Compte-rendu du kukaï d’Issy-les-Moulineaux

15 février 2017

du samedi 4 février 2017, dans le cadre des manifestations « La voix des roseaux / Reflets du Japon », au Centre Culturel Andrée Chédid (Issy-les-Moulineaux) :

En présence de neuf personnes, réunies autour d’une table, dans une salle de ce beau centre, nous avons d’abord procédé à la lecture de deux haïkus (principalement japonais classiques : Issa, Shiki, Buson, Bashô, Santôka; mais aussi plus modernes – japonais et français) choisis et lus par chacun(e) des participant(e)s.

Ensuite, afin de mieux faire connaître « l’esprit du haïku », nous avons lu les « Notes sur le haïkaï » de Masaoka Shiki, telles qu’exposées dans la revue « La Délirante » (N° 8, été 1982), et les « considérations pour un concours de haïku » de l’Américain – récemment disparu -James W. Hackett, telles qu’éditées par la « British Haiku Society » (dans ma traduction française).

Nous avons ensuite procédé à l’écriture d’un haïku par personne, puis au partage de ces 9 haïkus. Chacun a choisi les deux haïkus qu’il préférait, et, après les commentaires de l’un ou/et de l’autre, une fois que les voix attribuées à chacun furent comptabilisées, sont ressortis :

°

Avec quatre voix :

Dans la poussière

il me toise du regard

l’élégant gecko

: Daniel Martin.

°

Avec trois voix :

La plume griffe le ciel.
Du nuage saigne

la première voyelle.

: Frédéric Jésu ;

Lumière argentée

posée sur le méandre

L’arbre noueux veille

: Dominique Durvy ;

S’assoupissant

il pique du nez

dans son inhalation

: Daniel Py ;

sur ses courbes

traces des doigts humides

glaise de la jarre

: Cristiane Ourliac.

°

Avec une voix :

Cloche du matin

Rosée de notes dans le ciel

La lune s’endort

: Véronique Lejoindre ;

haïkus sur la table

graphies d’un instant en main

s’écartent les bruits

: Olga Bizeau.

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Nous avons ensuite librement échangé entre nous, avant de nous quitter, contents de cette aventure enrichissante.

PS : Un grand merci à M. Etienne Orsini, responsable de ces « folles journées » (pour paraphraser un autre événement musical célèbre en France,  se déroulant pratiquement au même moment) poétiques et culturelles autour du Japon, qui nous a fait confiance pour animer cet atelier !

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Unforgotten Dreams / Rêves non oubliés – poèmes

3 février 2017

du moine zen Shôtetsu (ou Shôgetsu), 1381-1459 :

7/208 (thème : « Amour, en relation avec « attelage » ») :

furihateshi / ashiyowaguruma / yasurai ni / yukitsukarenuru / koi no michi kana

Un vieil attelage

ses jambes prêtes à s’effondrer

s’arrête pour faire une pause –

épuisé de voyager loin

sur

le chemin

de l’amour

12/208 (thème : « Voyageurs traversant un pont ») :

omou koto / shibashi zo iwanu / tabihito no / watarinarawanu / hashi hosoku shite

pendant un certain temps

les voyageurs

s’arrêtent de parler :

si étroit

est le chemin

qui traverse

un pont non familier.

21/208 (thème : « Vivant reclus ») :

iwagane no / koke no shizuku mo / kogakurete / oto no kokoro o / sumasu yado kana

Sous la falaise,

l’eau gouttant

sur la mousse

est cachée par des arbres –

mais

son bruit

lave le coeur

de celui

qui loge là

27/208 (thème : « Lucioles sur un pont ») :

yamabito wa / taenuru mine no / kakehashi ni / yowataru hoshi to / hotaru to zo yuku

Où les gens de la montagne

ont tous disparu,

du sommet

et de son pont de planches *

maintenant

les étoiles

traversant la nuit

et les lucioles

cheminent

 

* un pont de corde et de planches suspendu au-dessus d’une gorge montagneuse.

31/208 (thème : « Se souvenant ») :

omokage ni / mishi yo no arite / nani ka sen / wasurenu yume o / harae matsukaze

Toutes ces images

d’un monde

d’il y a longtemps –

à quoi bon ?

Vents des pins,

venez souffler

s’il vous plaît

sur ces rêves

non-oubliés. *

 

* : Variation allusive au Shin kokinshû (1564) par Minamoto Michiteru :

Perdues dans les herbes folles, / mes manches pourrissent sous de dures larmes / deviennent le gel automnal – / comme les vents d’orage dispersent / mes rêves inoubliés. (asajifu ya / sodé ni kuchinishi / aki no shimo / wasurenu yume o / fuku arashi kana)

(à suivre…)

 

Unforgotten Dreams / Rêves non-oubliés – Introduction :

3 février 2017

Poèmes du moine zen Shôtetsu

édités et traduits par Steven D. Carter (en anglais) – par D. Py (en français).
Columbia University Press, New York, 1997.

Introduction :

p. XVI

(…) La Voie de l’uta classique – nom donné à la forme en 31 syllabes, genre choisi par Shôtetsu (ou Shôgetsu), 1381-1459, était déjà vieille de plus de sept siècles…

Toute sa vie il se considéra comme un moine, bien que quelqu’un pour qui la poésie était à la fois une profession et une vocation religieuse.

p. XXI

(…) Il chercha à être un maître de tous les styles de la tradition, depuis le style du « sentiment intense » (ushin) préféré par les conservateurs de son temps, jusqu’aux styles plus exigeants du « mystère » et de la « profondeur » (yûgen), et du « réalisme objectif » (ari no mama) de l’école de Reizei (Tamemasa, 1361-1417 ; Mochitame, 1401-1454). (…) Ses professeurs Reizei soulignaient l’importance de la discipline et croyaient que « tendre vers un seul style revenait à restreindre la Voie. » Sans aucun doute, Shôtetsu lui-même se réclamait-il de Fujiwara no Teika (1162-1241), le soi-disant « père » de la poésie médiévale, et d’aucun autre poète ultérieur, comme inspirateur.

p. XXIII

(…) Mais il y a une autre influence à l’oeuvre dans les poèmes de Shôtetsu, qui le place légèrement à l’écart de son mentor. C’est le bouddhisme, particulièrement le bouddhisme zen. Il était, après tout, moine zen et ses contemporains se référaient souvent à lui comme à Shôtetsu zenshi, ou Maître Zen ; et il dit assez explicitement qu’il entend la Loi même dans les choses silencieuses :

« Bouddhisme : Fleurs »

Chaque nouveau printemps

les fleurs

ne disent rien,

cependant elles exposent la Loi –

sachant ce qui est au coeur

des vents d’orage

qui dispersent

 

On peut, bien sûr, ne voir de tels poèmes que comme rien de plus qu’affirmations conventionnelles de la doctrine de la mutabilité (mujô), si centrale dans l’entière tradition poétique médiévale.

p. XXVII

Dans mes traductions (: Steven D. Carter dixit), j’ai choisi de ne pas employer tel ou tel format pré-établi pour la simple raison que je veux utiliser les « ressources naturelles » de l’anglais pour mieux suggérer la variété de pauses et d’arrêts dans la forme originelle des uta  (5-7-5-7-7), quelque chose qu’il me semble qu’un format uniforme ne peut pas achever.

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De Sôkan à Chiyo-ni

1 février 2017

°

Sôkan (1464-1552) :

S’ils passaient sans bruit

les hérons ne seraient

qu’une ligne de neige

à travers le ciel

Chiyo-ni (1703-75) :

S’il ne criait pas

je ne distinguerais pas le héron.

Matin de neige.

(tr. Kemmoku-Chipot)

ou :

Si ce n’était pour leur voix

les hérons disparaîtraient

ce matin de neige

(tr. Blyth-Py)

°

Compte-rendu du K.P. 122

29 janvier 2017

En présence de 22 personnes, 44 haïkus (, senryûs, …) ont été échangés. 28 d’entre eux ont obtenu une voix, ou plus.
°

Avec 8 voix :

banc d’école –

les petits doigts gelés

du gant oublié

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis.

°

Avec 5 voix :

jeunes plombiers –

après chaque intervention

un joint

: Valérie Rivoallon;

L’oeil de dorade

Dans la gamelle du chat

Tombent les flocons de neige

: Fujii Lika;

moustache naissante

un reste de Malabar

: Patrick Fetu.

°

Avec 4 voix :

grand froid –

une grue décharge le ciel

de ses nuages

: Michel Duflo;

Livre refermé –

La goutte sur le verre

évaporée

: Monique Leroux Serres.

°

Avec 3 voix :

lune cendrée –

toutes ces promesses

que je n’ai pu tenir

: Minh-Triet Pham;

nuit noire et blanche –

remplir le pilulier

de toutes les couleurs

: Eléonore Nickolay;

regard lointain

ma mère à la recherche

de sa mémoire

: Patrick Fetu ;

soldes –

au milieu des bonnes affaires

ils s’échangent des baisers

: Minh-Triet Pham;

N.B. La version d’origine de ce haïku est la suivante :

marché de Ben-Thanh –

au milieu du trafic

ils s’échangent des baisers

: Minh-Triet Pham.

°

Avec 2 voix :

béguin d’écolière –

il en reste

l’encre bleue

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

le singe hurle

une dernière fois

cocorico !

: Marie-Alie Maire;

peinte en bleu

la petite pagode veille

sur les pêcheurs

: Marie-Alice Maire;

pensant à la jacinthe

que tu n’offriras plus

à ma mère

: Daniel Py;

un vent fou

se moque des nerfs d’acier

du coq girouette

: Philippe Gaillard.

°

Avec 1 voix :

« carte bleue muette »

réchauffez la puce !

dit la caissière

: Antoine Gossart;

chute de neige

le silence

du black-out

: Eléonore Nickolay;

Dans un village perdu

Un médecin recherché

Un chat borgne trouvé

: Saori Nakajima;

l’aube

d’une terrasse à l’autre

concert de coqs

: Alice Schneider;

l’aveugle jongle

du bout de sa canne

avec les feuilles mortes

: Catherine Noguès;

métro de nuit –

une touffe de cheveux crépus

vibre sur le sol

: Valérie Rivoallon;

Nouvel an chinois

Trump élu aux USA

l’année des coqs.

: Annie Chassing;

Quel est ce chignon

Sur la tête de Beaumarchais ?

Ô c’est un pigeon !

: Catherine Noguès;

séance d’étirements –

au coach de la télé

je rends son sourire

: Danièle Etienne-Georgelin;

Seule au chemin désert

Un petit rouge-gorge

me suit pourquoi ?

: Rikako Ando;

Sous la douche

Avec ma savonnette

En forme de coq

: Marie Barut;

Un coq à ma porte

Me rappelle mes « cinq fois douze »

Soixante ans bientôt !

: Fabrice Dujour;

Un mouton insomniaque

compta le dernier homme

Le cri d’un coq

: Saori Nakajima.

 

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Monique Leroux Serres qui, avec Grace Keiko, a traduit le recueil de haïkus de Chiyo-ni, paru très récemment aux éditions Pippa, sous le titre de  Chiyo-ni Une femme éprise de poésie, nous a présenté leur ouvrage.

Daniel Py, qui a coordonné la première anthologie contemporaine de haïkus en France aux Editions Pippa, également sorti tout récemment, sous le titre de Passion Haïku, l’a également fait circuler.

Valérie Rivoallon nous a rappelé le concours de haïkus sur le thème du voyage (3 haïkus à faire parvenir avant la fin du mois de janvier – dans deux jours ! – à Françoise Lonquety (courriel : flonquetAROBASEnumericable.fr)) qui fera l’objet d’une lecture le lundi 13 mars, à 18h30, au « Bateau Ivre », 5 rue P. Bérégovoy, à Clichy-la-Garenne.

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Le prochain kukaï de Paris se tiendra le samedi 4 mars 2017

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« So Happy to see Cherry Blossoms »

27 janvier 2017

Haïkus de l’Année des Grand tremblement de terre et raz-de-marée, anthologie par Madoka Mayuzumi, Ed. Red Moon Press, 2014 :

ABE Ryûsei (11 ans, ville de Yamada, Iwate) – 48 :

Je suis si content de voir les fleurs de cerisier à pleine maturité *

ce haïku donna à Madoka Mayuzumi le titre de son anthologie : « So Happy to see Cherry Blossoms », (Haïkus de l’Année du Grand Séisme et du Grand Tsunami), Red Moon Press, 2014.

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AKAGAWA Seijô (86 ans, Sendai, Miyagi) – 75 :

condoléances pour le séisme même du saké doux dans le colis

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AMI Takao (66 ans :Sendai, Miyagi) – 62 :

La mer s’étant calmée je verse du jeune thé *

« Shincha » (« nouveau thé ») renvoie au thé cueilli à la fin du printemps et mis sur le marché au début de l’été.

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ARA Fumiko (91 ans : Village d’Iitate, Fukushima) – 30 :

froid printanier douloureux d’évacuer à 90 ans

– 95 :

Même pendant l’évacuation les répliques continuent jusqu’au Festival d’O-Bon

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ARA Kazuko (63 ans, de Minamisôma, Fukushima) – 50 :

Au quartier des affaires frappé par le désastre viennent les hirondelles

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EBIHARA Yuka (44 ans : Minamisôma, Fukushima) – 34 :

désastre du séisme débris empilés sur la Colline des Fleurs

– 97 :

La lumière de la pleine lune enveloppe lentement un village dépeuplé

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FUNAHASHI Matsuko (59 ans : Minamisôma, Fukushima) – 61 :

le train abandonné sur sa voie la pluie de mai

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GORAI Shôko (78 ans, Minamisôma, Fukushima) – 67 :

Evacuée la maison vide murmure de jeunes hirondelles

– 90 :

A Tanabata * « Je veux maman » dit un enfant de victimes

* Tanabata, un des cinq festivals sacrés du Japon.

G.S : « Un garçon de quatre ans qui perdit ses parents dans le raz-de-marée dit « Je veux maman », quand on lui demanda quels étaient ses souhaits pour les parures de Tanabata. »

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HATTORI Nami (64 ans, Shiogama, Miyagi) – 17 :

Panne dans la cuisine seule une lune trouble

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HAYANO Kazuko (81 ans, ville d’Iwaizumi, Iwate) – 101 :

ville natale près de la plage après tout de nouvelles pommes de pin

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HIRAMA Chikuhô (89 ans, ville de Shibata, Miyagi) – 82 :

sous le soleil brûlant un bateau flotte sur un monceau de débris

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HOSHIZORA Maiko (18 ans, Kesennuma, Miyagi) – 111 :

l’année qui s’achève cette année je n’ai que trop pleuré

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KAWABATA Michiko (80 ans, Ishinomaki, Miyagi) – 92 :

au pays des séismes des voix allègres pleines de soleil automnal

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KIKUTA Tôshun (84 ans, Kesennuma, Miyagi) – 110 :

en récupération dans un camp provisoire le saké est chaud

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KOIDE Toshie (75 ans, Minamisôma, Fukushima) – 108 :

enroulant un enfant dans une seule couverture la nuit du raz-de-marée

– 58 :

Les hirondelles n’ont pas oublié la maison endommagée

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KOIKE Michiko (41 ans, de Miyako, Iwate) – 43 :

amassant la boue à la pelle rejetant la boue à la pelle lueur du soir de printemps

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KONNO Eiko (69 ans, Fukushima, Fukushima) – 70 :

emporté un bateau de pêche reste là dans le champ estival

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KÔRI Ryôko (77 ans, Minamisôma, Fukushima) – 71 :

à Fukushima les humains ne peuvent plus vivre les herbes prospèrent

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MIYAKI Mieko (63 ans, Minamisôma, Fukushima) – 68 :

Evacués mère et fils sortent voir les lucioles

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MORI Mikiko (40 ans, Kesennuma, Miyagi) – 98 :

Sur le pays dévasté la lumière de la lune brille franchement

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OKADA Akiko (78 ans, de Tagajô, Miyagi) – 44 :

comme en rampant une autre réplique arrive dans l’obscurité printanière

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ÔMIKA Chieko (85 ans, Minamisôma, Fukushima) – 100 :

Avec le désastre difficile à cerner le froid qui s’insinue

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SAITÔ Kazuko (82 ans, de Sendai, Miyagi) – 52 :

en moi les répliques sont venues habiter profond printemps

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SAITÔ Keisui (77 ans, ville de Yamamoto, Miyagi) – 40 :

Il ne reste que des débris dans ma ville natale la montagne sourit *

* Le mot de saison, « yama warau », « la montagne rit », « la montagne sourit » désigne le printemps. Il provient de la première ligne d’un poème chinois écrit par le peintre « de montagne et d’eau » Guoxi (1023-1085) :
la montagne de printemps est simple-sensuelle, comme si elle souriait **

(…)

** Le caractère chinois pour « rire », « sourire », signifie également « fleurir ».
N.B. : Nombre de kigos japonais proviennent du chinois (voir aussi un article récent sur https://haicourtoujours.wordpress.com/, à ce sujet).

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SAKAKIBARA Kôji (35 ans, Morioka, Iwate) – 115 :

dans un port alignés pour une prière silencieuse le Premier jour de Travail

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SATÔ Isao (69 ans : village de Noda, Iwate) – 63 :

resté maintenant seul, cette brise odorante

– 107 :

se regroupant autour de lampes provisoires l’hiver commence

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SATÔ Kuniko (79 ans, Minamisôma, Fukushima) – 16 :

les vagues du printemps en partant avalent mon village

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SATÔ Nobuaki (77 ans, Iwanuma, Miyagi) – 74 :

Tenant un pot de roses elle déménage dans une maison de fortune

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SHIGA Atsuko (78 ans, Minamisôma, Fukushima) – 27 :

Où je suis venue fuir les radiations les pissenlits jaunes

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SHIGA Hideki (81 ans, village de Kawauchi, Fukushima) – 65 :

un seul pin dans le raz-de-marée du siècle debout, vert

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TAKAE Sueko (77 ans, Minamisôma, Fukushima) – 89 :

les rails d’acier de la ligne désaffectée rouillant : vulpins *

queues de renard.

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TAKAHASHI Aiko (83 ans, Minamisôma, Fukushima) – 94 :

Père Mère au travers de violents séismes je lave leur tombe

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TAKANO Mutsuo (64 ans, ville de Tagajô, Miyagi) – 45 :

sur la quille du bateau retourné les fleurs de cerisier n’arrêtent pas

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YOKOTA Kiichi (83 ans, village de Kawauchi, Fukushima) – 93 :

Pour Tanabata je souhaite seulement que l’évacuation soit suspendue

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YOSHIDA Keiko (70 ans, ville de Shibata, Miyagi) – 51 :

Les cerisiers fleurirent et se dispersèrent avec les enfants qui ne reviendront pas

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YOSHINO Hiroko (38 ans, ville de Namie, Fukushima) – 15 :

froid printanier et la maison et la voiture emportées

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Origine chinoise des kigos

23 janvier 2017

De Madoka Mayuzumi, in « So happy to see Cherry Blossoms » (Haiku from the Year of the Great Earthquake and Tsunami), Red Moon Press, 2014 :

« On peut retracer les origines du kigo aux genres établis pour le Wenxian, l’anthologie chinoise de poésie et de prose en 60 volumes, que le Prince Héritier Zhaoming (501-531) édita. »

« Les poètes japonais apprirent beaucoup des poètes chinois, mais ils adoptèrent aussi les divisions et les pratiques saisonnières astrologiques de la Chine. Avec comme résultat que beaucoup de mots et de concepts de saison aujourd’hui dérivent de ce pays. »

(p. 41).

« Ritto, « l’hiver commence », (lidong en chinois) est un des vingt-quatre segments saisonniers qu’utilisaient les Chinois pour diviser l’année. »

(p. 107).

Noir et blanc

22 janvier 2017

« Si vous photographiez les gens en noir et blanc, vous photographiez leur âme. Alors qu’en couleur vous photographiez leurs vêtements. »

: Ted Grant, photo-journaliste canadien.

 

Si vous ornementez votre haïku, vous êtes dans le paraître…
Si vous le dépouillez, vous vous approchez de l’être.

 

« La poésie d’autres écoles est comme une peinture en couleurs.
Dans mon école, on devrait écrire la poésie comme si c’était une peinture en noir et blanc. »

: Bashô (1644-1694).

 

 

Tocartistes ?

19 janvier 2017

Même avec le haïku, certains pratiquent le toc-art.

Ces tocartistes !

Un haïku tocard est avant tout un haïku artificiel.

/

(- Un haïku où l’auteur veut se faire mousser ?…)

 

Haïkoup de gueule ?

18 janvier 2017

Je n’aime pas les haïkus

où l’auteur se masturbe le cerveau

avec ses pensées, ses rêves, ses désirs…

son petit moi anecdotique et à vrai dire tout-à-fait inintéressant.

(18/1/17)