Compte-rendu du kukaï de Paris n° 126

14 mai 2017

du 13 mai 2017.

En présence de 19 participants, 38 haïkus ont été échangés. 23 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus !

°

Avec 6 voix :

lettre retrouvée

de la belle écriture

le parfum envolé

: Philippe Macé ;

vieux cimetière –

mon fils parle à un arbre

et moi à une pierre

: Ben Coudert.

°

Avec 5 voix :

convalescence

dans l’herbe neuve

la saveur de chaque pas

: Jacques Quach.

°

Avec 4 voix :

Chemin de croix –

il traverse

en dehors des clous

: Ben Coudert ;

pique-nique au parc

nous étions deux mille

en comptant les fourmis

: Philippe Macé.

°

Avec 3 voix :

affiches lacérées –

poussé par le vent

le sourire d’un candidat

: Dominique Borée ;

don du sang –

autour de son cou

quelques suçons

: Minh-Triet Pham ;

un pied ou deux de côté

pour ne pas arroser

les deux violettes

: Daniel Py ;

Visite aux parents –

Deux coquelicots s’accrochent

à la pierre tombale

: Danièle Etienne-Georgelin ;

°

Avec 2 voix :

Arc de Triomphe –

un pigeon s’est pris les ailes

dans le drapeau

: Marie Barut ;

brise de printemps –

sur une crotte de chien

deux pétales de rose

: Annie Chassing ;

bulldozer –

les fleurs gisent

dans les tranchées

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

clap de fin 

le vol d’un goéland

éteint le soleil

: Patrick Fetu ;

Crépuscule –

Les joggeurs du lac

au rythme des coassements

: Danièle Etienne-Georgelin ;

Ombre de l’oiseau

on lui roule dessus

elle s’envole à temps

: Jean-Christophe Jameux.

°

Avec 1 voix :

d’une jardinière à l’autre,

des ponts de soie

: Daniel Py ;

façade 

au balcon flottent

les dessous

: Eléonore Nickolay ;

Lune d’été

est-elle aussi brillante

que celle des tranchées

: Naty Garcia Guadilla ;

Paillettes de neige

Dans ta chevelure

Te vieillissent un peu

: Leila Jadid ;

quai –

le papa apprend à faire

des scoubidous

: Valérie Rivoallon

Sur la nappe

le bouquet de pivoines

saigne

: Philippe Gaillard ;

sur la vieille souche

dressé au soleil de mai

un satyre puant *

: Annie Chassing

* Le satyre puant ou phallus impudicus est un champignon.

sur ses reins

son sac à main se balance

– fleurs d’iris

: Dominique Borée.

°

Sans voix, mais remarqués :

Le printemps

me donne des ailes

moi qui peine à marcher

: Naty Garcia Guadilla ;

Promenade matinale

Chien et maîtresse

Manteaux assortis

: Leila Jadid ;

samedi 13 –

toujours à la recherche

d’un trèfle à quatre feuilles

: Minh-Triet Pham ;

sur le banc du jardin

le livre

couvert de rosée

: Jacques Quach

swing ! crac ! ploc ! splash ! wizzz !

même les verres chantent

au bar à cocktails

: Philippe Gaillard.

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Nos prochains kukaïs auront lieu les

3 juin

24 juin

puis, après les grandes vacances, les

9 septembre

14 octobre

18 novembre

et 16 décembre.

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Chiyo-ni + Harold Stewart (Cercle, triangle, Carré (2)) :

30 avril 2017

De la moustiquaire

j’attache un coin –

la lune des moissons est haute

: Chiyo-ni.

 

Commentaire de Harold Stewart (dans son essai : « On Haiku and Haiga ») :

« Bien que le lecteur occasionnel ou paresseux, habitué à ce que ses poètes fassent tout l’effort d’imagination, puisse ne pas y voir grand chose, le connaisseur japonais reconnaît aussitôt un chef-d’oeuvre. La source de sa délectation réside dans la structure géométrique abstraite produite par le carré de la moustiquaire, le triangle formé quand on en attache un coin, et le cercle de la pleine lune ainsi dévoilée. »

Cercle, triangle, carré :

30 avril 2017

Commentaire de R.H. Blyth sous la calligraphie de Sengai, de « Cercle, triangle, et carré », dans Zen and Zen Classics (vol. 4) de R.H. Blyth :

« Ce sont les trois Formes fondamentales de l’univers : la Divinité, la Nature, l’Humanité. Le Cercle est l’infinité finie, l’a-temporalité temporelle. Le Triangle est la Loi Naturelle, fixe, inaltérable, parfaite dans la Galaxie, et « le grain de sable que l’art meut et transporte. » Le Carré est humain et vulnérable, la forme de la brique (primitive), la maison, le château, la cité, l’état. Le Cercle, le Triangle et le Carré peuvent s’inscrire à l’intérieur et se circonscrire sans chacun des autres, et également à l’infini. Cela nous rappelle les anciens symboles occultes et alchimistes.

Le Docteur Suzuki m’écrit : « Mon interprétation est que le Cercle représente « le Sans-Forme », le « Vide » ou la « Vacuité », où il n’y a pas encore séparation de la lumière et de l’obscurité. Le Triangle symbolise « le début de la forme à partir du ‘sans-forme' ». Le carré est la combinaison de (deux) triangles et représente la multiplicité des choses. Pour faire court, Cercle, Triangle et Carré sont une sortes d’histoire de la création.

Il y a, cependant, une autre interprétation. Sengai peut avoir souhaité synthétiser ici l’unité de tous les enseignements bouddhistes : le Zen, le Shingon et le Tendai.

Le Cercle est le Zen.

Le Triangle est les trois mystères du Shingon, qui sont : le mystère de la bouche, ou les « secrets oraux » ; les secrets corporels ; et le secret de l’esprit (le mystère). Ces trois secrets étant connus comme étant le « Sanmitsu ». Le Shingon enseigne l’unité des trois : oral, corporel et mental.

On peut également considérer le Triangle comme correspondant à la Vacuité, au Phénoménoménalisme et au « Milieu » du Tendai (qui signifie « synthèse » ou « identité »). Le Tendai enseigne l’identité de la Vacuité et de ce monde phénoménal qui est temporel et spatial.

Le Carré est les « quatre « Grands », qui sont les quatre éléments dont se compose le monde : la terre, l’eau, le feu et le vent.

L’idée de Sengai est probablement d’exposer l’unité de tous les enseignements bouddhistes : le Zen, le Shingon et le Tendai. »

 

Compte-rendu du K.P. 125

23 avril 2017

17 personnes présentes à notre kukaï du 22 avril 2017

34 haïkus ont été échangés.
1 haïku a obtenu 6 voix, 2 = 5 voix, 1 = 4 voix, 3 = 3 voix, 3 = 2 voix et 13 = 1 voix.

°

 

Sans voix, mais commentés :

Des aboiements / plus loin dans la rue / – le facteur passe

: Nicolas Lemarin ;

plus / de chants d’oiseaux – / le portable siffle

: Valérie Rivoallon.

°

Avec une voix :

Cerisiers en fleurs – / sur ses mains / fleurs de cimetière

: Annie Chassing ;

Cyclamen en fleur / sur son vélo assisté / le facteur vapote

: Marie-Alice Maire ;

dans la plaine jaune / la ténacité du vieux / pommier en fleur

: Jacques Quach ;

lunettes de soleil / une larme / trahit son chagrin

: Patrick Fetu ;

marché parisien / les robes à fleurs sentent / le poisson

: Eléonore Nickolay ;

matin de printemps / notre nid enfin prêt / le chant du coucou

: Philippe Macé ;

messagères du printemps – / la radio ne crache / rien de bon

: Eléonore Nickolay ;

panneaux électoraux / derrière tous ces sourires / la même blague

: Philippe Macé ;

plage – / j’y vais à pied / et à poil

: Minh-Triet Pham ;

Quel est cet oiseau / qui reprend le chant des autres / Vaste ciel bleu

: Monique Leroux Serres ;

quelques cierges / au seui ode la morgue / marronniers en fleurs

: Annie Chassing ;

repas pascal / quelques morts se mettent / à table

: Jacques Quach ;

Soudain / zéro voiture. / Un essaim de rollers

: Philippe. Gaillard.

°

Avec deux voix :

autour / du cou du chien – / la queue du chat

: Valérie Rivoallon ;

cours de géométrie – / tracer du doigt les courbes / de son corps

: Minh-Triet Pham ;

midi / la secrétaire passe / du Mac au Big Mac

: Patrick Fetu.

°

Avec 3 voix :

Maison de retraite, / des jonquilles en photo. / C’EST LE PRINTEMPS

: Philippe Gaillard ;

Papillon de Pâques / Du minuscule sarcophage / l’immense voilure

: Monique Leroux Serres ;

Sur la ligne d’horizon / les colzas plus jaunes / que le soleil

: Marie Barut.

°

Avec 4 voix :

Bourrasque – / son éclat de rire / avale des pétales

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

Avec 5 voix :

premier muguet / glisser dans l’urne / un bulletin blanc

: Marie-Alice Maire ;

qui s’agrippe à l’autre / ce soir / de l’arbre ou du ciel ?

: Daniel Py.

°

Avec 6 voix :

Rempotage – / dans les racines de l’olivier / ma terre natale

: Christiane Ranieri.

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Merci à Eléonore Nickolay et à Christiane Ranieri, pour les petites douceurs sucrées qu’elles nous ont fait partager – et à Eléonore pour les petits cadeaux aux vainqueurs : lapins de Pâques et poussins !

°

Notre prochain kukaï aura lieu le 13 mai, les suivants, les 3 et 24 juin prochain.

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Compte-rendu kukai.paris n° 124

2 avril 2017

Le 1er avril 2017, le kukaï de Paris s’est réuni pour sa 124e séance. En présence de 22 participants, dont 7 « nouveaux » (: Christiane Bardoux, Olga Bizeau, Anne-Marie Joubert-Gaillard, Evelaine Lochu, Jean-Paul Gallmann, Hervé Le Gall et Philippe Macé), 44 haïkus on été échangés.

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14 ont obtenu 1 (une) voix :

attirance

entre deux arbres

le jardin fleurit

: Philippe Macé ;

Centenaire –

dans le plâtre

les gros pouces

de Rodin

: Jean-Paul Gallmann ;

Couleurs du marché

Arôme du pain frais

Une mendiante regarde

: Lise-Noëlle Lauras ;

Dernière lune d’hiver

Vénus couchée sur l’horizon

: Hervé Le Gall ;

ensemble

contemplant les étoiles –

deux moucherons

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

Entre Vermeer et De La Tour

« En attendant le thé » *

de Nikosan

: Dominique Durvy ;

* le titre exact de la photographie de Nikosan est : « Calme et sérénité en attendant le bol de thé ».

Femme noire dans son wax *

Aux mille couleurs –

Printemps parisien.

: Anne-Marie Joubert-Gaillard ;

* wax = tissu africain.

Frappée de soleil

la transparence aveugle

sur la vitre

: Nicolas Lemarin ;

la lune de printemps

effleure le vieux cerisier

les oiseaux chantent encore

: Marie-Alice Maire ;

La menthe infuse –

Son odeur impénétrable

Infiniment proche

: Catherine Noguès ;

N’être que soi

si petit dans la montagne

et pourtant être

: Nicolas Lemarin ;

Retour du bureau –

Les fleurs du cerisier

Sont déjà tombées. *

: Christiane Bardoux ;

* reformulé en :

Retour du bureau –

Les fleurs du cerisier

déjà tombées.

Sanisette

Scrutant la porte fermée

Bébé dans sa poussette

: Evelaine Lochu ;

un peu perdu

le seul homme

parmi les randonneurs

: Philippe Macé.

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9 ont obtenu 2 (deux) voix :

audition de danse –

elle s’envole sur scène

mes phalanges se croisent…

: Danièle Etienne-Georgelin ;

au jardin d’enfants,

un vélo abandonné

pour toute présence

: Philippe Gaillard ;

Gonflent le désir

et l’eau du torrent ~

Printemps

: Hervé Le Gall

mi-mars –

les arbres élagués

s’essaient à fleurir

: Valérie Rivoallon ;

Plus de cantonniers ~

Les pissenlits apprivoisent

l’angle des trottoirs

: Marie Barut ;

présidentielles –

le vent prend le journal

pour un torchon

: Valérie Rivoallon ;

°

Printemps –

Traîtrise du vent, mes primevères

chez le voisin *

: Danièle Etienne-Georgelin ;

* Sous l’impulsion de Marie-Alice Maire et de Patrick Fetu, s’il m’en souvient bien, ce haïku a été modifié pour donner, finalement :

Traîtrise du vent

mes primevères

chez le voisin.

°

sous les cerisiers

les souvenirs de la neige

s’envolent au printemps * 

: Philippe Bréham ;

* modifié en :

sous les cerisiers

les souvenirs de la neige

au printemps s’envolent

Tempête apaisée –

j’entends à nouveau le ver

du vieux meuble en bois

: Jean-Paul Gallmann.

°°

8 Avec 3 (trois) voix :

ce premier bourgeon

la vieille dame l’observe –

attentivement

: Philippe Bréham ;

devant le Fuji

le photographe

oublie la photo

: Francis Kretz ;

jacuzzi

un de ses seins

choisit la liberté

: Patrick Fetu ;

première abeille

elle butine les fleurs

du tableau

: Marie-Alice Maire ;

Salon de jardin

épousseter

l’hiver

: Patrick Fetu ;

sur le dos

de la coccinelle

des points de pluie

: Daniel Py ;

Tout le concert

dans mon oreille gauche

le chewing-gum du voisin

: Evelaine Lochu ;

Vent du sud

la paille du smoothie

se fait girouette

: Dominique Durvy.

°

1 Avec 4 (quatre) voix :

Printemps nouveau –

l’araignée tend ses fils

sur le parfum des fleurs

: Daniel Py.

°

1 avec 6 (six) voix :

brume d’avril –

le soleil déguisé

en pleine lune

: Jacques Quach.

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Bravo et merci à tous les participants !

Notre prochain kukaï se tiendra le samedi 22 avril

(même lieu, même heure),

le suivant : le 13 mai.

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Compte-rendu du 123e kukaï de Paris

5 mars 2017

En présence de 19 personnes, 39 haïkus ont été échangés. 30 d’entre eux ont été remarqués :
°

Avec 4 voix :

d’un banc à l’autre

le moineau

et le vieil homme

: Patrick Fetu ;

éclaircie –

la bibliothèque s’agrandit

d’un rayon de soleil

: Jacques Quach ;

visite à l’ami

dans le jardin fleuri

sa tombe nue

: Christiane Ranieri.

°

Avec 3 voix :

carême

l’irrésistible douceur

des loukoums

: Eléonore Nickolay ;

champ d’oiseaux –

le soleil se prépare

à moissonner les ombres

: Ben Coudert ;

lenteur du temps

posé sur la pierre 

tiède du banc

: Nicolas Lemarin ;

pleine lune –

les ombres surnaturelles

sur la neige

: Danièle Etienne-Georgelin ;

sable noir

ici les tourterelles

ont un autre chant

: Cécile Duteil.

°

Avec 2 voix :

ciel étoilé –

découvrir l’univers

de ton corps

: Minh-Triet Pham ;

gorgés de pluie 

les crocus du square

et la sans-abri

: Michel Duflo ;

la nuit tombe –

une page blanche

pour confidente

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

Le pain entamé

près des assiettes vides

L’absence commence

: Monique Leroux Serres ;

repas d’amis –

on évoque les anges

autour du diable

: Jacques Quach ;

suspendu

à l’arbre nu –

un blouson

: Valérie Rivoallon ;

touiller mon café –

l’avion

dans la turbulence

: Minh-Triet Pham ;

Un flocon

égaré dans le ciel

exil

: Véronique Arnault.

°

Avec 1 voix :

Air de blues

une mélancolie s’élève

lentement

: Véronique Arnault ;

chez l’ostéopathe –

au contact de sa poitrine

un bien fou

: Antoine Gossart ;

brume sur la route

la pub me propose

un voyant

: Eléonore Nickolay ;

coassements à la lune –

transhumance

d’un étang à l’autre

: Danièle Etienne-Georgelin ;

état grippal –

dans la cuillère de miel

l’enfance

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

Flairé par un chien

Je suis couché

Dans le champ de fleurs

: Fujii Lika ;

l’oiseau qui s’ébroue

dans la flaque du chemin

y noie le ciel

: Nicolas Lemarin ;

Parapluie Ernest & Young

ouvert à ses côtés

un clochard est couché

: Dominique Durvy ;

plate-bande –

le jardinier municipal

enfouit son mégot

: Michel Duflo ;

plus fort

que ses ronflements –

ses ronronnements

: Valérie Rivoallon ;

Quelques violettes

sous les fougères tendres

Secrets d’enfance

: Monique Leroux Serres ;

saucisses dans une main

souvenirs dans l’autre –

rencontre au supermarché

: Christiane Ranieri ;

Tempête d’hiver –

l’arc-en-ciel fait un triomphe

aux plus belles vagues

: Antoine Gossart ;

vent de février –

elle tourne autour de son chien

: Daniel Py.

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Au menu de ces prochains jours :

le 11 mars à 15 h et à 17 h : présentation-lecture-dédicaces-signatures de l’anthologie contemporaine de haïkus en France : Passion Haïku, Ed. Pippa, avec le groupe de lecture « Haïkoustics » (Fabienne Caurant, Philippe Gaillard, Valérie Rivoallon), à la librairie Pippa (Nouvelle adresse) : 6 rue Le Goff, 75005 – M° Odéon, RER B : Luxembourg, Bus 27…

Du 11 au 19 mars, à Clichy La Garenne, événements culturels autour du haïku – dont lecture autour du thème « le voyage », le 13 mars. Voir avec Valérie Rivoallon !

vendredi 17 mars, à 18h30, à la galerie Chr. Peugeot, 62 Avenue de la Grande Armée – M° Argentine – présentation et dédicace de Patrick Fetu pour son nouveau livre de haïshas avec textes en breton et français : Entre ciel et mer.

Samedi 18 mars à Coupvray (77) journée présentation, ginkgo, etc. au musée Braille, du concours de haïkus en braille. Voir aussi, sur Facebook, le site du concours. Avec Christine Hardy, Joël Hardy, Christiane Ranieri, Eléonore Nickolay, Li Lou, etc.

samedi 25 mars, à 15h et à 17h : présentation-lectures-dédicaces-signatures de la (2e) anthologie contemporaine de haïkus en France : Horizon Haïku, Ed. Pippa, 6 rue Le Goff, 75005 M° Odéon, RER Luxembourg, Bus 27…

samedi 1er avril : 124e kukaï de Paris, au Bistrot d’Eustache, 37 rue Berger, 75001 – M° Les Halles – Châtelet, Louvre-Rivoli, …

°

Du 5 au 22 mai, notre amie peintre et plasticienne Véronique Arnault exposera, avec le soutien du conservatoire de Rambouillet, à Rambouillet… Vernissage le samedi 6 mai, à 17 h.

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« Le haïku au Sénégal » 6/6

1 mars 2017

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« Le haïku cerne une fraction d’instant qui se veut reflet d’infini. Il cristallise le monde de la nature et des émotions humaines. C’est une mélodie, mieux une harmonie entre la nature, d’une part, l’esprit, le coeur et le corps de l’homme, d’autre part. »

« Cette affinité avec la nature est l’essence même du haïku. »

« Les poètes de haïku sont aussi des peintres. Ils ont une prodigieuse aptitude à peindre les choses d’une manière si vivante que le lecteur demeure captivé par la justesse de l’observation. »

: Yoshitaka KAWAMURA, Ambassadeur du Japon au Sénégal, 2000.

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« A regarder de très loin on ne voit pas le sens secret des choses ni les rapports intimes qui les unissent. »

« Dire enfin le caractère éminemment universel de ces trois vers comme une valse à trois temps où Amour, Nature etEmotion mènent le bal. »

: Adam Sow DIEYE, professeur de lettres, 2000.

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« En art, plus les moyens sont élémentaires, plus la sensibilité apparaît. »

: Gustave MOREAU.

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« LE HAÏKU EST UNE PHILOSOPHIE » : Louis CAMARA, écrivain, 2000 :

« (…) Certes ces premiers haïkus sénégalais sont encore empreints de naïveté et pèchent parfois par excès de lyrisme. »

(…) Le haïku est une école de discipline, de maîtrise de soi, de simplicité, d’humilité, une méthode de formation de l’esprit ; c’est pourquoi son introduction dans notre système éducatif et scolaire ne pourrait qu’avoir des effets bénéfiques. De même, sa pratique dans nos langues africaines pourrait s’avérer fort positive pour ces dernières, car par leurs structures morphologiques, elles devraient pouvoir servir de moule adéquat à cette forme d’expression poétique unique en son genre. Je voudrais d’ailleurs à ce sujet vous lire un court poème appartenant à un genre particulier appelé Oriki en langue Yoruba :

La mouche perchée

Sur la calebasse de vin de palme,

Son abdomen éclate… 

En dehors de sa brièveté et de sa simplicité, d’autres similitudes de ce poème avec le haïku japonais, telles que la légèreté, la cocasserie ou même le sentiment nous paraissent évidentes. Précisons que ces notions de légèreté ou Karumi, de cocasserie ou Kokkei, et de sentiment ou sabi en sont essentielles dans la composition du haïku japonais.

(…) La pratique du haïku plus qu’un simple exercice de langage, est liée à un art de vivre, à une philosophie de la vie indissociable d’une forme de spiritualité.

(…) Notre époque est marquée par une sorte de folie de la vitesse et de la consommation faisant progressivement de l’homme un automate qui veut se rendre maître de la nature, la dominer, au lieu de vivre avec elle. Mais cela n’est pas nouveau. (…)

MATSUO Bashô :

Les gens du siècle

ne remarquent pas les fleurs

du châtaignier près du toit

(…) Voici ce qu’il disait à son disciple SORA : « Si parfaite que soit la technique, si tu es séparé de la chose même, tu ne produiras qu’une contrefaçon. »

(…) Le haïku, c’est avant tout la vérité qui surgit de la vie de tous les jours, et en particulier du silence. Cette vérité, (…) elle est dans ce que l’on voit, elle est dans ce que l’on entend. Elle ne nécessite pas une ascèse initiatique, mais seulement une vigilance de tous les instants, une permanente acuité des sens que l’on ne peut acquérir que par un entraînement de tous les jours. (…)

De KOBAYASHI Issa :

Un monde de douleur et de peine

alors même que les cerisiers

sont en fleurs…  »

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« HAÏKU : UN APPEL A LA SAUVEGARDE DE LA VIE », par Amadou LY, professeur de lettres, Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, 2001 :

(…)

Le haïku est peut-être la façon la plus brève et la plus frappante de nous rappeler à notre devoir d’attention et de protection vis-à-vis des autres formes de vie, animale et végétale, avec lesquelles nous partageons notre planète et dont nous sommes les principaux prédateurs.

(…)

Le jury, pour cette fois, a tenu à privilégier le fond sur la forme, la pertinence du discours et son adéquation aux critères de la saison et du sentiment. Car un poème peut être formellement correct, et n’avoir que cette justesse prosodique comme richesse, alors qu’un autre, quelque peu boiteux, peut être riche de l’émotion qu’il suscite. »

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« LE THEME DE L’EAU DANS LE HAÏKU », par Adama Sow DIEYE, professeur de lettres, 2003 :

(…) Telle autre poète-femme dit la rareté de cette éclosion nocturne :

Etoile de pluie

ses pétales roses se déplient

fleur de baobab.

: Mme Macha SMYRNE, 2003 (116/136)

(…) Riches de notre diversité, tous conviés, écrit SENGHOR, au festin catholique ; à entendre, faut-il le préciser au sens étymologique : le festin du monde entier. »

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« L’Ambassadeur Sonoo UCHIDA avait bien senti que les germes du haïku allaient bien pousser dans le terreau fertile du Sénégal où le culte de la nature est une réalité. Le Sénégal, un pays alors dirigé par SENGHOR, un poète président. »

« Les trois dernières éditions du concours ont connu un succès remarquable grâce à un partenariat réussi entre Air France, l’hôtel Le Méridien Président et l’Ambassade du Japon. »

: Takashi SAITO, Ambassadeur du Japon au Sénégal, 2007.

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« Le haïku au Sénégal » 5/6

1 mars 2017

EPOPEE DU HAÏKU, par Abdou Anta KA, écrivain, dramaturge, 1991 :

(…) témoin de la plus belle aventure littéraire survenue durant ces dix dernières années dans son pays. A savoir l’introduction combien réussie du haïku au Sénégal, grâce, cela mérite d’être souligné, à l’action généreuse de l’Ambassadeur Sonoo UCHIDA, un diplomate certes, mais encore un haijin (…) qui publie sous le pseudonyme d’Ensei. Voici un de ses haïkus :

Je ferme les yeux

Tout l’univers est rempli

Du chant des oiseaux.

Déjà, en l’an 1979, l’un de vous a composé ce haïku qui a ému plus d’un connaisseur ou d’un simple lecteur comme moi :

Le lit craquelé

Du marigot évaporé

Rit tristement au soleil incendiaire.

: M. El Hadj Libasse DIOP (1/136)

(…)

Le Négro-africain affirme que toutes les créations humaines, végétales, animales sont les fils d’une même toile d’araignée. On ne peut en toucher un sans ébranler les autres.

En d’autres termes, la création est une et indivisible. Il n’y a pas d’opposition entre l’homme, l’arbre, l’animal. Mieux, entre ces existants, il y a des liens ou des correspondances, d’où l’unité entre l’homme et la nature, si chère aux pionniers du haïku.

Le mérite du haïku sera de rendre, en nous, plus vivante encore, la présence spirituelle de la nature. (…)

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« La naissance prochaine de l’Association des Haijins du Sénégal permettra de mieux impliquer des écrivains sénégalais au destin du haïku. » Mohamadou KANE, 1992.

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« Le sentiment de la nature est d’abord le bonheur par émerveillement devant les phénomènes cosmiques sans doute quotidiens mais pouvant avoir sur une sensibilité de poète une emprise exceptionnelle. »

Madior DIOUF, 1995.

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« Je me pose tout de même une question : pourquoi n’aurions-nous pas l’audace de faire des haïkus originaux en wolof, en sérère, en diola avec leurs traductions en français pour ceux qui ne comprennent pas nos langues nationales ? Je crois que ce serait une bonne idée. Nous devons nous approprier le haïku en l’enracinant dans notre culture authentique. Cela nous enrichira et nous enrichirons aussi le haïku à notre manière. »

: Ousmane SEMBENE, écrivain, cinéaste, 1995.

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« L’essence du haïku réside dans l’étonnement de la vie quotidienne. Il suffit tout simplement de voir autour de soi avec plus de sensibilité pour faire un haïku. »

: Tetsuo ITO, Ambassadeur du Japon au Sénégal, 1997.

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« Léopold Sédar SENGHOR a dit la valeur du haïku ; « le plus beau poème est celui où l’image, les images analogiques ont le plus de multivalence : de sens ».

« La poésie des profondeurs ne peut guère divorcer d’avec le réel concret si souvent prosaïque. »

: Madior DIOUF, 1998.

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(à suivre…)

 

« Le Haïku au Sénégal » 4/6

28 février 2017

Allocution de S.E.M. L’ambassadeur Manabu YAMAMOTO, 1984 :

(Le haïku) cette forme poétique typiquement japonaise mais comparable, à bien des égards, à une certaine poésie africaine traditionnelle (…) Le haïku s’est donc bien installé au Sénégal comme un événement culturel saisonnier

(…) le haïku a contribué à susciter et à raffermir l’amour de la nature qui est déjà une essence de l’âme humaine.

(…) Comme vous le savez, il s’agit d’un poème très court, évoquant simplement l’unité de l’homme et de la nature, donc né de la contemplation des paysages et des facettes de la vie quotidienne.

(…) l’exercice du haïku, qui est une combinaison harmonieuse de l’art et des aspects concrets de la vie quotidienne, nous offre des moments d’évasion bienfaisante.

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Allocution de S.E.M. L’ambassadeur Manabu YAMAMOTO, 1985 :

(…) Le haïku s’est bien installé au Sénégal, comme un événement culturel saisonnier, on peut bien l’affirmer aujourd’hui, à l’issue du 7e concours annuel. Il s’agit d’un haïku d’inspiration sénégalaise, reflétant la sensibilité créatrice des Sénégalais inspirés par la contemplation de leur propre environnement, par les facettes et les aspects concrets de leur vie quotidienne. Je me réjouis de constater que la voie du haïku est bien tracée, distinctement de celle du haïku japonais dont il n’est retenu ici, parmi les règles, que la concision et la référence à la nature dans un  sens très large.

(…) le haïku a ramené les Sénégalais à la vraie poésie, à la nature, aux vicissitudes de la vie…, sa brièveté le rapproche des genres poétiques traditionnels sénégalais et son expression imagée est très appréciée.

Ces appréciations mettant l’accent sur la contribution du haïku à la renaissance d’une poésie sénégalais de communion avec la nature (…)

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Le Haïku et la poésie populaire sénégalaise, par Amadou LY, professeur de Lettres à l’Université de Dakar, 1985 :

(…) les Sénégalais font de la poésie sans le savoir, en des formes variées, souples mais néanmoins contraignantes, et en toutes circonstances : baptêmes, circoncisions, mariages, funérailles, humbles et quotidiennes activités domestiques, chasse, pêche, cérémonies religieuses, lune, et même disputes et brouilles entre voisines, tout est prétexte à chansons, et donc à poésie.

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Le Haïku, un genre bien sénégalais, par Cheik Aliou NDAO, écrivain, 1987 :

(…) En insistant sur les saisons, le haïku souligne l’éternel recommencement, la marche du cycle des éléments dont l’homme est une partie. C’est ici que l’idée rejoint l’Afrique. Les poètes de chez nous se sont sentis à l’aise dans la conception d’une telle forme. Ne leur a-t-on pas appris depuis la tendre enfance les lois de solidarité qui lient toutes les composantes de la Nature ? Ne savent-ils pas que la pierre, le baobab, le soleil, l’animal protecteur du clan ont droit au même respect ?

(…) Le haïku aide (nos participants) à renouer avec leurs racines.

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Si l’émotion du poète est le point de départ du poème, nous conviendrons avec VALERY qu' »il ne s’agit pas tant d’être ému que d’émouvoir ».

: Adam Sow DIEYE (professeur de lettres de l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar), 1991.

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(à suivre…)

 

A propos du « prescriptivisme conservateur »

28 février 2017

« Les gens instruits, par définition, ont acquis une maîtrise de la langue standard de leur temps, surtout la norme écrite, et sont souvent profondément réticents à l’idée d’accepter des changements dans la langue avec laquelle ils ont grandi et qu’ils ont apprise à l’école.

(…)

Ceux qui rejettent les changements et les critiquent finissent par mourir, et les seules personnes qui restent sont celles ayant grandi avec les nouvelles formes et les considèrent comme normales

(…)

Eux aussi mourront et laisseront la place à la nouvelle génération qui accepte déjà d’autres innovations. Et cela continuera indéfiniment.

(…)

Le prescriptivisme, au pire, n’est rien d’autre qu’une marque d’hostilité face à l’inconnu. »

in : La linguistique, par R.L. Trask & B. Mayblin; Ed. EDP Sciences, 2017, pp. 91-2.