Archive for the ‘renku’ Category

Rapport sur le shisan renku de Folkestone : « Pégase en vacances » / ‘Pegasus on holiday’ par Neil Robbie

5 octobre 2013

Voici l’article paru dans Blithe Spirit (Le journal de la British Haiku Society -vol 23 n° 3) :

Renku and linked haibun written as part of the Anglo-French Haiku Conference in Folkestone, May 2013

Renkus et haïbun lié écrits pendant la Conférence Anglo-Française de haïku à Folkestone, en mai 2013.

Introduction (by / par Neil Robbie)

Twelve budding renkuists gathered in the cellar bar of the hotel around a long aluminium table and were divided into two groups, one led by Claire Châtelet (aka Sprite) and one by myself. We made sure there was a fair mix of French speakers and english speakers and at least one person in each group capable of translation at the high level demanded of bilingual poetry writing. I was a late joiner to the conference and Daniel Py had been asked to lead one of the groups ; but after chatting on the Thursday night he offered me the sabaki role as we would need someone who was capable of translating easily between French and English in each group, a job he was very capable of doing. We stayed around that same table and Claire’s group went upstairs. Thus we all started around 10.30 am on the Friday morning 10th May 2013.

Douze renkuistes (« renju ») en herbe se rassemblèrent dans le bar inférieur de l’hôtel autour d’une longue table en aluminium, et se divisèrent en deux groupes, l’un emmené par Claire Châtelet (dite Sprite) et un par moi-même. Nous nous assurâmes qu’il y avait un bon équilibre entre francophones et anglophones, et qu’une personne au moins dans chaque groupe pouvait traduire au niveau demandé par l’écriture de poésie bilingue. Je rejoignis tardivement la Conférence et l’o avait demandé à Daniel Py de mener un des groupes ; mais après discussion le jeudi soir, il m’offrit le rôle de sabaki, puisque nous avions besoin de quelqu’un capable de traduire facilement entre le français et l’anglais dans chacun des groupes, tâche qu’il était capable d’assumer. Notre groupe resta autour de la table, et celui de Claire remonta au rez-de-chaussée. Nous commençâmes donc autour de 10 h 30 le matin du vendredi 10 mai 2013.

RENKU 1

Participants : Danièle Georgelin (DG) ; Rob Flipse (RF) ; Daniel Py (DP – translator / traducteur) ; Neil Robbie (NR – sabaki) ; Nan Schepers (NS) & Andrew Shimield (AS – secretary / secrétaire.)

Pegasus on holiday
– A Spring Shisan renku / Un renku Shisan de printemps – Pégase en vacances

A blossom in the wind / the door of the South Cliff hotel / opens and shuts
La fleur au vent / la porte de l’hôtel Southcliff / s’ouvre et se referme
RF

spring tide / pulls back a pebble
la marée de printemps / fait reculer un galet
NR

in a sweat / changing the duvet / on the bed
en sueur / changeant la couette / sur le lit
AS

the neighbour hangs out / after a hot night
la voisine se penche dehors / après une nuit chaude
RF

in your memory / to live this new summer / a cuckoo calls
en ton souvenir / vivre ce nouvel été / un coucou appelle
DG

the temple bell / answering
la cloche du temple / lui répond
DP

early morning jogging / the moon so low / it touches the rooftops
jogging tôt le matin / la lune si basse / qu’elle touche les toits
NR

after the grape harvest / a leaf falls in my glass
après les vendanges / une feuille tombe dans mon verre
NS

hey Presto ! / the magician pulls / a rabbit from his hat
abracadabre ! / le magicien tire / un lapin de son haut-de-forme
AS

Pegasus on holiday / flying over fis hand chips
Pégase en vacances / survolant le fish-and-chips
NS

the red cheeks / of children / on sledges
les joues rouges / des enfants / sur leurs luges
DP

A Chopin Air / snowflakes in the light
Air de Chopin / les flocons de neige dans la lumière
DG

TOMEGAKI for ‘Pegasus on holiday’ / pour « Pégase en vacances ».

The hokku was a difficult choice, as the quality of the verses was very high. The theme of the wind, the sea and the hotel all feaured strongly. Eventually I decided to go with Rob’s excellent verse, where we have both the inside and outside interacting, a constant theme of this poem, the place name of the civilised world and the natural world in dialogue through the opening and closing door.
Le hokku fut un choix difficile, étant donnée la qualité élevée des versets proposés. Les tèmes du vent, de la mer et de l’hôtel prédominaient, mais je choisis finalement l’excellente strophe de Rob, où nous trouvons l’interaction de l’intérieur et de l’extérieur, un thème constant de ce poème, le nom de lieu du monde civilisé et le monde naturel dialoguant à travers la porte s’ouvrant et se fermant.

The waikiku also offered some difficult choices to the sabaki. The sea answering the wind on the shorefront seemed the best choice linking as it did with the outside scene and so i twas the waves overturning the pebble that was selected.
Le waikiku également demanda un choix difficile au sabaki. La mer répondant au vent sur le front de mer sembla le meilleur choix, faisant ainsi le lien avec la scène en extérieur, et ce fut donc les vagues retournant le galet qui fut choisi.

The daisan raised the question of the ambiguity of the hokku. – Was the writer reporting the door opening and shutting inside or outside the hotel ? If outside then Andrew’s duvet changing verse might not work. But we decided there was enough ambiguity there and although the wakiku was outside I decided the shift to the inside of a bedroom would fit well, with the duvet covers movement linking to the waves.
Le daisan souleva la question de l’ambiguïté du hokku. – L’écrivain relatait-il que la porte s’ouvrait et se fermait à l’intérieur de l’hôtel ou sur l’extérieur ? Si c’était à l’extérieur, alors le verset du changement de duvet d’Andrew pouvait ne pas fonctionner. Mais nous décidâmes qu’il comportait assez d’ambiguïté, et bien que le wakiku se situât en extérieur, je décidais que le changement vers l’intérieur d’une chambre fonctionnait, avec les mouvements du duvet procurant un bon lien avec les vagues.

There were associations of this verse which might signal that it would be more suitable later on in the poem. – Why was he changing the duvet ? And soon enough we were outside again with the theme of love and Rob’s neighbour hanging ouside the window from the room after a ‘hot night’. We moved rather gracefully and elegantly from the passion of night to the cool cry of a cuckoo in summer ; here the love was for a father, Danièle’s, and mortality crept in.
Certaines associations de ce verset pourraient indiquer qu’il pourrait être plus judicieux plus tard dans le poème. – Pourquoi changeait-il le duvet ? Et de nouveau nous nous trouvions dehors pour le thème de l’amour et la voisine de Rob se penchant par la fenêtre de la chambre après une « nuit chaude ». Nous continuâmes assez gracieusement et élégamment, passant de la passion nocturne au cri frais d’un coucou en été ; ici il s’agit de l’amour pour un père, celui de Danièle, et la mort vient faire son apparition.

And then the beauty of Daniel’s answering bell. Perhaps that bell was Daniel himself giving comfort to his partner in her bereavement.

Puis vient la beauté de la cloche de Daniel qui répond. Cette cloche étant peut-être Daniel lui-même voulant apporter réconfort à sa partenaire dans son grief.

We were beginning to cover a fair few of the 10,000 things, from love, to death to religion.
Nous commencions à couvrir quelques unes des dix-mille choses, de l’amour à la mort, à la religion.

The jogging verse was based on a memory of a 5.00am jog with a very low moon. At this point we started to look around to check everyone had submitted a verse, and in a very natural way Nan came up with another autumn image of a leaf falling into a glass of wine. The falling in of the leaf was complemented by the pulling out of the rabbit and the lightness of the fall of the leaf with the dramatic flourish of the magician. The theme of magic amplified with Pegasus taking to the skies to look down on the Folkestone diners as one of Nan’s pocket verses was adapted and recycled.
La strophe du jogging provenait du souvenir d’un jog à 5 heures du matin accompagné par une lune très basse. À ce moment du renku, nous commençâmes à vérifier que chacun des participants avait soumis un verset, et très naturellement Nan produisit une autre image automnale, celle d’une feuille tombant dans un verre de vin. Cette chute de la feuille fut suivie de l’extraction du lapin du chapeau du magicien, et la légèreté de la feuille par le panache dramatique de l’artiste de cirque. Thème de la magie amplifié par Pégase qui s’envole pour observer les convives de Folkestone, dans une strophe de Nan mise de côté précédemment et recyclée à cet endroit.

What could be a clearer image of winter than the red cheeks of children playing in the snow ? After Daniel’s red cheeked children, we ended with another of Danièle’s beautiful verses, a winter ageku with the lightness and elegance of Chopin, Daniel and Danièle moving in harmony once more.
Quelle image d’hiver pourrait-elle être plus parlante que celle des joues rouges d’enfants jouant dans la neige ? Après les enfants aux joues rouges de Daniel, nous conclûmes avec une autre des belles strophes de Danièle, un ageku hivernal avec toute la légèreté et l’élégance de Chopin, Daniel et Danièle bougeant une fois de plus en harmonie.

We were finished by 4.00pm. In the end everryone had submitted 2 verses, though initially at least, not through any premeditated design. Finally on the bus to Canterbury the next day, Andrew solicited views on the title of the poem and suggested ‘Pegasus on holiday’. We all agreed.
Nous terminâmes à 4 heures de l’après-midi. En fin de compte chacun avait soumis deux strophes, sans que cela eût été un objectif prémédité. Enfin, dans le bus vers Cantorbéry, le matin suivant, Andrew demanda notre avis sur le titre du Shisan, et suggéra « Pégase en vacances » pour lequel nous fûmes unanimes.

Neil Robbie, May / mai 2013.
(trad. D. Py.)

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rendez-vous 2è renku et 43è kukaï de Paris

10 juin 2010

Bonjour !

le 2ème Renku de Paris aura lieu le samedi 19 juin au bistrot d’Eustache, 75001, à 16h30.

et notre prochain kukaï de Paris (n° 43) le samedi 26 juin !

d.

http://kukai.paris.free.fr/blog/

Résultats du 40 ème kukaï de Paris

10 avril 2010

Bonsoir !

Voici les résultats de notre quarantième kukaï, qui a eu lieu cet après-midi au bistrot d’Eustache habituel !
Sur les 23 haïkus échangés, 2 ont obtenu 4 voix, 1 en a obtenu 3, 6 ont obtenu 2 voix, et 7 en ont obtenu une !

Avec quatre (4) voix, voici :

le vert tendre / de son petit linge / le printemps s’annonce /

, de Michel Duflo,

et :

un choc // dans la lumière douce – / la première pétanque /

, de Paul de Maricourt.

Avec trois (3) voix :

Giboulée de printemps / trop petit pour deux / le parapluie /

, d’Antoine Gossart.

**

La suite des résultats est sur le blog du kukaï de Paris :
http://kukai.paris.free.fr/blog/

*

La séance prochaine (n° 41) prévue pour le 15 mai est supprimée, l’organisateur devant faire face à ses « devoirs » musicaux (= un concert de professeurs : hautbois et clavecin à Sèvres, en soirée) ! Elle aura donc lieu le 29 mai, au bistrot d’Eustache, selon toute probabilité !

La (2ème) séance du Cercle Renku aura, elle, probablement lieu en juin, le 19, entre les deux séances de kukaï prévues les 12 et 26 !

*

Merci à tou(te)s
Et à bientôt !

Daniel

*

Création du groupe Renku de Paris – 4 avril 2010

4 avril 2010

Bonjour !

Après notre première réunion du Cercle Renku de Paris, hier, il a été nécessaire de créer le groupe Renku :

Page d’accueil du groupe : http://fr.groups.yahoo.com/group/Renku
Adresse mail du groupe : Renku@yahoogroupes.fr

Vous pourrez y découvrir l’ébauche de notre premier « Jûnichô » (= renku de douze strophes) parisien !

bien à vous,

daniel

Mise au point à propos du renku 0)

25 mars 2010

Voici quelques extraits d’un échange à propos du renku, tels que postés entre janvier et mai 2008 sur la liste KasenAn08, lors de l’élaboration d’un kasen renku (à 6) avec anna, Martine, Monika, Jean-Claude, Philippe et Daniel :

°

 » Le renku est un enchaînement de strophes de 3 vers et de deux vers
Cet assemblage n’est cependant pas un empilement tanka + tanka + tanka …

Le tanka (est un « poème court » de 31 syllabes qui) fait effectivement la part de
la nature et des sentiments.

Le renku est une suite, une chaîne de strophes alternées. qui ne demandent pas
de réponse « sentimentale » à un verset « de nature » (ou inversement). Le sentiment
n’en est pas non plus forcément absent : il peut y avoir humour, admiration, compassion,
tendresse, … amour (: il y a des versets qui y sont consacrés) et toute la panoplie des
sentiments humains, mais qui s’expriment au mieux (à mon avis) à travers des notations
« concrètes » … »

(daniel).

Dans KasenAn08, « monikathomapetit » a
écrit :

 » Oui, Daniel, je partage passablement ton avis. D’après ce que j’ai appris
dans le fascicule sur le renku, publié par la revue Gong en avril 2005 (dont je recommande
chaudement la lecture), et en fréquentant des haïjin expérimentés qui pratiquent ce « poème
lié » depuis longtemps (Micheline Beaudry, André Duhaime, William Higginson) , un renku
traditionnel comme celui que nous sommes en train d’essayer n’est pas du tout un
enchaînement de tankas (même si, selon sa forme, il pourrait en avoir l’air et provoquer une
telle méprise.) Il s’agit bien plutôt d’un enchaînement de haïkus – des haïkus sous forme de
tercet (court – long – court) alternant avec des haïkus sous forme de distiques (= 2
lignes, long -long).  »

(Monika).

°

: ceci anticipe et complète la « mise au point à propos du renku » postée antérieurement ici !

(d.)

Le renku de 12 versets : Jûnichô

14 mars 2010

Pour celles et ceux qui s’intéresseraient à cette forme, le Renku Jûnichô (de 12 versets)

(Par Seijo Okamoto, Maître du Haikai Sesshin
(trad. : W.J. Higginson & T.Kondo)

se présente sous cette forme :

1) Un renku doit avoir une valeur littéraire et un sens de l’élégance. Ce que Bashô appelait fueki ryûkô ( « intemporel et à la mode »).
2) Un renku « à douze tons » comporte douze strophes. Il n’a ni recto ni verso ; Une strophe de fleur, qui peut être n’importe quelle fleur en n’importe quelle saison (pas forcément des fleurs de cerisier) ; Une strophe de lune (qui peut être n’importe quelle lune en n’importe quelle saison) ; Environ deux versets d’amour, à n’importe quelle place. Environ la moitié des versets sera de saison(s) (deux pour chacun le printemps et l’automne, et un chacun pour l’été et l’hiver), et la moitié environ sans saison, dans un ordre souple. À peu près la moitié traitera des affaires humaines, le reste se partagera lieux, plantes, animaux, etc.
3) La progression et la diversité sont l’essence du renku. Par conséquent, une grande variété des choses de la nature et du monde des humains doit s’y trouver.

°°°

(trad. En français : d.py)

Some red leaves – unfinished renku – led by J. Stevenson (2005/2007)

7 mars 2010

***

Some Red Leaves

Kasen Renku
(Started on September 22, 2005 – Completed … )

Front

some red leaves
and a few grey hairs— John Stevenson
weekend guests

moonlight through
the empty merry-go-round Ion Codrescu

I wear a dress
that smells of camphor Fusako Matano
this chilly morning

the old library
waxed and squeaky Daniel Py

a worm wriggling
this way Gabriel Rosenstock
and that

dark computer
during his midday nap Dominique Chipot

First Back

the sentry recognizes
a drunken soldier John
as a friend

old love song
by a new artist Ion

I polished my father’s shoes
he chose Fusako
another pair

this bike’s tyres
need air Daniel

evenly dispersed . . .
sesame seeds Gabriel
on the bread’s crust

high tide,
pebbles banging together Dominique

is that the moon
or a snowball John
about to hit me?

this morning no cat
by the fireplace Ion

completed project
the collaborators Fusako
can laugh again

we liked it so much
we want to go back! Daniel

blossoms . . . blossoms . . .
half of them Gabriel
in the mind

in the evening the bee
still charged with pollen Dominique

Second Front

first fine days
everywhere in the city Dominique
Public Works

Saddam’s face on tv
weary Gabriel

the sound of footsteps
reverberating Daniel
down the corridor

lost luggage
in a vast airport Fusako

the calligrapher
asks us to think of Ion
the waterfall

the thunderhead
roils, boils, and rises John

to remove from shoes
the dust of the town Dominique
with a cloth

invitation to a dull occasion—
but she’ll be there! Gabriel

(…)

°°°

Encore en fleurs – renku inachevé (2006) – D. Howard – D. Py

7 mars 2010

ENCORE EN FLEURS – 06

°°°

fin novembre –
arrosant les rares soucis
encore en fleurs dp 0511..

une mère et sa fille
pieds nus dans la cuisine z060426

surface de réparation –
la pie
picore dp060502

longue nuit seule
une porte coincée z060506

passe
une corne
à travers brume dp3005

gelée de groseilles
voilà ton roquefort 6z.060602

premières chaleurs
payer l’immatriculation
de la honda 7z060602

tes cuisses ton ventre
contre mes fesses . . . . dP080606

des heures durant une
dimension parallèle 9z060608

Par-ci par-là des tournesols – renku

7 mars 2010

°°°

PAR-CI PAR-LÀ DES TOURNESOLS

Mené par D.Py (sur internet), avec :
Lucia Supova (Slovaquie), Micheline Beaudry (Québec) , Daniel Py, Pascal Quéro (Fr)

Traduit en anglais (D.Py), italien (M.Beaudry), espagnol (P.Quéro), slovaque (L.Supova)
Et publié par John Carley sur le mag. en ligne Simply Haiku (début 2004) à l’adresse :
http://www.simplyhaiku.com

fin de septembre / par-ci par-là des tournesols / tournés vers le nord (L)
une ligne à l’horizon / une route sous mes pas (P.)
avancer / dans la couleur des feuilles / l’été indien (M)
partout sur son bureau / des papiers griffonnés (D)
une phrase en araméen / contre la pleine lune / branches du noyer (L)
son ventre est un peu plus rond / tout vibre là sous sa main (P)

derrière le carreau / mille points en tourbillon / jaunes rouges et bruns (P)
le chrysanthème orangé / retient encore le soleil (M)
tard dans la nuit / les pendules / et la dernière lampe (D)
une mouche les ailes ouvertes / aplatie sur le sol (L)
seule parmi les herbes / fleurie ce matin / une rose trémière (P)
cicatrice unique / il trouve son corps parfait (M)
comme au premier jour / le miroir de leur amour / limpide (D)
la lune orange / au-dessus d’un match de foot (L)
au grand stade / des milliers de gens pour suivre / les excécutions (L)
une seule minute d’attente / juste avant d’ouvrir le feu (P)
une odeur de bûches / dans l’air saturé de neige / silence sourd (M)
les crayons glissent / bruit de la craie (D)

allongé sur mon buste / le bébé d’un ami / s’endort (L)
enfin / mes poumons se regonflent / sous ses frêles traits immobiles (P)
le journaliste / a figé les rues désertes / trêve de Noël (M)
ce matin la lumière / sur les bancs de la gare (D)
quelques secousses / le train s’ébranle / deux adolescentes rient (D)
l’atelier du théâtre elles / répètent la noyade / hilares (L)
à plat sur tes reins / ma main frémit dans le noir / au son de la pluie (P)
les cinq rayons de l’étoile / suspendue sur sa chemise (M)
une ceinture de manteau / interroge / le trottoir (D)
la nationale un enfant assis / se penche sur un homme ivre (L)
sous la pleine lune / en bas toute illuminée / est la Tour Eiffel (P)
ils visitent le trou noir / de la nouvelle Pompéi (M)

à travers / les préparatifs de guerre / les signes du printemps (M)
colombes de la paix / pigeons de la paix (D)
fenêtre carrée / de la salle de bain / le chant des oiseaux (L)
avril chemin sous les arbres / un tourbillon de pétales (P)
pointes rouges / la feuillaison sous les fleurs / pommetier de mai (M)
drapeaux et banderoles / en marche vers l’été (D)

°°°

Un petit tas de sable – renku du 15/1 au 13/5/2008

7 mars 2010

Kasen renku :

« Un petit tas de sable »

co-écrit par :
anna, Martine Hautot, Monika Thoma-Petit, Jean-Claude César, Philippe Quinta, Daniel Py (sabakite),
entre le 15 janvier et le 13 mai 2008, sur internet.

**

premier jour de l’an
une balade à cheval
sur la plage (Daniel)

j’enterre l’étron du chien
sous un petit tas de sable (Phil)

ça fond
près du mur de la maison
pointent les pivoines (Monika)

Saint-Vincent venteux –
elle change de lunettes (Jean-Claude)

Nouvelle lune
sur ses cheveux blancs
la bourrasque amère (Martine)

dans la chambre-atelier
une odeur de cèdre et de vernis (anna)

 » 30 idées
pour bien ranger  » –
le plateau-repas délaissé (D)

ce baiser profond — soudain
un arrière-goût d’aïoli (Mo)

larmes sur les joues
il n’ose lui dire
qu’il la trouve belle (P)

Prison de femmes
La peine au goutte à goutte (Ma)

odeur de lessive…
le cul de la grenouille
plein sud (J.-C)

coup d’oeil sur les toits
que des cheminées sans fumée (a)

Place Clichy
la lune commence à décroître
j’entame une pomme (D)

Yom Kippour à Outremont
tous les hommes portent la calotte (Mo)

Halloween –
à ma porte timides
les deux sorcières (P)

le mendiant compte sa monnaie
les braves gens courent pas les rues (Ma)

embouteillages-
sur la liste des courses
un dessin de fleur (J-C)

un air de jeune saison
dans le rose des nuages (a)

fais-tu une pause
jusqu’au printemps pour écrire
ton verset ? (D)

à 80 ans, Vigneault
prépare enfin sa grand-messe (Mo)

agnostique —
un Saint-Antoine pourtant
dans chaque pièce (P)

Sans savoir pour quoi
mon coeur est en fête (Ma)

petite neige de décembre
depuis le temps que je rêvais
de voir un paon blanc (J-C)

vent d’est dans un ciel de béton
flocons gris sale (a)

au bord du chantier
nous inspectons le va-et-vient
des travailleurs (D)

après — ma tête repose
dans le creux sous son épaule (Mo)

face à face
leurs mains seules
se parlent (P)

t’en veux une ! lance
la mère excédée (Ma)

lune d’automne-
ils ont surpris le père
imitant la huppe (J-C)

de l’arbre sans feuilles
pendent les fruits secs (a)

les pots
vous les avez mis
à gauche à la cave (D)

épicerie japonaise
quelques sushi sur le pouce (Mo)

mon hôte le dit:
rien de ce qu’il mange
n’est à son goût (P)

Pour le dérider je dessine
un mouton à cinq pattes (Ma)

intimité dévoilée
le lotus aux deux pétales
radieux (J-C)

baignade de mai
le sel et le soleil remplissent ses yeux (a)

**