Archive for novembre 2015

de Michelle Tennison,

29 novembre 2015

dans Hermitage vol III, 2006, un extrait de son article « A Haiku-A-Day and the Haiku Shift » (pp. 84-91) :

pp. 87-8 :

(…)

Parce que je me voyais séparée et différente de mon environnement, je jugeais souvent, ce qui est une barrière évidente à la sensibilité-haïku, et la tendance que j’avais de tirer le haïku vers la sentimentalité avait un sens particulier pour moi. Robert Spiess dans sa série des « Speculations » publiée dans Modern Haiku écrivit : « Les haïkus doivent être la vérité complètement ressentie des choses, pas des concepts romantiques ou sentimentaux d’elles. » (Modern Haiku, vol. 32.1, p. 111). La sentimentalité est une forme de désir, et pour moi, pendant « mon année de haïku », le désir pour ce qui n’était pas présent obscurcissait souvent la vérité de ce qui l’était.

Cette tendance s’exprima au printemps, pendant une exploration du thème du chèvrefeuille dans mon haïku quotidien. Qu’est-ce qui pouvait être plus doux que l’odeur du chèvrefeuille, particulièrement en conduisant dans le New-Jersey, les fenêtres baissées, en continuant ma vie, essayant de ne pas maudire les autres conducteurs et la venue d’un autre magasin, essayant de réaliser ce projet et de maintenir l’esprit du haïku ? Le haïku qui suit est un exemple entre plusieurs autres haïkus de qualité semblable, que je postai cette semaine :

 

dîner avec un ami solitaire

odeur de chèvrefeuille

tout le long du retour

(28 mai 2002)

 

Et avant bien longtemps, le haïku suivant de mon frère arriva, ne me visant pas forcément, mais me donnant matière à réfléchir à son sens d’éveil équilibré et de vérité :

bord calme de l’eau

odeur de chèvrefeuille

et de merde

(Modern Haiku, vol 34.1, 2003)

daté du 29 mai 2002.

Ceci est un bon exemple de l’échange qui se faisait constamment de l’un à l’autre, bien que pas toujours directement, pendant ce projet d’un-haïku-par-jour, qui m’a aidé à affiner ma propre pratique du haïku. Ce n’était définitivement pas l’expérience solitaire habituelle d’écriture du haïku. Je pensai d’abord que son haïku était plutôt cynique, mais je réalisai ensuite qu’il était en fait équilibré et honnête dans ce qu’on peut appeler une manière bouddhiste. Dans Pure Land Haiku : The Art of Priest Issa, David Lanoue parle des qualités de jinen, du naturel, dans le bouddhisme Shin, et comment Issa l’exprime dans la plupart de ses haïkus. (pp. 80-99). Le haïku du chèvrefeuille de mon frère reconnaissait la valeur des choses telles qu’elles sont simplement, sans mise au point de la perception. Il représente un niveau d’acceptation bien plus profond que celui que je vivais, et présente un cadeau de « réalisme sans jugement » (Lanoue, p. 97). A travers cet échange, je pus reconnaître ma propre sentimentalité et ma tendance vers une observation sélective, même à l’intérieur d’une pratique journalière du haïku. J’avais besoin d’être aussi ouverte que possible à la totalité de mon environnement, pas aux seuls éléments les plus plaisants, indépendamment de comment ils ne remplissaient pas mes attentes.

 

la même tristesse cette année aussi –

serpentant dans les bois

le chèvrefeuille

(12 juin 2002)

 

La sentimentalité est aussi une peur. Le penchant vers la sentimentalité peut être considéré comme un manque de foi si nous croyons que nous allons être blessé(e)(s) d’une certaine manière par la totalité des expériences plutôt que de grandir par elles. Il y a un saut de la foi à franchir pour être ouvert au milieu du chaos, ou même dans ce qu’on juge être un environnement moins qu’idéal. J’avais besoin d’apprendre à faire ce saut.
Tandis que la sentimentalité ne produit pas des haïkus d' »éveil », il peut faire partie du voyage vers la prise de contact. Peut-être que la sentimentalité et les observations de la douceur peuvent paraître comme les larges composantes d’un coeur sensible sur le chemin de la compassion, et je crois que la compassion est la qualité de conscience auxquels ceux d’entre nous aspirons à posséder quand nous considérons le haïku comme un chemin vers une conscience plus élevée, ou une « Voie ». J.W. Hackette décrit cela magnifiquement dans son article dans l’Hermitage de l’année dernière : « That Art Thou : A Spiritual Way of Haiku. » (: « Tu es ceci : Une Voie Spirituelle du Haïku »). Le haïku, en profondeur est bien plus qu’un exercice littéraire. »

(…)

Michelle Tennison.

 

 

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C-R du kukaï de Paris n° 106 du 28/11/15

29 novembre 2015

18 personnes hier autour de notre fidèle table du bistrot d’Eustache, pour notre 106è kukaï.

38 haïkus échangés, dont 22 obtinrent une ou plusieurs voix :

°

(7 à) 1 voix :

au couchant d’automne

sa chevelure si rousse…

plus qu’un souvenir

: Marie-Alice Maire;

colline boisée

calvitie de saison

je foule les feuilles

: Alice Schneider;

flaque après flaque

la sciure rougit –

ombres noires

: Patrick Fetu;

regarder la mer

et rien d’autre

: Patrick Fetu;

tu peux traverser

le petit bonhomme est vert

trop tard il est rouge

: Philippe Gaillard;

Un café serré!

Perdue dans ses anecdotes

La dame au comptoir

: Catherine Belkhodja;

23 heures

sur la toile la nouvelle

fait l’effet d’une bombe

: Cécile Duteil.

°

(7 à) 2 voix :

De l’automne à l’hiver

De ces jours éphémères

En ai-je vécu un seul

: Lise-Noëlle Lauras;

J’ai mangé des raisins

Et fait voler des pépins

Dans l’air

: Hiro Hata;

jour de pluie –

si loin et déjà

plus qu’une ombre

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

Oreiller d’herbes

mes cils dans les nuages

sieste heureuse

: Nicolas Lemarin;

parc désert

feuilles mortes au vent

un vieux couple les regarde…

: Philippe Bréham;

Pleine lune me regarde

par la lucarne

moi de même

: Alice Schneider;

sur la vitre gelée

je pose mes lèvres chaudes

– départ imminent

: Christiane Ranieri.

°

(3 à) 3 voix :

coin de rue –

toujours le même

sans sa silhouette

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

retour en terrasse

les rires fusent plus fort

que le bruit des balles

: Philippe Gaillard;

Vitrines de Noël –

l’enfant découvre son château

dans les nuages

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

(4 à) 4 voix :

Avant Match

Minois sérieux des fillettes

Minute de silence

: Danièle Etienne-Georgelin;

douche –

à travers le rideau

l’ombre du chat

: Valérie Rivoallon;

veillée –

le doux tintement de

sa cuillère à thé

: Eléonore Nickolay;

Ville de lumière

dans la nuit un texto

« tout va bien ? »

: Cécile Duteil.

°

(Un à) 5 voix :

lac de montagne –

elle ôte son maillot

et tous mes doutes

: Minh-Triêt Pham.

°°°

Bravo et merci à tou(te)s !

°°°

 

Patrick Fetu nous a présenté et apport son dernier (bel) ouvrage :

de vagues… en l’âme

éd. Unicité, oct. 2015.

: haïkus (en bilingue français-anglais) et photos.


Gilbert Stern a distribué des foyers pour un Concert de Noël

dans lequel il jouera (saxophone) : dimanche 13 décembre, à 15 h au Conservatoire de Saint-Maur (94).

Hiro Hata nous a fait de la publicité pour l’exposition au Petit Palais : « Fantastique! » : « L’estampe visionnaire, de Goya à Redon et Kuniyoshi, le démon de l’estampe. (1/10/15-17-1-16);

pour le spectacle de danse (Buto) le dim. 29 nov. de 15h à 16h à l’auditorium

et il y a également des projections de films (à l’auditorium):

13 déc. : Kwaïdan, de Masaki Kobayashi (1964)

10 janvier : Les contes de la lune vague après la pluie, de Kenji Misoguchi (1953)

17 janvier : Cure, de Kiyoshi Kurozawa (1999).

Régalez-vous !

et au 12 décembre 15h30, bistrot d’Eustache, pour notre prochain kukaï de Paris (# 107) !

°°°

 

 

 

 

 

 

 

Facebook et elle : 2 « auteurs »…

29 novembre 2015

Facebook et elle écrivirent :

 

« Au lieu de s’engager

dans des polémiques inutiles,

en tant qu’uterus,…  » *

 

( sur « l’Escale du haïku », 25/11/15)

Prévisions Kukaï de Paris 2016

28 novembre 2015

KP 108 : 9 janvier 2016

KP 109 : 31 janvier

KP 110 : 20 février

KP 111 : 12 mars

KP 112 : 9 avril

KP 113 : 21 mai

KP 114 : 11 juin

KP 115 : 2 juillet

KP 116 : 3 septembre

KP 117 : 24 septembre

KP 118 : 15 octobre

KP 119 : 19 novembre

KP 120 : 10 décembre 2016

106è kukaï de Paris samedi 28 novembre

25 novembre 2015

Samedi 28 novembre, à 14h30, au bistrot d’Eustache (37 rue Berger 75001 M° Châtelet – Les Halles – Rivoli) aura lieu notre 106è kukaï de Paris.

Apporter deux (ou trois) haïkus !

à très bientôt !

 

Daniel

 

Mettre sur le même plan L’Harmattan et Pippa ?

25 novembre 2015

Quelqu’un, récemment, a « innocemment » (mais en probable méconnaissance de cause) mis sur le même plan les éditions L’Harmattan et les éditions Pippa.
Je me permets donc de « rectifier le tir » ! :

Voici ce qu’écrit le guide Audace de R. Gaillard (« guide A l’Usage Des Auteurs Cherchant un Editeur ») éd. L’oie plate (collection « Poids lourd »), 59 €. :

(Extraits) :

« L’Harmattan s’est nettement infléchie dans le sens d’une ouverture à toutes les spécialités, accompagnée d’un plus grand laxisme dans les choix littéraires et scientifiques. Laxisme également dans la fabrication des livres (on demande souvent à l’auteur de fournir une maquette « bonne à imprimer », ce qui nuit à l’homogénéité des présentations dans les collections). »

 

« Sa politique éditoriale consiste essentiellement dans une fuite en avant par la publication à tour de bras (en 20 ans, il est passé de 300 titres par an à plus de 2500). Image de marque : un éditeur « qui rend des services » en publiant beaucoup trop et sans trop de rigueur. »

 

Avis aux auteurs :

L’Harmattan a construit, bien avant d’autres, son modèle économique sur la massification. Vendre quelques dizaines d’exemplaires avec l’aide substantielle de l’auteur et sans trop se soucier de la qualité. En publiant à tour de bras, cette maison remplit plusieurs fonctions. En fiction, elle évacue des textes « moyens » refusés par ailleurs. Elle leur évite les grosses arnaques du C/A – Compte d’Auteur – (même si cet éditeur n’est pas clean sur ce point, on ne peut le confondre avec les spécialistes de la tromperie organisée). »

 

Pour qui connaît un tant soit peu les éditions Pippa, ce n’est pas du tout ce cas de figure ! :

Pippa ne pratique absolument aucun compte d’auteur, ce n’est pas une « usine à gaz » comme l’Harmattan, qui se soucie en outre peu de la qualité de ce qu’elle publie ! alors que Brigitte Peltier en prend le plus grand soin, et de l’objet-livre également !… Elle entretient de plus une relation respectueuse, chaleureuse et privilégiée avec chacun(e) de ses auteur(e)s !

D.

 

Du rôle de la vodka dans la catastrophe de Tchernobyl

23 novembre 2015

°

« Les officiers de carrière (…) n’avaient qu’une seule conviction ferme : la vodka aidait à lutter contre les effets des radiations, il fallait donc en boire le plus possible. »

(pp. 157-8)

: Ivan Nikolaïevitch Jmykhov, ingénieur chimiste.

°

« La vodka était-elle d’un quelconque secours contre les radiations, ou non ? Au moins, ses effets psychologiques étaient positifs. En tout cas, dans la zone, on croyait dur comme fer à ses vertus…

(p. 186)

: Alexandre Koudriaguine, liquidateur. *

°

« La vodka était plus appréciée que l’or. Il était impossible d’en acheter. Nous avons bu tout ce qu’on pouvait trouver dans les villages des alentours : tord-boyaux, lotions, laques, sprays… On posait sur la table un récipient de trois litres de tord-boyaux ou un sac rempli de flacons d’après-rasage et on causait… »

(p. 191)

: Victor Latoun, photographe.

°

« Dans ces villages, nous rencontrions beaucoup de gens ivres. Même les femmes étaient un peu soûles, surtout celles qui s’occupaient de traire les vaches. »

(p. 208)

: Irina Kisseleva, journaliste.

°

« Il criait… Il avait mal… Toute la journée… Alors j’ai trouvé la solution : je lui injectais de la vodka. Il se débranchait, alors. Il s’oubliait. Ce sont d’autres femmes qui m’ont soufflé ce remède… D’autres femmes qui avaient connu le même malheur…

(p. 245)

: Valentina Timofeïevna Panassevitch, épouse d’un liquidateur. *

 

°

* : C’est ainsi que l’on appelait les spécialistes civils ou militaires chargés de « liquider » les conséquences de l’accident. » (note, p. 74)

°

: de La supplication, de Vletana Alexievitch, J’ai Lu n° 5408.

Haïkus, etc. – Py – oct. 2015 – 3/3

19 novembre 2015

°

(Kyôbun) :

Haïku :

ne pas en rajouter dans l’émotion, dans l' »émotionnalisme », dans la sentimentalité, le sentimentalisme…

rester « discret », « pudique », « voilé », « léger », sensible mais « subtil » avec ses propres émotions (et celles du lecteur ?). Ne pas chercher non plus ce genre d’effet d’affect

°

submergées les digues 5-7-5,

mais l’esprit de l’eau…

°

la marée était bulles…

°

vieillissant,

ne s’arrangeant pas le portrait

il avait cru

pouvoir devenir beau

en vieillissant

– désillusion

Il avait cru

pouvoir s’arranger

le portrait

avec l’âge

– macache macaque !

glace(s) sans fond(s) de teint !

ça ne s’arrange pas

en vieillissant

m’affirment ces miroirs

miroir

ou

rides, ô ?

°

l’hiver

les mouches

(s’en) reculent

s’encoconnent

au chaud du bois…

°

écrire est le centre du nombril du stylo

°

le jour

passe par la fenêtre

tout en douce

et vient dérober

l’ombre

°

deux soeurs pénétrèrent dans le bar

les verres

se turent

(2006 ?)

°

(Kyôku) :

Etudier les techniques des liens du renku

pour maîtriser ceux du haïku.

le kireji étant le pivot (central) du haïku.

°

(Kyôku) :

Evitez que votre haïku

soit une toile

où s’engluent vos mots !

°

(B)

devant le paysage automnal

qui défile

un voyageur coréen

chante a capella

(A)

sur son écran

une chanteuse

se déhanche

muettement

(TGV Strasbourg-Paris, 26/10)

°

un avion dans le ciel d’Orly

le trait horizontal

de sa bouche fermée

°

automne déclinant

l’araignée passe de la lumière

à l’ombre

sans sourciller

°

coupures d’ongles orange

la lune curcuma

°

Nous sommes voisins

de la pire espèce (qui existe) :

les hommes

°

haïcoudre

°

Haïkus de formes libres

Haïcoudées franches ?

°

5-7-5 : l’appât rance du haïku

°

train :

Assisoler

: boules quies

°

Evoluhaïku

°

Faire sauter les grenouilles

au présent du haïku

°

haïku in progress

°

Attendant la fin de sa réunion –

le vent souffle

les feuilles volent

(: Virginie, Millau, 27/10/15)

°

L’exploraïku

haïku-limites

°

Le haïku n’est pas une poupée gonflable

°

re
lier

°

le crépitement (des mots) de la pluie
sur le (clavier du) toit –
Millau, fin octobre.

°

les parapluies roses *
(ouverts) au-dessus de la rue
– les autres
à dos d’hommes

* : campagne anti-cancer.

campagne anti-cancer –
des parapluies roses
ouverts sur la ville

°

« Je veux me souvenir! »
« Je veux me souvenir! »
chante-t-elle au Foyer

(: Les Cheveux-d’Ange, Millau)

« Oui, j’ai fait une dent »
dit la vieille dame
jouant au scrabble

à la télévision
certains résidents préfèrent
l’aquarium

« – Vous n’avez pas fait la sieste ? »
« – Oui, avec les poissons ! »

lançant son lancinant leitmotiv
« J’ai mal partout! J’ai mal partout! »
à longueur d’après-midi finissante

un couple passe :
trois cannes
pour deux

le déjeuner fini,
tourner le fauteuil
vers le paysage rutilant

admirant le bouquet
varié d’anémones
sur la table du déjeuner

puis se retirant
à l’intérieur de soi

fin du déjeuner
maman
sur le paravent
compte les papillons

la bouche ouverte
de l’après-midi
le silence des résidents

télévision éteinte –
la bouche ouverte des dormeurs

le si lent temps des très âgés
que peu à peu
ils rejoignent

les sans pas
peu à peu
rejoignent le temps

le temps étal des très âgés…

la sieste au Foyer
dehors le bruit
d’une scie

la sieste au foyer –
dehors
une tronçonneuse

une voisine de chambre :
on dirait un jockey
exhortant sa monture…

°

Pour moi, le 5-7-5
n’est plus un critère,
c’est un balancement
comme un autre

°

corneilles caquetant toutes
Avenue Jean-Jaurès
ce soir du 28

°

devant le paysage rutilant
le voyageur coréen
chante a capella

°

ce soir
des couillettes bio
au souper ?

°

je me souviens
des imposants ciseaux
dont mon grand-père se servait
pour découper ses cuirs

°

quelquefois
la soupape de la soupière
siffle
et libère
un délire de fumet…

°

épucelage : action de se débarrasser de(s) puces

°

sous la feuille repartie
le sec du trottoir

la feuille repartie,
le sec du trottoir

°

Déjeuner avec mère au foyer :
elle me récite un poème de Victor Hugo
finissant par :
« demain je serai juste et fort
mais pas aujourd’hui. »

le nez vers le ciel
maman dort dans son fauteuil

°

un papillon clair
entre les couleurs chatoyantes
– avant-veille de novembre

c’est un régal pour les yeux
– et le coeur,
cette saison dorée !…

°

ginkgo bilobaba…

°

efforçons-nous de marcher
vers les bons haïkus
vers les vrais haïkus

, c’est tout!

°

kôan-nez :
le mot « fumier »
sent-il mauvais ?

quelle est l’odeur
du mot « fumier » ?

°

plus de pluie –
plus de parapluies roses
au-dessus de la rue anti-cancer

°
(Bashôtage :)

Mes voisins de Dnipropetrovsk *
comment vivent-ils
ce matin à 5 h 35 ?

* : 6 jours plus tard, je vois (sur W9) l’équipe de Saint-Etienne qui rencontre Dniepropetrovsk en Ligue Europa de football !

°

le jour
tape à la porte
– discrètement
d’abord

°°°°

« Fantaisie arachnéenne »

(: Millau, 30/10/15)

°°°°

Profiter de la grasse matinée –
les salves brèves et répétées
de l’engin
défoncer de bitume

°

paysage rutilant au soleil
le cimetière rempli de chrysanthèmes

°

Bashô ébaubi
devant Matsushima
bégaie « Ah! »

(tel Teishitsu
devant Yoshino!)

°

mes yeux se réjouissent :
courant de gauche à droite du train

(Couleurs :)

lisant « La vie du jardin »
assise à son siège –
dehors les cent glorieuses…

(SNCF Millau-Clermont-Ferrand)

la lisière de son slip
les forêts hautes en couleurs
– presque tous les saints

la lisière de son slip
les forêts chatoyantes

(l’automne sexy)

Mitraillant
la vache
mitrayant…

Saint-Sauveur de Peyre
Saint-Chély d’Apcher
Saint-Flour – Chaudes Aigues
(en remontant)
: presque tous les saints

Tous, hein ?
Ecrivez tous, hein!

Tout un tas de bois
au pied d’un tronc
– gueuler

toutes plus somptueuses
les unes que les autres –
un pêcheur
tout en bas

toutes les couleurs
derrière mes yeux
fermés

plein les admirettes…

du linge sur une corde
les couleurs du vent

l’automne florissant…

l’automne rustyle *

l’automne rustile (?)

* : cf. anglais : « rusty » = rouillé.

°

une dérouillée d’automne / automnale

dérouillée d’automne
avec vaches *
(blanches)

* = « haïku-kuh » ! (cf. all. : « Kuh » = vache)

longue après-midi
à remonter d’en France
par le centre de l’automne

°

les mots s’arrondissent
les mots se polissent…

°

une « théritière » = une (jeune) anglaise de bonne famille (?)

°

dans la forêt
la table moussue
peu à peu
revient
à la forêt

°

le cuir
de mon père
luisant aux poignets *
– quinze ans bientôt

* / luisait ô poignant

°

(Quittant Neussargues, vers Clermont-Ferrand :)

le train suit
les courbes de la rivière

(l’automne érotique)

°

des pigeons volent
de la corde-à-linge
vers l’âne

(paysage passager)

°

la rivière remoue
blanche
(et sombre)

l’eau caillouteuse
le rythme (régulier) des roues du train

vaches
leurs cornes prises
entre rail
et rivière…

le train passe,
les vaches donnent de la corne

l’eau tonne ?

(torrent ?)

rivière
jonchée
de feuilles
(…)
le train fonce à tout rail

°

Poubelles,
premières compagnes du matin

°

montée du jour –
la lumière de l’arbre
… qui se répand à terre

(Orly, 31/10/15)

°°°

« Une fantaisie arachnéenne » – D. Py – 30/10/15

10 novembre 2015

°°°

Elle est à toile !
chante l’araignée
salivant
d’avance

°

entre les fils de l’araignée
une étoile

°

entre les cordes
de l’araignée
(des) pattes de mouches

°

L’araignée
partage-t-elle son repas
avec ses fils ?

°

ce matin
la neige a peint
la toile de l’araignée

°

séchant
sur les fils de l’araignée
rosée

°

araignée du matin
chagrin
rosée

°

des perles de brume
pour le collier
/ pour les colliers
de l’araignée

°

au centre
de sa cible
l’araignée
fait flèche

°

Au centre
de sa cible
l’araignée
réfléchit ?

°

du coeur
les mille pattes
de l’araignée

°

femme-orchestre
, l’araignée

°

tout autour
de l’araignée,
ses gamelles…

°

comme un fil
l’araignée
qui jeûne ?

°

Quand l’araignée
coupe-t-elle le fil
de son nombril ?

°

L’araignée
est son propre
cordon (ombilical)

°

L’araignée a-t-elle du mal
à se (con)centrer ?

à se (con)tenir
sage ?

°

De fil
en aiguille
les poèmes
de l’araignée

°

Parlons aiguille(s),
dit l’araignée

°

Cherche-t-elle en rond
son métier ?

°

son métier
tissé,
l’araignée
pause

°

Spinnrad
immobile

°

rouée, l’araignée ?

°

enrouée, l’araignée ?

°

(son) rouet au repos

°

sa roue
ne tourne pas :
c’est là son leure !

°

L’araignée
attend
son leurre

°

fait-elle son leurre ?

°

se monte-t-elle un baratin ?

°

l’heure de l’araignée :
son invisible
immobile rouet

°

s’appellerait-elle Marguerite ?

°

Pour avaler son brouet
l’araignée
doit saliver
un max

°

Max, l’araigné
a probablement à faire
ailleurs

°

L’araigné,
blessé,
n’en est que plus dangereux

°

L’araigné :
celui qui a perdu une patte
à la bataille de… ?

°

Amputée
de ses oeufs,
l’araignée ?

°

lampadaire
ampoulé(e)
spring-chicken ?

°

spring-spider ?
L’araignée
ne fait pas le printemps

°

à la saison morte
l’araignée sèche

°

se met en boule

°

l’araignée déboule

°

l’araignée déroule

°

S’en faire ?
l’araignée repasse
ressasse
médite
un éloge de l’immobile

°

rangée, au garage,
l’araignée
moteur poupée

°

à la proie – où ?
– ah !

°

quelquefois l’araignée
a le vent
en poupe

en poupons

l’araignée pouponne,
quelle prouesse !

seule maîtresse à bord

(de ses) mille sabots

mille sabords

A l’abordage !
et l’araignée
met ses / les voiles

°

L’araignée
se maquille-t-elle
pour séduire
sa proie ?

°

Pour aller
en châsses ?

°

une araignée tigrée
(qui) fait le zèbre ?

Quelle bille de clown !

L’araignée brille(-t-elle)
par son absence
(en notre absence) ?

°

Savoir se faire oublier,
la ruse de cette poupée russe ?

°

comme si rien n’était
ou si peu

puis : HALLOWEEN !

°

(l’araignée)
monte sur son grand cheval

°

L’araignée,
du balai !

°°°

dp. Millau, 30/10/2015.

Re le 15 Novembre ! – de la part de Monique Leroux Serres :

8 novembre 2015

une belle idée de sortie pour le dimanche 15 novembre…
Exposition « Chroniques d’artistes » Bastille design-center :
http://www.des-gens.net/spip.php?page=print_article&id_article=10499
Le lieu est beau, et le projet original.
Les artistes devaient travailler à partir du texte d’un auteur vivant : écrivain, journaliste, poète…
Une artiste, Magali Léonard, a choisi l’un de mes haïkus, paru dans « Trente haïjins contre le nucléaire » Ed Pippa,2015 :

Un pin est un pin
Un nuage est un nuage
Et une centrale ?

Le dimanche à 15h, je dois participer (l’organisation est en train de se mettre en place) à un parcours lecture par les auteurs des textes dans l’exposition. Je lirai, devant l’oeuvre de Magali Léonard, une petite sélection de haïkus du recueil. J’essaierai de mettre en valeur notre livre. Normalement, des tables seront prévues pour mettre les livres en vente dans l’expo.
Pour Seegan et les amis japonais qui ne pourront pas venir à l’exposition : vous pourrez tout lire, et tout voir sur le lien suivant qui doit servir de base au catalogue de l’expo :
http://www.artistesalabastille.com/chroniques-2015/
Amicalement, Monique Leroux Serres