Archive for the ‘kyôku’ Category

Haïkus, senryûs, etc. Py – janv. 2016

12 février 2016

°

premier janvier

un dolicrâne

son roman *

posé sur son ventre,

elle dort

(- première sieste de janvier)

* : Rien ne s’oppose à la nuit, de D. de Vigan.

°

2 janvier :

jog de neuf minutes

dans la neige neuve

2 janvier :

premier trou

dans la première neige

°

première neige

le monde plus vide

première neige :

papa, fils et fille

boulent…

°

Aller aux sports d’ivoire

°

(« Tanka-faire », kyôka :)

ce même jour

les deux semelles

de mes running shoes

rendent l’âme

l’une après l’autre

°

Cultiver l’esprit de « c’est-rieur »

l’ex-sérieur

°

Le dieu des Chiites,

le dieu des Sunnites :

Boum année ?

°

(K. :)

Déplume,

plume ton haïku

jusqu’à l’os,

ose!

(5-7-5) :

on dirait que certains

préfèrent le moule

au gâteau

°

« Cette génération (…) est incapable de dépasser le cadre d’une réflexion autocentrée » (: à propos de l’exposition « Cosmos Intime », à la Maison de la Culture du Japon, -> 23 janv. 2016)

°

rue Charles Bassée *

la chienne de Paul

dresse une crotte

* : Fontenay-sous-Bois

°

un moucheron

hélas!

dans ma bière

°

dimanche matin de janvier

sur le balcon le sexagénaire

rafraîchit les géraniums

°

je passe devant chez Nicole lève son volet

(ou :)

je passe devant chez

Nicole

lève son volet

°

(D’après Jiho, p. 13 de Siné-Mensuel n° 49 :)

COP 21 bla

bla bla bla bla COP 22

bla bla COP 23

°

je reprends

de la cuisse

: jogging

°

Un picologue…

°

pain de nuit

la pâte rêve

°

le Père Noël

vieux de deux ans

enfin disparu

du balcon

°

corneilles …

 

°

un volet claque :

l’école de musique s’ouvre

au soleil

(du 25 janvier)

°

A l’approche

°

couic! couic !

et encore, et encore, et encore!

: haïku

°

un champ de brumes

 

°

La politnique / Le politnique

°

au-dessus de la ligne

la neige du papier

°

salon d’attente à l’hôpital :

une quasi-unanimité

de séniors à lunettes

°

Ne soyons pas pourvoyeurs (fourvoyer) de haïkus anthropocentrés!

°

un papillon –

°

du moustique

qui tue

que du requin ?

°

les mots s’assoient

sur les blancs de la nuit

°

le vent défoliant

°

j’avais abandonné mes fringues

et mes soeurs…

, des rois et des coussins…

°

ponctuant

la dispute

d’un pet final

°

(K :)

Garder équilibre

entre (la) mise en avant

et (l’)effacement du soi…

(?)

°

jour gris et pluvieux,

°

avant la minute de silence

un long chant de chaises

– banquet des séniors

(ou :)

le long bruit des (pieds de) chaises…

(ou :)

pour la minute de silence

les chaises traînent des pieds —

banquet des séniors

°

poupées délaissées

les géraniums (flétris) de janvier

°

Les agriculteurs

désespérés

se tournent vers le pape…

°

douceur de l’hiver

les fleurs du jardin

déjà au printemps

°°°

 

Haïkus, senryûs, kyôkus, etc. Py – Nov. 15 – 1):

3 décembre 2015

°

grenouille,

bredouille

– l’étang dort

l’étang dure –

Lola (la grenouille) se détend

(Lola) se défend

au saut élastique

 

La grenouille se détend,

ressort…

, se détend, s’allonge

, quelle cuisse !

La cuisse (légère ?),

aérienne !

: Etang-tatives,

étang-tations

°

(pendant ce temps-là)

le jour monte,

hausse ses couleurs, *

1er novembre.

* (hisse les couleurs…)

°

tous les premiers mercredis du mois

une minute 41 de sirène à midi

(me dit le calendrier

des sapeurs-pompiers

si la si rè

ne retentit

: fermez les fenêtres

ouvrez la radio

°

« Pour avoir des lèvres de rêve » :

la labiaplastie

ou nymphoplastie

°

Suites de son opération :*

son visage-

Halloween

* : infection,

°

L’arbre à cons…

– Vérifions si nous y sommes !…

°

Les escargots *

caracollent au plancher

* = « caracol » (: esp.)

°

De l’ogre d’Halloween

à l’orgue de la morgue ?

– Toussaint

Toussaint,

la paix des mores ? *

* / la paie des morts… /

°

… de gros grains de raisin blond…

°

balcon nogentais :

une table, deux chaises

reçoivent

la pluie

°

(Kyôku :)

Les mots du haïku

ne sont pas là pour meubler

/ combler… le vide,

… mais pour le mettre en valeur… (?)

°

un mille-pattes

luit sous le lampadaire –

lune noire dans trois jours

°

Le monde sera-t-il plus sale

après que tu l’auras quitté ?

°

depuis des années

ce mendiant aveugle

qui ne s’accompagne que de Brassens

(dans le métro)

°

papa pousse bébé tient poupée

(rue de Rome, 5/11)

°

Tout ce monde affairé :

cohue capitale

du matin

(métro, RER, …)

(et) marcher à pas lents

(escomptés…),

c’est pas la vie, ça ?

RA

LEN

TISSEZ !

°

Fête des Pères –

une femme cueille des roses

au bout des rangs de vigne

(Orly-ville, juin 15)

°

(Bashôtage :)

Mes voisins de Dnipropetrovsk,

comment vivent-ils

(ce matin à 5h35) ?

(Millau, 30/10/15)

Six jours plus tard je vois (sur W9)

l’équipe de Saint-Etienne

qui rencontre Dniepropetrovsk

en Ligue Europa de football !

(Orly, 5/11)

°

l’ho

riz

on

°

(9/2006, métro :)

Elle tricote,

on dirait,

les fils de son baladeur

°

(16/9/06 – métro parisien :)

All the jewelry

atop her breast

– my silent hands

Toute cette bijouterie

sur sa poitrine –

– mes mains sages

°

L’homme qu’a bossé,

l’homme cabossé

°

(Kyôkus :)

Haïku :

Alléger le trait

Ecrire =

se vider la tête…

Affiner le trait

Haïku :

Laisser gagner le blanc.

°

les géraniums en pleine efflorescence –

approche de la lune noire

°

le trottoir sec

mouillé sous les feuilles

°

papillon brun dans la rue

lune noire de novembre

°

dessous féminins

(:) la légèreté

du fil

°

tout l’or

°

le rythme récurrent

°

(Saori Nakajima, au kukaï de Paris :)

« Le haïku n’est pas sentimental;

le tanka, oui ! »

°

des corps de métier

suspendus

bleu sur bleu

°

horizontal un oiseau

traverse le matin –

une grue au bout du gris

°

lacet sur le trottoir –

serpent noir de l’hiver ?

°

(Sur une illustration de Mitsuru Ikeda, p. 51 de Haïkus satiriques (de Kobayashi Issa), par Seegan (Laurent) Mabesoone, éd. Pippa, 2015 :)

du bord de la rive

les grenouilles regardent la capitale

et se marrent

(: 9/11, vers 7h55)

du bord de la rive

regardant la capitale

des grenouilles se marrent

(même jour, 9h25)

°

Je viens d’écrire un senryû sur des grenouilles,

ses chaussures de sport vertes

(métro, ligne 14, 8h)

… puis le sac vert

de sa voisine…

°

détachant une feuille de géranium,

une libellule verte

s’envole de sous le balcon

°

(Tanka – devant une peinture chinoise de montagne… :)

Seul compte

le paysage qui s’ouvre devant soi

– s’oublier

un peu

°

(Avenue de Clichy :)

fondue dans un décor

d’encombrants

la mendiante

(: vers 9h40)

d’un abri-bus

quelqu’un

a aménagé son chez soi

(: 9h48)

°

(à suivre (p.45)…)

Haïkus, etc. Py – 2/3 : 16/25 Oct. 15

6 novembre 2015

°°°

encore une ambition

à la retraite :

paître

Ne plus paraître,

Paître

Vers l’encre du silence

puis

vers le silence de l’encre

descendant (du ciel)

peu à peu

la rousseur

du feuillage

La rouille descend du chef

(Kyôku :)

Moins de verbe(s)

peu à peu,

de moins en moins d’action(s)

Syrie :

le Mondial du Bombardement

(comme dit le Canard)

ronflant :

tout va bien –

l’on roule les poubelles dans la rue

Trempluie

(Kyôku :)

Moins faire du haïku

qu’être fait par le haïku.

cendrier

gavé de mégots :

grève des nettoyeurs

station BFM

le rouge grimpe au mur

vigne vierge (d’octobre)

(Orly)

(2è version :)

dans la lumière du soir

la boule d’un lampadaire

la boule d’un pissenlit

(Pour Dany et Nicole :)

Du panier de basket

au panier de champignons,

les deux soeurs

corneilles

au banquet

des champs nus

L’arbre

est le meilleur ami

de l’homme

… qui boit

Premiers coups de balai

dans les coins :

un exode d’araignées

coucher de soleil

sur la Loire à Chaumont

le rouge fait tache

(Kyôku :)

Le monde entier s’emballe

/ mon dentier cent balles

… un poète très à l’écoute de son coeur ;

soucieux des circonvolutions de son cerveau…

la chasse aux champignons

dès l’aube froide

ou la cueillette des mots

La corneille coud un ourlet au matin

métier manuel ?

haïkiste.

(Que sommes nous ?)

une fleur dans un champ de fleurs

(Kyôku :)

A chaque haï… coup,

ouvrir

Silence :

entendre loin

Silence :

affiner l’ouïe

(Silence,

captation subtile…)

l’ouïe fine du haïku

la vigne

vierge

rougit

des feuilles sans vent

tombent

sur les champignons

« Il était temps,

dit la grenouille ! » *

* : Réginald.

(Haïkouillonnade :)

Lao dîna

en tête à tête avec

Tseu

(Kyôka :)

Votre haïku

fait-il 5/7/5 ?

: tant mieux !

Il ne les fait pas ?

: tant mieux !

le temps de cadrer la grue

s’envole –

lundi soir le long d’un champ

tondre le gazon / mouton

moutondre (le gazon)

(Kyôka :)

Haïku :

vider les lieux –

Il s’agit aussi

pour l’auteur du haïku

de se préparer

à disparaître

des traits étranges

balafrent le traversin

: pensées nocturnes

fin de (la) cueillette –

remettre un scarabée

sur ses pattes

(Kyôku :)

Le haïku

c’est le zoom maximal

sur l’événement déclencheur

: haïku rapproché –

(Kyôka :)

écrire

oublier ;

revenir

jauger

corriger

le bouc et sa chèvre

ont tout tondu

sauf les orties

(Kyôbun déplorable – Proposition :)

Le haïku français,

en 6, 6, 5 syllabes :

6 + 6 pour le mâle balancement gaulois

alexandrin traditionnel

+ 5

pour la boitille,

le « déséquilibre »

l' »asymétriquie » orientale…
Exemple

(, mais déplorable) :

… et les couilles trempant

dans l’horrible soupière

– Ah, mon Lexandrin !

Mais où est passée

ma petite culotte ?

– le fil vierge

le saule

se pose

sur le sans-vent

au-dessus de la boîte

un oiseau surplace

Au point du coq…

le même vent cailleur…

(- ça caille où ?)

(Kyôku :)

Ne pas prendre la forme

pour l’oeuvre

°

(Bashôtage :)

Faisant trois fois

le tour de la mare :

rondes sans lune

°

(à M.C. :)

Vers l’avant

continue de tourner

notre moulin à mots

le tien

dans l’autre (sens)

maintenant

Tu as coupé

le fil du temps

et des paroles

ballon

lâché

ballon,

lâché

vers la lumière

les fleurs,

l’oiseau

le ciel

°

S’alléger

en montant

°

Aube, fin octobre,

l’arbre a déjà

levé ses couleurs

°

Une héritière :

une (jeune ?) anglaise de bonne famille (?)

°

Dans la forêt

la table moussue

peu à peu

retourne à la forêt

/

dans la forêt

la table moussue

peu à peu

y retourne

°

Le cuir de mon père

luisant aux poignets

–  15 ans bientôt

/ luisait ô poignant…

°

l’automne s’avançant,

de moins en moins de feuilles

où se cacher pour pisser

°

les pucerons

sur le dipladénia

figés

de jaune à noir

°

(Kyôbun :)

Le haïku-alexandrin (français)

en deux fois six :

« Passant à l’an nouveau

dans un slip de la veille » *

ou, autre exemple :

« Elle renifla son slip

Elle renfila son slip »

* ou, si l’on veut respecter »

l’élément de dissymétrie :

« Passage à l’an neuf

dans un slip de la veille »

(1/1/2006) : in Fourmi sur ma jambe, éd. Eclats d’encre, 2015.

°

jus au gingembre

et au curcuma – *

l’arbre dans la cour

* NB : le lien, ici, se fait par la couleur : gingembre = jaune, curcuma = orange…

°

(A nos amis Bruxellois :)

Dans l’impasse

qui mène à la brasserie *

la Jeanneke Pis

* : « Le Délirium ».

°

(Haïku (?) de Sarko – à Béziers, le 8/10/15 :)

« Mon pauvre petit coeur

va faire de la tachycardie ! » *

*  source : le Canard Enchaîné, n° 4955, p.2.

°

tes doigts

courent sur le clavier :

la musique silencieuse

des mots…

°

(Senryû – M.C. :)

A l’article la de mort

elle fit mander un prêtre

puis le récusa.

°

pendant que nous dormons

(24/10)

°

les lèvres vertes de la mer

… lèvres violacées de l’océan…

°

dans la rue

un vitrier

porte fenêtre

°

Lever le haïcoude

Lever un haïlièvre

°

(K. :)

Le haïkiste resserre le temps

Le haïkiste resserre l’espace

/

Le haïkiste raccourcit

le temps, l’espace, …

°

(Senryû :)

Ceux d’en haut

qui veulent vous faire croire

que les tricheurs

sont d’en bas…

°

Départ à la brune

une corneille lance son cri

(Orly-Strasbourg, early morning)

°

(Kyôbun :)

Du haïku considéré comme une miniature du rendu,

en ce qu’il s’agit d’articuler un lien * entre ses deux parties juxtaposées…

*  une concordance,…

°

une grenouille

(en verre)

qui se mélange les pinceaux…

(: Strasbourg : magasin de babioles…)

°

Ah,

Aller pisser

au Mac Do !

(: Strasbourg)

°

(Kyôbun :)

Le haïku augmente la taille des objets

(insectes, …)

Le haïkiste diminue la taille (la portée) d’événements,

Le haïkiste remet l’homme à sa place

(c’est le rôle du senryû également)…

Le haïkiste ne change rien :

mûres et montgolfières

mûre et téton…

Le haïkiste redimmensionne,

redonne au cerveau humain sa taille

(petit pois du monde..)..

Le haïkiste combat

la dérive des sentiments…

°

Le haïkiste (« moderne ») doit

renforcer / rétablir le lien homme-nature –

L’état des liens…

°

Est-ce le haijin

qui doit obéir au haïku,

ou l’inverse ?…

Harmoniser

le haïku

et le haïkiste…

°

Chasser la sentimentalité,

le sentimentalisme du haïku –

si cela vous manque trop,

allez voir du côté du tanka !

Haïku sec – :

le haïku ne larmoie pas,

ne piège pas le lecteur dans le pathos…

°

Le senryû

remet l’homme à sa place ;

Le haïku

remet l’homme à sa place

dans la nature

Le tanka échoue

à cet amenuisement de l’homme…

°

Le haïku :

(pour) dégonfle(r) les chevilles… *

*  : c’est aussi pourquoi il ne faut pas

(en français, en anglais, etc.)

vouloir imiter le 5/7/5 japonais.

°

L’anthropomorphisme est un / le contresens-haïku,

le contresens à l’esprit-du-haïku.

°

Le haïku,

ce n’est pas dire le je,

c’est le dissoudre

°

Di(ssoud)re

°

(198? :)

marché aux poissons

une femme se couvre le nez

d’un mouchoir

°

(Le haïku :)

de mon dentier, peut-être

au monde entier, sûrement.

°

(à suivre…p. 113…)

Haïkus, etc Py – février 2015

21 mai 2015

°

livre neuf –
un cil
coche un haïku

sur le chemin
du stage de bâton ce matin :
un livre de haïkus,
les cris des mouettes sur la Seine

lundi matin 2 février,
une fine couche de neige –
la mousse de l’eau de vaisselle

10 ans :
au lieu de sauter à la corde
elle saute à la bombe –
Boko Haram

des piaillements
percent le froid du matin noir
début février

il s’est bien mouillé
pour sauver la centenaire
des flammes !

Le haïku
doit épouser
la forme de ses rythmes
les plus élémentaires,
les plus naturels…

: la forme
c’est le rythme

(Le rythme dicta forme)

métro :
elle éteint ses chaussures

l’homme
est un homme
pour l’homme

le panneau
« Centre de secours »
pointe vers le ciel

un élastique
clé de sol
sur le trottoir

à l’abri du froid
la plante verte
se tresse
vers la lumière

nous préludions à l’amour –
je dus me lever pour pisser
mais je ne pus jamais retourner dans son rêve

pendu par les pieds
tout au bout de son balcon
un ancien père Noël

le vent
balance le bonnet
du père Noël
pendu de son balcon

… quant au Père Noël
à l’envers
au bout de son balcon :
le sang
lui est tombé
à la tête ?

… quant à la plante verte
derrière son carreau
(à l’abri)
elle grimpe, elle grimpe
et continue sa tresse
vers le haut

… se tresse
avec tant d’adresse

vers le haut
vers dehors,

spirale
géniale

je vous souhaite
de bien avancer
sur le chemin
de vous-même

trois élèves de Qigong
recentrent leur énergie
– un lotus qui se referme

silence :
laisser infuser l’image du haïku
pour bien s’en imprégner

étoiles, lucioles, gouttes
vers le réverbère

Arrêter le temps
Faire couler celui d’un livre

la pluie –
elle resserre son décolleté
(Saint-Valentin)

les vieux
se recourbent
ralentissent
rejoignent le temps

… pour qui je virgulais du coeur…

Pourquoi tourner autour des mots ?
: un seul, au centre

Pourquoi tant de mots ?
: un seul
mais juste !

jour de la Saint-Valentin :
annulé nos billets
pour Nouméa

la solitude du robinet :
goutte à goutte

(d’après Cécile Duteil : « Solitude / le robinet / goutte à goutte »)

la solitude du robinet :
goutte…
goutte…

la fleur
ne fait rien :
elle attend
que le printemps
la pousse
l’ouvre

Pour la Saint-Valentin
des affiches
Lise Charmel

au bout de leur tige
les bourgeons de géranium
sont si lents !
– mi-février

drone
survolant la centrale :
ami, ennemi ?

manucure impeccable,
elle accroche un ver de terre
à l’hameçon

une pantoufle mauve
sur une flaque d’eau
– ciel de février

la plume de canari
refuse
de monter dans la pelle

doigts d’une femme
faisant leur gamme
dans son sac à main

Charlie sous le coude,
les gouttes sur le parapluie

comme un bébé dans ses bras
son six-pack
de bières

2ème Charlie
après le crime
plus personne ne se précipite
au kiosque à journaux

25 février
le soufflé Charlie
retombe

Plus personne ne se précipite
au kiosque :
2è Charlie de l’an 15

un kaïkaïku :
un haïku qui fait se sauver
en courant

les oiseaux chantant
je m’égoutte
près du buisson

Janvier :
le mois de l’envol définitif des Charlie :
2015 : Charb, Cabu, Maris, Wolinski, Tignous, Honoré
2014 : Cavanna
2005 : (Le professeur) Choron

« Sarko l’incruste » :
« La première rigolade post-attentats »
(: in « La Presse Satirique, n° 10, p.8)

Sarkozy :
à lui seul
une caricature
– que dis-je ?
: mille caricatures !

(cf je-suis-nico.tumblr.com)

« Rire, c’est la meilleure arme contre les cons » : Maël Jones
(in : « La Presse satirique, n° 10, p. 8)

d’un inspir ronfleur
labourant un pan
du matin

(ancien = 2006 ? -:)

septembre
ses feuillets tombent
sur le trottoir

au coeur du traVail
cet envol de l’oiseau

au coeur de l’
enVol
les ailes s’ouvrent

au coeur de l’
enVol
ailes ouvertes

ciseaux
l’oiseau
scie le ciel

ciseau(x)
l’oiseau
ouvre le ciel

Faire haïku net !

quiet
le frigidaire
qu’on remplace demain

/(: inquiet ?)

/(: parce qu’inquiet ?)

°

dp

« Billes d’humeur » ou « Têtes de Trucs »… – Avril 2015

3 mai 2015

… ANTI-Journal,
Défouloir,
Eclabouses…

°°°
Avril 2015.

Y en a
qui pensent que si vous ne faites pas trois lignes
qui durent 5, 7 et 5 « syllabes »,
vous n’écrivez pas du haïku !

Pauvre haïku !

°°°

Pourquoi faut-il toujours / souvent / encore / …
que le haïkiste se mire en son haïku ?

: sortir de (/ du) soi !

Le haïku n’est pas
le miroir du haïkiste

Dans le haïku
on ne revient pas vers soi,
on sort de soi !

– Ecrit-il ses haïkus
au présent de l’admiratif ?

Un haïku « bibicentrique » !

(/ bibicentré / bibinecentrique ?)

°°°

Traquer le mot (/ le commentaire)
inutile.

Le haïku,
ou : Comment taire
le commentaire !

°°°

De la persistance / De l’insistance
de la pensée
dans le haïku (français)

De la pensée
à la nausée
de la pensée

Je pense
donc je fuis.

Dans les toilettes
je pense
et pisse à côté

Je pense
donc je pisse
à côté

Je panse,
je suis.

°°°

Vous leur donnez de la confiture,
ils chipotent sur la forme du pot

°

Il serait peut-être temps de se demander ce qui importe (le plus) dans le haïku :

la forme du vase
ou sa liqueur ?

la forme de l’os
ou la saveur de la viande ?

l’enveloppe
ou la lettre qu’elle contient ?

le corps
ou l’esprit ?

l’écorce
ou l’essence ?

l’habit
ou le moine ?

°

Ne serait-il pas temps de s’intéresser
plus au contenu du haïku
qu’à son contenant ?

°

(Pour peu que je sache) :

Je sache que
l’on peut écrire des haïkus autrement qu’en 5+7+5 mores,
qu’en 5+7+5 syllabes,
qu’en 17 (mores / syllabes),
autrement que sur 3 lignes
ou qu’1
(mais aussi sur 2, sur 4,…)

Je sache
qu’on n’est pas tenu / obligé
d’imiter (/ de singer) le haïkaï (/ haïku) japonais ancien / antique
ou son apparence
en français
(ni dans n’importe quelle autre langue que le japonais)

je sache
que l’essentiel du haïku
ne réside pas dans sa forme
mais dans son contenu

Je sache
qu’il est primordial de connaître
l’essence du haïku,
l’esprit du haïku,
le coeur du haïku,
l’énergie interne du haïku,
(le sens du haïku).

Je sache
que s’il n’y avait qu’un critère à respecter
pour écrire du haïku
– ici ou là –
ce serait celui-ci :
appliquer les règles « internes »
qui régissent
(et réjouissent)
l' »âme » du haïku.

°°°

Vous qui tenez tellement
à singer le haïku japonais classique,
comment se fait-il que vous ne l’écriviez jamais
sur une seule ligne
– ni verticale ?

°°°

Mes haïkus
ont pour (seul) impératif formel
le découpage rythmique naturel
dicté (/ voulu) par le sens
propre à chacun d’eux.

ou :

C’est le rythme du haïku
qui dicte sa forme.

°°°

5-7-5 :
l’attrait / l’attirance
de l’uniforme

5-7-5 :
le prestige
de l’uniforme

Le 5-7-5
ou l’art de
ronronner en rond ?

°

mai 2015.

le haïku en 5-7-5
pieds de naguère !

°°°

d.

Senryûs, etc. – Py – mai 14 – 2/2

9 juin 2014

°

C’est r’en, c’est l’oeil !

°

AHURISSON

°

ce matin
la neige
dessine
la toile d’araignée

°

ses seins ballottent
ses cheveux aussi
– tour du parc

°

Après ‘Le réel n’a pas eu lieu’, *
« Le cancer n’aura pas lieu » **

* : Michel Onfray,
** : Milan Kundera, in ‘La fête de l’insignifiance’, p. 16, éd. Gallimard.

°

ce soir
dans la même rue que ce matin
le même homme
promène le même chien
au bout d’une autre cigarette

°

Prévenir, c’est guérir un peu…

°

Le haïku qui narre
est un haïku navrant

°

Ne pas avoir peur
du vide
au coeur du haïku

°

… ce matin, ne rien « avoir à » faire,
nulle « obligation »,
Fera quand même
mais en route libre…

°

Avec ‘Le journal
des derniers jours de mon père’ *
elle écrase le moustique
au plafond
page 20

* d’Issa, éd. Pippa, 2014.

°

ce matin
éponger le sang du moustique
au plafond

°

aujourd’hui,
dans mes messages « indésirables » :
des « costumes de baie »

°

L’odeur du pain
gonfle la narine
– fermer les portes

L’odeur du pain
gonfle la narine
– insomnie

Seront-ils enterrés
dans un cercueil Mercedes
ou dans une boîte à chaussures ?

°

SNCF :
« Société Nationale du Cash et de la Finance » (: CGT)

Cracher au bassinet /
Brasser au cash-y-net !

°

Le haïku « putatif » *

(La jouissance du mot « putatif » !)

* = un haïku qui pense être un haïku –
mais n’en est pas forcément un !…

°

« Tu peux épingler
huit cent sept papillons; mais
pas le vol d’un seul. »

: Éric Chevillard, p. 73 de ‘Le désordre Azerty’, éd. de Minuit, 2014.

°

« Notre terre
qui êtes aux Cieux… »

°

En toute céré-momie…

°

J’adule tes reins…

°

Arrivé au chapitre « dieu »
de son livre,
je saute

°

silence médiatique
en France : le Japon renonce
à redémarrer ses centrales (nucléaires)

°

ce soir
une finale de coupe
de foot : Ira-t-elle jusqu’aux
bites au rut ? *

* / tirs au but

°

Plus tu vieillis,
plus tes pieds s’éloignent
de ta main

°

un moucheron,
ma bière
et moi
: nature calme

°

La pile
des bulletins de vote
pour Les Décroissants
rapidement réduite
à rien

°

sur le banc
du quai de banlieue
mon voisin renifle
sans arrêt

°

Éric Cantona
et riz cantonnais…

°

elles pouffent
puis boivent
l’homme
au fond du saké

°

(La répétition dans le haïku (cf J.A.) :)

meuh meuh meuh meuh meuh
meuh meuh meuh meuh meuh ! Ah, ce
que ce meuh m’émeut !

(13/7/12…)

°

(ancien :)

O comme j’admire ma femme
aux poêles
dans la cuisine !

°

(J.A. :)

A haiku stutterer
un bègue du haïku
le haïku bègue
une histoire bègue ?
I BÈGUE YOUR HAIKU ?

un haïku
en démarrage laborieux
– retard à l’allu(i)mage ?

patinage tartistique

« Peut s’en-envo(-o)ler
l’é-é-été, s’en-vo-oler
le prin-hin-tem-hemps… »

(: cf Frigyes Karinthy, p. 15 de ‘Je dénonce l’humanité’, éd. Viviane Hamy, 2014)

des haïkus « ApPauline » (à Pauline)
= « appaling » = consternants

(Tartine n° 2 :)

« Je ne m’em-hem-pare
pas de la tou-our qu’e-helle
crèv’ là où elle est »

(cf. F. Karinty, op. cit., p. 16)

tartinaïku

le corbeau lourd *
se pose élégamment sur la cheminée
– premières gouttes de pluie

* : même pas sûr que ce fût un corbeau !

sur le balcon
au soleil
passer ma retraite –
lire
écouter les oiseaux

sur sa pelouse
pieds nus
(dé)ambulant sa conversation téléphonique
: le pied,
l’oreille

Me laisser vivre

Ne plus bouger
mourir
en douceur

soleil ô soleil sur le dos
un noir torse nu
tond la pelouse
(électriquement)
– nez

À l’opposé
de la salle fraîche
où l’ordi
le balcon
où le soleil

Les écrivains jouissifs,
jubilatoires :
Hrabal, Chevillard, Paasilinna, Karinthy,…

Prendre une photo
de fleurs sauvages
la déposer dans un vase

Disparition des hirondelles ?
(insecticides incriminés)
– Vive Monsanto !

Allergiques au gluten
(pesticides incriminés)
– Vive Monsanto !

°°°

Haïkus, etc. – Py – avril 14 – 2/3

21 avril 2014

telle une merde ocre / qui tombe du paquet / la purée lentilles corail potimarron

Le si cérébral haïkiste / à contre-emploi !…

Il célèbre / le cérébral / – c’est la cérébrité !

Il peine tant / à faire pénétrer / la poésie dans le haïku / (ou : le haïku dans la poésie) / , ce chantre du / moi-cérébrel-ku !

: il ne baisse jamais / les cérébra / les circonvolutions !

Ah, ce moi-je pensant !

(le haïkiste des circonvolutes cervicales…)

Il jeta son dévoluth cervical sur le haïku…

(… Atterré par tous ces manquements à l’éthique – et à l’esthétique-haïku !… qui prône(nt) simplicité, fluidité, légèreté, naturel*, concret, véracité, discrétion, modestie…)

* cf : La Souplesse du dragon de Cyrille J.-D. Javary, Éd. Albin Michel, 2014, p.233, à propos de la calligraphie : « parvenir, à l’issue d’un long travail, à l’aisance du naturel. »

prisonnier(e) du lasso du silence…
(l’assaut du silence)

cercles avec les bras / en Qigong – / la porte grince / vers l’extérieur

son rouge-à-lèvres /(sur ses lèvres) / comme un sens interdit

Est-ce pour vos fesses / ou pour vos sacs, Madame, / ce siège ?
(gare d’Orly, mar. 8/4)

(Ancien :)
à la sauvette / un jeune délinquant / arracha de ma poche / un Canard Enchaîné

aujourd’hui / le portique du RER / aligne / « éééééééééééééé »
(St-Michel, 8/4)

du bout des moignons sciés / naissent des feuilles : / le vert s’élève //(La terre pousse au ciel)

Avril / Ah, vrilles !

Avril, / Ah, trilles !

Juillet, / ah, grilles !

Décembre, / ah, frilles ! *

* cf esp. : « frio », froid.

sur le parquet / de la salle de taiji quan / quelques pétales blancs (de cerisiers)

Ah, le verbe, / ah, le verbeux, / ah, le contempl(at)eur biblique !… :

Au début n’était PAS / le verbe ! / (: Au début était le NOM !)

On dit NOMMER / on ne dit pas VERBER ! // (On dit GERBER (, cependant !))

Ne pas / moisir-croupir / dans la gangue / de la langue !

pépiements : / bourgeons, feuilles / de l’arbre du ciel…

Quelles buisses ! / Belle cuisson ! /… / bardant l’huisson

Ces haïkus de cerveau(x) / sont à chier !

(Le haïku de cerveau *, ça se soigne ?)
* = (très) souvent un « moi-ku » !

Après de longues investigations, j’en suis arrivé à la découverte suivante : le moi est dans la tête !

Décerner un prix des pires haïkus (du printemps) ? / (: en lice : J.A., I.A.,…)
(: Le Prix « Aïe Aïe Aïe » des pires haïkus…)
(/ Le(s) Prix du « je-moi-ku »…)

Le train part / dans le sens inverse / – des aiguilles d’une montre ?

Avril, / Ah, brille !

Avril, / Ah, prie !

La leçon de Bashô : / À ses fur et mesure / de moins en moins de métaphores, / de moins en moins de « je » / dans ses hokku *
* : voir article de F. Kretz dans « Gong » 43 *
* contrairement aux femmes (plus douées pour le tanka – voire le « tanku » !) et aux « modernes » !

/ Dire Non à la (sur)représentation du moi (: « je », « mon », etc.) dans le haïku… Retourner voir Bashô ! :

Bashô a travaillé sa vie durant à réduire le « je » à sa plus rare occurrence !

le troupeau des herbes / secoue ses crinières…

… En regardant une « mûre », on pourrait penser qu’elle a (effectivement) des yeux (à facettes)… mais de là à penser qu’elle puisse être « myope », il y a un grand pied !

ou bien Mûre Myop(lait)
ou bien Myoplait à la mûre ?…

Ne pas tant dire (dans le haïku) « une myope », que de montrer comment elle l’est : ex : « son nez sur son écran » (?)…

de long en large / il arpente ses haïkus / – accordéon

Penser, c’est s’évader du corps; / Toujours le réincarner !
(/ Réincarner le corps (entier !) du haïku !)

Que tout concoure au haïku ! / le mot de saison itou = / unité (globalité)

– Mon époux s’tasse ! / – On y passe tous !

un silence de mores…

L’espace dans le haïku = / un silence de mores ?

Le bonheur de son « bonjour ! » / ce matin / en bord de Seine

Il mord / les marches du matin

whiffs of waffles / enter the wagon / – wednesday morning
(métro, L.5, 16/4)

(Ancien :)
le vent (d’automne) / pousse la porte grillagée / du jardin vide

le lampadaire / dans l’arbre enfeuillagé / – soirée d’avril

Pâques, / je leur sonne / les cloches…

°

(à suivre : 3/3)

Haïkus, etc. de Py – mars 2014 – 1/2

15 mars 2014

°

Plus il y a de chiens, plus il y a d’os.

Les os sous le pont coulent
Les aulx sous le pont coulent
les zoos sous le pont coulent
les eaux sous le pont coulent

°

une fois le froid sous les fesses passé,
attendre (20 minutes)
le prochain train

; le quai long de monde

°

un gant gris
sur une marche grise

– Que dit-il ?

– Je le laisse

°

De
haïku, taiji-quan, zen,
l’esprit-Un

°

Orly –
Au-dessus des pendules de la tour,
les aiguilleurs du ciel

°

Une dame à son amie :
« Viens, on va faire le trottoir »
– mars ensoleillé

°

Après la Saint-Valentin
(…)
(…)

°

matin de mars
sur les ailes blanches
de la pie

°
(Ancien:)

À l’accueil
de l’établissement,
trois grasses.

°

La gazette des rois

°

un magrouilleur

°
(Senryû :)

Sarko – l
Cass’roles

°

ce soir sur la table
le jus de soja a sauté :
patte d’ours

°

un gros avion
déborde de la brume
– pollution de mars

°

mon clignotant
au même rythme
que le marteau de l’ouvrier
– porte de l’immeuble

°

marronniers rognés

taille moignons

(À propos de W. Lambersy : Le mangeur de nèfles, éd. Pippa, 2014.)

°

(Kyôkus :)

Simplifier, toujours,
vers le plus grand « naturel » *
possible

* de la découpe des vers, des rythmes, des mots et de leur agencement…

Écrire des haïkus
qu’on ne puisse pas plus simple(s)

Dire moins, dire mieux.

Ceux qui veulent
absolument
faire preuve d’originalité
usent souvent d’artifice(lle)s !

Artifice(s), Assez !

(N’en déplaise aux « alambiquets »,)
plus c’est simple, plus c’est naturel,
plus je kiffe !

Le haïku nu !

La plus grande vertu
(dans l’écriture du haïku…) :
la simplicité,
l’absence de contorsions


ou :

la simplicité,
l’absence de contorsion(s),
le haïku nu

°

Malgré la pollution
les oiseaux aboient
– aube de mars

sur le quai
une va(tri)poteuse…
– aube de mars

°

du coin de l’oeil
(…)
(…)

°
(kyôku :)

Donner
le moins de clés possible
au haïku :
que le lecteur
trouve ses clés !

°

Nappy birthday !

°
(Kyôkus :)

d’un recueil de haïkus
le ronron 5/7/5
: somnolence inévitable !

L’imaginaire
au désservice
du haïku

le haïku sur le feu
L’huile sur le feu du haïku
Feu le haïku !

Je lis un recueil
de haïkus 5/7/5 :
l’esprit m’en tombe

Donnez-nous,
ô haïku (5/7/5)
notre ronron quotidien !

on se lasse, hélas
du 5/7/5 qui monotone
endort

Pédaler dans la somnole…

haïku 5/7/5,
haïku tsé-tsé !

le monotonneau 5/7/5 !

l’assoupissant 5/7/5

Réveillez le haïku
de son ronron
5/7/5 !

Le 5/7/5,
est-ce
« l’inertie bourgeoise » ? *

* cf Artaud, in Van Gogh le suicidé de la société, L' »Imaginaire-Gallimard, 2001, p.26.

Le haïku 5/7/5
c’est un peu comme les
« Monuments Men »
en vert caca-d’oie *

* : affiche d’un film, mars 2014.

°

Il fait sa disparition…

°

Ides * de Mars –
un Père Noël toujours en escalade
sous un balcon

* : 15 mars, mai, juillet, octobre ; 13 janvier, février, avril, juin, août, septembre, novembre, décembre (: calendrier romain)

°

D’où t’en viens-tu,
petit insecte,
où es-tu né ?
où t’en vas-tu ?
– mourir dans une goutte d’eau
de mon lavabo ?

Le minuscule insecte
n’a pas survécu
à la goutte d’eau
du lavabo

°
(Kyôku :)

5
7
5

é
cul
é

°

l’apex, l’antapex,
l’apogée, le périgée *
: heureux de mots neufs !

* : p.294 de L’Éveil des sens, du Pr. Jon Kabat-Zinn, Pocket 14424.

« Ne pensez pas…
Percevez !… »

« au-delà de la pensée,
en dessous de la pensée,
avant la pensée » *

* : p. 294, op. cit.

°

Haïkus, etc. de Py – janvier 2014

2 mars 2014

(Hiver) 2014, l’année Rameau

le nid ouvert / vers le ciel / – janvier

rhumatismes / ses silences se posent / sur mes doigts

drôles de drones : / des libellules en plastique / au-dessus des pensées / – jardins municipaux / du Nouvel An // (Vitry-s-Seine)

en bas d’un poteau / l’affiche froissée / de Zorro

après les huîtres du réveillon, / des coquilles dans ses haïkus

Monsieur Rodin, l’âme de la pierre

La nuit va s’achever : / les poubelles sont de sortie

(Kyôku au papa pâle :) / haïku de volant / à gauche, haïku de volant / à droite : papa pâle !

Jouer à haïku vole ?

haïku voletant / lourdement…

haïkus-chauves-souris / : bas de plafond ?

Arrêt indéterminé / le train a heurté / un chevreuil

sur le banc / un moineau / un moment / s’intéresse à moi // ( : Place H. Bergson, 75008 )

la veille – le matin / la pleine lune de janvier / dans un autre coin du ciel

(Ancien :) / « J’suis pas loin, / j’suis au Peyrou » / , dit-il dans le parc, à Montpellier.

réunion pédagogique – / les mains de la directrice / (volent) dans un rai de soleil

un slip sur la tête : / une culotte crânienne

une calotte crâneuse

murmur(e) : / l’écho de la pierre

murmures de rumeurs : / voilà-t-il pas / ce qu’entendent les murs ?

(cf Sept. 05):) / silence – / un mur parle / quelquefois

ces silences / si parlants ! / …

praître

invithé

une goutte pend / du nez du vieil homme / rayon primeurs

(la) musique muette / d’un trombone / sur le trottoir / ce matin

les échos liés…

répondre du tac au tic

(répondre / du tic / au tac(-le))

dans la cour de l’école / des gamins jouent / au verglas

Attention à ne rien / publier dans le train / (était-il presque écrit)

les tours d’incinération / le ciel gris

L’esquive, c’est / laisse qui veut t’attaquer / … parade

d’un hiver / à l’autre / le nid / dans l’arbre

(le nid / dans l’arbre / d’hiver / en hiver)

les pentes / absolument parallèles / du rire / des jumelles

(le même / rire / des jumelles)

la concomidanse

Le haïku spontané, un haïku de grâce.
Le haïku de tête, qui peut être (aussi / surtout ?) un haïku de pieds
(Le haïku de pieds est très souvent un haïku de tête)

(Dégonfler les baudruches du haïku !)

(RER -) / Déchéance / ô homme, qu’es-tu devenu ? / déchet / ambulance…

elle / entre dans le métro / le froid

chérisson

la vis / la vise

rond / un plastique rose / dans l’arbre d’hiver

°°°

Haïku etc. de Py – oct 13 – 2/2

20 novembre 2013

°°°

Cette grenouille *
s’appelait-elle
Lola ?

* la grenouille
de Bashô
s’appelait-elle
Lola ?

°

caracol/e
barcarolle
l’enfant
fait des cornes
(espagnoles)
au piano

(sept 12 – 16/10/13)

°

une toile d’araignée
sous le panneau
et un voyageur
attendant
le train

(Orly-ville)

°

un sens atavie ?

°

pas encore assagi = assagité (?)
ou : passagi (?)

°

un béni-non-non

un béni – ni

°

Il n’a pas d’égaux
= il est inégaulé (?)

Tout à l’égo

°

Soient deux milliards par jour
pour les troupes d’occupation françaises,
calculez le trou de la sécu

°
(Kyô- :)

Haïku énigmatique :
– quel est le sujet ?
– quel est le lien (entre les 2 rhèmes) ?

L’incongru (en haïku) :
l’haïkongru (?)

S’enfoncer dans l’abscons ?

°

Nuit de pleine lune
un train sans lumières
franchit le pont

(Orly-ville, 4h50, 21/10)

°

L’apparence – la parure

°

sur la chaise
assises-collées,
feuilles d’octobre

(Millau, 23/10)

°

plus la vie passe
plus elle semble un rêve

°

sur son T-shirt :
« HILL » *
(…) S

* colline

°

à l’UMP de Copé
le bilan du sarkozisme =
taper sur Hollande

°

Foyer de personnes âgées :

°

un haïku danse :
soleil sur un fil
d’araignée

°

À la Saint-Crépin,
des mouches est-ce la fin ?

°

25 octobre déjà :
promotion télévisuelle
du prochain Noël

°

ang-chieuse

°

caligrapluies

°

(Ancien :)

de bronze ou de chair :
la même pose
pour la photo

(Musée Rodin, 17/8/13)

°°°