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Compte-rendu kukai.paris n° 124

2 avril 2017

Le 1er avril 2017, le kukaï de Paris s’est réuni pour sa 124e séance. En présence de 22 participants, dont 7 « nouveaux » (: Christiane Bardoux, Olga Bizeau, Anne-Marie Joubert-Gaillard, Evelaine Lochu, Jean-Paul Gallmann, Hervé Le Gall et Philippe Macé), 44 haïkus on été échangés.

°°

14 ont obtenu 1 (une) voix :

attirance

entre deux arbres

le jardin fleurit

: Philippe Macé ;

Centenaire –

dans le plâtre

les gros pouces

de Rodin

: Jean-Paul Gallmann ;

Couleurs du marché

Arôme du pain frais

Une mendiante regarde

: Lise-Noëlle Lauras ;

Dernière lune d’hiver

Vénus couchée sur l’horizon

: Hervé Le Gall ;

ensemble

contemplant les étoiles –

deux moucherons

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

Entre Vermeer et De La Tour

« En attendant le thé » *

de Nikosan

: Dominique Durvy ;

* le titre exact de la photographie de Nikosan est : « Calme et sérénité en attendant le bol de thé ».

Femme noire dans son wax *

Aux mille couleurs –

Printemps parisien.

: Anne-Marie Joubert-Gaillard ;

* wax = tissu africain.

Frappée de soleil

la transparence aveugle

sur la vitre

: Nicolas Lemarin ;

la lune de printemps

effleure le vieux cerisier

les oiseaux chantent encore

: Marie-Alice Maire ;

La menthe infuse –

Son odeur impénétrable

Infiniment proche

: Catherine Noguès ;

N’être que soi

si petit dans la montagne

et pourtant être

: Nicolas Lemarin ;

Retour du bureau –

Les fleurs du cerisier

Sont déjà tombées. *

: Christiane Bardoux ;

* reformulé en :

Retour du bureau –

Les fleurs du cerisier

déjà tombées.

Sanisette

Scrutant la porte fermée

Bébé dans sa poussette

: Evelaine Lochu ;

un peu perdu

le seul homme

parmi les randonneurs

: Philippe Macé.

°°

9 ont obtenu 2 (deux) voix :

audition de danse –

elle s’envole sur scène

mes phalanges se croisent…

: Danièle Etienne-Georgelin ;

au jardin d’enfants,

un vélo abandonné

pour toute présence

: Philippe Gaillard ;

Gonflent le désir

et l’eau du torrent ~

Printemps

: Hervé Le Gall

mi-mars –

les arbres élagués

s’essaient à fleurir

: Valérie Rivoallon ;

Plus de cantonniers ~

Les pissenlits apprivoisent

l’angle des trottoirs

: Marie Barut ;

présidentielles –

le vent prend le journal

pour un torchon

: Valérie Rivoallon ;

°

Printemps –

Traîtrise du vent, mes primevères

chez le voisin *

: Danièle Etienne-Georgelin ;

* Sous l’impulsion de Marie-Alice Maire et de Patrick Fetu, s’il m’en souvient bien, ce haïku a été modifié pour donner, finalement :

Traîtrise du vent

mes primevères

chez le voisin.

°

sous les cerisiers

les souvenirs de la neige

s’envolent au printemps * 

: Philippe Bréham ;

* modifié en :

sous les cerisiers

les souvenirs de la neige

au printemps s’envolent

Tempête apaisée –

j’entends à nouveau le ver

du vieux meuble en bois

: Jean-Paul Gallmann.

°°

8 Avec 3 (trois) voix :

ce premier bourgeon

la vieille dame l’observe –

attentivement

: Philippe Bréham ;

devant le Fuji

le photographe

oublie la photo

: Francis Kretz ;

jacuzzi

un de ses seins

choisit la liberté

: Patrick Fetu ;

première abeille

elle butine les fleurs

du tableau

: Marie-Alice Maire ;

Salon de jardin

épousseter

l’hiver

: Patrick Fetu ;

sur le dos

de la coccinelle

des points de pluie

: Daniel Py ;

Tout le concert

dans mon oreille gauche

le chewing-gum du voisin

: Evelaine Lochu ;

Vent du sud

la paille du smoothie

se fait girouette

: Dominique Durvy.

°

1 Avec 4 (quatre) voix :

Printemps nouveau –

l’araignée tend ses fils

sur le parfum des fleurs

: Daniel Py.

°

1 avec 6 (six) voix :

brume d’avril –

le soleil déguisé

en pleine lune

: Jacques Quach.

°°°

Bravo et merci à tous les participants !

Notre prochain kukaï se tiendra le samedi 22 avril

(même lieu, même heure),

le suivant : le 13 mai.

°°°

Compte-rendu du kukaï d’Issy-les-Moulineaux

15 février 2017

du samedi 4 février 2017, dans le cadre des manifestations « La voix des roseaux / Reflets du Japon », au Centre Culturel Andrée Chédid (Issy-les-Moulineaux) :

En présence de neuf personnes, réunies autour d’une table, dans une salle de ce beau centre, nous avons d’abord procédé à la lecture de deux haïkus (principalement japonais classiques : Issa, Shiki, Buson, Bashô, Santôka; mais aussi plus modernes – japonais et français) choisis et lus par chacun(e) des participant(e)s.

Ensuite, afin de mieux faire connaître « l’esprit du haïku », nous avons lu les « Notes sur le haïkaï » de Masaoka Shiki, telles qu’exposées dans la revue « La Délirante » (N° 8, été 1982), et les « considérations pour un concours de haïku » de l’Américain – récemment disparu -James W. Hackett, telles qu’éditées par la « British Haiku Society » (dans ma traduction française).

Nous avons ensuite procédé à l’écriture d’un haïku par personne, puis au partage de ces 9 haïkus. Chacun a choisi les deux haïkus qu’il préférait, et, après les commentaires de l’un ou/et de l’autre, une fois que les voix attribuées à chacun furent comptabilisées, sont ressortis :

°

Avec quatre voix :

Dans la poussière

il me toise du regard

l’élégant gecko

: Daniel Martin.

°

Avec trois voix :

La plume griffe le ciel.
Du nuage saigne

la première voyelle.

: Frédéric Jésu ;

Lumière argentée

posée sur le méandre

L’arbre noueux veille

: Dominique Durvy ;

S’assoupissant

il pique du nez

dans son inhalation

: Daniel Py ;

sur ses courbes

traces des doigts humides

glaise de la jarre

: Cristiane Ourliac.

°

Avec une voix :

Cloche du matin

Rosée de notes dans le ciel

La lune s’endort

: Véronique Lejoindre ;

haïkus sur la table

graphies d’un instant en main

s’écartent les bruits

: Olga Bizeau.

°°°

Nous avons ensuite librement échangé entre nous, avant de nous quitter, contents de cette aventure enrichissante.

PS : Un grand merci à M. Etienne Orsini, responsable de ces « folles journées » (pour paraphraser un autre événement musical célèbre en France,  se déroulant pratiquement au même moment) poétiques et culturelles autour du Japon, qui nous a fait confiance pour animer cet atelier !

°°°

 

 

 

 

Compte-rendu du K.P. 122

29 janvier 2017

En présence de 22 personnes, 44 haïkus (, senryûs, …) ont été échangés. 28 d’entre eux ont obtenu une voix, ou plus.
°

Avec 8 voix :

banc d’école –

les petits doigts gelés

du gant oublié

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis.

°

Avec 5 voix :

jeunes plombiers –

après chaque intervention

un joint

: Valérie Rivoallon;

L’oeil de dorade

Dans la gamelle du chat

Tombent les flocons de neige

: Fujii Lika;

moustache naissante

un reste de Malabar

: Patrick Fetu.

°

Avec 4 voix :

grand froid –

une grue décharge le ciel

de ses nuages

: Michel Duflo;

Livre refermé –

La goutte sur le verre

évaporée

: Monique Leroux Serres.

°

Avec 3 voix :

lune cendrée –

toutes ces promesses

que je n’ai pu tenir

: Minh-Triet Pham;

nuit noire et blanche –

remplir le pilulier

de toutes les couleurs

: Eléonore Nickolay;

regard lointain

ma mère à la recherche

de sa mémoire

: Patrick Fetu ;

soldes –

au milieu des bonnes affaires

ils s’échangent des baisers

: Minh-Triet Pham;

N.B. La version d’origine de ce haïku est la suivante :

marché de Ben-Thanh –

au milieu du trafic

ils s’échangent des baisers

: Minh-Triet Pham.

°

Avec 2 voix :

béguin d’écolière –

il en reste

l’encre bleue

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

le singe hurle

une dernière fois

cocorico !

: Marie-Alie Maire;

peinte en bleu

la petite pagode veille

sur les pêcheurs

: Marie-Alice Maire;

pensant à la jacinthe

que tu n’offriras plus

à ma mère

: Daniel Py;

un vent fou

se moque des nerfs d’acier

du coq girouette

: Philippe Gaillard.

°

Avec 1 voix :

« carte bleue muette »

réchauffez la puce !

dit la caissière

: Antoine Gossart;

chute de neige

le silence

du black-out

: Eléonore Nickolay;

Dans un village perdu

Un médecin recherché

Un chat borgne trouvé

: Saori Nakajima;

l’aube

d’une terrasse à l’autre

concert de coqs

: Alice Schneider;

l’aveugle jongle

du bout de sa canne

avec les feuilles mortes

: Catherine Noguès;

métro de nuit –

une touffe de cheveux crépus

vibre sur le sol

: Valérie Rivoallon;

Nouvel an chinois

Trump élu aux USA

l’année des coqs.

: Annie Chassing;

Quel est ce chignon

Sur la tête de Beaumarchais ?

Ô c’est un pigeon !

: Catherine Noguès;

séance d’étirements –

au coach de la télé

je rends son sourire

: Danièle Etienne-Georgelin;

Seule au chemin désert

Un petit rouge-gorge

me suit pourquoi ?

: Rikako Ando;

Sous la douche

Avec ma savonnette

En forme de coq

: Marie Barut;

Un coq à ma porte

Me rappelle mes « cinq fois douze »

Soixante ans bientôt !

: Fabrice Dujour;

Un mouton insomniaque

compta le dernier homme

Le cri d’un coq

: Saori Nakajima.

 

°°

Monique Leroux Serres qui, avec Grace Keiko, a traduit le recueil de haïkus de Chiyo-ni, paru très récemment aux éditions Pippa, sous le titre de  Chiyo-ni Une femme éprise de poésie, nous a présenté leur ouvrage.

Daniel Py, qui a coordonné la première anthologie contemporaine de haïkus en France aux Editions Pippa, également sorti tout récemment, sous le titre de Passion Haïku, l’a également fait circuler.

Valérie Rivoallon nous a rappelé le concours de haïkus sur le thème du voyage (3 haïkus à faire parvenir avant la fin du mois de janvier – dans deux jours ! – à Françoise Lonquety (courriel : flonquetAROBASEnumericable.fr)) qui fera l’objet d’une lecture le lundi 13 mars, à 18h30, au « Bateau Ivre », 5 rue P. Bérégovoy, à Clichy-la-Garenne.

°°

Le prochain kukaï de Paris se tiendra le samedi 4 mars 2017

°°°

 

 

 

 

 

Tocartistes ?

19 janvier 2017

Même avec le haïku, certains pratiquent le toc-art.

Ces tocartistes !

Un haïku tocard est avant tout un haïku artificiel.

/

(- Un haïku où l’auteur veut se faire mousser ?…)

 

Compte-rendu du KP 121

8 janvier 2017

En présence de 21 personnes, 41 haïkus ont été échangés. 25 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus.

°°
Avec 5 voix :

°

jardin d’hôpital –

une fillette chauve

joue à la princesse

: Minh-Triet Pham ; *

retour de campagne

une odeur d’autrefois

sur le pyjama

: Jacques Quach ;

« Vitrine en cours »

l’étreinte de l’étalagiste

et du mannequin nu

: Antoine Gossart.

°°

Avec 4 voix :

°

éoliennes –

la conversation

tourne à l’orage

: Michel Duflo.

°°

Avec 3 voix :

°

ce saule

taillé tôt ce matin

ne pleure plus…

: Philippe Bréham ;

°

entrée du cimetière

mon pied glisse

sur une feuille morte

: Christiane Ranieri ;

°

Entre les flocons

l’épaisseur du silence

derrière la vitre

: Nicolas Lemarin ;

°

gare de Lyon,

dans la salle d’attente,

un pigeon voyageur

: Philippe Gaillard ;

°

mort à 88 ans

l’ancien amant de ma femme

un choc pour nous deux !… **

: Philippe Bréham ;

°

Noël

dans les yeux de l’enfant

les souvenirs du grand-père

: Patrick Fetu ;

°

Noël –

elle offre le cadeau de son ex-amant

à son ex-belle mère

: Valérie Rivoallon.

°°

Avec 2 voix :

°

massif central –

une citerne

broute un champ

: Daniel Py ;

°

mouillée par la pluie,

une coccinelle avance

au petit bonheur

: Philippe Gaillard ;

°

Paysage noir et blanc

Seule tache de couleur,

Le rouge-gorge

: Leïla Jadid ;

°

réveillon

nos ombres déjà

dans l’an nouveau

: Eléonore Nickolay ;

°

toast du Nouvel An

entre deux bises l’odeur

d’une bougie qui s’éteint

: Cécile Duteil ;

°

une corneille

sur la poubelle verte

– tri sélectif

: Jacques Quach.

°°

Avec 1 voix :

°

aube du nouvel an –

un morceau de marron glacé

coincé entre les dents

: Michel Duflo ;

°

bible à la main

il fait sa prière

pour traverser

: Patrick Fetu ;

°

jour de Noël

le chêne nu s’habille

d’un nuage d’étourneaux

: Antoine Gossart ;

°

Le soleil est bas

seule avec mon ombre

qui me murmure le silence

: Rikako Ando ;

°

Nouvel hiver

3 générations regardent…

« Les Feux de l’amour »

: Leïla Jadid ;

°

Pleine lune –

Les fumées lumineuses

des cheminées

: Danièle Etienne-Georgelin ;

°

seule à nouveau

son cadeau d’adieu

des fleurs de givre

: Eléonore Nickolay ;

°

Un banc figé

Sur le temps qui passe –

Les nuages en fuite

: Catherine Noguès.

°°°

* Au kukaï de Paris n° 6, du 26 mai 2007, Jean Deronzier (Québec) s’était fait remarquer avec ce haïku d’une grande similarité (qui avait obtenu 6 voix) :

matin d’hôpital / une enfant chauve / coiffe sa poupée

Ce haïku était paru, ensuite, dans La Rumeur du coffre à jouets, Ed. L’Iroli, 2009, et dans notre première anthologie des haïkus du kukaï de Paris : La Valise entr’ouverte, Ed. Unicité, 2010.

°

** Philippe Bréham nous avait gratifié d’une première version de ce texte, au kukaï de Paris 86 du 8 février 2014, sous cette forme :

mort à 88 ans / l’ancien amant de ma femme – / petit choc pour moi aussi !

(qui lui avait valu une voix, alors.)

°°°

Notre prochain kukaï, le 28 janvier prochain aura lieu le jour du Nouvel An chinois, pour inaugurer l’année du Coq de feu ! 15h30 au Bistrot d’Eustache, toujours !

°°°

 

 

 

 

 

 

 

Compte-rendu du K.P. 120

11 décembre 2016

En présence de 14 personnes, 42 haïkus ont été échangés. 27 d’entre eux ont obtenu une voix ou/et plus !

°

Avec 5 voix :

D’un seul éclat

meurt le dernier rire

du clown d’Alep

: Annie Chassing.

°

Avec 4 voix :

« le silence de la mer » –

page trente sept

un de ses cils

: Ben Coudert ;

trottoir gelé

son regard bleu

ne mendie pas

: Jacques Quach ;

Visage lifté

elle cherche dans le miroir

son ancien sourire

: Annie Chassing.

°

Avec 3 voix :

à l’aube de mes soixante ans ~

en lingerie fine

sans amant

: Marie Barut ;

au son de la cloche –

des morceaux de silence

chutent en poudreuse

: Antoine Gossart ;

friche industrielle –

un vent glacial joue au foot

avec un gobelet

: Michel Duflo ;

Le vent s’est tu

dans les berceaux de l’air

les feuilles tombent

: Nicolas Lemarin ;

Mon chat n’est plus –

l’ennui prend sa source

dans le bol vide

: Nicolas Lemarin ;

premier flocon

immense

sur mes lunettes

: Jacques Quach.

°

Avec 2 voix :

particules fines…

devant ma porte

le crachat d’un passant

: Eléonore Nickolay ;

poussette d’enfant 

dans le bruit des roulettes

le roulis des galets

: Frédérique Leriche ;

soirée près du feu –

encore un peu d’hiver

au bout des orteils

: Michel Duflo ;

un dernier parapente

contre l’or du causse *

– fin octobre

: Daniel Py

* plateau calcaire du sud, du sud-ouest, du massif central. Ici : Le causse noir – faisant partie des Grands Causses, dont le causse de Séverac, le causse Méjean, le causse du Larzac, le causse Comtal, le causse de Sauveterre…

°

Avec 1 voix :

ces herbes sauvages

couvriront-elles un jour

le souvenir d’un train ?

: Philippe Bréham ;

Jeu de grattage –

tous les matins il gagne

la même voiture

: Ben Coudert ;

Ladurée * –

ils coupent les macarons

en deux

: Valérie Rivoallon ;

* Maison Ladurée : : « Fabricant de Douceurs »…

les oiseaux au nid –

seul le rouge-gorge

entre chien et loup

: Antoine Gossart ;

Noël –

en mode hors gel

les chambres des enfants

: Eléonore Nickolay ;

nuit d’automne

sous un matelas de nuages

la lune ébréchée

: Frédérique Leriche ;

Parvis venteux –

les boules du sapin

s’entrechoquent

: Michel Duflo ;

première gelée –

une larme figée

sur la dernière rose

: Antoine Gossart ;

RER du soir

elle s’endort sur son livre

: L’Hypnotiseur *

: Daniel Py ;

* , de Lars Kepler.

soir d’été

le silence des blés glisse

sur la campagne…

: Philippe Bréham ;

Soleil pâle –

Pétrifiée par le givre

une dernière rose…

: Danièle Etienne-Georgelin ;

sur sa chaise pliante

sous son chapeau de paille

lisant La Vie de Van Gogh *

: Daniel Py

* , d’Henri Perruchot.

TGV

la course folle de la lune

sur l’horizon

: Jacques Quach.

°

Sans voix, mais remarqué :

grand-mère pour la seconde fois

attendre à nouveau

le Père Noël

: Marie Barut.

°

Antoine Gossart a remercié en haïkus Eléonore Nickolay pour ses cadeaux de Noël : des gâteries pâtissières et des étoiles pour les différents haïjins cités :

« Au kukaï / elle les honore / d’une pluie d’étoiles »

« Au kukaï Eléonore / nous fait avaler / des tours Eiffel »

Merci à lui, et merci à Eléonore !

°

Nous avons également présenté

le recueil de « haïkus normands » d’Anne Brousmiche, qui s’intitule : Des Iris sur un toit, aux Editions de l’Aiguille (à Etretat – cf : leseditionsdelaiguille.blogspot.com). Divisé en huit chapitres : Le Ciel, La Mer, La Terre, Les Chemins, Les Falaises, Les Jardins, Les Rivages, Les Villages, il « nous conduit de la côte d’Albâtre au Mont-Saint-Michel, des quais du Havre à la tombe de Jacques Prévert, des jardins de Giverny à la plage de Deauville »…

J’en ai choisi quelques uns que je me fais le plaisir de partager avec vous :

Un hiver de trop / la falaise recule / de plusieurs pieds

Pré en bord de mer / deux moutons se disputent / le carré avec vue

En pèlerinage / sur une tombe l’hirondelle / abandonne sa plume

(: Visite à Prévert. Omonville-la-Petite.)

 

Je pourrais vous en citer bon nombre d’autres, bien réussis. Je vous le recommande, vous resterez longtemps sous son charme.

°

Frédérique Leriche nous a présenté également certains numéros de la revue du groupe « Graines de Vent », animé par Hélène Phung, dont « Microcosmes », « Eaux dormantes », « Haïkus en voyage », … auxquels elle a participé.

°

Valérie Rivoallon nous a fait part d’un appel à textes (haïkus) sur le thème du voyage, afin de participer à une soirée de lectures organisée par le groupe « Haïcoustiques » nouvellement formé (composé de : Valérie Rivoallon, Françoise Lonquety, Fabienne Caurant et Philippe Gaillard), qui organisera – dans différents lieux – des soirées lectures autour du haïku, à partir du début de l’année prochaine. Vous pouvez envoyer, pour cette première manifestation, 3 haïkus à Françoise Lonquety, jusqu’à fin janvier 2017. Son adresse : flonquetAROBASEnumericable.fr

Merci à eux, et bon vent pour cette belle entreprise !

°°

Nous vous souhaitons à tous une bonne fin d’année, et de joyeuses fêtes de fin d’année !

°

Nos kukaïs reprendront les

7 janvier

28 janvier

25 février

25 mars

22 avril

°

Merci !

et bons haïkus à tous !

°°°

 

 

 

 

 

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 118, du 15/10/16 :

16 octobre 2016

En présence de 15 participants (dont notre invitée d’honneur Claire Châtelet (« Sprite »), 30 haïkus furent échangés, après une présentation des membres (dont certains nouveaux), et des informations diverses (dont la parution du tout récent Haïkus de la résistance japonaise, choisis, présentés et traduits du japonais par Seegan (Laurent) Mabesoone, aux éditions Pippa.)

21 textes reçurent une voix, ou plus.

°

Avec 5 voix :

équinoxe –

le souffle laborieux

de son poumon restant

: Claire Châtelet (« Sprite »).

°

Avec 4 voix :

Bruissement de feuilles –

Le joggeur est avalé

par la brume

: Danièle Etienne-Georgelin;

Collées

Au chien égaré

Les fleurs fanées

: Fujii Lika (, originellement écrit en japonais – en 5+7+5 mores -, et traduit en français par sa fille, Ando Rikako.)

jardin en automne –

le râteau rouillé

me montre les dents

: Michel Duflo.

°

Avec 3 voix :

Fin septembre

une cigale esseulée

retient l’été

: Nicolas Lemarin;

sous l’abri-bus

voilée,

avec son chat en cage

: Daniel Py.

°

Avec 2 voix :

bain moussant –

il noie son Iphone

et mes paroles

: Christiane Ranieri;

nuages d’automne –

la mer a sa couleur

des mauvais jours

: Michel Duflo;

Où vas-tu

Si pressé

Nuage…

: Rikako Ando;

Ouverture de chasse –

La pesanteur du brouillard

sur mes épaules

: Danièle Etienne-Georgelin;

rayons du supermarché :

les cimetières vont bientôt fleurir

: Daniel Py;

Remparts de fortune

les draps blancs flottent au vent

Tireurs embusqués

: Catherine Noguès;

retrouvailles –

elle boit son cocktail

et mes paroles

: Minh-Triet Pham;

Visite à mon fils

accompagnant mon thé vert

deux chaussons bleus

: Christiane Ranieri.

°

Avec 1 voix :

anniversaire –

mon thé vert

trop infusé

: Minh-Triet Pham;

heure d’été,

mistral dans le nez,

jasmin dans la tasse

: Philippe Gaillard;

Pointe de l’île –

le fantôme d’Aragon

attend Elsa

: Marie-Alice Maire;

poli par le vent

l’épouvantail dans le champ

rêve d’une écharpe

: Gilles Petitdemange;

Sur l’étang ridé

et la forêt rouillée – pluie

sur mes joues aussi.

: Annie Chassing;

vieux pommier

quelques guêpes apprécient

le goûteux millésime

: Claire Châtelet (« Sprite »);

voiture de fleurs

sous un soleil de printemps

sonne le glas

: Philippe Gaillard.

°°°

Nous avons terminé la soirée (à plusieurs) dans un restaurant alsacien.

Rendez-vous a été pris pour le kukaï 119 au 19 novembre prochain.

°°°

 

 

 

 

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 116

5 septembre 2016

Samedi 3 septembre en présence de 16 participants, 33 haïkus ont été échangés. 22 d’entre eux ont obtenu une voix, ou plus.

*

Avec 6 voix :

les yeux au ciel

elle étend sa lessive

entre deux nuages

: Patrick Fetu.

*

Avec 5 voix :

Canicule –

L’escargot s’accroche

à l’arrosoir

: Danièle Georgelin.

*

Avec 3 voix :

Coucher orangé

le ressac lancinant

contre le bunker

: Danièle Georgelin;

Fin de l’été,

Le château de sable s’écoule

Au bord de la mer.

: Fujii Lika;

lavande fanée

à la recherche de l’été

le dernier bourdon

: Eléonore Nickolay;

Même debout

elle reste courbée

la jardinière

: Monique Junchat;

toute la soirée

effleurée par ses mains –

envier la guitare

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis.

*

Avec 2 voix :

Ciel d’été

Par la fenêtre du 1er

Je cueille des figues

: Leïla Jadid:

ciel étoilé –

sur l’oreiller la trace

d’un sanglot

: Isabele Freihuber-Ypsilantis;

de ruines en ruines

partir à la recherche

du temps perdu

: Minh-Triêt Pham;

file d’attente

le souffle d’un inconnu

sur ma nuque

: Monique Junchat;

fin de l’été

le trou de la poche du short

encore plus grand

: Eléonore Nickolay;

rentrée des classes –

ni cartable ni école

: Françoise Lonquety.

*

Avec 1 voix :

Au chemin de la forêt

Les arbres fraîchement coupés

me crient tous « Adieu! »

: Rikako Ando;

au travers des feuilles

les taches de soleil

brûlent

: Philippe Bréham;

Encore un peu de jour

Et trois fleurs

de réverbères

: Corinne Fy

 

épilation –

je passe la brosse collante

sur mon chat

: Valérie Rivoallon;

 

mer montante

une brise parcourt les dunes

et puis ma nuque

: Cécile Duteil;

nuit blanche

à broyer du noir

: Patrick Fetu;

pont de Grenelle –

 

mon ombre 

prend l’eau

: Valérie Rivoallon;

prairie –

prendre le taureau par les cornes

et ma bien-aimée par surprise

: Minh-Triêt Pham;

songeant qu’il est gaucher

Il soupire

L’homme de droite

: Leïla Jadid;

Tous les soirs

le clocher de la mairie

s’endort debout

: Corinne Fy.

***

En début de séance, Minh-Triêt Pham nous a apporté son beau recueil de haïkus (en trilingue vietnamien, français et anglais) et photos  (avec texte en braille) : Reflet aveugle, dans ses deux premières éditions : l’une en noir, l’autre en couleurs : les deux pour 16€ aux éditions Unicité, 2016;

Monique Junchat nous a apporté son remarquable (premier) recueil de haïkus : Charivari, éd. Tapuscrits, 2016 – 8,80€;

Hiro Hata nous a annoncé sa prochaine exposition de peinture (une soixante ou soixante-dizaine de toiles) , à la Galerie du Montparnasse (55 rue du Montparnasse) du 6 au 15 octobre prochain (à partir de 14h30 tous les jours). Le vernissage aura lieu lundi  10 octobre, à 18h30;

Eléonore Nickolay nous a apporté le n° 113 de la revue de la Deutsche Haiku Gesellschaft (Association allemande de haïku), dans lequel elle a écrit un portrait de votre serviteur : « Im hier und Jetzt und ohne Pathos. Daniel Py. Ein Porträt » (pp. 6-8) (« Dans l’ici et le maintenant et sans pathos. D.P. Un portrait. »); et, pp.14-5, un article : « Die französische Ecke » (« Le coin français ») sur le thème du « Gong » 51 : « Le haïku, paysage intime », avec des exemples de haïkus, dont celui-ci (mon préféré) : « soir d’hiver – / il raconte sa journée / à son chien » : Michel Duflo.

Eléonore se propose de présenter à l’avenir d’autres portraits de haïjins francophones dans cette belle revue « classieuse » de « Sommergras », tel Serge Tomé, etc.

Qu’elle soit ici remerciée pour cette belle ouverture du haïku français vers nos amis outre-rhénans!

Enfin, Rikako Ando, a le projet de traduire en français un recueil de haïkus (déjà édité au Japon) de son papa. Mr Fujii Rika, avec des illustrations de sa soeur plasticienne, peintre, qui vit à Londres. Nous l’accompagnerons dans ce beau projet…

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Nos prochains kukaïs auront lieu

à 15 h 30 au bistrot d’Eustache (75001), les :

24 septembre (# 117)

15 octobre (# 118)

19 novembre (# 119)

10 décembre (# 120)

prochains.

Ainsi s’achèvera notre 10è année de joyeuses rencontres autour du haïku avec nos amis du kukaï de Paris!

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Pierre-Emile Durand, 1/ , in

26 août 2016

Le Japon des 4 saisons, éd. du Carabe, 1998. (Extraits)

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La nature et le Japonais (p. 19) :

« Comme toute création humblement soumise à l’irrésistible énergie, l’homme ne peut que respectueusement s’y accorder, dans le silence. »

« Guetteur de chaque instant, c’est en silence et pour mieux le faire, que, tous sens en éveil, le Japonais regarde et écoute. »

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Au bout du chemin

un vieux pin garde le temple zen

(: P-E. Durand, p. 25)

°

Nuit de printemps

Les lanternes respectent

La douceur du crépuscule

(: p. 39)

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shizukasa ni taete / mizu sumu / tanishi kana /

au coeur du silence

escargot de rivière dans l’eau pure

: Yosa Buson. (p. 42)

°

haru hiru ya / kojin no gotoku / kumo o miru /

journées de printemps

comme les gens âgés

j’observe ciel et nuages

: Maeda Fura (p. 46)

°

« (…) jardins secs. Leur dépouillement repose de la flamboyante végétation environnante. » (p. 78)

°

La pathétique beauté de l’éphémère (pp. 92-3) :

(Le haiku)

« Plus qu’un poème, il s’agit d’une élévation de l’esprit destiné à montrer ce qui est, là, devant nous, sans pourquoi ni questions (…) Il tend à rejoindre le monde permanent. Parole de l’illumination zen, le satori, il suppose une immédiate limpidité, sans concession à une quelconque figure. »

« Bashô (…) établissait la voie de la poésie sur un principe, le fueki-ryûkô. Expression poétique de l’univers et des deux mondes que sont le ke et le , il s’agit mot à mot de l’indissociable dialectique entre l’immortel et l’éphémère, ce que d’autres appellent l’invariant et le fluant. L’invariant, ou fueki, c’est ce qui perdure et se perpétue, tout autant dans l’homme que dans la nature. Il s’oppose au gluant, le ryûkô, cette expression changeante de la singularité humaine et des modes qui apparaissent et disparaissent.

Codifiée comme toute voie, la poésie s’établit sur quelques composantes majeures dérivant de jinen, d’aware et du, de la voie. Ce sont le sabi, le shiori et le hosomi.

(…) Le sabi apporte la patine artistique du poème, sa couleur et sa grâce.
Le shiori, du verbe shioru qui signifie compacter mais aussi représenter, révèle la sensibilité du poète qui regarde l’homme et la nature avec douceur et tendresse.

Le hosomi, de hosoi, mince, cherche à allier le ténu, la finesse et la fragilité à la profondeur de l’esprit.

(…)

karumi, la légèreté de tout ce qui est changeant, de tout ce qui relève du fluant.

En somme, un haiku exprime en même temps la solitude qui permet d’atteindre le monde vrai, dans le dépouillement, la simplicité et le calme, la sensibilité à la nature, invariante et fluante à la fois, enfin l’éphémère. C’est de cette alchimie là que vient sa beauté profonde et triste, cette pathétique du vivant condamnée à se dégrader (utsuroi).

De manière plus générale, le chemin (michi) de toute voie () pourrait être ainsi résumé : par une rencontre sensible (aware) avec la force primordiale (jinen), c’est en quittant le monde de l’apparence (ke) que la beauté (sabi) se cristallise; cette prise de distance permet d’atteindre un état de détachement, de calme et de tranquillité (wabi), bout du chemin (michinoku) et entrée dans le monde vrai ().

(…)

La beauté s’établit au Japon sur le sentiment de fragilité que provoquent le caractère éphémère et l’inévitable disparition de toute chose.

(…)

c’est aussi par la disproportion de l’homme et de la titanesque Nature que se sont forgées une solidaritéé de communauté, une union des forces ainsi qu’une superstition propre à calmer en même temps la chaotique Energie et l’épouvantable angoisse du Japonais, en attente permanente de catastrophe.

°

L’envers et l’endroit (p. 93) :

Le Japonais est en intime et permanente osmose avec la Force vitale, énergie indissociablement destructrice et créatrice.

°

(à suivre…)

‘Au plus près du réel’, dialogues de Denis Bourgeois avec Gao Xingjian – 3/3/

25 août 2016

p. 157 :

G.X. – On ne peut écrire sur ce qu’on est en train d’éprouver. On a besoin d’une certaine distance. »

p. 159 :

D.B. – C’est toujours une nouvelle aventure que d’écrire, il faut se renouveler, »

p.160 :

G.X. – toutes les théories sur l’écriture, ça ne sert à rien; il faut d’abord la patience, puis la concentration, et enfin un vrai calme intérieur, une maîtrise de soi. Sinon on se noie. Il faut plutôt savoir attendre, que la vague t’emporte. On doit retenir son souffle pour attendre le moment de la création.

p. 165 :

D.B. – « ça tend vers quoi, ta pratique de l’écriture ?
G.X. – Vers l’inconnu. »

p. 167 :

G.X. – « Seuls les gens qui ont bien vécu ont des choses à dire. Si on se contente de manipuler des idées esthétiques, on n’arrive pas à un tel résultat. »

p.168 :

D.B. – Mais cette nécessité de l’expérience de vie au coeur de l’écriture désintègre la notion même de littérature. (…) Effectivement, moi, ce qui m’intéresse maintenant quand je lis, c’est de regarder s’il y a une expérience de vie qui peut me faire comprendre quelque chose. Et plus c’est réel, plus c’est concret, plus c’est vrai, plus ça me touche.

G.X – Même avec une vie très riche, très intéressante, il faut aiguiser sa sensibilité. (…) Je suis revenu à Joyce, à Finnegan’s Wake. Il a une vie et un univers très riches. Ce n’est pas seulement une aventure de la langue.

p. 170 :

D.B. – « En fait, la forme ne peut jamais être déterminée à l’avance. La forme naît simplement de ce que tu as à raconter. Tu inventes la forme au fur et à mesure en fonction de ce que tu veux exprimer. C’est pour cela que la forme prend une allure nécessaire et perd son caractère artificiel. »

p. 171 :

D.B. – « Tant que tu inscris ta recherche sur une base formelle, il est impossible que tu fasses quelque chose d’intéressant.

G.X. – ce sont toujours des codes déjà établis, et donc déjà morts. »

p. 172 :

G.X. – Si c’est une création originale, cela suppose une nouvelle forme.

D.B. – Mais pas la forme pour la forme, seulement pour s’exprimer, pour essayer de toucher au plus près du réel. »

G.X. – Il faut toujours en revenir au réel. (…) Et la façon dont on classe les genres, les modes, les styles aujourd’hui n’a aucune importance ni aucune incidence sur le travail d’écriture.

D.B. – Par rapport à Joyce, j’y reviens, il est quand même allé très loin dans la destruction des formes, est-ce que tu crois qu’on peut aller plus loin ?

G.X. – Oui.
D.B. – Mais dans la direction de Joyce, on ne peut pas aller plus loin. Ca veut dire qu’il faut prendre d’autres directions.
G.X. – Moi, je reviens plutôt à une certaine simplicité. Des phrases très simples.

p. 176 :

G.X. – Comme tu ne peux pas revivre avec des amours anciennes, de même pour l’écriture, tu ne peux pas refaire ce que tu as déjà fait. Tu cherches autre chose. (…) L’amour est une créativité. C’est tellement éphémère. Si on n’arrive pas à le renouveler, ça périt. C’est tellement fragile, comme l’écriture.

p. 178 :

D.B. – « Ce qu’on fait par l’écriture, c’est de se mettre sous tension, comme quand on branche un appareil électrique, et on va mettre sous tension les autres.

G.X. – Le moyen d’établir cette tension est particulier à chacun et peut toujours devenir plus fin, plus raffiné, plus exploratif du réel. »

p. 179 :

G.X – Il faut entrer dans cette tension par l’écriture.

D.B. – Mais pour aboutir à quoi?

G.X. – A sentir plus profondément la vie. On ne peut pas tout connaître. Devant la vie, je me sens toujours bête, bouche bée, comme un simple d’esprit. Il y a des choses que je ne connais pas du tout.

(…)

Il ne faut pas chercher de solution à tout prix, ce qui importe, c’est la stimulation. Il y a toujours des carrefours inattendus, c’est ça le réel.

p. 180 :

D.B. – L’écriture, ce n’est donc rien d’autre que de garder une certaine curiosité pour la vie.
G.X. -La connaissance de la vie évolue toujours. On n’en est qu’au début.
D.B. – Et tu crois qu’il y aura une fin ?

G.X. – Non.

°°°