Archive for the ‘train’ Category

« So Happy to see Cherry Blossoms »

27 janvier 2017

Haïkus de l’Année des Grand tremblement de terre et raz-de-marée, anthologie par Madoka Mayuzumi, Ed. Red Moon Press, 2014 :

ABE Ryûsei (11 ans, ville de Yamada, Iwate) – 48 :

Je suis si content de voir les fleurs de cerisier à pleine maturité *

ce haïku donna à Madoka Mayuzumi le titre de son anthologie : « So Happy to see Cherry Blossoms », (Haïkus de l’Année du Grand Séisme et du Grand Tsunami), Red Moon Press, 2014.

°°

AKAGAWA Seijô (86 ans, Sendai, Miyagi) – 75 :

condoléances pour le séisme même du saké doux dans le colis

°°

AMI Takao (66 ans :Sendai, Miyagi) – 62 :

La mer s’étant calmée je verse du jeune thé *

« Shincha » (« nouveau thé ») renvoie au thé cueilli à la fin du printemps et mis sur le marché au début de l’été.

°°

ARA Fumiko (91 ans : Village d’Iitate, Fukushima) – 30 :

froid printanier douloureux d’évacuer à 90 ans

– 95 :

Même pendant l’évacuation les répliques continuent jusqu’au Festival d’O-Bon

°°

ARA Kazuko (63 ans, de Minamisôma, Fukushima) – 50 :

Au quartier des affaires frappé par le désastre viennent les hirondelles

°°

EBIHARA Yuka (44 ans : Minamisôma, Fukushima) – 34 :

désastre du séisme débris empilés sur la Colline des Fleurs

– 97 :

La lumière de la pleine lune enveloppe lentement un village dépeuplé

°°

FUNAHASHI Matsuko (59 ans : Minamisôma, Fukushima) – 61 :

le train abandonné sur sa voie la pluie de mai

°°

GORAI Shôko (78 ans, Minamisôma, Fukushima) – 67 :

Evacuée la maison vide murmure de jeunes hirondelles

– 90 :

A Tanabata * « Je veux maman » dit un enfant de victimes

* Tanabata, un des cinq festivals sacrés du Japon.

G.S : « Un garçon de quatre ans qui perdit ses parents dans le raz-de-marée dit « Je veux maman », quand on lui demanda quels étaient ses souhaits pour les parures de Tanabata. »

°°

HATTORI Nami (64 ans, Shiogama, Miyagi) – 17 :

Panne dans la cuisine seule une lune trouble

°°

HAYANO Kazuko (81 ans, ville d’Iwaizumi, Iwate) – 101 :

ville natale près de la plage après tout de nouvelles pommes de pin

°°

HIRAMA Chikuhô (89 ans, ville de Shibata, Miyagi) – 82 :

sous le soleil brûlant un bateau flotte sur un monceau de débris

°°

HOSHIZORA Maiko (18 ans, Kesennuma, Miyagi) – 111 :

l’année qui s’achève cette année je n’ai que trop pleuré

°°

KAWABATA Michiko (80 ans, Ishinomaki, Miyagi) – 92 :

au pays des séismes des voix allègres pleines de soleil automnal

°°

KIKUTA Tôshun (84 ans, Kesennuma, Miyagi) – 110 :

en récupération dans un camp provisoire le saké est chaud

°°

KOIDE Toshie (75 ans, Minamisôma, Fukushima) – 108 :

enroulant un enfant dans une seule couverture la nuit du raz-de-marée

– 58 :

Les hirondelles n’ont pas oublié la maison endommagée

°°

KOIKE Michiko (41 ans, de Miyako, Iwate) – 43 :

amassant la boue à la pelle rejetant la boue à la pelle lueur du soir de printemps

°°

KONNO Eiko (69 ans, Fukushima, Fukushima) – 70 :

emporté un bateau de pêche reste là dans le champ estival

°°

KÔRI Ryôko (77 ans, Minamisôma, Fukushima) – 71 :

à Fukushima les humains ne peuvent plus vivre les herbes prospèrent

°°

MIYAKI Mieko (63 ans, Minamisôma, Fukushima) – 68 :

Evacués mère et fils sortent voir les lucioles

°°

MORI Mikiko (40 ans, Kesennuma, Miyagi) – 98 :

Sur le pays dévasté la lumière de la lune brille franchement

°°

OKADA Akiko (78 ans, de Tagajô, Miyagi) – 44 :

comme en rampant une autre réplique arrive dans l’obscurité printanière

°°

ÔMIKA Chieko (85 ans, Minamisôma, Fukushima) – 100 :

Avec le désastre difficile à cerner le froid qui s’insinue

°°

SAITÔ Kazuko (82 ans, de Sendai, Miyagi) – 52 :

en moi les répliques sont venues habiter profond printemps

°°

SAITÔ Keisui (77 ans, ville de Yamamoto, Miyagi) – 40 :

Il ne reste que des débris dans ma ville natale la montagne sourit *

* Le mot de saison, « yama warau », « la montagne rit », « la montagne sourit » désigne le printemps. Il provient de la première ligne d’un poème chinois écrit par le peintre « de montagne et d’eau » Guoxi (1023-1085) :
la montagne de printemps est simple-sensuelle, comme si elle souriait **

(…)

** Le caractère chinois pour « rire », « sourire », signifie également « fleurir ».
N.B. : Nombre de kigos japonais proviennent du chinois (voir aussi un article récent sur https://haicourtoujours.wordpress.com/, à ce sujet).

°°

SAKAKIBARA Kôji (35 ans, Morioka, Iwate) – 115 :

dans un port alignés pour une prière silencieuse le Premier jour de Travail

°°

SATÔ Isao (69 ans : village de Noda, Iwate) – 63 :

resté maintenant seul, cette brise odorante

– 107 :

se regroupant autour de lampes provisoires l’hiver commence

°°

SATÔ Kuniko (79 ans, Minamisôma, Fukushima) – 16 :

les vagues du printemps en partant avalent mon village

°°

SATÔ Nobuaki (77 ans, Iwanuma, Miyagi) – 74 :

Tenant un pot de roses elle déménage dans une maison de fortune

°°

SHIGA Atsuko (78 ans, Minamisôma, Fukushima) – 27 :

Où je suis venue fuir les radiations les pissenlits jaunes

°°

SHIGA Hideki (81 ans, village de Kawauchi, Fukushima) – 65 :

un seul pin dans le raz-de-marée du siècle debout, vert

°°

TAKAE Sueko (77 ans, Minamisôma, Fukushima) – 89 :

les rails d’acier de la ligne désaffectée rouillant : vulpins *

queues de renard.

°°

TAKAHASHI Aiko (83 ans, Minamisôma, Fukushima) – 94 :

Père Mère au travers de violents séismes je lave leur tombe

°°

TAKANO Mutsuo (64 ans, ville de Tagajô, Miyagi) – 45 :

sur la quille du bateau retourné les fleurs de cerisier n’arrêtent pas

°°

YOKOTA Kiichi (83 ans, village de Kawauchi, Fukushima) – 93 :

Pour Tanabata je souhaite seulement que l’évacuation soit suspendue

°°

YOSHIDA Keiko (70 ans, ville de Shibata, Miyagi) – 51 :

Les cerisiers fleurirent et se dispersèrent avec les enfants qui ne reviendront pas

°°

YOSHINO Hiroko (38 ans, ville de Namie, Fukushima) – 15 :

froid printanier et la maison et la voiture emportées

°°°

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Ôkuma Nobuyuki (1893-1977) par Makoto Ueda

5 mai 2016

in Modern Japanese Tanka, pp. 133-144 :

(Extraits)

°°°

Intéressé des ses débuts par le tanka prolétarien. Contributeur régulier de la revue de gauche « Seikatsu to geijutsu », fondée en 1913 par Zenmaro. Co-fonda une revue de poésie en 1927. Fut également membre fondateur de la Ligue des Poètes du Tanka Emergeant en 1928. Il se tourna plus vers l’innovation formelle du tanka, explorant les possibilités du tanka de style libre… S’arrêta d’écrire de la poésie au milieu des années 1930. Professeur d’économie dans plusieurs universités. Populaire avec ses étudiants, il se joignait à eux en discothèques, même après ses quatre-vingts ans. Ôkuma Nobuyuki kashû (Les tankas recueillis de Ôkuma Nobuyuki), publié en 1931, fut son seul recueil de poésie édité de son vivant.

°°°

FETE DU TRAVAIL * (4 poèmes) :

le cri de bataille

s’élève vers le ciel

les troupes de policiers

tout autour

se reposent sur l’herbe

calmement les citoyens

regardent les manifestations

de la Fête du Travail

plusieurs centaines d’entre eux

dans l’ombre verte

ses bras

fermement tenus

à droite et à gauche

par des mains de policiers

épée à la ceinture

camelot

poussant une voiture à bras

pauvre gars!

au milieu de cette immense

foule de la Fête du Travail

°

* Contrairement à la tradition et à l’usage par la plupart des autres poètes de waka et de tanka, les tanka de Nobuyuki ont des titres.

°

HUMAINS ACHETES ET VENDUS (2 poèmes) :

les années passant

leurs plaintes s’affaiblissent

de plus en plus

ceux qui vivent encore

après qu’on leur a rogné les ailes

peu importe ce que ce monde

pourra devenir,

qui fera amende honorable

pour ces larmes ruisselantes

°

DECLARATION ENFLAMMEE :

jusqu’ici

vous pouvez avancer

mais pas au-delà

voilà ce qu’ils disent

 

avancez au-delà!

°

ET PUIS :

j’ai toujours agi ainsi

j’agirai toujours ainsi

si je n’agissais pas ainsi

que pourrais-je faire d’autre?

°

VOYAGE EN TROISIEME CLASSE PAR TRAIN DE NUIT (3 poèmes) :

le train roule

la poitrine blanche ballotte

le bébé pleure

les yeux d’un jeune homme

en face

se ferment et s’ouvrent

immuable sur son siège

tête baissée

un fermier âgé dort

respirant

de sa poitrine massive

°°°

(Tr. fr. D. Py).

Haïkus, etc. – Py – oct. 2015 – 3/3

19 novembre 2015

°

(Kyôbun) :

Haïku :

ne pas en rajouter dans l’émotion, dans l' »émotionnalisme », dans la sentimentalité, le sentimentalisme…

rester « discret », « pudique », « voilé », « léger », sensible mais « subtil » avec ses propres émotions (et celles du lecteur ?). Ne pas chercher non plus ce genre d’effet d’affect

°

submergées les digues 5-7-5,

mais l’esprit de l’eau…

°

la marée était bulles…

°

vieillissant,

ne s’arrangeant pas le portrait

il avait cru

pouvoir devenir beau

en vieillissant

– désillusion

Il avait cru

pouvoir s’arranger

le portrait

avec l’âge

– macache macaque !

glace(s) sans fond(s) de teint !

ça ne s’arrange pas

en vieillissant

m’affirment ces miroirs

miroir

ou

rides, ô ?

°

l’hiver

les mouches

(s’en) reculent

s’encoconnent

au chaud du bois…

°

écrire est le centre du nombril du stylo

°

le jour

passe par la fenêtre

tout en douce

et vient dérober

l’ombre

°

deux soeurs pénétrèrent dans le bar

les verres

se turent

(2006 ?)

°

(Kyôku) :

Etudier les techniques des liens du renku

pour maîtriser ceux du haïku.

le kireji étant le pivot (central) du haïku.

°

(Kyôku) :

Evitez que votre haïku

soit une toile

où s’engluent vos mots !

°

(B)

devant le paysage automnal

qui défile

un voyageur coréen

chante a capella

(A)

sur son écran

une chanteuse

se déhanche

muettement

(TGV Strasbourg-Paris, 26/10)

°

un avion dans le ciel d’Orly

le trait horizontal

de sa bouche fermée

°

automne déclinant

l’araignée passe de la lumière

à l’ombre

sans sourciller

°

coupures d’ongles orange

la lune curcuma

°

Nous sommes voisins

de la pire espèce (qui existe) :

les hommes

°

haïcoudre

°

Haïkus de formes libres

Haïcoudées franches ?

°

5-7-5 : l’appât rance du haïku

°

train :

Assisoler

: boules quies

°

Evoluhaïku

°

Faire sauter les grenouilles

au présent du haïku

°

haïku in progress

°

Attendant la fin de sa réunion –

le vent souffle

les feuilles volent

(: Virginie, Millau, 27/10/15)

°

L’exploraïku

haïku-limites

°

Le haïku n’est pas une poupée gonflable

°

re
lier

°

le crépitement (des mots) de la pluie
sur le (clavier du) toit –
Millau, fin octobre.

°

les parapluies roses *
(ouverts) au-dessus de la rue
– les autres
à dos d’hommes

* : campagne anti-cancer.

campagne anti-cancer –
des parapluies roses
ouverts sur la ville

°

« Je veux me souvenir! »
« Je veux me souvenir! »
chante-t-elle au Foyer

(: Les Cheveux-d’Ange, Millau)

« Oui, j’ai fait une dent »
dit la vieille dame
jouant au scrabble

à la télévision
certains résidents préfèrent
l’aquarium

« – Vous n’avez pas fait la sieste ? »
« – Oui, avec les poissons ! »

lançant son lancinant leitmotiv
« J’ai mal partout! J’ai mal partout! »
à longueur d’après-midi finissante

un couple passe :
trois cannes
pour deux

le déjeuner fini,
tourner le fauteuil
vers le paysage rutilant

admirant le bouquet
varié d’anémones
sur la table du déjeuner

puis se retirant
à l’intérieur de soi

fin du déjeuner
maman
sur le paravent
compte les papillons

la bouche ouverte
de l’après-midi
le silence des résidents

télévision éteinte –
la bouche ouverte des dormeurs

le si lent temps des très âgés
que peu à peu
ils rejoignent

les sans pas
peu à peu
rejoignent le temps

le temps étal des très âgés…

la sieste au Foyer
dehors le bruit
d’une scie

la sieste au foyer –
dehors
une tronçonneuse

une voisine de chambre :
on dirait un jockey
exhortant sa monture…

°

Pour moi, le 5-7-5
n’est plus un critère,
c’est un balancement
comme un autre

°

corneilles caquetant toutes
Avenue Jean-Jaurès
ce soir du 28

°

devant le paysage rutilant
le voyageur coréen
chante a capella

°

ce soir
des couillettes bio
au souper ?

°

je me souviens
des imposants ciseaux
dont mon grand-père se servait
pour découper ses cuirs

°

quelquefois
la soupape de la soupière
siffle
et libère
un délire de fumet…

°

épucelage : action de se débarrasser de(s) puces

°

sous la feuille repartie
le sec du trottoir

la feuille repartie,
le sec du trottoir

°

Déjeuner avec mère au foyer :
elle me récite un poème de Victor Hugo
finissant par :
« demain je serai juste et fort
mais pas aujourd’hui. »

le nez vers le ciel
maman dort dans son fauteuil

°

un papillon clair
entre les couleurs chatoyantes
– avant-veille de novembre

c’est un régal pour les yeux
– et le coeur,
cette saison dorée !…

°

ginkgo bilobaba…

°

efforçons-nous de marcher
vers les bons haïkus
vers les vrais haïkus

, c’est tout!

°

kôan-nez :
le mot « fumier »
sent-il mauvais ?

quelle est l’odeur
du mot « fumier » ?

°

plus de pluie –
plus de parapluies roses
au-dessus de la rue anti-cancer

°
(Bashôtage :)

Mes voisins de Dnipropetrovsk *
comment vivent-ils
ce matin à 5 h 35 ?

* : 6 jours plus tard, je vois (sur W9) l’équipe de Saint-Etienne qui rencontre Dniepropetrovsk en Ligue Europa de football !

°

le jour
tape à la porte
– discrètement
d’abord

°°°°

« Fantaisie arachnéenne »

(: Millau, 30/10/15)

°°°°

Profiter de la grasse matinée –
les salves brèves et répétées
de l’engin
défoncer de bitume

°

paysage rutilant au soleil
le cimetière rempli de chrysanthèmes

°

Bashô ébaubi
devant Matsushima
bégaie « Ah! »

(tel Teishitsu
devant Yoshino!)

°

mes yeux se réjouissent :
courant de gauche à droite du train

(Couleurs :)

lisant « La vie du jardin »
assise à son siège –
dehors les cent glorieuses…

(SNCF Millau-Clermont-Ferrand)

la lisière de son slip
les forêts hautes en couleurs
– presque tous les saints

la lisière de son slip
les forêts chatoyantes

(l’automne sexy)

Mitraillant
la vache
mitrayant…

Saint-Sauveur de Peyre
Saint-Chély d’Apcher
Saint-Flour – Chaudes Aigues
(en remontant)
: presque tous les saints

Tous, hein ?
Ecrivez tous, hein!

Tout un tas de bois
au pied d’un tronc
– gueuler

toutes plus somptueuses
les unes que les autres –
un pêcheur
tout en bas

toutes les couleurs
derrière mes yeux
fermés

plein les admirettes…

du linge sur une corde
les couleurs du vent

l’automne florissant…

l’automne rustyle *

l’automne rustile (?)

* : cf. anglais : « rusty » = rouillé.

°

une dérouillée d’automne / automnale

dérouillée d’automne
avec vaches *
(blanches)

* = « haïku-kuh » ! (cf. all. : « Kuh » = vache)

longue après-midi
à remonter d’en France
par le centre de l’automne

°

les mots s’arrondissent
les mots se polissent…

°

une « théritière » = une (jeune) anglaise de bonne famille (?)

°

dans la forêt
la table moussue
peu à peu
revient
à la forêt

°

le cuir
de mon père
luisant aux poignets *
– quinze ans bientôt

* / luisait ô poignant

°

(Quittant Neussargues, vers Clermont-Ferrand :)

le train suit
les courbes de la rivière

(l’automne érotique)

°

des pigeons volent
de la corde-à-linge
vers l’âne

(paysage passager)

°

la rivière remoue
blanche
(et sombre)

l’eau caillouteuse
le rythme (régulier) des roues du train

vaches
leurs cornes prises
entre rail
et rivière…

le train passe,
les vaches donnent de la corne

l’eau tonne ?

(torrent ?)

rivière
jonchée
de feuilles
(…)
le train fonce à tout rail

°

Poubelles,
premières compagnes du matin

°

montée du jour –
la lumière de l’arbre
… qui se répand à terre

(Orly, 31/10/15)

°°°

Résultats du 92è kukaï de Paris :

13 septembre 2014

Résultats du 92è Kukaï de Paris, du 13 septembre 2014.

En présence de quinze participant(e)s (dont une nouvelle, Mme Christine Devic), 31 haïkus ont été échangés.

°

Avec cinq (5) voix :

grimpette –
la roue avant et moi
crevés

: Michel Duflo.

°

Avec quatre (4) voix :

Lisant
Soudain là, tellement là
le parfum d’une rose

: Monique Leroux Serres ;

vidéoprojecteur –
mes collègues européens
en ombre chinoie

: Minh-Triêt Pham.

°

Avec trois (3) voix :

lac immobile
pleine lune entre les pins
le vent n’ose souffler

: Philippe Bréham ;

Main dans la main –
S’approchant à petits pas
du dernier été

: Isabelle Ypsilantis ;

Mal aux deux jambes –
sur le sentier de rando
je croise un mille-pattes

: Danièle Étienne-Georgelin.

°

Avec deux (2) voix :

août –
la pluie tambourine
sur le marteau-piqueur

: Valérie Rivoallon ;

Au milieu des bras
voltigent deux papillons
Match de basket

: Danièle Étienne-Georgelin ;

de part et d’autre du tracteur
les deux couleurs du champ

: Daniel Py ;

deux Perrier-menthe à la paille –
la couleur de l’océan

: Daniel Py ;

Jours d’été –
Au bout d’un fil toute une vie
d’araignée

: Isabelle Ypsilantis ;

Premier jour d’école
de sa main tremblante
je me souviens encore.

: Patrick Fetu ;

Rentrée d’école
Toute la grille envahie
par les capucines

: Monique Leroux Serres ;

Rupture cuisante
saisir la vie au vol
avant que le train ne siffle

: Roselyne Fritel ;

sous le platane
oubliée de Dieu dit-elle –
la centenaire

: Michel Duflo.

°

Avec une (1) voix :

ah, ce coucher de soleil !
je ne cesse de le contempler
pour l’empêcher de descendre…

: Philippe Bréham ;

Feux d’artifices –
Des saules pleureurs
Jaillissent de l’hippodrome

: Myriam Rouxel ;

Matin brumeux –
le bus scolaire ramasse
les feuilles en tas

: Marie-Alice Maire ;

nul vivant à portée de voix
excepté moi sous un ballet d’étoiles

: Roselyne Fritel ;

Rumeur de rentrée
dans la cour d’école
quelques feuilles mortes.

: Patrick Fetu.

°

Sans voix, mais remarqués :

journée tristounette –
me balader dans la rue
du Cherche-Midi

: Minh-Triêt Pham ;

et :

rentrée en grappe –
le sourire mielleux
du proviseur

: Éléonore Nickolay.

°

Vous pouvez lire ces résultats complets sur :

https://haicourtoujours.wordpress.com/

et

http://www.kukai.paris.free.fr/blog/

°

Notre prochain kukaï se tiendra samedi 4 octobre, à 15h30, au bistrot d’Eustache.

Merci !

Daniel.

Compte-rendu du Kukaï de Paris n° 91 du 28 juin 2014

1 juillet 2014

Compte-rendu KP 91 du 28 juin 2014.

Prévu initialement dans le parc des Buttes-Chaumont, le kukaï s’est déroulé, vu le temps plus-pluvieux, au café Napoléon III. En présence de 16 personnes, 36 haïkus ont été échangés. 21 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus.

°

Avec 4 voix (et sélectionnés automatiquement pour l’antho 2 du K.P.) :

ciel bleu profond / un craquement dans les pins / libère une grive
: Danièle Duteil

et :

Fin de visite / L’au-revoir prolongé / du jasmin
: Daniel Py.

°

Avec 2 voix :

aveu tardif / avec les dents de mon fils / celles de son copain
: Françoise Lonquety ;

Jardin de curé – / les futures confitures / de vieux garçon
: Marie-Alice Maire ;

Ménopausée / Désir toujours aussi vif / de semer des roses
: Monique Leroux-Serres ;

photo – / le papillon m’envole / son image
: Valérie Rivoallon ;

et :

un bar au soleil / portable en main une femme / sanglote soudain
: Philippe Bréham.

°

Avec 1 voix :

Ah ! ce corbeau / devant le funérarium / toujours en deuil…
: Danièle Étienne-Georgelin ;

Brouillard sur le fleuve / pêcheur et merle sifflent / de concert
: Danièle Étienne-Georgelin ;

concert Chopin – / entre les notes / une cigale
: Michel Duflo ;

Dans sa main / il fait l’aumône d’un souffle / le papillon.
: Patrick Fetu ;

Jour J – / sur le toit une mitraille / de grêlons
: Isabelle Ypsilantis ;

les sièges du bus couinent – / Fête de la Musique
: Daniel Py ;

maraîcher – / au cœur de sa salade / un peu du sien
: Valérie Rivoallon ;

Méditerranée / Nager où se noient / les exilés
: Joëlle Delers ;

midi en terrasse / la conversation du bébé / avec le chien
: Meriem Fresson ;

premier baiser / sous le tulipier la pluie / applaudit
: Éléonore Nickolay ;

Radiesthésie – / Elle retrouve ses clés / À l’aide de son pendule
: Myriam Rouxel ;

rendez-vous – / dans l’arbre nocturne / la lumière danse
: Éléonore Nickolay ;

Retrouvailles – / la Petite Sirène… elle / sans une ride
: Marie-Alice Maire ;

et :

Temple taoïste / Après les herbes amères / la sieste des moines
: Monique Leroux-Serres.

°

Sans voix, mais remarqués :

abeilles maçonnes – / à l’emplacement des vignes / une maison neuve
: Michel Duflo ;

Au-dessus de l’urinoir / la pub trop près / pour le presbyte
: Antoine Gossart ;

De sa chambre au grenier / Un fusil à la main – / Le fantôme d’une souris
: Myriam Rouxel

et :

le chant / du bol tibétain / un jeune moine bâille
: Cécile Duteil.

°

La lecture de l’article de Philippe Bréham a été reportée à notre prochain kukaï (92) qui aura lieu samedi 13 septembre, à 15 h 30, lieu encore non défini…
Le kukaï 93 aura lieu ensuite le samedi 4 octobre, à 15h30, vraisemblablement de retour à notre fidèle Bistrot d’Eustache !

°

Bonnes vacances à tou(te)s !

Daniel.

Haïkus, etc. – Py – avril 14 – 2/3

21 avril 2014

telle une merde ocre / qui tombe du paquet / la purée lentilles corail potimarron

Le si cérébral haïkiste / à contre-emploi !…

Il célèbre / le cérébral / – c’est la cérébrité !

Il peine tant / à faire pénétrer / la poésie dans le haïku / (ou : le haïku dans la poésie) / , ce chantre du / moi-cérébrel-ku !

: il ne baisse jamais / les cérébra / les circonvolutions !

Ah, ce moi-je pensant !

(le haïkiste des circonvolutes cervicales…)

Il jeta son dévoluth cervical sur le haïku…

(… Atterré par tous ces manquements à l’éthique – et à l’esthétique-haïku !… qui prône(nt) simplicité, fluidité, légèreté, naturel*, concret, véracité, discrétion, modestie…)

* cf : La Souplesse du dragon de Cyrille J.-D. Javary, Éd. Albin Michel, 2014, p.233, à propos de la calligraphie : « parvenir, à l’issue d’un long travail, à l’aisance du naturel. »

prisonnier(e) du lasso du silence…
(l’assaut du silence)

cercles avec les bras / en Qigong – / la porte grince / vers l’extérieur

son rouge-à-lèvres /(sur ses lèvres) / comme un sens interdit

Est-ce pour vos fesses / ou pour vos sacs, Madame, / ce siège ?
(gare d’Orly, mar. 8/4)

(Ancien :)
à la sauvette / un jeune délinquant / arracha de ma poche / un Canard Enchaîné

aujourd’hui / le portique du RER / aligne / « éééééééééééééé »
(St-Michel, 8/4)

du bout des moignons sciés / naissent des feuilles : / le vert s’élève //(La terre pousse au ciel)

Avril / Ah, vrilles !

Avril, / Ah, trilles !

Juillet, / ah, grilles !

Décembre, / ah, frilles ! *

* cf esp. : « frio », froid.

sur le parquet / de la salle de taiji quan / quelques pétales blancs (de cerisiers)

Ah, le verbe, / ah, le verbeux, / ah, le contempl(at)eur biblique !… :

Au début n’était PAS / le verbe ! / (: Au début était le NOM !)

On dit NOMMER / on ne dit pas VERBER ! // (On dit GERBER (, cependant !))

Ne pas / moisir-croupir / dans la gangue / de la langue !

pépiements : / bourgeons, feuilles / de l’arbre du ciel…

Quelles buisses ! / Belle cuisson ! /… / bardant l’huisson

Ces haïkus de cerveau(x) / sont à chier !

(Le haïku de cerveau *, ça se soigne ?)
* = (très) souvent un « moi-ku » !

Après de longues investigations, j’en suis arrivé à la découverte suivante : le moi est dans la tête !

Décerner un prix des pires haïkus (du printemps) ? / (: en lice : J.A., I.A.,…)
(: Le Prix « Aïe Aïe Aïe » des pires haïkus…)
(/ Le(s) Prix du « je-moi-ku »…)

Le train part / dans le sens inverse / – des aiguilles d’une montre ?

Avril, / Ah, brille !

Avril, / Ah, prie !

La leçon de Bashô : / À ses fur et mesure / de moins en moins de métaphores, / de moins en moins de « je » / dans ses hokku *
* : voir article de F. Kretz dans « Gong » 43 *
* contrairement aux femmes (plus douées pour le tanka – voire le « tanku » !) et aux « modernes » !

/ Dire Non à la (sur)représentation du moi (: « je », « mon », etc.) dans le haïku… Retourner voir Bashô ! :

Bashô a travaillé sa vie durant à réduire le « je » à sa plus rare occurrence !

le troupeau des herbes / secoue ses crinières…

… En regardant une « mûre », on pourrait penser qu’elle a (effectivement) des yeux (à facettes)… mais de là à penser qu’elle puisse être « myope », il y a un grand pied !

ou bien Mûre Myop(lait)
ou bien Myoplait à la mûre ?…

Ne pas tant dire (dans le haïku) « une myope », que de montrer comment elle l’est : ex : « son nez sur son écran » (?)…

de long en large / il arpente ses haïkus / – accordéon

Penser, c’est s’évader du corps; / Toujours le réincarner !
(/ Réincarner le corps (entier !) du haïku !)

Que tout concoure au haïku ! / le mot de saison itou = / unité (globalité)

– Mon époux s’tasse ! / – On y passe tous !

un silence de mores…

L’espace dans le haïku = / un silence de mores ?

Le bonheur de son « bonjour ! » / ce matin / en bord de Seine

Il mord / les marches du matin

whiffs of waffles / enter the wagon / – wednesday morning
(métro, L.5, 16/4)

(Ancien :)
le vent (d’automne) / pousse la porte grillagée / du jardin vide

le lampadaire / dans l’arbre enfeuillagé / – soirée d’avril

Pâques, / je leur sonne / les cloches…

°

(à suivre : 3/3)

Haïkus, etc. de Py – mars 2014 – 2/2

5 avril 2014

°°°

coincé sous son balcon
un père Noël
à mi-mars

Formation de taiji quan –
Les jonquilles épanouies
dans la cour

À corps éperdu.

Circulation alternée ?
: autant de plaques paires
que d’impaires

à peine éclos
déjà tombés
pétales blancs à la mi-mars

Fée ce que doigt(s)…

Ah, comme plisse la peau
dans la lame d’air *
du séchoir à mains !

* : « AIRBLADE »

un journal
crispé
sur le trottoir
– accident de voyageur

une plume
au bord d’une feuille –
un bouchon dans le bois

fait rare :
gratter une Ferrari
en longeant le bois

De leur box
les chevaux
– placides –
regardent l’engin
répartir le fourrage

le conducteur des Cars Bleus
dans sa chemise bleue
déguste son sandwich
au volant
dans le parking
du Parc des Sports

une fois le froid
passé sous les fesses,
attendre le train
– veille du printemps

entre les pâquerettes


Disparu(s) corps et maux…

« Sculpte, lime, cisèle »

Le vol d’une hirondelle
dans la pierre…

Elle était immensément belle
Mais je trouvai son orteil gauche
moche
– l’affaire capota

Autour des panneaux électoraux
des piaillements d’oiseaux

Vue sur la cathédrôle

Même à dix heures du soir
ils piaillent
– veille d’élections

veille d’élections

il prononce des « oui »
de temps à autre
– mais ne parle pas au téléphone,
le simplet

énonce des « oui »s, Titi
le simplet

le téléphone portable
de la mendiante…

quand je mourrai
aurai-je toujours autant de mouchoirs
dans ma poche ?

(5/7/? :)
le nez effilé
du TGV qui défie
les

un cylindre (« XTRA »)
traverse le wagon
de droite à gauche
de gauche à droite
– vendredi soir

Singer le 5/7/5 –
Haïkoudre

sans lunettes
le nez presque sur le journal
pour lire

LI EN

« accident grave
de (plus) personne »…

à l’assemblée générale *
nous sommes sept
plus un chat médaillé **

* de l’AFAH
** un beau chat // le chat du café

brut(e) dans les (r)encards
(= violeur ?)

faire le tour du photographe
pour ne pas couper
leur fil

le voyant du portique
me dit :
« éééééééé
ééééé »

le jour tape
dans la canette
blanc-vif

Ah, printemps,
comment définir l’odeur de ce bosquet fleuri ?
: inspirer (plus) profond)

comment mettre en mots
le parfum de cette fleur ?
: inspirer

(cf « Gong-haïku # 17157) – Inspiré par Danyel :)

80 ans
et des brouettes
toujours au jardin

overblog — overblague

Dans son recueil Un bâton dans les Andes – voir ailleurs sur ce blog -, on constate que Salim Bellen n’était pas un absolutiste du 5/7/5 (dans le haïku); même si, comme la plupart des haïkistes occidentaux, il se conformait (le plus) souvent aux usages (consensuels) d’une métrique imitée du Japon… Il n’alla pas non plus jusqu’à bousculer la disposition en tercet(s)…

°°°

Haïkus, etc. de Py – mars 2014 – 1/2

15 mars 2014

°

Plus il y a de chiens, plus il y a d’os.

Les os sous le pont coulent
Les aulx sous le pont coulent
les zoos sous le pont coulent
les eaux sous le pont coulent

°

une fois le froid sous les fesses passé,
attendre (20 minutes)
le prochain train

; le quai long de monde

°

un gant gris
sur une marche grise

– Que dit-il ?

– Je le laisse

°

De
haïku, taiji-quan, zen,
l’esprit-Un

°

Orly –
Au-dessus des pendules de la tour,
les aiguilleurs du ciel

°

Une dame à son amie :
« Viens, on va faire le trottoir »
– mars ensoleillé

°

Après la Saint-Valentin
(…)
(…)

°

matin de mars
sur les ailes blanches
de la pie

°
(Ancien:)

À l’accueil
de l’établissement,
trois grasses.

°

La gazette des rois

°

un magrouilleur

°
(Senryû :)

Sarko – l
Cass’roles

°

ce soir sur la table
le jus de soja a sauté :
patte d’ours

°

un gros avion
déborde de la brume
– pollution de mars

°

mon clignotant
au même rythme
que le marteau de l’ouvrier
– porte de l’immeuble

°

marronniers rognés

taille moignons

(À propos de W. Lambersy : Le mangeur de nèfles, éd. Pippa, 2014.)

°

(Kyôkus :)

Simplifier, toujours,
vers le plus grand « naturel » *
possible

* de la découpe des vers, des rythmes, des mots et de leur agencement…

Écrire des haïkus
qu’on ne puisse pas plus simple(s)

Dire moins, dire mieux.

Ceux qui veulent
absolument
faire preuve d’originalité
usent souvent d’artifice(lle)s !

Artifice(s), Assez !

(N’en déplaise aux « alambiquets »,)
plus c’est simple, plus c’est naturel,
plus je kiffe !

Le haïku nu !

La plus grande vertu
(dans l’écriture du haïku…) :
la simplicité,
l’absence de contorsions


ou :

la simplicité,
l’absence de contorsion(s),
le haïku nu

°

Malgré la pollution
les oiseaux aboient
– aube de mars

sur le quai
une va(tri)poteuse…
– aube de mars

°

du coin de l’oeil
(…)
(…)

°
(kyôku :)

Donner
le moins de clés possible
au haïku :
que le lecteur
trouve ses clés !

°

Nappy birthday !

°
(Kyôkus :)

d’un recueil de haïkus
le ronron 5/7/5
: somnolence inévitable !

L’imaginaire
au désservice
du haïku

le haïku sur le feu
L’huile sur le feu du haïku
Feu le haïku !

Je lis un recueil
de haïkus 5/7/5 :
l’esprit m’en tombe

Donnez-nous,
ô haïku (5/7/5)
notre ronron quotidien !

on se lasse, hélas
du 5/7/5 qui monotone
endort

Pédaler dans la somnole…

haïku 5/7/5,
haïku tsé-tsé !

le monotonneau 5/7/5 !

l’assoupissant 5/7/5

Réveillez le haïku
de son ronron
5/7/5 !

Le 5/7/5,
est-ce
« l’inertie bourgeoise » ? *

* cf Artaud, in Van Gogh le suicidé de la société, L' »Imaginaire-Gallimard, 2001, p.26.

Le haïku 5/7/5
c’est un peu comme les
« Monuments Men »
en vert caca-d’oie *

* : affiche d’un film, mars 2014.

°

Il fait sa disparition…

°

Ides * de Mars –
un Père Noël toujours en escalade
sous un balcon

* : 15 mars, mai, juillet, octobre ; 13 janvier, février, avril, juin, août, septembre, novembre, décembre (: calendrier romain)

°

D’où t’en viens-tu,
petit insecte,
où es-tu né ?
où t’en vas-tu ?
– mourir dans une goutte d’eau
de mon lavabo ?

Le minuscule insecte
n’a pas survécu
à la goutte d’eau
du lavabo

°
(Kyôku :)

5
7
5

é
cul
é

°

l’apex, l’antapex,
l’apogée, le périgée *
: heureux de mots neufs !

* : p.294 de L’Éveil des sens, du Pr. Jon Kabat-Zinn, Pocket 14424.

« Ne pensez pas…
Percevez !… »

« au-delà de la pensée,
en dessous de la pensée,
avant la pensée » *

* : p. 294, op. cit.

°

Haïkus, etc. de Py – janvier 2014

2 mars 2014

(Hiver) 2014, l’année Rameau

le nid ouvert / vers le ciel / – janvier

rhumatismes / ses silences se posent / sur mes doigts

drôles de drones : / des libellules en plastique / au-dessus des pensées / – jardins municipaux / du Nouvel An // (Vitry-s-Seine)

en bas d’un poteau / l’affiche froissée / de Zorro

après les huîtres du réveillon, / des coquilles dans ses haïkus

Monsieur Rodin, l’âme de la pierre

La nuit va s’achever : / les poubelles sont de sortie

(Kyôku au papa pâle :) / haïku de volant / à gauche, haïku de volant / à droite : papa pâle !

Jouer à haïku vole ?

haïku voletant / lourdement…

haïkus-chauves-souris / : bas de plafond ?

Arrêt indéterminé / le train a heurté / un chevreuil

sur le banc / un moineau / un moment / s’intéresse à moi // ( : Place H. Bergson, 75008 )

la veille – le matin / la pleine lune de janvier / dans un autre coin du ciel

(Ancien :) / « J’suis pas loin, / j’suis au Peyrou » / , dit-il dans le parc, à Montpellier.

réunion pédagogique – / les mains de la directrice / (volent) dans un rai de soleil

un slip sur la tête : / une culotte crânienne

une calotte crâneuse

murmur(e) : / l’écho de la pierre

murmures de rumeurs : / voilà-t-il pas / ce qu’entendent les murs ?

(cf Sept. 05):) / silence – / un mur parle / quelquefois

ces silences / si parlants ! / …

praître

invithé

une goutte pend / du nez du vieil homme / rayon primeurs

(la) musique muette / d’un trombone / sur le trottoir / ce matin

les échos liés…

répondre du tac au tic

(répondre / du tic / au tac(-le))

dans la cour de l’école / des gamins jouent / au verglas

Attention à ne rien / publier dans le train / (était-il presque écrit)

les tours d’incinération / le ciel gris

L’esquive, c’est / laisse qui veut t’attaquer / … parade

d’un hiver / à l’autre / le nid / dans l’arbre

(le nid / dans l’arbre / d’hiver / en hiver)

les pentes / absolument parallèles / du rire / des jumelles

(le même / rire / des jumelles)

la concomidanse

Le haïku spontané, un haïku de grâce.
Le haïku de tête, qui peut être (aussi / surtout ?) un haïku de pieds
(Le haïku de pieds est très souvent un haïku de tête)

(Dégonfler les baudruches du haïku !)

(RER -) / Déchéance / ô homme, qu’es-tu devenu ? / déchet / ambulance…

elle / entre dans le métro / le froid

chérisson

la vis / la vise

rond / un plastique rose / dans l’arbre d’hiver

°°°

Haïkus, etc. de Py – décembre 2013

2 janvier 2014

Haïkus, etc. de Py, décembre 2013.

°

1er décembre / ses mots doux / je fonds…

cloison de papier / où la frontière / entre haïku / et non-haïku ?

(Pour Danièle Duteil) : / Si le soir on gagne le lit, / au matin, le perd-on ?

« un seul mot : / WOOOHHAAA ! » / ( : pub. métro)

début décembre / un ours en peluche / entre rue et trottoir

sur ses roulettes / une pie / descend boire au lac // (été 2013, Jonzac)

début décembre / … / …

à terre / la tendresse / du ginkgo biloba // (début décembre – Reims)

dans une toile d’araignée / un trou / en forme de cœur

photographiant / … / …

sur le goudron noir / … / …

Ajoutant / des nuages aux nuages / l’incinérateur

la machine à pain / bippe 15 fois – premier anniversaire / de ton père décédé

si loin d’un plateau-télé / les couleurs des figurants du métro

kukaï franco-japonais / par la vitrine du bistrot / un badaud

les paumes / du maître du kukaï / maculées d’encre

ce soir, / … / …

ce matin / les mots / vapotent

ces concepts ne sont pas si concis !

S’émerveiller devant les mots, n’est-ce pas s’émerveiller devant le doigt qui montre la lune ?

Loue-t-il l’outil, s’il rutile ?

Nous ne demandons pas aux mots qu’ils soient « beaux », mais avant tout qu’ils sonnent juste !
Que la lyre rutile, peu importe, mais qu’elle soit surtout bien accordée (et qu’on la fasse « sonner juste » ! *)
* Il faut pour cela que le joueur ait une maîtrise aussi grande possible de son instrument (techniquement – et musicalement – , mais cela s’acquiert en travaillant, en jouant, de même que « c’est en lisant que l’on ** devient liseron » !

** Si l’on écrit « que l’on », c’est pour éviter les « qu’on » !

… Au filet du beau dire s’ébaudir –
S’ébaubir du beau sabir !…

À l’arrière du camion, / bâchées, / les feuilles de l’automne

Des élucubriques…

Reims – / un joggeur passe / rue de l’Écrevisse

Reims – / un joggeur pisse / rue de l’Écrevasse ( ? )

dans les roses du petit matin / un avion atterrit / – que màs ?

une petite chaussure / … / …

ouvrant fermant les cuisses / papillon(ne) nerveuse / à son portable // (SNCF, Paris-Clermont-Ferrand)

papillonnerveuse

ce pavillon, c’est une fleur !

langu / ille

l’aigu / ille

un balai cogne / dans un couloir / cloche du lundi

Quel est le son d’un balai ? / – La rambarde de l’escalier

les coups du balai / contre la rambarde de l’escalier – / les cloches du matin

Elle lève / les pans de son kimono / et s’accroupisse * / au bord de la route

( : cf ‘Hokusai aux doigts d’encre.’ de Bruno Smolarz, éd. Arléa, 2013, p.132, l. 25-27.) * : du verbe s’accroupisser (!)

un cheveu blanc … / … / …

Pégairolles de l’Escalette (au-dessus de Lodève) – paysages sauvages, désolés, ruines, magnifiques ! s’y balader !…

Dé / graiss / er // dé / glu / er // al / lég / er // le haïku lourd

un boum-boum de banlieue / dans la voiture / (au tô)t matin

huit cent mille emplois / – l’an ploie

« L’avenir du Japon dépend des ouvriers de Fukushima » ( : des Officiels, 30/12/13)

matin / le soleil / lui referme les yeux

au fond du lit / le savon de Marseille / anti-crampes

glissant / autour de la patinoire / le dernier jour de l’an

la patinoire rectangulaire – / le dernier jour de l’an

dernier crépuscule de l’année – / lissant la patinoire

le soir tombé, / la patinoire vide

dernière nuit de l’année / la patinoire grise

°°°