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Compte-rendu du 131e kukaï de Paris

18 novembre 2017

En présence de 25 participants, 50 haïkus ont été partagés. 31 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus :

°

Avec 6 voix :

quartier latin

nos visages

ont bien changé

: Philippe Macé

°

Avec 5 voix :

le vieux globe-trotter

ses pas traînant jusqu’à

la mappemonde

: Eléonore Nickolay ;

matin d’automne

la forêt s’éveille

à coups de fusil

: Philippe Gaillard.

°

Avec 4 voix :

ses fleurs dépotées

le sourire de la voisine

rentre pour l’hiver

: Eléonore Nickolay ;

Terrain vague –

quelques flaques dispersent

le ciel d’automne

: Najat Aguidi.

°

Avec 3 voix :

bar-brasserie –

l’averse efface

le menu du jour

: Dominique Borée ;

Bercement des cèdres

La porte s’ouvre

Nuit d’équinoxe

: Dominique Durvy ;

cambriolé –

en caleçon

et en colère

: Minh-Triêt Pham ;

L’automne…

chaque jour un peu plus

près du ciel

: Najat Aguidi ;

maison de famille

pièce par pièce

elle décroche les images

: Jacques Quach ;

moustique au théâtre

applaudissements

imprévus

: Philippe Gaillard ;

Première mandarine

Envie de chocolat

et de neige

: Monique Leroux-Serres ;

Quai de gare ~

Dans les têtes

Tant de mondes

: Hervé Le Gall ;

vent d’automne

elle demande

qu’on lui raconte sa vie

: Jacques Quach.

°

Avec 2 voix :

dans le soir

froid dans le dos –

le vent invente des formes

: Françoise Gabriel ;

Devant le mendiant –

urgence

de regarder ses pieds

: Alain Henry ;

EHPAD

après chaque visite

tant de questions

: Patrick Fetu ;

morte saison

dans les moules à sable

de la poussière

: Annie Chassing ;

nid de poule –

le salto avant

de la cycliste

: Michel Duflo ;

salto arrière –

Par retomber sur ses pieds

Il finit toujours

: Anne-Marie Joubert-Gaillard ;

sur sa pancarte

« chasse réservée »

la buse

: Daniel Py.

°

Avec 1 voix :

beaujolais nouveau –

le poivrot vante les mérites

des WC turcs

: Michel Duflo ;

brume du matin

le marais fume au soleil

– moi de même

: Alice Schneider ;

caresser le chat

– rien d’autre

: Valérie Rivoallon

°

chemin d’automne –

il y a laissé des plumes

l’oiseau

: Dominique Borée ;

des miettes

sur la table –

les moineaux se taisent

: Valérie Rivoallon ;

écouteurs –

à ses hochements de tête

ce n’est pas un slow

: Jean-Paul Gallmann ;

Manteau d’hiver –

Le portefeuille vidé

De ses illusions

: Hervé Le Gall ;

odeur d’encaustique –

sur la toile cirée

le vase ébréché

: Patrick Fetu ;

parvis d’hôpital –

entrée en jeans troué

ressortie pareil

: Jean-Paul Gallmann ;

Sous la neige

la Loire avale les flocons –

Explosion de silence…

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

Notre prochain kukaï aura lieu au Bistrot d’Eustache, samedi 2 décembre, à 15 h 30, en présence de notre invitée d’honneur Jeanne Painchaud (Québec).

°

 

 

 

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Compte-rendu du K.P. N° 130

15 octobre 2017

Au bistrot du Jardin, 75001, le 14 octobre 2017. 14 présents. 41 haïkus échangés. 22 distingués avec 1 voix ou plus :

 

°

Avec huit (8) voix :

appuyée sur son reflet

la passagère endormie

: Jacques Quach.

°

Avec trois (3) voix :

Canicule –

Les touristes se traînent…

d’une ombre à l’autre

: Danièle Etienne-Georgelin ;

chi-kong au bois 

entre mes bras

les cris d’une corneille

: Daniel Py ;

octobre rose ~

le rendez-vous de mammo

encore reporté

: Marie Barut.

°

Avec deux (2) voix :

bouquet d’automne

une rose penche

vers le miroir

: Jacques Quach ;

Douceur d’automne

Avec une carte postale

Sortir les punaises

: Monique Leroux Serres ;

Excepté le cri

de l’oiseau dérangé

tout le ciel est bleu

: Monique Leroux Serres ;

miettes de croissant –

cette amitié naissante

avec le rouge-gorge

: Michel Duflo ;

pluie sur la véranda

d’un long soir d’automne

le délicieux ennui

: Philippe Macé ;

tumeur –

bientôt les jours d’hiver

peut-être

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

une étoile

puis une autre puis une autre

puis le froid

: Patrick Fetu.

°

Avec une (1) voix :

anniversaire –

un bouchon de champagne

percute la lune

: Michel Duflo ;

arbres –

certains plus frileux

que d’autres

: Valérie Rivoallon ;

de la mise en plis

au caniche

un blanc parfait

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

feuilles jaunes –

l’automne s’obstine

dans mes cheveux

: Valérie Rivoallon ;

file devant le glacier –

été indien

: Annie Chassing ;

mi-juillet

d’un jouet de plage à l’autre

un papillon

: Daniel Py ;

ombres des feuillages

dans leur balancement

des taches de soleil.

: Philippe Bréham ;

Pigeons et buveurs –

Dans la place vide

résonnent leurs cris

: Christiane Bardoux ;

premier octobre

changeant la coccinelle

au mur

: Daniel Py ;

Rinçage des verres

Un évier de bulles et de reflets

La vie en somme

: Monique Leroux Serres ;

rue endormie

le show dérisoire

du feu rouge

: Jacques Quach.

°

Notre prochain kukaï de Paris se tiendra le 18 novembre.

°

 

 

 

Compte-rendu du 129e kukaï de Paris

10 septembre 2017

du 9/9/17. En présence de Janick Belleau, notre invitée d’Honneur (Québec), de Martine Gonfalone, (ex-présidente de l’AFH – 2010-16), de Pasquale Noizet, nouvelle venue, soit de 28 (!) participants au total – record battu ! – , 56 haïkus ont circulé, 36 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus :

°

Avec neuf (9) voix :

nouveaux voisins

des bulles de savon

traversent la clôture

: Christiane Ranieri.

°

Avec huit (8) voix :

Fin du marché

le marchand de collants

remballe ses jambes

: Monique Junchat.

°

Avec quatre (4) voix :

fin d’orage

elle ouvre sa fenêtre

au chant du merle

: Cécile Duteil ;

herbe jaunie

dans les yeux du chat

la lassitude

: Danièle Duteil ;

papillon –

le chat vole

pour l’attraper

: Valérie Rivoallon ;

Paris by night –

Les gouttes de pluie du pare-brise

passent au vert

: Daniel Etienne-Georgelin.

°

Avec trois (3) voix :

dans le sens des retours

les têtes noires

des tournesols

: Eléonore Nickolay ;

En jachère

le champ est plein

d’imagination

: Monique Junchat ;

Sous le ciel plombé

une voix de jeune fille

« Toi, ta gueule ! »

: Danièle Duteil ;

vieux cimetière –

entre deux stèles

l’ombre d’une poussette

: Minh-Triêt Pham.

°

: soit 9 haïkus féminins au 10 premières places ! Bravo les filles !

°

Avec deux (2) voix :

canicule chez le coiffeur –

une pluie rafraîchissante

de cheveux blancs

: Antoine Gossart ;

don à Emmaüs –

dans la veste de mon père

des pièces d’un franc

: Philippe Macé ;

la vieille carcasse –

une jolie bergère

pour l’ami tapissier

: Jacques Quach ;

mariage au Louvre –

le sourire de la mariée

énigmatique

: Philippe Macé ;

Nouée d’herbes folles

la borne moussue

n’indique plus rien

: Nicolas Lemarin ;

nuit d’été

une chouette se mêle

de nos bavardages

: Eléonore Nickolay ;

paix en montagne –

seule la radio témoigne

du chaos du monde

: Antoine Gossart ;

Plage – le soir

Jeux d’enfant et de lumière

dans les éclaboussures

: Monique Leroux Serres

Rêve de Maldives –

Seule dans le couloir bleu

De la piscine

: Christiane Bardoux ;

sous le noyer

les fourmis la croient morte

– fin de l’été

: Valérie Rivoallon ;

Tango !

Un petit paradis

Sur pieds

: Catherine Noguès ;

Zen en Avignon

les cigales récitent

leur mantra

: Philippe Gaillard.

°

Avec une (1) voix :

Bientôt l’automne

Le vent emporte les feuilles

Et mes rêves…

: Leila Jadid ;

braver les épines –

tendues vers les mûres

ses petites mains

: Michel Duteil ;

Couché dans l’herbe

Son sourire de paille

Ecarte les nuages

: Catherine Noguès ;

crématorium

les larmes de joue en joue

: Patrick Fetu ;

échangistes

sur le pont du bateau

couples de photographes.

: Marie-Alice Maire ;

Foudroyé –

Le côté mort soutient

les branches aux prunes

: Danièle Etienne-Georgelin ;

jour anniversaire –

il enflamme ma crêpe

et mon coeur

: Christiane Ranieri ;

le ciel

carré entre les tours

pour l’infini – l’oiseau

: Lise-Noëlle Lauras ;

Manège bâché

quelques flaques de pluie

l’enfant boude

: Nicolas Lemarin ;

mouette railleuse –

descendant les ruelles blanches

le bleu du soir

: Cécile Duteil ;

plage naturiste –

se cacher derrière

ses lunettes de soleil

: Minh-Triêt Pham ;

Seul regard de réconfort

Celui de la statue…

: Leila Jadid ;

soir d’été

le bruissement des blés glisse

sur le silence

: Philippe Bréham ;

Sur le canapé

deux brindilles argentées –

du chat les vibrisses

: ?

°

Après l’introduction « bio-biblio-graphique » de Janick, de Martine, de Pasquale, différents ouvrages ont été présentés dont certains de Janick Belleau et de Danièle Duteil, de Christiane Ranieri, de Valérie Rivoallon, de Minh-Triêt Pham, de Patrick Fetu, de Daniel Py et du kukaï de Paris (: 2 anthologies, 2010, 2014).

Christiane Ranieri nous fit part du premier kukaï alsacien (co-organisé par Jean-Paul Gallmann), qui aura lieu les 20 et 21 octobre prochain – Si vous êtes intéressé(e), rapprochez-vous d’elle pour les détails et modalités !

Pasquale Noizet nous a distribué un dépliant pour les Portes Ouvertes des artistes de Ménilmontant (dont elle fait partie, en tant que peintre) qui se tiendra entre le 29 septembre et le 2 octobre.

Notre amie peintre-plasticienne Véronique Arnault (absente au kukaï) nous avait fait part de son exposition « Promenade avec Jean Monnet » (« fondateur de l’Europe ») du 15 septembre au 12 octobre, à la Maison Jean Monnet de Bazoches sur Guyonne (78), avec le vernissage le samedi 16 sept. 2017, de 17h à 20 h. S’inscrire auprès d’elle sur https://jean-monnet.fr/.

Nos prochains kukaïs auront lieu les samedis :

14 octobre 2017

18 novembre

2 décembre (en présence de Jeanne Painchaud, du Québec.)

°

 

Compte-rendu du 128e kukaï de Paris

25 juin 2017

du 24 juin 2017, au Bistrot du Jardin (33 rue Berger, 75001).

En présence de 18 personnes, 34 haïkus ont été échangés. 23 ont obtenu une ou plusieurs voix : 3 à 4 voix, 9 à 3 voix, 4 à 2 voix et 7 à 1 voix.

°

Avec 4 voix :

métro bondé –

la mouche affolée

cherche une place

: Philippe Macé ;

son sourire 

d’une oreille à l’autre

– mousse au chocolat

: Patrick Fetu ;

un tour chez IKEA –

meubler le vide

d’un dimanche

: Philippe Macé.

°

Avec 3 voix :

entre les deux rosiers blancs

un papillon blanc ?

: Daniel Py ;

Jour d’été –

un coquelicot s’enracine

à la grille d’égout

: Danièle Etienne-Georgelin ;

le bleu du lin

caresse

le bleu du ciel

: Philippe Gaillard ;

le bruit sombre du clapot

cendres dispersées

: Patrick Fetu ;

merle en silhouette

le choeur de l’aube

entonne le jour

: Eléonore Nickolay ;

Métro du soir

L’odeur du lilas

Répand des sourires

: Christiane Bardoux ;

polar –

sur la page du crime

une tache de vin

: Minh-Triêt Pham ;

rappel de paiement

le sourire du facteur –

gratuit

: Eléonore Nickolay ;

sentier fleuri –

deux chiens se reniflent

le derrière

: Michel Duflo.

°

Avec 2 voix :

deux cyprès penchés

tendrement vers la lune

écoutent un piano

: Philippe Bréham ;

fête médiévale –

toujours sur sa tablette

le chevalier

: Minh-Triêt Pham ;

sous la canicule

les jardins morts de soif

les migrants aussi

: Annie Chassing ;

une feuille vert tendre

de plus à l’arbuste…

une aile de papillon

: Marie-Alice Maire.

°

Avec 1 voix :

Canicule –

Le chat tire un maillot humide

de l’étendoir

: Danièle Etienne-Georgelin ( – « retravaillé ».)

dans le mauve 

du bougainvillier

déjà l’été

: Michel Duflo ;

dans son esprit

le temps

ramassé

: Valérie Rivoallon ;

fête de la musique –

l’aube

sans le merle

: Annie Chassing ;

Jacquemart-André

Les Vénitiens de Tiepolo

Etudient le menu

: Dominique Durvy ;

jardin de ville

le gendarme joue

à saute-mouches

: Marie-Alice Maire ;

pluie torrentielle –

abritée sous le ceiba

l’araignée sous moi

: Valérie Rivoallon.

°

Nous remercions Annie Chassing de nous avoir confectionné – et distribué des grenouilles en origami !

Nous saluons Ben Coudert, venu au début de notre séance nous présenter son premier (et dernier) né : La revanche des petits riens, Ed. Unicité, 2017.

D’autres recueils ont été présentés :

Entre Ciel et Mer, de Patrick Fetu (Ed. Unicité),

Alsace-Vietnam, de Christiane Ranieri et Minh-Triêt Pham (Ed. Unicité),

Haïku, vol. 1 (« La Culture Orientale ») de R.H. Blyth, traduit en français par D. Py (Ed. Unicité.)

Passion Haïku et Horizon Haïku, deux anthologies contemporaines de haïku, Ed. Pippa (2017).

°

Certains d’entre nous sommes enduites allés à la librairie Pippa, pour une lecture par le groupe « Haïkoustics » (en l’occurrence Valérie Rivoallon et Philippe Gaillard) de haïkus de recueils publiés (ou republiés) en 2017 : En plus d’extraits d’Alsace-Vietnam et d’Entre Ciel et Mer mentionnés plus haut, ont été lus certains de Bulles de Musique de D. Py (Ed. Pippa, 2013, 2017) et de Les Haïkus de la Corde à linge (Dir. Danièle Duteil) de la revue Rivalités (Québec), janv. 2017.

°

Nos prochains kukaïs auront lieu les :

9 septembre 2017

(en présence de Janick Belleau et Danièle Duteil, qui présenteront leur recueil de « tankas doubles » : de Villes en Rives, Ed. du tanka francophone, fév. 2017.)

14 octobre

18 novembre

16 décembre.

°

Merci ! Et bel été à tous !

°°°

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 126

14 mai 2017

du 13 mai 2017.

En présence de 19 participants, 38 haïkus ont été échangés. 23 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus !

°

Avec 6 voix :

lettre retrouvée

de la belle écriture

le parfum envolé

: Philippe Macé ;

vieux cimetière –

mon fils parle à un arbre

et moi à une pierre

: Ben Coudert.

°

Avec 5 voix :

convalescence

dans l’herbe neuve

la saveur de chaque pas

: Jacques Quach.

°

Avec 4 voix :

Chemin de croix –

il traverse

en dehors des clous

: Ben Coudert ;

pique-nique au parc

nous étions deux mille

en comptant les fourmis

: Philippe Macé.

°

Avec 3 voix :

affiches lacérées –

poussé par le vent

le sourire d’un candidat

: Dominique Borée ;

don du sang –

autour de son cou

quelques suçons

: Minh-Triet Pham ;

un pied ou deux de côté

pour ne pas arroser

les deux violettes

: Daniel Py ;

Visite aux parents –

Deux coquelicots s’accrochent

à la pierre tombale

: Danièle Etienne-Georgelin ;

°

Avec 2 voix :

Arc de Triomphe –

un pigeon s’est pris les ailes

dans le drapeau

: Marie Barut ;

brise de printemps –

sur une crotte de chien

deux pétales de rose

: Annie Chassing ;

bulldozer –

les fleurs gisent

dans les tranchées

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

clap de fin 

le vol d’un goéland

éteint le soleil

: Patrick Fetu ;

Crépuscule –

Les joggeurs du lac

au rythme des coassements

: Danièle Etienne-Georgelin ;

Ombre de l’oiseau

on lui roule dessus

elle s’envole à temps

: Jean-Christophe Jameux.

°

Avec 1 voix :

d’une jardinière à l’autre,

des ponts de soie

: Daniel Py ;

façade 

au balcon flottent

les dessous

: Eléonore Nickolay ;

Lune d’été

est-elle aussi brillante

que celle des tranchées

: Naty Garcia Guadilla ;

Paillettes de neige

Dans ta chevelure

Te vieillissent un peu

: Leila Jadid ;

quai –

le papa apprend à faire

des scoubidous

: Valérie Rivoallon

Sur la nappe

le bouquet de pivoines

saigne

: Philippe Gaillard ;

sur la vieille souche

dressé au soleil de mai

un satyre puant *

: Annie Chassing

* Le satyre puant ou phallus impudicus est un champignon.

sur ses reins

son sac à main se balance

– fleurs d’iris

: Dominique Borée.

°

Sans voix, mais remarqués :

Le printemps

me donne des ailes

moi qui peine à marcher

: Naty Garcia Guadilla ;

Promenade matinale

Chien et maîtresse

Manteaux assortis

: Leila Jadid ;

samedi 13 –

toujours à la recherche

d’un trèfle à quatre feuilles

: Minh-Triet Pham ;

sur le banc du jardin

le livre

couvert de rosée

: Jacques Quach

swing ! crac ! ploc ! splash ! wizzz !

même les verres chantent

au bar à cocktails

: Philippe Gaillard.

°°°

Nos prochains kukaïs auront lieu les

3 juin

24 juin

puis, après les grandes vacances, les

9 septembre

14 octobre

18 novembre

et 16 décembre.

°°°

Compte-rendu du kukaï de Paris 113 :

22 mai 2016

En présence de notre amie invitée d’honneur Jeanne Painchaud, du Québec, de passage en France, nous étions 18 participants à notre réunion de samedi dernier.

Après un tour de table pour nous présenter, Jeanne nous a parlé de son parcours de haïkiste, et de ses ouvrages, dont le dernier, qu’elle avait apporté, et qui a recueilli un franc succès :

Découper le silence (Regard amoureux sur le haïku), éditions Somme toute, Montréal (QC), 2015,

qui, selon ses propres paroles, est le livre qu’elle aurait voulu pouvoir lire, quand elle a débuté dans le haïku. J’en extrais le haïku inspiré par son fils (haïku qui « appartient » à son premier recueil de haïkus : Je marche à côté d’une joie (première édition : Les heures bleues, 1997; deuxième édition : éd. de L’instant même et éd.Les 400 coups, 1997.) :

Ta petite question

Au-dessus de mon livre:

« tu lis le blanc ou le noir? »

°

Puis nous avons procédé à notre « kukaï » proprement dit, où trente-neuf haïkus ont été échangés. Vingt-sept d’entre eux ont obtenu une voix ou plus.

°°°
Avec quatre (4) voix :

Par la porte ouverte

Un peu de lumière

sur la lumière

: Monique Leroux Serres;

rosée matinale –

le chat a l’air

de marcher pieds-nus

: Antoine Gossart;

trop petites ses mains

pour tant de coquillages

: Patrick Fetu;

vent du large –

il déploie ses ailes

l’oiseau de papier

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis.

°

Avec 3 (trois) voix :

petit déjeuner –

la vie retrouve

un goût de miel

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

sommeil flottant

les canards immobiles

posés en plein ciel

: Antoine Gossart;

tombes oubliées –

leurs noms lus

à voix haute

: Michel Duflo.

°

Avec deux (2) voix :

bruit feutré

des roues de la poussette

dans les pétales du cerisier

: Lucia Dinga-Supova;

dernier métro

la nuit plus intense

le regard des hommes aussi

: Jeanne Painchaud;

pleine lune

poches vides

des soirs comme ça

: Jeanne Painchaud;

ses larmes

elle les garde pour les pierres –

une fourmi s’abreuve

: Valérie Rivoallon;

sur la photo

déchirée une jeune fille

inconnue – ma mère

: Jacques Quach;

sur Skype

un ami mort

déconnecté

: Martin Dinga;

tableau –

l’air penché

du contrebassiste

: Daniel Py;

un lézard veille

sur la pierre tiède

le temps immobile

: Nicolas Lemarin;

vue panoramique –

sur 180 degrés

le brouillard

: Michel Duflo;

°

Avec 1 (une) voix :

ces quatre feuilles rouges

gardent en silence

le souvenir de l’automne

: Philippe Bréham;

couloir d’hôpital

à la chambre douze –

un air d’opéra

: Jacques Quach;

envie pressante –

plus accessible que jamais

le mur Facebook

: Minh-Triêt Pham;

Fraises matinales –

Les petits avalent 

avec gouttes de rosée.

: Hiro Hata;

Légère brise

De pétales de cerisier

baptisée

: Monique Leroux Serres;

L’ombre du mûrier

au pas du soleil couchant

rejoint le muret

: Nicolas Lemarin;

Pissenlit –

J’ai hésité avant de choisir

toute seule.

: Hiro Hata;

porte cochère

deux amoureux

ne font plus qu’un

: Patrick Fetu;

Rafale de vent

entre les pâquerettes

neige de pétales

: Marie-Alice Maire;

Sur sa manche

un pétale de cerisier

le SDF mendie

: Marie-Alice-Maire;

un homme souriant

apporte six parapluies

au cimetière

: Daniel Py.

°°°

Bravo et merci à toutes et tous (et à Jeanne d’avoir accepté notre invitation, et de nous avoir gratifié de moments très chaleureux et enrichissants)!

Notre prochain kukaï aura lieu samedi 11 juin, le week-end même du Marché de la Poésie, place Saint-Sulpice, à Paris.

°°°

 

 

 

 

 

 

Compte-rendu kukaï de Paris 112 :

10 avril 2016

Nous étions 19 personnes présentes samedi 9 avril 2016 pour notre 112è kukaï. 40 haïkus ont été échangés et commentés et appréciés. 28 d’entre eux ont obtenu une voix ou plusieurs :
°°°

Avec 6 voix :

route de nuit –

les courbes parfaites

de ses genoux

: Michel Duflo.

°

Avec 4 voix :

cerisiers en fleur

de nouveau croire

à ses promesses

: Eléonore Nickolay;

concert à l’église :

le musicien chauffe ses doigts

au-dessus des cierges

: Daniel Py.

°

Avec 3 voix :

blancheur –

les flocons fondent

sur la neige

: Francis Kretz;

dernière visite –

le ciel d’orage

apaise mon coeur

: Jacques Quach;

heure d’affluence –

un seul souci

mes chaussures neuves

: Antoine Gossart ;

première mouche –

comment lui refuser

cette valse

: Michel Duflo ;

terrasse un soir d’été

il achète une rose –

seul à une table

: Philippe Bréham.

°

Avec 2 voix :

de ce côté-ci du parc

et de l’autre aussi

l’arbre rose

: Daniel Py ;

des « Ah! » tout en haut

des « Oh! » tout en bas

sur la balançoire

: Philippe Gaillard ;

D’un geste rapide

Sous sa jupe d’uniforme

Une autre plus courte

: Catherine Noguès ;

giboulée

dans les rigoles ruisselantes

des rondes de pétales

: Cécile Duteil ;

jardin bio –

le groupe de visiteurs

bourdonne aussi

: Dominique Borée ;

La tranche défraîchie

du Larousse illustré

Brise printanière

: Monique Leroux Serres ;

Piétinement

au pied du mur blanc

l’ombre d’un magnolia

: Marie-Alice Maire ;

Théâtre en plein air –

sous l’arc-en-ciel

le rideau de pluie

: Antoine Gossart.

°

Avec 1 voix :

année du singe –

elle refait sa soupe

à la grimace

: Minh-Triêt Pham ;

Au marché

la dame opulente demande

un maigre *… bien gros

: Marie-Alice Maire ;

* : nom vulgaire de la sciène : poisson osseux (de la famille des téléostéens acanthoptérygiens), à nageoires épineuses, de grande taille, carnassier, à la chair très estimée. (: le petit Robert.)

avril au balcon –

les pensées aussi sombres

que les miennes

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

bourgeons d’arbre de Judée

le chant de parade

d’un étourneau

: Dominique Borée ;

interpellation –

de l’autre côté de la rue

une mésange

: Valérie Rivoallon ;

Le vin chaud avec la lune

Mes amis sont en débat

Au sujet de l’art pictural

(amélioré, grâce à la complicité de Monique Leroux Serres, en :)

Vin chaud sous la lune

Mes amis débattent

d’art pictural

: Hiro Hata ;

première baignade

courant sur le sable

les ombres des nuages

: Jacques Quach ;

premiers pépiements

la nuit se volatilise

: Patrick Fetu ;

quai –

les mouvements mécaniques

de la souris

: Valérie Rivoallon ;

ton corps respire

ma main sur ton épaule

la nuit s’écoule

: Francis Kretz ;

39,5 ° –

toute la nuit à l’écoute

de son souffle

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

trombes de grêle

sur le gravier battu

des pétales diaphanes

: Cécile Duteil.

°°°

Notre prochain kukaï aura lieu le 21 mai prochain.

 

 

Ogiwara Seisensui 16/19 – pp. 321-6.

31 mars 2016

Seisensui publia certains de ses propres haïkus sous forme de distiques. En voici deux, écrits en 1914 :

une voile au loin

le vent souffle fort dans les yeux du timonier

pas une seule tombe non éclairée

cet endroit grouillant de villageois

Il écrivit beaucoup de poèmes semblablement sur deux lignes autour de cette époque, mais il en vint graduellement à douter du bien-fondé de les appeler haïkus. Dans le haïku, ressentait-il, une des lignes est sémantiquement plus lourde parce que le haïku a une seule focale. « Je devins conscient« , confessa-t-il, « qu’un haïku devrait avoir une focale rassemblant tous les rayons de la lumière« . Relisant le premier haïku cité plus haut, il admit qu’il y avait deux focales – la voile et le vent. Afin que le poème soit un haïku, il sentit qu’il devait se concentrer sur une des deux, et il le récrivit pour zoomer sur le vent avant de l’inclure dans sa collection de haïkus.
Seisensui n’abandonna cependant pas la poésie sur deux lignes. A la place, il essaya de la développer sous forme de strophes indépendantes. L’essai atteint son apogée en 1918, quand il publia nombre de tels distiques aussi bien qu’un long essai jetant des fondations théoriques pour la forme expérimentale. En résumé, ces fondations étaient le désir du poète d’écrire un poème court qui permet le passage du temps, contrastant avec le haïku qui cristallise une compréhension momentanée dépourvue d’éléments temporels. « La vie du haïku réside dans son moment concentré« , expliqua-t-il. « Il ne peut pas vraiment représenter le rythme du temps. Mais un poème sur deux lignes semble capable de suggérer un rythme temporel« . En d’autres termes, il essaya d’utiliser la nouvelle forme pour exprimer des expériences qui semblaient trop longues pour le haïku. En voici deux exemples :

(Printemps chaud)

du rebord de la baignoire

le temps tranquillement déborde

(Hiver)

Le ciel s’approfondit jour après jour

chaque arbre en vue se dénude

Comme ceux-ci – et à la différence du haïku – beaucoup de ces distiques ont des titres. Ils montrent également une structure plus logique que le haïku ordinaire. Ces deux faits peuvent être dûs à la présence d’éléments temporels. Tandis qu’un poète de haïkus exprime une compréhension avant qu’elle ait le temps de se figer, un écrivain de distiques choisit de méditer sur sa compréhension, laissant le temps à son intellect d’entrer en jeu. Un poème écrit ainsi a des chances d’avoir un thème plus concret et une structure mieux ordonnée; il demande un titre également.

L’appel de Seisensui pour une poésie sur deux lignes tomba dans des oreilles de sourds. A peine personne ne répondit, sauf un petit groupe de ses propres élèves. Il est facile de comprendre pourquoi. Les poèmes sur deux lignes ont une forme de strophe fixe, avec moins de liberté d’expression que des versets libres, et n’ont pas les siècles de tradition qui polirent tankas et haïkus. Si une forme fermée ne contribue que peu ou pas à l’expression poétique, on peut aussi bien écrire des vers libres. Les propres poèmes de deux lignes de Seisensui ne favorisèrent pas non plus la cause parce que, en général, ils étaient moins qu’inspirants. La forme sur deux lignes fut une expérience intéressante, mais pas beaucoup plus.

En plus de mettre l’accent sur l’importance de la césure dans le haïku et de développer cette pause dans une forme expérimentale de distiques, Seisensui reconnut d’autres pauses, plus courtes, dont il pensait qu’elles donnaient de la complexité et des variantes au rythme global d’un haïku. « Pauses » n’est peut-être pas le terme approprié, étant donné que le lecteur ne s’arrête pas nécessairement de lire à ces endroits; elles sont plus sémantiques que d’élocution. Elles se produisent  essentiellement quand une expression ou quelque unité grammaticale se termine et qu’en commence une autre. Selon Seisensui, dans la plupart des cas, un haïku aura trois, quatre ou cinq expressions semblables; la combinaison de leur nombre et de leur longueur donne au haïku son rythme unique.

Qu’un haïku puisse être un poème de trois locutions est facile à voir. Un haïku traditionnel, avec sa structure en 5/7/5 se scinde facilement en trois parties séparées par deux pauses. Par exemple, dans le célèbre haïku de Buson :

fleurs de moutarde :

la lune à l’Est

le soleil à l’Ouest

il y a trois locutions distinctes correspondant aux divisions de la structure en 5/7/5. Seisensui se propose d’illustrer ce trait structurel en utilisant un triangle (voir fig. 1) Le dessin a l’avantage de montrer que les locutions « la lune à l’Est » et « le soleil à l’Ouest » ne correspondent pas seulement l’une à l’autre, mais répondent à « fleurs de moutarde » depuis leur position respective. Seisensui observa que « la scène s’étend loin vers l’est et loin vers l’ouest, avec la vaste étendue de fleurs de moutarde reliant les deux. De fait, c’est un énorme triangle. C’est comme si l’immense triangle recouvrait tout entre le ciel et la terre.

(Figure 1 = analyse du haïku de Buson, I.)

Seisensui trouva aussi une forme triangulaire dans ce haïku de style libre de Sensuirô (+ 1964) * :

un enfant

et la route vers un temple

après l’averse

(voir figure n° 2.)

* Sensuirô fut membre fondateur d’une revue des débuts du haïku de style libre, « Expérience », mais il devint un contributeur régulier de « Nuages en strates » après avoir rencontré Seisensui en 1914. Il publia également sa propre revue de haïkus : « Fenêtre ».

(Figure 2 : Analyse du haïku de Sesnuirô, I.)

Il compara le haïku à une peinture appelée « Paysage avec enfant ». Le poème lui fit visualiser un enfant au premier plan, quelques nuages de traîne à l’arrière-plan et un temple avec sa route à mi-chemin entre les deux. Les trois éléments du paysage constituant les trois points du triangle.
Seisensui croyait cependant que le haïku de Sensuirô pouvait aussi former un carré; en fait il préférait cela. La forme du poème ressemblerait alors à ceci

(figure 3 : Analyse du haïku de Sensuirô, II.)

un enfant   …  après l’averse

.                                                      .

et la route  …  vers un temple

Le carré permet à l’enfant et au temple de se faire face, et il sépare la route du temple et la rapproche de l’enfant. Seisensui pensait que ces changements aidaient le lecteur à visualiser l’enfant sur la route. Le carré suggère également que l’enfant et le temple sont en relation – les enfants japonais jouaient souvent dans les cours des temples – et éclairait ainsi l’image du temple, le faisant correspondre  avec le sentiment rafraîchissant de l’air après l’averse.

En général, Seisensui semble avoir préféré disséquer un haïku en quatre parties, que le haïku ait une structure en 5/7/5 ou pas. « Un haïku traditionnel a 5, 7, et 5 syllabes », écrivit-il. « Chaque groupe de cinq syllabes représente normalement une unité sémantique, tandis que le groupe de sept en contient deux. Conséquemment, beaucoup de haïkus ont quatre unités de sens. » Dans sa vision, le haïku de style libre est plus fidèle à l’idée d’un poème en quatre parties puisqu’il n’est pas restreint par la structure en 5/7/5. « Vous pouvez ressentir que le haïku est une forme restrictive si vous considérez que c’est un poème de dix-sept syllabes« , dit-il, « mais essayez d’y penser comme d’un poème à quatre unités. Alors la longueur du poème – c’est-à-dire le nombre de syllabes – sera déterminée par la longueur des mots contenus dans chaque unité. Le poème peut comprendre 18 ou 19 syllabes, ou seulement 15 ou 16 en tout. Si vous considérez le haïku comme un poème de quatre unités… vous trouverez que le haïku est quelque chose d’excessivement libre et naturel. »

L’argument de ce passage est basiquement le même que celui présenté quand Seisensui pressait les poètes de haïku de suivre le rythme interne plutôt que le modèle extérieur en 5/7/5, sauf qu’il concevait ce rythme interne comme étant constitué de quatre parties.
Seisensui offrit un certain nombre d’exemples pour soutenir sa théorie  qu’un haïku se compose de quatre parties. Comme nous l’avons vu, il cassa le modèle de Bashô sur 5/7/5 en quatre :

rassemblant les pluies

du début de l’été,

comme est rapide

la rivière Mogami!

Un autre exemple qu’il cita fut le haïku de Bashô sur les plants de bananiers qui montra

 

Ogiwara Seisensui – 11/19 – pp. 305-8

28 mars 2016

Seisensui et ses adeptes tinrent beaucoup de sessions semblables pour scruter les haïkus de chacun. Les discussions aboutirent parfois à des révisions, parfois non; dans chaque cas elles contribuèrent à ce que chaque poète prenne conscience de son propre processus de création. Le débat était parfois houleux. L’un d’entre eux prit en compte le haïku de Aoki Shikunrô (1887-1968) * :

un pot de

chrysanthèmes jaunes

* Shikunrô fut un membre éminent du groupe « Nuages en strates », entre 1915 et 1940. Seisensui louait souvent sa sensibilité rythmique. Il publia sept recueils de haïkus.

La plupart de ceux qui étaient à la réunion n’aimèrent pas ce poème; certains, en fait, se demandaient si cela pouvait même être appelé un poème. Ils admirent que les chrysanthèmes jaunes étaient plus poétiques que les blancs ou les rouges parce que leur couleur cédait l’impression de rassembler les rayons du soleil d’automne, mais ils critiquèrent le poème de ne pas exprimer le sentiment du poète. L’un d’entre eux dit que c’était seulement le titre d’une peinture, et un titre banal, en plus. Ils se tournèrent enfin vers Seisensui qui avait jugé le poème assez bon pour le publier dans « Nuages en strates »

Seisensui, jouant maintenant le rôle d’avocat de la défense, proposa d’abord qu’ils comparent les trois  compositions suivantes :

A)

Le pot

est de chrysanthèmes jaunes

B)

Il y a un pot de

chrysanthèmes jaunes

C)

C’est un pot

de chrysanthèmes jaunes.
Seisensui s’accommoda de ce que A) n’était pas de la poésie, B) en était proche, mais n’en était pas tout à fait, C) était du royaume de la poésie. Selon Seisensui, A) énonçait une reconnaissance intellectuelle, et par là n’était pas de la poésie, B) peignait un objet existant en dehors du poète; C) présentait une perception  qui avait été intériorisée, le coeur du poète ayant touché l’essence du sujet. Seisensui argumenta que Shiki et ses adeptes avaient tendance à écrire des poèmes « il y a », comme l’exemple B), parce qu’ils essayaient de peindre un objet extérieur. « En opposition à eux », dit-il, « j’aimerais me faire l’avocat d’un haïku « c’est », un haïku qui souligne la perception. » Il proposa de réviser le poème de Shikunrô en :

de chrysanthèmes jaunes

un pot

 

parce que cela s’approchait au mieux de C). Il ressentait que le poème ainsi révisé articulerait le sentiment satisfait du poète de posséder toute la beauté de l’automne.

L’argument de Seisensui ne convainquit pas toutes les personnes présentes.*

* Shikunrô, qui était absent, mais entendit parler du débat, n’était pas convaincu non plus. La différence d’opinions le mena en fin de compte à quitter Seisensui et le groupe des « Nuages stratifiés ».

 

L’une d’entre elles remarqua que si les lignes de Shikunrô méritaient le nom de haïku, des lignes telles que :

une pile de

mandarines

devraient aussi être appelées haïku, et qu’on pouvait facilement composer toutes sortes de haïkus en employant le même format. Un autre participant demanda si chaque perception pouvait devenir de la poésie, ou si une véritable oeuvre d’art ne demandait pas plus que la simple expression d’une perception. Les réponses de Seisensui à ces deux furent longues et fortes, mais pa strès convaincantes. Il concéda enfin qu’il considérait le haïku de Shikunrô  comme étant de la poésie, mais qu’il ne la comptait pas parmi ses toutes préférées.

Cet épisode suggère une faiblesse dans la conception de Seisensui du processus de création. Il écrivit beaucoup, avec pas mal d’éloquence, sur l’art d’écrire des haïkus de style libre, pressant les poètes débutants de sortir au soleil et d’observer la nature avec fraîcheur, de laisser leur coeur s’immerger dans la nature et de sentir son pouls en eux. Ce sentiment, professa-t-il, devrait s’exprimer avec brièveté, précision, et un rythme naturel. Il enseigna aussi l’importance de montrer ses poèmes à autrui pour critiques. Mais, généralement parlant, ses conseils s’arrêtèrent là. La plupart de ses livres à propos de l’art d’écrire des versets étaient destinés aux débutants; leurs titres comportaient souvent des mots comme « introduction » et « Comment faire… ». Bien qu’ils soient lucides et stimulants, ces livres ne sont pas profondément philosophiques. Seisensui était un missionnaire, pas un théologien.

 

(à suivre… : « Vers le naturel et la simplicité« )

Résultats du 111ème kukaï de Paris

15 mars 2016

Samedi 12 mars à 15 heures, nous étions 10 présents autour de notre table au bistrot d’Eustache.
Nous avons échangé 35 haïkus.

20 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus.

°

Avec trois (3) voix :

midi au clocher –

brisant le silence glacé

le cri d’une pie

: Marie-Alice Maire.

°

Avec deux (2) voix :

bouse fraîche –

le paysan scrute

les nuages

: Michel Duflo;

dans la mienne

sa petite main

le chemin moins long

: Patrick Fetu;

Faux-pas au concours –

Dans les yeux de la danseuse

deux lacs

: Danièle Etienne-Georgelin;

grasse matinée

dans le creux des genoux

mon chien

: Eléonore Nickolay;

journée de prévention routière –

elle laisse entrevoir

son string fluo

: Minh Triêt Pham;

Le bref déclic

du compteur qui passe en nuit

Est-ce ainsi la mort?

: Monique Leroux Serres;

les papillons blancs

réjouissent les feuilles

leur donnent des ailes

: Catherine Noguès;

l’oiseau envolé,

la lumière se balance

: Daniel Py.

°

Avec une (1) voix :

belle connerie

le projet de loi d’El Khomri

au travail

: Daniel Py;

des heures durant

le vieux regarde la pluie

et moi le vieux

: Ben Coudert;

EHPAD

son passé lui échappe

le présent aussi

: Patrick Fetu;

la fleur de lotus

sous un rideau de pluie

retient son souffle

: Catherine Noguès;

L’équinoxe de printemps –

J’ai entendu le bruit de mes os

Quand j’ai bâillé

: Hiro Hata;

l’escalier sombre

de la maison d’enfance

loup y es-tu ?

: Jacques Quach;

le vieux chêne

tout nu sur un tapis de

jeunes jonquilles

: Jacques Quach;

premiers rayons –

passer encore ma main

dans ses cheveux

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

tête-à-tête

oublier le champagne

boire ses paroles

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

ton souffle sur mon épaule

si légèrement senti –

mon rêve revient…

: Philippe Bréham;

Une luciole d’hiver

cet éclair est un poète

ou une fée?

: Hiro Hata.

°

Sans voix, mais remarqués :

abandonnée là

une paire de chaussures

remplie de grêlons

: Michel Duflo;

fin d’hiver –

un flamboyant en fleurs m’arrive

par carte postale

: Michel Duflo;

Glace hivernale

Sa longue barbe blanche

me tire une aumône

: Monique Leroux Serres.

°

Notre prochain kukaï aura lieu samedi 9 avril 2016, au bistrot d’Eustache, à 15 heures!

°