Posts Tagged ‘haïkus’

‘L’autre bout du ciel’ de Damien Gabriels

5 juillet 2013

Je ne peux pas partir en vacances sans vous faire part de mon
appréciation admirative du dernier recueil de Damien aux éditions Éclats d’encre, 2013 ( http://www.eclatsdencre.com )
: ‘L’autre bout du ciel’. Je me suis régalé, tout simplement !

À preuve ces quelques admirables :

salle de réunion –
le vide à la fenêtre
après le papillon

(p.12);

celui-ci, à la magnifique expression synesthésique :

rabattant les volets –
le froissement bleu nuit
d’un vol de pigeons

(p.16);

garrigue à l’aube –
deux papillons attendent
l’ouverture des fleurs

(p.22);

fin de repas –
la cruche de grès
se remplit d’ombre

(p.29);

et :

assis sur le seuil
– partageant le silence
du laurier rose

(p.35)

lui aussi exactement au coeur de l’esprit haïku !

Je ne saurais trop vivement vous recommander d’en faire l’acquisition, vous avez
là « le » haïku français dans sa toute meilleure expression !

Daniel

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George Swede : ‘Almost Unseen’ (‘Presque invisibles’) – (1/10) haïkus choisis – 3)

21 avril 2012

Haïkus choisis de George Swede, dans Almost Unseen, Brooks Books, 2000 (: ‘Presque invisibles‘) :

Open library window
spring breeze flutters the pages
of the abandoned book

fenêtre ouverte de la bibliothèque
la brise de printemps fait battre les pages
du livre abandonné

after the rainstorm
twice as many
children

après l’averse
deux fois plus
d’enfants

dawn bird songs
the black cat’s twitching tail
tipped with dew

chants d’oiseaux à l’aube
la queue frétillante du chat noir
couronnée de rosée

first warm spring day
I take my shadow
for a walk

premier jour chaud de printemps
j’emmène mon ombre
se promener

in each eye
of the cat by the window
the singing robin

dans chaque oeil
du chat à la fenêtre
le rouge-gorge qui chante

spring flood
two wooden shoes float by
taking turns being first

inondation printanière
deux chaussures de bois passent en flottant
prenant tour à tour la tête

in the dentist’s waiting room
tulips with their petals
tightly shut

dans la salle d’attente du dentiste
des tulipes avec leurs pétales
bien fermées

training bra
on the clothes line
half moon

soutien-gorge d’entrainement
sur le fil à linge
une demi-lune

empty baseball field
a dandelion seed floats through
the strike zone

terrain de baseball vide
une graine de pissenlit flotte
dans l’ère du batteur

lake without a ripple
I pocket the smooth
skipping stone

lac sans vaguelettes
j’empoche la pierre
à ricochets lisse

(à suivre…: 11/167)

Haikus etc. – Py – oct. 11 (2/2)

1 novembre 2011

°

mi-octobre
une coccinelle
fait le tour d’une feuille
de post-it

°

….profite….
sur ton tas d’or
sur ton tas d’os

°

les chèvres
jusqu’en haut
des arganiers *

* : arbres dont s’extrait l’huile d’Argan, Maroc.

°

le gazon
du voisin d’en-dessous
pousse vers nous
vert

°

?????
???????
?????

°

un rayon de soleil
(qui) se balade
au gré d’un fil

un rayon de soleil
glisse
sur un fil

(1/9/09-1/11/11)

°

le banc
empli de feuilles rousses
– soleil

°

« merveilleux » ver mielleux ?

°

ce midi
déjeuné dans le
Square
René et Henri Druart
(1888-1961) (1902-1979)
Érudits Rémois Hommes de Lettres

21 octobre
une abeille encore en fleur
Square René et Henri druart

entre les rues
Libergier, Hincmar et Chanzy,
le Square René et Henri Druart *

* haïjins rémois du début du XXè siècle

au bout de l’épée
de Jeanne d’Arc :
un pot de fleurs

(- parvis de la cathédrale)

(Reims –> 21/10/11)

°

poussées par le vent
vagues et mèches de brume
– mouettes parisiennes

°

(2 portraits rev(en)us :)

bibliothèque –
elle n’a
pas du tout
la forme
d’un livre

pizz * de contrebasse
: ses seins
à contretemps

* pour : pizzicati

°

d'(encolure
en colline)s

°
(kyôku :)

lire des haïkus
5/7/5
(dont) le systématisme
endort
(autant que les sonnets
de nos jeunes années !…)

°

les piaillements
ont envahi le square
– chaises multicolores en terrasse

(Place des Frères Lumière, Lyon 69008)

°

(kyôkus :)

je suis donc je pen
se donc j’écris donc je pen
se donc je suis donc

j’écris en écou
tant battre mon coeur…

« nombrilaïku »

(il écrit
selon
son coeur)

Il se polit
le japonais… *

* cf : « se polir le chinois ».

le haïku ce n’est
ni « je », ni « pense » :
Descartes aux orties !

l’amalgame entre
haïku et tanka (court)
(= un « haïku » sentimental / lyrique, un « moi-ku »…)

est-ce un « tanku » ou un « haïka » ?

un tank- ? un anka ?

(au pas de char-je !)

la pornographie
de ce haïku qui s’exhibe
en clichés navrants !

°

rose-brun
le groin yin-yang
d’un sanglier corse *

* (sur Arte, 25/10)

°

Il photographie

°
(mot :)

CONTINUAGE

°
(kyôku ?)

tout ce qui est systém(atism)es :
à la trappe !

(les uniformes,etc…)

la momie
tombe en poussière :
5/7/5 !

°

mouche de fin octobre
aussi alerte
qu’au printemps !

°

sur la barre d’adresses

°

un bruit dans la nuit :
la planche à pain
dans l’évier

°
(Mots / Bashôtages :)

étangongrenouille

grenouillétangong

le coup de gong
du plongeon
de la grenouille

élan étang
gong vagues

—-grenouille~~~–

étang grenouille ondule

élan gong ondes

gongrenouill e

élangong

frogong

longeons étang
plongeons

plongeondes

la grenouille est
le nombril de la mare

—- HA! ^~—-

la grenouille plongea
la mare
dans la stupéfaction

la grenouille
saisit
la mare

iiiiiiiiiiiiii(ii) *

* (: saisis)

vieil étang
une grenouille
gong !

la grenouille
laissa
la mare
interdite

°

Au Maguelone *
tous les yeux rivés sur
les juments à l’écran

* bar-pmu, rue de Maguelone, Montpellier.

°

la douceur des pentes
mais la violence des vents
: descente sur Millau

(ce) vent si violent :
ces arbres se secouent en tous sens !
(- Millau)

°

emplie de feuilles d’automne
la toilette publique
à la turque

sous les poussées du vent
s’ouvre les portes
du jardin
vide

°

« Liszt a aboli le diktat de la forme » *

Oui,
abolir le diktat de la forme
pour le haïku aussi !

* (dans la composition musicale – FR3, 24/10/11)

°

mettre son haïku
à sécher
sur le fil

°

Un « écrivain » doit faire la lumière,
donc
éclaircir ses mots !

°

mère (91 ans)
redistribue les haïkus
de l’anthologie

°

(le) gONg
(frappé au centre
par tout un chacun)

°

vêtue

clad
with a ciggie

(rêve 26/27)

°

limé
élimé
éliminé

°

fermer un cerc(uei)l
un cercloeil

(monocle = cercloeil)

°

le parapluie
se retourne-t-il
/ dans sa tombe ?
/ quand ça tombe ?

°
(kyôku)

Fluidifier le haïku :
ôter tous ses obstacles
: ponctuation(s) – dont kireji…

°

cerises noires :
les écouteurs
sur l’oreille

°
(citation :)

« Qu’est-ce qu’un oui sans non. Un été sans hiver. »
Steven Tyler – Aerosmith.

°

la lenteur
comme exercice
de progrès (…)

°

« Aux Berges de l’Aveyron » *
==>
Aux verges de l’abbé rond ?

* : près de Rodez.

°
(Bashôtages ? :)

souvenir(s) de(s) guerriers
(de 14) – les champs cultivés
(vers Verdun)

souvenir(s) de(s) guerriers
de 14 – un champ
d’éoliennes

°

mariage à la campagne

°

« le 5/7/5,
ça les rassure »
me confi(rm)e Dorothy

le haïkuiste aux cents filets (maillés 5/7/5)
et
le haïkiste sans filet (: de forme(s) libre(s))

°

pas de vent
sur la colline :
dimanche d’éoliennes

°
(Bashôtages ? :)

perché sur un piquet
(au-dessus de l’autoroute)
un oiseau de proie

(- attend le crépuscule)

corbeaux perchés

corbeaux posés

corbeaux

°

tous les dégradés

°

moucheron
son dernier vol
entre deux pages

moucheron

°

le coin du canard du coin …

°

À paraître :



À disparaître :
.
.
.

°

nuages stratifiés —
collines embrumées

°

ré . . . glisse

°

une flûte
joue
ses bulles
.
.
.

°

la brosse-à-dents
de la couleur
du gong

°

peuplier
peuplé de feuilles
seul(e) au sommet
– veille de novembre

°

toutes les éoliennes
au ralenti
: grand bleu
du dernier octobre

°

pièce d’eau :
des feuilles,
des plumes,
en surface

°

il suffit d’une pomme véreuse
pour
confondre le ciel

°
(kyôku :)

3 vers
maçons
où (le) silence
est (le) ciment

°°°

dp. (15-31/10/11)

Haiku, etc, de Py – juin 2011 – 2/3

24 juin 2011

°

un coup de pinsaule

grand angle –
le feu noir
s’éteint

°
(Bashôtages :)

vieille mare –
de qui le plop !
en surface ?

la vieille mare :
pas vu,
entendu
plop !

vieille mare :
le son
d’un saut

vieille mare :
le son
d’un seau
(?)

après le plop !
la mare
de nouveau
vieille

la mare
ondule
avalant
un plop

du choc
la vieille mare
se gondole

choc !
le pouls
de l’eau
s’affole

après le choc
le pouls de la rivière
ralentit

autour du mystère
de la vieille mare :
toute une vie de haïkiste…?


(5/7/5 !:)

l’esprit agité,
comme si des grenouilles y
sautaient sans cesse

de grenouilles
sautant sans cesse :
marre !

°

un beau haïku
5/9/5
au fond

à la pêche
d’un haïku
plongé

°

blanche –
elle ne sort que
les jours de pluie

sur son pied
vers le sol :
serpente

« La forme
sans forme »
du haïku…

… que de quelques corbeaux au Québec…

la vague intéressante, c’est le t(h)on –

Le thon rouge = Le thon des cerises ?

cependant qu’un enfant lentement…

°

entendre le silence
du haïku

(où tout baigne)

de 7 à 5 :
haïkus tordus !

de 7 à 5
les « confectionneurs » de haïkus
se tordent pieds et mains

les confectionneurs de haïkus
maint pied
se prennent
dans le tapis
5/7/5

Suivez
le rythme naturel (/le plus naturel)
du dire ! / de l’écrire !

°

aux cinq coins du monde…
(ex : les 5 continents)

°
(Bashôtages :)

du bord
de l’eau, ah, croupie,
la grenouille se détend
– plouf !

du bord
de l’eau croupie
la grenouille se d’étang
– Ah !

vieille étend –
son linge au soleil

vieil étang :
dard du plouf !

au vieil étend
dare darde le soleil
ses rayons

au vieil étang
dare-dare plonge un crapaud
– Accourez, oyez tous !

°

à la pointe de l’épée de Jeanne :
une plante en pot fichée
– Cathédrale de Reims

lit vide :
la voisine
délaissée

(SSS ?)

l’étalon
à talons

: détalons !

(: d’Attali ?)

le souffle chaud
du train de l’après-midi
s’arrête en gare

(comité de réception ? :)

Les trois grasses
plantées à l’accueil

°
(Bashôtage :)

de la grenouille
les ronds
dans l’eau usée

°

dans la cour de l’école
jouent
les fleurs de cerisiers

°

Amoindrir

Ah, moins dire !

°

un bac rempli de la
poussière de l’église,
plus une plume

un bac rempli de poussière
plus une plume
de l’église

°

Entends-tu
le bruit
que font tes talons ?

(couloir de métro)

toutes les mouches
autour de la lampe
même en plein jour

deux
papillons blancs
voletant
au-dessus de
volubilis blancs

deux papillons blancs
voletant au-dessus de
volubilis blancs

lue
la lumière des lucioles
: jamais vue !

Le Sacré-Coeur :
pour écraser le souvenir
de La Commune !

°

Bannir les « comme » du haïku ;
« comme » : ce « piège » de la poésie occidentale !

[ : en lisant une anthologie de haïkus japonais contemporains ]

, ces « comme », dont nous faisons incommensurable indigestion, par ici !

°

une bulle de savon,
le barreau d’un grille :
deux bulles de savon

une seule feuille
captant tout le soleil
– patience !

fun –
une feuille
tombe en juin

que de pissenlits fleuris
dans ce champ
et que de moutons !

que de pissenlits,
que de moutons
dans ce champ !

(Aveyron, 4/11)

°

Les koans – Les haïkus ?

28 mars 2011

°

Les haïkus* font usage de sujets tangibles, d’objets terre à terre comme un chien, un arbre, un visage, un doigt, pour nous montrer d’une part, que chaque objet a une valeur absolue et, d’autre part, pour faire cesser la tendance de l’intellect à s’ancrer dans des concepts abstraits.

Le monde de la Perfection n’est pas différent dans les faits de celui dans lequel nous mangeons, éliminons, rions et pleurons.

* : non ! En fait, Hakuun Yasutani (1885-1973) a écrit : « Les koans
mais, pour moi, le parallèle me semble évident…

: in 365 jours zen, p.268

Haïkus du haïbun  » Le moineau » – Salim Bellen

24 mars 2011

°

L’année se termine;
serein je bois mon dernier
jus de mandarine

Je me suis couché
dans le hamac; une sieste
avant le haïku

( : p.125)

La corde à sauter
de l’enfant sur la terrasse;
moi dans le hamac

Tiens elle a bougé
cette peluche en voiture !
C’est un chiwawa

J’allume au vestiaire
l’araignée n’a pas bougé
je ressors sans bruit

Assise en seiza *
ses lèvres remuent; ses yeux
regardent le vide

* seiza : posture les jambes jointes, assis sur la plante des pieds, un orteil sur l’autre. (n.d.a.)

Ouvrage à l’aiguille;
viens, dit-elle à la pelote.
La chatte se lève

Je ne suis plus seul,
je m’assieds
face au pin

les pigeons s’envolent
faisant voler la poussière
au terrain de jeu

Le soir est tombé;
la femme habillée de noir
fouille dans les cendres

(p.126)

L’An Neuf dans deux jours;
sous le petit pont, un homme
urine au cloaque

Va-t-il l’embrasser ?
l’homme au cou de la passante
arrache la chaîne

Au creux de la main
un oeuf fraîchement pondu
encore tout tiède

(: p.127)

Le trente décembre
le moineau perdu de vue
rentre à la cuisine

(: p.128)

°

S. Bellen, samedi 30 décembre (2006)

haïkus du haïbun « La mouche » – Salim Bellen

15 mars 2011

°

(Ce haïbun fut lu par Salim lors de notre kukaï de Paris (n° 5), le 28 avril 2007). En voici les haïkus, dans la progression de son élaboration :

La mouche elle va
elle vient, où bon lui semble ;
plus libre que moi

Elle va, elle vient
la mouche
plus libre que moi

Libre
la mouche va et vient
où bon lui semble

La mouche
elle va, elle vient
où bon lui semble

Salim Bellen, vendredi 29 décembre (2006), in Le Singe renifle en décembre, p.120/121.

Haïkus du haïbun « La bergère et la lune » – Salim Bellen

18 janvier 2011

°

La déesse mère
au jardin couvert de mousse
veille sur le chien

°

Sous le cerisier
Le veilleur de nuit émiette
au matin du pain

°

La bergère doute
qu’un jour la lune ait perdu
sa virginité

°

Je n’allume pas
cette année l’arbre des Fêtes;
mon coeur est éteint

°

Salim Bellen (27/12/2006)
p.108 in « La bergère et la lune », du recueil de haïbuns : Le Singe renifle en décembre.

Haikus, etc. – Py – Nov 10

6 décembre 2010

°

un pneu
de la voiture à l’arrêt
cerclé de feuilles

°

le haïku
c’est une feuille en l’air

entre ciel
branche
et terre :
feuille-haïku

le haïku
c’est un instant
suspendu

°

les couleurs des feuilles me nourrissent
– Millau, 1er novembre

°

première pluie de novembre
le cimetière tout en couleurs

°

1er novembre :
devenir peintre
paysagiste !

°

1er novembre
trois chemins champêtres
se rejoignent
vides

°

toutes les nuances
de vert profond à roux
les contreforts du val

°

rideau lumineux d’arbres =
un rai de soleil ?

°

couleur ajoutée
au bouleau :
l’automne

°

l’automne :
les genêts muets

°

les couleurs (en novembre)
sont les (dernières) paroles
des arbres

°

Avant Aumont-Aubrac :
ces prairies entrecoupées
de si minces filets d’eau

°

Aumont-Aubrac :
sur le quai,
deux randonneuses indécises

°

au-delà du panneau
« Les Quatre Chats » :
quatre cerfs-volants
(Deauville)

°

restaurant :
une rose rouge
au milieu de son visage

°

gueules pleines
des poubelles
ouvertes :
1er novembre

°

premier novembre :
la fête des mores ?

premier novembre :
faites des mores !

°

j’embrasse ton bouddha
sur la bouche –

°

(haïkuisines :)

moutarde à l’ancienne :
crocodile

l’oeil du genièvre
au milieu des cheveux
de la choucroute

°

le long d’un fil
monte
descend
le soleil

un soleil-fil

du pin
un fil
de soleil

°

la neige
épouse
la toile
d’araignée

ce matin
la neige
a trahi
l’araignée

°

(art p. :)

écrire
toujours plus près
du réel

°

dans son sac sa cravache,
elle court vers le bus

°

… pendant ce temps-là
des « haïjins » français
restent assis
sur leur pot 5/7/5

°

sur la pente du matin
glisse
ton souffle…

°

her brightly shining
lipsticked lips, she
chews a chewy

ses larges lèvres
luisant de rouge
elle mâche
un chewing-gum

°

les azalées
tout le long de l’allée
s’en vont…

°

aube –
ton haleine parfumée
à la menthe

°

(Marilyn)

l’air
de la bouche de chaleur
soulève
mon parapluie

°

une feuille
glisse
dans un passage piéton

°

le ciel au couchant s’éclaircit –
fumée s’élevant de la ville

au crépuscule
le ciel s’éclaircit ;
vol d’un corbeau

°

mes nièces
ne connaissent pas
Méliès

°

(du haïku :)

le haïku
c’est la déconscience
de soi…

?

°

feuilles molles …

mes mains
te calquent

°

(re :)

l’oiseau dans la bouilloire
l’eau dans le ciel

(11/11/10, d’après 11/07)

°

Avenue Maginot :
la coupe au carré
de tous les arbres

les arbres
taillés
au carré

(Vitry s/Seine)

°

bouteille
cul en l’air
canard

(cf sept 10)

°

bus –
le chant
des soufflets

°

chapeau sous la pluie
l’accordéoniste joue * assis
sous son parapluie

(Jules Joffrin)

(* un air de misère)

°

tout en haut
tout en bas :
les feuilles des peupliers

(Parc de Sceaux)

°

tai-ji-quan au parc
au son des oiseaux
petits et gros

que des feuilles
dans l’eau claire
du vieux lavoir

(Le vieil Orly)

°

(senryû papal :)

« Préservatif –
La nouvelle position du pape » *
: sur l’oreille ?

* titre « 20 minutes », ce 22/11/10

°

couinements lancinants
de l’escalier mécanique
vers le R.E.R.

(Gare Saint-Lazare)

°

parallèlement
deux hommes à valise à roulettes
le portable à l’oreille

(Gare du Nord)

°

un
nuage
flotte

°

matinée –
un marteau
monte
un mur

°

un pigeon
sur un lampadaire –
jour gris

°

première neige
ta voiture neuve
noire

°

blanc dessus
sombre dessous :
première neige

°

les feuilles vertes
tombent de l’arbre
avec leur neige

(Nogent s/Marne)

°

écume blanche
poussée par la péniche –
la première neige

°

d.(11/10)

Haïkus, etc. – Py – oct. 10

1 décembre 2010

°

un cri noir
traverse ce matin –
brossage de dents

dans le métro
il fait monter
l’odeur de la boulangerie

nos deux réveils
aussi
ensemble

Maguelone * :
pas grand chose
d’autre
à se mettre sous l’Adam !?

* plage naturiste de –

dès sept heures
leur télé allumée
: l’hypno-teaseuse …

un saule
pleure
au bord de l’autoroute

une araignée
joue de la lyre
dans le soleil du soir
(forêt de Sénart)

je tombe en spirale,
forêt de Sénart

le grand détachement des feuilles
– octobre sans vent

la cloche
peu à peu
s’associe
au silence

le café
filtre
sous la porte

ta peau
encore froissée
par les draps

mmmh !
ce pain qui cuit :
jouissance absolue

portée
l’ombre
chante

ce soir
lumières jaunes
télés multicolores

par-dessus les toits
des grues
des antennes

des avions
limaces rosées
entament
la toile
du ciel

contempler
le « c’est ainsi »
des arbres

ralentis ton regard
ton esprit
tranquillise-le
pour entrer en contact
enfin
avec la sève

une plume
sur le trottoir
n’écrit rien

une vieille chaussure –
au bord de la route

il faut qu’un haïku
soit
ouvert

a flurry of pigeons
all at once

un petit cheval
de nuage
s’envole
dans le matin
, mi-octobre

boules ramassées
pigeons
de la fenêtre des toilettes

lumières fixes
écrans mouvants de télés
dimanche soir d’octobre

son de l’ampoule
contre l’abat-jour
une cloche de vache

le plancher de mon voisin
du dessus grince
pas seul !

pas
du voisin du dessus :
pas seul !

jusqu’à mon dernier souffle
le souffle du haïku,
probablement

dans le bol de tisane
l’ampoule
vers le haut

passant manches de chemises
et cols
au savon de Marseille
avant lessive :
grand-mère

un petit cheval gris
de nuage
évolue
dans le ciel

feuilles rousses de platanes
sur la pelouse
le soleil se repose

nous pompant l’air,
l’inlassable ressasseur
de leçons !…

au-dessus des embouteillages matinaux
un corbeau
croasse en passant

ma voisine
entame
do majeur
au violon
– l’heure de la sieste

mon miroir est petit
la Thaïlande est loin
je pense à toi

21 octobre
lavant les vitres
une guêpe

premiers avions :
après mes vitres
propres

grosse lune d’octobre
entre les deux tours
d’incinération de déchets

les vaguelettes
que fait l’âge
au dos de sa main

pluie d’octobre –
la goutte au nez
de la vieille dame
sous l’abri-bus

cette femme
vue ce matin
vue aussi ce soir
dans le métro

une page du journal
sou le vent

ondule au vent
la page du journal

pleine lune d’octobre
à la fin de la nuit :
le ciel immaculé

la pleine lune d’octobre
dans le petit matin –
dans ton avion
les hublots clos ?

vol matinal :
par un hublot
le soleil,
de l’autre côté
la pleine lune

pleine lune d’octobre
un premier cri noir

pleine lune d’octobre
en ce ciel
si immense

À l’été les Roms,
À l’automne les Jeunes :
Sarko casse.

pleine lune d’octobre
nuages roses
une cheminée fume

posture de l’arbre :
la pleine lune
entre ses bras

accumulation d’énergie :
il invite
la lune
à lui

séance de Qi-Gong :
la pleine lune
peu à peu
descendue

(disparue
sous les toits)

au-dessus de la grue
des nuages lourds

elle se serre contre moi
lendemain de la pleine lune

à ma mort,
un service fun-zèbre !

lever du seuloeil –
la lumière sur les
traits étirés d’avions

à la porte du bar
des bouteilles de champagne
– rosée

terrien, t’es pas grand chose !

vignes roussies
roches rouges
vers Lodève

l’heure rose
sur la montagne des Causses
vers novembre

luisant de pluie
penchant plus :
l’arbre pleureur

ce matin
goûté à ton thé
au jasmin
de Thaïlande

la blondeur du biloba
en l’air
et au sol

dernier octobre
l’éventail rutilant
des arbres

passage à niveau —
regardant passer
le train

épuisant sa salive
en arguties…
– feuilles à terre

à la grand-mère l’enfant,
à la mère le chien :
promenade du dernier octobre

voiles s’envolant au vent
la veille de novembre

le haïku est un chemin
le long duquel nous marchons
chaque jour…

entre l’appareil photo
et le ginkgo biloba jaune
deux pigeons trop prestes

l’entonnoir en étain
de l’Hôtel du Commerce :
retrouvé dans la niche

sur la table de la cuisine
pinceaux
près de l’assiette au raisin
et deux demi-citrons

feuilles
sous le banc
la pluie d’avant novembre

odeurs :
la pluie sur le trottoir de Millau
dernier jour d’octobre

dans sa mare multicolore
le cygne blanc
sous la pluie

dans la flaque
des bulles trembleuses
l’une après l’autre

toute l’après-midi
mère martelant
ses noix

nous sommes uniques
et cependant semblables,
feuilles, bulles, humains…

« filliforme » :

filiforme –
à la boulangerie
plus de baguettes

(cf : sept 10)

°

d.(oct. 10)