Archive for the ‘musique’ Category

Le concept de « ma » (« (l’)entre »), dans la musique (… et dans la poésie de Yosano Akiko):

22 février 2017

« La musique japonaise possède un mot pour cet endroit de silence entre les sons : « ma« , littéralement « (l’) entre ». On considère que c’est en général un concept ésotérique, mais Didier Boyer, un critique et musicien contemporain qui vit au Japon, l’évoque vividement dans sa description du jeu du musicien de jazz Paul Bley :

« Dans une veine semblable à celle de Thelonius Monk, Bley semble vraiment couper ce qu’il juge inutile dans son langage musical. Maintes et maintes fois, il souligne l’espace qui sépare deux sons consécutifs. Il permet au dernier son de résonner jusqu’à sa toute fin, plutôt que de remplir l’espace qui le sépare du suivant avec des notes sans signification.

La musique, comme la nature, n’a pas peur du vide, et ce blanc, dûment annoté sur la partition, est ainsi traité comme un autre élément musical. Dans la musique qu’il joue, cette vacuité, cette absence de son, ou plutôt cet intervalle de temps entre deux sons, est en réalité plein de vie. C’est le moment où l’auditeur réalise soudain qu’il est entré dans le monde du musicien, et que les moments entre les notes deviennent des occasions d’entrer dans la musique et d’y voyager. Dans ces moments, le sens du son devient clair comme du cristal. » (dans : « The Poetry of Free-style Jazz Constantly Pushing the Limits » , »La poésie du jazz de-style-libre repoussant sans cesse ses limites », in The Japan Times, 29/5/1999.)

Le jeu de Bley, ainsi décrit, possède une simplicité délibérée qui, en surface, semble assez différente de la poésie d’Akiko YOSANO (1878-1942). Cependant la brièveté du tanka est en elle-même une sorte de simplicité et de minimalisation, et les poèmes en coups de pinceau d’Akiko permettent l’espace entre eux pour annoter le silence. »

: Janine Beichman, in Embracing the Firebird, Ed. de l’Université d’Hawai’i (Honolulu), 2002.

(tr. D. Py).

Publicités

Haïkus, senryûs, kyôkus, etc. Py – Nov. 15 – 1):

3 décembre 2015

°

grenouille,

bredouille

– l’étang dort

l’étang dure –

Lola (la grenouille) se détend

(Lola) se défend

au saut élastique

 

La grenouille se détend,

ressort…

, se détend, s’allonge

, quelle cuisse !

La cuisse (légère ?),

aérienne !

: Etang-tatives,

étang-tations

°

(pendant ce temps-là)

le jour monte,

hausse ses couleurs, *

1er novembre.

* (hisse les couleurs…)

°

tous les premiers mercredis du mois

une minute 41 de sirène à midi

(me dit le calendrier

des sapeurs-pompiers

si la si rè

ne retentit

: fermez les fenêtres

ouvrez la radio

°

« Pour avoir des lèvres de rêve » :

la labiaplastie

ou nymphoplastie

°

Suites de son opération :*

son visage-

Halloween

* : infection,

°

L’arbre à cons…

– Vérifions si nous y sommes !…

°

Les escargots *

caracollent au plancher

* = « caracol » (: esp.)

°

De l’ogre d’Halloween

à l’orgue de la morgue ?

– Toussaint

Toussaint,

la paix des mores ? *

* / la paie des morts… /

°

… de gros grains de raisin blond…

°

balcon nogentais :

une table, deux chaises

reçoivent

la pluie

°

(Kyôku :)

Les mots du haïku

ne sont pas là pour meubler

/ combler… le vide,

… mais pour le mettre en valeur… (?)

°

un mille-pattes

luit sous le lampadaire –

lune noire dans trois jours

°

Le monde sera-t-il plus sale

après que tu l’auras quitté ?

°

depuis des années

ce mendiant aveugle

qui ne s’accompagne que de Brassens

(dans le métro)

°

papa pousse bébé tient poupée

(rue de Rome, 5/11)

°

Tout ce monde affairé :

cohue capitale

du matin

(métro, RER, …)

(et) marcher à pas lents

(escomptés…),

c’est pas la vie, ça ?

RA

LEN

TISSEZ !

°

Fête des Pères –

une femme cueille des roses

au bout des rangs de vigne

(Orly-ville, juin 15)

°

(Bashôtage :)

Mes voisins de Dnipropetrovsk,

comment vivent-ils

(ce matin à 5h35) ?

(Millau, 30/10/15)

Six jours plus tard je vois (sur W9)

l’équipe de Saint-Etienne

qui rencontre Dniepropetrovsk

en Ligue Europa de football !

(Orly, 5/11)

°

l’ho

riz

on

°

(9/2006, métro :)

Elle tricote,

on dirait,

les fils de son baladeur

°

(16/9/06 – métro parisien :)

All the jewelry

atop her breast

– my silent hands

Toute cette bijouterie

sur sa poitrine –

– mes mains sages

°

L’homme qu’a bossé,

l’homme cabossé

°

(Kyôkus :)

Haïku :

Alléger le trait

Ecrire =

se vider la tête…

Affiner le trait

Haïku :

Laisser gagner le blanc.

°

les géraniums en pleine efflorescence –

approche de la lune noire

°

le trottoir sec

mouillé sous les feuilles

°

papillon brun dans la rue

lune noire de novembre

°

dessous féminins

(:) la légèreté

du fil

°

tout l’or

°

le rythme récurrent

°

(Saori Nakajima, au kukaï de Paris :)

« Le haïku n’est pas sentimental;

le tanka, oui ! »

°

des corps de métier

suspendus

bleu sur bleu

°

horizontal un oiseau

traverse le matin –

une grue au bout du gris

°

lacet sur le trottoir –

serpent noir de l’hiver ?

°

(Sur une illustration de Mitsuru Ikeda, p. 51 de Haïkus satiriques (de Kobayashi Issa), par Seegan (Laurent) Mabesoone, éd. Pippa, 2015 :)

du bord de la rive

les grenouilles regardent la capitale

et se marrent

(: 9/11, vers 7h55)

du bord de la rive

regardant la capitale

des grenouilles se marrent

(même jour, 9h25)

°

Je viens d’écrire un senryû sur des grenouilles,

ses chaussures de sport vertes

(métro, ligne 14, 8h)

… puis le sac vert

de sa voisine…

°

détachant une feuille de géranium,

une libellule verte

s’envole de sous le balcon

°

(Tanka – devant une peinture chinoise de montagne… :)

Seul compte

le paysage qui s’ouvre devant soi

– s’oublier

un peu

°

(Avenue de Clichy :)

fondue dans un décor

d’encombrants

la mendiante

(: vers 9h40)

d’un abri-bus

quelqu’un

a aménagé son chez soi

(: 9h48)

°

(à suivre (p.45)…)

Guillaume de Chassy, pianiste :

19 août 2014

« La mélodie très simple permet toute la richesse de l’accompagnement. »

: Guillaume de Chassy, pianiste de jazz, TV, 15/8/14.

« mélodies écrites avec très peu de notes »

« la musique qui se retient »

Haïkus, etc. Py – avril 14 – 3/3) –

30 avril 2014

dans le métro
un homme
bat
rebat
inlassablement
trois cartes

Le capitalisme bien compris :
les riches plus riches,
les pauvres plus pauvres

/ Enrichir les riches
Appauvrir les pauvres

Un jusqu’au gouttiste
(: essore la bouteille)

couvant

(Kyôku court à la répétition dans le haïku :)

la répétition dans le haïku :
aïe aïe aïe !

dernier coup de balai –
l’araignée
sur les derniers carreaux

nous traversons L’Oeil
puis nous traversons Le Boeuf :
retour de vacances

(Suite au Cimetière des chiens d’Asnières-sur-Seine, le 27/4/14 :)

pour son anniversaire
une visite au cimetière
animalier d’Asnières

« À notre bébé chéri KIKI »
« SUSHI Ange Poilu »
« TAMISE Ton Waouh Waouh nous manquera toujours »

sur la pierre de MOON *
des pétales de marronniers
tombés

* 1964-1980

/ sur le marbre luisant
de MOON
des pétales de marronniers
(tombés)

« À mon CHATCHAT tant aimé »
« KOLA dors bien »
« Ma MAMMINE (= un chien) Grand amateur de fromage »

des rires
dans le cimetière des chiens
et des chants d’oiseaux

« Ici repose Dick,* des tranchées compagnon fidèle »
* 1915-1929.

Lever la patte

au milieu des tombes canines
un bosquet de
Où (?)

sortie de l’immeuble
pour la balade-haïku
: « tiens, une marche ! »

le Restaurant Van Gogh
non loin du Cimetière des chiens –
Asnières

entre Seine et pont
une femme en boubou
devant sa tente *

* Quechua.

les cônes rouges
des marronniers au carré
Orly, fin avril

les cônes glorieux
des fleurs de marronniers
Avenue de la Victoire



(pour des musiciens :)

anguille sous croches (?)

« Secoue ta phrase
pour en faire tomber
les mots inutiles »

(D.P. – 2009.)

la vie squatidienne

Si le mille-pattes pense
à ses pieds,
il est foutu !

(Tanka du futur retraité :)

jour après jour a
près jour après jour après
jour après jour ah

que je le veuille ou non, ce
seront les grandes vacances

sortie du travail –
un chat noir
traverse dans les clous blancs

°

De Gaston Chaissac

28 mars 2014

in : Hippobosque au bocage, éd. Gallimard, 1951 :

« La peinture ça ne m’intéresse plus, ce que j’aime c’est les feuilles des arbres quand elles remuent. » (p.22).

« Je fais aussi des bruits sur l’harmonium mais le vent fait beaucoup mieux en traversant le marronnier. J’écoute le vent comme nos ancêtres les Gaulois, je l’écoute comme un chaste druide. » (p.23).

Gaston Chaissac

Compte-rendu du 87è kukaï de Paris :

9 mars 2014

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 87 du 8 mars 2014.

En présence de 15 personnes (dont trois nouveaux : Myriam, Lise-Noëlle et Kosuke), 33 haïkus ont été échangés.
20 haïkus ont obtenu une ou plusieurs voix.

°

Avec 4 voix :

printemps parisien / au balcon de la voisine / le bleu des pensées

: Roselyne Fritel ;

restaurant exotique – / faisant le tour des tables / un cancrelat

: Michel Duflo ;

stage d’épée – / sur le sol de la cour / un lombric

: Daniel Py ;

Versailles – / sur le bras du SDF / un tatouage fleur de lys

: Minh Triêt Pham.

°

Avec 3 voix :

avant de m’ouvrir / le vieil ami presque chauve / se peigne avec soin

: Roselyne Fritel ;

bientôt le printemps / le son de sa canne / ponctue le temps

: Cécile Duteil ;

Derrière sa blondeur / l’ombre / d’une moustache noire

: Leïla Jadid ;

Retour du printemps – / Le coq de la voisine / fait ses gammes

: Isabelle Ypsilantis ;

silence – / mon nouveau / compagnon

: Valérie Rivoallon ;

sur l’immeuble d’en face / je regarde mon passé – / fenêtre éclairée

: Philippe Bréham.

°

Avec 2 voix :

Les cygnes quémandent / aux portes des maisons / Loire en crue

: Danièle Georgelin.

°

Avec 1 voix :

Au bleu du ciel / le gris de la tourterelle / se marie.

: Patrick Fetu ;

banc de l’église / le gamin béat / sa petite voiture à la main

: Cécile Duteil (d’après une peinture d’Agim Sulaj) ;

cirque ambulant – / le pantalon léopard / de la dompteuse

: Michel Duflo ;

Écume rosâtre / Mise en scène du printemps / sans scénario

: Kosuke Kawasaki ;

Hiver sans neige – / Des sous-bois tout blancs / de perce-neige

: Danièle Georgelin ;

Il badine toujours / La vie est plaisanterie / Et meurt de froid aussi

: Hiro Hata ;

« L’oiseau de feu » : / dans les coulisses du théâtre, / un pompier

: Daniel Py ;

P4 / Premières bouffées / … et des larmes

: Patrick Fetu

Saint-Valentin – / les nuages flirtent / avec la lune

: Valérie Rivoallon.

°

Pendant le tensaku (« ré-évocation », voire ré-écriture de haïku(s)) ont été discutés – « retravaillés », avec l’assentiment de leurs auteures :

Matin d’hiver / sur la neige blanche / quelques perles rouges
, de Leïla Jadid ;

Avalon – / Dissipation des brumes sur le lac, / Regard émerveillé de Morgane
, de Myriam Rouxel, et :

Violente tempête – / Écroulement du lilas / Sous le poids des sapins
, de Myriam Rouxel également.

°

Kosuke Kawasaki (membre du France Kukai) nous a fait part d’ateliers de haïku organisés par Christian Faure – et lui-même, chaque 3ème samedi du mois à 15 heures au restaurant Osmoz, 33 rue de l’Ouest, 75014 Paris. On peut consulter également sur le site « onvasortir.com » en date du 15/3 (= samedi prochain !) à 15 h : « haïku par Kirus ». Un ginko (une marche assortie d’écriture de haïkus) doit se tenir prochainement dans Paris. Kosuke nous en tiendra prochainement au courant ! – Merci à lui, à eux !

°

Il a été décidé d’avancer l’heure de notre kukaï d’une autre demi-heure. Dorénavant, nos réunions auront lieu à 15 h 30 !
Notre 88è kukaï de Paris aura lieu donc le 12 avril prochain à 15 h 30 !

Merci !
et à très bientôt !

Daniel

°

haïkus, etc de Py – nov. 13 – 2/2

1 décembre 2013

°°°

Pôle Nord –
des flocons glacés
remontant
du fond marin

°°

Concert au salon –
dans le fauteuil du fond
trois haïkistes dorment

concert au salon –
dehors les feuilles jouent
contre le mur du jardin

sonate de violon –
je la regarde
regarder dans le jardin

il tourne les pages –
le compositeur ne se retourne pas
dans sa tombe

Beethoven au piano
ici et là manquent des notes
– reprises ?

°°

(… trois)
vers de porc

°
(d’après J.A.:)

neige
la
tombe

°°°

D.

sam 30 nov 2013 galerie Pippa

29 novembre 2013

Bonsoir !
demain, samedi 30 novembre, à la librairie-galerie Pippa, 25 rue du Sommerard, Paris 75005 (M° Cluny-La Sorbonne, a lieu une après-midi « Faites de la musique » en présence de l’ilustrateur Pouch et du haïkiste (entre autres) Py pour une encire dédicace de leur recueil « Bulles de musique », de 14 h à 21 h !
Tou(te)s sont invité(e)s à se joindre à nous – avec, éventuellement, leur instrument de musique, pour fêter dignement cette occasion !

Merci d’avance !

Daniel (François et Brigitte) !

Haïku, etc. de Py – sept 2013 – 2/2

20 novembre 2013

°°°

Fukushima
pour le(gouvernement de)s Japonais
c’est tabou
ça bout !

°
FilloN
( : in Le Canard enchaîné du 18/9/13)

°

ventes libres d’armes –
massacres de déglingués –
USA…

°

Une ancienne plantureuse de riz…
(cf Hubert Haddad, in Le peintre d’éventails, éd. Zulma, 2013.)

°

quatrième jour de cure
son odorat s’affine…

°

ces travailleurs anthracite
à la sortie du train…

°

elle fit
tout le voyage
dans son téléphone portable
(Reims-Paris, tgv.)

°

(Métro :)
« POUSSEZ FORT »
dit la porte
– qui s’ouvrit seule

°

rigolant au soleil
le caniveau
me fait de l’œil
(Avenue Mac-Mahon)

°

sur un banc
(Avenue Mac-Mahon)
une feuille
s’en vient loger
entre oreille et veste…

°

beau son de hautbois
dans un couloir du métro

mais odeur de vomi

°

Si vous ovulez
fis-je,
en place de
Si vous voulez !

°

une femme
en plastique
irréprochable

°

(s’a
muser
avec les mots)

°

une pavanade

: un paon
se pavaonne ?

°

an eclectric preacher

°

(le rythme
dans la po
ésie (du haïku))

°

Autant que faire se put
Autant que fesse repue

°

deux avions croisent leur air
dans le ciel bleu

°

Le Mont Tolima *
fut-il le Mont Fuji
de Sélim Bellen ?
(comme la Sainte-Victoire
celui de Cézanne ?)

* en Colombie.

°

Sauver
une coccinelle jaune
du lac Bâlea

(Transfàgàràsan, Roumanie, 8/13)

°

voile intégral : a-guichée (fermée)

voile intégral : aguicher = fermé !

°

les pectoraux
électoraux

(et les taureaux ?…)

°

Fonçant dans le brouillard
à 320 kms/h

(Paris-Reims, 25/9)

°

ça grenouille
ça magrouille

(Magrouiller // Gremouiller…)

°

dans le RER
(vidé)
une cravate grise à rayures
à terre

(C, Paris-Choisy)

aux pieds de cette femme
qui continue son voyage
cette cravate grise rayée noir

°

cf : FilloN
: FéloN

°

devant la lune du projo
s’élève le nuage de la fumée
soirée jazz kréol

(Le Baho’s, Longjumeau, 28/9)

°

dans le dimanche matin
recroquevillé derrière toi
une voiture officielle
esquisse une sirène

°

bouille de keuf !
kouille de beuf !

°

passant par le parc
aux senteurs de roses de septembre
les marrons roulent

°

jog au parc
sur le piano
fermé
Mozart *

* : Le conservatoire de musique d’Orly se situe à l’intérieur du Parc Méliès.

°

les zozo les zonneurs

°

soutenu(e)
tousse nu(e)

°

(cf 23/8/13 :)

un livre
sabi – me
au soleil

°

ra – beauter ?

°

sa matrice
m’attriste

°°°

Rapport sur le shisan renku de Folkestone : « Pégase en vacances » / ‘Pegasus on holiday’ par Neil Robbie

5 octobre 2013

Voici l’article paru dans Blithe Spirit (Le journal de la British Haiku Society -vol 23 n° 3) :

Renku and linked haibun written as part of the Anglo-French Haiku Conference in Folkestone, May 2013

Renkus et haïbun lié écrits pendant la Conférence Anglo-Française de haïku à Folkestone, en mai 2013.

Introduction (by / par Neil Robbie)

Twelve budding renkuists gathered in the cellar bar of the hotel around a long aluminium table and were divided into two groups, one led by Claire Châtelet (aka Sprite) and one by myself. We made sure there was a fair mix of French speakers and english speakers and at least one person in each group capable of translation at the high level demanded of bilingual poetry writing. I was a late joiner to the conference and Daniel Py had been asked to lead one of the groups ; but after chatting on the Thursday night he offered me the sabaki role as we would need someone who was capable of translating easily between French and English in each group, a job he was very capable of doing. We stayed around that same table and Claire’s group went upstairs. Thus we all started around 10.30 am on the Friday morning 10th May 2013.

Douze renkuistes (« renju ») en herbe se rassemblèrent dans le bar inférieur de l’hôtel autour d’une longue table en aluminium, et se divisèrent en deux groupes, l’un emmené par Claire Châtelet (dite Sprite) et un par moi-même. Nous nous assurâmes qu’il y avait un bon équilibre entre francophones et anglophones, et qu’une personne au moins dans chaque groupe pouvait traduire au niveau demandé par l’écriture de poésie bilingue. Je rejoignis tardivement la Conférence et l’o avait demandé à Daniel Py de mener un des groupes ; mais après discussion le jeudi soir, il m’offrit le rôle de sabaki, puisque nous avions besoin de quelqu’un capable de traduire facilement entre le français et l’anglais dans chacun des groupes, tâche qu’il était capable d’assumer. Notre groupe resta autour de la table, et celui de Claire remonta au rez-de-chaussée. Nous commençâmes donc autour de 10 h 30 le matin du vendredi 10 mai 2013.

RENKU 1

Participants : Danièle Georgelin (DG) ; Rob Flipse (RF) ; Daniel Py (DP – translator / traducteur) ; Neil Robbie (NR – sabaki) ; Nan Schepers (NS) & Andrew Shimield (AS – secretary / secrétaire.)

Pegasus on holiday
– A Spring Shisan renku / Un renku Shisan de printemps – Pégase en vacances

A blossom in the wind / the door of the South Cliff hotel / opens and shuts
La fleur au vent / la porte de l’hôtel Southcliff / s’ouvre et se referme
RF

spring tide / pulls back a pebble
la marée de printemps / fait reculer un galet
NR

in a sweat / changing the duvet / on the bed
en sueur / changeant la couette / sur le lit
AS

the neighbour hangs out / after a hot night
la voisine se penche dehors / après une nuit chaude
RF

in your memory / to live this new summer / a cuckoo calls
en ton souvenir / vivre ce nouvel été / un coucou appelle
DG

the temple bell / answering
la cloche du temple / lui répond
DP

early morning jogging / the moon so low / it touches the rooftops
jogging tôt le matin / la lune si basse / qu’elle touche les toits
NR

after the grape harvest / a leaf falls in my glass
après les vendanges / une feuille tombe dans mon verre
NS

hey Presto ! / the magician pulls / a rabbit from his hat
abracadabre ! / le magicien tire / un lapin de son haut-de-forme
AS

Pegasus on holiday / flying over fis hand chips
Pégase en vacances / survolant le fish-and-chips
NS

the red cheeks / of children / on sledges
les joues rouges / des enfants / sur leurs luges
DP

A Chopin Air / snowflakes in the light
Air de Chopin / les flocons de neige dans la lumière
DG

TOMEGAKI for ‘Pegasus on holiday’ / pour « Pégase en vacances ».

The hokku was a difficult choice, as the quality of the verses was very high. The theme of the wind, the sea and the hotel all feaured strongly. Eventually I decided to go with Rob’s excellent verse, where we have both the inside and outside interacting, a constant theme of this poem, the place name of the civilised world and the natural world in dialogue through the opening and closing door.
Le hokku fut un choix difficile, étant donnée la qualité élevée des versets proposés. Les tèmes du vent, de la mer et de l’hôtel prédominaient, mais je choisis finalement l’excellente strophe de Rob, où nous trouvons l’interaction de l’intérieur et de l’extérieur, un thème constant de ce poème, le nom de lieu du monde civilisé et le monde naturel dialoguant à travers la porte s’ouvrant et se fermant.

The waikiku also offered some difficult choices to the sabaki. The sea answering the wind on the shorefront seemed the best choice linking as it did with the outside scene and so i twas the waves overturning the pebble that was selected.
Le waikiku également demanda un choix difficile au sabaki. La mer répondant au vent sur le front de mer sembla le meilleur choix, faisant ainsi le lien avec la scène en extérieur, et ce fut donc les vagues retournant le galet qui fut choisi.

The daisan raised the question of the ambiguity of the hokku. – Was the writer reporting the door opening and shutting inside or outside the hotel ? If outside then Andrew’s duvet changing verse might not work. But we decided there was enough ambiguity there and although the wakiku was outside I decided the shift to the inside of a bedroom would fit well, with the duvet covers movement linking to the waves.
Le daisan souleva la question de l’ambiguïté du hokku. – L’écrivain relatait-il que la porte s’ouvrait et se fermait à l’intérieur de l’hôtel ou sur l’extérieur ? Si c’était à l’extérieur, alors le verset du changement de duvet d’Andrew pouvait ne pas fonctionner. Mais nous décidâmes qu’il comportait assez d’ambiguïté, et bien que le wakiku se situât en extérieur, je décidais que le changement vers l’intérieur d’une chambre fonctionnait, avec les mouvements du duvet procurant un bon lien avec les vagues.

There were associations of this verse which might signal that it would be more suitable later on in the poem. – Why was he changing the duvet ? And soon enough we were outside again with the theme of love and Rob’s neighbour hanging ouside the window from the room after a ‘hot night’. We moved rather gracefully and elegantly from the passion of night to the cool cry of a cuckoo in summer ; here the love was for a father, Danièle’s, and mortality crept in.
Certaines associations de ce verset pourraient indiquer qu’il pourrait être plus judicieux plus tard dans le poème. – Pourquoi changeait-il le duvet ? Et de nouveau nous nous trouvions dehors pour le thème de l’amour et la voisine de Rob se penchant par la fenêtre de la chambre après une « nuit chaude ». Nous continuâmes assez gracieusement et élégamment, passant de la passion nocturne au cri frais d’un coucou en été ; ici il s’agit de l’amour pour un père, celui de Danièle, et la mort vient faire son apparition.

And then the beauty of Daniel’s answering bell. Perhaps that bell was Daniel himself giving comfort to his partner in her bereavement.

Puis vient la beauté de la cloche de Daniel qui répond. Cette cloche étant peut-être Daniel lui-même voulant apporter réconfort à sa partenaire dans son grief.

We were beginning to cover a fair few of the 10,000 things, from love, to death to religion.
Nous commencions à couvrir quelques unes des dix-mille choses, de l’amour à la mort, à la religion.

The jogging verse was based on a memory of a 5.00am jog with a very low moon. At this point we started to look around to check everyone had submitted a verse, and in a very natural way Nan came up with another autumn image of a leaf falling into a glass of wine. The falling in of the leaf was complemented by the pulling out of the rabbit and the lightness of the fall of the leaf with the dramatic flourish of the magician. The theme of magic amplified with Pegasus taking to the skies to look down on the Folkestone diners as one of Nan’s pocket verses was adapted and recycled.
La strophe du jogging provenait du souvenir d’un jog à 5 heures du matin accompagné par une lune très basse. À ce moment du renku, nous commençâmes à vérifier que chacun des participants avait soumis un verset, et très naturellement Nan produisit une autre image automnale, celle d’une feuille tombant dans un verre de vin. Cette chute de la feuille fut suivie de l’extraction du lapin du chapeau du magicien, et la légèreté de la feuille par le panache dramatique de l’artiste de cirque. Thème de la magie amplifié par Pégase qui s’envole pour observer les convives de Folkestone, dans une strophe de Nan mise de côté précédemment et recyclée à cet endroit.

What could be a clearer image of winter than the red cheeks of children playing in the snow ? After Daniel’s red cheeked children, we ended with another of Danièle’s beautiful verses, a winter ageku with the lightness and elegance of Chopin, Daniel and Danièle moving in harmony once more.
Quelle image d’hiver pourrait-elle être plus parlante que celle des joues rouges d’enfants jouant dans la neige ? Après les enfants aux joues rouges de Daniel, nous conclûmes avec une autre des belles strophes de Danièle, un ageku hivernal avec toute la légèreté et l’élégance de Chopin, Daniel et Danièle bougeant une fois de plus en harmonie.

We were finished by 4.00pm. In the end everryone had submitted 2 verses, though initially at least, not through any premeditated design. Finally on the bus to Canterbury the next day, Andrew solicited views on the title of the poem and suggested ‘Pegasus on holiday’. We all agreed.
Nous terminâmes à 4 heures de l’après-midi. En fin de compte chacun avait soumis deux strophes, sans que cela eût été un objectif prémédité. Enfin, dans le bus vers Cantorbéry, le matin suivant, Andrew demanda notre avis sur le titre du Shisan, et suggéra « Pégase en vacances » pour lequel nous fûmes unanimes.

Neil Robbie, May / mai 2013.
(trad. D. Py.)