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Compte-rendu du kukaï de Paris 113 :

22 mai 2016

En présence de notre amie invitée d’honneur Jeanne Painchaud, du Québec, de passage en France, nous étions 18 participants à notre réunion de samedi dernier.

Après un tour de table pour nous présenter, Jeanne nous a parlé de son parcours de haïkiste, et de ses ouvrages, dont le dernier, qu’elle avait apporté, et qui a recueilli un franc succès :

Découper le silence (Regard amoureux sur le haïku), éditions Somme toute, Montréal (QC), 2015,

qui, selon ses propres paroles, est le livre qu’elle aurait voulu pouvoir lire, quand elle a débuté dans le haïku. J’en extrais le haïku inspiré par son fils (haïku qui « appartient » à son premier recueil de haïkus : Je marche à côté d’une joie (première édition : Les heures bleues, 1997; deuxième édition : éd. de L’instant même et éd.Les 400 coups, 1997.) :

Ta petite question

Au-dessus de mon livre:

« tu lis le blanc ou le noir? »

°

Puis nous avons procédé à notre « kukaï » proprement dit, où trente-neuf haïkus ont été échangés. Vingt-sept d’entre eux ont obtenu une voix ou plus.

°°°
Avec quatre (4) voix :

Par la porte ouverte

Un peu de lumière

sur la lumière

: Monique Leroux Serres;

rosée matinale –

le chat a l’air

de marcher pieds-nus

: Antoine Gossart;

trop petites ses mains

pour tant de coquillages

: Patrick Fetu;

vent du large –

il déploie ses ailes

l’oiseau de papier

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis.

°

Avec 3 (trois) voix :

petit déjeuner –

la vie retrouve

un goût de miel

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

sommeil flottant

les canards immobiles

posés en plein ciel

: Antoine Gossart;

tombes oubliées –

leurs noms lus

à voix haute

: Michel Duflo.

°

Avec deux (2) voix :

bruit feutré

des roues de la poussette

dans les pétales du cerisier

: Lucia Dinga-Supova;

dernier métro

la nuit plus intense

le regard des hommes aussi

: Jeanne Painchaud;

pleine lune

poches vides

des soirs comme ça

: Jeanne Painchaud;

ses larmes

elle les garde pour les pierres –

une fourmi s’abreuve

: Valérie Rivoallon;

sur la photo

déchirée une jeune fille

inconnue – ma mère

: Jacques Quach;

sur Skype

un ami mort

déconnecté

: Martin Dinga;

tableau –

l’air penché

du contrebassiste

: Daniel Py;

un lézard veille

sur la pierre tiède

le temps immobile

: Nicolas Lemarin;

vue panoramique –

sur 180 degrés

le brouillard

: Michel Duflo;

°

Avec 1 (une) voix :

ces quatre feuilles rouges

gardent en silence

le souvenir de l’automne

: Philippe Bréham;

couloir d’hôpital

à la chambre douze –

un air d’opéra

: Jacques Quach;

envie pressante –

plus accessible que jamais

le mur Facebook

: Minh-Triêt Pham;

Fraises matinales –

Les petits avalent 

avec gouttes de rosée.

: Hiro Hata;

Légère brise

De pétales de cerisier

baptisée

: Monique Leroux Serres;

L’ombre du mûrier

au pas du soleil couchant

rejoint le muret

: Nicolas Lemarin;

Pissenlit –

J’ai hésité avant de choisir

toute seule.

: Hiro Hata;

porte cochère

deux amoureux

ne font plus qu’un

: Patrick Fetu;

Rafale de vent

entre les pâquerettes

neige de pétales

: Marie-Alice Maire;

Sur sa manche

un pétale de cerisier

le SDF mendie

: Marie-Alice-Maire;

un homme souriant

apporte six parapluies

au cimetière

: Daniel Py.

°°°

Bravo et merci à toutes et tous (et à Jeanne d’avoir accepté notre invitation, et de nous avoir gratifié de moments très chaleureux et enrichissants)!

Notre prochain kukaï aura lieu samedi 11 juin, le week-end même du Marché de la Poésie, place Saint-Sulpice, à Paris.

°°°

 

 

 

 

 

 

Compte-rendu kukaï de Paris 112 :

10 avril 2016

Nous étions 19 personnes présentes samedi 9 avril 2016 pour notre 112è kukaï. 40 haïkus ont été échangés et commentés et appréciés. 28 d’entre eux ont obtenu une voix ou plusieurs :
°°°

Avec 6 voix :

route de nuit –

les courbes parfaites

de ses genoux

: Michel Duflo.

°

Avec 4 voix :

cerisiers en fleur

de nouveau croire

à ses promesses

: Eléonore Nickolay;

concert à l’église :

le musicien chauffe ses doigts

au-dessus des cierges

: Daniel Py.

°

Avec 3 voix :

blancheur –

les flocons fondent

sur la neige

: Francis Kretz;

dernière visite –

le ciel d’orage

apaise mon coeur

: Jacques Quach;

heure d’affluence –

un seul souci

mes chaussures neuves

: Antoine Gossart ;

première mouche –

comment lui refuser

cette valse

: Michel Duflo ;

terrasse un soir d’été

il achète une rose –

seul à une table

: Philippe Bréham.

°

Avec 2 voix :

de ce côté-ci du parc

et de l’autre aussi

l’arbre rose

: Daniel Py ;

des « Ah! » tout en haut

des « Oh! » tout en bas

sur la balançoire

: Philippe Gaillard ;

D’un geste rapide

Sous sa jupe d’uniforme

Une autre plus courte

: Catherine Noguès ;

giboulée

dans les rigoles ruisselantes

des rondes de pétales

: Cécile Duteil ;

jardin bio –

le groupe de visiteurs

bourdonne aussi

: Dominique Borée ;

La tranche défraîchie

du Larousse illustré

Brise printanière

: Monique Leroux Serres ;

Piétinement

au pied du mur blanc

l’ombre d’un magnolia

: Marie-Alice Maire ;

Théâtre en plein air –

sous l’arc-en-ciel

le rideau de pluie

: Antoine Gossart.

°

Avec 1 voix :

année du singe –

elle refait sa soupe

à la grimace

: Minh-Triêt Pham ;

Au marché

la dame opulente demande

un maigre *… bien gros

: Marie-Alice Maire ;

* : nom vulgaire de la sciène : poisson osseux (de la famille des téléostéens acanthoptérygiens), à nageoires épineuses, de grande taille, carnassier, à la chair très estimée. (: le petit Robert.)

avril au balcon –

les pensées aussi sombres

que les miennes

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

bourgeons d’arbre de Judée

le chant de parade

d’un étourneau

: Dominique Borée ;

interpellation –

de l’autre côté de la rue

une mésange

: Valérie Rivoallon ;

Le vin chaud avec la lune

Mes amis sont en débat

Au sujet de l’art pictural

(amélioré, grâce à la complicité de Monique Leroux Serres, en :)

Vin chaud sous la lune

Mes amis débattent

d’art pictural

: Hiro Hata ;

première baignade

courant sur le sable

les ombres des nuages

: Jacques Quach ;

premiers pépiements

la nuit se volatilise

: Patrick Fetu ;

quai –

les mouvements mécaniques

de la souris

: Valérie Rivoallon ;

ton corps respire

ma main sur ton épaule

la nuit s’écoule

: Francis Kretz ;

39,5 ° –

toute la nuit à l’écoute

de son souffle

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

trombes de grêle

sur le gravier battu

des pétales diaphanes

: Cécile Duteil.

°°°

Notre prochain kukaï aura lieu le 21 mai prochain.

 

 

Ogiwara Seisensui 16/19 – pp. 321-6.

31 mars 2016

Seisensui publia certains de ses propres haïkus sous forme de distiques. En voici deux, écrits en 1914 :

une voile au loin

le vent souffle fort dans les yeux du timonier

pas une seule tombe non éclairée

cet endroit grouillant de villageois

Il écrivit beaucoup de poèmes semblablement sur deux lignes autour de cette époque, mais il en vint graduellement à douter du bien-fondé de les appeler haïkus. Dans le haïku, ressentait-il, une des lignes est sémantiquement plus lourde parce que le haïku a une seule focale. « Je devins conscient« , confessa-t-il, « qu’un haïku devrait avoir une focale rassemblant tous les rayons de la lumière« . Relisant le premier haïku cité plus haut, il admit qu’il y avait deux focales – la voile et le vent. Afin que le poème soit un haïku, il sentit qu’il devait se concentrer sur une des deux, et il le récrivit pour boomer sur le vent avant de l’inclure dans sa collection de haïkus.
Seisensui n’abandonna cependant pas la poésie sur deux lignes. A la place, il essaya de la développer sous forme de strophes indépendantes. L’essai atteint son apogée en 1918, quand il publia nombre de tels distiques aussi bien qu’un long essai jetant des fondations théoriques pour la forme expérimentale. En résumé, ces fondations étaient le désir du poète d’écrire un poème court qui permet le passage du temps, contrastant avec le haïku qui cristallise une compréhension momentanée dépourvue d’éléments temporels. « La vie du haïku réside dans son moment concentré« , expliqua-t-il. « Il ne peut pas vraiment représenter le rythme du temps. Mais un poème sur deux lignes semble capable de suggérer un rythme temporel« . En d’autres termes, il essaya d’utiliser la nouvelle forme pour exprimer des expériences qui semblaient trop longues pour le haïku. En voici deux exemples :

(Printemps chaud)

du rebord de la baignoire

le temps tranquillement déborde

(Hiver)

Le ciel s’approfondit jour après jour

chaque arbre en vue se dénude

Comme ceux-ci – et à la différence du haïku – beaucoup de ces distiques ont des titres. Ils montrent également une structure plus logique que le haïku ordinaire. Ces deux faits peuvent être dûs à la présence d’éléments temporels. Tandis qu’un poète de haïkus exprime une compréhension avant qu’elle ait le temps de se figer, un écrivain de distiques choisit de méditer sur sa compréhension, laissant le temps à son intellect d’entrer en jeu. Un poème écrit ainsi a des chances d’avoir un thème plus concret et une structure mieux ordonnée; il demande un titre également.

L’appel de Seisensui pour une poésie sur deux lignes tomba dans des oreilles de sourds. A peine personne ne répondit, sauf un petit groupe de ses propres élèves. Il est facile de comprendre pourquoi. Les poèmes sur deux lignes ont une forme de strophe fixe, avec moins de liberté d’expression que des versets libres, et n’ont pas les siècles de tradition qui polirent tankas et haïkus. Si une forme fermée ne contribue que peu ou pas à l’expression poétique, on peut aussi bien écrire des vers libres. Les propres poèmes de deux lignes de Seisensui ne favorisèrent pas non plus la cause parce que, en général, ils étaient moins qu’inspirants. La forme sur deux lignes fut une expérience intéressante, mais pas beaucoup plus.

En plus de mettre l’accent sur l’importance de la césure dans le haïku et de développer cette pause dans une forme expérimentale de distiques, Seisensui reconnut d’autres pauses, plus courtes, dont il pensait qu’elles donnaient de la complexité et des variantes au rythme global d’un haïku. « Pauses » n’est peut-être pas le terme approprié, étant donné que le lecteur ne s’arrête pas nécessairement de lire à ces endroits; elles sont plus sémantiques que d’élocution. Elles se produisent  essentiellement quand une expression ou quelque unité grammaticale se termine et qu’en commence une autre. Selon Seisensui, dans la plupart des cas, un haïku aura trois, quatre ou cinq expressions semblables; la combinaison de leur nombre et de leur longueur donne au haïku son rythme unique.

Qu’un haïku puisse être un poème de trois locutions est facile à voir. Un haïku traditionnel, avec sa structure en 5/7/5 se scinde facilement en trois parties séparées par deux pauses. Par exemple, dans le célèbre haïku de Buson :

fleurs de moutarde :

la lune à l’Est

le soleil à l’Ouest

il y a trois locutions distinctes correspondant aux divisions de la structure en 5/7/5. Seisensui se propose d’illustrer ce trait structurel en utilisant un triangle (voir fig. 1) Le dessin a l’avantage de montrer que les locutions « la lune à l’Est » et « le soleil à l’Ouest » ne correspondent pas seulement l’une à l’autre, mais répondent à « fleurs de moutarde » depuis leur position respective. Seisensui observa que « la scène s’étend loin vers l’est et loin vers l’ouest, avec la vaste étendue de fleurs de moutarde reliant les deux. De fait, c’est un énorme triangle. C’est comme si l’immense triangle recouvrait tout entre le ciel et la terre.

(Figure 1 = analyse du haïku de Buson, I.)

Seisensui trouva aussi une forme triangulaire dans ce haïku de style libre de Sensuirô (+ 1964) * :

un enfant

et la route vers un temple

après l’averse

(voir figure n° 2.)

* Sensuirô fut membre fondateur d’une revue des débuts du haïku de style libre, « Expérience », mais il devint un contributeur régulier de « Nuages en strates » après avoir rencontré Seisensui en 1914. Il publia également sa propre revue de haïkus : « Fenêtre ».

(Figure 2 : Analyse du haïku de Sesnuirô, I.)

Il compara le haïku à une peinture appelée « Paysage avec enfant ». Le poème lui fit visualiser un enfant au premier plan, quelques nuages de traîne à l’arrière-plan et un temple avec sa route à mi-chemin entre les deux. Les trois éléments du paysage constituant les trois points du triangle.
Seisensui croyait cependant que le haïku de Sensuirô pouvait aussi former un carré; en fait il préférait cela. La forme du poème ressemblerait alors à ceci

(figure 3 : Analyse du haïku de Sensuirô, II.)

un enfant   …  après l’averse

.                                                      .

et la route  …  vers un temple

Le carré permet à l’enfant et au temple de se faire face, et il sépare la route du temple et la rapproche de l’enfant. Seisensui pensait que ces changements aidaient le lecteur à visualiser l’enfant sur la route. Le carré suggère également que l’enfant et le temple sont en relation – les enfants japonais jouaient souvent dans les cours des temples – et éclairait ainsi l’image du temple, le faisant correspondre  avec le sentiment rafraîchissant de l’air après l’averse.

En général, Seisensui semble avoir préféré disséquer un haïku en quatre parties, que le haïku ait une structure en 5/7/5 ou pas. « Un haïku traditionnel a 5, 7, et 5 syllabes », écrivit-il. « Chaque groupe de cinq syllabes représente normalement une unité sémantique, tandis que le groupe de sept en contient deux. Conséquemment, beaucoup de haïkus ont quatre unités de sens. » Dans sa vision, le haïku de style libre est plus fidèle à l’idée d’un poème en quatre parties puisqu’il n’est pas restreint par la structure en 5/7/5. « Vous pouvez ressentir que le haïku est une forme restrictive si vous considérez que c’est un poème de dix-sept syllabes« , dit-il, « mais essayez d’y penser comme d’un poème à quatre unités. Alors la longueur du poème – c’est-à-dire le nombre de syllabes – sera déterminée par la longueur des mots contenus dans chaque unité. Le poème peut comprendre 18 ou 19 syllabes, ou seulement 15 ou 16 en tout. Si vous considérez le haïku comme un poème de quatre unités… vous trouverez que le haïku est quelque chose d’excessivement libre et naturel. »

L’argument de ce passage est basiquement le même que celui présenté quand Seisensui pressait les poètes de haïku de suivre le rythme interne plutôt que le modèle extérieur en 5/7/5, sauf qu’il concevait ce rythme interne comme étant constitué de quatre parties.
Seisensui offrit un certain nombre d’exemples pour soutenir sa théorie  qu’un haïku se compose de quatre parties. Comme nous l’avons vu, il cassa le modèle de Bashô sur 5/7/5 en quatre :

rassemblant les pluies

du début de l’été,

comme est rapide

la rivière Mogami!

Un autre exemple qu’il cita fut le haïku de Bashô sur les plants de bananiers qui montra

 

Ogiwara Seisensui – 11/19 – pp. 305-8

28 mars 2016

Seisensui et ses adeptes tinrent beaucoup de sessions semblables pour scruter les haïkus de chacun. Les discussions aboutirent parfois à des révisions, parfois non; dans chaque cas elles contribuèrent à ce que chaque poète prenne conscience de son propre processus de création. Le débat était parfois houleux. L’un d’entre eux prit en compte le haïku de Aoki Shikunrô (1887-1968) * :

un pot de

chrysanthèmes jaunes

* Shikunrô fut un membre éminent du groupe « Nuages en strates », entre 1915 et 1940. Seisensui louait souvent sa sensibilité rythmique. Il publia sept recueils de haïkus.

La plupart de ceux qui étaient à la réunion n’aimèrent pas ce poème; certains, en fait, se demandaient si cela pouvait même être appelé un poème. Ils admirent que les chrysanthèmes jaunes étaient plus poétiques que les blancs ou les rouges parce que leur couleur cédait l’impression de rassembler les rayons du soleil d’automne, mais ils critiquèrent le poème de ne pas exprimer le sentiment du poète. L’un d’entre eux dit que c’était seulement le titre d’une peinture, et un titre banal, en plus. Ils se tournèrent enfin vers Seisensui qui avait jugé le poème assez bon pour le publier dans « Nuages en strates »

Seisensui, jouant maintenant le rôle d’avocat de la défense, proposa d’abord qu’ils comparent les trois  compositions suivantes :

A)

Le pot

est de chrysanthèmes jaunes

B)

Il y a un pot de

chrysanthèmes jaunes

C)

C’est un pot

de chrysanthèmes jaunes.
Seisensui s’accommoda de ce que A) n’était pas de la poésie, B) en était proche, mais n’en était pas tout à fait, C) était du royaume de la poésie. Selon Seisensui, A) énonçait une reconnaissance intellectuelle, et par là n’était pas de la poésie, B) peignait un objet existant en dehors du poète; C) présentait une perception  qui avait été intériorisée, le coeur du poète ayant touché l’essence du sujet. Seisensui argumenta que Shiki et ses adeptes avaient tendance à écrire des poèmes « il y a », comme l’exemple B), parce qu’ils essayaient de peindre un objet extérieur. « En opposition à eux », dit-il, « j’aimerais me faire l’avocat d’un haïku « c’est », un haïku qui souligne la perception. » Il proposa de réviser le poème de Shikunrô en :

de chrysanthèmes jaunes

un pot

 

parce que cela s’approchait au mieux de C). Il ressentait que le poème ainsi révisé articulerait le sentiment satisfait du poète de posséder toute la beauté de l’automne.

L’argument de Seisensui ne convainquit pas toutes les personnes présentes.*

* Shikunrô, qui était absent, mais entendit parler du débat, n’était pas convaincu non plus. La différence d’opinions le mena en fin de compte à quitter Seisensui et le groupe des « Nuages stratifiés ».

 

L’une d’entre elles remarqua que si les lignes de Shikunrô méritaient le nom de haïku, des lignes telles que :

une pile de

mandarines

devraient aussi être appelées haïku, et qu’on pouvait facilement composer toutes sortes de haïkus en employant le même format. Un autre participant demanda si chaque perception pouvait devenir de la poésie, ou si une véritable oeuvre d’art ne demandait pas plus que la simple expression d’une perception. Les réponses de Seisensui à ces deux furent longues et fortes, mais pa strès convaincantes. Il concéda enfin qu’il considérait le haïku de Shikunrô  comme étant de la poésie, mais qu’il ne la comptait pas parmi ses toutes préférées.

Cet épisode suggère une faiblesse dans la conception de Seisensui du processus de création. Il écrivit beaucoup, avec pas mal d’éloquence, sur l’art d’écrire des haïkus de style libre, pressant les poètes débutants de sortir au soleil et d’observer la nature avec fraîcheur, de laisser leur coeur s’immerger dans la nature et de sentir son pouls en eux. Ce sentiment, professa-t-il, devrait s’exprimer avec brièveté, précision, et un rythme naturel. Il enseigna aussi l’importance de montrer ses poèmes à autrui pour critiques. Mais, généralement parlant, ses conseils s’arrêtèrent là. La plupart de ses livres à propos de l’art d’écrire des versets étaient destinés aux débutants; leurs titres comportaient souvent des mots comme « introduction » et « Comment faire… ». Bien qu’ils soient lucides et stimulants, ces livres ne sont pas profondément philosophiques. Seisensui était un missionnaire, pas un théologien.

 

(à suivre… : « Vers le naturel et la simplicité« )

Résultats du 111ème kukaï de Paris

15 mars 2016

Samedi 12 mars à 15 heures, nous étions 10 présents autour de notre table au bistrot d’Eustache.
Nous avons échangé 35 haïkus.

20 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus.

°

Avec trois (3) voix :

midi au clocher –

brisant le silence glacé

le cri d’une pie

: Marie-Alice Maire.

°

Avec deux (2) voix :

bouse fraîche –

le paysan scrute

les nuages

: Michel Duflo;

dans la mienne

sa petite main

le chemin moins long

: Patrick Fetu;

Faux-pas au concours –

Dans les yeux de la danseuse

deux lacs

: Danièle Etienne-Georgelin;

grasse matinée

dans le creux des genoux

mon chien

: Eléonore Nickolay;

journée de prévention routière –

elle laisse entrevoir

son string fluo

: Minh Triêt Pham;

Le bref déclic

du compteur qui passe en nuit

Est-ce ainsi la mort?

: Monique Leroux Serres;

les papillons blancs

réjouissent les feuilles

leur donnent des ailes

: Catherine Noguès;

l’oiseau envolé,

la lumière se balance

: Daniel Py.

°

Avec une (1) voix :

belle connerie

le projet de loi d’El Khomri

au travail

: Daniel Py;

des heures durant

le vieux regarde la pluie

et moi le vieux

: Ben Coudert;

EHPAD

son passé lui échappe

le présent aussi

: Patrick Fetu;

la fleur de lotus

sous un rideau de pluie

retient son souffle

: Catherine Noguès;

L’équinoxe de printemps –

J’ai entendu le bruit de mes os

Quand j’ai bâillé

: Hiro Hata;

l’escalier sombre

de la maison d’enfance

loup y es-tu ?

: Jacques Quach;

le vieux chêne

tout nu sur un tapis de

jeunes jonquilles

: Jacques Quach;

premiers rayons –

passer encore ma main

dans ses cheveux

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

tête-à-tête

oublier le champagne

boire ses paroles

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

ton souffle sur mon épaule

si légèrement senti –

mon rêve revient…

: Philippe Bréham;

Une luciole d’hiver

cet éclair est un poète

ou une fée?

: Hiro Hata.

°

Sans voix, mais remarqués :

abandonnée là

une paire de chaussures

remplie de grêlons

: Michel Duflo;

fin d’hiver –

un flamboyant en fleurs m’arrive

par carte postale

: Michel Duflo;

Glace hivernale

Sa longue barbe blanche

me tire une aumône

: Monique Leroux Serres.

°

Notre prochain kukaï aura lieu samedi 9 avril 2016, au bistrot d’Eustache, à 15 heures!

°

 

Haïkus, senryûs, kyôkus, etc. Py – Nov. 15 – 1):

3 décembre 2015

°

grenouille,

bredouille

– l’étang dort

l’étang dure –

Lola (la grenouille) se détend

(Lola) se défend

au saut élastique

 

La grenouille se détend,

ressort…

, se détend, s’allonge

, quelle cuisse !

La cuisse (légère ?),

aérienne !

: Etang-tatives,

étang-tations

°

(pendant ce temps-là)

le jour monte,

hausse ses couleurs, *

1er novembre.

* (hisse les couleurs…)

°

tous les premiers mercredis du mois

une minute 41 de sirène à midi

(me dit le calendrier

des sapeurs-pompiers

si la si rè

ne retentit

: fermez les fenêtres

ouvrez la radio

°

« Pour avoir des lèvres de rêve » :

la labiaplastie

ou nymphoplastie

°

Suites de son opération :*

son visage-

Halloween

* : infection,

°

L’arbre à cons…

– Vérifions si nous y sommes !…

°

Les escargots *

caracollent au plancher

* = « caracol » (: esp.)

°

De l’ogre d’Halloween

à l’orgue de la morgue ?

– Toussaint

Toussaint,

la paix des mores ? *

* / la paie des morts… /

°

… de gros grains de raisin blond…

°

balcon nogentais :

une table, deux chaises

reçoivent

la pluie

°

(Kyôku :)

Les mots du haïku

ne sont pas là pour meubler

/ combler… le vide,

… mais pour le mettre en valeur… (?)

°

un mille-pattes

luit sous le lampadaire –

lune noire dans trois jours

°

Le monde sera-t-il plus sale

après que tu l’auras quitté ?

°

depuis des années

ce mendiant aveugle

qui ne s’accompagne que de Brassens

(dans le métro)

°

papa pousse bébé tient poupée

(rue de Rome, 5/11)

°

Tout ce monde affairé :

cohue capitale

du matin

(métro, RER, …)

(et) marcher à pas lents

(escomptés…),

c’est pas la vie, ça ?

RA

LEN

TISSEZ !

°

Fête des Pères –

une femme cueille des roses

au bout des rangs de vigne

(Orly-ville, juin 15)

°

(Bashôtage :)

Mes voisins de Dnipropetrovsk,

comment vivent-ils

(ce matin à 5h35) ?

(Millau, 30/10/15)

Six jours plus tard je vois (sur W9)

l’équipe de Saint-Etienne

qui rencontre Dniepropetrovsk

en Ligue Europa de football !

(Orly, 5/11)

°

l’ho

riz

on

°

(9/2006, métro :)

Elle tricote,

on dirait,

les fils de son baladeur

°

(16/9/06 – métro parisien :)

All the jewelry

atop her breast

– my silent hands

Toute cette bijouterie

sur sa poitrine –

– mes mains sages

°

L’homme qu’a bossé,

l’homme cabossé

°

(Kyôkus :)

Haïku :

Alléger le trait

Ecrire =

se vider la tête…

Affiner le trait

Haïku :

Laisser gagner le blanc.

°

les géraniums en pleine efflorescence –

approche de la lune noire

°

le trottoir sec

mouillé sous les feuilles

°

papillon brun dans la rue

lune noire de novembre

°

dessous féminins

(:) la légèreté

du fil

°

tout l’or

°

le rythme récurrent

°

(Saori Nakajima, au kukaï de Paris :)

« Le haïku n’est pas sentimental;

le tanka, oui ! »

°

des corps de métier

suspendus

bleu sur bleu

°

horizontal un oiseau

traverse le matin –

une grue au bout du gris

°

lacet sur le trottoir –

serpent noir de l’hiver ?

°

(Sur une illustration de Mitsuru Ikeda, p. 51 de Haïkus satiriques (de Kobayashi Issa), par Seegan (Laurent) Mabesoone, éd. Pippa, 2015 :)

du bord de la rive

les grenouilles regardent la capitale

et se marrent

(: 9/11, vers 7h55)

du bord de la rive

regardant la capitale

des grenouilles se marrent

(même jour, 9h25)

°

Je viens d’écrire un senryû sur des grenouilles,

ses chaussures de sport vertes

(métro, ligne 14, 8h)

… puis le sac vert

de sa voisine…

°

détachant une feuille de géranium,

une libellule verte

s’envole de sous le balcon

°

(Tanka – devant une peinture chinoise de montagne… :)

Seul compte

le paysage qui s’ouvre devant soi

– s’oublier

un peu

°

(Avenue de Clichy :)

fondue dans un décor

d’encombrants

la mendiante

(: vers 9h40)

d’un abri-bus

quelqu’un

a aménagé son chez soi

(: 9h48)

°

(à suivre (p.45)…)

« Billes d’humeur » ou « Têtes de Trucs »… – Avril 2015

3 mai 2015

… ANTI-Journal,
Défouloir,
Eclabouses…

°°°
Avril 2015.

Y en a
qui pensent que si vous ne faites pas trois lignes
qui durent 5, 7 et 5 « syllabes »,
vous n’écrivez pas du haïku !

Pauvre haïku !

°°°

Pourquoi faut-il toujours / souvent / encore / …
que le haïkiste se mire en son haïku ?

: sortir de (/ du) soi !

Le haïku n’est pas
le miroir du haïkiste

Dans le haïku
on ne revient pas vers soi,
on sort de soi !

– Ecrit-il ses haïkus
au présent de l’admiratif ?

Un haïku « bibicentrique » !

(/ bibicentré / bibinecentrique ?)

°°°

Traquer le mot (/ le commentaire)
inutile.

Le haïku,
ou : Comment taire
le commentaire !

°°°

De la persistance / De l’insistance
de la pensée
dans le haïku (français)

De la pensée
à la nausée
de la pensée

Je pense
donc je fuis.

Dans les toilettes
je pense
et pisse à côté

Je pense
donc je pisse
à côté

Je panse,
je suis.

°°°

Vous leur donnez de la confiture,
ils chipotent sur la forme du pot

°

Il serait peut-être temps de se demander ce qui importe (le plus) dans le haïku :

la forme du vase
ou sa liqueur ?

la forme de l’os
ou la saveur de la viande ?

l’enveloppe
ou la lettre qu’elle contient ?

le corps
ou l’esprit ?

l’écorce
ou l’essence ?

l’habit
ou le moine ?

°

Ne serait-il pas temps de s’intéresser
plus au contenu du haïku
qu’à son contenant ?

°

(Pour peu que je sache) :

Je sache que
l’on peut écrire des haïkus autrement qu’en 5+7+5 mores,
qu’en 5+7+5 syllabes,
qu’en 17 (mores / syllabes),
autrement que sur 3 lignes
ou qu’1
(mais aussi sur 2, sur 4,…)

Je sache
qu’on n’est pas tenu / obligé
d’imiter (/ de singer) le haïkaï (/ haïku) japonais ancien / antique
ou son apparence
en français
(ni dans n’importe quelle autre langue que le japonais)

je sache
que l’essentiel du haïku
ne réside pas dans sa forme
mais dans son contenu

Je sache
qu’il est primordial de connaître
l’essence du haïku,
l’esprit du haïku,
le coeur du haïku,
l’énergie interne du haïku,
(le sens du haïku).

Je sache
que s’il n’y avait qu’un critère à respecter
pour écrire du haïku
– ici ou là –
ce serait celui-ci :
appliquer les règles « internes »
qui régissent
(et réjouissent)
l' »âme » du haïku.

°°°

Vous qui tenez tellement
à singer le haïku japonais classique,
comment se fait-il que vous ne l’écriviez jamais
sur une seule ligne
– ni verticale ?

°°°

Mes haïkus
ont pour (seul) impératif formel
le découpage rythmique naturel
dicté (/ voulu) par le sens
propre à chacun d’eux.

ou :

C’est le rythme du haïku
qui dicte sa forme.

°°°

5-7-5 :
l’attrait / l’attirance
de l’uniforme

5-7-5 :
le prestige
de l’uniforme

Le 5-7-5
ou l’art de
ronronner en rond ?

°

mai 2015.

le haïku en 5-7-5
pieds de naguère !

°°°

d.

Résultats du 92è kukaï de Paris :

13 septembre 2014

Résultats du 92è Kukaï de Paris, du 13 septembre 2014.

En présence de quinze participant(e)s (dont une nouvelle, Mme Christine Devic), 31 haïkus ont été échangés.

°

Avec cinq (5) voix :

grimpette –
la roue avant et moi
crevés

: Michel Duflo.

°

Avec quatre (4) voix :

Lisant
Soudain là, tellement là
le parfum d’une rose

: Monique Leroux Serres ;

vidéoprojecteur –
mes collègues européens
en ombre chinoie

: Minh-Triêt Pham.

°

Avec trois (3) voix :

lac immobile
pleine lune entre les pins
le vent n’ose souffler

: Philippe Bréham ;

Main dans la main –
S’approchant à petits pas
du dernier été

: Isabelle Ypsilantis ;

Mal aux deux jambes –
sur le sentier de rando
je croise un mille-pattes

: Danièle Étienne-Georgelin.

°

Avec deux (2) voix :

août –
la pluie tambourine
sur le marteau-piqueur

: Valérie Rivoallon ;

Au milieu des bras
voltigent deux papillons
Match de basket

: Danièle Étienne-Georgelin ;

de part et d’autre du tracteur
les deux couleurs du champ

: Daniel Py ;

deux Perrier-menthe à la paille –
la couleur de l’océan

: Daniel Py ;

Jours d’été –
Au bout d’un fil toute une vie
d’araignée

: Isabelle Ypsilantis ;

Premier jour d’école
de sa main tremblante
je me souviens encore.

: Patrick Fetu ;

Rentrée d’école
Toute la grille envahie
par les capucines

: Monique Leroux Serres ;

Rupture cuisante
saisir la vie au vol
avant que le train ne siffle

: Roselyne Fritel ;

sous le platane
oubliée de Dieu dit-elle –
la centenaire

: Michel Duflo.

°

Avec une (1) voix :

ah, ce coucher de soleil !
je ne cesse de le contempler
pour l’empêcher de descendre…

: Philippe Bréham ;

Feux d’artifices –
Des saules pleureurs
Jaillissent de l’hippodrome

: Myriam Rouxel ;

Matin brumeux –
le bus scolaire ramasse
les feuilles en tas

: Marie-Alice Maire ;

nul vivant à portée de voix
excepté moi sous un ballet d’étoiles

: Roselyne Fritel ;

Rumeur de rentrée
dans la cour d’école
quelques feuilles mortes.

: Patrick Fetu.

°

Sans voix, mais remarqués :

journée tristounette –
me balader dans la rue
du Cherche-Midi

: Minh-Triêt Pham ;

et :

rentrée en grappe –
le sourire mielleux
du proviseur

: Éléonore Nickolay.

°

Vous pouvez lire ces résultats complets sur :

https://haicourtoujours.wordpress.com/

et

http://www.kukai.paris.free.fr/blog/

°

Notre prochain kukaï se tiendra samedi 4 octobre, à 15h30, au bistrot d’Eustache.

Merci !

Daniel.

Sur le thème de la paix :

30 août 2014

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

pax pax pax pax pax
i i i i i

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

la paix le yin la
paix le yin la paix le yin

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

une caisse de paix
(HAUT – BAS) FRAGILE

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(30/7 – 5/8/14)

Compte-rendu du 90è kukaï de Paris

8 juin 2014

du 7 juin 2014.

Nous nous sommes rendus (à huit participants) dans le nouveau chez soi de Paul de Maricourt, à Fontenay-sous-Bois, vu l’instabilité du temps ce samedi matin, pour notre repas-pique-nique. Champagne et petits plats sympathiques pour fêter également son anniversaire. Puis descendus au Bois de Vincennes tout proche pour notre kukaï.
Vingt-cinq haïkus (ou senryûs) furent échangés. Quatorze d’entre eux furent gratifiés d’une voix – ou de plusieurs.

°

Avec quatre (4) voix :

La tombe de mon père / près des voies du RER / Son train de 19 heures…
: Danièle Étienne-Georgelin.

(Ce haïku paraîtra donc dans notre 2ème anthologie du kukaï de Paris – sortie prévue en Septembre ou en Octobre 2014.)

°

Avec trois (3) voix :

Heure de pointes : / dans mon dos / un sein gauche
: Daniel Py.

(Ce senryû paraîtra en janvier 2015 aux éditions Éclats d’Encre dans son nouveau recueil : ‘Fourmi sur ma jambe’.)

°

Avec deux (2) voix :

Ce matin encore / jeter la poubelle / à la poubelle
: Paul de Maricourt ;

d’un déménagement à l’autre / le même paquet de semoule / fermé au scotch brun
: Paul de Maricourt ;

Juste une caresse / et il sème son essence / le basilic.
: Patrick Fetu ;

Sentier de fin d’été / Une chenille blessée – je la pose / Sur le côté
: Philippe Bréham ;

Une clope dans la bouche – / Elle me fait promettre / De ne jamais commencer
: Myriam Rouxel.

Avec une (1) voix :

ce matin de neige / la toile d’araignée
: Daniel Py ;

Dans le silence du monastère / retenir jusqu’au bruit / de ses pas
: Gwenaëlle Laot ;

Fuyant le soleil / d’une cache d’ombre à l’ombre / Un papillon de nuit
: Danièle Étienne-Georgelin ;

L’orage passé / Le paon ébroue / Toutes ses couleurs
: Danièle Étienne-Georgelin ;

Pluie – / Son linge sec / Encore sur le fil
: Myriam Rouxel ;

Un pet dans les draps – / sous le lit le chien / bat de la queue
: Paul de Maricourt ;

Virages en épingles / sous les yeux / les gris-gris du chauffeur
: Gwenaëlle Laot.

Sans voix, mais remarqués :

Crête-de-coq / C’est l’amarante volage / Tu m’as dit
: Hiro Hata

et

Déjeuner au bois – / finir par une soupe / aux fraises
: Marie-Alice Maire.

°

Lors du kukaï sur la pelouse du bois, cette réflexion de Danièle mise sous forme de senryû :

Kukaï / au pied d’un chêne / Dessous : les glands

que l’on appréciera à sa juste dérision !

°

Dernier kukaï de Paris (n° 91) avant les grandes vacances – et avant notre 2ème anthologie du K.P. (: sortie prévue septembre ou octobre 2014 !) – le samedi 28 juin ! Probable rendez-vous : à la grille principale du côté de la mairie du XIXème Arrt à 13 heures. Nous nous installerons sûrement sur une pelouse en contrebas !… S’il ne fait pas beau, nous nous rabattrons (pour le kukaï uniquement, alors !) sur le bistrot d’à côté (à gauche de la mairie !)

à bientôt !

Daniel