Takahashi Shinkichi – 3)

3 mai 2018

Shinkichi rejeta les formes fixes des versets, parce qu’elles lui semblaient trop restrictives.

Un de ses poèmes courts, intitulé « Mots » :

« Les mots peuvent être de toutes sortes,

la forme peut être de toute sorte, car

ce qu’il faut capturer n’est qu’un ;

cela n’a rien à voir avec les mots ou la forme. »

Si le poème saisit la vérité, Shinkichi se fiche éperdument des mots ou de la forme. Parce que la vérité est difficile – voire impossible – à saisir, il veut le maximum de liberté de choix dans ses essais de la rapporter.

La raison principale pour laquelle ses poèmes sont courts a probablement à voir avec sa grande estime d’un processus créatif d’inspiration. Comme nous l’avons vu, il croit qu’un poème doit être composé par la force de l’inspiration. Il considérait qu’un poème doit être le compte-rendu spontané de « ce qui flottait dans mon esprit comme un nuage dans le ciel. » Vraisemblablement l’inspiration, vision intuitive de la vérité, ne dure que peu de temps.

Le langage du haïku détruit délibérément les relations ordinaires entre les mots, de façon à ce qu’il puisse transmettre la vérité qui ne peut pas s’exprimer par des formulations logiques.

D’un point de vue du Zen, chercher la vérité au moyen du langage est aussi impossible que d’essayer de terminer la tour de Babel. Après tout, les mots sont un produit de l’esprit, et l’esprit-pensant ne représente qu’une partie – non essentielle – de la vie humaine.

Le Zen et le bouddhisme ont perdu beaucoup de leur attrait populaire dans les temps modernes. Le bouddhisme est devenu seulement une religion nominale pour beaucoup de Japonais.

Pour Shinkichi, la littérature est la plus utile quand elle aide les lecteurs dans leur quête de la vérité religieuse, même si elle ne peut le faire ainsi que par un moyen détourné. La littérature ne peut pas être plus qu’un substitut verbal pour la vérité, mais elle peut servir de catalyseur, un jour, dans leur quête. La  poésie en particulier, peut fonctionner comme un kôan Zen grâce à sa capacité d’être plus illogique, plus provocatrice, et plus éloignée de la réalité quotidienne que la prose. Dans la manière de penser de Shinkichi, la poésie est la plus utile quand elle agit comme un kôan – quand elle plonge l’esprit du lecteur dans une sorte de méditation de type Zen.

Le moment meurt aussitôt qu’il est verbalisé. (…)

Même s’il échoue, le poète présentera tout de même une apparence du moment ou au moins un compte-rendu de ses efforts, et son essai pourra aider le lecteur dans sa propre quête spirituelle. Aux yeux de Shinkichi, là réside la seule utilité dont peut se prévaloir la poésie. »

: chapitre 8 de « Modern Japanese Poets » (« Poètes japonais modernes »), de Makoto Ueda, pp. 335-79.

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Takahashi Shinkichi – 2)

3 mai 2018

Il n’est pas facile de trouver des poètes à qui Shinkichi avait donné son approbation inconditionnelle, dans ses essais critiques, mais les deux qui s’en approchèrent le plus sont Bashô et Shiki. La raison principale, bien sûr, est leur connexion avec le Zen. Shinkichi admirait beaucoup les haïkus de Bashô, disant qu’ils incarnaient « l’âme la plus pure des Japonais. » Selon lui, Bashô put devenir un grand poète grâce à sa pratique du Zen avec le prêtre Butchô (1642-1715), dans sa jeunesse. « Bashô saisit le Zen avec l’aide de Butchô », observa Shinkichi. « Si l’on ne considère pas ce fait, aucune discussion sur les haïkus de Bashô ne peut avoir de valeur. »

L’essai de Shinchiki de relier Shiki au Zen fut plus frappant, parce qu’aucun autre érudit ne l’avait fait. Shiki lui-même écrivit des poèmes qui semblent pointer vers l’athéisme. Mais selon Shinkichi, Shiki apprit le Zen d’Armada Guan (1854-1904), un prêtre, auteur du populaire « Journal d’un pèlerin » (« Diary of a Pilgrim »). « Parce qu’il souffrait de mauvaise santé chronique, il n’apparaît pas qu’il ait pratiqué la méditation Zen », écrivit Shinchiki à propos de Shiki,  » mais il est impossible de penser qu’un esprit aussi sensible que le sien ne fut pas inspiré quand il fut mis en présence du Zen. Je crois que la base de la pensée de Shiki n’était finalement rien d’autre que le Zen , la sorte de Zen qui remonte, à travers Guan jusqu’à Tekisui (1822-99), Gizan (1802-78) et Hakuin (1685-1768), tous prêtres japonais renommés, de l’école Rinzai du Zen.

Au XVII° siècle, le haïku devint associé au Zen. Le maître le plus admiré du haïku, Bashô, pratiqua le Zen dans sa jeunesse et l’incorpora dans sa poésie et sa poétique. Pour beaucoup de poètes qui suivirent, écrire des haïkus était une discipline spirituelle non dissemblable du Zen. Les haïkus, à leur tour, furent considérés comme une forme littéraire capable de suggérer l’essence du Zen.

(à suivre…)

 

Takahashi Shinkichi – 1)

3 mai 2018

Né en 1901, Takahashi Shinkichi est le seul poète Zen d’envergure dans le Japon moderne.

Il a lui-même mentionné l’expérience d’avoir atteint le satori, ou éveil, plus d’une fois, et a écrit quatre livres sur le Zen. Il s’est spécialisé dans le vers libre, forme importée de l’Occident. Il n’écrit ni haïku ni kanshi, les deux formes poétiques associées traditionnellement au Zen.

Shinkichi affirma en une occasion : « Mes poèmes nient le langage ; ils nient la poésie. »

« La poésie approche au plus près de la vérité, mais ce n’est pas la vérité. »

 

Dans un essai appelé « Under the Tower of Babel » (« Sous la tour de Babel ») :

« Que veux-je donc dire quand j’écris ? Je veux transmettre la vérité. A ces lecteurs qui se contentent de la compréhension verbale, on peut présenter par l’écrit quelque chose de semblable à la vérité. »« Pour faire bref, Shinkichi croit que la poésie est un substitut verbal de la vérité. Dans cette optique, la vérité même ne peut être captée que par l’intuition, après une longue période de méditation, et d’autres exercices Zen.

Ses poèmes tentent d’activer l’esprit du lecteur au moyen de la surprise ou de l’ironie. Un de ses poèmes ne comporte qu’une ligne :

« Personne n’est jamais mort. »

Comme Yasuzô en vint à réaliser, personne ne vit, et donc personne n’est mort.

Une remarque de Shinkichi : « Le Bouddhisme est une théorie qui place la vacuité derrière la matière. »

Dans un poème intitulé « Footnotes », il écrit :

« (…)

Tous les mots sont imparfaits; ce sont des notes de bas de page »

A ses yeux, la poésie est une note de bas de page essayant, de sa manière imparfaite, de commenter un texte Zen qui est invisible aux yeux du commun.

Dans un essai « A talk on Poetry and Zen » :

« Une composition écrite avec des pensées tortueuses ne peut jamais être appelé poème. (…) On doit apprécier les mots qui viennent à l’esprit par hasard et sans préméditation. »

De trois éléments du processus créatif, le troisième est la nature spontanée du processus de création, qui dicte la brièveté du poème produit.

En tant que bouddhiste Zen, il voulait purger toutes les pensées calculatrices de l’esprit du poète attendant l’inspiration. « L’esprit d’un poète doit être aussi clair qu’un ciel sans nuage. » Quand l’esprit est prêt, l’inspiration poétique sortira aussi naturellement qu’un nuage apparaissant dans le ciel. On ne peut pas forcer le début d’un poème.

Selon Shinkichi, quand un poète est un agent passif qui doit attendre la visite de l’inspiration poétique, il ne peut prendre aucune action délibérée pour la faire advenir ; il doit, à la place, persévérer patiemment, toujours prêt pour le moment crucial.

Il rejetait un schéma prémédité ou une correction par une pensée ultérieure.

Il sent qu’un poème doit être complété par la force de l’inspiration initiale, et doit donc, par conséquent, être bref.

Dans son opinion, on peut retenir intacte l’inspiration dans l’esprit pendant longtemps, surtout si elle est forte.
En tant que poète zen, il a cru qu’il devait se débarrasser de toutes idées délibérées, volontaires, jusqu’à ce que son esprit ne soit rempli que de pensées spontanées. Et même le Zen revendiquait qu’il élimine jusqu’à ces pensées spontanées. L’esprit devait devenir complètement vacant. Une personne avec un esprit complètement vide pouvait-elle jamais écrire un poème ? Ici, une fois de plus, réside le paradoxe du poète Zen.

(à suivre…)

 

 

 

 

 

l’AFH rebaptisée ?

13 avril 2018

L’AFH rebaptisée

la WHAFH *

– WHAFH !

 

(4/11/12)

* = World Haiku Association + Association Francophone de Haïku

(cf « Gong » n° 34, 37, …)

Nous tous

30 janvier 2018

Nous tous,

morts,

qui avons le même âge

 

(1969)

La mort d’une étudiante, Dana Muzikarova, 18 ans,

30 janvier 2018

La mort d’une étudiante, Dana Muzikarova, 18 ans, le 21 août 1969, en Tchécoslovaquie.

°

Elle s’endort dans son rêve

Tuée sur le coup

 

Elle s’endort dans son rêve

De voir fleurir la Liberté

La Paix la Justice

Pour tous

 

De voir partager le Soleil

Entre tous

Et la Terre et le Pain

 

Tuée sur le coup

 

(1969)

 

Compte-rendu du 132e kukaï de Paris

3 décembre 2017

le 2 décembre 2017, au Bistrot d’Eustache. En présence de 22 participants, dont notre invitée d’Honneur, du Québec, Jeanne Painchaud, qui nous a présentés ses deux derniers ouvrages (pour la jeunesse) :

ABC MTL, illustré de photos de Bruno Ricca, Editions Les 400 Coups, Montréal, 2017 ;

Hochelaga mon quartier, Poèmes d’écoliers montréalais, accompagnés par Jeanne Painchaud & Cie, 2015.

44 haïkus ont été partagés. 32 d’entre eux ont obtenu une voix ou plusieurs :

°

Avec 6 voix :

au magasin d’armes

des guirlandes de Noël

autour des fusils

: Philippe Gaillard.

°

Avec 5 voix :

kukaï de Noël –

les barbes ont poussé

: Antoine Gossart

°

Avec 4 voix :

devant la barrière

hypnotisé par la neige

mon père

: Philippe Macé ;

Sur la pelouse

Le rire des citrouilles

: Christiane Bardoux.

°

Avec 3 voix :

apéro au marché

les courses le tiennent

en équilibre

: Philippe Gaillard ;

dans l’âtre

les aurores boréales

du premier feu

: Daniel Py ;

décos de Noël –

les nouvelles boucles d’oreilles

de la mairesse

: Michel Duflo ;

Théâtre en plein air

Notre meilleur public…

Les vaches

: Leila Jadid.

°

Avec 2 voix :

à mon petit-fils

les histoires de Noël

de ma grand-mère

: Patrick Fetu ;

départementale…

le feu des feuillages

flotte sur la brume

: Najat Aguidi ;

des notes de trompette

sous les lampadaires

la pluie orangée

: Cécile Duteil ;

feu de bois –

dans le jardin l’odeur

des hivers d’avant

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

flocons sur la friche

plus blanche la fleur d’ortie

: Annie Chassing ;

le vieux saule

son ombre a caressé

les yeux de l’aveugle

: Philippe Bréham ;

pluie de décembre

dans la rigole s’écoule

le restant de l’année

: Eléonore Nickolay ;

rafale de vent –

une troupe de feuilles affolées

traverse le hameau

: Antoine Gossart ;

Rendez-vous

Les battements de mes pas

Font briller le quai

: Christiane Bardoux ;

si vieux l’étang –

le saule pleureur lui peint

des rides

: Patrick Fetu ;

village assoupi –

le sans-gêne

d’une débroussailleuse

: Michel Duflo.

°

Avec 1 voix :

Billes d’enfance

roulent dans ma mémoire

le temps pour cible

: Nicolas Lemarin ;

champ d’astéroïdes –

sous les flocons il se rêve

faucon millenium

: Ben Coudert ;

Coucher automnal –

Les calligraphies oranges

des fientes de pigeons

: Danièle Etienne-Georgelin ;

échec scolaire –

une ombre au tableau

: Ben Coudert ;

éphéméride –

les pages blanches

des jours d’après

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

fin de soirée d’anniversaire –

une table de sexagénaires

penchés sur leurs écrans tactiles

: Daniel Py ;

La boule de sapin

au prix d’une chambre d’hôtel

Je la repose

: Monique Leroux-Serres

L’arbre s’étire

voyageur immobile

passager du vent

: Nicolas Lemarin ;

rue Montorgueil

avec le sans-abri

un air de famille

: Najat Aguidi ;

soir d’été

le bambou caresse le mur

sans le toucher

: Philippe Bréham ;

tant de façons

de dire non

au mendiant du métro

: Jacques Quach ;

un oiseau sur le toit

l’aube estompe

le bleu sur les murs

: Cécile Duteil ;

visite au zoo

même enfermés

leur pas libre

: Jacques Quach.

°

Et en prime, le haïku de Monique Leroux Serres, composé à mon intention, pour ce dernier kukaï fort chaleureux – en particulier à mon égard ! Merci tous les amis ! – :

Les cheveux en bataille

du haijin récalcitrant

°

La nouvelle équipe d’animateurs (Eléonore Nickolay, Michel Duflo et Patrick Fetu) proposent les prochains kukaïs en 2018 aux dates suivantes :

20 janvier

17 février

24 mars

21 avril

26 mai

et

16 juin.


Le lieu vous sera communiqué ultérieurement ! (en espérant le Bistrot du Jardin, au 33 rue Berger, 75001)

°

Nous vous souhaitons à tous de belles fêtes de fin d’année !

°

Compte-rendu du 131e kukaï de Paris

18 novembre 2017

En présence de 25 participants, 50 haïkus ont été partagés. 31 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus :

°

Avec 6 voix :

quartier latin

nos visages

ont bien changé

: Philippe Macé

°

Avec 5 voix :

le vieux globe-trotter

ses pas traînant jusqu’à

la mappemonde

: Eléonore Nickolay ;

matin d’automne

la forêt s’éveille

à coups de fusil

: Philippe Gaillard.

°

Avec 4 voix :

ses fleurs dépotées

le sourire de la voisine

rentre pour l’hiver

: Eléonore Nickolay ;

Terrain vague –

quelques flaques dispersent

le ciel d’automne

: Najat Aguidi.

°

Avec 3 voix :

bar-brasserie –

l’averse efface

le menu du jour

: Dominique Borée ;

Bercement des cèdres

La porte s’ouvre

Nuit d’équinoxe

: Dominique Durvy ;

cambriolé –

en caleçon

et en colère

: Minh-Triêt Pham ;

L’automne…

chaque jour un peu plus

près du ciel

: Najat Aguidi ;

maison de famille

pièce par pièce

elle décroche les images

: Jacques Quach ;

moustique au théâtre

applaudissements

imprévus

: Philippe Gaillard ;

Première mandarine

Envie de chocolat

et de neige

: Monique Leroux-Serres ;

Quai de gare ~

Dans les têtes

Tant de mondes

: Hervé Le Gall ;

vent d’automne

elle demande

qu’on lui raconte sa vie

: Jacques Quach.

°

Avec 2 voix :

dans le soir

froid dans le dos –

le vent invente des formes

: Françoise Gabriel ;

Devant le mendiant –

urgence

de regarder ses pieds

: Alain Henry ;

EHPAD

après chaque visite

tant de questions

: Patrick Fetu ;

morte saison

dans les moules à sable

de la poussière

: Annie Chassing ;

nid de poule –

le salto avant

de la cycliste

: Michel Duflo ;

salto arrière –

Par retomber sur ses pieds

Il finit toujours

: Anne-Marie Joubert-Gaillard ;

sur sa pancarte

« chasse réservée »

la buse

: Daniel Py.

°

Avec 1 voix :

beaujolais nouveau –

le poivrot vante les mérites

des WC turcs

: Michel Duflo ;

brume du matin

le marais fume au soleil

– moi de même

: Alice Schneider ;

caresser le chat

– rien d’autre

: Valérie Rivoallon

°

chemin d’automne –

il y a laissé des plumes

l’oiseau

: Dominique Borée ;

des miettes

sur la table –

les moineaux se taisent

: Valérie Rivoallon ;

écouteurs –

à ses hochements de tête

ce n’est pas un slow

: Jean-Paul Gallmann ;

Manteau d’hiver –

Le portefeuille vidé

De ses illusions

: Hervé Le Gall ;

odeur d’encaustique –

sur la toile cirée

le vase ébréché

: Patrick Fetu ;

parvis d’hôpital –

entrée en jeans troué

ressortie pareil

: Jean-Paul Gallmann ;

Sous la neige

la Loire avale les flocons –

Explosion de silence…

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

Notre prochain kukaï aura lieu au Bistrot d’Eustache, samedi 2 décembre, à 15 h 30, en présence de notre invitée d’honneur Jeanne Painchaud (Québec).

°

 

 

 

Compte-rendu du K.P. N° 130

15 octobre 2017

Au bistrot du Jardin, 75001, le 14 octobre 2017. 14 présents. 41 haïkus échangés. 22 distingués avec 1 voix ou plus :

 

°

Avec huit (8) voix :

appuyée sur son reflet

la passagère endormie

: Jacques Quach.

°

Avec trois (3) voix :

Canicule –

Les touristes se traînent…

d’une ombre à l’autre

: Danièle Etienne-Georgelin ;

chi-kong au bois 

entre mes bras

les cris d’une corneille

: Daniel Py ;

octobre rose ~

le rendez-vous de mammo

encore reporté

: Marie Barut.

°

Avec deux (2) voix :

bouquet d’automne

une rose penche

vers le miroir

: Jacques Quach ;

Douceur d’automne

Avec une carte postale

Sortir les punaises

: Monique Leroux Serres ;

Excepté le cri

de l’oiseau dérangé

tout le ciel est bleu

: Monique Leroux Serres ;

miettes de croissant –

cette amitié naissante

avec le rouge-gorge

: Michel Duflo ;

pluie sur la véranda

d’un long soir d’automne

le délicieux ennui

: Philippe Macé ;

tumeur –

bientôt les jours d’hiver

peut-être

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

une étoile

puis une autre puis une autre

puis le froid

: Patrick Fetu.

°

Avec une (1) voix :

anniversaire –

un bouchon de champagne

percute la lune

: Michel Duflo ;

arbres –

certains plus frileux

que d’autres

: Valérie Rivoallon ;

de la mise en plis

au caniche

un blanc parfait

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

feuilles jaunes –

l’automne s’obstine

dans mes cheveux

: Valérie Rivoallon ;

file devant le glacier –

été indien

: Annie Chassing ;

mi-juillet

d’un jouet de plage à l’autre

un papillon

: Daniel Py ;

ombres des feuillages

dans leur balancement

des taches de soleil.

: Philippe Bréham ;

Pigeons et buveurs –

Dans la place vide

résonnent leurs cris

: Christiane Bardoux ;

premier octobre

changeant la coccinelle

au mur

: Daniel Py ;

Rinçage des verres

Un évier de bulles et de reflets

La vie en somme

: Monique Leroux Serres ;

rue endormie

le show dérisoire

du feu rouge

: Jacques Quach.

°

Notre prochain kukaï de Paris se tiendra le 18 novembre.

°

 

 

 

Compte-rendu du 129e kukaï de Paris

10 septembre 2017

du 9/9/17. En présence de Janick Belleau, notre invitée d’Honneur (Québec), de Martine Gonfalone, (ex-présidente de l’AFH – 2010-16), de Pasquale Noizet, nouvelle venue, soit de 28 (!) participants au total – record battu ! – , 56 haïkus ont circulé, 36 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus :

°

Avec neuf (9) voix :

nouveaux voisins

des bulles de savon

traversent la clôture

: Christiane Ranieri.

°

Avec huit (8) voix :

Fin du marché

le marchand de collants

remballe ses jambes

: Monique Junchat.

°

Avec quatre (4) voix :

fin d’orage

elle ouvre sa fenêtre

au chant du merle

: Cécile Duteil ;

herbe jaunie

dans les yeux du chat

la lassitude

: Danièle Duteil ;

papillon –

le chat vole

pour l’attraper

: Valérie Rivoallon ;

Paris by night –

Les gouttes de pluie du pare-brise

passent au vert

: Daniel Etienne-Georgelin.

°

Avec trois (3) voix :

dans le sens des retours

les têtes noires

des tournesols

: Eléonore Nickolay ;

En jachère

le champ est plein

d’imagination

: Monique Junchat ;

Sous le ciel plombé

une voix de jeune fille

« Toi, ta gueule ! »

: Danièle Duteil ;

vieux cimetière –

entre deux stèles

l’ombre d’une poussette

: Minh-Triêt Pham.

°

: soit 9 haïkus féminins au 10 premières places ! Bravo les filles !

°

Avec deux (2) voix :

canicule chez le coiffeur –

une pluie rafraîchissante

de cheveux blancs

: Antoine Gossart ;

don à Emmaüs –

dans la veste de mon père

des pièces d’un franc

: Philippe Macé ;

la vieille carcasse –

une jolie bergère

pour l’ami tapissier

: Jacques Quach ;

mariage au Louvre –

le sourire de la mariée

énigmatique

: Philippe Macé ;

Nouée d’herbes folles

la borne moussue

n’indique plus rien

: Nicolas Lemarin ;

nuit d’été

une chouette se mêle

de nos bavardages

: Eléonore Nickolay ;

paix en montagne –

seule la radio témoigne

du chaos du monde

: Antoine Gossart ;

Plage – le soir

Jeux d’enfant et de lumière

dans les éclaboussures

: Monique Leroux Serres

Rêve de Maldives –

Seule dans le couloir bleu

De la piscine

: Christiane Bardoux ;

sous le noyer

les fourmis la croient morte

– fin de l’été

: Valérie Rivoallon ;

Tango !

Un petit paradis

Sur pieds

: Catherine Noguès ;

Zen en Avignon

les cigales récitent

leur mantra

: Philippe Gaillard.

°

Avec une (1) voix :

Bientôt l’automne

Le vent emporte les feuilles

Et mes rêves…

: Leila Jadid ;

braver les épines –

tendues vers les mûres

ses petites mains

: Michel Duteil ;

Couché dans l’herbe

Son sourire de paille

Ecarte les nuages

: Catherine Noguès ;

crématorium

les larmes de joue en joue

: Patrick Fetu ;

échangistes

sur le pont du bateau

couples de photographes.

: Marie-Alice Maire ;

Foudroyé –

Le côté mort soutient

les branches aux prunes

: Danièle Etienne-Georgelin ;

jour anniversaire –

il enflamme ma crêpe

et mon coeur

: Christiane Ranieri ;

le ciel

carré entre les tours

pour l’infini – l’oiseau

: Lise-Noëlle Lauras ;

Manège bâché

quelques flaques de pluie

l’enfant boude

: Nicolas Lemarin ;

mouette railleuse –

descendant les ruelles blanches

le bleu du soir

: Cécile Duteil ;

plage naturiste –

se cacher derrière

ses lunettes de soleil

: Minh-Triêt Pham ;

Seul regard de réconfort

Celui de la statue…

: Leila Jadid ;

soir d’été

le bruissement des blés glisse

sur le silence

: Philippe Bréham ;

Sur le canapé

deux brindilles argentées –

du chat les vibrisses

: ?

°

Après l’introduction « bio-biblio-graphique » de Janick, de Martine, de Pasquale, différents ouvrages ont été présentés dont certains de Janick Belleau et de Danièle Duteil, de Christiane Ranieri, de Valérie Rivoallon, de Minh-Triêt Pham, de Patrick Fetu, de Daniel Py et du kukaï de Paris (: 2 anthologies, 2010, 2014).

Christiane Ranieri nous fit part du premier kukaï alsacien (co-organisé par Jean-Paul Gallmann), qui aura lieu les 20 et 21 octobre prochain – Si vous êtes intéressé(e), rapprochez-vous d’elle pour les détails et modalités !

Pasquale Noizet nous a distribué un dépliant pour les Portes Ouvertes des artistes de Ménilmontant (dont elle fait partie, en tant que peintre) qui se tiendra entre le 29 septembre et le 2 octobre.

Notre amie peintre-plasticienne Véronique Arnault (absente au kukaï) nous avait fait part de son exposition « Promenade avec Jean Monnet » (« fondateur de l’Europe ») du 15 septembre au 12 octobre, à la Maison Jean Monnet de Bazoches sur Guyonne (78), avec le vernissage le samedi 16 sept. 2017, de 17h à 20 h. S’inscrire auprès d’elle sur https://jean-monnet.fr/.

Nos prochains kukaïs auront lieu les samedis :

14 octobre 2017

18 novembre

2 décembre (en présence de Jeanne Painchaud, du Québec.)

°