le coeur humain est semblable à cette rose. »

: in Plus on est de sages, plus on rit, d’Eric Edelmann, éd. Le Relié, 2005

‘Seulement l’écho’ : Kyôbun critique sanguinolente – Py

23 février 2011

°

Aérez votre haïku !
Il est trop souvent
fenêtre… fermée !

(= en marge de :

La solitude
Plus lourde que la montagne
De ma fenêtre

C. Rigutto, in Seulement l’écho, antho de D.C., p.202)

L’intérêt de « tercets philosophiques » (dans cette « anthologie de haïkus francophones »), alors que l’on sait qu’ils ne sont en rien du haïku ?
A quoi bon ces thèmes recensés, resucés (, léchant « la bave des Anciens » ?), platement calqués sur une anthologie nonagénaire, tels que « quatrains à la façon des haïkaï japonais » ?
La pertinence de ces aléatoires « ruines », « voyages », « paysages », ou bien « enfants », « fêtes », « coeur », « 14 juillet »… à la manière de mots-clés (que s’évertuent par ailleurs à imposer des tenants d’une ligne dite « moderne » du haïku – même au Japon !) ?

Nombre de ces « haïkus » – choisis par un seul compilateur – ont l’infortune de ne rien susciter en moi (ou si peu !); leur saveur m’en est souvent fade, leur intérêt minime…

Certains auteurs qui n’ont qu’un ou peu de haïkus me paraissent (paradoxalement ?) être des meilleurs, de ceux qu’on aurait aimé beaucoup plus (pouvoir) lire et apprécier, à la différence de certains autres, cités en nombre surprenamment plus élevé…

Pour y revenir, des « haïkus » trop souvent « complets », qui en disent « trop », qui disent « tout », fermés, qui ne laissent pas assez de place au lecteur pour rêver, imaginer, ressentir, comme il devrait pouvoir le faire, à la lecture de tout « bon » haïku…

un peu trop lourds
un peu trop indigestes
quatre-quarts haïkus ?

Trop sages ? trop prosaïques ? « sérieux », ennuyeux à la longue ? Où est passé l’humour (: Qu’a-t-on fait du cocasse) ?

de l’esprit plaisant(in)
du haïkaï
seul un trop faible écho !

Dans cette (trop ?) épaisse recension ( plus de 350 pages, plus de 100 auteurs, plus de 500 haïkus ) la quantité ne noie-t-elle pas la qualité ?

Enfin, contrairement à ce qu’avance, simpliste, le compilateur, « choisir chaque haïku individuellement » n’est nullement « un gage de qualité » (p.7). La lecture de l’ouvrage tend à le confirmer : le choix est trop lâche, l’exigence de qualité insuffisante.
Il aurait suffi d’y travailler un peu pour gagner en force, en légèreté, en crédibilité…
Lorsqu’on cherche à plaire au plus grand nombre, * on affaiblit son propos et l’on déçoit d’autant…**
Nous aurions préféré nous enthousiasmer.
Une autre fois ?

Daniel Py, 19-24/2/2011.

* : travers de maint anthologiste – soucieux de « faire du chiffre » ? –

** « L’art de plaire est l’art de tromper. » Vauvenargues.

Poèmes etc. Py, mars 08 – 2/3

30 octobre 2010

(…suite :)

Je salue le soleil du soir qui pénètre chez moi,
Ah, la magie des nuages ensoleillés du soir !

Et que Soeur Ennité vienne !

Ah, l’admiration, l’adoration (?) des nuages, le soir, au-dessus de Paris !

Ce soleil qui dore le ventre des nuages
d’autres, la crête
d’autre le pourtour – d’un rat qui fuit ? –
(de ce qu’on veut imaginer),
jusqu’à ce que les couleurs
tombent du ciel

… et d’encre échevelée

quelquefois des avions
y tracent leur route
imperturbable

et le rouge peu à peu fane
cohorte maintenant sombre

nord-nord-est – sud-sud-ouest

(ce 21 mars 2008, –> 19h20)

dans le soir qui tombe
montent des cris d’enfants
– début du printemps

souvent
devant la porte de l’homme
qui les nourrit de pain
les pigeons

premier repas au cuit-vapeur
les vitres embuées

un petit saint
près de moi ce soir :
un Saint-Chinian

°

se branlant
mutuellement la main :
politiciens

°

« talité » : qualité de ce qui est tel / ( = « ainsité » ? )

« obvie » (cf engl. « obvious ») : qui se présente tout naturellement à l’esprit, évident. / ( : un haïku obvie !…)

°

vélums tendus / au-dessus de la chaleur / de Séville

mues de cigales / partout / sur les troncs des oliviers

°

ce matin des flocons
cet après-midi des miettes
par la fenêtre

mastiquant –
deux pigeons
sur le toit

couleurs des rideaux
dissemblables
– dimanche matin

Du haïku

Démarche-haïku : aller de plus en plus / vers la clarté / (la plus grande possible) /
Atteindre la clarté / clarifier /
Démarche perso. : / concentrer / clarifier / devenir simple /
écrire de plus en plus clair // L’encre / de plus en plus / « sympathique » (?)

°

d. (à suivre… 3/3)