Archive for the ‘haïkuisine’ Category

Haïku etc de Py, mai 2013, 2/2

17 juin 2013

***

 

moucheron

remonte le long de mon verre de lunette

puis s’envole

– soir de mai

 

 

cônes roses, cônes blancs

ces marronniers ?

taillés au carré

 

 

N’ayant pu trouver le vent dans ses soufflets,

l’accordéoniste regarde un coucher de poisson du balcon.

 

 

…« les goélistes verts »-

 

sur la terrasse

un fauteuil

roucoulant…

 

 

(Kyôku) haïkuisine :

 

Ô comme j’admire

ma femme à poêles

dans la cuisine

 

(Kyôka) domestiku :

 

… et à vapeur,

au-dessus de la planche à repasser

 

 

un chêne

en bois dormant…

 

 

les oiseaux se disent-ils

qu’il ne fait pas chaud

pour un vingt-quatre mai ?

 

 

les bornes chauffantes

dans la gare

allumées

 

 

Haïcoup de foudre

Haïfoudre

Haïcoudre

 

 

perles multicolores

dans le gazon :

le soleil sur la rosée

 

/

 

les perles multicolores

du soleil sur la rosée

 

/

 

toutes les couleurs

des gouttes de rosée

(sur le gazon)

 

/

 

toutes les couleurs

des brillants dans le gazon

 

/

 

mille diamants de couleurs

dans l’herbe verte

(le soleil sur la rosée)

 

 

un mariage

traverse le pont :

les hommes (passés) par les fenêtres…

 

/

 

un mariage

passe sur le pont

les hommes par les fenêtres

 

 

les petits chatons

en crottes

sur la chaussée…

 

 

sur la Seine flottent

quelques bâtons (de bois)

– où allez-vous ?

 

/

 

calmitude

un objet de bois

descend la Seine

 

 

(Petite suite en Seine) :

 

les ailes

plus grandes que le corps

ce moucheron sur mon index

 

/

 

près de la berge

le fleuve parle

 

/

 

envolé de mon doigt,

je peux reprendre ma marche

 

/

 

les mots de l’eau

près du bord

 

/

 

encore un insecte :

ne pas tourner la page

 

 

(Kyôku) :

 

(De grâce,)

Simplifiez (encore)

vos haïkus !

 

( : inversions, rejets,…)

 

 

dimanche matin tôt

trois musiciens slaves

l’accordéon sur le dos

 

/

 

dimanche matin tôt

trois accordéonistes

en gare

 

 

le bourdon quitte le bouton d’or oscille

 

 

entre deux haïkus

un moucheron

aplati

 

/

 

entre deux haïkus

un moucheron

noir

 

/

 

(à Christophe Jubien, cf ‘Les mains du bol à fleurs’ :)

 

entre les haïkus

de la « Rue du massacre »

et du « vieux curé »

un moucheron

(mort)

 

 

(Kyôku :)

 

Le haïku (est un) raccourci (de mots)

« rhaïkourci » ?

 

 

Aucune respectation

dit-elle, sa copine

Aucun respect

 

 

(Dad’s) dog

begging for a jog –

– feeling guilty

 

chien

quémandant un jogging –

– me sens coupable

 

 

une femme somptueuse

disparaît

dans le métro

 

 

(d’après Andrew Shimield in « Blithe Spirit » 23, vol.1, p.14 : « morning dew / the car wing mirrors / draped in spider webs » :)

 

l’araignée ce matin

a pris

une glace

 

 

Le jour des saints

que fais-je ?

 

 

quai de métro

elle tient son arbrisseau

par la racine

 

 

dernier gros morceau

de stress :

dossier de retraite

 

 

ô suce temps, Pan ton vol !

 

/

 

(…)

 

 

Debout les mores !

 

 

poèmes de la nuit,

aucune trace sur le papier

 

/

 

poèmes de la nuit

rosée évaporée

 

 

soudain quelque chose

se produit : haïku

 

 

le poète

parti ;

les instants-haïku

 

 

(Kyôku :)

 

Wanting to be « modern »

resolutely – absolutely =

anything (n’imprte quoi) goes !

 

 

seul en train

les gouttes de la pluie

craquent au carreau

 

 

rondeurs du jour

 

 

« Les Saules »

sous la pluie,

chemins d’herbes

dans le bitume

 

 

un moineau

tombe comme une feuille :

miette de pain

 

 

la vitesse

non affichée

du tgv –

la cannette de bière

glisse sur la tablette

 

 

fin mai

une petite feuille verte

de ginkgo biloba

au sol

 

***

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Haïkus, etc de PY, août 2012 (1/2)

30 août 2012

°

une rondelle de fromage de chèvre –
la pleine lune

°

le long de l’autoroute
les automobilistes regardent
les éoliennes tourner

°

(Kyôku :)

Un haïku, sont-ce des mots en bouton(s) ?

(cf Japanese English Haiku 2008, ed. Modern Haiku Association, p. IX : « …a good haiku unfolds… »)

°
(filosofik ? )

bientôt
le regard
du silence

°

l’ « amarsissage » réussi
(de la navette spatiale)…

°

toutes les vaches
sous l’arbre
du champ

°

Août
quelques gouttes d’une pêche
par le balcon

°

herbes
à fleurettes blanches
des escargots
de la garrigue

rasant les herbes
et leurs escargots blancs :
tracteur de l’après-midi

escargots blancs des herbes
épargnés
par la faucheuse

bouquets d’escargots blancs
sur des tiges de Provence
– Tai-ji dans la garrigue

°

suspendu au balcon
un long cheveu blond :
toile d’araignée

°

on dirait qu’elle fait la cuisine
dans la cuisine :
bruit(s) de spatule en bois

°

heure de la sieste –
une cigale s’élance

°
(Kyôku(s) :)

le haïku « vécu » / « inspiré » / « reçu »
plutôt que
le haïku « conçu » / « concocté » (= popotaïku / haïkuisiné / Haïkuit !) / « haïconçu »

Bolt * of lightning-haiku
* (cf : Usain Bolt, London Olympic Games, 2012.)

Le haïku (comme) choc /
Striking (haiku)

Haïku, le sens du moins-soi

°

elle secoue
nue
un cheveu
par-dessus le balcon
de la garrigue
un homme
lui répond

°

nuit d’août :
un papillon, deux coccinelles
décorent l’abat-jour

°

un pet
rond
comme un ballon de hand-ball

(J.O. de Londres)

°

un haïku
a atterri
dans la cabine
neuf

(Thermes de Gréoux-les-Bains)

°
(rêve :)

sur la fenêtre
quelqu’un a senti l’eau s’éloigner
du paysage désolé

°

a)
(les) jambes repliées
elle dort
dans la nuit d’août

b)
bras croisés
son sommeil
sur la nuit d’août

°

immensément seul (…)

°

voix de voisins
sur leur balcon :
soudaine envie d’anis

°

Le soleil rongé
d’un paillasson
Esparron-de-Verdon

une plume descend en tournoyant
d’un rempart du XIIIème siècle

dans une meurtrière
une bouteille en verre
(vide)

dans le lavoir
du château
un mégot

°

bruit dans les nuages
les gens remontent du bord du lac
la cigale s’arrête de scier

(- sauve qui pleut !)

°

ronflant à l’expir
ronflant à l’inspir –
nuit d’étoiles

°

deux copule-en-l’air
entre par la fenêtre de la cuisine
puis ressort

(après-midi d’août)

°

sur les marbres luisants
passe le soleil
et ses nuages

(cimetière de Riez)

°
(kyôku(s) :)

travail d’écriture / de réécriture du haïku :
retrouver (en mots) l’exacte sensation / l’étincelle / première.

Théoriser – Théorire

°

projection (intersticielle)
de fil dentaire :
miroir de la salle de bain

°

L’arbre
trempe l’ombre de ses feuilles
dans le maigre cours d’eau

°

un avion de chasse
déchire
(l’heure de) la sieste

°

12 anneaux
au rideau de la cabine thermale –
les J.O. terminés

°

deux copule-en-vol
(les mêmes ?)
au début
d’un autre
après-midi

°

La vierge Marie
assomptueuse ?
– deux « copule-en-vol ».

°
(Bashôtage :)

la gueule du crapaud
en forme de saut *
silence

* couverture de The Genius of Haiku, readings from R.H.Blyth, Ed. BHS.

°

du buisson
(où je pourrais me jeter)
des oiseaux s’envolent

°

« Au 15 Août le coucou
perd son chant
c’est la caille qui le reprend »
: près du panneau,
le coucou d’une tourterelle

°
(Bashôtage ?)

vieille mare –
le bruit des cigales

°

de la lavande s’approchent
ma main
et un papillon

°

le long du Verdon
un caneton
accordé
au cours du courant

°
(à suivre : 2/2)

travers en cours…

26 octobre 2011

°

le « je », la « pensée »
sont devenus de tels clichés
dans le haïku
d’ici, maintenant
[éhontément éreinté !]

°

vos « je », vos « pensers »,…
sont tics poétiques
déjà bien éculés
– Renouvelez-vous,
de grâce !

°

s’il n’a pas glissé
un « je », une « pensée »
dans son haïku :
moins heureux !

°

Le moi-haïku
a perdu beaucoup de ses charmes
– En a-t-il jamais eu ?

°

les « pensers » ou les « je » de l’auteur
offrent un infime intérêt
pour un lecteur de haïkus
: retournez vers l’Objectif !

°

clichés de clocher
dans leur club ils s’admirent
à écrire

°

s’ils font l’impasse
sur l’intérêt du lecteur,
à quoi bon publier ?

°

Mets-toi
un tant soit peu
dans la peau
de ton lecteur,
ô haïkuist(r)e !

°

j’ai l’impression qu’ils ignorent
qu’ils ont des lecteurs,
les nombril-haïkistes !

°

Ils sont si rasoir,
offrent si peu d’intérêt,
ces nombril-haïkus !

°

Pense à ton lecteur
ô écrivassier ! : voici
ta première règle !

°

on dirait parfois
que certains auteurs
oublient
d’être lecteurs !
: il leur faudrait plus se relire
que se faire reluire !

°

ce haïku
exhibitionniste :
ennuyeux comme un mauvais film de [haï]ku !

°

leurs jeux d’artifices
éventés :
les « je », les « pense »,
les « tic-toc », les « pfuit ! »

°

des « je », des « pensée »,
des « coeur », des « couic-couic » :
voici un jeu de ficelles
pour écrire des haïkus
calibrés
anti-naturels !

°

un haïku qui rase
tous les lecteurs sauf un
: son (f)auteur !

°

leurs clichés qui clochent :
leurs pensers, leur coeur,
leur je, leurs onomatopées
qui emplissent à ras-bord
leurs tankus*, leurs wankas**…

* tanku = haïku lyrique (à la manière du tanka)

** wanka (ou wanku) = haïku onanisant (en anglais : to wank : se pignoler), peut-être dérivé de waka + tanka (?)

°

leurs trucs (éventés)
pour écrire leurs « haïkus » :
« coeur », « je », « pensée », « pschitt ! »…

°

pour écrire en 5
/7/5 : trop de ficelles,
de machins, de trucs,…!

°

le cliché 5/7/5,
la coquille 5/7/5,
la momie 5/7/5 !

°

A bas le « diktat de la forme » !

°

systém[(at)is]mes :
à la trappe !

°

A bas
le haïku sys[té]m[at]ique
de remplitude 5/7/5 !

°

5/7/5 : moulaïku !

°

à la moule au moule
à la moule au moule à la
moule au moule ah la
la !

°

la momie
tombe en poussière :
5/7/5 !

°

CROQUILLAGE…

°

Il y a deux sortes de haïkus :
les haïkus naturels
les haïkus artificiels

– Discernez !

Les haïkus naturels, spontanés, qui coulent (de l’esprit) de source des grands haïkaï classiques

Les autres.

[Les haïkus artificiels, haïkus de bureau, haïkus de cervelle, de tics, de ficelles ; des imit-haïkus, en fait ; et bien souvent des haïkus de remplissage, (des haïkus de moule *), etc, haïkus occidentés, haïkus de tête et haïkus de complaisance, nombrilaïkus…]

* : ô sacro-saint sain(t)k-se(p)t-sain(t)q !
(Brûlez le Bouddha !)

°

le « moi-je haïku »
qui est l’antithèse (de l’esprit)
du haïkaï

°

tout le monde peut écrire en 5/7/5
tout le monde ne peut pas écrire des haïkus

°

etc.

Kyôku consommacteur (/ haïcumule ?) + Descartaïku :

24 octobre 2011

°

je dépense donc
je suis donc je dépense
donc je suis donc je

°

d.(24/10/11)

°

j’écris donc je pen-
se donc je suis donc je pen-
se donc j’écris donc

°

haïku, etc. – Py – Déc. 2010

3 janvier 2011

°

des flocons
vers les feuilles
– 1er décembre

feuille verte
dans le métro –
neige
au-dehors

de l’arbre nu
des pommes jaunes
au-dessus de la neige

(Choisy-le-Roi)

(d’après E. Hellal)

première neige
une péniche
passe

copeaux d’anche –
dehors
la neige

le ballet de son ombre
de réverbère
en réverbère

couinements lancinants
de l’escalier mécanique
– RER E

une pisse de chien
en train de geler
– lundi 13

un chat blanc passe
dans le salon du voisin –
flocons de neige

ce matin
gouttes
flottantes

régulièrement la neige —
une tasse de café
sur le trottoir

une barrette à cheveux
sous la neige …
… Buson

croa croa croa
au-dessus de la
ville de neige

le papillon
et moi…
respirons

(Ancien :)

café :
des étudiantes
ordinent…

vélos alignés :
toutes les selles blanches

snowy + owl
=
SNOWL

snOwl

°

cOld

°

le soleil se lève dans les nuages
– première aube de l’hiver

°

(Kyôbun au chapeau de paille) :

Dans le haïku, faire fusionner le « je » avec le monde… :

 » vent d’hiver
je garde mon chapeau de paille
dans la cuisine  »

(Dorothy Cameron Smith)

pouvant devenir :

vent d’hiver
gardant (son) chapeau de paille
dans la cuisine

(= (s’)objectiver… fusionner les sujets…),
slightly shifting the meaning(s) ? but O so slightly !

N’y gagne-t-on pas à « se perdre », à « s’oublier » un (tant soit) peu ?

(22/12/10)

°

lisant des haïkus d’hiver
une clémentine
sur la table

participe au présent…

(le participe poète …)

Se fondre dans la roche –
Finir par renoncer à toute volonté de « personnalité »,
d' »individualité » !
N’être (plus) qu’un –
Naître…
À n’être (plus) ? – ,
incorporé, faisant Un
avec le Tout… (?)

Naître
puis
(apprendre
à)
N’être
plus
(, en fin…)

°

Théoriser, c’est figer…

Déglacer !… Faire, Agir !

Briser les moules (des « théoriciens »)…
les contre-dire, contre-faire
… ( = s’opposer à leurs « prétentions »…)

Encore mieux que dire :
faire.

Battre en brèche leurs « certitudes » …

°

quatre nounours pendus
à deux piliers de la
gare de l’Est

°

(Du haïku :)

Le présent
est le temps qui clarifie la « vision »,
l’image.

°

pieds de vigne rachitiques –
le Père Noël
grimpe à la fenêtre

(vers Lodève)

°

(d’après un haïku ancien :)

perron –
le chat boit
les étoiles

°

brouillard
à couper
au
bus

°

aujourd’hui
les rocs
accrochent
le brouillard

(Larzac)

°

dans un champ désolé
un oiseau posé
vers Noël

°

(« Bashôtage » :)

de ma voisine
je ne connais
que le violon

(cf Bashô :

« L’automne s’achève
Je ne connais toujours pas
mon voisin »

in Fall, par LeRoy Gorman, ed. proof press, 1996)

°

Du haut des Causses
un rayon de soleil
sur Millau

°

remontant de la mare
un canard
s’ébat

– descente vers Millau

°

feuilles :
le vent
tourbillonne

°

L’art du peu :
peu de lard

/ l’art maigre

°

une plume
sur une feuille –
milieu de l’automne

(–> 23/12)

°

(senryû ancien = 2007 ? :)

plus besoin de Bush
pour écrire des senryûs :
voici Sarkozy !

Sarko-fric

(ne) Sert-qu’au-fric

: le consternant S. …

°

aussi sombre que lui
le cri du corbeau

(le) cri
et (la) corneille :
même couleur

son cri
ressemble
à sa corneille

tel corbeau
tel cri

°

1er mot de mère *
au lit ce matin :
 » feignante !…  »

* : 90 ans.

°

Noël
place de la Mangeoire
: Bethléem

°

3
c’est la moitié
de
8

Scindez un
8
vous obtiendrez
deux
3

(basculant sur le dos)

Accolez E
et 3
pour obtenir
B

Scindez B
pour donner naissance à
E 3

E 3 s’aiment = B

°

petites entailles d’avions –
soleil levant

°

On s’enfonce dans la nuit de neige –
il tourne les pages de son livre

ouvrant la fenêtre
au chalet : blanc
de carte postale

°

L’avantage du participe présent :
neutralisation du sujet…

°

(2 règles du haïku :)

La première règle dont l’on (l’Occidental) peut (/ doit ?) se défaire, c’est (de) la forme 5/7/5.

Celle dont aucun haïku ne pourra se défaire (sans imploser / exploser ), c’est le sens du présent (immédiat).

°

L’art du très peu
L’heure du très pas

°

Noircir noircir noircir —
Le bout du tunnel

°

C’est une (est)hétique :
l’ascèse des mots.

Trouver les mots
E X A C TS

(et B R E F S …)

Noircir
pour pouvoir mieux
Blanchir
(ensuite)

°

Il écrit, écrit, écrit …
toute cette neige
dehors !

°

en hiver
lisant des haïkus
d’hiver

°

corneille ou corbeau :
cri sombre

encorbeau

encorneille

encorneige

en corneille,
pas mal de neige !

°

le soleil
frappe les glaçons :
midi

midi :
le soleil
blanchit les stalactites
du balcon

°

premier matin à la neige :
allongé
au châlit

°

ouvrant les volets
dans une carte postale
de neige

°

par endroits
le long de la piste de ski :
petits trous jaunes

(Issa :

« le mince trou
fait en pissant
dans la neige devant la porte »)

°

le blanc de la neige
entrant par la fenêtre
envahit le livre

°

lavoir :
l’eau gelée
du village de montagne

°

le soleil glisse
le long des pentes enneigées
restaurant de l’alpage

°

les toits s’égouttent :
soleil du dernier décembre

°

balade en raquettes
un coq chante
fin de matinée

°

« passage à l’an neuf »
= déjà la première ligne
d’un nouveau haïku !

°

passage à l’an onze :
chacune revêt ses beaux
atours pour la fête

°

au fond du vallon,
ruisseau
du 31 décembre

°

plaques de neige
glissant des toits :
le dessin des tôles !

°°

dernière cuite de l’année :
première cuite de l’année

(31/12/10-1/1/11)

°°

Haikus, etc. – Py – Nov 10

6 décembre 2010

°

un pneu
de la voiture à l’arrêt
cerclé de feuilles

°

le haïku
c’est une feuille en l’air

entre ciel
branche
et terre :
feuille-haïku

le haïku
c’est un instant
suspendu

°

les couleurs des feuilles me nourrissent
– Millau, 1er novembre

°

première pluie de novembre
le cimetière tout en couleurs

°

1er novembre :
devenir peintre
paysagiste !

°

1er novembre
trois chemins champêtres
se rejoignent
vides

°

toutes les nuances
de vert profond à roux
les contreforts du val

°

rideau lumineux d’arbres =
un rai de soleil ?

°

couleur ajoutée
au bouleau :
l’automne

°

l’automne :
les genêts muets

°

les couleurs (en novembre)
sont les (dernières) paroles
des arbres

°

Avant Aumont-Aubrac :
ces prairies entrecoupées
de si minces filets d’eau

°

Aumont-Aubrac :
sur le quai,
deux randonneuses indécises

°

au-delà du panneau
« Les Quatre Chats » :
quatre cerfs-volants
(Deauville)

°

restaurant :
une rose rouge
au milieu de son visage

°

gueules pleines
des poubelles
ouvertes :
1er novembre

°

premier novembre :
la fête des mores ?

premier novembre :
faites des mores !

°

j’embrasse ton bouddha
sur la bouche –

°

(haïkuisines :)

moutarde à l’ancienne :
crocodile

l’oeil du genièvre
au milieu des cheveux
de la choucroute

°

le long d’un fil
monte
descend
le soleil

un soleil-fil

du pin
un fil
de soleil

°

la neige
épouse
la toile
d’araignée

ce matin
la neige
a trahi
l’araignée

°

(art p. :)

écrire
toujours plus près
du réel

°

dans son sac sa cravache,
elle court vers le bus

°

… pendant ce temps-là
des « haïjins » français
restent assis
sur leur pot 5/7/5

°

sur la pente du matin
glisse
ton souffle…

°

her brightly shining
lipsticked lips, she
chews a chewy

ses larges lèvres
luisant de rouge
elle mâche
un chewing-gum

°

les azalées
tout le long de l’allée
s’en vont…

°

aube –
ton haleine parfumée
à la menthe

°

(Marilyn)

l’air
de la bouche de chaleur
soulève
mon parapluie

°

une feuille
glisse
dans un passage piéton

°

le ciel au couchant s’éclaircit –
fumée s’élevant de la ville

au crépuscule
le ciel s’éclaircit ;
vol d’un corbeau

°

mes nièces
ne connaissent pas
Méliès

°

(du haïku :)

le haïku
c’est la déconscience
de soi…

?

°

feuilles molles …

mes mains
te calquent

°

(re :)

l’oiseau dans la bouilloire
l’eau dans le ciel

(11/11/10, d’après 11/07)

°

Avenue Maginot :
la coupe au carré
de tous les arbres

les arbres
taillés
au carré

(Vitry s/Seine)

°

bouteille
cul en l’air
canard

(cf sept 10)

°

bus –
le chant
des soufflets

°

chapeau sous la pluie
l’accordéoniste joue * assis
sous son parapluie

(Jules Joffrin)

(* un air de misère)

°

tout en haut
tout en bas :
les feuilles des peupliers

(Parc de Sceaux)

°

tai-ji-quan au parc
au son des oiseaux
petits et gros

que des feuilles
dans l’eau claire
du vieux lavoir

(Le vieil Orly)

°

(senryû papal :)

« Préservatif –
La nouvelle position du pape » *
: sur l’oreille ?

* titre « 20 minutes », ce 22/11/10

°

couinements lancinants
de l’escalier mécanique
vers le R.E.R.

(Gare Saint-Lazare)

°

parallèlement
deux hommes à valise à roulettes
le portable à l’oreille

(Gare du Nord)

°

un
nuage
flotte

°

matinée –
un marteau
monte
un mur

°

un pigeon
sur un lampadaire –
jour gris

°

première neige
ta voiture neuve
noire

°

blanc dessus
sombre dessous :
première neige

°

les feuilles vertes
tombent de l’arbre
avec leur neige

(Nogent s/Marne)

°

écume blanche
poussée par la péniche –
la première neige

°

d.(11/10)

haïkus, etc – Py – 16-30/9/10

6 décembre 2010

°

le soleil
sur les façades –
un archet traverse
un violon

la lumière
au bord de chaque marche
de l’escalier

(du haïku « religieux » :)

le haïku,
acte « religieux »
qui relie
deux éléments
apparemment disparates…

je lève
ma bière :
le nuage
vraiment
très lent

saison des vendanges :
un pied dans la grenache…

(haïkuisine :)

déjà sur le piège
une mite collée
au milieu de ses clones

un drone
au-dessus du désert
n’est-ce pas
un dronadaire ?

Reims, gare :
un pacha-derme
s’avachit

admirer
les cascades
de la lumière
dans les feuillages…

et tout d’un coup

une feuille se frotte par terre

sur le sol
une feuille
m’ouvre l’oreille

en ce parc
les nuages emplissent le ciel
et le vident

la forme des nuages
la forme des immeubles

(sur la terre
ce n’est pas
comme au ciel)



(Poème Désobéissant de Biscarosse :)

Y a d’l’argent nulle part
Y a quand même 15 milliards
qui filent
vers le missile
M 51

(www.nonaumissileM51.org)

sur le dos du champ
un petit nuage de brouillard
– paix matinale

°

parterre de cosmos :
elle fait son shopping

du distributeur de billets
une araignée
descend
puis remonte

bistrot de village :
elle apporte
les plats
uniques

(: Costaros, N.88)

°

(du haïku…)

Il faudrait que le poème occidental
tire la leçon du haïku :

pour
aller à l’essentiel
surtout,
au direct,
au concret,

et sorte de ses voiles, de ses fumées, de ses brumes
plus ou moins spécieuses

°

(« Madagascar » :)

« Madame Gascar »
: mère (90 ans), enfant.

Dans le Petit Larousse Illustré de 1985 :

Madame Angot
Madame Bovary
Madame Butterfly
Madame Sans-Gêne
Pas de
Madame Gascar

°

près de quatre-vingt dix ans :
le jardin
à pas raccourcis

la bouteille en plastique
le cul en l’air
les canards

lune couchée,
ongle blanc,
parapente au-dessus de Millau

(du haïku :)

que le rythme 5/7/5
soit le dernier de tes soucis !

120 milliards :
les feuilles des arbres
les flocons du ciel

jardin public :
balançant le vent…

le petit filet de la fontaine –
tout l’après-midi s’écoule

(Cantobre, 12.)

tout autour du piton rocheux
des martinets encore –
dernier jour de l’été

haïku :
accrocher le jour
sur la feuille

une plume
sur une feuille
pause

3 heures 49
les éboueurs passent
leurs paroles
dans l’air noir
de l’encore nuit

le silence encorné
par le bruit de leurs
poubelles

passés
ils ont emporté
avec eux
un bout de la nuit

(…)

°

ce gouvernement
(par la voix d’Hortenjouefeux, etc.)
jusqu’où ira-t-il dans la menace,
dans l’exploitation de la peur,
dans l’écran (/l’écrin ?) de(s) fumée(s) sécuritaire(s) ?

(: TV News, 20/9/10)

dans la félonerie,
dans la filouterie ?

(…)

°

seulement ça :
quelques notes d’un oiseau
le parfum de quelques fleurs
qui emplit la cour

(: Su Shun-Yin + Kao Pian, in L’Art de la sieste, p.110 + 111 )

°

(lettres :)

de l’O de la lune …

O
: le cercle enflammé
par où lion
tu sauteras
dans la mort ?

O
: le noeud qui coulissera,
qui se serrera
autour de ton cou
jusqu’à te pendre,
pieds ballant dans l’infini ?

le Z cygne
en sa morgue
noir(e)

°

un grand parc –
les grands cris
d’un tout petit

(Millau, Jardin Botanique)

°

les nuages s’empourprent
effilochés :
suite du couchant

les monts recouverts
d’arbres
et maintenant
de nuit

l’éléphant,
ne regarde-t-il pas
à la défense ?

L’appât du grain

de pierre
en pierre
une libellule

dans le ciel de la page
quelques encoches
de graphite

hier les toits lumineux
demain la pleine lune

sur la tête d’un vautour
un pigeon
pose
et fiente

à la charnière de l’automne :
feuilles et plumes
dans l’allée

(haïkuisine :)

la robe de ses ailes
tout autour d’elle
la mite noyée

des gouttes de pluie
étoilent la vieille revue
: fin des haïkus

°

(À un « apprenti-haïkiste » :)

Il y a dans vos haïkus
cette coloration occidentale
qui fait que ce ne sont plus
des haïkus…

: à renommer ?

… ou renoncer ?

°

l’intérieur d’une bogue
fraîchement tombée –
la cour de l’école

(du haïku, proposition… :)

Il faut qu’il manque des éléments dans le haïku
pour que le lecteur
puisse travailler
du ciboulot !

des doigts agiles
sur le clavier d’un piano –
la pluie
qui fouette les vitres

les cieux se sont tus :
plus de martinets –
automne

pattes en l’air
une mite
à l’entame de l’automne

couleur mitée
la vieille revue
de HAIKU *
se disloque

(* vol III, n° 2, 1968)

vieille revue
de Haiku
ses pages se détachent

sous la nappe
ondule
un courant –
déjeuner en ville

double sieste
sur canapé –
dans la cour
l’arbre oscille

le temps est orageux,
c’est clair !

au bout d’une branche :
feuilles et plume
: l’entame de l’automne

fraîcheur de septembre
dans mon dos
la chaleur d’un autre dos

(Métro, ligne 13)

(haïkuisine :)

au mur
un clou

°

(domestiku :)

un triangle poudre de mite
sur une porte de placard
– histoire ancienne

triangle isocèle
la trace de la mite
sur la porte du placard

°

un livre
long à lire :
L’Art de la sieste

le mélanome du mélomane ?

tout le jour gris –
au soir des corneilles

automne –
sur le trottoir
une branche
de lunettes

(Boulevard Barbès)

dans la pile de bois
une portée de taupes
nouvelles-nées

inside ………. a ………. hedge
the ……….. batch …….. hogs
woodpile ….. of
……………. newly
…………….. born

par le vasistas
d’un voisin
en dessous
le haut
d’un match
de football

Le son de la cloche
de Buson –
Le son de mon verre
à vin
ici
maintenant

silence
sur silence :
les pétales
dans la cour du temple

(d’après Miyoko Harada :
« Les pétales tombent / dans l’enceinte silencieuse / du vieux temple »
: expo « L’art du haïku, église de la Madeleine, 22/26-9-10)

(du haïku :)

le haïku
ce peut être ce moment,
ce mouvement
de la feuille
entre l’arbre
et le sol

putain,
ces foules,
c’est full !
gare Saint-Lazare
9 heures moins le 1/4

trois jets
une mite

automne –
un chapeau de paille
sur une plage arrière

°

d.(16-30/9/10)

Haïkus, etc. – Py – oct. 10

1 décembre 2010

°

un cri noir
traverse ce matin –
brossage de dents

dans le métro
il fait monter
l’odeur de la boulangerie

nos deux réveils
aussi
ensemble

Maguelone * :
pas grand chose
d’autre
à se mettre sous l’Adam !?

* plage naturiste de –

dès sept heures
leur télé allumée
: l’hypno-teaseuse …

un saule
pleure
au bord de l’autoroute

une araignée
joue de la lyre
dans le soleil du soir
(forêt de Sénart)

je tombe en spirale,
forêt de Sénart

le grand détachement des feuilles
– octobre sans vent

la cloche
peu à peu
s’associe
au silence

le café
filtre
sous la porte

ta peau
encore froissée
par les draps

mmmh !
ce pain qui cuit :
jouissance absolue

portée
l’ombre
chante

ce soir
lumières jaunes
télés multicolores

par-dessus les toits
des grues
des antennes

des avions
limaces rosées
entament
la toile
du ciel

contempler
le « c’est ainsi »
des arbres

ralentis ton regard
ton esprit
tranquillise-le
pour entrer en contact
enfin
avec la sève

une plume
sur le trottoir
n’écrit rien

une vieille chaussure –
au bord de la route

il faut qu’un haïku
soit
ouvert

a flurry of pigeons
all at once

un petit cheval
de nuage
s’envole
dans le matin
, mi-octobre

boules ramassées
pigeons
de la fenêtre des toilettes

lumières fixes
écrans mouvants de télés
dimanche soir d’octobre

son de l’ampoule
contre l’abat-jour
une cloche de vache

le plancher de mon voisin
du dessus grince
pas seul !

pas
du voisin du dessus :
pas seul !

jusqu’à mon dernier souffle
le souffle du haïku,
probablement

dans le bol de tisane
l’ampoule
vers le haut

passant manches de chemises
et cols
au savon de Marseille
avant lessive :
grand-mère

un petit cheval gris
de nuage
évolue
dans le ciel

feuilles rousses de platanes
sur la pelouse
le soleil se repose

nous pompant l’air,
l’inlassable ressasseur
de leçons !…

au-dessus des embouteillages matinaux
un corbeau
croasse en passant

ma voisine
entame
do majeur
au violon
– l’heure de la sieste

mon miroir est petit
la Thaïlande est loin
je pense à toi

21 octobre
lavant les vitres
une guêpe

premiers avions :
après mes vitres
propres

grosse lune d’octobre
entre les deux tours
d’incinération de déchets

les vaguelettes
que fait l’âge
au dos de sa main

pluie d’octobre –
la goutte au nez
de la vieille dame
sous l’abri-bus

cette femme
vue ce matin
vue aussi ce soir
dans le métro

une page du journal
sou le vent

ondule au vent
la page du journal

pleine lune d’octobre
à la fin de la nuit :
le ciel immaculé

la pleine lune d’octobre
dans le petit matin –
dans ton avion
les hublots clos ?

vol matinal :
par un hublot
le soleil,
de l’autre côté
la pleine lune

pleine lune d’octobre
un premier cri noir

pleine lune d’octobre
en ce ciel
si immense

À l’été les Roms,
À l’automne les Jeunes :
Sarko casse.

pleine lune d’octobre
nuages roses
une cheminée fume

posture de l’arbre :
la pleine lune
entre ses bras

accumulation d’énergie :
il invite
la lune
à lui

séance de Qi-Gong :
la pleine lune
peu à peu
descendue

(disparue
sous les toits)

au-dessus de la grue
des nuages lourds

elle se serre contre moi
lendemain de la pleine lune

à ma mort,
un service fun-zèbre !

lever du seuloeil –
la lumière sur les
traits étirés d’avions

à la porte du bar
des bouteilles de champagne
– rosée

terrien, t’es pas grand chose !

vignes roussies
roches rouges
vers Lodève

l’heure rose
sur la montagne des Causses
vers novembre

luisant de pluie
penchant plus :
l’arbre pleureur

ce matin
goûté à ton thé
au jasmin
de Thaïlande

la blondeur du biloba
en l’air
et au sol

dernier octobre
l’éventail rutilant
des arbres

passage à niveau —
regardant passer
le train

épuisant sa salive
en arguties…
– feuilles à terre

à la grand-mère l’enfant,
à la mère le chien :
promenade du dernier octobre

voiles s’envolant au vent
la veille de novembre

le haïku est un chemin
le long duquel nous marchons
chaque jour…

entre l’appareil photo
et le ginkgo biloba jaune
deux pigeons trop prestes

l’entonnoir en étain
de l’Hôtel du Commerce :
retrouvé dans la niche

sur la table de la cuisine
pinceaux
près de l’assiette au raisin
et deux demi-citrons

feuilles
sous le banc
la pluie d’avant novembre

odeurs :
la pluie sur le trottoir de Millau
dernier jour d’octobre

dans sa mare multicolore
le cygne blanc
sous la pluie

dans la flaque
des bulles trembleuses
l’une après l’autre

toute l’après-midi
mère martelant
ses noix

nous sommes uniques
et cependant semblables,
feuilles, bulles, humains…

« filliforme » :

filiforme –
à la boulangerie
plus de baguettes

(cf : sept 10)

°

d.(oct. 10)

haïkus, etc. – Py – (11-15/9/10)

29 novembre 2010

°

écrits maigris

Écrire maigre

°

(To buée or not to buée :)

Je respire
donc j’essuie
– la vitre

°

elle s’évente
et m’évente,
la noire en éventail

(Ligne 13)

°

une grande vraiment mince –
plus de baguettes
à la boulangerie

°

premier pigeon
du matin
de la couleur des toits

°

le jour entre
petit à petit
par sa fenêtre

le bleu
de son couvre-lit
se lève

°

près des haïkus
la théière
et le bol
– de vide à plein
de plein à vide

°

le vent fait onduler leurs voiles
longs mais légers,
le douze septembre

(gare de Choisy)

°

tiens,
la vitre
se strie
(de haut en bas) :
le paysage
se rapproche

°

(du haïku :)

je crois que s’il n’y avait qu’une règle au haïku, ce serait :
le sens du présent

°

prendre son courage
à aujourd’hui

°

petites fleurs,
petites fleurs bleues
qui éclairez ma journée,
Vivez !
Réjouissez-nous
et réjouissez-vous !

(Vitry s/Seine)

°

prenez le temps
de vous arrêter,
(d’arrêter tout,)
surtout s’il s’agit
d’écrire un poème !

°

je lis dans la rue :
« Attention
gros morceaux ! »
Il s’agit de pépites
dans des glaces
au chocolat…

°

rythmant ses mots
de son briquet :
terrasse du lundi soir

°

deux chiens se niaquant
sur le trottoir :
leurs maîtres inséparables

deux molosses
s’en prennent au colley/t

°

rapide comme l’éclair
venu reparti :
un haïku

yeux détournés un instant :
le haïku perdu

comme un
éclair dans le ciel
sans que j’aie su m’en saisir :
ce haïku
volage

°

les lumières de la ville
s’allument :
m’étoiles

°

(sous influence zen ? :)

le claquement de deux mains :
mite !

mites,
priez votre dieu
pour vos âmes !
votre corps
je m’en charge !

Ah,
tachées à mon mur
: 2 mites

le sang des mites
reste brun
: 7 d’un soir

8 victimes
de ma terrible main
: cuisine

°

les chats ont neuf vies,
paraît-il –
mais le sésame, combien ?

°

ces poètes
qui patinent
dans le pathos :

ces larmoyants

larvoyants
?

°

des tasses
et des tasses
de lune :
toujours pas bue

Insaisir
la lune

(hein, Li Po !?)

la lune
danse
autour de l’homme
depuis toujours
jusqu’à jamais

face à la lune
il sait
qu’il n’est
qu’illusoire

autour du mot lune
la première corneille
vient crailler

au fond du bec
des corneilles :
le bleu du jour

°

le jour entre
par la porte de la cuisine
le pain cuit
sort de la nuit

°

que le présent
dépouillé des mots

°

chaque matin
passer le gant
le jeter

°

à midi :
Le Grand amour !
(: film de Pierre Étaix)

°

que (me) dit
la première corneille
d’aujourd’hui ?

va préparer
ton thé

°

buée ?
la lune
à la fenêtre

°

( en passant )

les boules
du platane
pendent
au-dessus de l’eau
un canard fouille
sous son aile

(square des Batignolles)

°

le soleil
balaye sa chambre

°

ça dégringouline

°

je freine
des trois vers …

°

à la porte du pub,
sur les bouteilles de champagne :
gouttes matinales

°

je lève ma bière
les nuages passent

°

d.(11-15/9/10)

poèmes, haïkus, etc. , Py, juillet 08 – 1/2

2 novembre 2010

°

bande orange de ciel
de chaque côté
de l’enseigne lumineuse

jeune couple
sur un banc :
chacun à son ordi

elle pose son vélib’
retire son protège-selle
et s’en vaque
– début juillet

Le senryû,
c’est l’encre caustique
– À la soude !

Avançant en âge,
ralentissant …

lisant ce haïku d’Hosaï :
je pose une tasse de thé et m’étrangle,
me ressers un maté

°
(Kyôku au « yojô » :)

moins il y a de mots,
plus il y a de non-dit,
non ?

°

voyage en train –
le doux bruit de son crayon

°

alignées
sur l’appontement :
mouettes aux cris rouillés

°

jardin public :
dans une allée, des pommes de pins
dans l’autre, des boulistes

°

toujours là :
le cygne à l’aile cassée
sur le vert du gazon

°

d.(7/08)…