Archive for the ‘films’ Category

« Adieu au langage » de J-Luc Godard

24 mai 2014

Tiré d’un journal gratos un article « assassin » de Mehdi Omaïs à propos du dernier film de J-L. Godard, en lice à Cannes : « Adieu au langage, la purge absconse de Jean-Luc Godard ». Je n’ai pas encore vu le film. Je ne peux donc pas prendre parti ! Mais déjà le titre du film m’interpelle, puis, sur l’image de la photo de l’actrice Zoé Bruneau, qui illustre l’article apparaît ce bandeau écrit : « herche de la pauvreté dans le langage ». Je suppose qu’il s’agit (sur la gauche de l’écran) de quelque chose qui dit (au moins) : « (à la) recherche de la pauvreté dans le langage », ce qui n’est pas sans me plaire, si je fais le lien avec l’écriture du haïku ! :
Cela me rappelle en effet cette citation (que j’apprécie au plus haut point) attribuée à Bashô – et que j’ai post-it-ée sur le mur, à la droite de mon ordi – : « La poésie d’autres écoles est comme une peinture en couleurs. Dans mon école, on devrait écrire de la poésie comme si c’était une peinture à l’encre noire. » (Bashô entend évidemment par « poésie » l’écriture du haïkaï !)
Et donc, pour en revenir à Godard, cette rec »herche de la pauvreté dans le langage », ne peut que m’inciter à voir ce film dès que je le pourrai !

D.

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Entre chien et loup – (haïku-séquences)

25 décembre 2011

°

ce soir,
Entre chien et loup,
seul
dans la salle

°

– bientôt rejoint
par deux autres loups …

°

marchant
pieds nus dans la neige
sous la pleine lune

°

trois trous
fait le café
dans la neige

°

son visage
parmi les poissons
mouvants

°

la cherchant dans la ville,
l’énigmatique,
l’absente

°

saoûle
elle amble
dans le couloir de l’hôtel

°

les ongles (si) longs
des glaçons
méduses gelées

°

l’irrépressible ardeur
du darder
amoureux

°

sous l’arbre dénudé
un homme s’est assis
le crépuscule d’hiver

°

cendres jetées
sur les rochers
en bord de mer

°

courant en cercle
dans la neige
cent fois
mille fois
sans fin

°

: « Entre chien et loup », de Jeon-Soo-Il, 2006.

d.(24/12/11)

Haikus etc. – Py – oct. 11 (2/2)

1 novembre 2011

°

mi-octobre
une coccinelle
fait le tour d’une feuille
de post-it

°

….profite….
sur ton tas d’or
sur ton tas d’os

°

les chèvres
jusqu’en haut
des arganiers *

* : arbres dont s’extrait l’huile d’Argan, Maroc.

°

le gazon
du voisin d’en-dessous
pousse vers nous
vert

°

?????
???????
?????

°

un rayon de soleil
(qui) se balade
au gré d’un fil

un rayon de soleil
glisse
sur un fil

(1/9/09-1/11/11)

°

le banc
empli de feuilles rousses
– soleil

°

« merveilleux » ver mielleux ?

°

ce midi
déjeuné dans le
Square
René et Henri Druart
(1888-1961) (1902-1979)
Érudits Rémois Hommes de Lettres

21 octobre
une abeille encore en fleur
Square René et Henri druart

entre les rues
Libergier, Hincmar et Chanzy,
le Square René et Henri Druart *

* haïjins rémois du début du XXè siècle

au bout de l’épée
de Jeanne d’Arc :
un pot de fleurs

(- parvis de la cathédrale)

(Reims –> 21/10/11)

°

poussées par le vent
vagues et mèches de brume
– mouettes parisiennes

°

(2 portraits rev(en)us :)

bibliothèque –
elle n’a
pas du tout
la forme
d’un livre

pizz * de contrebasse
: ses seins
à contretemps

* pour : pizzicati

°

d'(encolure
en colline)s

°
(kyôku :)

lire des haïkus
5/7/5
(dont) le systématisme
endort
(autant que les sonnets
de nos jeunes années !…)

°

les piaillements
ont envahi le square
– chaises multicolores en terrasse

(Place des Frères Lumière, Lyon 69008)

°

(kyôkus :)

je suis donc je pen
se donc j’écris donc je pen
se donc je suis donc

j’écris en écou
tant battre mon coeur…

« nombrilaïku »

(il écrit
selon
son coeur)

Il se polit
le japonais… *

* cf : « se polir le chinois ».

le haïku ce n’est
ni « je », ni « pense » :
Descartes aux orties !

l’amalgame entre
haïku et tanka (court)
(= un « haïku » sentimental / lyrique, un « moi-ku »…)

est-ce un « tanku » ou un « haïka » ?

un tank- ? un anka ?

(au pas de char-je !)

la pornographie
de ce haïku qui s’exhibe
en clichés navrants !

°

rose-brun
le groin yin-yang
d’un sanglier corse *

* (sur Arte, 25/10)

°

Il photographie

°
(mot :)

CONTINUAGE

°
(kyôku ?)

tout ce qui est systém(atism)es :
à la trappe !

(les uniformes,etc…)

la momie
tombe en poussière :
5/7/5 !

°

mouche de fin octobre
aussi alerte
qu’au printemps !

°

sur la barre d’adresses

°

un bruit dans la nuit :
la planche à pain
dans l’évier

°
(Mots / Bashôtages :)

étangongrenouille

grenouillétangong

le coup de gong
du plongeon
de la grenouille

élan étang
gong vagues

—-grenouille~~~–

étang grenouille ondule

élan gong ondes

gongrenouill e

élangong

frogong

longeons étang
plongeons

plongeondes

la grenouille est
le nombril de la mare

—- HA! ^~—-

la grenouille plongea
la mare
dans la stupéfaction

la grenouille
saisit
la mare

iiiiiiiiiiiiii(ii) *

* (: saisis)

vieil étang
une grenouille
gong !

la grenouille
laissa
la mare
interdite

°

Au Maguelone *
tous les yeux rivés sur
les juments à l’écran

* bar-pmu, rue de Maguelone, Montpellier.

°

la douceur des pentes
mais la violence des vents
: descente sur Millau

(ce) vent si violent :
ces arbres se secouent en tous sens !
(- Millau)

°

emplie de feuilles d’automne
la toilette publique
à la turque

sous les poussées du vent
s’ouvre les portes
du jardin
vide

°

« Liszt a aboli le diktat de la forme » *

Oui,
abolir le diktat de la forme
pour le haïku aussi !

* (dans la composition musicale – FR3, 24/10/11)

°

mettre son haïku
à sécher
sur le fil

°

Un « écrivain » doit faire la lumière,
donc
éclaircir ses mots !

°

mère (91 ans)
redistribue les haïkus
de l’anthologie

°

(le) gONg
(frappé au centre
par tout un chacun)

°

vêtue

clad
with a ciggie

(rêve 26/27)

°

limé
élimé
éliminé

°

fermer un cerc(uei)l
un cercloeil

(monocle = cercloeil)

°

le parapluie
se retourne-t-il
/ dans sa tombe ?
/ quand ça tombe ?

°
(kyôku)

Fluidifier le haïku :
ôter tous ses obstacles
: ponctuation(s) – dont kireji…

°

cerises noires :
les écouteurs
sur l’oreille

°
(citation :)

« Qu’est-ce qu’un oui sans non. Un été sans hiver. »
Steven Tyler – Aerosmith.

°

la lenteur
comme exercice
de progrès (…)

°

« Aux Berges de l’Aveyron » *
==>
Aux verges de l’abbé rond ?

* : près de Rodez.

°
(Bashôtages ? :)

souvenir(s) de(s) guerriers
(de 14) – les champs cultivés
(vers Verdun)

souvenir(s) de(s) guerriers
de 14 – un champ
d’éoliennes

°

mariage à la campagne

°

« le 5/7/5,
ça les rassure »
me confi(rm)e Dorothy

le haïkuiste aux cents filets (maillés 5/7/5)
et
le haïkiste sans filet (: de forme(s) libre(s))

°

pas de vent
sur la colline :
dimanche d’éoliennes

°
(Bashôtages ? :)

perché sur un piquet
(au-dessus de l’autoroute)
un oiseau de proie

(- attend le crépuscule)

corbeaux perchés

corbeaux posés

corbeaux

°

tous les dégradés

°

moucheron
son dernier vol
entre deux pages

moucheron

°

le coin du canard du coin …

°

À paraître :



À disparaître :
.
.
.

°

nuages stratifiés —
collines embrumées

°

ré . . . glisse

°

une flûte
joue
ses bulles
.
.
.

°

la brosse-à-dents
de la couleur
du gong

°

peuplier
peuplé de feuilles
seul(e) au sommet
– veille de novembre

°

toutes les éoliennes
au ralenti
: grand bleu
du dernier octobre

°

pièce d’eau :
des feuilles,
des plumes,
en surface

°

il suffit d’une pomme véreuse
pour
confondre le ciel

°
(kyôku :)

3 vers
maçons
où (le) silence
est (le) ciment

°°°

dp. (15-31/10/11)

Haiku, etc. de Py – sept 11 – (4)

2 octobre 2011

°

la cigale chante comme-ci
la grenouille chante comme-ça
– Qu’y pouvons-nous ?

il faut de tout
pour ne pas s’en faire
un monde !…

°

papillon,
passeras-tu septembre ?
ton vol égal !

épouser les papillons

les peupliers…les papillés

°

le train passe
un sac plastique s’affole

°

insomnie –
les photos de mes enfants
heureux

°

d’illusions
en ermitages
– et retours ?

°

……………
…yourte…
……………

d.17.9.11

°

.ce peu
n’est pas
…rien

« Ainsi la hutte, qui est peu, n’est-elle pas rien du tout. » Chr. Doumet inTrois huttes, Fata Morgana, 2010 – 3) Bashô, p.116.

°

..transparence..
intranscriptible

la TRANSPARENCRE

°

le monde
contient la possibilité
d’une fois

tout

°

« Les mots, dans le temps même où ils nous approchent au plus près de l’inconnu, nous le dérobent » Chr. Doumet, in Trois huttes, p. 39 (Thoreau).

DÉROBER
N’EST PAS
DÉVOILER

Que révèlent les mots ?

Que cachent les mots ?

un mot
peut en cacher

un autre

ce mot
bouche
la vue

l’ombre
du
mot

faut-il
se déporter
des mots ?

– apprendre
de biais ?

contourner
les mots

– se détourner
des mots ?

– abattre
les mots ?

°

gourou,
tu cours où ?
fais courir où ?

°

où se réfugient
les oiseaux
quand il pleut
si fort
si long
?

(Fête de l’Huma, 17/9/11)

notre Fête de l’Huma :
Joan Baez
sous les trombes d’eau

°

Montrer
transparamment

°

sols….tice

équi….noxe

°

cl…..ic

°

« Dégraisser le » haïku –
Amincir le haïku
des mots « morts » :

creux, vains, inutiles, voire même nuisibles…

°

« vers mi-sots »

°

– Se retrancher du je(u) ?

°

étendu le linge
puis étendu l’homme
au soleil
– dimanche de septembre

°

Écrire, c’est prendre ses distances
avec une certaine « réalité »
– fausse ?… : par exemple celle
en laquelle « on »* s’ingénie à nous faire croire.

* = nos « gouverneurs » de tous bords…

« Ni dieu, ni maître ! »

°

des wagons aveugles
(fermés ; plombés ?)
passent sur le pont

(Orly, 19/9)

°

des feuilles rousses
dans le sas –
rentrée de septembre

°

en haïku, faut-il « nommer » (/ « préciser ») ?

– : génériquer !

°

(5/7 :)

croquer dans la pomme
étiquetée « tentation »

°

« Happening » / « Montage » (d’une)
Exposition (permanente ? en tous cas
dans le plus d’endroits possibles à la fois)
des statues en pied (en cire genre Grévin ? / en carton ?)
qui inondent un lieu (jusque dans les toilettes, etc. la cour, les différentes salles…) –
Voir / Constater les réactions des visiteurs, des agressés, etc.
du couple Sarkozy (dont un ventre gros…)

°

« Mesdames et Messieurs, le départ
de notre train est imminent » :
Deux bombasses * arrivent
on les attend

* en bout de souffle

Mettez
la là,
votre bouteille qui glisse !…
(- TGV.)

°

Tromper le temps = le devancer ?

le temps devant soi –
établé –

(ex.: une heure et demie à glanduler)

°

petit dictionnaire lustré …

°


….pouille

°

7 h 30
les quais déjà longs de monde

(Orly, 20/9/11)

°

Lord I.
et
Lord Inateur

°

Mouvements de taï-chi –
une mouche
sur la barre de danse

°

« mouspique »,
insistait l’enfant :
on doit dire « un mouspique » !

°

salle des pas perdus
– comme un pigeon (lent)
picorant des mots

°

mon goût pour la viande a varié

°

ré….partir

°

dé….porter

°

les mollets du postier
sur sa machine !

°

ha….mac

ham….mock

°

ré….duire

°

ce pigeon ignore
que son maïs
est transgéniqué

°

Mets tes boules Quieski

°

un moucheron
aussi insomniaque
que moi !

°

arrêté de boire :
remportant à la tombola
une cave à vins

°

extraction dentaire –
encore un formidable jour

extraction dentaire
le roux et vert du parc

pendant qu’il anesthésie ma gencive,
sa respiration

m’approchant du pont
: remous dans l’eau

°

marrons écrasés
dans la cour de récréation
des petits

°

Haïkus en déconstruction

un haïku décroissant

°

(Busonade :)

un papillon
sur une cloche
endormie

°

l’oeuf haïku
les mots spermatos

°

son livre
ouvert en lotus

°

(en haïku :)

tout ce qui risque de « ternir » l’image :
effacer !

°

pick-pockets =
pioche-poches ?

°

5/7/5 : quand la forme tue parfois le fond

°

la cheminée rejette
dans les couleurs du matin –
bébé babille

°

sur le pont de la péniche
des pigeons
passent

°

penchée sur ses devoirs

penchée sur ses devoirs

°

jusqu’où le haïku
lard minimal

le haïku c’est (aussi)
se passer de(s) mots.
Question : jusqu’où ?
/ jusqu’à quel point ?
/ quelle limite ?

Y a-t-il une limite
inférieure / minimal(ist)e
au haïku ?

°

.

°
= (à) la pointe du haïku

°

.

°
= haïku monostiche vu de côté, en Occident
/ vu du dessus (ou du dessous) au Japon

°

l’âne voit en l’homme un âne
le Bouddha voit en l’homme un Bouddha

°

flûte pentatonique
creusée dans un
radius de vautour

« Ce n’est pas moi qui peins,
c’est la fourmi qui peint. »

crocodiles albinos –
le petit doigt tordu
du peintre rupestre


= in La grotte des rêves perdus, film de Werner Herzog, sur la grotte Chauvet.

°

.
.
.

°
= haïku occidental (tercet) vu de côté

°

les mots effacés,
reste le haïku blanc

: entièrement

ou presque, selon qu’il reste
encore quelque(s) mot(s) ou
bribe(s) de mot(s)
visible(s)…

le haïku : anti-conceptuel / a-conceptuel (?)

le haïku « minimaliste »,
dans un rejet de toute « émotivité »
(subjective ?) ?

minimart / minimaïku (?)

°°°

d.(sept 2011)

Montrer…

18 septembre 2011

°

sur le sable mouillé
l’orangé du soir
qu’emporte la vague

°
d.(2008-2011)

: d’après un plan de l’admirable film de Doris Dörre : « Cherry blossoms » ( « Sakura »)

[Commentaire perso- :

Montrer
transparemment.
]

haïkus, etc. – Py – (11-15/9/10)

29 novembre 2010

°

écrits maigris

Écrire maigre

°

(To buée or not to buée :)

Je respire
donc j’essuie
– la vitre

°

elle s’évente
et m’évente,
la noire en éventail

(Ligne 13)

°

une grande vraiment mince –
plus de baguettes
à la boulangerie

°

premier pigeon
du matin
de la couleur des toits

°

le jour entre
petit à petit
par sa fenêtre

le bleu
de son couvre-lit
se lève

°

près des haïkus
la théière
et le bol
– de vide à plein
de plein à vide

°

le vent fait onduler leurs voiles
longs mais légers,
le douze septembre

(gare de Choisy)

°

tiens,
la vitre
se strie
(de haut en bas) :
le paysage
se rapproche

°

(du haïku :)

je crois que s’il n’y avait qu’une règle au haïku, ce serait :
le sens du présent

°

prendre son courage
à aujourd’hui

°

petites fleurs,
petites fleurs bleues
qui éclairez ma journée,
Vivez !
Réjouissez-nous
et réjouissez-vous !

(Vitry s/Seine)

°

prenez le temps
de vous arrêter,
(d’arrêter tout,)
surtout s’il s’agit
d’écrire un poème !

°

je lis dans la rue :
« Attention
gros morceaux ! »
Il s’agit de pépites
dans des glaces
au chocolat…

°

rythmant ses mots
de son briquet :
terrasse du lundi soir

°

deux chiens se niaquant
sur le trottoir :
leurs maîtres inséparables

deux molosses
s’en prennent au colley/t

°

rapide comme l’éclair
venu reparti :
un haïku

yeux détournés un instant :
le haïku perdu

comme un
éclair dans le ciel
sans que j’aie su m’en saisir :
ce haïku
volage

°

les lumières de la ville
s’allument :
m’étoiles

°

(sous influence zen ? :)

le claquement de deux mains :
mite !

mites,
priez votre dieu
pour vos âmes !
votre corps
je m’en charge !

Ah,
tachées à mon mur
: 2 mites

le sang des mites
reste brun
: 7 d’un soir

8 victimes
de ma terrible main
: cuisine

°

les chats ont neuf vies,
paraît-il –
mais le sésame, combien ?

°

ces poètes
qui patinent
dans le pathos :

ces larmoyants

larvoyants
?

°

des tasses
et des tasses
de lune :
toujours pas bue

Insaisir
la lune

(hein, Li Po !?)

la lune
danse
autour de l’homme
depuis toujours
jusqu’à jamais

face à la lune
il sait
qu’il n’est
qu’illusoire

autour du mot lune
la première corneille
vient crailler

au fond du bec
des corneilles :
le bleu du jour

°

le jour entre
par la porte de la cuisine
le pain cuit
sort de la nuit

°

que le présent
dépouillé des mots

°

chaque matin
passer le gant
le jeter

°

à midi :
Le Grand amour !
(: film de Pierre Étaix)

°

que (me) dit
la première corneille
d’aujourd’hui ?

va préparer
ton thé

°

buée ?
la lune
à la fenêtre

°

( en passant )

les boules
du platane
pendent
au-dessus de l’eau
un canard fouille
sous son aile

(square des Batignolles)

°

le soleil
balaye sa chambre

°

ça dégringouline

°

je freine
des trois vers …

°

à la porte du pub,
sur les bouteilles de champagne :
gouttes matinales

°

je lève ma bière
les nuages passent

°

d.(11-15/9/10)

Haïkus etc – Py – 1er sept 2010

13 octobre 2010

°

a shit
in a sheet of paper :
parisian pavement

°

bibendhomme
mort
sur la Loire

(après avoir vu « Poetry » de Lee Chang-Dong :
un souvenir orléanais de jeunesse)

°

à chauffe-pourpoint :
sur le gaz du moment !

°

cyanurgence (?)

panurgence ?

°

(lettre à P. de M. :)

Le présent (de l’indicatif)
est vraiment le seul temps du haïku :
ça le rend vraiment
plus fort, vivide, concret !

°

Les ailes de l’oisif.

°

une belle mouche
de la taille moyenne des mouches
ce premier septembre
chez moi

°

« plötzlich ! » :
un des mots du haïku !

°

le sourire
de la prune
qu’on fend

°

au mur
un clou

°

un avion
traverse une grue
– rien

°

crépuscule –
sur les toits les pigeons attendent
le retour du
« maître du pain »

°

ô, ces traînes de nuages,
ces étrennes de nuages,
tous les soirs !

°

l’avion disparaît
dans le rouge des nuages
: premier septembre

au bout de la grue
la première étoile :
premier septembre

premières étoiles rouges
au ras de la ville :
le haut des grues

la lumière de l’avion
parcourt
le balancier de la grue

lentement,
loin,
l’avion grimpe
le long de la grue …

°

Ils regardent
l’écran de leur télé –
je regarde
l’écrin
du soir
ébleuissant

°

d.(1/9/10)

Ah, revoir Pierre ÉTAIX !

3 septembre 2010

°
Bonjour à tou(te)s !

Après de nombreuses années d’un blocage juridique insensé (interdiction absolue de montrer ses films ! – on se demandait s’ils n’allaient tout simplement faire disparaître tout ce génial pan de notre culture cinématographique comique – et quand je dis humour, je dis fin, intelligent, subtil, spirituel – frère ou cousin proche, si vous préférez – de Jacques Tati – et pas grassouillet, vulgaire, lourd ni beauf qu’on nous ressort à intervalles plus ou moins réguliers sur nos écrans franchouillards !), les films de Pierre ÉTAIX, clown, cinéaste, dessinateur, gagman, magicien, affichiste… sobre et génial, peuvent ressortir sur les écrans !

Vous pouvez DONC vous précipiter à Paris, au seul cinéma du 4ème arrondissement, j’ai dit l’excellent « Nouveau Latina », qui repassait « Le soupirant » hier ! ; aujourd’hui vendredi à 12h et 15h30 (+ lundi et mardi prochains): « Tant qu’on a la santé » ; et demain samedi à 12 h et 19h30 + dimanche à 12h + 20h15 son film le plus célèbre : « Yoyo » (+ « Joyeux anniversaire« ) !
Inutile de vous dire que vous pourrez m’y rencontrer, sinon à toutes les séances, tout du moins à chaque film , s’il vous tente de partager de grands moments d’émotions !

Exemple de ses traits d’esprit (dans ce recueil publié au Cherche Midi en 2009 Textes et textes Étaix :

JUSTE CIEL :

« Voici l’histoire d’un grand homme de ce bas monde. Dès son jeune âge, engagé volontaire dans une mauvaise voie, il vola de ses propres ailes tout l’argent de ses parents… »

AVANT-DERNIÈRES VOLONTÉS :

 » Je lègue à la science qui en a tellement besoin ma tête chercheuse avec sa cervelle d’oiseau et sa suite dans les idées…  »

et enfin :

 » – J’ai bien connu Adam et Ève,
quels connards, ces deux-là !  »

°

bien à vous
et vive Étaix !

daniel

Haïkus, etc. de Py, juin 2010

30 juin 2010

°°

constellations de somolive *
dans mon masala **
– premier juin

* margarine « bio »
** boisson à base d’épices

Monsieur avec Madame Bouchaoreille

Une carabine téléphonique

Horties :

Exhorte-feu
Cohorte-feu(x)
Escorte-feu

rapiat
rap(i)ace

traversant mai
martinets
en juin

parfois un martinet
pris dans la toile
de l’échafaudage

Traverser
dans les haïklous

QiGong
le long de l’odeur
du pin

sur le rebord de ma fenêtre
un coin de ciel
en zinc

une samare
prend
le R.E.R.

Parc de S(c)eaux
sous la pluie
les oiseaux

juin
le nouveau couvre-lit vert
de la voisine

son sein arrogant
ma main caresse

bavant seul sous la lune

(cf Li Po : « Buvant seul sous la lune »)

(patine :)

les couleurs passées
des tulipes
sur l’assiette

Lisant le synopsis d’ « Hatchi »
(film de Lasse Hallström),
éternuement.

belles gambett’a
avenue du même nom

(→ 13/6/10)

troncs d’oliviers
ornés
de mues de cigales

°

aux gros seins
elle se penche :
salle de lecture

dans son décolleté
ce
« haïku »

°

Dans « Première Neige »
le « caquette ô caille »
de Kakei

(cf Jours d’hiver de Bashô, POF p.25)

Boulevard Moustachès

( : Boulevard Barbès)

Tromparaître

tous ces copeaux de zinc
sur le chantier
le ciel gris

sur chaque vague
qui se forme
un liséré de lune

(2003 ? -→ 17/6/10 ? cf L’Année Haïku de D.Py, ’tHoge Woord 2003)

Sa mort le trouve.

coloriage :
mouvement rond de sa main
ronde poitrine

°

soir de match
aucun cri dans la rue
= pauvre France / ?

Vuvuzelas –
le si grand silence
de la rue

°

Une relation amicâline

métro –

dans son décolleté
un grain de beauté

Haïku-vache :

la vache
entoure l’océan
une ceinture de nuages

poète :
voit son avenir
en vers

téton
titillant
le centre de la main

on perce le bois
on creuse des trous :
réfection de cathédrale

été subito
la roue du vélo voilée

son sexe ploie
inopportunément
flop !

Serrons-nous – ( : ancien :)

Serons-nous tous ainsi
entassés dans la mort ?

– métro

sirène de beauté…

(ancien : 199? – rue du Fbg St Honoré)

vendredi 13
un aveugle pénètre
dans une miroiterie

le soleil se couche
et bientôt la voisine ?
– fièvre

je regarde :
elle passe
son haut de pyjama

Kyôka – en lisant une e-revue : –

un « haïku »
qui ne décolle toujours pas,

tout englué qu’il est
dans (de) la « poésie » !

les martinets
sifflent de frais
fin juin

Kyôku :

Étendre,
Repousser les limites / les confins
du haïku…
(?)

°

(Par cinq) :

une petite fleur
le silence

( : à Marcel Peltier.)

bousculant l’aube
les oiseaux

l’empyrée
sur mes épaules

une fois aussi
la lenteur

°

ce haïku
non inscrit
sur le rouleau
de la mémoire

disparu(s)
de la mémoire
haïku(s)
blanc(s)

oublié
haïku
blanc

°

Ah, les merles !
sur fond de moineaux –
dernier dimanche de juin

°

Kyôbun olfictif :

Le haïku français,
ça peut être un alexandrin
+ … ? :

douceâcres les odeurs de nos corps en amour

°

Kyôku au « dieu-haïku » :

du haïku
comme de dieu :
taire le nom (?)

Religion :

D’yeux que pour ses seins …

mots noirs
sur nuits blanches
et qui bougent …

Croquille

une voiture course l’aube –
dernier jour de juin

un homme
le regard vers
les mollets d’une fille
qui passe

v’entr’aperçu…

piste cyclable
en pente douce
son encolure

sa mélancolure

Veille de juillet
martinets
crient

°°°

d.p.(6/2010)

Haïkus … de Py, février 2010

7 mars 2010

°

(tanka m-a) :

crétin sentimental :
chaque fois
que je prends
ton livre,
je l’embrasse

(1/2)

°

olisbos,
bel os lisse

°

(Une petite famille : )

Carla Bruti
Et
Nicolas Bruti

(3/2)

°

les si grands ciseaux
de grand-père
pour découper les cuirs

dans un pot
(de fleurs)
la neige

ailes précipitées
des pigeons :
la grêle

Ah,
le goût des premières blondes…
– vite dissipé(es) ?

(10/2)

°

Les mannequins
pour opticiens :
afin que l’on voie mieux
leurs seins ?

Théâtre de Guignol –
des bancs blancs
gouttent
au soleil

l’homme
au corbeau dans la neige :
« bonjour mon pote ! »

(Buttes-Chaumont, 14/2/10)

carnaval
un cheval
s’envole

(défilé de l’)Année du Tigre :

au ciel
un cheval
s’envole.

de l’arbre
s’envole
un coeur rouge –
St Valentin

°

je la vois
de face
et lis :
 » voir profil  »
– Est-ce bien utile ?

°

sur mon lit
un confetti :
l’année du tigre

lendemain du défilé :
de la poche du sac
des confetti
s’échappent

lendemain du défilé :
de ma poche
deux confetti s’échappent

Chi-kong au parc –
trois gouttes de son nez
à intervalles

graviers
leurs ombres longues –
Qi-Gong au parc

(Square L. Serpollet, 15/2/10)

°

elle m’écrit :
 » je ne croiX pas !  »

(15/2/10)

°

au fond du bus
trois passagers
dans leurs bouquins
– embouteillage

(L.66, 16/2/10)

°

rue bruyante –
derrière la vitre
un homme remue un archet
sur un violon

(rue de Rome, 17/2)

La Pivellina –
une femme à la chevelure rouge
ouvre une boîte aux lettres verte

(17/2)

°

J + 5
: de son sac
encore
quelques confetti

profitant plus longtemps
de ses cuisses au soleil
– arrêt du bus 19
février

« Elle est déjà chez Orange,
maman ! »
dans son sac, une clémentine.

(Vitry s/Seine, 19/2)

°

la pluie
de plus en plus blanche
– le cri d’un corbeau

(rue des Meuniers, 75012, 20/2)

°

sortant du conservatoire
ce soir
un air
de douceur
pré-printanière

(22/2)

°

un éléphant
rose et blanc
sa trompe
contre le trottoir
– février humide

wu-ji au parc :
fines aiguilles de pluie
et pépiements d’oiseaux

_

Qigong abrité
sous le kiosque à musique

le ballon rouge
coincé en haut de l’arbre :
en quelle saison
tombera-t-il ?

23/2

°

L’éclair scie
Un pan de cie
L
Pan !

( J’attends l’arcan
ge)

°
(kyôkus – bashôtages – onomato-ku(s):)

un godillot
dans l’o :
plouf !

un pavé
dans l’amarre :
chboïng !

°

admirant la souplesse
du grand cèdre
dans le grand vent
(- fin février)

(27/2)

se préparer à partir, (nu)
faire le vide,
éliminer (le superflu)…

« Votre cadeau d’adieu devrait être la liberté. »

D. Loreau, L’Art de l’essentiel, J’ai Lu, 9051, 2008, p.242.

le palmier
à ras-terre
aussi pitoyable
que l’albatros
de Beaudelaire

la mannequin
de Lise Ducharme
mmmh !
: appel de la langue

(Millau, 27/2)

sous le gris noir du ciel
le rose des murs
plus intense

gestes de mère en son lit
– le grand vent dehors

une pie
et une perdrix ( ?)
dans le champ
vers le grand pont
(de béton)

(27/2, Millau)

°

soulevant parfois
un grand pan d’au-delà
: ronflement

bientôt 90 ans,
les ronflements de mère

°°

un bonjour retentit
dans le couloir
porte qui claque

(Foyer Soleil, 28/2)

(Kyôbun / haïbun à la porte qui claque :)

un bonjour retentit
dans le couloir
porte qui claque

Haïku(s) :
Miette(s) de vie.

°°

Mars giboule …

(28/2)

°

les tic-tac du réveil
plus rapides que
le cœur dans l’oreille

– essai de sieste

parlant chi-kong
son téton bande

le palmier à ras terre :
queue de paon
piteuse

« merveilleuse »
« MERVEILLEUSE ! »
souffle-t-elle à la télé
(dimanche soir)

roulement de moteur
des ours à la tétée

(FR 5, 28/2)

°

Pleine lune
Il touche son ventre

(bus Millau-Rodez, 28/2)

°