Archive for the ‘Québec’ Category

Compte-rendu du 132e kukaï de Paris

3 décembre 2017

le 2 décembre 2017, au Bistrot d’Eustache. En présence de 22 participants, dont notre invitée d’Honneur, du Québec, Jeanne Painchaud, qui nous a présentés ses deux derniers ouvrages (pour la jeunesse) :

ABC MTL, illustré de photos de Bruno Ricca, Editions Les 400 Coups, Montréal, 2017 ;

Hochelaga mon quartier, Poèmes d’écoliers montréalais, accompagnés par Jeanne Painchaud & Cie, 2015.

44 haïkus ont été partagés. 32 d’entre eux ont obtenu une voix ou plusieurs :

°

Avec 6 voix :

au magasin d’armes

des guirlandes de Noël

autour des fusils

: Philippe Gaillard.

°

Avec 5 voix :

kukaï de Noël –

les barbes ont poussé

: Antoine Gossart

°

Avec 4 voix :

devant la barrière

hypnotisé par la neige

mon père

: Philippe Macé ;

Sur la pelouse

Le rire des citrouilles

: Christiane Bardoux.

°

Avec 3 voix :

apéro au marché

les courses le tiennent

en équilibre

: Philippe Gaillard ;

dans l’âtre

les aurores boréales

du premier feu

: Daniel Py ;

décos de Noël –

les nouvelles boucles d’oreilles

de la mairesse

: Michel Duflo ;

Théâtre en plein air

Notre meilleur public…

Les vaches

: Leila Jadid.

°

Avec 2 voix :

à mon petit-fils

les histoires de Noël

de ma grand-mère

: Patrick Fetu ;

départementale…

le feu des feuillages

flotte sur la brume

: Najat Aguidi ;

des notes de trompette

sous les lampadaires

la pluie orangée

: Cécile Duteil ;

feu de bois –

dans le jardin l’odeur

des hivers d’avant

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

flocons sur la friche

plus blanche la fleur d’ortie

: Annie Chassing ;

le vieux saule

son ombre a caressé

les yeux de l’aveugle

: Philippe Bréham ;

pluie de décembre

dans la rigole s’écoule

le restant de l’année

: Eléonore Nickolay ;

rafale de vent –

une troupe de feuilles affolées

traverse le hameau

: Antoine Gossart ;

Rendez-vous

Les battements de mes pas

Font briller le quai

: Christiane Bardoux ;

si vieux l’étang –

le saule pleureur lui peint

des rides

: Patrick Fetu ;

village assoupi –

le sans-gêne

d’une débroussailleuse

: Michel Duflo.

°

Avec 1 voix :

Billes d’enfance

roulent dans ma mémoire

le temps pour cible

: Nicolas Lemarin ;

champ d’astéroïdes –

sous les flocons il se rêve

faucon millenium

: Ben Coudert ;

Coucher automnal –

Les calligraphies oranges

des fientes de pigeons

: Danièle Etienne-Georgelin ;

échec scolaire –

une ombre au tableau

: Ben Coudert ;

éphéméride –

les pages blanches

des jours d’après

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

fin de soirée d’anniversaire –

une table de sexagénaires

penchés sur leurs écrans tactiles

: Daniel Py ;

La boule de sapin

au prix d’une chambre d’hôtel

Je la repose

: Monique Leroux-Serres

L’arbre s’étire

voyageur immobile

passager du vent

: Nicolas Lemarin ;

rue Montorgueil

avec le sans-abri

un air de famille

: Najat Aguidi ;

soir d’été

le bambou caresse le mur

sans le toucher

: Philippe Bréham ;

tant de façons

de dire non

au mendiant du métro

: Jacques Quach ;

un oiseau sur le toit

l’aube estompe

le bleu sur les murs

: Cécile Duteil ;

visite au zoo

même enfermés

leur pas libre

: Jacques Quach.

°

Et en prime, le haïku de Monique Leroux Serres, composé à mon intention, pour ce dernier kukaï fort chaleureux – en particulier à mon égard ! Merci tous les amis ! – :

Les cheveux en bataille

du haijin récalcitrant

°

La nouvelle équipe d’animateurs (Eléonore Nickolay, Michel Duflo et Patrick Fetu) proposent les prochains kukaïs en 2018 aux dates suivantes :

20 janvier

17 février

24 mars

21 avril

26 mai

et

16 juin.


Le lieu vous sera communiqué ultérieurement ! (en espérant le Bistrot du Jardin, au 33 rue Berger, 75001)

°

Nous vous souhaitons à tous de belles fêtes de fin d’année !

°

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Compte-rendu du 131e kukaï de Paris

18 novembre 2017

En présence de 25 participants, 50 haïkus ont été partagés. 31 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus :

°

Avec 6 voix :

quartier latin

nos visages

ont bien changé

: Philippe Macé

°

Avec 5 voix :

le vieux globe-trotter

ses pas traînant jusqu’à

la mappemonde

: Eléonore Nickolay ;

matin d’automne

la forêt s’éveille

à coups de fusil

: Philippe Gaillard.

°

Avec 4 voix :

ses fleurs dépotées

le sourire de la voisine

rentre pour l’hiver

: Eléonore Nickolay ;

Terrain vague –

quelques flaques dispersent

le ciel d’automne

: Najat Aguidi.

°

Avec 3 voix :

bar-brasserie –

l’averse efface

le menu du jour

: Dominique Borée ;

Bercement des cèdres

La porte s’ouvre

Nuit d’équinoxe

: Dominique Durvy ;

cambriolé –

en caleçon

et en colère

: Minh-Triêt Pham ;

L’automne…

chaque jour un peu plus

près du ciel

: Najat Aguidi ;

maison de famille

pièce par pièce

elle décroche les images

: Jacques Quach ;

moustique au théâtre

applaudissements

imprévus

: Philippe Gaillard ;

Première mandarine

Envie de chocolat

et de neige

: Monique Leroux-Serres ;

Quai de gare ~

Dans les têtes

Tant de mondes

: Hervé Le Gall ;

vent d’automne

elle demande

qu’on lui raconte sa vie

: Jacques Quach.

°

Avec 2 voix :

dans le soir

froid dans le dos –

le vent invente des formes

: Françoise Gabriel ;

Devant le mendiant –

urgence

de regarder ses pieds

: Alain Henry ;

EHPAD

après chaque visite

tant de questions

: Patrick Fetu ;

morte saison

dans les moules à sable

de la poussière

: Annie Chassing ;

nid de poule –

le salto avant

de la cycliste

: Michel Duflo ;

salto arrière –

Par retomber sur ses pieds

Il finit toujours

: Anne-Marie Joubert-Gaillard ;

sur sa pancarte

« chasse réservée »

la buse

: Daniel Py.

°

Avec 1 voix :

beaujolais nouveau –

le poivrot vante les mérites

des WC turcs

: Michel Duflo ;

brume du matin

le marais fume au soleil

– moi de même

: Alice Schneider ;

caresser le chat

– rien d’autre

: Valérie Rivoallon

°

chemin d’automne –

il y a laissé des plumes

l’oiseau

: Dominique Borée ;

des miettes

sur la table –

les moineaux se taisent

: Valérie Rivoallon ;

écouteurs –

à ses hochements de tête

ce n’est pas un slow

: Jean-Paul Gallmann ;

Manteau d’hiver –

Le portefeuille vidé

De ses illusions

: Hervé Le Gall ;

odeur d’encaustique –

sur la toile cirée

le vase ébréché

: Patrick Fetu ;

parvis d’hôpital –

entrée en jeans troué

ressortie pareil

: Jean-Paul Gallmann ;

Sous la neige

la Loire avale les flocons –

Explosion de silence…

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

Notre prochain kukaï aura lieu au Bistrot d’Eustache, samedi 2 décembre, à 15 h 30, en présence de notre invitée d’honneur Jeanne Painchaud (Québec).

°

 

 

 

Compte-rendu du 129e kukaï de Paris

10 septembre 2017

du 9/9/17. En présence de Janick Belleau, notre invitée d’Honneur (Québec), de Martine Gonfalone, (ex-présidente de l’AFH – 2010-16), de Pasquale Noizet, nouvelle venue, soit de 28 (!) participants au total – record battu ! – , 56 haïkus ont circulé, 36 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus :

°

Avec neuf (9) voix :

nouveaux voisins

des bulles de savon

traversent la clôture

: Christiane Ranieri.

°

Avec huit (8) voix :

Fin du marché

le marchand de collants

remballe ses jambes

: Monique Junchat.

°

Avec quatre (4) voix :

fin d’orage

elle ouvre sa fenêtre

au chant du merle

: Cécile Duteil ;

herbe jaunie

dans les yeux du chat

la lassitude

: Danièle Duteil ;

papillon –

le chat vole

pour l’attraper

: Valérie Rivoallon ;

Paris by night –

Les gouttes de pluie du pare-brise

passent au vert

: Daniel Etienne-Georgelin.

°

Avec trois (3) voix :

dans le sens des retours

les têtes noires

des tournesols

: Eléonore Nickolay ;

En jachère

le champ est plein

d’imagination

: Monique Junchat ;

Sous le ciel plombé

une voix de jeune fille

« Toi, ta gueule ! »

: Danièle Duteil ;

vieux cimetière –

entre deux stèles

l’ombre d’une poussette

: Minh-Triêt Pham.

°

: soit 9 haïkus féminins au 10 premières places ! Bravo les filles !

°

Avec deux (2) voix :

canicule chez le coiffeur –

une pluie rafraîchissante

de cheveux blancs

: Antoine Gossart ;

don à Emmaüs –

dans la veste de mon père

des pièces d’un franc

: Philippe Macé ;

la vieille carcasse –

une jolie bergère

pour l’ami tapissier

: Jacques Quach ;

mariage au Louvre –

le sourire de la mariée

énigmatique

: Philippe Macé ;

Nouée d’herbes folles

la borne moussue

n’indique plus rien

: Nicolas Lemarin ;

nuit d’été

une chouette se mêle

de nos bavardages

: Eléonore Nickolay ;

paix en montagne –

seule la radio témoigne

du chaos du monde

: Antoine Gossart ;

Plage – le soir

Jeux d’enfant et de lumière

dans les éclaboussures

: Monique Leroux Serres

Rêve de Maldives –

Seule dans le couloir bleu

De la piscine

: Christiane Bardoux ;

sous le noyer

les fourmis la croient morte

– fin de l’été

: Valérie Rivoallon ;

Tango !

Un petit paradis

Sur pieds

: Catherine Noguès ;

Zen en Avignon

les cigales récitent

leur mantra

: Philippe Gaillard.

°

Avec une (1) voix :

Bientôt l’automne

Le vent emporte les feuilles

Et mes rêves…

: Leila Jadid ;

braver les épines –

tendues vers les mûres

ses petites mains

: Michel Duteil ;

Couché dans l’herbe

Son sourire de paille

Ecarte les nuages

: Catherine Noguès ;

crématorium

les larmes de joue en joue

: Patrick Fetu ;

échangistes

sur le pont du bateau

couples de photographes.

: Marie-Alice Maire ;

Foudroyé –

Le côté mort soutient

les branches aux prunes

: Danièle Etienne-Georgelin ;

jour anniversaire –

il enflamme ma crêpe

et mon coeur

: Christiane Ranieri ;

le ciel

carré entre les tours

pour l’infini – l’oiseau

: Lise-Noëlle Lauras ;

Manège bâché

quelques flaques de pluie

l’enfant boude

: Nicolas Lemarin ;

mouette railleuse –

descendant les ruelles blanches

le bleu du soir

: Cécile Duteil ;

plage naturiste –

se cacher derrière

ses lunettes de soleil

: Minh-Triêt Pham ;

Seul regard de réconfort

Celui de la statue…

: Leila Jadid ;

soir d’été

le bruissement des blés glisse

sur le silence

: Philippe Bréham ;

Sur le canapé

deux brindilles argentées –

du chat les vibrisses

: ?

°

Après l’introduction « bio-biblio-graphique » de Janick, de Martine, de Pasquale, différents ouvrages ont été présentés dont certains de Janick Belleau et de Danièle Duteil, de Christiane Ranieri, de Valérie Rivoallon, de Minh-Triêt Pham, de Patrick Fetu, de Daniel Py et du kukaï de Paris (: 2 anthologies, 2010, 2014).

Christiane Ranieri nous fit part du premier kukaï alsacien (co-organisé par Jean-Paul Gallmann), qui aura lieu les 20 et 21 octobre prochain – Si vous êtes intéressé(e), rapprochez-vous d’elle pour les détails et modalités !

Pasquale Noizet nous a distribué un dépliant pour les Portes Ouvertes des artistes de Ménilmontant (dont elle fait partie, en tant que peintre) qui se tiendra entre le 29 septembre et le 2 octobre.

Notre amie peintre-plasticienne Véronique Arnault (absente au kukaï) nous avait fait part de son exposition « Promenade avec Jean Monnet » (« fondateur de l’Europe ») du 15 septembre au 12 octobre, à la Maison Jean Monnet de Bazoches sur Guyonne (78), avec le vernissage le samedi 16 sept. 2017, de 17h à 20 h. S’inscrire auprès d’elle sur https://jean-monnet.fr/.

Nos prochains kukaïs auront lieu les samedis :

14 octobre 2017

18 novembre

2 décembre (en présence de Jeanne Painchaud, du Québec.)

°

 

Compte-rendu du 128e kukaï de Paris

25 juin 2017

du 24 juin 2017, au Bistrot du Jardin (33 rue Berger, 75001).

En présence de 18 personnes, 34 haïkus ont été échangés. 23 ont obtenu une ou plusieurs voix : 3 à 4 voix, 9 à 3 voix, 4 à 2 voix et 7 à 1 voix.

°

Avec 4 voix :

métro bondé –

la mouche affolée

cherche une place

: Philippe Macé ;

son sourire 

d’une oreille à l’autre

– mousse au chocolat

: Patrick Fetu ;

un tour chez IKEA –

meubler le vide

d’un dimanche

: Philippe Macé.

°

Avec 3 voix :

entre les deux rosiers blancs

un papillon blanc ?

: Daniel Py ;

Jour d’été –

un coquelicot s’enracine

à la grille d’égout

: Danièle Etienne-Georgelin ;

le bleu du lin

caresse

le bleu du ciel

: Philippe Gaillard ;

le bruit sombre du clapot

cendres dispersées

: Patrick Fetu ;

merle en silhouette

le choeur de l’aube

entonne le jour

: Eléonore Nickolay ;

Métro du soir

L’odeur du lilas

Répand des sourires

: Christiane Bardoux ;

polar –

sur la page du crime

une tache de vin

: Minh-Triêt Pham ;

rappel de paiement

le sourire du facteur –

gratuit

: Eléonore Nickolay ;

sentier fleuri –

deux chiens se reniflent

le derrière

: Michel Duflo.

°

Avec 2 voix :

deux cyprès penchés

tendrement vers la lune

écoutent un piano

: Philippe Bréham ;

fête médiévale –

toujours sur sa tablette

le chevalier

: Minh-Triêt Pham ;

sous la canicule

les jardins morts de soif

les migrants aussi

: Annie Chassing ;

une feuille vert tendre

de plus à l’arbuste…

une aile de papillon

: Marie-Alice Maire.

°

Avec 1 voix :

Canicule –

Le chat tire un maillot humide

de l’étendoir

: Danièle Etienne-Georgelin ( – « retravaillé ».)

dans le mauve 

du bougainvillier

déjà l’été

: Michel Duflo ;

dans son esprit

le temps

ramassé

: Valérie Rivoallon ;

fête de la musique –

l’aube

sans le merle

: Annie Chassing ;

Jacquemart-André

Les Vénitiens de Tiepolo

Etudient le menu

: Dominique Durvy ;

jardin de ville

le gendarme joue

à saute-mouches

: Marie-Alice Maire ;

pluie torrentielle –

abritée sous le ceiba

l’araignée sous moi

: Valérie Rivoallon.

°

Nous remercions Annie Chassing de nous avoir confectionné – et distribué des grenouilles en origami !

Nous saluons Ben Coudert, venu au début de notre séance nous présenter son premier (et dernier) né : La revanche des petits riens, Ed. Unicité, 2017.

D’autres recueils ont été présentés :

Entre Ciel et Mer, de Patrick Fetu (Ed. Unicité),

Alsace-Vietnam, de Christiane Ranieri et Minh-Triêt Pham (Ed. Unicité),

Haïku, vol. 1 (« La Culture Orientale ») de R.H. Blyth, traduit en français par D. Py (Ed. Unicité.)

Passion Haïku et Horizon Haïku, deux anthologies contemporaines de haïku, Ed. Pippa (2017).

°

Certains d’entre nous sommes enduites allés à la librairie Pippa, pour une lecture par le groupe « Haïkoustics » (en l’occurrence Valérie Rivoallon et Philippe Gaillard) de haïkus de recueils publiés (ou republiés) en 2017 : En plus d’extraits d’Alsace-Vietnam et d’Entre Ciel et Mer mentionnés plus haut, ont été lus certains de Bulles de Musique de D. Py (Ed. Pippa, 2013, 2017) et de Les Haïkus de la Corde à linge (Dir. Danièle Duteil) de la revue Rivalités (Québec), janv. 2017.

°

Nos prochains kukaïs auront lieu les :

9 septembre 2017

(en présence de Janick Belleau et Danièle Duteil, qui présenteront leur recueil de « tankas doubles » : de Villes en Rives, Ed. du tanka francophone, fév. 2017.)

14 octobre

18 novembre

16 décembre.

°

Merci ! Et bel été à tous !

°°°

Compte-rendu du kukaï de Paris 113 :

22 mai 2016

En présence de notre amie invitée d’honneur Jeanne Painchaud, du Québec, de passage en France, nous étions 18 participants à notre réunion de samedi dernier.

Après un tour de table pour nous présenter, Jeanne nous a parlé de son parcours de haïkiste, et de ses ouvrages, dont le dernier, qu’elle avait apporté, et qui a recueilli un franc succès :

Découper le silence (Regard amoureux sur le haïku), éditions Somme toute, Montréal (QC), 2015,

qui, selon ses propres paroles, est le livre qu’elle aurait voulu pouvoir lire, quand elle a débuté dans le haïku. J’en extrais le haïku inspiré par son fils (haïku qui « appartient » à son premier recueil de haïkus : Je marche à côté d’une joie (première édition : Les heures bleues, 1997; deuxième édition : éd. de L’instant même et éd.Les 400 coups, 1997.) :

Ta petite question

Au-dessus de mon livre:

« tu lis le blanc ou le noir? »

°

Puis nous avons procédé à notre « kukaï » proprement dit, où trente-neuf haïkus ont été échangés. Vingt-sept d’entre eux ont obtenu une voix ou plus.

°°°
Avec quatre (4) voix :

Par la porte ouverte

Un peu de lumière

sur la lumière

: Monique Leroux Serres;

rosée matinale –

le chat a l’air

de marcher pieds-nus

: Antoine Gossart;

trop petites ses mains

pour tant de coquillages

: Patrick Fetu;

vent du large –

il déploie ses ailes

l’oiseau de papier

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis.

°

Avec 3 (trois) voix :

petit déjeuner –

la vie retrouve

un goût de miel

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

sommeil flottant

les canards immobiles

posés en plein ciel

: Antoine Gossart;

tombes oubliées –

leurs noms lus

à voix haute

: Michel Duflo.

°

Avec deux (2) voix :

bruit feutré

des roues de la poussette

dans les pétales du cerisier

: Lucia Dinga-Supova;

dernier métro

la nuit plus intense

le regard des hommes aussi

: Jeanne Painchaud;

pleine lune

poches vides

des soirs comme ça

: Jeanne Painchaud;

ses larmes

elle les garde pour les pierres –

une fourmi s’abreuve

: Valérie Rivoallon;

sur la photo

déchirée une jeune fille

inconnue – ma mère

: Jacques Quach;

sur Skype

un ami mort

déconnecté

: Martin Dinga;

tableau –

l’air penché

du contrebassiste

: Daniel Py;

un lézard veille

sur la pierre tiède

le temps immobile

: Nicolas Lemarin;

vue panoramique –

sur 180 degrés

le brouillard

: Michel Duflo;

°

Avec 1 (une) voix :

ces quatre feuilles rouges

gardent en silence

le souvenir de l’automne

: Philippe Bréham;

couloir d’hôpital

à la chambre douze –

un air d’opéra

: Jacques Quach;

envie pressante –

plus accessible que jamais

le mur Facebook

: Minh-Triêt Pham;

Fraises matinales –

Les petits avalent 

avec gouttes de rosée.

: Hiro Hata;

Légère brise

De pétales de cerisier

baptisée

: Monique Leroux Serres;

L’ombre du mûrier

au pas du soleil couchant

rejoint le muret

: Nicolas Lemarin;

Pissenlit –

J’ai hésité avant de choisir

toute seule.

: Hiro Hata;

porte cochère

deux amoureux

ne font plus qu’un

: Patrick Fetu;

Rafale de vent

entre les pâquerettes

neige de pétales

: Marie-Alice Maire;

Sur sa manche

un pétale de cerisier

le SDF mendie

: Marie-Alice-Maire;

un homme souriant

apporte six parapluies

au cimetière

: Daniel Py.

°°°

Bravo et merci à toutes et tous (et à Jeanne d’avoir accepté notre invitation, et de nous avoir gratifié de moments très chaleureux et enrichissants)!

Notre prochain kukaï aura lieu samedi 11 juin, le week-end même du Marché de la Poésie, place Saint-Sulpice, à Paris.

°°°

 

 

 

 

 

 

Vendredi 20 mai à la librairie Pippa, 14-19h.

19 mai 2016

Bonjour!

Demain, vendredi 20 mai, rendez-vous à la librairie-galerie Pippa, 25 rue du Sommerard, 75005 (M° Cluny-La Sorbonne) à partir de 14 heures (et jusqu’à 19 h)

en présence de Brigitte Peltier, notre hôtesse, la poétesse québécoise Jeanne Painchaud, votre serviteur, Laurent (Seegan) Mabesoone par Skype – du Japon, et vous-mêmes!

Jeanne Painchaud fera une présentation-vente-signature de son dernier ouvrage sur le haïku : Découper le silence, Regard amoureux sur le haïku, éd. Somme toute, Montréal 2015;

j’aurai l’honneur de présenter les Haikus sur les chats de Kobayashi ISSA, choisis , présentés et traduits du japonais classique par Seegan (Laurent) Mabesoone, qui pourra nous en entretenir également par écrans (skype) interposés, depuis le Japon, où il réside, en début de séance le plus probablement  (vu le décalage horaire entre nos deux pays!). L’éditrice en est, évidemment, Brigitte Peltier (éditions Pippa), et l’ouvrage en est tout récent (2016).

Nous vous y espérons, évidemment, nombreux!

Merci d’avance!

D.

 

 

 

 

 

Kukaï de Paris #113, samedi 21 mai 2016

19 mai 2016

Bonjour!

Notre 113è kukaï de Paris aura lieu samedi 21 mai (après-demain!) à 15 heures au bistrot d’Eustache, 37 rue Berger, 75001 Paris.
Notre amie québécoise Jeanne Painchaud en sera l’invitée d’honneur.
Elle nous présentera son dernier ouvrage : Découper le silence, Regard amoureux sur le haïku, éd. Somme toute, Montréal 2015.

 

à samedi!

 

D.

 

 

 

Vient de paraître :

23 avril 2015

°°°

« à l’instar du kukaï de Paris » (en 2010 et 2014), Haïku Québec vient de publier (sous la direction d’André Vézina) : « Kukaï, une aventure poétique » aux éditions David. 14,95 $. (www.editionsdavid.com) : 168 haïkus de 31 auteurs.

matin d’avril
des volées d’oies blanches
à tue-tête

: Adrienne Tremblay.

sous la pluie
une dame et son chien
même manteau

: Geneviève Rey.

brin rose, brin bleu
dans le nid du merle
mon vieux tricot

: Adrienne Tremblay.

fête d’enfant
la valise du clown
s’ouvre toute seule

: Renée Simard.

Chez Simons
au rayon des dessous chics
deux femmes voilées

: Céline Lajoie.

deux passagers
dos à dos –
le même livre

: Ginette-Andrée Poirier.

nuit noire
au milieu de nulle part
un rafiot clandestin

: Jeannine St-André.

livre d’occasion
sur la page de garde
le nom de mon ex

: Andrée Paradis.

°°°

Bonnes découvertes – ou redécouvertes !

Daniel

PS : Micheline Beaudry, Jean Deronzier, Abigail Friedman, Esther Greaves, Diane Lemieux, et Renée Simard, qui figurent dans cette anthologie-ci, sont aussi à l’honneur dans notre première antho du kukaï de Paris : La Valise entr’ouverte, éd. Unicité, 2010 !

« cette poésie « sans mots » » par Alan Watts

16 septembre 2013

Dans ‘The Way of Zen’ (‘La Voie du Zen’ en français) d’Alan Watts, dans ma traduction du chapitre 4 « Zen in the arts » (« Le Zen dans les arts »), p. 201, Alan Watts écrit :

« Depuis les temps les plus reculés, les maîtres zen avaient montré une faiblesse pour les poèmes courts, nains – laconiques et directs comme leurs réponses aux questions sur le bouddhisme. (…) ainsi la poésie du Zen la plus expressive est celle qui « ne dit rien », qui, en d’autres termes n’est pas philosophie ni commentaire SUR la vie (…)
p.202 : Un tel usage de la poésie exprime tout à fait la même sorte de vision artistique que nous trouvons dans les peintures de Ma-yüan et Much’i, la même utilisation de l’espace vide rendu vivant par quelques coups du pinceau. En poésie, l’espace vide est le silence environnant que requiert un poème ((chinois)) de deux lignes – un silence de l’esprit dans lequel on ne pense pas « au » poème, mais on éprouve en fait la sensation qu’il évoque – d’autant plus fort que peu a été dit.
Au 17° siècle les Japonais avaient amené cette poésie « sans mots » à la perfection dans le haïku, ce poème de 17 syllabes seulement, qui laisse tomber le sujet presque aussitôt qu’il le prend. »

Cette formule fort controversée (surtout – uniquement ? – en France (!)) du « poème sans mots » a inspiré Éric W. Amann pour écrire son « essai sur le zen dans le haïku » (: « A study of zen in haïku » : ‘The Wordless Poem’, 1969, 1978) / ‘Le poème sans mots’ (trad. D. Py), éd. gammes, Canada, 2006.

haïku, etc. – Py – mai 2012 – 2/2

6 juin 2012

°

après-midi
une mouche décore
mon abat-jour

afternoon
a fly decorates
my lamp-shade

la mouche arpente
(tout) l’après-midi
la chambre

°

retirer l’épingle du « je »

°

un matin,
frémir
avec le mimosa

mimosart — l’ami Mozart…

°

(toutes voyelles :)

« du mimosa bleu »
« si tu radotes »
« beau tussilage »
« sirotes-tu là ? »
« beau pull marine »
« Lu Marine, oh ! »
(…)

°

petites peaux
du coin des ongles :
les petites douleurs
du tout du long de la vie !…

°

chaque fois que je le peux
je passe par le jardin *
des frères Druart,**
(haïjins rémois)

* aujourd’hui sans fleurs / ni soleil (Reims, 18/5/12)
** : René (1888-1961), et Henri (1902-1979).

°

de sous le portail,
violettes,
regardant la rue

from under the gate,
violet,
looking at the street

°

autour des panneaux électoraux
les oiseaux contents ?
– soir de mai

°

sur la mariée
des grains de riz
sur le nouveau président
l’orage

°

deux voisins de métro :
les mêmes chaussures
– sauf la couleur

°

trois hommes
(/ un haïku)
passe(nt) sur le pont

°

les si volubiles oiseaux
ce matin de fin mai

°

un voile noir
scintille au soleil
– école maternelle

°

traverse le banc
une fourmi
en passant par l’assis

°

un dur d’oreille,
c’est un peine-à-ouïr (?)

°

La tour Eiffel –
une femme,
une jambe devant l’autre

°

toute une rangée
de nains de fenêtre
(- fin mai)

°

cette nuit
les haïkus (:) géants
par rapport à l’insecte qui traverse

°

Le « printemps d’érable »
ou « l’écoeuranctite aigüe »
des Québécois

°

soulevant une roue
pour ne pas écraser un gendarme
– trottoir de Vitry

°
d.