Archive for septembre 2016

Compte-rendu du 117è kukaï de Paris :

25 septembre 2016

Samedi 24 septembre 2016, en présence de 16 participants (dont deux « nouvelles »), 45 haïkus ont été échangés. 31 d’entre eux ont obtenu une voix ou plusieurs.

°

Avec 5 voix :

fleurs des champs —

envie d’en cueillir une

sur sa robe

: Minh-Triêt Pham

°

Avec 4 voix :

bivouac –

une araignée traverse le ciel

sur un rayon de lune

: Antoine Gossart;

et :

faucille de lune

le chat rentre

blessé

: Eléonore Nickolay.

°

Avec 3 voix :

salon du vin bio

l’élu vert

vire au rouge

: Patrick Fetu.

°

Avec 2 voix :

au fond de la douche

plus matinale que moi

huit pattes velues

: Marie-Alice Maire;

aux urgences – 

une mouche arrive

à s’en sortir

: Eléonore Nickolay;

éclipse de soleil

il a levé les yeux au ciel

l’aveugle

: Philippe Bréham;

sur l’écran qui s’éteint

un instant

mon propre visage

: Jacques Quach;

et :

week-end d’été –

sur le tuyau d’arrosage

trafic intense de fourmis

: Antoine Gossart.

°

Avec 1 voix :

Allons dans la neige

Là où personne ne va –

la neige vivante

: Catherine Noguès;

Argentée

la trace laissée

par l’escargot

: Corinne F(ourm)y;

cueillette de mûres –

échapper aux ronces

amoureuses

: Jacques Quach;

dans le parc

son ombre s’allonge –

phase terminale

: Eléonore Nickolay;

De jour en jour

Le chien écrasé sur la route

Disparaît en poussière

: Rikako Ando;

koto du soir

près du temple shintô

le rossignol se tait

: Philippe Bréham;

Là!

Les deux mouettes ont disparu

vers la demi-lune

: Hiro Hata;

la main dans la main

à la porte de l’école –

première pluie d’automne.

: Annie Chassing;

Le chat en entrant

apporte dans sa fourrure

la fraîcheur de l’aube

: Corinne F(ourm)y;

le recul du glacier

laisse la terre pelée –

l’ombre d’un rapace

: Danièle Etienne-Georgelin;

le train arrive

elle se refait une beauté

la vieille voyageuse

: Philippe Bréham;

Papillon!

tu as beau battre des ailes

la fenêtre est close

: Marie-Alice Maire;

Parvis de la Défense

attroupement de costards-cravates

Chasseurs de pokémons

: Marie-Alice Maire;

pluie d’automne –

le matou renonce

à sa virée nocturne

: Danièle Etienne-Georgelin;

Plonger dans la mer

A la nage fixer l’horizon

Goût de l’infini

: Lise-Noëlle Lauras;

plus que le bout de ses orteils

bleu –

quai de septembre

: Daniel Py;

*

(re-travaillé après le kukaï en :)

au bout

de ses ongles d’orteils

un restant de vernis bleu

– rentrée de septembre

*

priorité à droite —

je laisse passer

le pitbull

: Minh-Triet Pham;

randonnée –

la montagne nous prépare

un mauvais coup…

: Danièle Etienne-Georgelin;

Serpent (a mué)

Avoir la même chance que lui

Je veux muer

: Hiro Hata;

Silence,

Laver une tombe

Avec la petite soeur sourde

: Fujii Lika

site de rencontre —

sa femme ne sait pas

qu’il est célibataire

: Minh-Triet Pham;

et :

Yachts sur l’onde bleue

sur les canots chavirés –

flonflons et noyés.

: Annie Chassing.

°

Notre prochain kukaï aura lieu le 15 octobre.

Les suivants :

samedi 19 novembre

samedi 10 décembre.

°

 

 

 

 

 

 

 

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Compte-rendu du kukaï de Paris n° 116

5 septembre 2016

Samedi 3 septembre en présence de 16 participants, 33 haïkus ont été échangés. 22 d’entre eux ont obtenu une voix, ou plus.

*

Avec 6 voix :

les yeux au ciel

elle étend sa lessive

entre deux nuages

: Patrick Fetu.

*

Avec 5 voix :

Canicule –

L’escargot s’accroche

à l’arrosoir

: Danièle Georgelin.

*

Avec 3 voix :

Coucher orangé

le ressac lancinant

contre le bunker

: Danièle Georgelin;

Fin de l’été,

Le château de sable s’écoule

Au bord de la mer.

: Fujii Lika;

lavande fanée

à la recherche de l’été

le dernier bourdon

: Eléonore Nickolay;

Même debout

elle reste courbée

la jardinière

: Monique Junchat;

toute la soirée

effleurée par ses mains –

envier la guitare

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis.

*

Avec 2 voix :

Ciel d’été

Par la fenêtre du 1er

Je cueille des figues

: Leïla Jadid:

ciel étoilé –

sur l’oreiller la trace

d’un sanglot

: Isabele Freihuber-Ypsilantis;

de ruines en ruines

partir à la recherche

du temps perdu

: Minh-Triêt Pham;

file d’attente

le souffle d’un inconnu

sur ma nuque

: Monique Junchat;

fin de l’été

le trou de la poche du short

encore plus grand

: Eléonore Nickolay;

rentrée des classes –

ni cartable ni école

: Françoise Lonquety.

*

Avec 1 voix :

Au chemin de la forêt

Les arbres fraîchement coupés

me crient tous « Adieu! »

: Rikako Ando;

au travers des feuilles

les taches de soleil

brûlent

: Philippe Bréham;

Encore un peu de jour

Et trois fleurs

de réverbères

: Corinne Fy

 

épilation –

je passe la brosse collante

sur mon chat

: Valérie Rivoallon;

 

mer montante

une brise parcourt les dunes

et puis ma nuque

: Cécile Duteil;

nuit blanche

à broyer du noir

: Patrick Fetu;

pont de Grenelle –

 

mon ombre 

prend l’eau

: Valérie Rivoallon;

prairie –

prendre le taureau par les cornes

et ma bien-aimée par surprise

: Minh-Triêt Pham;

songeant qu’il est gaucher

Il soupire

L’homme de droite

: Leïla Jadid;

Tous les soirs

le clocher de la mairie

s’endort debout

: Corinne Fy.

***

En début de séance, Minh-Triêt Pham nous a apporté son beau recueil de haïkus (en trilingue vietnamien, français et anglais) et photos  (avec texte en braille) : Reflet aveugle, dans ses deux premières éditions : l’une en noir, l’autre en couleurs : les deux pour 16€ aux éditions Unicité, 2016;

Monique Junchat nous a apporté son remarquable (premier) recueil de haïkus : Charivari, éd. Tapuscrits, 2016 – 8,80€;

Hiro Hata nous a annoncé sa prochaine exposition de peinture (une soixante ou soixante-dizaine de toiles) , à la Galerie du Montparnasse (55 rue du Montparnasse) du 6 au 15 octobre prochain (à partir de 14h30 tous les jours). Le vernissage aura lieu lundi  10 octobre, à 18h30;

Eléonore Nickolay nous a apporté le n° 113 de la revue de la Deutsche Haiku Gesellschaft (Association allemande de haïku), dans lequel elle a écrit un portrait de votre serviteur : « Im hier und Jetzt und ohne Pathos. Daniel Py. Ein Porträt » (pp. 6-8) (« Dans l’ici et le maintenant et sans pathos. D.P. Un portrait. »); et, pp.14-5, un article : « Die französische Ecke » (« Le coin français ») sur le thème du « Gong » 51 : « Le haïku, paysage intime », avec des exemples de haïkus, dont celui-ci (mon préféré) : « soir d’hiver – / il raconte sa journée / à son chien » : Michel Duflo.

Eléonore se propose de présenter à l’avenir d’autres portraits de haïjins francophones dans cette belle revue « classieuse » de « Sommergras », tel Serge Tomé, etc.

Qu’elle soit ici remerciée pour cette belle ouverture du haïku français vers nos amis outre-rhénans!

Enfin, Rikako Ando, a le projet de traduire en français un recueil de haïkus (déjà édité au Japon) de son papa. Mr Fujii Rika, avec des illustrations de sa soeur plasticienne, peintre, qui vit à Londres. Nous l’accompagnerons dans ce beau projet…

***

Nos prochains kukaïs auront lieu

à 15 h 30 au bistrot d’Eustache (75001), les :

24 septembre (# 117)

15 octobre (# 118)

19 novembre (# 119)

10 décembre (# 120)

prochains.

Ainsi s’achèvera notre 10è année de joyeuses rencontres autour du haïku avec nos amis du kukaï de Paris!

***