Senryûs, Haïkus, etc. – Py – juillet 2014

3 juillet 2015

°°°

juillet :

°

le bruit de l’aspirateur
s’arrête
un avion passe

début juillet
des avions
dans mon couloir

°

ce matin le vent
laisse dormir les feuilles
– un oiseau les secoue

°

devant le verre de pastis
passe une mouche –
premier jour des vacances

°

un coq ce matin –
pondre une préface

ce matin le coq,
ce soir la France
en quart-de-finale

un dieu vivant
un vieux divan

°

je t’emmerle
dit-il
au pigeon

°

première nuit
table et bancs de jardin
baptisés par la pluie

°

dimanche après-midi –
l’organiste
fait de la pub pour Dieu

°

métro –
les tapis roulants
eux aussi en vacances ?

une chose qu’elle ne saura jamais :
où elle a laissé tomber
son mouchoir blanc…

°

du front aux pieds voilée
elle roule sa poussette
et parle au téléphone

°

voyage en voiture :
– pas trop de vent,
derrière ?

°

deux chiens noirs
avec un ballon de foot
– ce soir de petite finale

la veille
de la finale de foot,
la pleine lune

°

manif pro-Gaza
: heurts près de la synagogue,
rue de la Roquette

°

orage de grêlons :
en conserver au frigo
pour l’apéro

°

« – je ne suis pas en tenue décente… »
: non, tu serais plutôt en tenue « montée » !

°

un couple harmonieux ?
: elle ronfle,
il pète

°

Allez, les chats !
rendez-vous tous ce soir
passage de l’église !

°

« – J’ai toujours craqué pour le raku ! »
dit une dame
à Saint-Jean-Pied-de-Port

un beau Basque
torse nu,
un beau piment rouge
devant son short

°

trois rides
sur le front du président
: un haïku ?

°

sur le couvre-lit
une mouche
et son ombre

°

de la ferme au sommet
puis retour :
le chien de berger
nous ouvre la voie

sur la place du village
une crêpe au miel
et aux guêpes

l’ombre d’un moustique
dans les toilettes
d’un bistrot du port

°°°

Senryûs, haïkus, etc. – Py – août 2014

3 juillet 2015

°°°

Août :

°

les mains croisées
des visiteurs du musée
dans le dos

°

« Entre deux assauts
il y avait beaucoup de temps
à tuer » °
° : Michel Rougier. (Dans la série : Entendu à la télé.)

°

un roulement de poubelle
: l’ouverture du jour

°

face à face
l’arbre
et l’homme
en chi-kong

°

finale de pelote à main nue
– de la galerie
tombe une canne

°

bambins aux cailloux
mères à la balançoire
: jardin-garderie

°

2 Perrier-menthe à la paille
– la couleur de l’océan

°

un jus de pomme en terrasse
le décolleté de la serveuse

°

le soleil rase
l’herbe rase
ce soir du 7 août

°

au milieu des « flammes de Guernica » *
une araignée
avec ses fils
* sculpture de Jesus Echevarria (1916-2009 )

maison du sculpteur –
des empreintes de chien
dans la dalle de ciment

du jardin du sculpteur
la visiteuse
emporte une pomme

avant la visite
de l’atelier du sculpteur
une chasse
aux toiles

malgré le soin du conservateur
quelques araignées encore
entre les sculptures

après la visite
la femme du sculpteur
nous offre l’apéro

°

un bébé
sort de la maternité
en grandes pompes

°

voici ma maison natale
dit-il en désignant
le parking du supermarché

°

le poète déclame
et le poêle à bois

°

appré – scier la branche…

°

un coup de cloche
dans l’air d’un matin d’août
l’éveil d’un volet

°

balayage :
miettes, poussières,
plus une ou deux plumes du piaf

°

dans le bus
une femme
pycnique *
* : n. ou adj. : dont le physique est caractérisé par la rondeur

°

coq, coq,
comment te faire comprendre
que c’est les vacances ?

nous jouons à qui
restera le plus longtemps
au lit le matin
: retraite.

°

Avenue d’Espagne
elle sort un sein de son haut
– dieu sait pourquoi

°

les lézards
murmurent-ils ?

°

se répandant
oléagineusement
en son haïku

°

une éolienne
près de l’aire d’autoroute
je touille mon café

°°°

Haïkus, senryûs, etc. – PY – juin 2015

1 juillet 2015

°°°

2 papillons dorés

qui s’adoraient

s’adonnaient

à la danse des ailes

dans le soleil

°

fractionné involontaire –

une racine qui affleure

(jog du vendredi, parc Méliès)

°

première canicule

ce cinq juin

– le soir va-t-il orager ?

°

première canicule de juin

la finesse des tissus féminins

°

l’inconnue lente de l’allée…

°

cet oiseau noir

à travers sente

ne poussera plus ses croas –

ce sont les roses roses

au bord du muret

qui sentent le meilleur

°

travaillant ses jambes

sur le vélib’ (à l’arrêt),

béquille dressée

°

Passer

(/ Evoluer)

du Penser au Sentir.

°

elle passe

avec une amie

poussant

une tondeuse à gazon

°

un carambriolage

°

une étudiante

dort assise

à la table de bibliothèque

– son cou

°

(régulièrement retombe sur le côté)

puis elle s' »abat » en avant

sur la table

°

au feu vert

ses lèvres rouges

°

ce matin

le coiffeur bâille

– ses ciseaux ?

°

désert des arts

désir des ors

°

martinets

les stries

dansent

°

toutes ces flèches d’argent

dans tous les coins du ciel

au soir

– l' »amour » du haïku

°

ce soir

sa fille

me montre un classeur de poèmes

que je lui envoyai

il y a quarante-cinq ans

°

Le haïku, ce peut être la commotion

créée par deux images qui se rencontrent (s’unissent, se joignent, se heurtent, s’épousent,…)

parfois même dans un seul mot (mot-valise,…)

Sa seins-ture

de sécurité

°

quand il fait son discours,

il politrique

°

sous sa jupe

joue le soleil –

soir de juin

(17/6)

°

César Marciaux…

°

Mieux vaut

un haïku

court – long – court

qu’un haïku

con – lourd – con !

Quand tu as soif,

regardes-tu le verre

ou le bois-tu ?

Quand tu as faim,

regardes-tu le plat

ou le manges-tu ?

La flèche doit-elle être

rouge, jaune, bleue

longue, courte, mi-longue

fine, épaisse, très fine

en bois, en métal, en verre ?

ou doit-elle

atteindre le coeur ?

(/… et le haïku ?)

assis

au bord de la mare,

j(a)ugeant l’eau

sans y plonger

ô grenouilles coassant

au bord de la mare,

sautez dedans !

l’apparence du haïku

ou le haïku ?

Le haïku ?

: toucher au centre.

Concentrez-vous

sur l’essentiel

(/ Revenez à l’essentiel)

en haïku !

(- le reste :

rien à cirer !)

°

sur l’asphalte

un bras de poupée

(Orly, 20/6)

°

les roses (roses qui sentaient si bon)

un peu défleuries,

leur parfum aussi est passé –

jog du dimanche

°

dans le sentier

une plume noire :

l’incitation à écrire ?

°

deux élèves de Taiji au parc –

dont une

en mauvaise posture !

°

attention aux racines !

le pas rasant

du joggeur

°

le merle

encore là :

de plus en plus ancré dans le sol

du sentier

°

les différents parfums

des roses différentes

°

au bout des rangées

du vignoble municipal

une mémé fait son marché

de roses

(- Fête des Pères)

au bord des vignes municipales

une mémé se cueille

un bouquet de roses

°

(La problématique majeure du haïkiste ? :)

comment faire (mieux) voir

au (/ le) lecteur

comment « éclaircir » sa vue

°

le Père Noël

au coin du balcon

rosit

°

Fête de la musique

il prend (des) notes

°

(D’après Daniel Thévenin – FB :)

Eoliennes –

Don Quichotte,

reviens !

°

Sarko à l’Express :

« Je mens moins qu’avant ! »

– Quel humoriste !

°

(Resto -)

L’intéressé-je ?

– ou la télé

allumée derrière moi ?

°

les clins d’oeil

d’une fenêtre

– soir de juin

°

Embrasser quelqu’un

qu’on ne connaît

ni d’Eve ni des dents…

°

une féministe :

dure au(x) mâle(s) ?

°

la pelouse de Qigong

m’offre une jolie plume

de pie

°

traduit,

le 5-7-5

explose

un haïku

« à-ras-le-moule »

un haïku

qui pue la sueur

/ de cerveau

/ mentale

un haïku constrictor

(un haïku de contorsion)

un haïku tordu

°

(Inspiré par la 4è de couv’ de Passage secret de Christian Cosberg :)

Le (/ la) haïkiste :

un personnage

en quête d’odeur(s) (?)

°

au toucher du soleil

°

… une pie

sort du bouleau…

°°°

Compte-rendu du Kukaï de Paris n° 102 :

28 juin 2015

Bonjour

En présence de neuf personnes (dont une nouvelle – un nouveau, plus exactement), dans un coin des Buttes-Chaumont, 32 haïkus ont été échangés. 18 d’entre eux ont obtenu une voix et plus.
°°°
Avec 4 voix :
°
bientôt / la fin des cours – / le classeur bâille
: Valérie Rivoallon.
°°°
Avec 2 voix :
°
Ciel de traîne – / le donjon capture / un nuage
: Christiane Ranieri ;
°
ciel orangé – / un goéland pose ses ailes / sur le vent
: Danièle Etienne-Georgelin ;
°
clapotis – / parlons de l’été / mon plombier et moi
: Eléonore Nickolay ;
°
l’ombre des bambous / au vent du soir / caresse ses yeux
: Philippe Bréham ;

et :

sur les bords du lac / où glissent trois cygnes / un aveugle immobile…

: Philippe Bréham.
°°°
Avec 1 voix :
°
à l’ombre paisible / des vieux arbres les enfants / jouent à la guerre
: Jacques Quach ;
°
au feu rouge / sa main tendue / – la seule
: Patrick Fetu ;
°
au feu vert / ses lèvres rouges
: Daniel Py
°
Elle libelle leur secret / dans l’air, les libellules / point, virgule.
: Mo Coudert ;
°
feuilles dentelées – / la chenille ne fabrique / que des chefs-d’oeuvre
: Michel Duflo ;
°
grosse de son enfant, / elle observe la procession / des canetons !
: Danièle Etienne-Georgelin ;
°
la petite maison / au bord de la falaise – / s’y retirer
: Valérie Rivoallon ;
°
les yeux clos / dans l’odeur d’herbe foulée / un galop d’éternité
: Roselyne Fritel ;
°
matin de vent sur / la lande – je prends la vie / des immortelles
: Jacques Quach
°
après l’orage / les grenouilles coassent / mes tennis aussi
: Danièle Etienne-Georgelin ;
°
premier pique-nique / la couleur d’olive / des champs
: Eléonore Nickolay ;
°
repues / les coccinelles roupillent / dans les lauriers
: Michel Duflo ; et :
°
retoucherie / par la porte entrebâillée / rire rafraîchissant
: Eléonore Nickolay.
°°°
Les dates des prochains kukaï proposés sont les suivantes :
(samedis) 12 septembre / 3 octobre / 17 octobre / 7 novembre / 28 novembre / 19 décembre /
°°°
Bon été à tou(te)s !
Daniel
°°°

‘L’Anthologie du Haiku’ – Cor van den Heuvel – 5)

26 juin 2015

°

Betty Drevniok :

Neige profonde :

pelant des pommes de terre –

de la terre sombre sur mes mains

°

Bernard Lionel Einbond :

le blanc de son cou

comme elle remonte ses cheveux

pour que je défasse sa robe

les mille couleurs

dans sa chevelure marron –

soleil du matin

mare aux grenouilles –

une feuille tombe

sans un bruit

°

David Elliott :

protégeant ses yeux

avec son gant de baseball…

les premières oies

°

Robert Epstein :

long après-midi de juillet

au passage à niveau

le train n’en finit pas de passer

de retour de vacances

je laisse les traces de sable

dans le coffre de la voiture

°

Judson Evans :

pluie de novembre –

les longues cordes des laveurs de carreaux

flottent dans le vent

°

(à suivre…)

L’Anthologie du Haiku – Cor van den Heuvel – 4)

24 juin 2015

°

Margaret Chula :

averse soudaine

dans le parc vide

une balançoire se balance encore

prenant congé

la neige fond

des tuiles du toit

à travers les lattes

de la porte de l’appentis

l’Everest !

°

Tom Clausen :

allant dans le même sens…

échangeant des regards avec le conducteur

du corbillard

aube –

du toit du camion du boulanger

le givre tourbillonne

le plombier

s’agenouillant dans notre douche

– se parle

brocante –

le vent tord l’étiquette

d’une garantie à vie

neige légère…

les étudiants étudient

en silence

°

Ellen Compton :

kaléidoscope

le petit bruit d’une étoile

qui se brise

°

Gerard John Conforti :

Sur la pente montagneuse

le calme des pins blancs

sous la neige qui tombe

un corbeau croasse :

dans le silence des bois

le battement de ses ailes

°

L. A. Davidson :

à mon retour

elle apporte des prunes bleues

sur un plateau blanc

la foule silencieuse

attend que la fontaine

jaillisse de nouveau

le jour s’assombrit,

personne n’est venu à la porte

et le chien aboie toujours

°

Raffael de Gruttola :

une femme endormie dans le métro

des pâquerettes cueillies

à la main

°

Mike Dillon :

après-midi de printemps

le coiffeur me fait pivoter

vers le miroir

nuit du mois d’août :

la lumière tranquille de la lampe

comme nos enfants dessinent

°

(à suivre…)

Rendez-vous kukaï de Paris n° 102 samedi 27 juin

24 juin 2015

Rendez-vous du prochain (102è) kukaï de Paris samedi prochain 27 juin à 15 heures aux grilles d’entrée des Buttes-Chaumont, du côté de la Mairie du XIXè arrondissement (Métro Laumière)
Avec vos deux haïkus (senryûs…)

En cas de mauvais temps, nous nous rabattrons sur le café à l’angle de la rue A. Carrel et de la rue Manin !

Merci !

Daniel

Haïkus, etc. Py, septembre 2014

20 juin 2015

°°°

Olkiluoto 3 :

le dernier EPR

d’Areva en Finlande :

9 ans de retard,

facture doublée

°

Un thème : L’amenuisement (dans le haïku) ;

le haïkiste : menuisier

– Menuiser…

°

De fille en aigu-il

°

avant de se mettre à l’ouvrage

le coiffeur enclenche

sa musique mélopéenne

°

la joggeuse

au feu rouge

saute sur place

de bas

de haut

(Boulevard Seins-Michel ?)

°

prendre l’araignée

par une patte

l’emmener se promener

dehors

°

à la sortie de la chèvrerie

(sentir)

les rosiers en fleur

°

Après l’A-6 *,

la Cisse **

* : autoroute

** : rivière

°

Le haïku c’est

l’en-creux de l’encre

°

le croa d’un oiseau dans l’arbre

éveilla

le coa des grenouilles dans la mare

matin ensoleillé

une tige dans un champ

fait du morse

°

des nuages défilaient –

un moteur traçait un horizon

dans l’après-midi bleu

le tracteur

partage le champ

en deux couleurs

un tracteur

(dans l’après-midi)

coud le champ

un coq

vers 14 h 39

– sonne la sieste (?)

_

des piaillements

du milieu des feuilles

milieu d’après-midi

vide d’activités –

un avion creuse le ciel

le tracteur :

blond d’un côté,

brun de l’autre

les deux couleurs du champ

ce chaque côté

du tracteur

champ blond

champ brun

le tracteur

°

au réveil (dans la lucarne)

le soleil

et une montgolfière jaune

°

« Il » ne peut s’empêcher :

au milieu de son haïku,

son soi pensant !

°

ces escargots posés, là

°

la lézarde

au soleil

– mûrit ?

°

d’un géranium

à l’autre

règne

une araignée

le soleil ce matin

marche sur le fil

de l’araignée

dans le cirque de la toile

le soleil

funambule

ce matin l’araignée

n’a pris qu’un akène

entre deux géraniums rouges

sur le fil souple

de l’araignée

le soleil

ce matin

ce matin

l’araignée n’a pris

qu’un peu de poussière

le soleil sur mon balcon

mais aussi la cigarette

de ma voisine –

je rentre

(dans ma coquille)

jour quiet –

le haïku

au plus près

°

j’en ai cure :

douzième jour de raisin

tous les matins

perdre 333 grammes :

cure de raisin

°

(je ressors sur le balcon,)

la voisine

a fini de fumer

– le thé vert-tiède

°

ce matin

manger aussi le soleil (de septembre)

sur les grains de raisin

ce matin de septembre

manger le soleil

dans les grains de raisin

°

ce matin

les petites boules de lumière

du raisin

la vie minuscule

majuscule

°

sharp mind

aiguiser son esprit

– jeûner

°

Haïku :

qu’on ne puisse pas

écrire plus simple !

Le haïku, c’est l’art du simple.

Ecrire

au plus près,

au plus simple.

°

Dans un champ

près de l’aéroport

face au soleil du soir

un oiseau s’envole

de l’aéroport –

le battement inégal de ses ailes

°

admirant des fleurs

aux noms inconnus –

l’heure de la retraite

°

des ardoises

au pied des vignes –

sentir les roses extrêmes

°

du temps a encore passé :

mère nona-

fils sexa-

°

Le sablier

se serre-t-il

la ceinture ?

°

dans le géranium,

extra-pétale :

un duvet blanc

°

assister à un concert :

voir

le son

°

la femme sans soutien-gorge

décroche une mûre

et la mange

(Orly, 15/9/14)

°

au soleil

elle brode (blanc)

attendant son train du matin

°

la lune fait rêver

l’ombre de la glycine

°

métro :

elle éteint ses chaussures

°

(Haïbun vache) :

Quand on sait

ce que les moustiques

apportent à l’humanité,

on a tendance à préférer

les requins.

Se

requin

quer.

(20/9/14)

°

un marmon(n)ologue

°

rue de la gare

le vent retourne une feuille

°

banc –

une feuille roule sous mon col

marque-page de septembre :

une feuille tombe

dans le livre (de haïkus)

atterrissage :

un pigeon

souffle les feuilles

°

septembre

un cil

tombé

sur la page

°

un akène se promène

d’un bout à l’autre de ce « haïku »

°

premiers doigts de la pluie

tambourinant sur la peau du matin

(vers l’automne)

°

entre deux plantes

de la jardinière

le soleil

fait du hamac

d’une fleur à une autre

le soleil

se balance

d’une fleur

jusqu’au bord de la jardinière

le soleil glisse

d’une fleur

au bord de la jardinière

le soleil

avance

recule

°

encore une intello

dans la famille ?

ma vésicule biliaire

calcule

°

Saint Clown, riez pour nous !

°

ta hernie,

ton air niais…

°

(Automne :)

°

un corbeau

appelant

sa corbelle ?

°

trois pigeons s’envolent

exactement ensemble

– septembre serein

°

Bercy :

chiens qui se niaquent

– premiers jours de l’automne

°

plein de piaillements

dans l’oreille

du crépuscule

°

calligraphie de l’araignée d’eau –

(maître chinois)

°

concert au salon –

je la regarde regarder

vers le jardin

°

l’épeichette

court sur ses roulettes

boire à l’étang

l’épeichette

se dépêche en roulettes

d’aller boire à l’étang

cette pie

descend sur ses roulettes

boire à l’étang

°

cette pie

sort d’un bouleau

cette pie

sort du bouleau

incognito

cette pie

fondue

de bouleau

°

Manchoir : tomber assez bas pour faire la manche.

Déchoir : choir au jeu (?)

Pochoir : tomber dans le Pô (?)

Crachoir – Mouchoir – Séchoir

°

Ecrire parfois trouve.

Ecrire juste – Justécrire

°

A la télé

Sarko nous glisse

un imparfait du subjonctif :

nous enculturerait-il ?

°

si ronds

les seins de l’Indienne

du Kama-Soutra

– sans silicone !

ses seins si ronds

– sans silicone !

°

une partie du public en rose :

l’après-midi (s’)avance

aux sons du Stabat Mater

(de Dvorak)

°

le toit

de l’atelier Brancusi

sculpté de pigeons

– fin septembre radieux

°

mégot à terre :

le bout rose de son filtre

– début de l’automne

avec sa patinette :

« Non !, Non ! »

: évitant les grilles métalliques

parc à la tombée du jour :

la bambine

jappe après le Yorkshire-terrier

°

chez le tourneur sur bois

l’harmonieux chant des manches

qui se choquent

°

Pas bénin,

ce harponnage informatique

du Bénin ?

°

(Hommage à Issa :)

maintes fois

ici pissai

pensant à Issa

Ici Issa

ne pissa pas

Certains font leur trou

dans la vie

Issa

fit le sien

dans la neige

°

premier mois de retraite écoulé :

que du soleil !

sans crème, brûler

sur le balcon,

ce dernier dimanche de septembre

°

d’un géranium à l’autre :

jeu du soleil

et de l’araignée

ce pot chaud de confitures

rentré du balcon –

dernier dimanche de septembre

°

les rideaux décatis

d’un magasin de livres anciens

(Reims, fin juin 2014)

°

une bouteille de jus vide

cogne et tournoie

, repart ailleurs

(: trajet de métro)

°°°

‘Une mare cachée’ : anthologie moderne de haïku – 24/24

11 juin 2015

Profils :

Katô Kôko :

Née à Kyoto en 1931. Habite Nagoya.
Docteur en littérature japonaise à l’université de Chûkyô, spécialiste de la période d’Edo (1600-1864).
Pofesseur au Nagoya Junior College.
Présidente de l’Association de poésie Kô. Editrice de la revue d’essais et de haïkus , en japonais et en anglais.

Siège au Conseil d’administration du Musée de la Littérature du Haïku, et comme directrice de l’Association Internationale de Haïku, et de l’Association de Poésie moderne anglo-américaine.
Membre du Pen Club japonais et de l’Association des Ecrivains japonais.

A écrit plusieurs recueils de haïkus, des anthologies de haïkus…

°

David Burleigh :

Né en 1950 en Irlande-du-Nord. Vit à Tokyo.

Professeur associé à l’Université Ferris

Siège au comité de l’Association Internationale pour l’étude des littératures irlandaises (Branche japonaise), et appartient au groupe de travail pour les Prix Internationaux de Haiku Masaoka Shiki.
Membre de l’Association Internationale de Haïku et de l’Association Japonaise de Littérature comparée.

A écrit plusieurs manuels anglais, des essais sur la littérature irlandaise, et trois recueils de haïkus.

°°°

A Hidden Pond

– Anthology of Modern Haiku –

a été édité au Japon (1997, 2003) sous la direction de Kôko Katô, avec traductions et commentaires de Kôko Katô et David Burleigh.

°°°

‘Une mare cachée’ : anthologie moderne de haïku – 23/24

11 juin 2015

Postface de Katô Kôko :

(…)

La poésie qui s’est développée au Japon, sous ses différentes formes traditionnelles, est une expression des sensations humaines et des sentiments personnels, tout à fait comme elle l’est à l’Ouest.

(…)

La beauté est un attribut naturel d’une telle expression poétique, qui est à la fois sincère avec ce que contient le coeur. Comme le poète John Keats l’énonça : « Beauté est vérité, vérité est beauté ».

(…)

Le mot hokku fut utilisé par Matsuo Bashô le premier, pour décrire sa propre oeuvre. Avant cela, il existait 18 mots de coupe couramment employés. Trois d’entre eux : ya, kana et keri servaient à couper un verset en deux, un peu comme une césure. Le propos de cet arrêt était de permettre au sens du verset de mieux résonner.

(…)

La raison pour laquelle j’ai mentionné l’appartenance des poètes à des groupes de haïkus est que presque tous les poètes au Japon appartiennent à des groupes, chacun desquels est mené par un maître poète. Les membres se réunissent pour faire des sorties appelées ginkô, dans le but de composer des haïkus. Ils tiennent aussi des réunions pendant lesquels ils lisent et choisissent parmi les oeuvres des membres, et ces réunions s’appellent des kukai. Le maître donne des conseils aux poètes membres, et ceci constitue un moyen important pour améliorer la technique individuelle.
Après la réforme de Shiki, le manteau du « leadership » fut porté par ses deux principaux disciples, l’un un expérimentateur, l’autre plus traditionaliste. Takahama Kyoshi (1874-1959) se montra le plus durable. Kyoshi fonda le groupe Hototogisu (« Coucou »), et édita sa revue. Depuis ce temps beaucoup d’autres groupes de haïkus sont apparus, chacun avec sa propre revue dans laquelle sont consignées les oeuvres de ses membres. On dit qu’il y a environ 800 groupes au Japon de nos jours.

Le motto le plus important pour ceux qui souhaitent étudier le haïku et progresser dans leur propre oeuvre est : « Continuer est la mère du succès ». Cela pourrait bien être la seule voie pour maîtriser le haïku. Les haïkistes qui ont écrit depuis longtemps, vingt ans ou plus, réussissent à atteindre finalement à la vraie beauté et à l’originalité. Ils deviennent vraiment formés, comme de vieux arbres qui ont vécu des centaines d’années. »

°°°

(A suivre p. 249)


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