Archive for the ‘printemps’ Category

Compte-rendu du 127e kukaï de Paris, du 3/6/17 :

4 juin 2017

En présence de 20 personnes, dont deux nouveaux venus : Michèle et Alain, 40 haïkus ont été échangés. 27 ont obtenu une voix ou plus :

°

Avec 5 voix :

hier la pluie –

la dernière

pour le grand pin

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis

et :

tiédeur du soir –

des tintements de verres

que l’on rentre

: Cécile Duteil.

°

Avec 4 voix :

au passage

deux grains de raisin

: Daniel Py ;

Canicule

un à un ils s’envolent

les noeuds papillon

: Patrick Fetu ;

et :

Hôtel de province

ma valise en main

face au papier peint

: Philippe Macé.

°

Avec 3 voix :

au fond

de la crème anti rides –

un sourire

: Valérie Rivoallon ;

côté passager

les traces

d’un oiseau de passage

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

jour de canicule –

une joggeuse me demande

du feu

: Minh-Triêt Pham ;

et :

Retour de vacances

les fourmis refusent

de rendre la maison

: Alain Henry.

°

Avec 2 voix :

impromptu –

au piano se mêle

la grêle sur le carreau

: Jacques Quach ;

le pigeon rejoint

son ombre

en haut du mur blanc

: Jacques Quach ;

le silence –

chut… silence

le silence

: Francis Kretz ;

Lever de soleil –

dans sa chambre d’hôpital

mon père s’éteint

: Joëlle Ginoux-Duvivier ;

L’oiseau qui chante bien

ne se fait jamais siffler.

: Pascal Lys ;

nacre du printemps –

sur une épluchure d’asperge

la mite argentée

: Annie Chassing ;

pas un chat au cimetière des chiens ~

juste un drôle d’oiseau

: Pascal Lys ;

pelouse autorisée

un couple s’ébat

dangereusement

: Philippe Macé ;

et :

Pour combien de temps

son visage d’enfant

la jeune sans-logis ?

: Patrick Fetu.

°

Avec 1 voix :

Ah, Folâtrer

de fleur en fleur

derrière le papillon

: Danièle Etienne-Georgelin ;

Ciel si lourd –

le coq de la girouette

épingle un nuage

: Joëlle Ginoux-Duvivier ;

la mère à l’E.H.P.A.D.,

allégée de tout espoir,

sourit

: Philippe Gaillard ;

le vieux saule

son ombre a caressé

les yeux de l’aveugle

: Philippe Bréham ;

Odeur des thuyas –

Les mouettes planent

aux couleurs du couchant

: Danièle Etienne-Georgelin ;

planète bleue vire au rouge

mettre Trump au vert !

: Annie Chassing ;

Pour conter fleurette

la petite fleur des champs

sauve la mise

: Alice Schneider ;

sans se poser

le flocon fond au vent –

fleur de printemps

: Francis Kretz ;

et :

soir d’été

ce bambou caresse le mur

sans le toucher

: Philippe Bréham.

°

0 voix, mais remarqués :

l’orage est passé –

ouvrir ma fenêtre

au chant du merle

: Cécile Duteil

et

Maison de retraite –

à l’heure de manger leur soupe

ils râlent en douce

: Michèle Lila Harmand.

°°°

Prochain kukaï de Paris : samedi 24 juin, 15h30, bistrot d’Eustache (75001).

Puis, dans la foulée :

lecture de haïkus (extraits de recueils publiés en 2017), par le groupe « Haïkoustics », à la librairie-galerie Pippa (6 rue Legoff, 75005) !

°°°

 

 

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Compte-rendu du kukaï de Paris n° 126

14 mai 2017

du 13 mai 2017.

En présence de 19 participants, 38 haïkus ont été échangés. 23 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus !

°

Avec 6 voix :

lettre retrouvée

de la belle écriture

le parfum envolé

: Philippe Macé ;

vieux cimetière –

mon fils parle à un arbre

et moi à une pierre

: Ben Coudert.

°

Avec 5 voix :

convalescence

dans l’herbe neuve

la saveur de chaque pas

: Jacques Quach.

°

Avec 4 voix :

Chemin de croix –

il traverse

en dehors des clous

: Ben Coudert ;

pique-nique au parc

nous étions deux mille

en comptant les fourmis

: Philippe Macé.

°

Avec 3 voix :

affiches lacérées –

poussé par le vent

le sourire d’un candidat

: Dominique Borée ;

don du sang –

autour de son cou

quelques suçons

: Minh-Triet Pham ;

un pied ou deux de côté

pour ne pas arroser

les deux violettes

: Daniel Py ;

Visite aux parents –

Deux coquelicots s’accrochent

à la pierre tombale

: Danièle Etienne-Georgelin ;

°

Avec 2 voix :

Arc de Triomphe –

un pigeon s’est pris les ailes

dans le drapeau

: Marie Barut ;

brise de printemps –

sur une crotte de chien

deux pétales de rose

: Annie Chassing ;

bulldozer –

les fleurs gisent

dans les tranchées

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

clap de fin 

le vol d’un goéland

éteint le soleil

: Patrick Fetu ;

Crépuscule –

Les joggeurs du lac

au rythme des coassements

: Danièle Etienne-Georgelin ;

Ombre de l’oiseau

on lui roule dessus

elle s’envole à temps

: Jean-Christophe Jameux.

°

Avec 1 voix :

d’une jardinière à l’autre,

des ponts de soie

: Daniel Py ;

façade 

au balcon flottent

les dessous

: Eléonore Nickolay ;

Lune d’été

est-elle aussi brillante

que celle des tranchées

: Naty Garcia Guadilla ;

Paillettes de neige

Dans ta chevelure

Te vieillissent un peu

: Leila Jadid ;

quai –

le papa apprend à faire

des scoubidous

: Valérie Rivoallon

Sur la nappe

le bouquet de pivoines

saigne

: Philippe Gaillard ;

sur la vieille souche

dressé au soleil de mai

un satyre puant *

: Annie Chassing

* Le satyre puant ou phallus impudicus est un champignon.

sur ses reins

son sac à main se balance

– fleurs d’iris

: Dominique Borée.

°

Sans voix, mais remarqués :

Le printemps

me donne des ailes

moi qui peine à marcher

: Naty Garcia Guadilla ;

Promenade matinale

Chien et maîtresse

Manteaux assortis

: Leila Jadid ;

samedi 13 –

toujours à la recherche

d’un trèfle à quatre feuilles

: Minh-Triet Pham ;

sur le banc du jardin

le livre

couvert de rosée

: Jacques Quach

swing ! crac ! ploc ! splash ! wizzz !

même les verres chantent

au bar à cocktails

: Philippe Gaillard.

°°°

Nos prochains kukaïs auront lieu les

3 juin

24 juin

puis, après les grandes vacances, les

9 septembre

14 octobre

18 novembre

et 16 décembre.

°°°

Compte-rendu du K.P. 125

23 avril 2017

17 personnes présentes à notre kukaï du 22 avril 2017

34 haïkus ont été échangés.
1 haïku a obtenu 6 voix, 2 = 5 voix, 1 = 4 voix, 3 = 3 voix, 3 = 2 voix et 13 = 1 voix.

°

 

Sans voix, mais commentés :

Des aboiements / plus loin dans la rue / – le facteur passe

: Nicolas Lemarin ;

plus / de chants d’oiseaux – / le portable siffle

: Valérie Rivoallon.

°

Avec une voix :

Cerisiers en fleurs – / sur ses mains / fleurs de cimetière

: Annie Chassing ;

Cyclamen en fleur / sur son vélo assisté / le facteur vapote

: Marie-Alice Maire ;

dans la plaine jaune / la ténacité du vieux / pommier en fleur

: Jacques Quach ;

lunettes de soleil / une larme / trahit son chagrin

: Patrick Fetu ;

marché parisien / les robes à fleurs sentent / le poisson

: Eléonore Nickolay ;

matin de printemps / notre nid enfin prêt / le chant du coucou

: Philippe Macé ;

messagères du printemps – / la radio ne crache / rien de bon

: Eléonore Nickolay ;

panneaux électoraux / derrière tous ces sourires / la même blague

: Philippe Macé ;

plage – / j’y vais à pied / et à poil

: Minh-Triet Pham ;

Quel est cet oiseau / qui reprend le chant des autres / Vaste ciel bleu

: Monique Leroux Serres ;

quelques cierges / au seui ode la morgue / marronniers en fleurs

: Annie Chassing ;

repas pascal / quelques morts se mettent / à table

: Jacques Quach ;

Soudain / zéro voiture. / Un essaim de rollers

: Philippe. Gaillard.

°

Avec deux voix :

autour / du cou du chien – / la queue du chat

: Valérie Rivoallon ;

cours de géométrie – / tracer du doigt les courbes / de son corps

: Minh-Triet Pham ;

midi / la secrétaire passe / du Mac au Big Mac

: Patrick Fetu.

°

Avec 3 voix :

Maison de retraite, / des jonquilles en photo. / C’EST LE PRINTEMPS

: Philippe Gaillard ;

Papillon de Pâques / Du minuscule sarcophage / l’immense voilure

: Monique Leroux Serres ;

Sur la ligne d’horizon / les colzas plus jaunes / que le soleil

: Marie Barut.

°

Avec 4 voix :

Bourrasque – / son éclat de rire / avale des pétales

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

Avec 5 voix :

premier muguet / glisser dans l’urne / un bulletin blanc

: Marie-Alice Maire ;

qui s’agrippe à l’autre / ce soir / de l’arbre ou du ciel ?

: Daniel Py.

°

Avec 6 voix :

Rempotage – / dans les racines de l’olivier / ma terre natale

: Christiane Ranieri.

°°°

Merci à Eléonore Nickolay et à Christiane Ranieri, pour les petites douceurs sucrées qu’elles nous ont fait partager – et à Eléonore pour les petits cadeaux aux vainqueurs : lapins de Pâques et poussins !

°

Notre prochain kukaï aura lieu le 13 mai, les suivants, les 3 et 24 juin prochain.

°°°

 

 

 

 

Compte-rendu kukai.paris n° 124

2 avril 2017

Le 1er avril 2017, le kukaï de Paris s’est réuni pour sa 124e séance. En présence de 22 participants, dont 7 « nouveaux » (: Christiane Bardoux, Olga Bizeau, Anne-Marie Joubert-Gaillard, Evelaine Lochu, Jean-Paul Gallmann, Hervé Le Gall et Philippe Macé), 44 haïkus on été échangés.

°°

14 ont obtenu 1 (une) voix :

attirance

entre deux arbres

le jardin fleurit

: Philippe Macé ;

Centenaire –

dans le plâtre

les gros pouces

de Rodin

: Jean-Paul Gallmann ;

Couleurs du marché

Arôme du pain frais

Une mendiante regarde

: Lise-Noëlle Lauras ;

Dernière lune d’hiver

Vénus couchée sur l’horizon

: Hervé Le Gall ;

ensemble

contemplant les étoiles –

deux moucherons

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

Entre Vermeer et De La Tour

« En attendant le thé » *

de Nikosan

: Dominique Durvy ;

* le titre exact de la photographie de Nikosan est : « Calme et sérénité en attendant le bol de thé ».

Femme noire dans son wax *

Aux mille couleurs –

Printemps parisien.

: Anne-Marie Joubert-Gaillard ;

* wax = tissu africain.

Frappée de soleil

la transparence aveugle

sur la vitre

: Nicolas Lemarin ;

la lune de printemps

effleure le vieux cerisier

les oiseaux chantent encore

: Marie-Alice Maire ;

La menthe infuse –

Son odeur impénétrable

Infiniment proche

: Catherine Noguès ;

N’être que soi

si petit dans la montagne

et pourtant être

: Nicolas Lemarin ;

Retour du bureau –

Les fleurs du cerisier

Sont déjà tombées. *

: Christiane Bardoux ;

* reformulé en :

Retour du bureau –

Les fleurs du cerisier

déjà tombées.

Sanisette

Scrutant la porte fermée

Bébé dans sa poussette

: Evelaine Lochu ;

un peu perdu

le seul homme

parmi les randonneurs

: Philippe Macé.

°°

9 ont obtenu 2 (deux) voix :

audition de danse –

elle s’envole sur scène

mes phalanges se croisent…

: Danièle Etienne-Georgelin ;

au jardin d’enfants,

un vélo abandonné

pour toute présence

: Philippe Gaillard ;

Gonflent le désir

et l’eau du torrent ~

Printemps

: Hervé Le Gall

mi-mars –

les arbres élagués

s’essaient à fleurir

: Valérie Rivoallon ;

Plus de cantonniers ~

Les pissenlits apprivoisent

l’angle des trottoirs

: Marie Barut ;

présidentielles –

le vent prend le journal

pour un torchon

: Valérie Rivoallon ;

°

Printemps –

Traîtrise du vent, mes primevères

chez le voisin *

: Danièle Etienne-Georgelin ;

* Sous l’impulsion de Marie-Alice Maire et de Patrick Fetu, s’il m’en souvient bien, ce haïku a été modifié pour donner, finalement :

Traîtrise du vent

mes primevères

chez le voisin.

°

sous les cerisiers

les souvenirs de la neige

s’envolent au printemps * 

: Philippe Bréham ;

* modifié en :

sous les cerisiers

les souvenirs de la neige

au printemps s’envolent

Tempête apaisée –

j’entends à nouveau le ver

du vieux meuble en bois

: Jean-Paul Gallmann.

°°

8 Avec 3 (trois) voix :

ce premier bourgeon

la vieille dame l’observe –

attentivement

: Philippe Bréham ;

devant le Fuji

le photographe

oublie la photo

: Francis Kretz ;

jacuzzi

un de ses seins

choisit la liberté

: Patrick Fetu ;

première abeille

elle butine les fleurs

du tableau

: Marie-Alice Maire ;

Salon de jardin

épousseter

l’hiver

: Patrick Fetu ;

sur le dos

de la coccinelle

des points de pluie

: Daniel Py ;

Tout le concert

dans mon oreille gauche

le chewing-gum du voisin

: Evelaine Lochu ;

Vent du sud

la paille du smoothie

se fait girouette

: Dominique Durvy.

°

1 Avec 4 (quatre) voix :

Printemps nouveau –

l’araignée tend ses fils

sur le parfum des fleurs

: Daniel Py.

°

1 avec 6 (six) voix :

brume d’avril –

le soleil déguisé

en pleine lune

: Jacques Quach.

°°°

Bravo et merci à tous les participants !

Notre prochain kukaï se tiendra le samedi 22 avril

(même lieu, même heure),

le suivant : le 13 mai.

°°°

« So Happy to see Cherry Blossoms »

27 janvier 2017

Haïkus de l’Année des Grand tremblement de terre et raz-de-marée, anthologie par Madoka Mayuzumi, Ed. Red Moon Press, 2014 :

ABE Ryûsei (11 ans, ville de Yamada, Iwate) – 48 :

Je suis si content de voir les fleurs de cerisier à pleine maturité *

ce haïku donna à Madoka Mayuzumi le titre de son anthologie : « So Happy to see Cherry Blossoms », (Haïkus de l’Année du Grand Séisme et du Grand Tsunami), Red Moon Press, 2014.

°°

AKAGAWA Seijô (86 ans, Sendai, Miyagi) – 75 :

condoléances pour le séisme même du saké doux dans le colis

°°

AMI Takao (66 ans :Sendai, Miyagi) – 62 :

La mer s’étant calmée je verse du jeune thé *

« Shincha » (« nouveau thé ») renvoie au thé cueilli à la fin du printemps et mis sur le marché au début de l’été.

°°

ARA Fumiko (91 ans : Village d’Iitate, Fukushima) – 30 :

froid printanier douloureux d’évacuer à 90 ans

– 95 :

Même pendant l’évacuation les répliques continuent jusqu’au Festival d’O-Bon

°°

ARA Kazuko (63 ans, de Minamisôma, Fukushima) – 50 :

Au quartier des affaires frappé par le désastre viennent les hirondelles

°°

EBIHARA Yuka (44 ans : Minamisôma, Fukushima) – 34 :

désastre du séisme débris empilés sur la Colline des Fleurs

– 97 :

La lumière de la pleine lune enveloppe lentement un village dépeuplé

°°

FUNAHASHI Matsuko (59 ans : Minamisôma, Fukushima) – 61 :

le train abandonné sur sa voie la pluie de mai

°°

GORAI Shôko (78 ans, Minamisôma, Fukushima) – 67 :

Evacuée la maison vide murmure de jeunes hirondelles

– 90 :

A Tanabata * « Je veux maman » dit un enfant de victimes

* Tanabata, un des cinq festivals sacrés du Japon.

G.S : « Un garçon de quatre ans qui perdit ses parents dans le raz-de-marée dit « Je veux maman », quand on lui demanda quels étaient ses souhaits pour les parures de Tanabata. »

°°

HATTORI Nami (64 ans, Shiogama, Miyagi) – 17 :

Panne dans la cuisine seule une lune trouble

°°

HAYANO Kazuko (81 ans, ville d’Iwaizumi, Iwate) – 101 :

ville natale près de la plage après tout de nouvelles pommes de pin

°°

HIRAMA Chikuhô (89 ans, ville de Shibata, Miyagi) – 82 :

sous le soleil brûlant un bateau flotte sur un monceau de débris

°°

HOSHIZORA Maiko (18 ans, Kesennuma, Miyagi) – 111 :

l’année qui s’achève cette année je n’ai que trop pleuré

°°

KAWABATA Michiko (80 ans, Ishinomaki, Miyagi) – 92 :

au pays des séismes des voix allègres pleines de soleil automnal

°°

KIKUTA Tôshun (84 ans, Kesennuma, Miyagi) – 110 :

en récupération dans un camp provisoire le saké est chaud

°°

KOIDE Toshie (75 ans, Minamisôma, Fukushima) – 108 :

enroulant un enfant dans une seule couverture la nuit du raz-de-marée

– 58 :

Les hirondelles n’ont pas oublié la maison endommagée

°°

KOIKE Michiko (41 ans, de Miyako, Iwate) – 43 :

amassant la boue à la pelle rejetant la boue à la pelle lueur du soir de printemps

°°

KONNO Eiko (69 ans, Fukushima, Fukushima) – 70 :

emporté un bateau de pêche reste là dans le champ estival

°°

KÔRI Ryôko (77 ans, Minamisôma, Fukushima) – 71 :

à Fukushima les humains ne peuvent plus vivre les herbes prospèrent

°°

MIYAKI Mieko (63 ans, Minamisôma, Fukushima) – 68 :

Evacués mère et fils sortent voir les lucioles

°°

MORI Mikiko (40 ans, Kesennuma, Miyagi) – 98 :

Sur le pays dévasté la lumière de la lune brille franchement

°°

OKADA Akiko (78 ans, de Tagajô, Miyagi) – 44 :

comme en rampant une autre réplique arrive dans l’obscurité printanière

°°

ÔMIKA Chieko (85 ans, Minamisôma, Fukushima) – 100 :

Avec le désastre difficile à cerner le froid qui s’insinue

°°

SAITÔ Kazuko (82 ans, de Sendai, Miyagi) – 52 :

en moi les répliques sont venues habiter profond printemps

°°

SAITÔ Keisui (77 ans, ville de Yamamoto, Miyagi) – 40 :

Il ne reste que des débris dans ma ville natale la montagne sourit *

* Le mot de saison, « yama warau », « la montagne rit », « la montagne sourit » désigne le printemps. Il provient de la première ligne d’un poème chinois écrit par le peintre « de montagne et d’eau » Guoxi (1023-1085) :
la montagne de printemps est simple-sensuelle, comme si elle souriait **

(…)

** Le caractère chinois pour « rire », « sourire », signifie également « fleurir ».
N.B. : Nombre de kigos japonais proviennent du chinois (voir aussi un article récent sur https://haicourtoujours.wordpress.com/, à ce sujet).

°°

SAKAKIBARA Kôji (35 ans, Morioka, Iwate) – 115 :

dans un port alignés pour une prière silencieuse le Premier jour de Travail

°°

SATÔ Isao (69 ans : village de Noda, Iwate) – 63 :

resté maintenant seul, cette brise odorante

– 107 :

se regroupant autour de lampes provisoires l’hiver commence

°°

SATÔ Kuniko (79 ans, Minamisôma, Fukushima) – 16 :

les vagues du printemps en partant avalent mon village

°°

SATÔ Nobuaki (77 ans, Iwanuma, Miyagi) – 74 :

Tenant un pot de roses elle déménage dans une maison de fortune

°°

SHIGA Atsuko (78 ans, Minamisôma, Fukushima) – 27 :

Où je suis venue fuir les radiations les pissenlits jaunes

°°

SHIGA Hideki (81 ans, village de Kawauchi, Fukushima) – 65 :

un seul pin dans le raz-de-marée du siècle debout, vert

°°

TAKAE Sueko (77 ans, Minamisôma, Fukushima) – 89 :

les rails d’acier de la ligne désaffectée rouillant : vulpins *

queues de renard.

°°

TAKAHASHI Aiko (83 ans, Minamisôma, Fukushima) – 94 :

Père Mère au travers de violents séismes je lave leur tombe

°°

TAKANO Mutsuo (64 ans, ville de Tagajô, Miyagi) – 45 :

sur la quille du bateau retourné les fleurs de cerisier n’arrêtent pas

°°

YOKOTA Kiichi (83 ans, village de Kawauchi, Fukushima) – 93 :

Pour Tanabata je souhaite seulement que l’évacuation soit suspendue

°°

YOSHIDA Keiko (70 ans, ville de Shibata, Miyagi) – 51 :

Les cerisiers fleurirent et se dispersèrent avec les enfants qui ne reviendront pas

°°

YOSHINO Hiroko (38 ans, ville de Namie, Fukushima) – 15 :

froid printanier et la maison et la voiture emportées

°°°

Pierre-Emile Durand, 2/ , in

26 août 2016

Le Japon des 4 saisons, éd du Carabe, 1998. (Extraits)

°

Le chauffeur de taxi qui admire l’instinct de l’homme (pp. 101-2) :

Profitant de l’éphémère beauté du naturel rendez-vous, les Japonais se regroupent sous l’immaculée floraison (…) C’est ainsi que les Japonais communient avec la source sacrée qu’est la nature, vitale et purificatrice à la fois.

°

Le sourire de l’homme ruiné (pp. 105-6) :

La notion de personne varie considérablement d’une civilisation à une autre et, au Japon, je suis l’autre de lautre. 

La langue française marque le sujet par le seul je; le sujet reste identique et unique, dans quelque circonstance que ce soit et face à n’importe quel interlocuteur. Défini indépendamment de la situation et de l’action qu’il va entreprendre, invariant et individualisé , le sujet occidental est le point de départ de la relation.
Par contre la langue japonaise recourt à un large ensemble de possibilités qui désignent avant tout les rôles mutuels des interlocuteurs, leurs rangs hiérarchiques, c’est-à-dire en réalité la relation que le sujet entretient avec son interlocuteur. La différence d’âge ou de position sociale, le sexe, le degré d’intimité… vont intervenir pour ainsi faire varier l’identité japonaise, par définition inexistante sans relation, indéfinie et ouverte. Face à l’ego occidental, le soi japonais est l’alter de l’alter.

°

Dans la foule un masque blanc (pp. 110-1) :

Le Japonais est avant tout membre d’une collectivité et le Français a bien des difficultés à prendre la mesure de la constante contextualisation de son comportement.

°

La couleur des pins (pp. 116-8) :

Vivant dans un espace exigu et menant une vie trépidante, il (le Japonais) mesure peut-être encore plus qu’avant le luxe que représentent un espace vide et un temps retrouvé.
Îlots de richesse intérieure où règnent encore harmonie, pureté et sérénité, les grandes traditions restent vivaces car c’est là que le Japonais retrouve encore le mystère spirituel du dépouillement. Redécouverte du vide de l’espace et de la lenteur du temps

(…)

Le Japon moderne vit dans ce que le grand architecte contemporain Maki Fumihiko a appelé l’anarchie progressive, irrationalité et aléatoire étant les deux conditions d’un dynamisme constamment renouvelé.

(…)

Pourtant, à l’aube du troisième millénaire, le beau koan du maître zen imprègne encore profondément l’âme japonaise et le regard qu’elle porte sur l’immuabilité de l’essentiel :

les pins n’ont de couleur

ni ancienne

ni moderne

°

(à suivre…)

 

Compte-rendu du kukaï de Paris 113 :

22 mai 2016

En présence de notre amie invitée d’honneur Jeanne Painchaud, du Québec, de passage en France, nous étions 18 participants à notre réunion de samedi dernier.

Après un tour de table pour nous présenter, Jeanne nous a parlé de son parcours de haïkiste, et de ses ouvrages, dont le dernier, qu’elle avait apporté, et qui a recueilli un franc succès :

Découper le silence (Regard amoureux sur le haïku), éditions Somme toute, Montréal (QC), 2015,

qui, selon ses propres paroles, est le livre qu’elle aurait voulu pouvoir lire, quand elle a débuté dans le haïku. J’en extrais le haïku inspiré par son fils (haïku qui « appartient » à son premier recueil de haïkus : Je marche à côté d’une joie (première édition : Les heures bleues, 1997; deuxième édition : éd. de L’instant même et éd.Les 400 coups, 1997.) :

Ta petite question

Au-dessus de mon livre:

« tu lis le blanc ou le noir? »

°

Puis nous avons procédé à notre « kukaï » proprement dit, où trente-neuf haïkus ont été échangés. Vingt-sept d’entre eux ont obtenu une voix ou plus.

°°°
Avec quatre (4) voix :

Par la porte ouverte

Un peu de lumière

sur la lumière

: Monique Leroux Serres;

rosée matinale –

le chat a l’air

de marcher pieds-nus

: Antoine Gossart;

trop petites ses mains

pour tant de coquillages

: Patrick Fetu;

vent du large –

il déploie ses ailes

l’oiseau de papier

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis.

°

Avec 3 (trois) voix :

petit déjeuner –

la vie retrouve

un goût de miel

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

sommeil flottant

les canards immobiles

posés en plein ciel

: Antoine Gossart;

tombes oubliées –

leurs noms lus

à voix haute

: Michel Duflo.

°

Avec deux (2) voix :

bruit feutré

des roues de la poussette

dans les pétales du cerisier

: Lucia Dinga-Supova;

dernier métro

la nuit plus intense

le regard des hommes aussi

: Jeanne Painchaud;

pleine lune

poches vides

des soirs comme ça

: Jeanne Painchaud;

ses larmes

elle les garde pour les pierres –

une fourmi s’abreuve

: Valérie Rivoallon;

sur la photo

déchirée une jeune fille

inconnue – ma mère

: Jacques Quach;

sur Skype

un ami mort

déconnecté

: Martin Dinga;

tableau –

l’air penché

du contrebassiste

: Daniel Py;

un lézard veille

sur la pierre tiède

le temps immobile

: Nicolas Lemarin;

vue panoramique –

sur 180 degrés

le brouillard

: Michel Duflo;

°

Avec 1 (une) voix :

ces quatre feuilles rouges

gardent en silence

le souvenir de l’automne

: Philippe Bréham;

couloir d’hôpital

à la chambre douze –

un air d’opéra

: Jacques Quach;

envie pressante –

plus accessible que jamais

le mur Facebook

: Minh-Triêt Pham;

Fraises matinales –

Les petits avalent 

avec gouttes de rosée.

: Hiro Hata;

Légère brise

De pétales de cerisier

baptisée

: Monique Leroux Serres;

L’ombre du mûrier

au pas du soleil couchant

rejoint le muret

: Nicolas Lemarin;

Pissenlit –

J’ai hésité avant de choisir

toute seule.

: Hiro Hata;

porte cochère

deux amoureux

ne font plus qu’un

: Patrick Fetu;

Rafale de vent

entre les pâquerettes

neige de pétales

: Marie-Alice Maire;

Sur sa manche

un pétale de cerisier

le SDF mendie

: Marie-Alice-Maire;

un homme souriant

apporte six parapluies

au cimetière

: Daniel Py.

°°°

Bravo et merci à toutes et tous (et à Jeanne d’avoir accepté notre invitation, et de nous avoir gratifié de moments très chaleureux et enrichissants)!

Notre prochain kukaï aura lieu samedi 11 juin, le week-end même du Marché de la Poésie, place Saint-Sulpice, à Paris.

°°°

 

 

 

 

 

 

Vendredi 20 mai à la librairie Pippa, 14-19h.

19 mai 2016

Bonjour!

Demain, vendredi 20 mai, rendez-vous à la librairie-galerie Pippa, 25 rue du Sommerard, 75005 (M° Cluny-La Sorbonne) à partir de 14 heures (et jusqu’à 19 h)

en présence de Brigitte Peltier, notre hôtesse, la poétesse québécoise Jeanne Painchaud, votre serviteur, Laurent (Seegan) Mabesoone par Skype – du Japon, et vous-mêmes!

Jeanne Painchaud fera une présentation-vente-signature de son dernier ouvrage sur le haïku : Découper le silence, Regard amoureux sur le haïku, éd. Somme toute, Montréal 2015;

j’aurai l’honneur de présenter les Haikus sur les chats de Kobayashi ISSA, choisis , présentés et traduits du japonais classique par Seegan (Laurent) Mabesoone, qui pourra nous en entretenir également par écrans (skype) interposés, depuis le Japon, où il réside, en début de séance le plus probablement  (vu le décalage horaire entre nos deux pays!). L’éditrice en est, évidemment, Brigitte Peltier (éditions Pippa), et l’ouvrage en est tout récent (2016).

Nous vous y espérons, évidemment, nombreux!

Merci d’avance!

D.

 

 

 

 

 

Kukaï de Paris #113, samedi 21 mai 2016

19 mai 2016

Bonjour!

Notre 113è kukaï de Paris aura lieu samedi 21 mai (après-demain!) à 15 heures au bistrot d’Eustache, 37 rue Berger, 75001 Paris.
Notre amie québécoise Jeanne Painchaud en sera l’invitée d’honneur.
Elle nous présentera son dernier ouvrage : Découper le silence, Regard amoureux sur le haïku, éd. Somme toute, Montréal 2015.

 

à samedi!

 

D.

 

 

 

Yosano Akiko (Hô Shô)(f)(1878-1942) par Makoto Ueda

8 mai 2016

in Modern Japanese Tanka, pp. 43-48 (Extraits) :

Yosano Akiko (Hô Shô), 1878-1942.

°°°

chacune avec la forme

d’un petit oiseau doré

des feuilles de ginkgo

dans le soleil du soir

volètent en bas d’une colline

dites-leur

qu’elle apprécie la vue

de la lune

une robe de gaze rose

couvrant à peine son corps

la terre a l’air

d’une magnifique

fleur de lotus

comme le soleil se lève

sur le paysage enneigé

l’aster

a fleuri

son pourpre pâle

comme la couleur de la fumée

s’élevant de ma rêverie

évanescente

comme le blanc pâle

des fleurs de cerisier

épanouies dans les arbres

ma vie ce jour de printemps

°°°

(tr. de l’anglais : D. Py)