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Compte-rendu du 114ème kukaï de Paris

12 juin 2016

En présence de 17 personnes (dont quatre « nouvelles » : Corinne, Marine, André, Serge), 32 haïkus ont été échangés. 24 ont obtenu une ou plusieurs voix.

Avec 5 voix :

vent de l’aube

des ondes de silence glissent

sur l’étang… *

: Philippe Bréham.

* : dans la baie de Talloires, sur le lac d’Annecy.

°

Avec 4 voix :

décrue –

elle chasse la mouche

avec son soutien-gorge

: Valérie Rivoallon;

lune de miel *

couper en deux

le premier melon

: Eléonore Nickolay.

* = également, nom d’une sorte de melons

°

Avec 3 voix :

Pots restés vides

au bord de la fenêtre

– Une abeille hésite

: Corinne Fy;

Quand la vie s’achève

au plus près du coeur –

les coquelicots

: Catherine Noguès;

soir orangé

dans le pin parasol

un roucoulement

: Cécile Duteil.

°

Avec 2 voix :

Arbres clowns

quand titubent les branches

le rire du vent

: Nicolas Lemarin;

bureau de vote –

dehors sur le parvis

d’autres pigeons

: Ben Coudert;

Checkpoint Charlie

il vend les cailloux du mur

en chocolat

: Philippe Gaillard;

Des herbes folles

cachent la vieille tombe

la croix dépasse

: Nicolas Lemarin;

Fente sur le mur

Au coeur de mon père aussi

une zébrure

: Monique Leroux Serres;

Heure de la criée –

Avant les pêcheurs

Les mouettes sur le quai

: Danièle Etienne-Georgelin;

Inondation –

Jusqu’au centre-ville

Les canards en goguette

: Danièle Etienne-Georgelin;

la caissière du manège

quelles idées lui tournent

dans la tête?

: Eléonore Nickolay;

palais du Louvre –

quelque chose de sournois

dans son sourire

: Ben Coudert;

Rêves d’azur

sur les carreaux de faïence

du métro Jasmin

: Philippe Gaillard;

Sur ses épaules –

Comptant les nuages-chiens

Avec mon père

: Hiro Hata.

°

Avec 1 voix :

cour de Montreuil

un robinet et des fleurs

le royaume d’un enfant

: Jacques Quach;

cyprès immobiles

des peluches d’arbres

montent dans la lumière

: Cécile Duteil;

la feuille sèche

et son ombre

glissent sur l’étang

: Daniel Py;

Le ciel, ce drap flou

que l’on aurait secoué!

Je rêve d’ivresse

: André Orphal;

Premier printemps –

un amour * en fleurs

sur la vigne nue

: Catherine Noguès;

* = un amandier.

Rayon de soleil

Bien entouré, le réfugié

nourrit les oiseaux

: Monique Leroux Serres;

Sur le sol

l’ombre passante

d’un vol d’oiseaux

: Corinne Fy.

°

Sans voix, mais remarqué :

Quatre lézards

et un papillon –

butin de mes yeux

: Valérie Rivoallon.

°°°

Je propose que notre prochain kukaï, qui doit avoir lieu le samedi 2 juillet (à 15 h), se fasse au Parc des Buttes Chaumont. R-V devant les grilles principales de l’entrée face à la Mairie du XIXè Arrdt. En cas de mauvais temps nous nous rabattrons – comme il y a deux ans – sur le bistrot à l’angle ouest de la place, qui doit se nommer le Bonaparte, ou quelque chose d’approchant!

°°°

En attendant, j’ai été chargé par Brigitte Peltier, d’organiser un kukaï, samedi 25 juin, lors du 10è Salon des Editeurs Indépendants du Quartier Latin, qui aura lieu au Lycée Henri-IV (23 rue Clovis, Paris Vè), du 24 au 26 juin prochain, autour du haïku et des écritures du Japon. Si cela vous intéresse, vous devrez vous inscrire (et pour le Salon et pour le kukaï) auprès de Brigitte, en allant voir sur :

http://www.pippa.fr

Le kukaï aura lieu à 16h30, mais vous pourrez apprécier avec profit la musique de notre ami compositeur Renaud Gagneux, qui a écrit des pièces (brèves) autour de haïkus (de Bashô, d’Issa, de Seegan (Laurent) Mabesoone…, et ce, à partir de 16h.!

°°°

D.

 

 

haïkus, senryûs, etc. Py – déc. 15 – 3/3

13 janvier 2016

°

sur cette plage

du 22 décembre

un galet au nom de Flora

Avant de quitter Castellar

laisser couler le galet

au fond de la fontaine

J’eus une histoire avec un galet

(passé clandestinement

d’Italie en France)…

°

Il chantait f.

Il chantait j.

°

I-fôlâtrer.

Idol-âtrer = Jeter les idoles au feu (?)

°

Dériverain

Passer au fil des mots…

°

dans l’arbre

des pigeons

à la place

des feuilles

– 24 décembre

A bare pear-tree

°

(Cimetière de l’Egalité, Millau :)

Tous les égos

au Cimetière

de l’Egalité

dans le cimetière

je ne fais que passer

de croix grise en croix grise

le signe sur la voie ferrée attenante dit :

70

Z

LM

La famille DELHEURE

en grand complet

marbré

Henri 1903-1964

et

Hélène 1908-2009

Au milieu des morts

du cimetière

je bois une bière

Au cimetière

sifflant une bière

Cimetières,

ô lieux

hautement poétiques

– Se ressourcer…

Cyprès

pour les si-loin

 

et qui s’éloignent

encore plus

peu à peu

pas à pas

 

pas à plus pas

(et) je retombe

sur la tombe

d’Emma Calvé

1858-1942

« Sur ma tombe un petit bassin où

les oiseaux viendront boire et chanter »

Mes propres morts

n’honore

guère

Tombeau des Familles

CALMES

sur une pierre

tombés

des fruits du cyprès

d’en haut

toujours vives

les fleurs artificielles

au pied du tombeau

Haut

au-dessus du cimetière

des oiseaux de proie

tournoient

patiemment

/ paisibles

patients

poubelle de cimetière

une canette

de bière

A la porte du cimetière

trois vieux amis parlent

rhumatismes

Autour du cimetière

des voisins

âgés

La rue de l’Egalité

mène au cimetière

de l’Egalité

– CQFD

Sortant

du cimetière de l’Egalité

le soleil

me pousse au dos

(24 décembre)

°

12 poissons exotiques

dans l’aquarium;

8 pensionnaires

de la maison de retraite

devant

crèche (de Noël) à l’Ehpad

Les résidents

devant l’aquarium

Pleine lune

du 24 décembre,

tout là-haut

°

« – Toi, tu ris comme une décavaillonneuse ! » *

* : maman, souvenir de jeunesse.

* = charrue conçue pour décavaillonner (= labourer dans les vignes).

°

Prenant une photo

du couchant de soleil

derrière la vitre sale du train

(- 26 décembre)

°

La concession au cimetière

de mes grands-parents maternels

caduque à Noël 2016

(Allée E, travée Ouest)

°

Beauce –

le soleil s’allonge à l’horizon

26 décembre

°

Il prit le train

de 16h53

voiture 16

place 53

– et arriva

comme prévu

à destination

°

Ouvrir / un sourire / comme une huître

(elle était) belle comme une huître…

°

Cette nuit,

« tracé le beurre » –

ce matin,

prenant la route

°

Les canons à neige

muets

– hiver noir *

(Arêches, Savoie, 27-28/12)

* / – décembre noir

°

Quand il en arriva (exactement) à :

« couvrir l’événement », *

le soleil se cacha –

(il rentra (de la terrasse))

* in : L’Analphabète qui savait compter, de J. Jonasson, Pocket 15933, 2013, p.244, l.13.

°

déplorablabla

°°°

 

Haïkus, senryûs, etc. – Py – Décembre 2015 – 1/3 –

10 janvier 2016

°

haïku scolaire :

un vers court

« emmanché d’un long-cou »rt *

* cf. J. de La Fontaine.

°

feu orange

une lune légèrement voilée

 

(Chevilly-Larue)

°

L’épaisseur du réel (seul)…

Contente-toi du réel, du « vrai » !

°

une journée

pleine de trous

– Hourra !

°

« L’armée ne supporte pas la liberté de pensée. » *

Ma liberté ne supporte pas la pensée de l’armée.

 

* : un commandant, chef de bataillon, p. 233 de Les cercueils de zinc, de Svetlana Alexievitch.

°

(bien) protégé

derrière ses mots…

°

… et ma nièce qui s’arrondit

comme une lune pleine

lentement, lentement…

°

Au lit l’après-midi

j’entame

la première anthologie poétique chinoise

(Shin Jing, ou Le Livre de la Poésie du XIè siècle au VIè siècle avant J-C, un des « Six Classiques » confucéens)

… et m’endors

°

sur les panneaux électoraux

gonflant leurs pectoraux

°

N R güm N

°

trico(corico)lore

°

reaching the mouth

of the river

which kiss ?

 

atteignant l’embouchure

de la rivière

– quel baiser ?

°

Ah, Issa,

contre ce mur maintes fois

je pissa !

 

(… – mais sans la neige !)

°

ce jour-là, il y eut

des entr’averses

°

un

d’entre trente

pétales étalés

°

des pétoiles ?

°

j’ai travaillé

d’arrache py

au haïku… (?)

(j’ai) travaillé

d' »arrache-pieds »

au haïku !…

°

Déridons ces agélastes !

°

Debout ! les mots !

(te secouent, te réveillent

pour que tu les (re)couches…)

 

(cf Fourmi sur ma jambe, éd. Eclats d’encre, 2015)

°

1er dimanche de décembre

une moto raye

l’encore noir

°

La soupe du prêcheur…

°

Les mots sont-ils

le linceul des actes ?

°

Nos consommtoyens

°

1er dimanche de décembre, écrit une lettre

(1er lundi de décembre, envoyé un recommandé)

à la fille aînée de Blyth,

Harumi.

°

Soir d’élections régionales

: regardé un documentaire

sur La Réunion

Soir d’élections régionales

sur France Ô

un clip contre le racisme

°

Aujourd’hui

mon drapeau

en berne

(7 janvier)

Des jours sombres

des jours bruns

(ou des jours bleu-marine…)

N’aimerais poster

que des messages lumineux

Mais qu’est-ce que ça coince !

°

lui en noir

son grand chien blanc

à côté,

mendient

(couloir Gare de Lyon)

°

A court de bombes :

la dèche

contre Daech

°

Poireauter

chez le merlan

chez le coiffeur

 

°

(Climat)

Alerte rouge sur Pékin –

mes deux comprimés d’iode

par semaine

°

« Je ne suis pas en guerre »

dit un slogan –

si, je suis en guerre :

contre la malhonnêteté intellectuelle

et l’hypocrisie

°

Deux ans qu’il s’accroche

à son balcon,

le père Noël d’en face !

°

(Juger de la qualité d’un haïku

par le nombre de ses syllabes

c’est mettre la charrue avant les boeufs !)

critères étriqués !…

cratères électriques !/?

°

Pas de brouillard

pas de soleil non plus –

le « ni-ni » Cop 21

°

pleine lune d’août

son test de grossesse

positif

°

(à suivre, carnet vert, p. 130) 

°

C-R du kukaï de Paris n° 106 du 28/11/15

29 novembre 2015

18 personnes hier autour de notre fidèle table du bistrot d’Eustache, pour notre 106è kukaï.

38 haïkus échangés, dont 22 obtinrent une ou plusieurs voix :

°

(7 à) 1 voix :

au couchant d’automne

sa chevelure si rousse…

plus qu’un souvenir

: Marie-Alice Maire;

colline boisée

calvitie de saison

je foule les feuilles

: Alice Schneider;

flaque après flaque

la sciure rougit –

ombres noires

: Patrick Fetu;

regarder la mer

et rien d’autre

: Patrick Fetu;

tu peux traverser

le petit bonhomme est vert

trop tard il est rouge

: Philippe Gaillard;

Un café serré!

Perdue dans ses anecdotes

La dame au comptoir

: Catherine Belkhodja;

23 heures

sur la toile la nouvelle

fait l’effet d’une bombe

: Cécile Duteil.

°

(7 à) 2 voix :

De l’automne à l’hiver

De ces jours éphémères

En ai-je vécu un seul

: Lise-Noëlle Lauras;

J’ai mangé des raisins

Et fait voler des pépins

Dans l’air

: Hiro Hata;

jour de pluie –

si loin et déjà

plus qu’une ombre

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

Oreiller d’herbes

mes cils dans les nuages

sieste heureuse

: Nicolas Lemarin;

parc désert

feuilles mortes au vent

un vieux couple les regarde…

: Philippe Bréham;

Pleine lune me regarde

par la lucarne

moi de même

: Alice Schneider;

sur la vitre gelée

je pose mes lèvres chaudes

– départ imminent

: Christiane Ranieri.

°

(3 à) 3 voix :

coin de rue –

toujours le même

sans sa silhouette

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

retour en terrasse

les rires fusent plus fort

que le bruit des balles

: Philippe Gaillard;

Vitrines de Noël –

l’enfant découvre son château

dans les nuages

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

(4 à) 4 voix :

Avant Match

Minois sérieux des fillettes

Minute de silence

: Danièle Etienne-Georgelin;

douche –

à travers le rideau

l’ombre du chat

: Valérie Rivoallon;

veillée –

le doux tintement de

sa cuillère à thé

: Eléonore Nickolay;

Ville de lumière

dans la nuit un texto

« tout va bien ? »

: Cécile Duteil.

°

(Un à) 5 voix :

lac de montagne –

elle ôte son maillot

et tous mes doutes

: Minh-Triêt Pham.

°°°

Bravo et merci à tou(te)s !

°°°

 

Patrick Fetu nous a présenté et apport son dernier (bel) ouvrage :

de vagues… en l’âme

éd. Unicité, oct. 2015.

: haïkus (en bilingue français-anglais) et photos.


Gilbert Stern a distribué des foyers pour un Concert de Noël

dans lequel il jouera (saxophone) : dimanche 13 décembre, à 15 h au Conservatoire de Saint-Maur (94).

Hiro Hata nous a fait de la publicité pour l’exposition au Petit Palais : « Fantastique! » : « L’estampe visionnaire, de Goya à Redon et Kuniyoshi, le démon de l’estampe. (1/10/15-17-1-16);

pour le spectacle de danse (Buto) le dim. 29 nov. de 15h à 16h à l’auditorium

et il y a également des projections de films (à l’auditorium):

13 déc. : Kwaïdan, de Masaki Kobayashi (1964)

10 janvier : Les contes de la lune vague après la pluie, de Kenji Misoguchi (1953)

17 janvier : Cure, de Kiyoshi Kurozawa (1999).

Régalez-vous !

et au 12 décembre 15h30, bistrot d’Eustache, pour notre prochain kukaï de Paris (# 107) !

°°°

 

 

 

 

 

 

 

Facebook et elle : 2 « auteurs »…

29 novembre 2015

Facebook et elle écrivirent :

 

« Au lieu de s’engager

dans des polémiques inutiles,

en tant qu’uterus,…  » *

 

( sur « l’Escale du haïku », 25/11/15)

Du rôle de la vodka dans la catastrophe de Tchernobyl

23 novembre 2015

°

« Les officiers de carrière (…) n’avaient qu’une seule conviction ferme : la vodka aidait à lutter contre les effets des radiations, il fallait donc en boire le plus possible. »

(pp. 157-8)

: Ivan Nikolaïevitch Jmykhov, ingénieur chimiste.

°

« La vodka était-elle d’un quelconque secours contre les radiations, ou non ? Au moins, ses effets psychologiques étaient positifs. En tout cas, dans la zone, on croyait dur comme fer à ses vertus…

(p. 186)

: Alexandre Koudriaguine, liquidateur. *

°

« La vodka était plus appréciée que l’or. Il était impossible d’en acheter. Nous avons bu tout ce qu’on pouvait trouver dans les villages des alentours : tord-boyaux, lotions, laques, sprays… On posait sur la table un récipient de trois litres de tord-boyaux ou un sac rempli de flacons d’après-rasage et on causait… »

(p. 191)

: Victor Latoun, photographe.

°

« Dans ces villages, nous rencontrions beaucoup de gens ivres. Même les femmes étaient un peu soûles, surtout celles qui s’occupaient de traire les vaches. »

(p. 208)

: Irina Kisseleva, journaliste.

°

« Il criait… Il avait mal… Toute la journée… Alors j’ai trouvé la solution : je lui injectais de la vodka. Il se débranchait, alors. Il s’oubliait. Ce sont d’autres femmes qui m’ont soufflé ce remède… D’autres femmes qui avaient connu le même malheur…

(p. 245)

: Valentina Timofeïevna Panassevitch, épouse d’un liquidateur. *

 

°

* : C’est ainsi que l’on appelait les spécialistes civils ou militaires chargés de « liquider » les conséquences de l’accident. » (note, p. 74)

°

: de La supplication, de Vletana Alexievitch, J’ai Lu n° 5408.

« Une fantaisie arachnéenne » – D. Py – 30/10/15

10 novembre 2015

°°°

Elle est à toile !
chante l’araignée
salivant
d’avance

°

entre les fils de l’araignée
une étoile

°

entre les cordes
de l’araignée
(des) pattes de mouches

°

L’araignée
partage-t-elle son repas
avec ses fils ?

°

ce matin
la neige a peint
la toile de l’araignée

°

séchant
sur les fils de l’araignée
rosée

°

araignée du matin
chagrin
rosée

°

des perles de brume
pour le collier
/ pour les colliers
de l’araignée

°

au centre
de sa cible
l’araignée
fait flèche

°

Au centre
de sa cible
l’araignée
réfléchit ?

°

du coeur
les mille pattes
de l’araignée

°

femme-orchestre
, l’araignée

°

tout autour
de l’araignée,
ses gamelles…

°

comme un fil
l’araignée
qui jeûne ?

°

Quand l’araignée
coupe-t-elle le fil
de son nombril ?

°

L’araignée
est son propre
cordon (ombilical)

°

L’araignée a-t-elle du mal
à se (con)centrer ?

à se (con)tenir
sage ?

°

De fil
en aiguille
les poèmes
de l’araignée

°

Parlons aiguille(s),
dit l’araignée

°

Cherche-t-elle en rond
son métier ?

°

son métier
tissé,
l’araignée
pause

°

Spinnrad
immobile

°

rouée, l’araignée ?

°

enrouée, l’araignée ?

°

(son) rouet au repos

°

sa roue
ne tourne pas :
c’est là son leure !

°

L’araignée
attend
son leurre

°

fait-elle son leurre ?

°

se monte-t-elle un baratin ?

°

l’heure de l’araignée :
son invisible
immobile rouet

°

s’appellerait-elle Marguerite ?

°

Pour avaler son brouet
l’araignée
doit saliver
un max

°

Max, l’araigné
a probablement à faire
ailleurs

°

L’araigné,
blessé,
n’en est que plus dangereux

°

L’araigné :
celui qui a perdu une patte
à la bataille de… ?

°

Amputée
de ses oeufs,
l’araignée ?

°

lampadaire
ampoulé(e)
spring-chicken ?

°

spring-spider ?
L’araignée
ne fait pas le printemps

°

à la saison morte
l’araignée sèche

°

se met en boule

°

l’araignée déboule

°

l’araignée déroule

°

S’en faire ?
l’araignée repasse
ressasse
médite
un éloge de l’immobile

°

rangée, au garage,
l’araignée
moteur poupée

°

à la proie – où ?
– ah !

°

quelquefois l’araignée
a le vent
en poupe

en poupons

l’araignée pouponne,
quelle prouesse !

seule maîtresse à bord

(de ses) mille sabots

mille sabords

A l’abordage !
et l’araignée
met ses / les voiles

°

L’araignée
se maquille-t-elle
pour séduire
sa proie ?

°

Pour aller
en châsses ?

°

une araignée tigrée
(qui) fait le zèbre ?

Quelle bille de clown !

L’araignée brille(-t-elle)
par son absence
(en notre absence) ?

°

Savoir se faire oublier,
la ruse de cette poupée russe ?

°

comme si rien n’était
ou si peu

puis : HALLOWEEN !

°

(l’araignée)
monte sur son grand cheval

°

L’araignée,
du balai !

°°°

dp. Millau, 30/10/2015.

Re le 15 Novembre ! – de la part de Monique Leroux Serres :

8 novembre 2015

une belle idée de sortie pour le dimanche 15 novembre…
Exposition « Chroniques d’artistes » Bastille design-center :
http://www.des-gens.net/spip.php?page=print_article&id_article=10499
Le lieu est beau, et le projet original.
Les artistes devaient travailler à partir du texte d’un auteur vivant : écrivain, journaliste, poète…
Une artiste, Magali Léonard, a choisi l’un de mes haïkus, paru dans « Trente haïjins contre le nucléaire » Ed Pippa,2015 :

Un pin est un pin
Un nuage est un nuage
Et une centrale ?

Le dimanche à 15h, je dois participer (l’organisation est en train de se mettre en place) à un parcours lecture par les auteurs des textes dans l’exposition. Je lirai, devant l’oeuvre de Magali Léonard, une petite sélection de haïkus du recueil. J’essaierai de mettre en valeur notre livre. Normalement, des tables seront prévues pour mettre les livres en vente dans l’expo.
Pour Seegan et les amis japonais qui ne pourront pas venir à l’exposition : vous pourrez tout lire, et tout voir sur le lien suivant qui doit servir de base au catalogue de l’expo :
http://www.artistesalabastille.com/chroniques-2015/
Amicalement, Monique Leroux Serres

De Bashô à Barthes – Lee Gurga – 75-76 – (5)

22 octobre 2015

Un regard vers l’avant :

Au début du XXIè siècle, on peut dire que le haïku a survécu à son enfance et est parvenu à son adolescence. Un certain nombre de principes-clés, quelques uns plutôt basiques, ne font pas encore l’unanimité. De nouveaux défis arrivent. Quelques uns ont même récusé la nécessité de la référence saisonnière. Observant que la plupart des gens, en Occident, vivent maintenant dans des villes et ont peu de contact avec la nature, certains ont décidé que le système du mot-de-saison était hors-sujet. Ces gens disent qu’un mot-clé « culturellement approprié » pourrait remplacer la référence saisonnière dans le haïku. Cela nous semble une tâche douteuse de réfuter la sensibilité-haïku de l’exploration de la relation humaine à la nature pour se concentrer sur des affaires purement humaines. Cela ne va pas dans le sens d’élargir les potentialités du haïku mais plutôt dans celui de les restreindre.

Un autre défi pour le haïku concerne le développement de la poésie fondée sur le langage, qui, pour certains, a remplacé la poésie fondée sur la perception. La perception est impliquée dans la poésie fondée sur le langage, mais elle est d’une variété intellectualisée, pas de celle basée sur l’expérience qu’encourage le haïku « saisonnier ». Dans une société qui a de plus en plus tendance à vivre dans sa tête, le haïku procure du soulagement. Les poètes de haïku devraient résister à la pression d’accepter la poésie fondée sur le langage présentée comme d’une esthétique équivalente .

(…)

Bashô dit : « Allez vers le pin, pour apprendre du pin. » Shiki trace les progrès du haïkiste depuis les croquis d’après nature au réalisme esthétique, et jusqu’à la vérité poétique. Barthes observe le haïku, voit le Zen de nouveau, et, au point où finit le langage, cherche à aller au-delà d’une simple expérience d’illumination :

(…)

Le haïku occidental évoluera-t-il d’une compréhension du haïku en tant qu’art zen jusqu’à un haïku postmoderne qui transcende le langage ? Quelque direction qu’il prenne, il serait bon que ceux qui essaient de faire du haïku dans leur propre langue retiennent que, comme l’érudit Kirby Record l’écrit :

« le sujet des conventions du haïku est important pour le mouvement du haïku anglais, s’il veut avoir une chance de survivre en tant que mode poétique viable et durable. Il est évident que le haïku anglais doit développer sa propre forme et son propre jeu de conventions, mais ce doivent

être des développements qui ont des principes, basés sur une compréhension du haïku classique, et qui se modèlent sur la fonction esthétique de l’oeuvre conventionnelle dans le prototype. » (Record 225).

Les pensées de Record font écho à Harold Henderson, le « parrain » du haïku américain :

« Quelle sorte de poèmes (les haïkus) deviendront éventuellement dépendra principalement des poètes qui les écriront. Il semble évident qu’ils ne peuvent pas être copie conforme des haïkus japonais – ne serait-ce que par les différences de langages. En même temps, ils ne peuvent pas en être trop différents, et encore être des haïkus. »

La tâche des poètes du XXIè siècle qui créeront les traditions du haïku occidental sera d’adapter l’esthétique du haïku japonais à nos cultures. J’espère que vous nous rejoindrez pour apporter une contribution originale à cette littérature exceptionnelle. Des lendemains excitants nous attendent. »

: Lee Gurga, in « Hermitage » 2004, pp. 65-77.

°°°

De Bashô à Barthes – par Lee Gurga – p. 73-75 / 76 – (4)

22 octobre 2015

L’attrait universel du haïku :

La poésie de l’expérience directe et des images littérales a inspiré des siècles de poètes  et fait du haïku ce qu’il est aujourd’hui. Si les poètes contemporains doivent écrire du haïku, ils doivent avoir une certaine compréhension de comment l’application des principes esthétiques du haïku affectent le ton et le contenu d’un poème. Le haïku contemporain mondial ne devrait pas être une simple imitation d’un modèle japonais. La manière dont il diffère du modèle classique, cependant, doit se baser sur la compréhension plutôt que simplement sur son ignorance.

Il devrait apparaître maintenant que j’argumente en faveur d’une approche particulière de haïku – Alan Watts l’appelle « le poème sans mots ». Un haïku se compose de deux ingrédients : un événement ou une expérience et le coeur du poète exprimés par le langage. C’est cette combinaison qui fait du haïku lui-même un événement digne d’être partagé. Ecrire du haïku nécessite donc deux choses : la culture de nos pouvoirs d’attention et une préparation de « l’esprit-haïku » de façon à pouvoir transformer l’expérience en poèmes.

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Les haïkus peuvent sembler naïfs dans leur simplicité, mais c’est une naïveté cultivée et une simplicité étudiée, pas juste une simplicité de l’esprit.

Les haïkus qui expriment une fusion de la réalité interne et externe sont ceux qui ont le plus à offrir au lecteur. Cependant, chaque poète doit décider de savoir si le haïku sera un poème par lequel il partage des compréhensions c’est-à-dire des « images reflétant des intuitions » ou si ce sera une forme par laquelle déployer son bel esprit. Il ne semble guère possible que ce soit les deux. La différence entre les images qui reflètent des intuitions et des images inventées pour leur effet doit être claire dans l’esprit du poète autant que dans celui du lecteur. Une autre manière de présenter cette difficulté serait celle-ci : Est-ce que la création du poème en tant qu’objet prend le pas sur l’authenticité de son contenu ? Est-ce une certaine combinaison des deux ? Telles sont les questions fondamentales qui doivent être prises en compte quand les poètes écrivent des haïkus. Comme les poètes apprennent l’art du haïku, il est important qu’ils ne soient pas séduits par un désir d’effets supérieur à un engagement envers l’authenticité envers l’existence.

Une autre perspective sépare le haïku de la plupart de la poésie contemporaine. Dans le haïku l’accent est mis sur ce que dit le poème plutôt que sur qui l’a écrit. Le haïku est ainsi un antidote naturel au « culte de la personnalité » qui envahit grandement la culture d’aujourd’hui. En gardant l’emphase sur le poème et le processus créatif de la lecture autant que de l’écriture, les magazines de haïku publient des poèmes plutôt que des poètes. C’est peut-être une autre raison de la popularité du haïku.

Il n’est pas difficile de conclure que certains buts d’écriture peuvent être plus élevés ou plus fructueux que d’autres. On a lié  traditionnellement l’art du haïku à l’esthétique zen, mais il n’y a pas nécessité à ce que cela reste ainsi. En Occident, on écrit des haïkus du point de vue de différentes traditions spirituelles et d’humanisme autant que du zen et d’autres formes de bouddhisme. L’idéal du haïku de l’immédiateté de l’expérience et de la franchise de l’expression représente un bénéfice potentiel  pour qui écrit du haïku.

Une personne qui fait de l’art explore nécessairement le potentiel de l’âme humaine. L’espèce d’art que l’on crée révèle l’espèce d’âme que l’on a. Comme l’écrivit feu Allan Bloom de l’Université de Chicago : « Actuellement, les étudiants ont des images fortes de ce qu’est un corps parfait, et le poursuivent incessamment. Mais privés de conseils littéraires, ils n’ont plus aucune image de l’âme parfaite, et par conséquent ne cherchent pas à en avoir une. Ils n’imaginent même pas qu’une telle chose puisse exister. » Le haïku peut nous aider à imaginer ceci, et peut-être nous aider à l’accomplir. Le haïku peut remplacer l‘ennui qui domine en grande part dans la culture occidentale  par une « naïveté cultivée » qui n’est pas aussi simple d’esprit que certains pourraient l’avoir supposé.

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(A suivre : Un regard vers l’avant : – pp.75-6)