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Résultats du 92è kukaï de Paris :

13 septembre 2014

Résultats du 92è Kukaï de Paris, du 13 septembre 2014.

En présence de quinze participant(e)s (dont une nouvelle, Mme Christine Devic), 31 haïkus ont été échangés.

°

Avec cinq (5) voix :

grimpette –
la roue avant et moi
crevés

: Michel Duflo.

°

Avec quatre (4) voix :

Lisant
Soudain là, tellement là
le parfum d’une rose

: Monique Leroux Serres ;

vidéoprojecteur –
mes collègues européens
en ombre chinoie

: Minh-Triêt Pham.

°

Avec trois (3) voix :

lac immobile
pleine lune entre les pins
le vent n’ose souffler

: Philippe Bréham ;

Main dans la main –
S’approchant à petits pas
du dernier été

: Isabelle Ypsilantis ;

Mal aux deux jambes –
sur le sentier de rando
je croise un mille-pattes

: Danièle Étienne-Georgelin.

°

Avec deux (2) voix :

août –
la pluie tambourine
sur le marteau-piqueur

: Valérie Rivoallon ;

Au milieu des bras
voltigent deux papillons
Match de basket

: Danièle Étienne-Georgelin ;

de part et d’autre du tracteur
les deux couleurs du champ

: Daniel Py ;

deux Perrier-menthe à la paille –
la couleur de l’océan

: Daniel Py ;

Jours d’été –
Au bout d’un fil toute une vie
d’araignée

: Isabelle Ypsilantis ;

Premier jour d’école
de sa main tremblante
je me souviens encore.

: Patrick Fetu ;

Rentrée d’école
Toute la grille envahie
par les capucines

: Monique Leroux Serres ;

Rupture cuisante
saisir la vie au vol
avant que le train ne siffle

: Roselyne Fritel ;

sous le platane
oubliée de Dieu dit-elle –
la centenaire

: Michel Duflo.

°

Avec une (1) voix :

ah, ce coucher de soleil !
je ne cesse de le contempler
pour l’empêcher de descendre…

: Philippe Bréham ;

Feux d’artifices –
Des saules pleureurs
Jaillissent de l’hippodrome

: Myriam Rouxel ;

Matin brumeux –
le bus scolaire ramasse
les feuilles en tas

: Marie-Alice Maire ;

nul vivant à portée de voix
excepté moi sous un ballet d’étoiles

: Roselyne Fritel ;

Rumeur de rentrée
dans la cour d’école
quelques feuilles mortes.

: Patrick Fetu.

°

Sans voix, mais remarqués :

journée tristounette –
me balader dans la rue
du Cherche-Midi

: Minh-Triêt Pham ;

et :

rentrée en grappe –
le sourire mielleux
du proviseur

: Éléonore Nickolay.

°

Vous pouvez lire ces résultats complets sur :

https://haicourtoujours.wordpress.com/

et

http://www.kukai.paris.free.fr/blog/

°

Notre prochain kukaï se tiendra samedi 4 octobre, à 15h30, au bistrot d’Eustache.

Merci !

Daniel.

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Haïkus, etc. Py 15-30 nov. 2012 (2/2)

14 janvier 2013

°

N’est-ce pas le comble
pour un poisson
d’être pâlot ?

°°

Ah, enfin des haïkus vrais, forts, vécus,
que ceux de Véronique Dutreix, dans son recueil Baisers de mufle,
préfacé par Micheline Beaudry,
traduit en bulgare par Sidonia Pojarlieva
aux éditions Farrago, Sofia, 2012.

les naseaux fument,
mes doigts gelés
sur le manche de la fourche.
(p. 18)

je porte deux seaux
qui me donnent
la main.
(p.38)

brumes montantes
les chênes rouges
deviennent pagodes.
(p. 48)

un veau est mort,
sa mère
s’est assise dessus.
(p. 50)

l’oreille glacée
du veau mort
est à étiqueter.
(p.51)

– Bravo Véronique !

°°

Elle s’en mail(e)…

°
(rêve)

j’allais la voir
ce soir en voiture
quand il fallut que je me lève

°

les jardins
merveilleusement jonchés
un père qui se meurt

°

les arbres se dénudent,
les nids apparaissent

°

(ancien –> 18/11/12 :)

ce matin
une toile d’araignée
de neige

°

les chemins tout enfeuillés –
le chevet d’un père mourant

°

(cf Philippe Forest : Haikus, etc., éd. C. Defaut 2008, p.61 :)

L’art / Le haïku ? :
évoquer l’absence – l’en-creux

°

Fête des feuilles
… Défaite des feuilles

°

une « métroleuse »

°

le battement d’un cil,
une tempête… *

* le(s) battement(s) d’un ciel ( !…)

°

slowly
going into *
his longest sleep…

* / entering

lentement
entrant dans son plus long sommeil…

feuilles d’automne

°

le bruit des feuilles qui tournent
ce 24 novembre :

kukaï exceptionnel *

* : 31 personnes, dont 13 amis Japonais

°

les lèvres rouges
d’une feuille
sur le rebord de la fenêtre

: baiser d’un matin gris

°

acheter des pinces-à-linge
– envolées de leur fil ?

°

(Dear deer, d’après une photo sur Internet :)

ses bois
enflammés :
Noël

°

des cris
sur l’étang :
un conflit de canards

°

mare, miroir
étale et paisible
– ploc !

°

face aux cimes
tiers
de lune

°

(ancien :)

à la boulangerie,
plus de baguettes –
la cliente :
longiligne

°

une seule lune
20 000 lampadaires
(27 novembre)

°

presque seuls
dans la cohue des couloirs du matin
ce couple enlacé

°

la couleur d’écran
de ce téléphone portable
exactement la même
que du dessus du piano

°

le maquereau ond-
ule
au micro-ondes ?

°

distribution de rires féminins
ce matin
dans le tgv

°

fin novembre
une feuille verte encore
dans le sas d’entrée

°

charafoin
charabia

°

le tec
ste
la te
ste

°

désor
mais

désar
mais

°

vaccination
faxination

°

une feuille verte
dans la rame
dernier novembre

°

les lendemains
les aujourd’huis
qui déjantent…

°°°

URASHIMA A FUKUSHIMA – Conte de Seegan Mabesoone

17 décembre 2012

URASHIMA A FUKUSHIMA
par
Seegan Mabesoone

À mes amis de Namie, la Famille K.

**

On se moquait souvent de Taro à l’école primaire de Namie. Parce que son patronyme « URASHIMA » et son prénom « Taro » étaient exactement les mêmes que ceux d’un célèbre héros de contes de fées.
« Eh ! Urashima, tu cherches la Princesse-Tortue ? »
Mais pour Taro, quand il y repense, c’était encore le bon temps.
C’était il y a trois ans…
C’était avant l’explosion de la centrale de Fukushima Daiichi, à huit kilomètres de son école.

Aujourd’hui, nous sommes le 11 mars 2014 : trois ans exactement se sont écoulés depuis la catastrophe. Trois ans sans revoir sa maison, son village, son école. La zone sera interdite à jamais.
La famille de Taro s’est installée à Soma, une ville moyenne à 40 kms de la centrale. On a trouvé une nouvelle école pour Taro. Ce n’est plus la campagne, la compétition est rude pour les enfants aussi.
« Taro, arrête de jouer sur ta console ! L’année prochaine, y a le concours d’entrée au collège ! », répète sans cesse la maman de Taro.

Taro a une petite amie. Elle s’appelle KAMEDA Tatsumi. Et « Kameda », son patronyme, signifie justement : « Tortue des rizières » ! Quand Taro et Tatsumi marchent ensemble dans les couloirs, tout le monde s’en donne à cœur joie : « V’là Urashima le héros et sa Princesse-Tortue ! »
Mais les copains, ils ne savent pas que Tatsumi a une petite boule sous la gorge : une « tumeur maligne de la thyroïde », disent les docteurs. Ca, c’est leur secret, à Tatsumi et Taro.

Tous les soirs, Taro et Tatsumi jouent ensemble sur leurs consoles. Chacun dans sa chambre, relié à l’autre par Internet. Dans ce coffret magique, Taro est le Prince charmant, Tatsumi est la Princesse idéale. De toutes façons Taro et Tatsumi ne peuvent pas aller jouer dehors. Leurs mères font partie des rares habitants du département de Fukushima qui font encore attention aux poussières radioactives présentes dans l’air…

Chaque soir, Taro et Tatsumi mentent à leurs parents en prétextant : « Je vais faire mes devoirs dans ma chambre », et jusqu’au petit matin, ils restent reliés par le fil ténu de leurs rêves préadolescents. Comme l’écrit souvent Taro : « Ce jeu, c’est notre royaume sous-marin ! »

Mais Tatsumi doit bientôt déménager. Sa mère a décidé de partir avec sa fille, d’aller habiter chez une tante à 200 kms de là, et de laisser papa travailler à Fukushima. « C’est plus sûr pour ta thyroïde », affirme sa maman.

14 mars 2014.
« Tiens, le 14 mars il y a trois ans, c’était l’explosion du réacteur 3 l », se dit Taro. Oui, mais pour un garçon japonais amoureux, cette date, c’est avant tout le « White Day » !
Au Japon, les jeunes filles offrent du chocolat aux garçons pour la Saint-Valentin, puis, exactement un mois plus tard, les garçons répondent en offrant (ou non !) des biscuits en retour : c’est ça, la fête du « White Day » tant attendue par Taro.
Avec ses biscuits faits maison à la main, Taro sonne à la porte de l’appartement de Tatsumi… Personne ! Il regarde son téléphone portable. 1 message : « PARDON TARO ! J file aux urgences c matin. Mal de gorge, fièvre… c la thyroïde. Visites interdites, console interdite ! orz Ps : regarde 1 paquet derrière le pot. ww ».
Effectivement, il y avait un paquet bleu-ciel, contenant la console « Play-station 11 » de Tatsumi, et un mot : « Urashima Taro, Je te donne mon coffret magique. Je t’aime et je t’aimerai toujours. Kameda Tatsumi. »

Cet après-midi là, Taro monta dans le bus direction Minami-Soma, vers la zone interdite. À Odaka, à quelques kilomètres du barrage de police, il se mit à marcher à travers champs. De toutes façons, depuis quelques mois, les policiers laissaient entrer un peu n’importe qui. Pour un adulte, une vieille attestation de résidence aurait suffi.
Taro n’osa pas aller revoir sa maison. Il se dirigea vers son école. Il franchit le portique si familier. Un seul rayon de lune illuminait l’immense cour déserte.

Il n’avait presque pas neigé en 2014. Au milieu du terrain de foot, les pousses de pissenlits perçaient déjà çà et là. Les étoiles tremblaient. Taro aussi. Il se mit à pleurer. Et puis il fit une « bêtise ». Peut-être « par amour » pour son école, ou simplement par désespoir, il commença à manger frénétiquement les pousses de pissenlits. Il sentait descendre l’amertume en lui, gorgée de radionucléides. Et il continua encore et encore.

Jusqu’à plus faim, jusqu’à plus froid.

Il pénétra dans sa classe. Par hasard, il trouva une couverture moisie. Il s’étendit sur l’estrade. Et il dormit mieux que jamais il n’avait dormi depuis ces trois années passées hors de chez lui.

Le lendemain, il erra à pied dans son village parfaitement désert. Il continua jusqu’à Futaba, Okuma, Tomioka…
Il y avait sur les routes des squelettes de chiens, des pancartes publicitaires grinçantes, des cadavres de voitures…
Ce n’étaient pas trois années, mais trois siècles qu’il semblait s’être écoulé.

Le téléphone portable de Taro ne cessait de vibrer. Sa mère lui écrivait toujours et encore la même chose : « Mon Taro ! Où es-tu ? S’il te plaît, rentre à la maison ! Tatsumi va guérir. C’est sûr. Rentre ! Réponds-moi vite ! »
Taro ne répondit ni aux messages ni aux appels.
Il s’assit sur une plage à 3 kms seulement au sud de la centrale. Autrefois, ici, à Kumagawa, rivalisaient les meilleurs surfeurs du Japon devant les restaurants les plus chics de la côte…

Pendant une semaine environ, Taro erra de restaurants fantômes en maisons abandonnées. Il y avait toujours quelque aliment sec, pas encore moisi ou rongé par les vers, si on cherchait bien dans le fond des placards. Bien sûr, le moindre biscuit, la moindre algue sèche qu’il ingérait était imprégné de tous les radionucléides imaginables : césium 137, strontium 90, uranium 235, plutonium 239…
Chaque soir, il choisissait une villa luxueuse et dormait confortablement dans un lit immense. L’odeur de la moisissure ne le dérangeait presque plus. Entre les draps de satin, chaque soir, il allumait la console de Tatsumi, juste un instant, afin d’en économiser les batteries. Il se sentait très malheureux et très heureux à la fois. Après tout, il était irrémédiablement seul, mais tout son pays lui appartenait !

Un soir, comme les batteries de la Play-station 11 de Tatsumi menaçaient de rendre l’âme, Taro décida d’en profiter jusqu’au bout. Il tapa le mot de passe : « URASHIMA TARO ». Ca y est : « connexion autorisée » sur le compte de Tatsumi ! Il recherche un partenaire. Mot-clef : … Taro regarde l’horizon : une fine bruine se profile au large du Pacifique. Il entre : « pluie ». Et soudain l’écran de la console vire au bleu-ciel !

Quelque chose d’incroyable !
Un bug, ou plutôt le déclenchement inexpliqué d’une vidéo cachée, vestige d’un programmateur fou, ou génial ?
Des images de la catastrophe de Fukushima s’enchaînent au rythme d’une suite pour violoncelle seul de Bach. Avec ce poème en sous-titre :

Ne pas capituler, ni dans la pluie,
ni dans le vent.
Ne pas capituler, ni dans la neige,
ni dans la chaleur de l’été.
Garder son corps fort,
Sans cupidité.
Ne jamais s’emporter.
Sourire calmement de tout.
Manger quatre bols de riz brun par jour,
une soupe de miso et quelques légumes.
En toutes choses
se placer en dernier.
Bien regarder, écouter et comprendre.
Et ne pas oublier.
Demeurer dans une cabane de chaume
à l’ombre d’une pinède dans la lande.
Et, si à l’est un enfant tombe malade,
aller s’occuper de lui.
Et, si à l’ouest une mère ressent de la fatigue,
aller porter pour elle les gerbes de riz.
Et, si au sud un homme agonise,
aller lui dire : « N’ayez pas peur ! »
Si au nord on se dispute, aller au procès et leur dire :
« Arrêtez donc ces bêtises ! »
Et puis, pleurer pour les autres, seul dans son coin.
Errer quand il fait froid l’été,
quand les gens disent : « On dirait qu’il ne ressent rien ! »
Ne recevoir ni compliments,
ni reproches.
Je voudrais être
une telle personne.

Miyazawa Kenji.

Tout à coup, Taro est pris d’une crise d’asthme. Il tousse trois fois. Sa respiration est de plus en plus chaotique. Il a l’impression d’avoir trois cents ans. Lui, le petit garçon de dix ans, comme tout le monde à Fukushima, le sait bien : le Plutonium 239 dans les poumons d’un homme, comme partout ailleurs, émet des rayons alpha selon une demi-vie de vingt-quatre mille quatre cents années.
Ses yeux figés sur l’horizon apportent une dernière vision à son cerveau : une pluie noire au-dessus du Pacifique. Tout près de lui, la piscine du combustible usagé du réacteur 4 de la centrale de Fukushima a fini par s’écrouler, causant la mise à l’air et l’embrasement total de ses 1531 barres de combustible nucléaire.
Les yeux révulsés vers le ciel, Taro tient dans une main son téléphone portable et dans l’autre sa « boîte de Pandore » : le coffret magique de Tatsumi.
Le téléphone vibre.
1 message :
« Mon Taro aoré ! L’opération a réussi ! J’ai l droit d jouer sur m console a nveau ! Amène la moi vite à l’hôpital ! En plus, ECOUTE : déménagement annulé… Je reste près de toi ! JE T’AIIIMMME ! TA TATSUMI »

**

PS : j’ai retranscrit ici ce conte de Seegan (Laurent) Mabesoone sans les illustrations d’origine.
Daniel.

Bashô 263/1012

9 septembre 2012

263 (JR) (= 257 K-C.) :

champ en jachère
des hommes allant ramasser
des feuilles de bourses-à-pasteur

Note (JR) :
Nouvel An 1686. Le 7 janvier, les gens avaient coutume de manger un porridge contenant « sept joyaux de printemps », des herbes bonnes pour leur santé. L’une d’entre elles était « nazuna » (« bourse-à-pasteur », Capsella bursa-pastoris). La plante à croissance longue a de minuscules fleurs blanches sur des racèmes pouvant pousser jusqu’à 40 centimètres. La plaisanterie tient dans l’idée qu’un champ en jachère ne produit rien, mais cependant, dans son inutilité, il produit quand même un des « 7 joyaux du printemps. »

(Tr. K-C. : « Dans les jachères / cueillant des capselles / des hommes, oh ! »)

Haïkus, etc de PY, août 2012 (1/2)

30 août 2012

°

une rondelle de fromage de chèvre –
la pleine lune

°

le long de l’autoroute
les automobilistes regardent
les éoliennes tourner

°

(Kyôku :)

Un haïku, sont-ce des mots en bouton(s) ?

(cf Japanese English Haiku 2008, ed. Modern Haiku Association, p. IX : « …a good haiku unfolds… »)

°
(filosofik ? )

bientôt
le regard
du silence

°

l’ « amarsissage » réussi
(de la navette spatiale)…

°

toutes les vaches
sous l’arbre
du champ

°

Août
quelques gouttes d’une pêche
par le balcon

°

herbes
à fleurettes blanches
des escargots
de la garrigue

rasant les herbes
et leurs escargots blancs :
tracteur de l’après-midi

escargots blancs des herbes
épargnés
par la faucheuse

bouquets d’escargots blancs
sur des tiges de Provence
– Tai-ji dans la garrigue

°

suspendu au balcon
un long cheveu blond :
toile d’araignée

°

on dirait qu’elle fait la cuisine
dans la cuisine :
bruit(s) de spatule en bois

°

heure de la sieste –
une cigale s’élance

°
(Kyôku(s) :)

le haïku « vécu » / « inspiré » / « reçu »
plutôt que
le haïku « conçu » / « concocté » (= popotaïku / haïkuisiné / Haïkuit !) / « haïconçu »

Bolt * of lightning-haiku
* (cf : Usain Bolt, London Olympic Games, 2012.)

Le haïku (comme) choc /
Striking (haiku)

Haïku, le sens du moins-soi

°

elle secoue
nue
un cheveu
par-dessus le balcon
de la garrigue
un homme
lui répond

°

nuit d’août :
un papillon, deux coccinelles
décorent l’abat-jour

°

un pet
rond
comme un ballon de hand-ball

(J.O. de Londres)

°

un haïku
a atterri
dans la cabine
neuf

(Thermes de Gréoux-les-Bains)

°
(rêve :)

sur la fenêtre
quelqu’un a senti l’eau s’éloigner
du paysage désolé

°

a)
(les) jambes repliées
elle dort
dans la nuit d’août

b)
bras croisés
son sommeil
sur la nuit d’août

°

immensément seul (…)

°

voix de voisins
sur leur balcon :
soudaine envie d’anis

°

Le soleil rongé
d’un paillasson
Esparron-de-Verdon

une plume descend en tournoyant
d’un rempart du XIIIème siècle

dans une meurtrière
une bouteille en verre
(vide)

dans le lavoir
du château
un mégot

°

bruit dans les nuages
les gens remontent du bord du lac
la cigale s’arrête de scier

(- sauve qui pleut !)

°

ronflant à l’expir
ronflant à l’inspir –
nuit d’étoiles

°

deux copule-en-l’air
entre par la fenêtre de la cuisine
puis ressort

(après-midi d’août)

°

sur les marbres luisants
passe le soleil
et ses nuages

(cimetière de Riez)

°
(kyôku(s) :)

travail d’écriture / de réécriture du haïku :
retrouver (en mots) l’exacte sensation / l’étincelle / première.

Théoriser – Théorire

°

projection (intersticielle)
de fil dentaire :
miroir de la salle de bain

°

L’arbre
trempe l’ombre de ses feuilles
dans le maigre cours d’eau

°

un avion de chasse
déchire
(l’heure de) la sieste

°

12 anneaux
au rideau de la cabine thermale –
les J.O. terminés

°

deux copule-en-vol
(les mêmes ?)
au début
d’un autre
après-midi

°

La vierge Marie
assomptueuse ?
– deux « copule-en-vol ».

°
(Bashôtage :)

la gueule du crapaud
en forme de saut *
silence

* couverture de The Genius of Haiku, readings from R.H.Blyth, Ed. BHS.

°

du buisson
(où je pourrais me jeter)
des oiseaux s’envolent

°

« Au 15 Août le coucou
perd son chant
c’est la caille qui le reprend »
: près du panneau,
le coucou d’une tourterelle

°
(Bashôtage ?)

vieille mare –
le bruit des cigales

°

de la lavande s’approchent
ma main
et un papillon

°

le long du Verdon
un caneton
accordé
au cours du courant

°
(à suivre : 2/2)

haiku, etc. – Py – juillet 12 – 1/2

23 juillet 2012

°
Kyôku (à la vache) :

La vache sort
« Moi ! Moi ! »
du brouillard

(d’après Issa :

The cow comes
Moo ! Moo !
out of the mist

tr. R.H. Blyth

La vache sort
Meuh ! Meuh !
du brouillard)

°

Un encormoran :

un cormoran qui ne se lasse pas de pêcher /
à qui l’on ne permet pas de repos à la pêche…

L’encormorencore,
pêcheur infatigable.

imaginez,
un des cormorans
dans un décor marrant

un corps mourant,
le cormorendant l’âme

un cormorancre :
un cormoran
qui reste / plonge au fond ?

le cormorantre dans l’eau
et en ressort pas gai *

* bagué… / pagaie

°

pendant qu’on déboutonnait
le corsage de cette belle femme,
pas de chance, l’oncle était mort.

°

un tout petit insecte
remonte la page 7
du quintette de Prokofieff

°

un gargarage :
où l’on s’y prend à deux fois
pour bien ranger sa voiture

°

pis, ce son m’émeut : meuh !

°

canal dentaire –
un oiseau chante

°

l’hémistiche / l’hémi–s’touche

°

deux papillons blancs,
des coquelicots :
course au supermarché

°

« guère épais »

°

un miroir passe
dans un couloir de métro
et je
passe suis passé
devant dedans
vite vide
disparu

°

entends les gouttes
qui s’écrasent à terre
formant rythme-mélodie
(de bruit de pluie)

– et par-dessus
la voix soliste
d’un téléphoneur
(en) (arabe)

la pluie incesse –
la pendule (sous l’auvent de la gare)
roule ses chiffres –
une femme enceinte
descend du train
en premier

rain
steady rain
je reste en gare

the trains
come and go

j’attends que la pluie passe
comme un train
j’attends
que le train de la pluie
passe

d’un coup de reins
d’un coup d’airain ?

rain
steady rain

(et) je ne rentre pas chez moi
retenu par les gouttes
qui tombent à côté
rideau

°

In-faire

Une demi-heure
et la pluie ne (veut ?) cesse®
une demi-heure
que je ne veux bouger
sans parapluie
sous la pluie
et je lis Wei Wu Wei
et je philosophe
soliloquement
alors que passent des êtres
sur le quai d’en face
et parlent
et rient
et que je ne fais rien que
stupidement
m’écouter écrire
m’écouter penser
et jouir sur mon banc
onaniquement
unanimement
de ma seule magnifique
présence égo
ïste
tiste

°

la feuille colore le trottoir
en ne faisant rien (d’autre
qu’être feuille…)

la feuille
colore le trottoir
sans rien faire

°

au coin de la rue
disparaît un parapluie
avec une femme en dessous
(et) ses mollets fermement galbés
et le bruit de ses talons, hauts
(/ ô !)

°

le taux d’humidité
de leur baiser
est de 80 %

°

6 abeilles
autour d’une fleur de magnolier
début juillet à Orly

°

sur le mur de la salle de bains
un moustique me dit : « chut !
ne le dis pas à la maîtresse ! »

au mur
un moustique :
« chut !,
ne le dis pas à la maîtresse ! »

°

l’odeur du pain
s’élève
dans la narine
de la nuit

°

je suis le mot « beau »
et le mot « pas beau »
au sein du mot « couteau »

°

quel temps fuit-il ?

°

les liserons
recueillent
les sons du soir

la télévision
en voile de mariée…

°

une mouche
sur la partition
Joseph Bodin de Boismortier

°

(Ko-an :) « leur but : voir directement en supprimant la pensée »
in Wei Wu Wei, p.156 de La Voie négative

le haïku (?)

°

(depuis cette époque)
de l’encre a coulé sous les fronts

°

L’heure le regardait

°

Le bleu du travail
Le travail donne des bleus
Le blues du travail(leur)
Le travail du bleu

°

tant tant le pourpier s’étend
vers la mer
et danse

°

L’éclair
déchire
les feuilles du bananier

°

d’ÉCRIRE de soi
à RIRE de soi !

ÉC / RIRE

j’éc – ris

éjacrire

°

scintillements d’oiseaux
où glycines et rosiers se rejoignent
: maison à vendre

°

champ d’épouvantails
le babil des oiseaux

deux épouvantails
face à face
– parlent-ils
oiseau ?

°

dans les phares :

°

vent dans les feuilles –
il gratte une anche

°

Prendre de la distance avec soi-même dans le haïku. Ex. : dire « il » (sujet) à la place de « je »…
(selon la « grande » tradition chinoise, japonaise… ; léchant en cela « la bave des Anciens » !)

Le je se fond dans le décor / monde environnant
(dans la mesure du possible…)

°

ces coquelicots
sur le côté
ont échappé
à la moisson

le vent secoue
ces cosses sèches –
papillons blancs

champ de blé –
à la place des coquelicots :
papillons blancs

°

(cf « ancien » (Loulou) :
« La vieille chatte / saute du lit / Bruits du parquet »
in « La chatte de Daniel », haïbun de Salim Bellen, p. 16-17 de Le Singe renifle en décembre, déc. 2006 )

la chatte saute du lit
le bruit
des coussins

°

bleuets
coquelicots
blés
– 14 juillet

°

« Kyôku (/anti-haïku) à l’amour vache » :

a)

meuh meuh meuh meuh meuh
meuh meuh meuh meuh meuh meuh Ah,
que ce meuh m’émeut !

b)

meuh meuh meuh meuh meuh
meuh meuh meuh meuh meuh Ah, ce
que ce meuh m’émeut !

c)

meuh meuh meuh meuh meuh
meuh meuh meuh Ah, que ce meuh
qui se meu®t m’émeut !

°

13 juillet
le bruit du feu d’artifice
le bruit de la pluie

°

dimanche 15 juillet
papa et fiston
astiquent
l’intérieur de la voiture

°

mid-July
the still going-to-work
morning crowd(s)

°

la roue
d’une bicyclette
tourne
jusqu’en silence

(d’après Catherine Redfern, in Blithe Spirit 22 n° 2 p.5 :
« bike wheel
still spinning
a moment’s silence »)

°

si bien lavées
les vitres du bar
un pigeon s’y cogne
pour sortir

(gare d’Austerlitz, 16/7/12)

°

Haïku, etc. de Py – fév. 2012 (2/2)

15 mars 2012

°
(rêve :)

Nous sommes la conscience pianiste de l’île

°

une bulle de savon,
une grille
: deux bulles

°

dans la feuille de l’âge

°

Osez vous effacer…

Desquamer
le haïku
du trop de soi…

°

la rousse
qui dort dans le train
redresse périodiquement
la tête
– puis s’appuie sur son poing

°

zéro lion
l’érosion

°

un ami mort ce matin –
me fil-dentairant les dents
ce soir

un signe de croix
avec de l’huile
sur la salade –
la mort d’un ami

sur le ventre des morts
mangent les vivants
– l’adieu à l’ami


(rêves :)

Rendez-vous « Aux Mailles » :
le rade où il aimait écluser…

– je menottais un tronc d’arbre.

°

sur le parvis de l’église
de nombreux bruits de baisers :
l’adieu à un ami

(: Jean C.)

°

éclats de verre
le trottoir gris

°

le nom de son amant
sur toutes ses lèvres…

°
(Ancien :)

me demandant son chemin :
ses si jolies gambettes
avenue Gambetta !

°

au pied de la mangeoire
autant de bouts de pain
que de pigeons

°

une carcasse de voiture
une barre d’immeuble
– dimanche de février

°

dans les branches
de l’arbre hivernal,
quelques petits nuages

°
(À Patrick Fetu – d’après son haïsha « Matin silencieux » -)

le poids de la neige
sur le silence
du matin

°

elle a toujours
mené la bar(a)que

/

mené la bar(b)(a)que

°

Sarkozy de Nagy-Bocsa *
« candidat du peuple » :
quel superbe oxymoron !

(cf : http://sarkostique.over-blog.com)

* Sarkozy de S’agite-Boxon (?)

depuis trois jours en campagne
mais déjà une overdose
(cathodique)
de sarkocaïne

°

une écriture – dynamique
DE MONTRES – d’école

°

après la pluie
grand-père part
chasser l’escargot

au jardin l’escargot
ATTEND N’ATTEND PAS
la fin de la pluie

Nous sommes ceux qui
naissons de l’orage

l’escargoéland

(= un monstre tautologique (?))

de même,
le jeu de go
est lent

°

contre la vitre du train

(= haïku monostiche heptasyllabique au nombre d’or (: 2-3-2))

°

pinici
pinailleurs

°

franchissant
le premier quart des
1012 poèmes de Bashô,
février 2012

°

écrire, c’est
vider le bol

écrire, c’est
se vider le bol

écrire cesse :
vidé, le bol !

°

sur l’air de
« Ah, les p’tit’ femm’
les p’tit’ femm’ de Paris ! »
(Antoine entonne –
Non : c’est Patrick !)

Patrick entonne :
« Ah, le kukaï,
le kukaï de Paris ! »

°
(Sous Sarkozy :)

Faudrait pas que
Sarkommence !
Faudrait pas que
Sarkontinue !

Ne plus lui permettre de continuer
son (/ sa) Cirkozie !

une circose
de Sarko

une nécrose

(Faire une cirrhose sarkonique)

Ses effets de manche
de pioche…

détournements de son slogan :
« La France Morte »
« La Finance Forte »

: sur Sarkostique.over-blog.com

vite
(se) débrancher
/ décrocher

Sa(r)kro-de/le-boucher !

l’éminence (g)risible
: le gros-t-esque (?)

l’arracheur de dents (« Sarkomenteur »)
le P-austère (Pos(t)e(u)r)
l’Égée-manie(ur) (grec)

sa monomanie : le fric

Sarko,
l’entubeur
cathodique (/ méthodique)
de première (classe)

°

ronflement(s)
le sommeil
s’envole

°

(la télé :)

ce matin
ce midi
ce soir
cette nuit :
la Cirquozie !

Bienvenue en Sarkocaïnie !

le grand (?) risible permanent

le bon de l’affaire :
qu’il gave grave,
qu’il sature pur,
pour qu’on l’éjecte sec !

Sarko 1er :
l’envahisseur
cathodique !

qu’il se tire une balle dans le pied !

(je me tirai une belle – le pied !)

°

Ne pas se p(r)endre aux mots !…

« jubilation » : joie vive et expansive
« jubiler » : éprouver, manifester une joie très vive.
(: Petit Larousse Illustré, 1983)

Pour sortir des « relations-mitraillette »
(: « tu-tu-tu-tu-« )
(re)lire Jacques Salomé.

°

M’enfonçant
dans la forêt de poèmes
aux 1012 essences *
(21/2/2012)

* de Bashô

°

« La France Forte »
: d’une force
de (petite) frappe ?

°

Qui entend
les plaintes
des plantes ?

La scie crie-t-elle ?

°

la mer
/ la mère
aboie

°

le petit filet rose
qui s’élève de la cheminée –
la traîne blanche de l’avion

°

au soleil du tgv
l’écran de son ordi
plutôt dégueu

°

« PLOC »
perdrait-il
une L
pour devenir « POC » :
« Parti des Objecteurs de Croissance »
?

°

renversant,
ce que ce siège a bu
à ma place !

°

sous (le) Buisson *
(l’épine) le Pen ?

* : gourou sarkozien

Sarcoule

Trafliquer

°

Lent traînement…

Allant traînement…

en traîné…

°

les amoureux transi(toire)s…

°
(duilien :)

un avion s’écrase sur la ville
une grenouille saute dans la mare

(d’après : « la mouche qui pète »…)

°

RER
je la vois
en haut
en bas
elle croise les jambes

la belle-à-coeur-bleu

°

Michel-Ange
ou Mozart :
À Tourcoing
Sarkozy
se compare

: le cuistre de Jupiter(ne) !

°

Manifestations
contre l’essence chère :
ça chauffe,
quartier du Chaudron *

* : Île de la Réunion

°

l’épingle du « je »…

°

la vache à l
ait :
l’auto mob-
il(e)

la vache à l
(l’) automo
bill *

* : (en angl. = la facture)

°

« – Tu m’éviteras
quand tu te marieras ! »

(: d.)

°

Rouge neige
: – Phoqu ! *

( * cf : « – fuck ! »)

°

Il a mis sa ptit’ calotte…

°

les épées de bois
des oiseaux dans l’arbre
– aube de février

le jour
et les arbres
émergent du brouillard matinal

– la beauté du paysage
m’éveille

tel bouquet d’un vase
les arbres émergent
du brouillard

la montagne se déchevèle
, crêpe ses nuages

le blanc naît
en silence

°

les marteaux (feutrés) du silence

faire,
créer le silence…

silencre

Observer des mots « nouveaux »
Les regarder
En faire le tour
comme au musée
une sculpture –
pour en dégager
la/les signification/s (nouvelles)…
les sens /
l’essence
(fraîche)…

quelque écheveau subsiste
du fond de quelque val
– retenu par les branches…

entrons dans ce blanc
(de pierre)

ce blanc
d’oeuvre

: l’au-delà des mots

(: Rimbaud !)

AUTRES SOLUTIONS
est-il écrit au bord de la route
près Recoules-Prévinquières *

* : le village de mon père.

ceux qui débordent du cadre…

ceux qui peignent
(qui ne peindront jamais qu’)
à l’intérieur du / d’un cadre
pré-établi;

ceux qui
considèrent le cadre
le repoussent
le refixent
ailleurs
autrement
: qui sortent
en fait
de la « peinture »
pour sculpter
(élargir, réduire, etc.)
le / les cadre / s
(et) en proposent de nouveaux…

un premier nuage prend feu

(derrière Lapanouse, Aveyron)

rose
puis orange
(et doré)
un petit nuage de feu

(à la hauteur du château
: Séverac)

quelque lambeau de neige
encore
accroché çà et là
(vers Vezins)

le viaduc
déjà visible
(du haut d’Engayresque),

ce chantier monumental
si petit dans le paysage
(- la place de l’homme…!)

du col il se pousse
dans la descente
vers la ville

aux mille
visages
aux dix-mille

°

à ceux qui travaillent
il dit
travaillez plus !

à ceux qui ont été exclus
du travail
(par la Finance)
il dit :
mauvais citoyens !

glander plus
pour galérer moins !

Il est huit heures
Millau s’éveille
au soleil

°

Mamma(ire) Mia !

°

ah, du vrai nanan,
ce pain à la farine
de blé 110 !

°

mère à l’hôpital
dans sa maison
la pendule hésite
à avancer

(sur/de 7h 7′ et 17″ !)

mère à l’hôpital,
un tout petit moucheron
chez elle

°

Travaille, peuple, travaille,
que j’empoche ton pognon !

Consomme, peuple, consomme,
que j’empoche ton pognon !

°

douceur pré-printanière
pigeons et canards
qui barbotent

°

ce soir
entre deux étoiles,
la lune

/

ce soir
d’une étoile à une autre
la lune

°

maman (91 ans)
ne mange pas de sucreries,
ne veut pas grossir.

°

admirant le silence

silence
le soir
studieux

/

dans le silence
étudie

les oreilles pleines
de silence

/

emplir ses oreilles
de silence

l’eau qui bout
fait gonfler
le silence

le silence :
les bruits
dans sa tête…

°

du temps
pour ne rien faire

°

Haïku :
éclaircir la vue

(// raréfier les mots !)

ras-juster
ras-jusquer

(: 5/7/5 ?)

°

l’envers des corps
Saint-Pierre décore

°

haïkus – le thé froid

°

ma fille me dit :
« Assieds-toi bien, papa ! »
: bientôt 29 ans

°

guanacos* et caracaras**
: pumas de Patagonie

* : sortes de « lamas »
** : oiseaux de proie

°

ce président :
un mage
du chômage !

°

la neige s’accumule
sur le col
du guanaco

pumas en file indienne
Condor voudrait bien les suivre
jusqu’au butin !

devant l’écran
je voyage
partout :

Pumas de Patagonie

(: « Arte »)

là où je n’irai jamais :
télévision

Maman, j’ai faim
crie le petit troglodyte

mâchant
d’un côté
de l’autre
: guanaco

les nuages
s’envolant
de la montagne
(des Andes)

°

grand-père en novembre
neige en février
(?)

°
(Bashôtage :)

vieille corbeille –
un papier saute,
le bruit des mots

°

le moucheron
sur le cahier
se perd* dans mes mots

*/ disparaît

un moucheron
péniblement avance
sur le cahier à carreaux

j’écris
sur mon grand-père –
bientôt
grand-père
à mon tour !

°

ce matin
encore vivant !
(- alarme…)

°

« artificelles »
=
encore haïku ?

°

Décès
D.C.
Da Capo

°

exaspère
et
exasmère

soulever
toutes les pierres
du langage

/ de la langue

la langue creuse… creuser la langue
… la vague de la langue…
la langue se soulève… la vague
destructrice de la langue… (lan-
gue de vipère / langue de pivert)
… haïku(s) de bec… pourfendre
les haïkuistres…

°

S’a-J.T.*

(: Sarko s’a.J.T.e)

* J.T. = journal télévisé.

Sarko sage E.T.* ?

* : Extra-Terrestre.

Sarko, ça gîte
(: épaules, petits poings crispés…)

°
(Bashôtages :)

restant au bord de l’étang :
la grenouille
ou/et la lune ?

la grenouille
chante sous la lune
– bord de l’étang

°

le noeudipien

°

sonnerie de porte
« – c’est Barbara »

°

Son bilan : un Liban ?
-ta(s) ?

°

éradiquer l’esprit de lucre
/ de luxe
/ de sucre…

°

la crucifixchute…

°

au fond
de la boîte à gâteaux
vide,
trois mites
mortes

°

l’heure de l’apéro –
l’heure de la Péri* ?

* : ballet de Paul Dukas (1912)

°

(Ceux qui)
niquent ma terre !

(- Pas nique ma terre !)

°

le lent ballet
des parapentes
le long de la montagne *
– fin février

* / du Causse Noir

« Y a tout qui disparaît
avant qu’on disparaisse soi-même »

(: maman, qui ne distingue pas les parapentes.)

°

la présentatrice météo :
son profil
de carte de France !…

°

le président sortant
souhaiterait continuer
à « dégraisser (allègrement)
le mammouth »
(de l’Éducation) –
: C’est un Éducasseur° !

° pour lui, il faudrait : Éducasquer !(?)…

il a un tiroir-caisse
/ un miroir-caisse
à la place de la tête
/ du coeur
?

Sarkocasseur 1er

sarkocasse
sarkorreur

sark-veau-d’or –> Sarkor

le « règne de Sarko » :
un passage avide !/?

quand il écrira ses mémoires
ce sera :
« L’avide Sarko »
(!/?)

°

trou vaille
que vaille

°

mouche ron
de
– la tache de vin

°°°

dp.( 16-29/2/12)

Les 1012 haikai de Bashô : 233-237)

20 février 2012

°
(Composé en voyant un écran de fleurs de pruniers et un corbeau à la maison de Sakuei. On y tint une séance de renga avec ce verset-ci comme hokku (verset de départ).)

un corbeau errant
son vieux nid est devenu
un prunier

(printemps 1685)

NB : La note d’en-tête fut ajoutée par Dohô dans son livre Shô Ô Zen-den. Dans ce poème, Bashô se compare au corbeau peint sur l’écran. Au lieu de séjourner dans la simplicité d’un nid de corbeau, il dort au milieu des fleurs de prunier parce qu’il demeure chez un ami élégant. Les corbeaux ne sont habituellement pas tenus pour des oiseaux migrateurs, mais l’idée d’un corbeau errant signifie un oiseau de passage, ou un prêtre en voyage.

°

le plan
pour Kiso en avril
contempler les fleurs

(printemps 1685)

NB : Kiso était le nom d’une région d’une rivière montagneuses. À cause de l’altitude, les fleurs de cerisiers fleurissaient plus tardivement.

°
(Sur la route de Nara :)

c’est sûrement le printemps
sur les montagnes sans nom
un fine brume

(printemps 1685)

NB : Pour aller de Nagoya à Nara, Bashô devait franchir une chaîne montagneuse. Au printemps, les montagnes du bord de mer amassent de l’humidité et remplissent les vallées d’une brume chaude. Y penser fait surgir de nombreux sentiments d’amour et de nostalgie.

°
(Au deuxième mois, je me retirai dans le Hall de Nigatsudô :)

les moines
tirant de l’eau
du bruit glacé des sabots

ou :

tirant de l’eau
les bruits de sabots
des moines gelés

(hiver 1685)

NB : À Nara, dans le temple Tôdaiji se tenait, généralement pendant les deux premières semaines du deuxième mois du calendrier lunaire, correspondant maintenant au mois de mars, une Cérémonie du Puisage de l’Eau. Quand les moines tournaient autour de l’autel, dans leurs déambulations nocturnes, leurs sabots de cèdre rendaient un bruit comme s’ils marchaient sur une terre gelée. La fin de la cérémonie consistait à tirer de l’eau de la source Akai, maintenant appelée Asakai.

°
(À Take no Uchi dans la province de Kazuraki vivait un homme qui prenait grand soin de sa famille. Au printemps il employait beaucoup de travailleurs aux rizières et à l’automne pour la moisson. Sa maison était remplie du parfum des fleurs de prunier, ce qui encourageait et consolait les poètes affligés.)

printemps précoce
vendant du vin de fleur de prunier
le parfum

(printemps 1685)

NB : Ce bouilleur de saké non désigné organisa une séance de renga. Quand on coupe la racine d’iris sucré en petits morceaux pour adoucir le saké, la boisson est appelée vin de prune. Il y a ici une devinette non-dite : qui vend les prunes, le parfum ou la saison des fleurs de prunier ?
°
(à suivre, 238-1012)

‘Tierra de nadie’ – Salim Bellen : 6-7-9-11-13-14)

30 janvier 2012

°

À la source
nous louons le soleil
de nous donner soif

°

Échoppe de campagne
les trois mules attendent
les ivrognes

°

Nous salua,
nous invita à entrer
l’inconnu

°

Le paysan
nous offre l’horizon
et un verre d’eau

°

Porte du temple
entre quatre murs
tient le monde

°

Les moines suent
le chien se couche
à l’ombre

°
(à suivre…)
(tr : J. Pellet & D. Py)

Tierra de nadie – Salim Bellen – 39

24 décembre 2011

°

alba naciente
al sonido del viento
muge la vaca

Salim Bellen

aube naissante
au son du vent
meugle la vache

(in Tierra de nadie, 39 – 2006)
(tr. dp)