Archive for août 2011

Rendez-vous kukaï de Paris les 17/9 + 8/10

29 août 2011

Bonjour !

Notre prochain kukaï de Paris (57) aura lieu le samedi 17 septembre à 16h30 au bistrot d’Eustache

Le kukaï n° 58 le Samedi 08 octobre 2011 de 16h à 19h
Presse Café
12- 14 rue Thomas Mann 75013 Paris
Tel. : 01 45 83 23 63
Métro : Bibliothèque François Mitterrand Ligne 14 ou RER C

L’exposition se tiendra du 1er au 31 octobre 2011.

Pour le moment l’établissement parisien est fermé le weekend mais ils ouvriront spécialement pour nous le 8 octobre permettant ainsi de faire coïncider les 2 vernissages, celui du Québec se déroulant le 8 également de 14h à 16h, mais avec le décalage horaire nous finirons quand ils se prépareront.
(message de Patrick Fetu)

à bientôt donc
et affûtez vos stylos
ou vos plumes !

Daniel

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« idéolorire »… – Py

29 août 2011

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Battre en brèche
leurs idées figées

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d.(29/8/11)

de Christiane Singer, à propos d’idéologies…

29 août 2011

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 » La vie nous casse nos idéologies au fur et à mesure de notre avancée, les bonnes comme les mauvaises.
La vie n’a pas de sens, ni sens interdit, ni sens obligatoire.
Et si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle va dans tous les sens et déborde de sens, inonde tout.
Elle fait mal aussi longtemps qu’on veut lui imposer un sens, la tordre dans une direction ou dans une autre.
Si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle est le sens.

Oui mais comment retrouver son chemin dans ce dédale ? Comment s’y retrouver ?
Un bon début consiste à abandonner l’espoir même de trouver une clé à l’énigme, mieux encore de quitter la peur de s’égarer.
« Jamais la forêt ne se perd », dit le plus beau des koans. »

C. Singer, in ‘Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi’, éd. A. Michel, 2001, pp 49-50.

haïku 99 du recueil ‘Tierra de nadie’ : Salim Bellen

29 août 2011

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Sin dejar huellas
labran su campo azul
las golondrinas

Salim Bellen

sans laisser de trace
labourent le champ bleu
les hirondelles

ou :

sans laisser une trace
les hirondelles labourent
le champ bleu

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: Salim Bellen, in Tierra de nadie, p.99, Trilce & Altazor ed., 2006
(tr. fr. : d.p.)

haïku du haïbun « Un bilan » – de Salim Bellen

29 août 2011

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Il eut trois enfants
planta deux cent quarante arbres
écrivit un livre

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: Salim Bellen, mer.3/1/07, p.134 du recueil de haïbun Le Singe renifle en décembre, coll. particulière.

poème de mort japonais – GINKO

29 août 2011

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GINKO
(mort le 19è jour du 1er mois de 1790, à 73 ans)

Vois –
Vois comme la neige du printemps fond
et moi encore ici…

Si l’on s’en tient au calendrier solaire pour la date de sa mort, il apparaît que Ginko décéda au début de mars. A cette époque la neige fond dans le sud du Japon.

(à suivre : GOCHU.)

Haiku : A Poet’s Guide – Lee Gurga – le haïku 5-7-5 –

28 août 2011

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Le haïku 5-7-5

« La plupart des gens pensent que les haïku japonais s’écrivent sur trois lignes, mais la vérité est qu’on les imprime traditionnellement sur une seule ligne verticale. En dépit de leur apparence sur la page, on comprend qu’ils suivent une forme de 17 syllabes découpées en 5 + 7 + 5. Les Japonais les comprennent ainsi parce que des séquences de 5 et de 7 syllabes ont toujours été les unités de base de leurs paroles et de leurs chansons.
Si on essaie d’établir une forme appropriée, il faut prendre en considération les différences entre les langues japonaise et anglaise [/ française]. Ce qui est le plus significatif est peut-être que ce qu’on a appelé des « syllabes japonaises » ne sont pas du tout des syllabes dans notre appréciation du mot. Les syllabes japonaises sont uniformément courtes, et diffèrent considérablement en longueur des syllabes anglaises, de sorte qu’il vaudrait plutôt les penser simplement comme des « sons » plutôt que comme des « syllabes ».
Ces sons japonais comportent soit un son d’une seule voyelle, la combinaison d’une consonne suivie d’une voyelle, ou la seule consonne « n ». Ces syllabes ont toutes à peu près la même longueur que la syllabe « be » en anglais [« nid », en français]. Quelques syllabes anglaises sont aussi courtes que les sons japonais, tandis que d’autres sont considérablement plus longues. Si vous comparez la durée de la syllabe « be » [/ »nid »] à celle de la syllabe « heaved » [qui peut correspondre à « nUIre » (en synérèse) en français], par exemple, vous avez une idée de la variabilité en longueur.
Une différence qui fait le lien entre l’anglais et le japonais est que le son japonais moyen contient beaucoup moins d’information que la syllabe moyenne anglaise. On peut voir que cela est vrai en regardant de nouveau les traductions de deux haïku japonais que nous avons vus précédemment :

vieille mare…
une grenouille saute
le son de l’eau

celui qui est mort
celui qui divorça de moi –
feux d’artifice lointains

Tandis que tous deux ont 17 sons en japonais, les traductions anglaises s’étalent entre 9 syllabes pour le haïku de Bashô et 15 pour celui de Masajo.
Considérez également, que certains sons dans un haïku japonais peuvent agir non verbalement, en tant que ponctuation ou particules. Les deux types principaux en sont le kireji (« mot de coupe ») et les repères grammaticaux. Les kireji sont des mots que les Japonais utilisent pour séparer des parties du haïku ou procurer une emphase tranquille à une partie du poème, fonctions qui s’accomplissent ordinairement en anglais par la ponctuation ou des coupures de lignes, choses qui, toutes deux, sont normalement absentes du haïku japonais. Les repères grammaticaux japonais identifient le sujet ou l’objet d’un verbe, ce qui se fait en anglais par l’ordre des mots. Bien que ces repères grammaticaux japonais soient dénués de signification littérale, ils font partie de comptage des sons ou des syllabes du haïku.
DansThe Haiku Form, Joan Giroux observe qu’un haïku moyen japonais contient seulement 5 ou 6 mots, tandis que le haïku moyen de 17 syllabes en anglais en compte 12 ou plus [en français également]. Giroux et Henderson en arrivent à la même conclusion : si nous devions compter des syllabes, nous devrions les compter de la même manière que le font les Japonais. Le mot « haiku » en japonais fait trois sons : ha-i-ku, pas deux comme en anglais [ou en français]. Pensant sur ces bases, « modern haiku » fait 7 unités sonores : mo-de-r-n ha-i-ku, plutôt que quatre : Ainsi, ceux qui désirent écrire sous la forme japonaise devraient considérer le comptage des sons à la manière japonaise. Cela devrait donner un poème d’à peu près la même longueur et le même caractère qu’un haïku japonais. En anglais, ce serait un poème entre neuf et douze syllabes [en français aussi ?] et pas dix-sept. La brièveté dans le haïku en anglais [/ en français ?] se traduit donc en moins de syllabes que dans le haïku japonais ; dix-sept syllabes entières en anglais [/ français] sont à même de faire (trop) verbeux.
Malgré les inconvénients d’écrire en 17 syllabes et trois lignes, c’est le format avec lequel les gens sont le plus familiers. Beaucoup de haïku écrits en anglais dans les années ’50 et ’60 le furent en 17 syllabes, et quelques auteurs continuent d’écrire ainsi dans la forme « classique » aujourd’hui. Deux poètes contemporains qui ont maîtrisé la structure 5-7-5 sont, respectivement, Corrine Frisch et Ross Figgins :

seule feuille brune
à l’extérieur de la fenêtre de chez mon père
ornée de gel

odeur de jasmin pâle
la femme agenouillée lève le regard
et touche ses cheveux

Ces haïku se lisent sans heurt, sans rembourrage ou autre distortion de contenu pour atteindre la forme prescrite.
Tous les haïku de 17 syllabes ne sont cependant pas aussi naturels que ceux-ci. Beaucoup d’essais pour réussir 5-7-5 résultent en des poèmes qui ont des séparations de lignes inadéquates, des lignes qui se terminent par des articles, ou même des mots coupés en deux afin de totaliser le bon nombre de syllabes. Les haïku forcés en strophes de 17 syllabes dans lesquelles les séparations de lignes n’ont pas de relation avec le sens de cette ligne, cèdent trop pour obtenir un résultat qui est, dans tous les cas, problématique. »

Lee Gurga : Haiku : A Poet’s Guide, pp. 15-17

N.B. Les ajouts entre [] dans le texte ci-dessus sont de d.py, pour établir une correspondance entre les langues anglaise et française par rapport à la japonaise.

(à suivre : Haïku par scansions de 2/3/2 temps forts).

de Christiane Singer – ‘Où cours-tu…’ – (3)

28 août 2011

p.46/47 :

La vie, appelons ainsi approximativement cette force dérangeante qui se charge à brève ou longue échéance de délabrer tout système, n’a cure des bonnes intentions. Non que ces intentions précitées n’aient pas été sincères, mais la vie ne les respecte pas. Dans toute croyance, dans tout principe, dans toute idéologie, elle flaire le « système », la réponse toute faite. La vie ne tolère à la longue que l’impromptu, la réactualisation permanente, le renouvellement quotidien des alliances. Elle élimine tout ce qui tend à mettre en conserve, à sauvegarder, à maintenir intact, à visser au mur. »

Christiane Singer, op. cit. Ed A. Michel, 2001.

Bashôtages à la grenouille – Py

25 août 2011

°

dans le vieil étang,
plouf !
– et la lumière fut.

°

Feu dans la maison
près de la mare :
Bashô y saute

°

d.(25/8/11)(d’après D.T. Suzuki, Sengaï et Bashô)

« Bashô et la grenouille » : Sengaï – D.T. Suzuki

25 août 2011

°

Un vieil étang
Bashô y saute,
Le bruit de l’eau !

Un vieil étang
Quelque chose vient d’y sauter
Plouf !

S’il y avait un étang par ici,
Je sauterais dedans
Pour qu’il entende le plouf !

« Ces trois variations sur le texte original de Bashô (1643-1694) montrent bien la fascination qu’exerçait sur Sengaï le célèbre haïku :

Un vieil étang
Une grenouille y saute
Le bruit de l’eau.

Quoi d’extraordinaire à décrire le bond d’une grenouille dans l’eau, et à faire du son, produit par ce bond, un événement qui déchaîne l’enthousiasme ?
Si vous permettez, je puis dire qu’à l’oreille de Bashô le saut de la grenouille dans le vieil étang et le plouf qu’il produisit furent comparables à la parole de Dieu : Que la lumière soit !
N’est-ce pas là un événement de première importance ? Dans cet instant, l’esprit de Bashô a pénétré les secrets de la création, et capté tout l’univers du commencement sans commencement jusqu’à la fin sans fin.
Le poète transforme la vie quotidienne d’un peuple à l’esprit prosaïque en quelque chose d’unique. Le poète discerne la poésie là où les sens ordinaires ne la discernent pas. Les haïkus de Sengaï ne doivent pas être pris pour de simples parodies. Dans ses commentaires, il traduit en réalité son propre point de vue du Zen. En substituant Bashô, par exemple, à la grenouille qui saute dans l’étang, il tente peut-être de recréer la scène pour provoquer aussi chez le lecteur une expérience intérieure. »

: D.T. Suzuki, in Le rire, l’humour et le silence du Zen, Le Courrier du Livre, 2005, p.201