Archive for the ‘jog’ Category

Haïkus, senryûs, etc. – PY – juin 2015

1 juillet 2015

°°°

2 papillons dorés

qui s’adoraient

s’adonnaient

à la danse des ailes

dans le soleil

°

fractionné involontaire –

une racine qui affleure

(jog du vendredi, parc Méliès)

°

première canicule

ce cinq juin

– le soir va-t-il orager ?

°

première canicule de juin

la finesse des tissus féminins

°

l’inconnue lente de l’allée…

°

cet oiseau noir

à travers sente

ne poussera plus ses croas –

ce sont les roses roses

au bord du muret

qui sentent le meilleur

°

travaillant ses jambes

sur le vélib’ (à l’arrêt),

béquille dressée

°

Passer

(/ Evoluer)

du Penser au Sentir.

°

elle passe

avec une amie

poussant

une tondeuse à gazon

°

un carambriolage

°

une étudiante

dort assise

à la table de bibliothèque

– son cou

°

(régulièrement retombe sur le côté)

puis elle s' »abat » en avant

sur la table

°

au feu vert

ses lèvres rouges

°

ce matin

le coiffeur bâille

– ses ciseaux ?

°

désert des arts

désir des ors

°

martinets

les stries

dansent

°

toutes ces flèches d’argent

dans tous les coins du ciel

au soir

– l' »amour » du haïku

°

ce soir

sa fille

me montre un classeur de poèmes

que je lui envoyai

il y a quarante-cinq ans

°

Le haïku, ce peut être la commotion

créée par deux images qui se rencontrent (s’unissent, se joignent, se heurtent, s’épousent,…)

parfois même dans un seul mot (mot-valise,…)

Sa seins-ture

de sécurité

°

quand il fait son discours,

il politrique

°

sous sa jupe

joue le soleil –

soir de juin

(17/6)

°

César Marciaux…

°

Mieux vaut

un haïku

court – long – court

qu’un haïku

con – lourd – con !

Quand tu as soif,

regardes-tu le verre

ou le bois-tu ?

Quand tu as faim,

regardes-tu le plat

ou le manges-tu ?

La flèche doit-elle être

rouge, jaune, bleue

longue, courte, mi-longue

fine, épaisse, très fine

en bois, en métal, en verre ?

ou doit-elle

atteindre le coeur ?

(/… et le haïku ?)

assis

au bord de la mare,

j(a)ugeant l’eau

sans y plonger

ô grenouilles coassant

au bord de la mare,

sautez dedans !

l’apparence du haïku

ou le haïku ?

Le haïku ?

: toucher au centre.

Concentrez-vous

sur l’essentiel

(/ Revenez à l’essentiel)

en haïku !

(- le reste :

rien à cirer !)

°

sur l’asphalte

un bras de poupée

(Orly, 20/6)

°

les roses (roses qui sentaient si bon)

un peu défleuries,

leur parfum aussi est passé –

jog du dimanche

°

dans le sentier

une plume noire :

l’incitation à écrire ?

°

deux élèves de Taiji au parc –

dont une

en mauvaise posture !

°

attention aux racines !

le pas rasant

du joggeur

°

le merle

encore là :

de plus en plus ancré dans le sol

du sentier

°

les différents parfums

des roses différentes

°

Fête des pères –
Une femme cueille des roses
du bout des rangs de vigne

°

(La problématique majeure du haïkiste ? :)

comment faire (mieux) voir

au (/ le) lecteur

comment « éclaircir » sa vue

°

le Père Noël

au coin du balcon

rosit

°

Fête de la musique

il prend (des) notes

°

(D’après Daniel Thévenin – FB :)

Eoliennes –

Don Quichotte,

reviens !

°

Sarko à l’Express :

« Je mens moins qu’avant ! »

– Quel humoriste !

°

(Resto -)

L’intéressé-je ?

– ou la télé

allumée derrière moi ?

°

les clins d’oeil

d’une fenêtre

– soir de juin

°

Embrasser quelqu’un

qu’on ne connaît

ni d’Eve ni des dents…

°

une féministe :

dure au(x) mâle(s) ?

°

la pelouse de Qigong

m’offre une jolie plume

de pie

°

traduit,

le 5-7-5

explose

un haïku

« à-ras-le-moule »

un haïku

qui pue la sueur

/ de cerveau

/ mentale

un haïku constrictor

(un haïku de contorsion)

un haïku tordu

°

(Inspiré par la 4è de couv’ de Passage secret de Christian Cosberg :)

Le (/ la) haïkiste :

un personnage

en quête d’odeur(s) (?)

°

Au toucher du soleil

°

… une pie

sort du bouleau…

°°°

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Haïku, etc. de Py – sept 2013 – 2/2

20 novembre 2013

°°°

Fukushima
pour le(gouvernement de)s Japonais
c’est tabou
ça bout !

°
FilloN
( : in Le Canard enchaîné du 18/9/13)

°

ventes libres d’armes –
massacres de déglingués –
USA…

°

Une ancienne plantureuse de riz…
(cf Hubert Haddad, in Le peintre d’éventails, éd. Zulma, 2013.)

°

quatrième jour de cure
son odorat s’affine…

°

ces travailleurs anthracite
à la sortie du train…

°

elle fit
tout le voyage
dans son téléphone portable
(Reims-Paris, tgv.)

°

(Métro :)
« POUSSEZ FORT »
dit la porte
– qui s’ouvrit seule

°

rigolant au soleil
le caniveau
me fait de l’œil
(Avenue Mac-Mahon)

°

sur un banc
(Avenue Mac-Mahon)
une feuille
s’en vient loger
entre oreille et veste…

°

beau son de hautbois
dans un couloir du métro

mais odeur de vomi

°

Si vous ovulez
fis-je,
en place de
Si vous voulez !

°

une femme
en plastique
irréprochable

°

(s’a
muser
avec les mots)

°

une pavanade

: un paon
se pavaonne ?

°

an eclectric preacher

°

(le rythme
dans la po
ésie (du haïku))

°

Autant que faire se put
Autant que fesse repue

°

deux avions croisent leur air
dans le ciel bleu

°

Le Mont Tolima *
fut-il le Mont Fuji
de Sélim Bellen ?
(comme la Sainte-Victoire
celui de Cézanne ?)

* en Colombie.

°

Sauver
une coccinelle jaune
du lac Bâlea

(Transfàgàràsan, Roumanie, 8/13)

°

voile intégral : a-guichée (fermée)

voile intégral : aguicher = fermé !

°

les pectoraux
électoraux

(et les taureaux ?…)

°

Fonçant dans le brouillard
à 320 kms/h

(Paris-Reims, 25/9)

°

ça grenouille
ça magrouille

(Magrouiller // Gremouiller…)

°

dans le RER
(vidé)
une cravate grise à rayures
à terre

(C, Paris-Choisy)

aux pieds de cette femme
qui continue son voyage
cette cravate grise rayée noir

°

cf : FilloN
: FéloN

°

devant la lune du projo
s’élève le nuage de la fumée
soirée jazz kréol

(Le Baho’s, Longjumeau, 28/9)

°

dans le dimanche matin
recroquevillé derrière toi
une voiture officielle
esquisse une sirène

°

bouille de keuf !
kouille de beuf !

°

passant par le parc
aux senteurs de roses de septembre
les marrons roulent

°

jog au parc
sur le piano
fermé
Mozart *

* : Le conservatoire de musique d’Orly se situe à l’intérieur du Parc Méliès.

°

les zozo les zonneurs

°

soutenu(e)
tousse nu(e)

°

(cf 23/8/13 :)

un livre
sabi – me
au soleil

°

ra – beauter ?

°

sa matrice
m’attriste

°°°

Rapport sur le shisan renku de Folkestone : « Pégase en vacances » / ‘Pegasus on holiday’ par Neil Robbie

5 octobre 2013

Voici l’article paru dans Blithe Spirit (Le journal de la British Haiku Society -vol 23 n° 3) :

Renku and linked haibun written as part of the Anglo-French Haiku Conference in Folkestone, May 2013

Renkus et haïbun lié écrits pendant la Conférence Anglo-Française de haïku à Folkestone, en mai 2013.

Introduction (by / par Neil Robbie)

Twelve budding renkuists gathered in the cellar bar of the hotel around a long aluminium table and were divided into two groups, one led by Claire Châtelet (aka Sprite) and one by myself. We made sure there was a fair mix of French speakers and english speakers and at least one person in each group capable of translation at the high level demanded of bilingual poetry writing. I was a late joiner to the conference and Daniel Py had been asked to lead one of the groups ; but after chatting on the Thursday night he offered me the sabaki role as we would need someone who was capable of translating easily between French and English in each group, a job he was very capable of doing. We stayed around that same table and Claire’s group went upstairs. Thus we all started around 10.30 am on the Friday morning 10th May 2013.

Douze renkuistes (« renju ») en herbe se rassemblèrent dans le bar inférieur de l’hôtel autour d’une longue table en aluminium, et se divisèrent en deux groupes, l’un emmené par Claire Châtelet (dite Sprite) et un par moi-même. Nous nous assurâmes qu’il y avait un bon équilibre entre francophones et anglophones, et qu’une personne au moins dans chaque groupe pouvait traduire au niveau demandé par l’écriture de poésie bilingue. Je rejoignis tardivement la Conférence et l’o avait demandé à Daniel Py de mener un des groupes ; mais après discussion le jeudi soir, il m’offrit le rôle de sabaki, puisque nous avions besoin de quelqu’un capable de traduire facilement entre le français et l’anglais dans chacun des groupes, tâche qu’il était capable d’assumer. Notre groupe resta autour de la table, et celui de Claire remonta au rez-de-chaussée. Nous commençâmes donc autour de 10 h 30 le matin du vendredi 10 mai 2013.

RENKU 1

Participants : Danièle Georgelin (DG) ; Rob Flipse (RF) ; Daniel Py (DP – translator / traducteur) ; Neil Robbie (NR – sabaki) ; Nan Schepers (NS) & Andrew Shimield (AS – secretary / secrétaire.)

Pegasus on holiday
– A Spring Shisan renku / Un renku Shisan de printemps – Pégase en vacances

A blossom in the wind / the door of the South Cliff hotel / opens and shuts
La fleur au vent / la porte de l’hôtel Southcliff / s’ouvre et se referme
RF

spring tide / pulls back a pebble
la marée de printemps / fait reculer un galet
NR

in a sweat / changing the duvet / on the bed
en sueur / changeant la couette / sur le lit
AS

the neighbour hangs out / after a hot night
la voisine se penche dehors / après une nuit chaude
RF

in your memory / to live this new summer / a cuckoo calls
en ton souvenir / vivre ce nouvel été / un coucou appelle
DG

the temple bell / answering
la cloche du temple / lui répond
DP

early morning jogging / the moon so low / it touches the rooftops
jogging tôt le matin / la lune si basse / qu’elle touche les toits
NR

after the grape harvest / a leaf falls in my glass
après les vendanges / une feuille tombe dans mon verre
NS

hey Presto ! / the magician pulls / a rabbit from his hat
abracadabre ! / le magicien tire / un lapin de son haut-de-forme
AS

Pegasus on holiday / flying over fis hand chips
Pégase en vacances / survolant le fish-and-chips
NS

the red cheeks / of children / on sledges
les joues rouges / des enfants / sur leurs luges
DP

A Chopin Air / snowflakes in the light
Air de Chopin / les flocons de neige dans la lumière
DG

TOMEGAKI for ‘Pegasus on holiday’ / pour « Pégase en vacances ».

The hokku was a difficult choice, as the quality of the verses was very high. The theme of the wind, the sea and the hotel all feaured strongly. Eventually I decided to go with Rob’s excellent verse, where we have both the inside and outside interacting, a constant theme of this poem, the place name of the civilised world and the natural world in dialogue through the opening and closing door.
Le hokku fut un choix difficile, étant donnée la qualité élevée des versets proposés. Les tèmes du vent, de la mer et de l’hôtel prédominaient, mais je choisis finalement l’excellente strophe de Rob, où nous trouvons l’interaction de l’intérieur et de l’extérieur, un thème constant de ce poème, le nom de lieu du monde civilisé et le monde naturel dialoguant à travers la porte s’ouvrant et se fermant.

The waikiku also offered some difficult choices to the sabaki. The sea answering the wind on the shorefront seemed the best choice linking as it did with the outside scene and so i twas the waves overturning the pebble that was selected.
Le waikiku également demanda un choix difficile au sabaki. La mer répondant au vent sur le front de mer sembla le meilleur choix, faisant ainsi le lien avec la scène en extérieur, et ce fut donc les vagues retournant le galet qui fut choisi.

The daisan raised the question of the ambiguity of the hokku. – Was the writer reporting the door opening and shutting inside or outside the hotel ? If outside then Andrew’s duvet changing verse might not work. But we decided there was enough ambiguity there and although the wakiku was outside I decided the shift to the inside of a bedroom would fit well, with the duvet covers movement linking to the waves.
Le daisan souleva la question de l’ambiguïté du hokku. – L’écrivain relatait-il que la porte s’ouvrait et se fermait à l’intérieur de l’hôtel ou sur l’extérieur ? Si c’était à l’extérieur, alors le verset du changement de duvet d’Andrew pouvait ne pas fonctionner. Mais nous décidâmes qu’il comportait assez d’ambiguïté, et bien que le wakiku se situât en extérieur, je décidais que le changement vers l’intérieur d’une chambre fonctionnait, avec les mouvements du duvet procurant un bon lien avec les vagues.

There were associations of this verse which might signal that it would be more suitable later on in the poem. – Why was he changing the duvet ? And soon enough we were outside again with the theme of love and Rob’s neighbour hanging ouside the window from the room after a ‘hot night’. We moved rather gracefully and elegantly from the passion of night to the cool cry of a cuckoo in summer ; here the love was for a father, Danièle’s, and mortality crept in.
Certaines associations de ce verset pourraient indiquer qu’il pourrait être plus judicieux plus tard dans le poème. – Pourquoi changeait-il le duvet ? Et de nouveau nous nous trouvions dehors pour le thème de l’amour et la voisine de Rob se penchant par la fenêtre de la chambre après une « nuit chaude ». Nous continuâmes assez gracieusement et élégamment, passant de la passion nocturne au cri frais d’un coucou en été ; ici il s’agit de l’amour pour un père, celui de Danièle, et la mort vient faire son apparition.

And then the beauty of Daniel’s answering bell. Perhaps that bell was Daniel himself giving comfort to his partner in her bereavement.

Puis vient la beauté de la cloche de Daniel qui répond. Cette cloche étant peut-être Daniel lui-même voulant apporter réconfort à sa partenaire dans son grief.

We were beginning to cover a fair few of the 10,000 things, from love, to death to religion.
Nous commencions à couvrir quelques unes des dix-mille choses, de l’amour à la mort, à la religion.

The jogging verse was based on a memory of a 5.00am jog with a very low moon. At this point we started to look around to check everyone had submitted a verse, and in a very natural way Nan came up with another autumn image of a leaf falling into a glass of wine. The falling in of the leaf was complemented by the pulling out of the rabbit and the lightness of the fall of the leaf with the dramatic flourish of the magician. The theme of magic amplified with Pegasus taking to the skies to look down on the Folkestone diners as one of Nan’s pocket verses was adapted and recycled.
La strophe du jogging provenait du souvenir d’un jog à 5 heures du matin accompagné par une lune très basse. À ce moment du renku, nous commençâmes à vérifier que chacun des participants avait soumis un verset, et très naturellement Nan produisit une autre image automnale, celle d’une feuille tombant dans un verre de vin. Cette chute de la feuille fut suivie de l’extraction du lapin du chapeau du magicien, et la légèreté de la feuille par le panache dramatique de l’artiste de cirque. Thème de la magie amplifié par Pégase qui s’envole pour observer les convives de Folkestone, dans une strophe de Nan mise de côté précédemment et recyclée à cet endroit.

What could be a clearer image of winter than the red cheeks of children playing in the snow ? After Daniel’s red cheeked children, we ended with another of Danièle’s beautiful verses, a winter ageku with the lightness and elegance of Chopin, Daniel and Danièle moving in harmony once more.
Quelle image d’hiver pourrait-elle être plus parlante que celle des joues rouges d’enfants jouant dans la neige ? Après les enfants aux joues rouges de Daniel, nous conclûmes avec une autre des belles strophes de Danièle, un ageku hivernal avec toute la légèreté et l’élégance de Chopin, Daniel et Danièle bougeant une fois de plus en harmonie.

We were finished by 4.00pm. In the end everryone had submitted 2 verses, though initially at least, not through any premeditated design. Finally on the bus to Canterbury the next day, Andrew solicited views on the title of the poem and suggested ‘Pegasus on holiday’. We all agreed.
Nous terminâmes à 4 heures de l’après-midi. En fin de compte chacun avait soumis deux strophes, sans que cela eût été un objectif prémédité. Enfin, dans le bus vers Cantorbéry, le matin suivant, Andrew demanda notre avis sur le titre du Shisan, et suggéra « Pégase en vacances » pour lequel nous fûmes unanimes.

Neil Robbie, May / mai 2013.
(trad. D. Py.)

Haiku, etc. de Py – janvier 2013 – 1/2

8 février 2013

Haïkus, etc. Py – janv. 2013 – ½ :

°°°

lever le pied
sur le lever du coude :
l’an résolu

1er janvier
1er jog
sous la 1ère neige

(Arêches, 73, 17h)

1ère entaille jaune
dans la neige fraîche
1er (jog) de l’an

empreintes de la montée
tôt recouvertes à la descente
: 1er jog de l’an

l’illusion de la lumière
sur la neige du crépuscule
: 1er janvier

ici
maintenant
toujours nouveau

Faisant la sieste
en compagnie de vieux poètes chinois

la plume court
en suivant le cours des choses

« la fumée gracile de l’encens
accompagne le torrent limpide »
Tang Yin (1470-1524)

creusant l’écrit
creusant l’encre
trouves-tu ?


trOu

bientÔt


trOu
rOnd


trOu
trOuve

trOuvre

– referme / refOrme ( ?)

à cheval sur 2 ans
au milieu du gros livre
de poésie chinoise
ancienne

Lisant Po Chu Yi : « Au temple de la Bienveillance léguée »
(p. 196 in ‘365 poèmes de sagesse chinoise, éd. Albin Michel) :

plus simple
peux-tu ?

l’exemple
du simple

de l’être,
de l’écrire

( : ainsi que « Au bord de l’étang », p. 197.)

(Après-midi à la neige :)

Ayant accompli
deux ou trois
montées-descentes
du Glandu,
il se repose

poitrine et livre
en vis-à-vis
inversement
incurvés

Le général Bol

vert singe est thorax boum ! boum !

bientôt sans affaire,
oisif,
m’adonner à l’étude
tout le jour

toute la nuit

Péripatétitienne âgée :
décrépute

Cultiver l’esprit de SÉRIEUR

Décoincez-les
avec un pétard d’humour !
( : les Agélastes)

Rire déconstipe
( : Docteur Py)

Une petite dose d’humour
tous les matins
et tout ira mieux !

Pourquoi dit-on : « les parties honteuses » ?
Ne devrait-on pas dire : « les parties joyeuses ? »

La joie
est une graine
au fond de toi
Évertue-toi
à la faire pousser

Dans la justesse de son cor(ps)…

Le saule pleureur
comme s’il pleuvait –
le vent
chasse
l’automne

(Il faut) briser la vitre
pour accéder au
marteau brise-vitre

(TGV 2709, 11/1/13)

bouchées
117
mastications *
77
: avoine façon risotto aux légumes
39
: galette de riz complet,
108 ( : avoine façon risotto…)
* jusqu’à liquéfaction satisfaisante
28 ( : galette de riz…)
etc.

le miroir, qu’est-ce ?

Retour de flemme

Henri Cartier-Bresson :
« La photographie « fabriquée » ou mise en scène ne me concerne pas. »

Py : le haïku « fabriqué » ou mis en scène ne me concerne pas.

H. C-B. : « C’est par une économie de moyen et surtout un oubli de soi-même que l’on arrive à la simplicité d’expression. »

H. C-B. : « enregistrer dans une fraction de seconde l’émotion procurée par le sujet et la beauté de la forme. »

( : in « Gong » 38.)

métro –
au milieu de l’allée
une valise
sage

Remettez-nous un petit coup de « sincérité » ? :
Dans son entretien réalisé par Martine Gonfalone, in « Gong » 38, p. 53, Véronique Dutreix nous dit (à peu de choses près) :
Pour qu’un haïku soit réussi, « l’auteur doit être sincère, vrai, spontané » (…)

Et hop ! (cela fait bien plaisir à lire !)

( : 12/1/13)

(Recette pour devenir auteur de haïku :)

Prenez un moule
(une étoile)
de 5,7, et 5 syllabes,
mettez-y vos mots
retirez ce qui en dépasse
: vous êtes auteur de haïku !!!

À table :
qui son stylo
qui sa fourchette :
repas de haikistes

( : cf photo « Gong » 38, p. 38.)

(Après kukaï – ? – :)

… à encre reposée
(on ne choisit pas les mêmes haïkus…)

Évité
160 % de taxes
supplémentaires :
arrêté la bière
au 1er janvier

le couvercle des poubelles
se couvre de flocons –
soir de mi-janvier

un flocon court
sur le trottoir
puis disparaît

une ombre virevolte
un flocon tombe sur le trottoir

secouant le blanc
de ses cheveux
avant d’entrer

sur le carnet
un peu de neige
où transcrire
des haïkus de neige

chassant d’un revers de main
quelques flocons du carnet

Apercevant la neige
la jeune danseuse
lance bras et jambes

( : Malou)

°°°

à suivre : janv. 2013 : 2/2.

Haiku, etc de Py – 12/2012 – 2/2

3 février 2013

°°°

un jardin rocambolesque

à l’heure du vent

 

Nés de la nuit.
Bribes. Fragments.
Fariboles – Faribolesques…

 

Sur la petite

route du cimetière

un colis sans nom *

 

* cf : sur la petite / route du cimetière / le soleil – mon père

( : fév 2001)

 

l’avion suit le fil électrique

les nuages filent en sens inverse –

mi-décembre

 

aujourd’hui

8 heures de taiji-quan –

sur le pont un cycliste

 

un coup de rame à droite,

un coup de rame à gauche…

: peindre

 

(d’après Entretien avec Fabienne Verdier, de Charles Juliet, éd. A. Michel, p. 45)

 

le ciel

pose ses couleurs

sur le fleuve –

rides dansantes

 

le (menu) fretin frétille –

un avion vers Orly

traverse la Seine

 

(le) son rythmé

du battement d(es) ailes

de deux cygnes

à queue-leu-leu

au ras de l’eau

(- la Seine à Choisy) *

 

* au-dessus de la Seine

 

feuilles sur le dos :

rosée au ventre –

dimanche matin

 

cette neige

qui habille

la terre

de lumière…

 

parfois (dans) la nuit

ses narines chantent –

a-quies-cer

 

une plume

pour écrire sur ton corps

l’invisible frisson

 

un arc-en-ciel

mangé par un nuage –

approche de Noël

 

la lune :

un cimeterre céleste

( : aujourd’hui)

 

quand les mots

collent aux choses,

immédiatement

 

: quand les mots sont à peine

une construction

(conscient) =

furtive…

 

quand les mots ne sont

qu(e d)’une construction furtive…

 

Le livre lu,

je le relis,

m’en imprègne

(me) l’encre   en moi

(: cf Ch. Juliet, Entretien avec F. Verdier, A. Michel, 2007)

 

Atteindre l’art sans art

(Atteindre) le poème sans mots

la montagne sans montagne

 

Faire réussir la facilité *

* la décontraction, le relâchement, le sans-force

 

Se détacher de la force (musculaire),

agir selon l’énergie

primordiale ( : céleste + humaine + terrestre)

dans la grande spirale du Tao,

ce si subtil…

 

Au centre du dire

 

Être au centre

 

 

de toi-même

 

 

péri-

       féérique

 

pendant la messe pour Alain,

le portable de Jean-Jacques

 

RAndré dans le rang

O

au vieux cimetière

 

Au cœur de l’instant

L’instant du cœur

 

L’instinct de l’instant –

 

Cultiver l’instinct de l’instant…

 

Retrouver sans cesse l’ / son équilibre

 

je trébuchais

dans l’escalier

un bras se détendit

devant moi

me permettant de recouvrer

mon équilibre

 

La volupté du geste juste

(sans effort / sans force)

 

(Ils trouvent de la beauté à la justesse…)

 

Moins importe(nt)

ancien(neté) ou nouveau(té)

que l’expression juste, exacte, véridique,

sincère,

de cœur de l’instant

 

… et moins le « vouloir-faire »

que le « laisser–faire » !…

 

/ Ancien, Nouveau

importent moins

que l’expression exacte, sincère, juste

du cœur de l’instant

 

1 spécialiste des cou(ille)s tordues…

 

un

st

un

 

une porte de métro

couine (toujours) sa gamme descendante

Gare de l’Est

 

L’essieu :

Les cieux

s’approchent

 

… en bon épeautre

(qui se respecte…)…

 

À force de s’exercer,

cela (= le geste) devient / doit devenir

automatique :

Ne pensez-plus ! »

 

(: prof de Qigong et Taiji-quan)

 

: Enclenchez l’automatique !

 

Michel-Ange Fauteuil…

Livre

aux pages blanches

que nul mot

n’osa (jamais)

(déflorer !)…

 

Deuil pour deuil,

An pour An.

 

L’absolu, une solution ?

 

La consommation coulante…

 

Les temps révolus(sent)

La vélorussion

Vélorussionnaires

 

Une vue de

Laisse – Prie …

 

un jour après

« la fin du monde », *

l’ « Absolu » de Dior

 

* censément le 21 /12 2012.

 

à la porte

de la boulangerie

ce clochard

se réchauffe

 

pailletés

les nénés

de Nyna

nouant

le cadeau

de Noël

 

le lendemain

de la fin du monde,

le « bonjour ! »

à tous

 

le lendemain

de la Fin du monde :

« J’adore l’absolu », de Dior

 

: Absolu Rose Damascena

Absolu Jasmin Sambac

Absolu Tubéreuse Inde

 

le lendemain

de la Fin du Monde,

les absolus de fleurs

 

le lendemain

de la Fin du Monde

une eau de parfum absolue

 

(Sincère :)

… être honnête avec ses perceptions (/ sensations). Ne pas les truquer (/ trafiquer).
De toutes façons ça se sent quand c’est trafiqué, triché, quand c’est du chiqué.
Et même plus – ou autre :

S’encensant tant,

c’est sûr, ça sent

son ascenseur !

 

( : par exemple.)

 

Percer les outres

(- cuidant(e)s / -cuidances / -danses…)

 

/ L’ai-je bien léché ?

(lèche-bottes / lèche-bitte(s)…)

 

Le (haut) débit du débat…

 

L’an deux mille douille(s) *

s’achève,

au suivant !

 

deux-mille an-douilles

 

Les îles repliées…

 

sous les piles du pont

la nappe du brouillard

où l’on sait Millau

 

À peu de feuilles près

le biloba nu

– encore un Noël !

 

un tout petit chat noir

traverse un zèbre blanc –

vers Noël

 

(Jog de Noël :)

grimpant la rampe

au-dessus de Millau –

5 vautours

tutoient les sommets

 

des jumelles * le rire

au même instant :

exactement

de la même forme **

 

* Ingrid, Florence

** courbe

 

je lie

puis délie

puis relie

lentement

le fil de la soie :

chansi gong

 

au bord de la route

une boîte de cigares

récolte

des feuilles de chêne

 

J’ai tout mon temps,

j’vais tout monter !

 

Mo – big – dick !

 

(Sauter)

du coq à l’âme

 

Corps et âne

 

jog du dernier jour :

ce haïku n’attend plus que

ma bonne volonté

 

Il est / Elle est

plein/e de bonne volupté !

 

jog du dernier jour

le premier rayon rose

en bout de pic

 

entre deux monts

la traîn(é)e blanche

d’un avion

 

première touche de soleil

sur les crêtes

 

le soleil appuie,

élargit son pinceau

vers le bas

 

(la lumière gagne)

 

première échancrure jaune

dans le blanc

au bord de la route

 

en fin de traîne

les signes cabalistiques

peu à peu

s’estompent

 

chaque moment

est neuf –

pourquoi se soucier

de « modernité » ?

 

Peu c’est mieux

 

peu c’est mieux

parfois –

 

non pas

peu pour peu,

mais

peu pour plus,

 

peu pour mieux.

 

La voie du haïku…

Première leçon :

oubliez tout !

 

« Videz-vous d’abord, avant de pouvoir être rempli(e)(s) par l’esprit haïku. »

Gabi Greve

 

(Ancien :)

salon de l’auto

modèle et machine

roulent des mécaniques

 

Il n’est pas infréquent

que les colverts violent

à plusieurs leur femelle

 

c’est du règne animal

l’accouplement le plus violent

 

(cf : « Science et Vie » n°  )

 

Quant aux Bonobos,

ce sont les plus cool :

hétéro, homo,

tout y passe,

et même en missionnaire

 

Passant la dernière après-midi de l’an

en compagnie d(es) Anciens poètes chinois *

le plus jeune d’entre eux mort il y a 315 ans, **

sereinement –

 

* Des hommes, de vin et de sieste… et d’accord au cours des choses

 

** Yuan Mei (1716-1797)

 

serpentant le long de la piste

les skieurs aux flambeaux

signent la fin de l’année

 

– feu d’artifice

 

°°°

 

Finissant l’année

avec (d’) Anciens poètes chinois –

la commençant

 

Dernière

et première

cuite

de l’année

 

°°°

haïku etc. de Py, oct. 2012 – 1/2

29 octobre 2012

°

Les mots des discours étant généralement plutôt lourds, nous avons bien besoin du champagne au pot qui suit pour nous en alléger, voire les oublier !

°

Après quelques jours / (après quelques tours) / je ne vis plus le mulot mort au milieu du chemin. / Probablement l’avait-on emporté / vers un ailleurs meilleur / pour y pourrir.

°

les feuilles brunes (tombées)
prisonnières des bras verts du houx

°

(cf 23 sept :)
dimanche matin
il banjoïse en chantonnant
sur le pourtour du parc

°

Avance !… Avance !
me dit ce bambin
en me voyant trottiner
dans l’allée du parc

°

aux obsèques
d’un obséquieux

dans son cercueil verni
sous son marbre poli,
l’obséquieux

– Et faire le deuil du dieu ?

°

Qu’allez-vous vous empêtrer
dans ce 5/7/5
qui n’est que japonais ?

°

1 papillon
devant la voiture
1er octobre

°

au pied du rail
une aile du pigeon
s’écarte encore
au vent

°

(quoi dire d’autre que :)
les oreilles roses
de son téléphone portable

°

« La ville en mouvement »
est-il écrit sur un mur
au-dessus des voies ferrées

°

il pissa à quatorze heures :
un jet sur douze
l’autre sur deux

(Issy-les-Moulineaux)

°

un baiser de soleil sur les lèvres ;
il avait encre de beaux jours
à côté de lui

°

bien mal acquis
n’amasse que mousse

°

Porte de Versailles,
tous ceux qui
revenant du salon de l’auto
prennent le métro

°

senryûs :
les valeurs amassacrées

°

Du Petit Prince
j’ai l’ombre de l’écharpe.
À part ça, rien.

°

Le haïku c’est un déclic –
le déclic d’un instant,
le coup de foudre, l’étincelle…

– La cliqu-haïku ?…

°

(Progrès)

Il y a 45 ans, il fallait compter en moyenne
une minute et demie
entre chaque station de métro.
Aujourd’hui, il faut environ
une minute trente.

°

The chicken in the kitchen

°

Je serais ridicule
si j’écrivais des haïkus en forme de 5/7/5 syllabes :
– parce que typiquement – et uniquement – japonais !
– parce que dès que tu veux traduire un haïku d’une langue dans une autre, ton 5/7/5 disparaît presque automatiquement (sinon tu le contorsionnes, etc : voir – primo – les traductions de René Sieffert parfois, souvent même alambiquées au possible, pour pouvoir « respecter » ce fameux sacro-saint 5/7/5 !…!
– parce que Kyôshi a dit (en 1936) qu’en dehors du Japon on pouvait s’en passer …
– parce que les onji ne sont pas des syllabes…
– parce que des Seisensui, Santôka, Hôsaï ont déjà rejeté ce moule il y a déjà presque un siècle…

°

l’ubiquiste / l’ubicuistre /

le haïku n’est ni ubi-cuist(r)e
ni obi-cuist(r)e

Un haïkuilibriste

L’invention d’un personnage narrateur (« le pape volant » en l’occurrence)
alors que le haïku n’est pas un roman, si court fût-il !

°
(de L.A. Davidson, in Aware de Betty Drevniok, éd. Unicité, 2012 – trad. D.Py :)

ninety degree day
the jackhammers in the street below
exploding the heat

trente-trois degrés –
les marteaux-piqueurs dans la rue d’en bas
explosent la chaleur

°

Nous mentionnions Prévert,
le gamin de la famille :
Ah, oui, le poète !
Il a écrit tellement de poésies
qu’il en est mort

°

métro –
une femme
toute à son portable
consciencieusement se cure
les deux narines

°

il s’arrêta
page 69
et s’endormit

°

Rebecca Rébécarre

Vélodie(s)…

collègue Oleg

oreillons frais / au rayon frais

°

De plus en plus nouveau :
après le « haïku papal »
le haïku PayPal

chaque instant présent
est le comble (/ le culmen)
de la modernité (/ de la « nouveauté »)

Nouveauté, nouveauté,
proclame-t-il
prenant pour référence le maître
d’il y a 450 ans

°

Un touche-à-rien

°

Que ressent la mare
à l’attaque
de la grenouille ?

°

la limace,
sa traîne
d’argent

l’escargot
luit
sous lui

°

l’étang
étend
le temps
étale

la grenouille
rompt le temps
(l’espace) étale
de l’étang

l’espace
de l’étang
divisé *
par la grenouille

* divinisé

le silence
de l’étang
qu’interrompt
la grenouille

que fait
la grenouille
à ce fameux
étang ?

plongeon séculaire
de la grenouille

son corps en croix
le saut de l’ange
dans l’éternel
étang

se détend,
s’étang
la grenouille

étang donné, une grenouille…

l’arc
de la grenouille

la cible
de l’eau

l’étang en-cercle(s) (autour de) la grenouille

la grenouille
ne peut sauter
qu’au centre
de l’eau

qu’au centre
d’elle-même

c’est merveilleux

d’une grenouille
Bashô frappa
le centre de la
cible-haïkaï

la grenouille
ne saurait être
que le centre
de l’eau

impa – cible

°

un défilé
de harengs

°

Dernière minute :
Nous apprenons que le vaisseau spa-pal
vient de capoter
dans la cordillière des Viandes

– Paix à descendre !

Nous sommes tous impatients
que ce Benoît Lévitant
(dit Félix-bras-en-x)
nous narre
une cruci-fiction !

Dernière minute :
Le très célèbre Benoît Lévitant
(dit Félix-bras-en-x)
vêtu de son seul bermuda
a disparu de nos écrans-radars

Méfiez-vous des haïkuistres !
(Méfiez-vous du pope haïkuistre !)

Le concepteur de ce faux personnage
( : Benoît Lévitant)
est-il lui-même réel ?

°

au milieu de la nuit
le pain cuit
dans sa narine

°

Le haïku
c’est une mise en mots
d’un instant vécu.
C’est parfois même – malheureusement ? –
une mise à mort de cet instant vécu
(quand il est « mal » retranscrit, quand il ne lui « colle » plus !…)

°

De qui la reconnaissance ?
De ses impairs * ?

* impers ?

°

une larme à feu…

°

beaucoup de monde ce matrain

°

musiques de rue :
les percussions
des marteaux-piqueurs

°
(ancien, gare de Lyon, RER A :)

devant la porte ouverte
de ce train de banlieue bondé
une casquette à terre

°

dans le métro
sa valise à roulettes
part (déjà) en voyage…

s’émancipe à roulettes

les roulettes
oeuvrant pour l’émancipation
des valises…

déjà dans le métro
sa valise part en voyage
(Cadet Roulette)

Cadet Roulette
né un dix octobre
pense déjà à ses futurs voyages

Cadet Roulette,
fatigué de voyager
ne veut plus que rester au près

voire s’arrêter

sans mousse

°

Le haïku n’embellit pas.

(Une embellie…)

°
(ancien -2007?- :)

ce débardeur
vert caca d’armée
doit-on vraiment le repasser ?

°

moderne à tout prix :
la pointe de son stylo
d’avant-garde


En avant, toute !
Ne te retourne pas sinon
ton encre se changera en sel !

son esprit
roulé en huit
n’aspire qu’au neuf

du nouveau, du nouveau,
et la patine, alors ?

il voulait devancer
sa vie : toujours
pousser son premier cri !

hélas,
le dernier cri
est déjà supplanté !

ce constant
souci du neuf
si vite démodé !

il veut du nouveau
toujours,
toujours,

figé
sur ses pointes

refuse de vieillir,
le moderniste ?

l’avide du neuf
à jamais sans repos

après le neuf
à tout prix
le dix !?

le mécontent du présent –
l’incontinent du futur…

pourquoi
n’invente-t-il pas
tous ses mots
s’il veut rester
absolument moderne ?

pour être plus moderne
que moderne
il écrit (tous ses haïkus)
en novlangue

se rend-il compte
que tous les mots
qu’il emploie
sont – affreusement – anciens ?

dès qu’il crée un mot,
il vieillit (déjà) !
Ah, le désespoir
du moderniste !

(nouveau mou d’veau)

du mou de veau,
oui,
mais
du mou-de-veau nouveau !

Il écrivit tellement nouveau
qu’il était le seul
à pouvoir se comprendre

nou – veau d’or !

il n’écrit pas,
il VEUT écrire
(« nouveau », etc.)

condamné au modernisme,
ce Sisyphe du haïku nouveau !

certains croient-ils au
tout nouveau, tout beau ?
je crois, personnellement,
au tout neuf, tout bœuf

pourquoi faut-il que quand il entend « nouveau »
lui vienne aussitôt à l’esprit « mou-de-veau » ?

Lynn est psy
(/ Line est psy)

°

mes voisines
(de TGV),
ces tchat-chieuses !

à la gym aquatique,
ce qu’elles n’ont pas besoin de muscler :
la langue !

°

Les hippos campent…

Des hippos * allumés
(s ‘éteignent dans la pièce
d’O…)

* « Zippo » : briquets.

°

Un bègue
peut-il être à la pointe
de la nouveauté ?

un haïku de pointe
et
un haïku de marteau

°

il m’insulquai(t)

°
(ancien :)

les petits pois
refroidis à l’ordi
: « parésiaste ».

°

Égrenier. Égrenier les souvenirs…

°

il la ferme, elle s’ouvre,
il la ferme, elle s’ouvre,
: la portière de son autolib’ *

(Place de la Nation, 13/10/12)

: or. : « la portière de sa voiture /
électrique de location ».

°

lèche la rosée
de la rare rose d’octobre
le rare joggeur sous la pluie

°

Rien besoin d’ « inventer » :
chaque seconde est nouvelle !

si j’écris
« la pluie la pluie la pluie »
n’est-elle pas déjà vieille
au bout de la ligne ? *

Patine-t-il
dans la nouveauté,
celui qui bégaie ?

haïku :
(de) l’actualité
en force
(?)

Actuel / Factuel

En Occident,
on veut faire le plein
… (en haïku).

En Orient,
on chercherait plutôt
à faire le vide,
épurer…

*
écrire
pluie
n’a jamais mouillé personne

(les mots
n’étant pas les choses…)

°°°

(à suivre : Oct.12 – 2/2.)

Haïku etc. de Py – sept. 12 – 2/2

6 octobre 2012

°°°

écrire le creuse
galerie nocturne

un thé au matin vert

°

les mots
doivent retrouver
les choses

°

le tic de sa montre
toute la nuit

°

opprrressssion

°

matin ensoleillé
le squelette d’un cousin –
la fête de l’Humanité

°

(ancien :)

l’ombre
en croix
d’un bombardier

°

inauguration du Clos des Vignes :
recueillis
au pied des pieds

(Orly, 16/9/12)

°

On a vu
les seins de la Princesse * :
gorges chaudes

On a vu
les seins de la Princesse * :
Rendre gorge

* : Kate Middleton, by « Closer ».

°

grand silence dans le couloir –
attendant une élève de musique

°

reflets de nuages d’un côté
buissons de l’autre :
double paysage de train vers la droite

°

Atteint
l’âge d’Issa, *
ma puce !

* : 64 ans (1763-1827)

°

Invalides –
un pigeon monté dans le train
descend à la sonnerie

les portes se ferment
le pigeon (re)descend
du train

°

un canard
sur une pierre du Verdon
et dessous

°

tous les matins
venant saluer les gens
au RER d’Orly

°

premières lueurs
vert bleu nuit
montantes

°

tout l’inutile gommé…

°

écran :
les passagers du TGV
ont droit à la vitesse
de leur train

°

Admirant
le sein parfait :
Mont Fuji

°

Le haïku, c’est l’exigence
du terme exact –
(de la sensation exacte)
du dire exact !

(Certains haïkus
« sonnent faux ».)

°

doigts sauvages…

°

le vent jouant
de la double couleur
des feuilles

°

des nouvelles de Fukushima ?

°

her wet lips
la mer gronde
her wet lips

°

The haiku, a striker

°

Hone *, Honey !

Prune **, trésor !

* = affûte, affile, aiguise !
** = taille, élague, émonde !

°

(toujours plus « nouveau » ! :)

il y eut
le « haïku papal » ;
voici maintenant
le haïku-PayPal !

°

assis longtemps *
à attendre un train –
soleil deux-tiers septembre

* (45’, RER C, Orly-Paris)

°

puis elle parle


°

« Haïbun sans prose » :

ex : « je vais vous raconter un film » ( : dpy, cf. 2011-12)…,

où, du haïbun, il ne reste plus que les haïkus,
comme si l’érosion les avait épargnés,
et que la prose était retournée au sable de la page,

où manque (tout simplement) cette prose
que l’auteur n’a même pas eu l’idée d’inclure =

haïbun (prose) en creux ;

haïkus encrés,
prose en creux ;

haïku roc
prose sable.

°
(front à terre … :)

un matelas


(rue du Montparnasse, 75006, 22/9)

°

(La sueur ? :)

d’Eustache Lesueur
plus que le piédestal * –
joggeurs alentour

* Jardin du Luxembourg, 1858

jardin du Luxembourge

°

femme
avec un pot de fleurs blanches
jardin du Luxembourg

°

deux amoureux fleurettent –
septembre clément

feuilles rousses
encagées * :
moisson de septembre

* cf. Benjamin Péret : « Les rouilles encagées »

°

elle esquisse

°

les seins tombés –
premier jour de l’automne

°

bord de mer –
mon regard plonge
entre son pendentif

°

Les décapants
(ex. : Éric Chevillard.)

Décaper le haïku.

sand
which
sand

( : d’après Éric Chevillard, p. 91 de L’autofictif, éd. Arbre vengeur, 2009 :)

« Mais oui, ma tante, la poésie nourrit son homme. Et même un seul bon haïku le fera :
Pain
jambon
pain »

°

au bambin

(22-28/9/12)

°

aventure
et rature(s)
sont-elles deux mamelles
de la littérature ?

°

(r)allumant
au milieu de la nuit
pour (re)lire
Éric Chevillard

°

Le litté
ratureur

Il faut rat(ur)er (biffer) de nombreuses fois (…)
avant de (pouvoir) produire
un sous-chef d’œuvre

un œuf, une œuvre ?

un œuf neuf
un œuf meuf

Sa fille va mettre au monde
un œuf meuf :
encore une qui ne portera pas son nom !

°

Au haïcou long
on peut mettre beaucoup
de colliers
Au haïcou court
peut-être à peine
un fil de colle

°

sans cesse
il noie le poisson
(il nie le poison)

sans cesse autruche de lui-même

acculé,
sans cesse en reculade…
sans cesse se dissimule
(derrière ses mots)…

sans cesse se maquille de mots,
ce maquignon !

se grime,
ce grimaçant
limaçon !

l’hameçon
de l’âme-sœur ?

le maçon ?

l’âme-sœur
l’âme seule

Faut-il mettre du liant (/ du lien) entre ces deux « images », de la colle, du ciment, de la bave, de l’encre, ou bien faut-il les laisser ainsi « paralléler » ?

/ parall – hèle

°

Elle ne s’aperçut pas
qu’elle m’avait offert un spectacle
– même minime – :
l’improvisation
d’un pas de danse
devant une guêpe

°

« Les OGM
sont un poison » *
– Et le nucléaire ?

* titre un magazine mensuel.

°

poix – gnon

°

dans la nuit
tournent des mots
plus ou moins bien éclairés

°

dimanche matin
(le) bruit de bogues tombant dans le parc –
la cloche de onze heures

dimanche matin
il banjoïse
en se chantonnant
tout autour du parc

°

Dans la série « Il s’agit de »… :

Il s’agit (aussi et surtout)
de chasser du haïku
les mots * qui son(nen)t faux **

* expressions, lignes, vers,

** forcés, artificiels, « morts » (selon l’acception des Anciens Chinois).

… sous peine d’être accusé ( / d’avoir à répondre) du crime ( / de la forfaiture) de lèse – mots !

/ de lèse – (l’) esprit !

°

tombant dans l’évier
la fleur de jasmin
fait tinter l’assiette

°

les fleurs de jasmin
s’ouvrent dans l’eau chaude
ainsi tes haïkus * ouverts sur le monde

* : S. Bellen, in Tierra de nadie, à paraître aux éditions Unicité, début 2013.

°

le marié se retire

°

Mesdames, Messieurs,
votre train prend la direction de
: silence

°

le bout du nez ( / du nœud ?)
du boudineux ( / -né )
libidineux

°

le ciel des mots
s’éclaircit :
haïku

°

les mots : nuages
chassés…

°

À la chasse aux faux mots…

beaucoup sont touchés
beaucoup mettent plume à terre…

°

« de ce côté-ci du pointillé… »

(= de ce côté-ci de la frontière…)

°

Le haïku
est-ce
une soustraction ?

ce que j’aime dans le haïku
c’est que c’est
une ascèse des mots inutiles,
une ascèse des mots « faux »

, la déroute des « faussaires »,
des « in-sincères »… ?

les insincères,
les autres, sincères

– et ceux qui s’insinuent ?

°

Que le haïku
traduit en français *
fasse 5/7/5
est une ineptie

* (et inversement)

°

Parfois
la mémoire
vous joue de ces trous !

Ainsi ne me souvi(e)ns-je plus du nom
d’un fâcheux
que je désirais justement ignorer –

/ de l’importun
sans importance…

°

tu t’es tu
et têtu
tu t’y tiens !

°

Cette (jeune) personne a la chance d’avoir une belle enveloppe –
Mais qu’en est-il de la lettre qu’elle contient ?

°

bille en tête
bulle en tête

°

(Poésie :)

mise en tropes,
mise en iambes,
etc.

°

le pain suit sa lame
le soleil

le couteau suit sa lame
le soleil

°

du pain
qui cuit la nuit
l’odeur éveilleuse

°

la courante de la consommation

°

de l’émail
à l’e-mail,
combien d’années,
combien de générations,
combien de frustrations ?

°

N’y en a-t-il pas assez
des dieux uniques ?

°

nous avons eu vent
de vos vociférations
en vain

°

(D’après Éric Chevillard : L’autofictif voit une loutre, p.. 50 :)

coin coin coin
le canard délimite
le triangle des Bermudes
qu’il évite (ra)

°

jogging :
pour qu’en bon état j’erre /
pour qu’en bon état je gère…

Dans quel État je me terre ?…

°

(Félix Taillandier :)

Il croisa Félix.
Il croit en Félix.
Félix, une sorte de christ
(sur sa poutre éternelle).
Croiser le (haut)bois et la perche.
Croix en luit, crois de bois, si tu crois, sors du bois…

Taillandier.
En tailleur.
Taille son X…

°

ce journal du monde flottant…
à la surface des choses
les yeux en surface
crocodile
grenouille…

°

Un ciel gris nous nasse. Nass. Trocken…

°

Où sont mes dictionnaires d’allemand,
maintenant que l’anglais me maîtrise ?

°

Les feuillages des arbres jaunissent.
(C’est bien)
L’automne fait toujours son boulot.

°

Libre enfin libre. D’élargir ses poumons. De lancer un cri équivalant à quarante années (et plus) de travail forcé…

°

Si les dossiers (du canapé)
s’affaissent,
que deviennent ses reins ?

°°°

Haïkus, etc de Py – sept 2012 – 1/2

1 octobre 2012

Haïkus, etc. Py. 1-15 sept 2012 :

sa mouche de compagnie –
mère fait une partie
de solitaire

(« ma mouche voudrait
faire un Rumikube avec moi
– Pas question ! »

: Odette Py)

°
(kyôbun à l’étoile fanée :)

souvent l’« étincelle »
(bien) plus courte
que 17 « syllabes » !

Ex. :

une étoile
aussitôt
fanée

°

As-tu remarqué
si les étoiles
filaient plutôt
de droite à gauche ?

(cf aussi :
« ciel d’étoiles –
un aligot »)

°

vampire
la nuit
lampe
l’encre

(vampe, goule, strige ou stryge* * = vampire femme-chienne.)

faire tomber les « barrières » / de la poésie du « haïku »

°

les draps
pendus aux portes
la nuit
sèche
nt

°

ténèbre
clac
vertèbre

°

(s’)immoler
par l’œuf

(mollet)

/ le feu mollet

°
ah ! la première rose rose
de mon premier jog
depuis des lustres !

– ah, la première souche !

– ah, la première fumée de(s) pot(s) !

°°

« je pense donc je » fuis
ou :
(d)éloge de la pensée :

se mettant un suppositoire,
pensant :
« Stéphanie de Monaco » !

+

sur le siège
des toilettes du train
pensant vaguement
à sa destinée

°°

ma mère rêve
de se réincarner en oiseau
… pour la beauté des paysages

°

Noël
j’accroche mes boules au sapin
aïe !

(d’après Liette Janelle H.45 pour Gong 37)

°

porcelet qu’on égorge
la gamine voisine

°

la justesse d’être : voilà – aussi – ce qui transparaît dans de « bons » haikus…

°

comme un cormoran
rendre
gorge

°

diminuant les doses de salé :
pourquoi ça l’est
encore ?

°

ce que cache le langage /
les mots que cachent les mots /

(un mot peut en cacher un autre…)

:

là vendent
lavande

°

je coupe le jambon
la théière frémit
je coupe le jambon
la théière proteste

°

la glace
(est) rouge
– phoque ! *

* : « fuck ! »
ou : « fucked phoques ! » ?

°

chaque jour
sentir une nouvelle rose –
trotting au parc

/ déjouer les racines

°

rentrée
scolaire
colère

°

mur muret

(les mots)
se font face
et se répondent
à voix basse

les murs (ayant des oreilles)

les murets
se / leur
répondent
à voix basse

°

la télé
regarde
le salon

son œil bouge
dans la nuit…

cyclope
l’œil ouvert de la télé

sur le noir

la télé
regarde
le salon

°

Insomnie –
la taille des crayons

°

C.D. cédé –
décédés

°

premier été « socialiste » :
la Valls * des Roms

* nom du ministre actuel de l’Intérieur (/ extérieur).

°

derrière le tgv
un papillon ~
Orly, début septembre

°

toute une colonie de pigeons
couvrant un terrain de football
décolle
un avion d’Orly
y laissant quelques plumes

°

Flouter le sujet du haïku…

°

scénario – senryû

°

banlieue :
« bijouterie ZIRA »
sur un vieux mur

°

contre la fantastique odeur du pain
fermer les portes
– cuisson de nuit

°

l’ici,
le la (/ le là )

°

ce matin
recoller les morceaux

d’(e quelques) objets
en souffrance

°

autour du cou
du Bouddha assis
un mince collier
de colle

°

sirènes
du premier mercredi midi
du mois
un chien aboie

°

décédée d’un A.V.C.
à 33 ans
cette pianiste –
fermer la radio
regarder les fleurs

°

ils piaillent à qui mieux-mieux

(ils piaillent à cui mieux-mieux
ils piaillent à cui-cui mieux-mieux)

°

plage :
trop de faims et de messes ?

°

les haïkus
comme des déchets
qui envahissent la plage —

°
(kyôbun court :)

le haïku c’est ce qui s’échappe

un insecte
aux ailes colorées
de soleil

°
(duilien aux boules :)

des boules qui se cognent
le soleil qui se couche

(stade L. Lagrange, 75012)

le haïku est « religieux »
: il relie
(2 éléments, etc.)

°

passant le plus souvent possible
par le square
des frères haïkistes *

* (: In memoriam René et Henri Druart, Reims)

dans le square
des frères haïkistes
réviser quelques versets

°

remplir le vide
avec des mots

°

le temps
immobile
ou presque

d’un banc du square

quelques bruits griffent l’air

°

un court discours

°

près du toboggan
glisse le temps
square des frères Druart *

* haijins, érudits rémois

°

les mots
par peur du vide
/ de son vide ?

°

sur le toboggan
glisse
la lumière
(?)

un papillon passe

de haut
en bas
du toboggan
des éclats
de soleil

l’attente *
du tobogan

* / la tente ( ? )

le temps
glisse-t-il
sur le toboggan

la lumière / assise
sur le toboggan

sur le toboggan

°

square des frères Druart
une femme passe,
un pain dans la main gauche

°

entre deux lattes
d’une chaise de square
une plante a poussé

°

ces grandes vitres
de la médiathèque
d’où l’on voit
en bas
la ville
marcher
au pied de la cathédrale

et les pavés
/ les volumes

que tu grignotes
fil à fil

tes yeux se défont

inexorablement

(… la transparencre…)

ses chaussures (basses ouvertes) rouges
sur la moquette grise

au-dessus
repliée sur sa chaise
pieds nus

et devant son ordi

: médiathèque

j’irai
à longueur d’après-midis
tirer de longs traits de poésie –

avant de reprendre mon train

°

certains mots
just hit it right
right down the middle
frog’s eye
/ frog’s ear

là ce n’est pas
la grenouille qui chante
au bord de l’eau
c’est l’eau qui chante
(strung by the frog)
pincée par la grenouille

L’eau là
fit chanter * la grenouille

* / bruire

Qu’entend la grenouille
qui saute
dans la mare ?

°

Les mots
(sont des couvertures)

– pour recouvrir
le cadavre

soulever le voile des mots
pour reconnaître
le visage
du mort

°

tâche d’ôter cette tache,
lui dis-je,
déictique ! *

* / didactique ( ? )

°

Ce que l’on ne fait pas dans le haïku, on le fait justement dans le senryû : revanche !

°

tenir dragée basse

°
(Haïku-canon :)

rarissimement
je m’arrêtai sur ce mot
d’Amélie Nothomb

(in Acide sulfurique, p.60, LdP 30796)

°

un roman d’égare
ment

°

caracol*/e
barcarolle
l’enfant
fait des cornes *
au piano

* (en) espagnol
/ espagnoles

la partie
de piano
corne

mariée au pi-anneau

ronde elle se met au pi-anneau


« peinture » →

« Faire d’un (haïku) une fenêtre ouverte vers l’extérieur »

le haïku (qui) vient de l’extérieur,
repart vers l’extérieur

°

encore au lit
quelques coups répétés réguliers –
un œil qui pleure

°

le parfum plus subtil
des roses en septembre
une coccinelle
garée en courbe

°

entièrement voilée
et seuls ses yeux
derrière ses lunettes

entièrement voilée
et les lunettes
noires

entièrement voilée

entièrement voilée
ses lunettes
réfléchissent

entièrement voilée,

°

concocktail

°

son décolleté de septembre
les couleurs de son été

décolleté :

°

première pluie
au 11 septembre
son visage gris

premières gouttes par la vitre du train
il finit sa bouteille d’eau

une merde sèche
sur le trottoir –
première pluie de septembre

quelques feuilles
collées
au trottoir
1ère pluie de septembre

gouttes tombant dans mon sommeil
raindrops falling into my sleep

(grise mine :)

taillant tous les crayons
de la maison
1ère pluie de septembre

tous ces copeaux
dans la corbeille
1ère pluie de septembre

dans la corbeille
et à côté :
copeaux de septembre

°

Le haïku, ça peut tellement être (d’) ici (de) maintenant,
que ça peut être comme un journal de bord…

°

trous dans le poème
de mots retirés

( : donner au blanc)

Aéré

le noir pesant

le blanc d’air

°

Pourquoi s’entêter au 5.7.5. ?
Les onji ne sont pas des syllabes !

°

blanches bogues de marrons
fraîchement tombées
– jog vespéral

les gouttes de pluie
ont-elles bu le parfum des roses ?
– soir de septembre

°

un pet
vint mettre fin à mon poème
sur le silence de la nuit

°

devant la télé allumée
la femme éteinte
2 h 54

°

monocordes composteurs
leur « ting » bientôt
énervant

Inventer des composteurs
à hauteurs de sons différentes
(pour )(créer)(des) : symphonies de voyageurs !

= des composteurs
pour voyageurs
« compositeurs » !

°

elle s’enfonce dans la nuit
le son de sa voix
s’enfonce aussi

°

de l’ascenseur
sort
un parfum

dans l’ascenseur
seul
un parfum

(: d’après Patrick Fetu.)

°

dans un triangle d’eau
des cercles *
qui s’accélèrent

* / des ronds ( ?)

°

ce lac
un soleil d’huile –
plonger

°

gravant
sur du papier
des haïkus
préhistoriques

°

cligne des yeux
l’immeuble –
soir * de septembre

* / crépuscule

(19h30)

°

taches,
éclats,
pièces de puzzle

°

bien dans son corps
bien dans son cœur *,
crépuscule de septembre

* kokoro = esprit-cœur

°

les pages du livre
respirent * d’un côté
: voyage (en) RER

* / bougent

une aile seule
du livre bat
: siège de RER

°

ah les nuages ( !)
ourlés de ce soir

le loup
hurle à la lune

ourlée ce soir

( = son meilleur poème ?
brûlé : 1967 ?)

°

un petit papillon blanc du soir
monte vers ma bouche
je souffle

°
(jog :)

brossant (quelques) branches basses
– jog aux lanternes

le parfum passé
des roses de septembre
– jog aux lanternes

un conciliabule corbuesque * –
la permanence du ruisseau

* / de corbeaux

un moucheron
dans la bouche
– jog aux lanternes

le moucheron
du jog du soir
ressorti
sur le bout de la langue

au bout de la langue
le moucheron
du jog aux lanternes

°

le café
c’est mauvais pour la voix
: parol’ de prof’ de chant !

°

dès que tu le traduis,
ton 5/7/5
vole en éclats…

°

rails rouillés –
l’automne

rusty rails –
Autumn

rouille sur les rails
l’automne

°

une statu(r)e Crumb-esque
ce matin et ce soir
dans le TGV

°

lentement
sereinement
terminant ce carnet
– la fin de l’été

°

a small « thing »
seen acutely
→ haiku

°

devant : le ciel gris
derrière : le soleil
– équinoxe

°
écrire creuse
galerie nocturne

galanterie
galère
galure

un thé au matin vert

°

les mots
doivent retrouver
les choses

°

samedi ensoleillé
de septembre
un suicide sur la voie

°
(ancien :)

chalet :
le cœur à moitié empli de neige
: vœux de nouvel an

°°°

Poèmes, haïkus, etc. Py, juillet 08 – 2/2

22 novembre 2010

(…suite :)

°

cimetière
un banc où se repose
rien

°

cimetière –
un chat blanc et noir
traverse une allée

un chat
noir et blanc
longe un mur
du cimetière

°

sur les tombes : des noms
dans les rues : des noms

(: Le « cimetière de l’égalité » !)

°

sur le « Nez de Cyrano »
un pin sylvestre
: Montpellier-le-Vieux

°

quelques plumes blanches du cygne
çà et là
sur la pelouse

°

Promenade en voiture –
Nous traversons le Bonheur
(Lozère)

°

les arbres
sont des nids de cris :
cigales de l’Hérault

°

à la surface de la piscine
une bouée
qui tourne

°

sur le « super-dégraissant Maison Verte »,
un escargot,
toutes antennes dehors

°
(Du haïku :)

Le haïku n’est pas un échafaudage intellectuel
Le haïku est un déchafaudage
Le haïku se situe à l’exact opposé des échafaudages intellectuels
Le haïku c’est la vitesse de l’éclair
Le haïku est un coup de kyosaku *

* bâton du maître zen, asséné pour « réveiller » le disciple

Je ne considère pas le haïku comme étant un jeu de société, avec ses thèmes, ses concours, ses soirées… (bien que j’organise-anime le kukaï de Paris (!)),
mais comme une expression vitale (de l’expression) d’un soi, de ce qui tient à / au coeur; de profondément impérieux, d’absolument nécessaire, de fondamental(ement) (, d’)indispensable, au même titre que la parole, la musique, que tous les arts pour tous les artistes véritables; de profondément sincère, juste et vrai; d’absolument profond ; d’une ouverture ; d’un cordon (ombilical ?) ; d’une rampe – entre soi et l’autre – entre l’intérieur et l’extérieur ; d’expression d’un sens de vie.

Le haïku est un sac de lumière

Trouver le rythme le plus naturel (, libre), le moins apprêté possible (, le moins artificiel, échafaudé, fabriqué, concocté, inventé, imaginé, planifié…)

Ce moment-haïku = l’insolite, l’incongru, l’étonnant, le surprenant, l’admirable (instant).

Le haïku / c’est un instant / pris en mots.
Le haïku, c’est les mots d’un instant
(Idéalement, le haïku c’est un instant vécu, pris en mots)
Le haïku ce n’est pas un « objet » poétique

Concomitants du moment-haïku : ses mots

Le moment dictant ses mots

°

Air(s) de rien / Mine(s) de peu

°

une feuille
tendrement
tombe

a leaf
softly
falls

°

toile d’araignée –
une feuille
vibrionne

°

plus de chat noir et blanc
dans le cimetière
une religieuse âgée

°

kayakant
au bord de la Grande Bleue
mi-juillet

°

sur l’aile
une mouette prend un virage
à Sète

°

gare après gare
le train s’emplit
mi-juillet

le train passe –
sur son banc,
bouche ouverte,
elle bâille

°
(Réunion au Foyer Soleil :)

parfois quelques applaudissements grésillent
il ne pleut plus

applaudissements nourris
, abreuvés

des applaudissements
qui ont soif, maintenant ?
: plus maigres

°

à l’approche du coureur
les mouches s’écartent
de la merde

°

(L’anti-Nique / Journal d’un oisif :)

ce matin
pas grand chose :
fait couler un peu d’encre

En faire le moins possible –
Ne rien gagner –

faire du temps
SON temps.

Le maître du temps :
ce qu’il a à faire, il le fait, quand il (le) veut.

après le thé
volupté :
la sieste

travaillant
à en faire
le moins possible

°

un coup d’oiseau
dans le ciel matinal

°

magnoliers fleuris
dans le parc
au cygne

(summer) magnolia in bloom
in the park with the swan

°

dix-sept boîtes à chaussures
empilées le long de la penderie

boîtes à chaussures, 17,
empilées
contre l’armoire

°

« complètement accro au sudoku »
dit-elle
– 2 heures 20

enfermé(e)
dans la bulle
carrée
de son sudoku

°

un moustique virgule
au-dessus de mon oreille

°

des cris
font leur ronde –
vingt juillet

°

the evening wind
blowing
on my herbal tea

le vent du soir
soufflant
sur ma tisane

°
(S.S.S. :)

Le président Sark – Veau – d’Or.

S.hark (ozy)

°

matin de vacances –
une saga de réveils

°

pour traverser le pont
elle tient sa chevelure —
longue

to cross the bridge
she holds her long
hair

°

aux sons de la musique
sur la place
les branches de l’arbre
se balancent

°

miracle !
all down the toilet,
first go !

miracle !
tous disparus
du premier coup !

°

rue des Acacias
la lune qui décroît
et un hélicoptère

°

cinq pigeons se posent
et explorent
un coin du parc

°

le paraphe d’une fougère
à travers un miroir ovale
: intérieur lyonnais

°
(Du haïku :)

Écrire des haïkus
qui font du bien,
salutaires

N’écrire que des haïkus
qui font du bien,
sanitaires

, qui montrent un certain chemin de sérénité –

5/7/5 :
l’usine
à formater
les haïkus
?

Rechercher l’équilibre (exact) en haïku entre dit et non-dit, mots et silence, auteur et lecteur, (noir et blanc)…

Le mot-de-saison comme lien
de l’homme avec le reste du cosmos
des choses avec leur sens cosmique

°

par le balcon
ce matin
un sifflement inconnu

°

une petite plume blanche
joue au papillon
– soir de fin juillet

a small white feather
playing butterfly
end of a July evening

°

premier jog du stage :
les tournesols
tournés
vers nous

violettes au ras des foulées

départ de canards
des roseaux de l’étang brumeux

°

sur ses dents
le soleil du soir
: une belle femme

°

pour mieux sentir
le couchant de juillet
j’ouvre la fenêtre

°°°

haïkus, etc – Py – avril 08

2 novembre 2010

°

un plastique
s’envole dans l’arbre
– premiers jours d’avril

la violoncelliste
lance une pique
– complétez !

le ventre lie-de-vin
des nuages pommelés
et puis ça change

face au soir qui tombe
pâtes à la tomate
et vin rouge


(poisson-poison – 5/7/5) :

contamination
polychlorobiphényle :
l’omble-chevalier

in « 20 minutes » du 3/4/08, p.8, col. 1)

les pattes des pigeons
sur les toits de Paris
brûlent-ils ?

(cf. le film : « Paris brûle-t-il »)

en haut du soir
un oiseau pépie
– quand va-t-il bien s’arrêter ?

pluie sur l’étang –
une carpe (fait) surface

rain
on the pond
a carp
surfaces

en face aussi
photographiant
la giboulée

un pigeon aux ailes blanches
descend du ciel gris
– dimanche de printemps

premier dimanche d’avril
elle lave ses vitres

bruit d’avion
elle descend le trottoir
en rollers

sur le toit
les pigeons picorent
les gouttes de pluie ?

matin du 7 avril
soleil —
le blanc sur les toits fond

une flamme olympique (à Paris) :
3000 policiers
(100 en rollers)
65 motards
32 véhicules de CRS

torche olympique
les protestataires
s’enflamment

début d’après-midi :
la neige repartie
d’où elle était venue :
thin air

le match commencé :
l’écran vert
du voisin d’en face

matin
parsemé d’oiseaux
– à leur affaire

_
(« art poétique » ?) :

Pourquoi vouloir mettre en forme ?
Laisse tomber les mots
tels quels,
tels que venus, apparus dans ton cerveau –

tels que venus
repartant :
ne rien échafauder

du mal
à prononcer
« incommunicabilité » !

vue plongeante
du pigeon
sur rue

sur l’auvent
de la librairie
un pigeon
déambule

sans dessous dessous
la jeune sévillane
tournoya

(<– 1990 ?)

ça s'coue, l'bus,
ça s'bouscule !

le réel
t'offre
ses mots

lisant
le livre
que je lis
– métro

Lucy dans le skaï

ah, quelle difficulté
que de se réduire
à sa plus simple expression !

dehors, le vent d'avril,
dedans, le va et vient
du souffle :
relaxation

sur son trapèze
le poids
de la lumière

(cf mars 08 ?)


(haïkuisine :)

écouter
le chant des oeufs
au ras de la poêle

un pissenlit en fleur
rue Fragonard

de leur balcon
deux femmes regardent
le dimanche
de haut

les mots
pour dire
le silence

apprécier
le silence
que creusent
les mots

un drapé
… de silence

le haïku,
cet îlot
de mots

Écouter,
c’est écouter aussi
le silence

Écrire haïku,
c’est équilibrer
sons
et silence(s)

… ceux qui n’ont
que les mots à la bouche …

grâce à la cheminée,
SEAT
devient
SEPT

Le soir tombe
dans la rue

de soir en soir
la lune grossit

fleurs roses de l’arbre
dont j’ignore le nom

vert-pommes
son T-shirt

horde de pigeons
sur le toit
couvant le soleil ?

levant son verre de vin
à la couleur du soir

oh merde ! fit-il
quand son chien chia
sur le trottoir

tout plein de pendules
aux battements différents
– 88 ans


(du haïku :)

que tous les éléments concourent à l’unité du haïku

chaque fleur humée –
du bec, un cygne
lisse ses plumes

dans l’air
du dernier dimanche matin d’avril
une fanfare
au gré des vents

tambours et trompettes –
un vent frisquet

grosso modo
la fanfare
joue juste

mère (88 ans)
et moi
allons faire les courses
au 8 à 8
voisin


(S.S.S.) :

Sommes-nous gouvernés
par une bande de malades mentaux ?
le doute est de moins en moins permis
Au nom du bien (prétendent-ils)
ils font bien pire
que s’ils ne faisaient rien.
Empêchons-les de continuer à agir
nuire !…

du violon
tombent des gouttes
: sueur du violoniste

du violon
goutte
la sueur
du soliste

rigoles de sueur
sur le vernis du violon :
concerto de Brahms

(: Gil Shaham + Cl. Abado, Orch. de Berlin, 2002)

histoire d’Issoire
et de son sifflet –
le train redémarre


(« art poétique » :)

Un art qui reste « artificiel » est un art de paresseux.
L’art doit (r)amener au réel, à la « nature », au « naturel »

le réel réintégré…

les cloches
du couvent proche –
trafic du lundi matin

les jardiniers municipaux
viennent tondre la pelouse
– barbe de cinq jours

chant du merle
en réveille-matin :
dernières heures à Millau


(jog :)

humant lilas et roses
tout au long du parcours


(Fait de printemps :)

étang calme –
un couple de nonagénaires
fenêtres ouvertes
y plonge

nuages gris
passant au-dessus des toits ardoise
Reims, trente avril

°

d.(4/08)