C-R du 100è kukaï de Paris

17 avril 2015

du 11 avril 2015, au bistrot d’Eustache.
24 haïkistes en présence, et un haïku de onze en absence.

°°

Avec cinq (5) voix :

clair-obscur
les éoliennes brassent
le halo de la lune

: Lucia Supova-Dinga

et :

romarin en fleurs –
le mistral vient y chercher
sa teinte de ciel

: Michel Duflo.

°°

Avec quatre (4) voix :

démarche féline
à chacun de ses pas
la soie chuchote

: Patrick Fetu ;

Du bol à thé fumant
naissent des montagnes
voyage en solitude

: Roselyne Fritel

et :

journée mondiale du sida –
je réinstalle
mon antivirus

: Minh Triêt Pham.

°°

Avec trois (3) voix :

Arrivé au sommet
ma joie muette
comme un envol

: Nicolas Lemarin

et :

Fraîcheur de printemps
sur un mouchoir de poche
le parfum de ma mère

: Christiane Ranieri.

°°

Avec deux (2) voix :

avril à Paris
mettre ses poumons
en mode « veille »

: Gérard Dumon ;

burn-out
en cure de sommeil
le gardien de nuit

: Marie-Alice Maire ;

café du matin
les fêlures au fond du bol –
l’instant d’un regard

: Christiane Ourliac ;

dans le jardin
le merle noir ce matin
n’a pas chanté

: Philippe Bréham ;

éclat de soleil
dans une gorgée de Xérès –
le vieil homme sourit

: Francis Kretz ;

Encore un printemps –
mastiquant le repas
sa mâchoire craque

: Iocasta Huppen ;

entre les narcisses
les dents du bonheur
de la marchande

: Eléonore Nickolay ;

Hurlement des pneus –
il nous fait les yeux doux
l’âne sur la route

: Jo(sette) Pellet ;

l’enfant sur les genoux
un père attendri lui tend
son pistolet

: Philippe Bréham ;

Lundi de Pâques
à peine cachées dans le jardin
les violettes

: Daniel Py ;

marché de Pâques
éclatant
ce crâne d’oeuf !

: Eléonore Nickolay ;

mille nénuphars
flottant parmi les nuages
étang paisible

: Luc Bordes ;

route de printemps
soudain la voix du GPS
« faites demi-tour »

: Gérard Dumon ;

Soleil d’avril –
Gravé sur la pierre
un nouveau nom

: Isabelle Ypsilantis ;

soleil d’avril –
un nouveau chant d’oiseau
rajeunit la haie

: Michel Duflo ;

sur la branche
la pie aiguise son bec –
mon crayon tout neuf

: Monique Junchat

et :

Vent de terre –
Une mouette desséchée
reprend le large

: Danièle Etienne-Georgelin.

°°

Avec une (1) voix :

ciel en miroir
le monde
tout à l’envers

: Véronique Arnault ;

cité des fleurs
dans le patchwork de béton
où peuvent-elle fleurir ?

: Marie-Alice Maire ;

la joggeuse
sourde à mon sourire –
son i-pod

: Francis Kretz ;

Le ciel d’azur
Grand le silence
Rien qu’un cerisier sauvage.

: Hiro Hata ;

L’odeur de fleur de cerisier,
je n’aurais pas connu
si tu n’existais pas

: Keiko Ito ;

lune d’hiver –
le vieil homme hésitant
devant un peep-show

: Minh Triêt Pham ;

sur les bords de Seine
un pêcheur s’aventure
poisson d’avril

: Philippe Gaillard ;

Sur mes doigts encore
l’odeur de la clémentine
la saison prend fin.

: Patrick Fetu ;

un souffle
soulevant sa jupe
ronde de pétales

: Cécile Duteil

et :

Visite à ma mère –
j’ouvre une à une les fenêtres
sur mon enfance

: Christiane Ranieri.

°°

Sans voix, mais remarqués :

le chien
regardant les coureurs
s’échauffer

: Martin Dinga ;

Ma bibliothèque
ce sont mes livres d’école
et les champs de blé.

: Georges Friedenkraft ;

Montée de sève –
Sous tous les arbres
Les amoureux…

: Danièle Etienne-Georgelin

et :

Premier soleil
dans la cage dorée du saule
l’enfant émerveillé

: Roselyne Fritel.

°°

On ne pourra pas non plus passer sous silence cet hommage écrit par Hiro Hata :

Cher Bashô
La centième du Paris Kukaï
Une fête.

°°

Effectivement, nous avons terminé la fête, pour la plupart d’entre nous, à la Taverne Karlsbraü à côté du Pied de Cochon.

Et en route vers une deuxième centaine !

°°

Notre prochaine réunion aura lieu
samedi 30 mai
bistrot d’Eustache
15h30

°°

Bons haïkus à tou(te)s !

°°

Daniel

Une petite étude du zen dans le haïku… : dp.

15 mars 2015

°°°

Zen : produit de l’infusion de l’enseignement du Bouddha dans la pensée taoïste (chinoise) – Chan.

« Si le zen s’arrête à l’expérience pure et simple de la chose, la poésie a pour charge de la mettre en mots. »

Noin (XIè S.) : moine-poète

Dogen : (XIIIè S.) Fondateur de l’école Sôtô zen.

Ikkyu : Supérieur du célèbre monastère Daitokuji à Kyoto

Saigyô (XIIè S.) : moine bouddhiste zen, poète de waka, auquel Bashô voua la plus grande admiration.

Moritake (XV-XVIè S.): Grand prêtre du sanctuaire d’Ise.

Ryôkan (XVIIIè S.) : moine zen

Chiyo-ni : bonzesse bouddhiste (du courant de la Terre Pure). Son professeur :

Shiko, ancien moine zen, l’un des dix principaux disciples de Bashô.

Buccho : maître zen avec qui Bashô entreprit l’étude et la pratique du zen.

Bashô (XVIIèS.) : étudia, garçon, le haïkaï avec Kigin, prêtre shintô de Kyoto, puis la philosophie taoïste, jeune adulte. Il fut formé à la calligraphie avec le moine Unchiku. En 1687 il voyagea à Kashima en compagnie de Sora et d’un ami moine zen.

(Le maître zen) Buccho à Bashô : « – Qu’en est-il de la Loi du Bouddha avant même que la mousse ne soit formée ? » « – D’une grenouille qui vient de plonger, le bruit de l’eau. »

Hakuin : célèbre maître zen (XVIIIè S.)

Issa (XVIII-XIXè S.) : initié aux textes bouddhiques dès l’âge de six ans par Nakamura Rokuzaemon. En 1792 il se fait raser la tête, endosse une robe de moine et le nom de « moine laïc Issa du temple du Haikai ». Se lia d’amitié avec le moine Gobai, Supérieur du temple. Le moine Ichigu fut son ami. Il dit au Daimyo Maeda : « La Voie de la Poésie est la même que celle du Bouddha ou de Confucius ». « Avec ces artistes dévoyés qui ne vouent pas leur coeur et leur âme à la Voie véritable, mais qui fabriquent des poèmes de dix-sept syllabes, ainsi que ces hommes qui font de cet art un simple passe-temps, avec les uns et les autre je ne puis discuter de la signification d’un tel art ». Issa éprouva une vive sympathie pour le courant bouddhiste de la Terre Pure.

Santôka (XXè S.): moine errant.

Hôsai (« Celui qui a lâché prise ») (XXè S.) : Séjourna dans divers temples. Finit sa vie dans un ermitage du temple Saiko. Son nom bouddhique posthume : Hosaï Taiku koji, « Hosaï le laïc Grand Vide ».

Carrément zen : recueil de propos (hormis les poèmes) de maîtres zen du Vè S. jusqu’au XXè S., éd. Moundarren.

°

Peut-on dire, après tout cela, que l’on a exagéré le rôle du zen dans le haïku ?

°°°

Un été 14 – Py

14 mars 2015

20 juin :

chaleurs de juin / femmes et oiseaux / rutilent

orage – / l’odeur des troènes / dans l’appartement

troènes et chèvrefeuilles / se disputent nos narines / au coin de l’été // – fourmi, / d’où cours-tu ?

coupe de cheveux / sur le balcon – / fête de la musique

fête de la musique : / une mouche / dans l’appartement silencieux

une prière bouddhique / pour l’insecte / que je viens de tuer

début de l’été – / des drapeaux / fleurissent aux balcons

des cornes dans l’avenue / des bouchons dans les oreilles

la montre / de ton père / disparu / a disparu

dernière semaine de travail – / mon ombre / monte sur le trottoir

dans une station de métro / un clochard / se fait raser la tête

tombe anépigraphe : / le lisse retour / au chaos

deux pigeons / bécotant la même flaque / – dernier vendredi de juin

pigeon sur un fil / – merle / sur un autre

juillet :

une épeichette / jusqu’au ruisseau / roule ses billes

journaliste brésilienne / : ses ballons / trop ronds

le bruit de l’aspirateur / s’arrête / un avion passe

début juillet / des avions / dans mon couloir

ensemble les sirènes / se mettent à pleurer / midi 2 juillet

ce matin le vent / laisse dormir les feuilles / – un oiseau les secoue

au-dessus de l’évier de la cuisine / le miroir / dans lequel mon grand-père / se rasait

devant le verre de pastis / passe une mouche – / premier jour des vacances

un coq ce matin – / pondre une préface

ce matin le coq, / ce soir la France / en quart-de-finale

un dieu vivant / un vieux divan

je t’emmerle / dit-il / au pigeon

Sarko / nous ferait-il / le V / de la Victime ?

à la télé / Sarko glisse / un imparfait du subjonctif / : nous enculturerait-il ?

quatre oies / rentrent en courant / avant la nuit / – dernier quart de finale

première nuit / table et bancs de jardin / baptisés par la pluie

devant le portail / ouvert sur le jardin / une flaque / joue aux bulles

dimanche après-midi – / à lui seul l’organiste / remplit la cathédrale

dimanche après-midi – / l’organiste / fait de la pub pour Dieu

un Christ vert sur sa croix ; / au-dessus de sa tête : un fer-à-cheval / – crypte Saint-Solenne

aujourd’hui / à Nouméa naît / ma deuxième petite-fille

métro – / les tapis roulants / eux aussi en vacances ?

une chose qu’elle ne saura jamais : / où elle a laissé tomber / son mouchoir blanc…

du front aux pieds voilée / elle roule sa poussette / et parle au téléphone

voyage en voiture : / – pas trop de vent, / derrière ?

un jour on est quelqu’un / un jour on n’est plus personne / – ainsi coole la vie…

deux chiens noirs / avec un ballon de foot / – ce soir de petite finale

la veille / de la finale de foot, / la pleine lune

bling – bling ! : Nicolas / traîne ses casseroles / judiciaires

vu à la télé / le film « Rubber » – de Quentin Dupieux – : / un « pneu » bien déjanté !

– Sommes-nous radio-passifs ?

manif pro-Gaza / : heurts près de la synagogue, / rue de la Roquette

les oiseaux / ouvragent le matin / – deux-tiers juillet

orage de grêlons : / en conserver au frigo / pour l’apéro

« je ne suis pas en tenue décente » / : non, tu serais plutôt en tenue « montée » !

couple harmonieux ? / : elle ronfle, / il pète

Allez, les chats ! / rendez-vous tous ce soir / 21 chemin de l’église !

« – J’ai toujours craqué sur le raku ! » / dit une dame / à Saint-Jean-Pied-de-Port

un beau Basque / torse nu / un beau piment rouge / devant son short

trois rides / sur le front du président / : un haïku ?

sur le couvre-lit / une mouche / et son ombre

une chatte traverse la place vide d’Hélette / – la fête de Bayonne

quittant le même arbre : / 19 vautours au-dessus du pic / de Garralda

de la ferme au sommet / puis retour : / le chien de berger / nous ouvre la voie

sur la place du village / une crêpe au miel / et aux guêpes

la fermière a dix chats / 2 chevaux / et 1 âne / au pied du chemin de Compostelle / – 763 kilomètres

l’ombre d’un moustique / dans les toilettes / d’un bistrot du port

Août :

les mains croisées / des visiteurs du musée / dans le dos

une plume ramassée / dans le jardin d’Edmond Rostand / (Chantecler)

« Entre deux assauts / il y avait beaucoup de temps / à tuer » °
° : Michel Rougier. (Dans la série : « entendu à la télé ».)

Les côtes du lévrier, / Les créneaux du château-fort °
° : « Lévrier de Castille », peinture de Ramiro Arrue (1892-1970)

Le clocher de l’église / de Souraïde / en forme de béret basque

un roulement de poubelle / : l’ouverture du jour

face à face : / l’arbre / et l’homme / en chi-kong

finale de pelote à main nue – / de la galerie / tombe une canne

bambins aux cailloux / mères à la balançoire / : jardin-garderie

escalier de la plage : / des confetti / des confetto / des confettu

milieu du 7 août / 2 ouvriers sur 1 toit / à Saint-Jean-de-Luz

milieu du 7 août / une cheminée fume / sur Saint-Jean-de-Luz

milieu du 7 août / les morts du cimetière AICE ERROTA / bien entourés

les morts du cimetière AICE ERROTA / dominent la ville / de Saint-Jean-de-Luz

À la mémoire de… / mort au champ d’horreur / le 26 septembre 1915

Pas mort au front, non : / mort au nez / voire mort aux dents…

sur un cache-pot de plastique rose : / « Bonne fête / Maman / Jean-marie »

2 Perrier-menthe à la paille / – la couleur de l’océan

un jus de pomme en terrasse / le décolleté de la serveuse

le soleil rase / l’herbe rase / ce soir du 7 août

Au milieu des « flammes de Guernica » ° / une araignée / avec ses fils
° sculpture de Jesus Echevarria (1916-2009)

Maison du sculpteur – / des empreintes de chien / dans la dalle de ciment

Du jardin du sculpteur / la visiteuse / emporte une pomme

des fils d’araignée / au milieu de la sculpture / « Le piège de la lumière » °
° sculpture de Jesus Echevarria (1916-2009)

Avant la visite / de l’atelier du sculpteur / une chasse aux toiles

malgré le soin du conservateur / quelques araignées / entre les sculptures

Après la visite / la femme du sculpteur / nous offre l’apéro

un bébé / sort de la maternité / en grandes pompes

la pleine lune / à son périgée / ce dix août

un président / au périgée / de sa popularité

Voici ma maison natale / dit-il en désignant / le parking du supermarché

Le poète déclame / et le poêle à bois

Appré – scier la branche…

un coup de cloche / dans l’air d’un matin d’août / l’éveil d’un volet

Balayage : / miettes, poussières, / plus une ou deux plumes du piaf

dans le bus / une femme / pycnique °
° : n. ou adj. : dont le physique est caractérisé par la rondeur

Allez, roule ma boule ! / dit le pétanqueur / au Mondial de Millau

coq, coq, / comment te faire comprendre / que c’est les vacances ?

nous jouons à qui / restera le plus longtemps / au lit le matin / : retraite.

Avenue d’Espagne / elle sort un sein de son haut / – dieu sait pourquoi

chacun fait le tour de sa taille ° – / scies électriques du chantier / jouxtant le gymnase
° « mo pan da mai », en Qi Gong

les lézards / murmurent-ils ?

cette nuit / les Hurluberlus / ont rencontré / les Ouolofs *
* : cousins éloignés des Oufs ?

jubilation / du Gradus ad Parnassum / : Ah ! l’antanaclase !

sans penser : / avant de se coucher, / se peigne

se répandant / oléagineusement / en son haïku

des grêlons / sautant dans la prairie / culs de lapins
(Mid-West USA)

une éolienne / près de l’aire d’autoroute / je touille mon café

Septembre :

premier jour en retraite / : la volupté de tailler / mes crayons-mine / (avec un excellent / couteau à anches)

premier jour de la retraite : / supprimer 3000 messages

premier jour de la retraite : / à poil / dans tout l’appartement

Shiki con carnet ?

Être couronné par ses pairs, c’est bien ; / être couronné par ses impairs : encore mieux !

Olkiluoto 3 : / le dernier EPR d’Areva en Finlande / en retard de neuf ans / (- facture doublée)

avant de se mettre à l’ouvrage / le coiffeur enclenche / une musique mélopéenne

sautant sur place / au feu rouge / la joggeuse / de bas / de haut

sortie de la chèvrerie / : sentir / les roses épanouies

le croa d’un oiseau dans un arbre / éveille la mare aux grenouilles

matin ensoleillé / une tige dans un champ / fait du morse

de part et d’autre du tracteur / les deux couleurs du champ

Après l’A-6 *, / la Cisse. **
* : autoroute. ** : rivière.

un coq / vers 14 h 39 / – sonne la sieste ?

milieu d’après-midi / vide d’activités / un avion creuse le ciel

beurré / le papillon / vole droit / ?

la lézarde / au soleil / mûrit ?

entre deux plants de géranium / une araignée / joue de la harpe

deux plants de géraniums / reliés par des fils d’argent / ce douze septembre

trois jardinières de géraniums / font le bonheur / d’une araignée

d’un géranium / à l’autre / reine araignée

l’araignée ce matin / prend le soleil / (dans ses fils)

le soleil ce matin / marche sur le(s) fil(s) / de l’araignée

le soleil ce matin / arpente le fil / de l’araignée

ce matin le soleil / d’un géranium à l’autre / par un fil d’araignée

sur le fil souple / de l’araignée / ce matin / le soleil

le soleil sur mon balcon / la cigarette de la voisine / – je rentre dans ma coquille

j’en ai cure : / douzième jour de raisin

ce matin / le soleil, / les géraniums, / l’araignée

la voisine a fini de fumer / – le thé vert-tiède

L’apparition / des pis de Fanny // … sacrée vache !

ce matin / manger le soleil de septembre / sur les grains de raisin

aiguiser son esprit / – jeûner

ce matin / l’araignée n’a pris / qu’un peu de poussière

un oiseau s’envole / de l’aéroport – / le battement inégal de ses ailes

admirant des fleurs / aux noms inconnus / – l’heure de la retraite

des ardoises / au pied des vignes / – sentir les roses

du temps a encore passé / : mère nona- / fils sexa-
(cf Chemins croisés, p.51, éd. Pippa 2014)

le sablier / se serre-t-il / la ceinture ?

tous les matins / perdre 333 grammes : / cure de raisin

dans le géranium rose / un duvet blanc / remue

concert : / voir le son

une femme sans soutien-gorge / décroche une mûre / et la mange

au soleil / elle brode / attendant son train du matin

°

(Haïbun vache :)

Quand on sait ce que les moustiques apportent à l’humanité, on a tendance à préférer les requins

Se requin-quer

°

son omni-gueule / de retour sur l’écran ? / (re)bazarder la télé

ni bien / ni mal : / encontreusement

rue de la gare / le vent / retourne une feuille

banc – / une feuille roule / sous mon col

atterrissage – / un pigeon / souffle les feuilles

septembre / un cil / tombé sur la page

entre deux plantes / le soleil / dans un hamac

d’une fleur à une autre / le soleil / se balance

d’une fleur / au bord de la jardinière / le soleil glisse

d’une fleur / au bord de la jardinière / le soleil avance, recule

encore une intello dans la famille ? / : ma vésicule biliaire / calcule

°°°

dp. (: l’été 2014)

le 11/11/2005 dans la nuit – silence

14 mars 2015

°

dans la nuit
la lumière du compteur électrique pulse
– silence

°

dans la nuit
l’oeil rouge de la machine à laver
– silence

°

dp.(11/11/2005).

Compte-rendu du Kukaï de Paris n° 99

8 mars 2015

Le samedi 7 mars 2015, au bistrot d’Eustache (Paris), 19 haïkistes (+ 2 « absents ») ont partagé 40 haïkus/senryûs.

Avec 5 voix :

le printemps s’annonce –
déjà en culotte courte
le nain de jardin

: Michel Duflo ;

et :

scarabée –
l’azur s’invite
sur ses ailes

: Isabelle Ypsilantis.

Avec 4 voix :

Chez mon voisin
les perce-neige
sans mon voisin

: Eléonore Nickolay ;

encombrants –
il pleut il pleut
sur la bergère

: Dominique Borée ;

et :

rue à l’aube
bruit d’une feuille
qui s’envole…

: Philippe Bréham.

Avec 3 voix :

A côté de moi
l’oreiller reste bombé
Ton absence –

: Nicolas Lemarin ;

Du bout de mon doigt
la coccinelle
part en voyage

: Isabelle Ypsilantis ;

et :

soir bleu
la ville allume sa mosaïque
de fenêtres

: Cécile Duteil.

Avec 2 voix :

bain fumant
le crépitement
de la mousse

: Cécile Duteil ;

jardins ouvriers
partager les dimanches
cueillir trois tomates

: Patrick Fetu ;

l’eau du caniveau
à l’approche du printemps –
son chant guilleret

: Michel Duflo ;

nuit à la campagne –
les étoiles et les lucioles
s’échangent en morse

: Minh Triêt Pham ;

Sous ma fenêtre
des enfants passent en rang
ruisseau de voix claires

: Nicolas Lemarin ;

Sur le bord du quai
je ne vois plus que sa main
… brume de printemps

: Christiane Ranieri ;

toute nue
elle fait encore parler d’elle
la pleine lune

: Eléonore Nickolay ;

et :

vague
figée
– quel hiver !

: Daniel Py.

(merci à Michel pour cette version épurée !)

Avec 1 voix :

Dans la nuit d’hiver
pour repères la lune
et le phare du vélo

: Gwenaëlle Laot ;

de leur branche
deux corbeaux regardent
les flocons tomber

: Daniel Py ;

(d’après « Corbeaux », encre de Chine et couleurs sur papier, de Yosa Buson, in Hiver de Yosa Buson, éd. La Délirante, 2001.)

dernière ligne droite
pour l’escargot en vadrouille –
glissant sur une flaque

: Philippe Bréham ;

Entre deux falaises
inlassablement la plage
accueille les vagues

: Gwenaëlle Laot ;

L’ado désoeuvré
boîte de bière à la main
de rue en rue

: Patrick Fetu ;

La mer du printemps
Je marche les pieds nus
Ivre de joie

: Hiro Hata ;

L’équinoxe de printemps
Est-ce que je garde
Mes deux visages

: Hiro Hata ;

neige –
les traces du lièvre
se recoupent

: Paul de Maricourt ;

silence des astres
vagues vertes du vent
je me tiens à toi

: Sylvie Estève ;

et :

Sylphide en jean
devant les Naïades
– Fontaine des Innocents

: Dominique Borée.

Notre prochain kukaï :
le numéro 100 !
aura lieu samedi 11 avril 2015
au bistrot d’Eustache
à 15 h 30 !

Nous fêterons l’événement en proposant – à ceux qui veulent bien y venir
(mais qu’ils me le fassent impérativement savoir, pour la réservation) – de dîner ensemble, après le kukaï,
à la Taverne de Maître Kanter toute proche !

Daniel.

Atelier, lectures, signatures : les 2 premiers vendredis de mars

16 février 2015

Bonsoir !

le vendredi 6 mars :
– atelier haïku et senryû à 14 h 30
suivi d’une lecture de senryûs, haïkus, etc. extraits du recueil 
Fourmi sur ma jambe, de Daniel Py,
en présence de l’éditrice d’Eclats d’encre Sandrine Fay
+ signature (jusqu’à 19 h) :

à la librairie Pippa,
25 rue du Sommerard
75005 Paris
(M° Cluny-La Sorbonne)

+ lecture (à 17 h) et signature de la romancière Geneviève Roch (Le Guetteur halluciné, éd Eclats d’encre)
+ lecture à 18h et signature de la poète Eliane Vernay (Signes du rien, éd. Eclats d’encre)

le vendredi 13 mars :
de 14h30 à 19 h :
lancement de l’anthologie Trente haijins contre le nucléaire, éd. Pippa,
dans le même lieu

Les auteur(e)s sont chaleureusement invité(e)s
ainsi que leurs ami(e)s et connaissances
Les collations seront offertes sur place par la libraire-galeriste-éditrice Pippa : Brigitte Peltier!

Qu’on se le dise – … et que l’on y vienne !
;-)

Daniel

Radio Grand Ciel

9 février 2015

Bonsoir à tou(te)s !

Notre ami Christophe Jubien m’a interviewé ce matin sur Radio Grand Ciel (radio locale sur Chartres) pour son émission littéraire « La route inconnue » sur la poésie, et plus précisément sur le haïku. Nous avons donc parlé de Fourmi sur ma jambe (éd Eclats d’encre, 2015) et de Trente haïjins contre le nucléaire (éd. Pippa, 2015) entre autres !

Passages de l’émission : mardi à 14h30
et dimanche 23 février à 20 h sur :

radiograndciel.fr

et on peut aussi podcaster l’émission !

bien à vous !

Daniel

Résultats du 98ème kukaï de Paris, le 7 février 2015

8 février 2015

En présence de 21 haïjins, 43 haïkus ont été partagés.

**

Avec sept voix :

Chandeleur – / Le soleil atteint enfin / ta tombe
: Monique Leroux Serres.

**

Avec six voix :

dispute – / le dernier mot / à la lune
: Eléonore Nickolay.

**

Avec quatre voix :

Paris-Saïgon – / je cale mes rêves / entre deux ailes
: Christiane Ranieri ;

repas du SDF / livré à domicile – / quart de vin et de lune…
: Danièle Etienne-Georgelin ;

solitude / le robinet / goutte à goutte
: Cécile Duteil.

**

Avec trois voix :

chaque matin / ce type devant la glace / m’en souviendrais-je ?
: Philippe Bréham ;

D’une main / par la fenêtre ouverte / tâter le temps.
: Patrick Fetu ;

Soirée d’hiver / Se réchauffer au soleil / d’un carnet de voyage
: Monique Leroux Serres ;

Tombé sous mes yeux / un pétale de rose / capture l’instant
: Nicolas Lemarin.

**

Avec deux voix :

La pie-grièche chante à pleine voix /Il me manque / La suite à mon rêve.
: Hiro Hata ;

le vent glacé / à rebrousse-plume / pigeons de Montparnasse
: Dominique Borée ;

métro : / elle éteint ses chaussures
: Daniel Py ;

parfum de Jasmin / où l’âme des fleurs / reste le coeur des humains
: Sylvie Estève ;

tétons et boutons / Ah ! les reins cambrés / Vénus peut se rhabiller
: Sylvie Estève ;

Un banc au soleil / yeux fermés les mouettes / miaulent comme des chats
: Cécile Holdban.

**

Avec une voix :

Ballet aérien – / dans les flocons de neige / l’envol des flamants roses
: Danièle Etienne-Georgelin;

brouillard / le bus serpente / à l’aveuglette
: Marie-Alice Maire ;

Couloir du métro / un musicien fait le boeuf / pour manger
: Patrick Fetu ;

entretien annuel / félicitations du chef / pour licenciement
: Philippe Gaillard ;

Epiphanie – / tu seras mon roi / dit-elle
: Francis Kretz ;

fenêtres closes / les yeux du chat / grands ouverts
: Christiane Ranieri ;

Huiles essentielles / d’estragon dans le cou / – Tu sens la salade
: Monique Coudert ;

Matin d’hiver / Avec les canards la liberté / s’envole *
: Leila Jadid ;

* : écrit après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo, le 7 janvier 2015 ;

Matin glacial / le cri des oies encourage / le golfeur
: Marie-Alice Maire ;

obstinée / cette neige qui tombe / sous le cerisier en fleurs
: Philippe Bréham ;

passage clouté / coups de sifflet en rafales / deux voitures s’embrassent
: Philippe Gaillard ;

Saint-Valentin – / le chasse-neige / me montre son cul
: Minh-Triêt Pham ;

Sur le quai trempé / le voyageur et son double / Morosité
: Roselyne Fritel ;

« triangle d’hiver » * / au jardin tintinnabulent / les étoiles
: Eléonore Nickolay

* = un groupement d’astres…

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Sans voix, mais remarqué :

elle trempe ses pieds / dans la mer froide – / plage du débarquement
: Minh-Triêt Pham.

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la nuit tombe / entre les cornes de la vache – / Kaokoveld *
: Daniel Py

: je suppose que celui-ci n’a rencontré aucun écho, (en partie ?) à cause de ce dernier nom propre (ignoré de la plupart, je suppose) d’une province reculée de l’ Afrique-du-Sud-Ouest. Mais bon, faut essayer, ç’pas ?… !

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Des livres, des recueils, de plus en plus nombreux, ont été proposés sur notre table…
D’autres viendront encore, lors du prochain kukaï (n° 99) du 7 mars prochain !

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« Fourmi sur ma jambe »

2 février 2015

mon dernier recueil (de senryûs, brefs et haïkus, de 2005 à 2009) vient de sortir, aux éditions Eclats d’encre (www.eclatsdencre.com) : Fourmi sur ma jambe (au prix de 12 €)

Peu après l’avoir reçu, l’éditrice me fit part de cette appréciation :

« … un mélange de textes humoristiques, politiques, érotiques et ceux qui tirent plus vers le haïku. C’est cet équilibre qui me paraît intéressant ainsi que de garder des senryûs qui nous ramènent bien aux événements de l’année. »

Je vous en souhaite une bonne lecture, si vous avez l’occasion !

merci d’avance !

Daniel

Après Charlie

23 janvier 2015

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Ils sont tous Charlie
je continue d’acheter
Siné Mensuel

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Soutenir Charlie,
c’est bien ! Soutenir Siné-
Mensuel : encore mieux !

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d.(21/1/15)


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