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Haiku, etc. de Py, Août 2013 – 2/2

19 septembre 2013

Haïkus, etc. Py – Août 2013 – 2/2

°°°

Avec ses deux baguettes
et ses dix-huit rouleaux de PQ
remontant du supermarché

°

sang venimé
sang venimeux

plus ou moins proche
Orient

À sang

Aff(r)eux
/ Affres

Apocalypse

(Syrie Tuerie)
(Syrien n’est fait…)

°

Comment peut-on prendre au sérieux
une revue de haïkus (/ le haïku lui-même !)
si elle publie du N’importe/quaïku ?!

Entendant un certain « haïku » ( ? ),
son amie sort :
« C’est du grand n’importe quoi ! »
– Ah, comme j’ai plaisir
à l’entendre !

Méfiez-vous
des faux-prophètes
du haïku !

Y a pas bon Banyana !

Si peu sûrs d’eux
qu’il leur faut un pape,
un évêque,
un gourou, etc…

L’évêque,
ses moustaches collées de Banyana !

°

Chi-kong au parc
une libellule se pose
sur sa main tendue

( : Mihaela, Parc Méliès, Orly, 15/8 )

°

un os de seiche
sur le balcon –
à des centaines de kilomètres de la mer…

°

Jean-François Millet (1814-1875) se propose, dans ses peintures, évidemment, d’
« exprimer le règne du silence »

La peinture doit « utiliser l’ordinaire pour exprimer le sublime… C’est là qu’est la réelle puissance », pensait Millet.

(Van Gogh était fasciné par Millet.)

« Je désire que les choses n’aient point l’air d’être amalgamées au hasard et par l’occasion, mais qu’elles aient entre elles une liaison indispensable et forcée ; que les êtres que je représente aient l’air voués à leur position, et qu’il soit impossible qu’ils pourraient être autre chose »
« Je désire mettre pleinement et fortement ce qui est nécessaire, mais je professe la plus grande horreur pour les inutilités et les remplissages, les choses ne peuvent avoir d’autre résultat que l’affaiblissement. »
J-F. Millet
« Extraire du réel même du banal ce qu’il contient de sublime et de typé – insérer ces formes dans la lumière (, voilà Millet ! »)
Pierre Miquel

Par petites touches
l’artiste *
donne au musée
quelques infos complémentaires

(Barbizon, musée / maison J-F. Millet,16/8/)

* Ion Codrescu

Barbizon
l’appareil photo d’une Japonaise
sur le nez d’une jardinière

°

(Musée Rodin :)

statues au jardin :
toutes ces poses qu’ils prennent
pour une photo !

au pied de la statue de la Méditation
un invalide
en photeuil

dans le jardin du musée Rodin,
une pensée
penchée

la statue
dans le plus simple appareil –
des hordes de photographes

un coca
et une guêpe :
elle se sauve

/

elle fuit son coca :
guêpe

un moustique tué
sur la ligne :
« Sur la Porte de l’Enfer »

°

la crémaillère blanche
d’un avion à réaction

(Orly)

°

(Que tu écrives)
Que ton cœur batte, cher poète,
le lecteur en a cure
comme de l’an trente-trois !

(C’est une telle tautologie,
c’est une telle évidence,
c’est une platitude « éculéenne » !

– digne du romantisme
le plus décadent !)

Auteur, pense à ton lecteur,
aie pitié de lui !

°

une fleur exulte,
Mozart.

°

mon cœur bâton cœur
basson cœur
bah !

Si tu écrivais
mon cœur bat
et si j’écrivais
mon pied bot ?

°

quatre aigrettes
ensemble dérivent
au milieu d’une conversation au jardin

°

Au-dessus des cosmos,
des papillons blancs –
Château de Talcy

les bourdons butinent

considérant la ride
sur le front du guide
au château

°

En bord de Loire
sous la pleine lune
des araignées d’eau

sous la pleine lune
les remous d’encre noire
de la Loire

(l’encre luisante de la Loire
sous la pleine lune (d’août))

°

Dans le haïku,
du blanc volant

°

la tondeuse voisine
nous rase les oreilles
7 h 30 ce 21 août

°

Il aura fallu
deux voitures
pour achever
ce papillon

(route de vacances)

°

Pour un haïku « hors-je »

°

des mongolfières s’élèvent

°

table de neuf convives
puis la pleine lune

/

tablée de neuf
sur la terrasse
puis la pleine lune

°

pleine lune –
des insectes
autour du lampadaire

°

un fil d’araignée
en cascade
sur la fontaine
asséchée

°

La voile d’une araignée
au-dessus d’un cours d’eau

la pirouette bleue
de la clématite
« pirouette bleue »

une libellule bleue
sort de la photo –
toile d’araignée

promenade tranquille
dans l’Arboretum
des Prés des Culands

(Meung-sur-Loire)

°

pêcheur à la ligne –
au fond de la Mauve
des feuilles d’acacias

une samare
glisse
à la surface de la mauve
– perdue ?

°

à l’encre l’on s’échine
à tracer des oiseaux volants –
une fourmi passe au bas de la feuille

°

« stepping stones » =
pierres où poser le pied *
(pour franchir
ce ruisseau
d’enfance…)

* / pierres pour poser le(s) pas

°

chaque fleur
accouchant
d’un papillon clair

°

le livre (neuf) (de haïkus)
sabi – me
au soleil

°

Make ’em laugh
(in haiku) !

Cocassiette…

Cocassaïku

L’étincelle comique du haïku…
(haïkunoclaste…)

°

les trois points de suspension
étant les « stepping stones »
: les pierres où poser le pas
vers le moins en moins de bruit

vers le moins en moins de mots
vers le silence
vers l’infini
(vers le vide ?..)..

°

chaises de jardin
recevant
le soleil
en silence

°

entre les bras du fauteuil
un fil d’araignée

°

une araignée tricote
de-ci de-là
au-dessus du jardin

°

dernière semaine d’août –
le soleil
tire les chaises à l’ombre

°
(« Miroir, ô mon miroir ! »)

Fau-il que l’on se farcisse
encore longtemps
tous ces haïkus-Narcisse

qu’ils viennent de Lapalisse
ou de Pétaouchnok ?

°

pour le boulot, je (/ il) freine…
(l’orme charme, mais l’être freine !)

°

Narcisse – hic !

°

Il a (mal)mené sa barque…

°

piasson(n)é

°

la pluie
qu’on n’a pas eu depuis longtemps
cette nuit
essaie ses instruments
près de la fenêtre

°

« Yi buzuo, er buxin » (proverbe chinois)
« Commencer par ne rien faire
pour ensuite ne plus s’arrêter. »

°

Dans la ville du château de Dracula,
ton peigne au matin
perd une dent

(Bran, 5/8)

°

Dans le haïku, chasser l’anecdotique,
le quant-à-soi, l’(auto-)exhibitionnisme.

Dans le haïku, se livrer à l’exhibitionnisme
équivaut à cultiver
l’anti-esprit-haïku,
exactement.

(D’autres y pratiquent, par ailleurs, le voyeurisme…)

°

cabine d’essayage –
pensant à André Cayrel

(City Park Mall, Constantza, 12/8)

°

Ah, montrer ses organes à tous,
quel pied !
( : l’anatomiquaïku / anatomikaïku )

°

sur la trace
du parfum « Envol »
perdu *

Moire et satin
soir et matin

* de chez Ted Lapidus

°

tic toc mon cœur bat
…….
toc toc mon pied bot

°

les zarbitudes

°

extraordiniare / extraordignare

°

À la porte du magasin Naturalia
2 clodos nature

°

elle se pointe des pieds
pour l’embrasser
– Saint-Michel

°

Elle, sa longue perruque rousse,
lui chauve
(Montpellier)

°

Nuit d’automne

(d’après Hubert Haddad in ‘Les haïkus du peintre d’éventails’, éd. Zulma, 2012)

°

(Pensant à M.)

son humour de chauve
(/ le chauve… sourit)

°

chauve, un (dans le bus aussi
/, assis)

°

le chauve
met son chapeau
: voyage en bus

°

Et si je passais par le jardin public
(Et) s’il y passait un haïku ?

(jardin A. Malraux, Millau)

°

Appuyée au panneau

°

L’i dans un coin

°

(Érotisme… :)

Les travaux DER-CUL !?

°

ces Italiennes
au sabir sonore
et soûlant
dans ce train
du 31 août

(Montpellier-Nice, SNCF)

°

Le sabir
toujours plus sonore
des étrangers
(puisque différent…)

°°°

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haïku, etc – Py – juillet 13 – 2/2

17 août 2013

juillet 2013 – 2/2 :

°

ce matin
ta main
sur ma main
sur ton sein

°

tourterelle du matin –
la dernière étape du Tour

tourterelle du matin –
le (tout) dernier jour du Tour

°

c’est si beau
à la pointe du soleil !

°

Au rayon pain
du supermarché :
« fabrication anale »

°

Au marché
des pommes Fuji
– le sommet du goût ?

les pommes Fuji
(ne sont) pas
le sommet de la saveur !

°

Le Bouddha volant *
(en atterrissant)
a laissé l’empreinte
de son pied
dans le rocher **

* 8ème siècle
** Tibet

/

le Bouddha volant
pose son empreinte
sur un rocher

(Arte, 23/7, Ladakh)

°

dans une grande clarté
aucune réponse

°

volutpés

°

Les irritiers

°

une forme plus libre et moins pesante
: liquide

°

« ernière émarque »
: fin des soldes à Saintes,
fin juilet

°

ense(i)rreins

°

Aux petites fleurs jaunes
apparemment
l’orage a plu

l’orage
a nettoyé
les peupliers

°

jogging au parc
coupé
une ligne d’araignée

°

(S.S.S. :)

Grand Seigneur,
il offre (à l’UMP) 0,06 %
du trou qu’il (y) a creusé

°

l’ombre d’un colvert
glisse
vers la mare

°

(haïku-)photo :
17 mouettes
sur le ponton
d’un carrelet

/

pris
en photo
le ponton
du carrelet
: 17 mouettes

°

voilée –
mais sa poitrine
incachable !…

°

(métro :)

un journal voyage dans la rame
saisir un titre au vol

°

des bourreaux d’études

°

le grand saule sous le vent
le trafic sur l’avenue

(Créteil)

°

Médine (France).

°

Mouche amère, D.E.

°

magicien :
ô lapin,
haut la main !

°

quelques grains de sable
tombent
du livre qui s’ouvre

(fin juillet)

°

Langue scandée,
frappée au burin
de la langue
de l’oreille (du palais)
et des dents (et des lèvres)
retouchée
remodelée,
remodulée,
travaillée
jusqu’à la satisfaction sonore
du / de son
sens abouti
( : Monique Serres, in L’Alphabet à l’ombre de ma mère, éd. L’Harmattan, 2007.)

°

Un pape vire-vol(et)ant
sur les plages du Brésil
(JMJ)

°°°

haïku, etc. Py – juillet 2013 – 1/2

28 juillet 2013

°°°

ciselé
ci el

les anars sauvages

sur le trottoir
un ex-cargot
(4 juillet)

un canard
sur une pierre
et son reflet

(= une photo 5/7/5 ?)

(: sur le Verdon, août 2012)

3 vers de silence
pour l’ami haïkiste
qui vient de disparaître

/

3 vers de silence –
ce haiku aurait la forme
d’un cercueil (en creux)

en
cre
ux

d
e
s
cendre
s

e
s
ca
li
er
s

(Kyôku :)

Méfiez-vous du 5/7/5 !
c’est sous cet(te) (uni)forme strict(e)
que naissent la plupart
des faux-haïkus

(D’après K-D. Wirth, dans Gong 40 :)

ce (gendai ?) haïku
aurait-il – simplement – oublié cette règle primordiale :
la simplicité (- clarté – légèreté )

qui fait
que ce n’est plus un (/du) haïku ?

/

obscur
confus
abscons
touffu

haïku foutu

flaque :
des milliers
de Delaunay
de pluie ?

son souffle mord
un morceau de nuit
– 4 heures

au train
où sifflent les martinets…
vacances de juillet

(cf juin 2/2 2013 :)

après la nuit blanche
le suaire de l’aube

un Sarkothon
pour l’UMP ?
– vive les senryûs !

/

Sarko, ma muse,
reviens alimenter
mes senryûs !

/

Nicolas, Caca,
en voilà un nouveau slogan !

insaisiss
a
b
l
e

la voix du reporter-radio ce matin
un filet d’eau sans fin dans les toilettes

Bordeaux –
le Pont de Pierre
a dix-sept arches :

Napol
éonBona
parte

avec sa pelle
il creuse un trou dans le sable
pour son gros ventre *
– jeux de ballons
en bord de plage

(* = enceinte)

crocodiles
surfacent à peine
du bain de boue

/

pour profiter pleinement
« des bienfaits du bain de boue »
SILENCE

(: Thermes troglodytiques de Jonzac, 7-28/7/13)

°°°

haïku, etc. Py – juin 2013 – 2/2

28 juillet 2013

°°°

brise printanière
au kukaï
échange de feuilles



(dans la série
« Vu à la télé » :)

un galop de chevaux
soulève l’or du désert
– crépuscule

un escargot
au toit ouvert
– trottoir de juin

pleine nuit
l’odeur du pain
gonfle jusqu’à nous

lisant des haïkus
le silence se taille
la part du lion

sous ses tissus légers
des tatouages
à deviner

sur l’affiche
d’un concert de rock
un escargot assoupi

au-dessus de la serveuse
au-dessus de son évier

première chaleur de juin
dans l’ombre
d’un panneau de bus

après la nuit blanche
le jour vient poser
son linceul

Ah, péter librement
dans une rue de banlieue
un dimanche soir
tard !

peu avant les examens
les cris des martinets

l’accent sur l’o
de Bashô
c’est la grenouille en extension
pendant son saut…

seul
tranquille
avec haïkus

où le souffle ne passera plus (très) longtemps…

la ville
vide de bruits
– midi trente-sept

(Reims, 2013)

matin
l’araignée a décoré
le rétroviseur

/

gouttes de rosée
la toilette de l’araignée

nous ralentissons
à 251 km-h :
dernier vendredi avant vacances

ce soir
les feuilles immobiles
sur les voitures à l’arrêt

centre
dentaire
ment

c’est caca strophique

/ c’est une caca – strophe ?

°°°

Haïku etc de Py, mai 2013, 2/2

17 juin 2013

***

 

moucheron

remonte le long de mon verre de lunette

puis s’envole

– soir de mai

 

 

cônes roses, cônes blancs

ces marronniers ?

taillés au carré

 

 

N’ayant pu trouver le vent dans ses soufflets,

l’accordéoniste regarde un coucher de poisson du balcon.

 

 

…« les goélistes verts »-

 

sur la terrasse

un fauteuil

roucoulant…

 

 

(Kyôku) haïkuisine :

 

Ô comme j’admire

ma femme à poêles

dans la cuisine

 

(Kyôka) domestiku :

 

… et à vapeur,

au-dessus de la planche à repasser

 

 

un chêne

en bois dormant…

 

 

les oiseaux se disent-ils

qu’il ne fait pas chaud

pour un vingt-quatre mai ?

 

 

les bornes chauffantes

dans la gare

allumées

 

 

Haïcoup de foudre

Haïfoudre

Haïcoudre

 

 

perles multicolores

dans le gazon :

le soleil sur la rosée

 

/

 

les perles multicolores

du soleil sur la rosée

 

/

 

toutes les couleurs

des gouttes de rosée

(sur le gazon)

 

/

 

toutes les couleurs

des brillants dans le gazon

 

/

 

mille diamants de couleurs

dans l’herbe verte

(le soleil sur la rosée)

 

 

un mariage

traverse le pont :

les hommes (passés) par les fenêtres…

 

/

 

un mariage

passe sur le pont

les hommes par les fenêtres

 

 

les petits chatons

en crottes

sur la chaussée…

 

 

sur la Seine flottent

quelques bâtons (de bois)

– où allez-vous ?

 

/

 

calmitude

un objet de bois

descend la Seine

 

 

(Petite suite en Seine) :

 

les ailes

plus grandes que le corps

ce moucheron sur mon index

 

/

 

près de la berge

le fleuve parle

 

/

 

envolé de mon doigt,

je peux reprendre ma marche

 

/

 

les mots de l’eau

près du bord

 

/

 

encore un insecte :

ne pas tourner la page

 

 

(Kyôku) :

 

(De grâce,)

Simplifiez (encore)

vos haïkus !

 

( : inversions, rejets,…)

 

 

dimanche matin tôt

trois musiciens slaves

l’accordéon sur le dos

 

/

 

dimanche matin tôt

trois accordéonistes

en gare

 

 

le bourdon quitte le bouton d’or oscille

 

 

entre deux haïkus

un moucheron

aplati

 

/

 

entre deux haïkus

un moucheron

noir

 

/

 

(à Christophe Jubien, cf ‘Les mains du bol à fleurs’ :)

 

entre les haïkus

de la « Rue du massacre »

et du « vieux curé »

un moucheron

(mort)

 

 

(Kyôku :)

 

Le haïku (est un) raccourci (de mots)

« rhaïkourci » ?

 

 

Aucune respectation

dit-elle, sa copine

Aucun respect

 

 

(Dad’s) dog

begging for a jog –

– feeling guilty

 

chien

quémandant un jogging –

– me sens coupable

 

 

une femme somptueuse

disparaît

dans le métro

 

 

(d’après Andrew Shimield in « Blithe Spirit » 23, vol.1, p.14 : « morning dew / the car wing mirrors / draped in spider webs » :)

 

l’araignée ce matin

a pris

une glace

 

 

Le jour des saints

que fais-je ?

 

 

quai de métro

elle tient son arbrisseau

par la racine

 

 

dernier gros morceau

de stress :

dossier de retraite

 

 

ô suce temps, Pan ton vol !

 

/

 

(…)

 

 

Debout les mores !

 

 

poèmes de la nuit,

aucune trace sur le papier

 

/

 

poèmes de la nuit

rosée évaporée

 

 

soudain quelque chose

se produit : haïku

 

 

le poète

parti ;

les instants-haïku

 

 

(Kyôku :)

 

Wanting to be « modern »

resolutely – absolutely =

anything (n’imprte quoi) goes !

 

 

seul en train

les gouttes de la pluie

craquent au carreau

 

 

rondeurs du jour

 

 

« Les Saules »

sous la pluie,

chemins d’herbes

dans le bitume

 

 

un moineau

tombe comme une feuille :

miette de pain

 

 

la vitesse

non affichée

du tgv –

la cannette de bière

glisse sur la tablette

 

 

fin mai

une petite feuille verte

de ginkgo biloba

au sol

 

***

Haïkus, etc. de Py – mai 2013 – 1/2

19 mai 2013

*

le voisin,
un malade de la mèche,
ce matin encore (à 9 heures 10)
alors que je trône,
éveillé par ma feuille d’impôts

une fleur d’impôts

caca : une fleur d’impôt

*

Pourquoi vouloir faire 5/7/5
alors qu’on peut très bien s’en passer ?
(pour écrire des haïkus) ?

*

le TGV longe la côte :
Ah, être en bas
immobile sur sa serviette
de plage !

*

La caco-fouill-nie

*

ridicu-cul ?
(: les staccacas de X. sur Gong-h. ?)

*

« Ce train dessert… »

Ce train-entrée… ?

*

pieds allongés
sur le siège d’en face

bonne bière
bon livre
bonne lumière

: rentrant d’une longue journée de travail,

: le bien-être
(à 317 km-heure…)

(TGV Reims-Paris)

L’ivresse livresque
le bon grain…

entre semer les graines
et cueillir les fruits,
que fais-je ?

Le train trace

Encore 15 minutes
et nous serons rendus
vomis sur le quai
dans la ville

et nous éparpillerons
puces
et nous coloniserons
ce soir du 3 mai

*

Ce matin
près de l’ordi
fume le thé aux chrysanthèmes
et baies de goji

*

Badaudant

Badaud’âne

*

(randonneurs)

ronds d’honneur

*

l’ombre de soi
portée –
hirondelles

*

Lancer les tâches
Tancer les lâches

*

La mémère d’autoroute

(la même aire…)

**

(FOLKESTONES / Folkestonians / Folkestoned :)

Première photo-haïku de Folkestone :
le Bienvenue de la mouette
sur la vitre arrière

A seagull’s Welcome
to Folkestone on the car’s
rear window

Welcome à Folkestone :
la fiente d’un oiseau sur
notre vitre arrière

Welcome to Folkestone
droppings of a gull
on our rear window

Folkestone, le huit mai,
seuls deux chiens
se baignent

Folkestone, May 8th
Only 2 dogs
bathing

Folkestone, début mai,
deux chiens
à la mer

Folkestone, May 8th,
2 dogs
at sea

défaire les vagues,
déferlez !

*

Tourner autour du mot
(- pot)

*

Automne
en Sologne,
les brâmes
en tombent

*

Sur le parking de Saint-Andrews
voitures
et pétales de cerisiers

vieilles pierres tombales
dressées
autour
du cerisier en fleur

(Priory Gardens)

Priory Gardens
the old tombstones surround
the cherry-tree in bloom

*

Coming from two different countries
to a haiku gathering
two haijins
with the (exact) same jacket

(J. Snyder – D. Py : Leeuwarden, Holland, 2003)

*

cutting (the) grass
just like a golf player °

° like he would play golf

swinging his grass-cutter
just like he would
a golf club

*

(réveil :)

écartant les rideaux :
un haïku
à la fenêtre

écartant les rideaux
un haïku
passe

écartant les rideaux
un haïku
remonte de la mer

*

Le vent
soufflant sur les haïkus
toute la nuit

wind blowing
all night long
along the Leas

Au matin
les haïkus
impassibles

in the morning
the haiku
impassive

*

The Leas cliff lift

Father and son
jogging down
the zigzag path

Haiku reading
at the grass amphitheater
a lone magpie

Sur les gradins
de l’amphithéâtre de verdure
une pie :
lecture de haïkus

*

La guerre des mots :
on n’y perd guère
que quelques plumes !…

*

Nous sommes tant °
sans compter les étoiles

we are so numerous
not including the stars

° Nous sommes si nombreux

A game of darts
the sky already so punched !

jeu de fléchettes
le ciel déjà si piqueté !

*

désert de silence ;
quelqu’un a ri
autour de la table

le mets arri
ve

*

Unhappy
with the (/our) haiku
the wind
across the Leas

mécontent des haïkus ?
le vent
sur la promenade

2nd night –
the haiku blown away
– transience

2ème nuit :
les haïkus soufflés
– impermanence

Leaves on the Leas ?
the haiku blown away

*

tombées les barrières
en arrière
poroses

Tomber les barrières…

*

Le soleil danse
sur le fil d’araignée

the sun dances (walks ?)
along the spider’s thread

I watch the sun
make it
onto a spider’s thread

… the sun
climbing onto
a spider’s thread

… the sun
playing along
(on) a spider’s thread

*

frenglich

*

les mots
le prennent au sommeil
nuit noire sur blanche

*

posé(e) sur une blanche
l’oiseau qui pépie ?

*

Des Contes de Cantorbéry
extraire
quel haïku ?

From the Canterbury Tales,
which haiku ?

Devant le vitrail
sa langue fourche :
« l’Élévation de la Verge » °

in front of the stained-glass (window)
a slip of the tongue :
(his tongue « forking » :)
« Elevation of the Virgin (/ Penis) »

° : i – deux !

*

une haie taillée
en tête de chien
: campagne du Kent

Dégueulis à l’entrée
du monastère des Franciscains
Fish and Chips

vomit
at the gate of Greyfriars House
Fish and Chips

under the soon-to-bloom
cherry tree
an old wooden chair

sous le cerisier
près d’éclore
une vieille chaise en bois °

° / une chaise
vermoulue

Traverser la crypte
en silence
– et mon (téléphone) portable ?

*

le museau chaud
du mouton
sur son tronc d’arbre °

° statue de rue, près de la gare des autobus, Canterbury

*

steam of the kettle
on the mirror –
tomorrow’s departure

vapeur de la bouilloire
sur le miroir
demain le (grand) départ

*

un croquillage

*

last meeting between haijins
the nude model on the wall
arms and legs crossed

lecture du haïbun lié :
le nu dupliqué au mur
bras et cuisses croisés

*

les chevaux blancs °
sur la Manche
hennissent nicely

° the «white horses»
over the Channel
gentiment whinny

*

rapportées en France
deux fientes de goélands
du Kent

**

Poète,
prends ton anacoluthe !

Et voici que passe l’anacoluthe
jouée par un anachorète

*

Délyre(r)

Délur(é)(e)

*

Ici pissa
maintes fois
un admirateur d’Issa

( : plaque à apposer sur le mur du passage entre la rue du Verger et la rue …, Orly)

*

(portrait matinal :)

faux cils
mais vrais seins ;
écouteurs
et (une) grand croix
d’une oreille

(métro République-Gare de l’est, 14/5)

**

Haïkus, etc. de Py – avril 2013

6 mai 2013

°

Lundi de Pâques
Lapin d’avril

(: 1/4/13)

°

un médicament :
l’Algisédal
mais parfois :
l’Algi-sé-que-dalle !

ton manoir, tamanoir !

Week-end de Pape

Jean-Sébastien Bâche

Les tontons fringueurs

Craquer, bouillir, muer =>
Craque, bout, mue !

(cf. pub métro Expo La Villette « Krach, boom, mue ? »)

°

(cf antérieur :
crépuscule – / un nuage pince / un coin de ciel)

crépuscule
un nuage
pince

crépuscule
un nuage
crépu

°

coléOPTÈRe
il est temps d’adOPTER
une position
moins rigide !

/

« Imper qu’un porte » :

Entend-on parler de Quimper
ces jours-ci ?
Quimper l’ensommeillée ?
QuIMPER
où l’on se fait grIMPER
au rideau
comme ailleurs

°

je travaillais
ferme
à la défense
des éléphants

du rang (que) dalle

dalle en dur

°

le haïku est un anti-récit

(C’est un (haï)court-circuit !)

°

son imprimante
ramait

( : haïku court )

/

son
imprimante
rame

°

Parlons-nous tant
parce qu’il n’y a
au bout de nous
que le silence ?

(cf É. Chevillard, in Choir, éd. de Minuit, 2010, p. 227)

°

La grenouille
immortellement plonge
dans la mare
comme les avions
dans les tours
jumelées aux USA
fait ploc
ou plouf
et disparaît
(l’) éternelle
ressuscitante
remonte à la surface
et recommence son manège
pour le plus grand
ébahissement
des haïkistes du monde entier
– mon dentier
posé devant la mare
du papier
où glissent les mots
tipules
concomitantes

°

(ces monstres familiers :)

un hydralion

Elle a des boucles d’oreilles
à faire sauter un lion
dedans…

Imaginer un
loup-phoque,
oui,
c’est loufoque !

°

Alors, morose ?

°

Un négrociant =
quelqu’un qui fait
(du commerce en gros)
du négroce
(= un (né)grociste !?)

Les ponctionnaires
du Ministère des
Finances…

°

De chaque côté


°

Fukushima –
les cerisiers en pleurs

°

un mauvais stek =
un stek à chier ?

°°

Callypige quoi ?

/ Quoi callypige ?

/

Callypaysagiste ?…

°

Avec sa raclette à chewing-gums
(dessus noir dessous rose)
il arpente le quai

/

Vu (pour la première fois)
un racleur de chewing-gums à terre
à l’œuvre

( : noir dessus, rose dessous )

(et) piqué(s) du coin de son racloir

/

(Petite annonce :)

Achèterais / Céderais
racloir à chewing-gums
bon marché

°

premier soleil tardif
à mi-avril
me découvre de maint fil…

°

un galop de chevaux

°

Le haïku doit retrouver
la plus grande exactitude possible

, ne pas se laisser entraîner par
les sirènes du « beau », de la « poésie »… !

°

Enterrons la vache de guerre !

/

À mes anciens « ennemis »
oserais-je dire :
« Enterrons la vache de guerre ! » ?

°

un pigeon

°

L’uFmNp
défile
(comme un seul homme)
contre
le mariage pour tous !

/

– L’amalgamelle !

/

Guaino
vote pour le mariage pour tous !
= Guai-si !

°

L’écho passé
Les pots cassés

Au fouet et à l’œil

Mettre la puce à la plume !

(Partir en vacances)
La fleur au pot !

Le(s) pouvoir(s) de la sorte enfin

°°

tombée du livre de Sélim
cette petite étoile
qu’il m’envoie ?

(TGV Paris-Nice, 26/4/13)

le haïku
(telle la mouche de Sélim)
va, vient
où bon lui semble

/

Libre
le haïku va et vient
où bon lui semble

( : cf p. 150 LSred : « Libre / la mouche va et vient / où bon lui semble » : S. Bellen.)

Saurait-on dire
cette amitié si chère ? –

(un) cierge
allumé
à sa mémoire

(août 2007)

tombée du poinçon du contrôleur,
je colle la petite étoile
sur le livre
de l’ami disparu

°°

Les vers ne regardent pas à la viande.

Écrire : faire apparaître
une certaine strate à / de
la conscience

°

« Montrez-moi le moi »
dit le maître
– Mince !

°

beau bord de la mer

(Cannes -> Antibes)

beau bar de la mer…

°

Ce p’tit ami,
un p’titamic ?

°

Les moutons qui m’appellent dans la chambre…

°

Les pets (/ L’épée)
de la Dame au clebs

°

Haïku couché
(en une seule ligne) ou
haïku allongé –

Haïku accroupi
prêt à plonger
dans la mare
des haïkus

Le papier (blanc) c’est la mare
où peut venir plonger
la grenouille d’un haïku

détendue
ou / puis
repliée

La grenouille frappe l’eau
et l’imagination

La grenouille frappe l’eau
et l’oreille

La grenouille frappe l’o
reille

La source du haïku (/ haïkaï) c’est la grenouille

« furu ike ya… » (Bashô) :

vieille mare, ah !
une grenouille saute
bruit de l’eau

/

vieille mare, ah !
une grenouille plonge
– le bruit de l’eau

Le haïkaï c’est une grenouille
(d)étendue dans son saut

dans grenouille il y a oreille
dans rainette il (n’)y a rien

« sur la mare à la rame »

à la ramasse-nasse…

vieille peau
puce-saut
bruit de la main

grenouille en vol
pré-haïku

°

chasser


°

un oiseau du matin :
« tu-y-dis tu-y-dis tu-y-dis ! »
et un autre :
« Dis-y dis-y dis-y ! »

(Castillon, 06; 28/4)

°

(haïku :)

traduire en mots
le langage innommé
du monde…

°

« Zizanie dans le métro »

°

Le cheveu de la réalité

°°°

Haïkus, etc. – Py – fév 2013 – 2/2

14 mars 2013

Haïkus, etc. de Py – fév. 2013 – 2/2

Premiers pas dans la cuisine :
une goutte de jour
au fond de chaque verre

les icônes sur l’ordi –
les interstices du volet
pas tout à fait fermé

lunettes de seul œil :
(monocle) pour cyclope(s) ?

ces fictions,
ces crucifixions,

Lézard(s) – douane
(Les Ardoines) *
* gare sur le RER C

cyclo(w)n
bicyclo(w)n

« Dans la langue de Corneille * » :
* dont on « sait » maintenant qu’il a écrit la plupart des comédies de Molière : voir soirée Arte, début 2013.
je compte le nombre de croi
de l’oiseau
dimanche matin de février

Marcel
sucre
son café

Ah, les beautés ineffables des subjonctifs imparfaits ( ?) :
que j’aperçusse,
que je visse
enfin !

sous le lampadaire
le nid
rempli de neige

Le roux tourne

Embaumez-moi de lavande
pour que je dorme enfin
bien – dans une armoire de sommeil –
et pour toujours !

Plage naturiste :
on nage, à Mérien *, sans rien
* à Mets-Rien ?
(cf : « On n’a jamais rien sans rien »)

(À Louis, sussuré :)
Baygon, l’anti-ses-mites !

« Ronfleurir » :
substitut avantageux de « ronfler » :
il ronfleurit
elle ronfleurit
ronfleurissons !
ronfleurissez !
nous ronfleririons
vous ronfleurîtes
que tu eusses ronfleuri
que nous eussions ronfleuri

Le poilart, l’art du pinceau.
Un peintre = un poilartiste – ou un poilard.
Fils de peintre = poilardon.
Pinceau à poil unique = poilar(t) maigre.
Une poilée = un tableau.

Le poète
s’en va voir son kiné :
un certain Roman

Les mots gras, rondelets, rondouillards, les mots-lard.

Hydroliennes :

Des hydroliennes tournent
au fond
de ce haïku marin

Des hydroliennes tournent
au fond de ce haïku
sous ma main

Saint-Valentin –
chez mon (…)
(…)

mélodie
de petits cris aigus :
l’escalier mécanique

( : BFM, RER)

gominé : (le) poil poli

« Dans la langue de Corneille » :
cinq croa … puis trois
ce matin à moins huit

– comment va le fric ?

(holocauste ?)
Le prix de l’eau augmente –
À quand
l’eau low-cost ?

la musique
que fait un container de gaz vide
qu’un ouvrier roule
tout au long de la cour bitumée…

la montre
mol(…)
(…)

On ne fait pas la guerre
sans renverser un peu de confiture

Quand je lis Dieu
je lis d.i.e.u.
(et) c’est tout
: Qu’est-ce que j’irais imaginer ?
( : en lisant ‘L’auteur et moi’ d’Éric Chevillard, éd. de Minuit, p. 285, l. 20 : « … il avait admis sans aucune raison d’en douter que Dieu était Dieu, comme le lait le lait (…) »)

Cet hiver perdu une paire
et demie de gants,
ach !

dans la penderie
trois gants
de la main gauche

Le silence (est) en marge…

Le rossignol est l’incitation du chemin

Bulletin routier :
(…)
(…)

Honny soit qui Mali pense ?

Distinguer
la langue des signes
de
la langue des singes

ce matin
le filet * de neige
de l’araignée

: pour faire la course (/ les courses)… aux mouches ?

°

Haïkus etc. Py fév. 2013 – 1/2

20 février 2013

°°°

sur la pelouse
rendue à l’herbe,
plus qu’une carotte

sous le lampadaire
le nid
rempli de neige

°

métro –
ses miasmes à qui mieux mieux…

°

Un édifesses = un édifice où l’on peut s’asseoir.

°

Les autoroutes et leurs bretelles…

°

Entre dans (ma) photo ce qui veut y entrer ;
entre dans mon haïku ce qui veut y entrer…

°

apprendre à être
apprendre à non-être

apprendre à naître
apprendre à non-naître

°

ir/résill/tible

i/grésill/tible !

°

Le bol est rond
(de Ravel)

°

pelant un avocat,
l’impression de parcourir
un terrain de golf

°

Mali – guerre-éclair ( ?) :
de morts * pas un mot

• on dit : « neutralisés », ces jours-ci.

°

les voitures
appuient midi
sur l’asphalte –
: retour d’insomnie

°

coupant son vers en dux

coupant son rêve
en deux,
le réveil

°

parole des vents, Gilles !

°

carnet = un champ de mines ? / un chant de mines…

pâté = chiure de mine ?

°

plus chauve-souris
que parapluie :
à la poubelle !

(écris-je ici
sous la pluie)

°

évide (adjectif) : qui est évident

°

ce matin au réveil
rattrapé un haïku
de la veille

insomnie :
je mange une pomme,
je lis un livre,
(et me recouche)

°

l’envers du décor,
l’en-creux,
le négatif (au sens photographique)
la présence de l’absence,
etc.

l’au-delà de l’encre,
l’au-delà du son / du sens
(ou l’en-deçà),

: les vibrations, les ondes,
(une fois quitté€ la matière…)

Le passage de l’incréé au créé,
la transformation (taoïste / chinoise)

(« Haïku-de-vent », la liste-forum : elle a vécu, elle a mouru…)

°

avec vitesse
avance
et fend la houle
le V couché
devenu flèche

°

re/gard de lion

°

Est-ce L
qui m
e marcha sur les pieds
dans l’escalier bon D ?

(BFM, 5/2)

°

Ève : la première pom(me)-pom girl ?

(Brut de pom
– pom(me)
– girl)

°

résidus d’eau
le ciel
à terre

°

la branche qui casse (-)
le poids des flocons

(d’après : « aux branches nues / le poids de décembre / en gros flocons », verset de Huguette Ducharme, dans le renku « L’apéritif au jardin », avec Véronique Dutreix, 2012/13)

°

Relier deux « images » :
sa religion :
le haïku

°

Un
iiiiiiiiiiiii
traverse ma page
c’est ainsi que nous fîmes connaissance

°

Le « sincérisme » ( !) en haïku (cf échange sur Gong-haiku)
/ le sincérieux
le sincérieur (« je » suis « sinsérieur »)
un sincériste (du haïku) /

eut l’heur du heurt,

cette citation de Nobuyuki Yuasa (Jap.) *:
une lueur ?
une mouche piquante ?
: touché (-coulé) ?

: cela donne envie de le connaître mieux, traité de quasi fasciste par J.A. **

(Qu’y a-t-il de fasciste dans sa phrase :
* « Il est important que l’auteur soit absolument fidèle à son sentiment. S’il se force à être fantaisiste ou sérieux, il perd son sentiment véritable. » (Nobuyuki Yuasa) ?

** Il sort de ses gongs ?

Pas de quoi fouetter un haïkiste, cependant ! (… ? )
/ Comme disait Chirac « ça m’en cogne une sans toucher l’autre » (ou qqch d’approchant) !

• professeur d’anglais à la retraite de l’université d’Hiroshima en 1995, enseigne depuis à l’université féminine Baiko à Shimonoseki. Éminent traducteur de poésie et de littérature haïku.
• Parmi ses nombreuses publications dans les « Penguin Classics » : La sente étroite vers le nord profond et autres sketches de voyage de Bashô, ainsi que deux ouvrages sur Issa et un sur Ryôkan.
• Également spécialiste de littérature anglaise, il a reçu récemment le Prix de l’Association Japonaise des Traducteurs pour son œuvre sur John Donne.

• Est paru de lui, dans la revue « Haijinx » I,1 (printemps 2001) un article intitulé « Le rire dans le Haïku Japonais ».

(Ce seul titre ne peut que me le rendre assez sympathique, d’ailleurs !)

°

mor-py-on
more-py-on

py(-le-poil-à-gratter…)

°

un vrai glaçon manqué !

°

Fils de renne !

°

Les chiens montent la garde
Les chats vivent à l’état sauvage
Les oiseaux chantent à tue-tête
Les faisans ne craignent plus les chasseurs

: Fukushima * 2013. * = « Île du bonheur ».

: d’après Laure Noualhat, in « Siné Mensuel » n° 17, fév. 2013, pp 28-9.

°

au milieu de la gare

°

Il « salue le soleil » *
elle « chasse les nuages » **
grisaille de février

* salutation ayurvédique
** mouvement de taiji-quan

°

gym aquatique – :

soudain une douche
se met à siffler

– le jet bloqué

°

Iles, ces tétins !

(Il s’est éteint) *

* Ils se sont ét(r)eints
Ils se sont éteints

/ ils se sont ét(r)eint(é)s

°

cœur d’arti(ste) chaud…

°

elle a peint ses lèvres
comme ses bottes
comme son parka :
rouge

°

de fille en aigu-il…

°

Il se peut, si vous écrivez des tercets plutôt courts, qu’un jour l’un d’entre eux mesure le nombre de syllabes dévolu au haïku ancien. Il se peut que c’en soit un comme il se peut que ce n’en soit pas un. Qu’importe !

°

la douleur
du pneu qui hurle
dès le vert du feu

°

Ce matin je lis
dans « L’Union » *, l’avis
de décès d’André Breton **

* du 8/2/2013, p. 21
** à Château-Thierry – Coupru (Aisne).

°

un bon haïku
est un haïku maigre

pas un haïku gras de mots

(point trop pétri de « poésie »)
point (trop) enjoli(vur)é de mots
– qui ronflent, qui font gonfler, qui boursouflent…

– c’est ne pas se (laisser) prendre aux mots
(ni ne les laisser vous prendre l’oreille – et l’esprit),

C’est réduire (aux petits oignons ?)
C’est aller plus vers les non-mots
que vers les trop-mots !

Le haïku, c’est dégraisser

c’est la sveltesse, l’épure,
le concentré, l’ « huile » essentielle
c’est l’équilibre (du ni trop ni trop peu)
c’est la justesse
c’est le centre, le cœur,
l’irréductible –

Ah, ça, ciné !

°

Force est de conclure
que « la sincérité dans le haïku »
ne réjouit pas franchement
quelques caciques
de la Fran(ce-)cophonie (AFH)…

… et de supposer que ce thème
( : de « la sincérité dans le haïku »)
ne figurera probablement jamais
au sommaire de la revue « Gong » !

D.Py (, té !)

°

pas niais
deux crabes

(se pincent
sans / cent (coup fé)rir(e)

– cent fous quérir ?

°

attendant que le
bout farde
ses paupières…

°

Aux larmes, citoyens !
Aux charmes (citoyennes !?)

°

Ne pas se laisser
emporter
embarquer
séduire
(piéger)
par des mots…

°

Spoutnik ta mère !

°

Aujourd’hui,
Premier jour de l’an
du Serpent d’eau
– N’être * que ** douceur

* naître
** queue

°

(Taiji-Quan :)

le geste juste
n’est que(n) douceur

le 1er jour du Serpent d’eau,
que de la douceur –

°

À la Saint-Valentin
ses seins valant un
hommage

(appuyé)

Saint Galantin
Saint Galant, un !

°

(ancien :)

Aqua-gym
le muscle qu’elles « travaillent » le plus (et de loin !) :
la langue

°

(cf « l-autofictif.over-blog » d’Éric Chevillard, in « Tombeau d’Alexandre Jardin » ) :)

Les images à la mords-moi-le-mot, à la mords-moi-l’oreille et le cerveau (ou bien est-ce le cervelet ?) :
d’Alexandre Jardin.

°

Foxtone
(pour : Folkestone…)

°

1er de l’An Chinois –
au-dessus du nid vide
les premiers bourgeons

°

le saule
sa
danse du vent

°

un mot est un mot
un bambou est un bambou
o, o, ou, ou, ou !

… « mais si je lis le mot « bambou », je vois « la chose « bambou » » *
(dp sur « gong-haiku », le 10/2/13)

* et c’est pour cela, aussi, que le haïku n’utilise que des mots (très) « concrets » :
pour que la vue en soit meilleure, (plus) claire !…

°

debout les mores !

de boue les morts !

°

un couple :
ils se versent l’un en l’autre
( amoureux – poètes )

°

(mes) haïkus, je ne les appelle plus haïkus :
débordant tant de leur cadre !

Certains, haïkus, d’autres non.

°

la mare aux connards ?

les mores aux canards ?

°

le jour de la Saint-Valentin,
je poste mon tiers provisionnel

°

(à J.A. :)

Lire s’arrête-t-il à
poser les yeux sur les mots,
sur les lettres ?
Ainsi :
3 a, 1 c, 6 e, 2 i, 3 l, 4 n, 2 p, 3 s, 2 t, 2 u
font :

le saule
peint le vent
sans pinceau

!

(Saryû)

°

M’enfin, J., en lisant (, en écrivant ?), il me semble que tu considères plus « le doigt » que « la lune » !…

((car qu’est-ce qui naît du mot ?))

un mot seul, c’est comme une mouche morte sur un carrelage !

Les mots s’envolent ! (Comme certains « haïkus » !?…)

– et le bambou ne se réduit pas à ses feuilles !…

(Comprenne qui voudra)

°
(Quelques unes de mes « hallucinations » ! :)

Hallucination :
j’ai lu « des haïkus volants »
: trop fumé la mot(s)-quête ?

Allucime

En lisant certains « haïkus »,
j’hallucine,
oui !

Hallucinéma

des haïkus grotesques
devant lesquels
je ne peux que pouffer !

« hallucination » :
mot pratique pour un haïkiste :
cinq syllabes !

°

(épygramme :)

De ce littérateur, dira-t-on :
« M-Hélas ! il s’est englué dans les mots ! » ?

°

(Kyôka *:)

juste sous la photo
du pape démissionnaire
une pub pour
La Bande à Mickey
et son Magic Show

( : couv’ « 20 minutes », 12/2/13)

* La voie du kyôka, c’est kyôka-do,
comme celle du tanka, la tanka-do !

°

« Un os à la noce. »

je n’ai pas l’airain assez solide…

Lise, ronde

°

nénuphar

°

(Sussuré à l’ouïe / de Louis ? :)

« Ah, çà, cessez ces scènes obscènes,
absurdes, sordides
et si peu amènes,
Amen ! »
– et même :
« Arrêtez de tirer dans l’Ehpad ! »

°

solide comme un croc
-en-jambe nique-ta-mort

°

L’anar déchaîné…

l’anar-schiste (gaze…)

°°°

(à suivre : fév. 2013 – 2/2)

Haiku, etc. de Py – janv. 2013 – 2/2haïku etc, Py, janvier 2013 2/2

9 février 2013

Haïku, etc. Py, janvier 2013 – 2/2

°°°

Pneu crevé :
jante, l’amollie !

(à Mantes-la-jolie ?)

dans quelle mesure
un linceul est-il
un lin/seul ?

enlinceulé
enlinseulâbre
dans son lin seul…

°

Ici pissa
maintes fois
cet imitateur d’Issa

/

Ici pissa
souventes fois
un imitateur d’Issa

°

sur le carnet
se posent
la neige
et le haïku de neige

°

le ruisselet des plantes
sur le trottoir gelé…

(Reims, mi-janvier)

°

train du soir
par la portière ouverte
montent quelques flocons

°

négocier / mégo(s)cier

°

indistincts
le ciel
la terre
blancs

(TGV Paris-Reims)

°
(Ancien :)

déménagement –
une coccinelle
sur le pare-brise

°

les merdes de chiens
aussi
couronnées
de neige

°

du coin de l’absolu
où il se trouvait,
il rêva
sans limites

( : Asobu)

°

levé la nuit
pour démouler le pain :
la neige

levant la tête
vers le ciel
discerner
les flocons

claire la cour
de nuit
les murs blanchis
de neige

flocons tombés,
tout repose –
un peu de vent
sur les tiges

levé
pour voir
la neige
posée

ciel blanc
terre blanche :
l’aube
d’un dimanche

°

dans l’arbre dénudé
le nid se remplit
de neige

(20/1/13)

arbre dénudé
la neige
repeint le nid

neige :
la femme
pousse son homme
qui pousse
leur bébé

°

boisson au curcuma –
quelques touches du clavier
jaunissent

°

sous le lampadaire
le nid
rempli de neige

°

Il se suicida.
Par manque d’humour.

Pensant qu’il manquait d’humour, il se suicida.

Il se cui/sida

°

la rebondistance = la distance parcourue lors d’un saut.

°

calligraphie de branches
sur la neige
d’une voiture

°

des pas
de passants
empreintés
sur la chaussée
enneigée

°

matin blanc
bruit de pelle

°

dans l’arbre nu
le nid
a recueilli
la neige

/

en haut de l’arbre
le nid
accueille * la neige

* recueille

°

la neige tombe
au fond du verre
un cachet
effervesce

°

rhapsodie pour piano sale

°

une carte de veaux…

°

aujourd’hui,
du portefeuille
du beau-père
décédé :
20 euros
tout ronds

°

moi
et le ciel du soir
(nous) avons des choses
à ne pas nous dire

(d’après une photo du 53 rue Pouchet, 75017, 2007-2010.)

le ciel (du soir)
et moi
avons des choses
à (ne pas) nous dire

°

p
anneau

p
anier

(de basket * , * = panier (angl.))

°

les mots dévalisent…
un mot, des valises…
une valise de mots…
( : mot-valise )

°

c’est quoi ?
séquoia ?

°

avant-hier
le Mont Blanc
(sous le vent)
avait des cheveux de neige !

°

encensoir :
barque
sur le bois (noir) de la table –
le mât fume

°

(Musique : Silence…)

une anche passe…

°

le fil rouge
pour monter les anches
à la fenêtre
la neige

°

bien des neiges ont tombé
depuis la mort de ton papa :
45 jours

°

le confortable
cocon * (…)

* le cocon douillet ( : or.) /…

(Chevilly-Larue, 21/1)

/

tombant flocons,
glissant pluie

: down the windscreen *

(* le long du pare-brise)

le son des flocons
tout autour (…)
:

°

dans la gêne
sous la neige
– flocons sur le carnet

°

(Radio-Classique, Schubert, 21/1, 16h25 :)

« la clarinette crémeuse (de… )» *

* pas baveuse, non ! :

°

sous la neige
une peau d’orange –
( )

la neige tombe
et tombe le soir
– lévitation

°

lévitation… à la valse ?…

razla rizla fumla moquette ( !)

°

la neige
sur le carnet *

bloque la bille
du bic
ah !

(* dilue l’encre bleue, )

°

épisode nueigeux …

°

La Coupe de fric des Nations ( ? ) *
(* la Coupe d’Afrique des Nations)

le couple de flics de la Nation ( ? )

un couple de flics à la Nation ( ? )

°

Larme honnie

/

soulever les pierres
– du langage
– du champ sémantique (…)

/

Allez, colle !
(à l’école !)

°

hier
sur un siège du RER
dans un coffret « Bonne Année » :
un tas de merde fraîche

°

des classes dorénavantales,

… de dorénaventures…

°

été
paille –
cou

hiver :
caille –
cou

automne ? :
mailles –
cou

senryû :
raille –
cou

ou

taille –
cou ?

ou
cisaille –
cou ?

vieillesse :
vaille que vaille –
cou

°

portière(s) ouverte(s) *
le froid monte **
dans le train

(* arrêt en gare)
(** pénètre / entre)

/

arrêt en gare –
le froid
monte dans le train

°

j’ai teint
la chambre en noir…

°

dépôt de banal…

°

chantier des aires…

°

Cachez ce « Je »
que je ne saurais lyre
(dans le haïku) !

°

(senryû de guerre :)

uranium
Mali
France
nucléaire

/

uranium
Mali
France

°

quelques flocons de neige
sur la page du carnet
l’encre accroche

°

le cumul de l’an ploie,
(neige du dernier jour) *

/ neige du trente-et-un)

/

le cumul de l’an ploie,
l’arbre neige

°

crise de foin
( : allergie)

°

l’expression du soi(r)

°

le(s) c(h)oeur(s) de l’Armée rose…

°

Aux sources thermales
de Yama nouchi machi
se baignent les singes

(: d’après Seegan Mabesoone, à propos du lieu de résidence de son ami Tami Kobayashi, aubergiste, dans les montagnes au Nord de Nagano.)

°

trente ans de cônes / cornes / conne(s) : – s’y faire ?

°

le mot « vif » se doit d’être court
de même que « bref »
et que « court » !

Ainsi « flash », si prononcé « flâ(â)che » *, est un « contresens », une « impossibilité », un « oxymoron »

(* dans un bus, à Reims : « le ticket flash ! »)

« Rapide » n’est pas si vif

les mots (, dans la mesure où ils) collent à leur sens…

°

Au(x) confin(s) des mots…

°

Une « forme » ne s’use-t-elle pas ? (cf le 5/7/5 « quin-centenaire » du haïku )

°

Si tu cherches le « moi » : où est-il ?
Cache-le : il se révèle… *

(* tu le fais sortir du bois / du moi ?…)

°

(re)descendre à la racine des mots…

°

un RER
nommé VIDE
file devant moi
– soir de fin janvier

°

l’épouse – au – crime

(é)poussette…

°

où / que sont les racines de cette joie ?

« Les racines de la joie »

et que tutti va(ille) bene ?

/

engendrer la joie

°

la boulangère tapisse de riz
(son gars tôt)

°

le(s) costume(s) de concert(s) *
déjà remisé(s)
dans une penderie annexe –
64 ans

(* la queue-de-pie)

°

la goutte
à l’instant où elle va
se détacher de la branche

la sonorité
du musicien au moment où
il va se taire…

°

sur ce panneau routier :
MONTROU E

(Nationale 7)

°

tant qu’il y a
cette neige en tas :
mots blancs

°

(L’) Olympe l’accable

°

Maurice Barrésille

°

L’âge ité du beau cale…

°

le quai noir de monde
(le quai blanc de neige)
un engin distribue des coups

(Orly, gare RER, matin)

/

(comme les mots viennent
à la conscience ( : )
au papier)

°

une touche *
et puis s’en va

une touche
et qui suffit…

(… à montrer l’ensemble)
elliptiquement,
par allusion

(* « L’unique trait de pinceau »

: tendre vers (l’unique coup de pinceau) : dans le haïku too !

Après remplir le haïku, vider le haïku !

°

du sang dans le sel …

°

les mots :
les morts
ne sont pas loin

(// parallèlement couchés
/ couchés eux aussi )

°

ça sentirait-il le printemps
ce soir de fin janvier ?
– cinémathèque

°

France-Mali :
Touche pas à mon uranium !

°

(ancien :)

ce matin
une toile d’araignée
en neige

(17/12/09)

°°°

(Séquence au bonhomme de neige :)

le bonhomme de neige
heureux
de sa première nuit blanche

le bonhomme de neige
a passé sa première nuit
à sourire

un fantôme de neige
au nez orange

dans la bouche
du bonhomme de neige
des dents de glace

il a poussé
lors de sa première nuit
des dents de glace

1er matin
le bonhomme de neige
a poussé
ses premières dents
de glace

le bonhomme de neige
aveuglé de 2 feuilles sombres

le fantôme de neige
sa carotte arrachée
a le nez creux

ça fond tout autour :
le bonhomme de neige
se sent seul

dernière pyramide debout :
le bonhomme de neige

allergique à la carotte
le bonhomme de neige
a le nez creux

déneigement
dans la cour seule subsiste
la tête du bonhomme

de plus en plus seul
dans la cour
le bonhomme de neige

le bonhomme de neige
redevient
tas de neige
son sourire du Cheshire *
s’estompe

(* : allusion à Lewis Carroll in Alice in Wonderland)

bleu fondu
le sourire du bonhomme de neige
remplit son visage

le bleu(té) de son sourire
envahit son visage
– fonte des neiges *

(* / – bonhomme de neige se réchauffe)

son sourire s’élargit
à tout son visage :
fonte de la neige

sourire dilué :
le bonhomme de neige
à fond

son sourire s’étend
(bleu)
à tout son visage :
fonte de la neige

son sourire
bleuit son visage :
fonte du bonhomme

dernier monceau de neige :
le bonhomme
au visage bleu

dernier vestige
de la neige
le bonhomme
an tas vague…

de neige
plus qu’un tas
bonhomme

lam-
beaux
et laids
résidus
de neige
le bonhomme
fait de la résistance

immarcescible
pyramide
le dernier carré
du bonhomme de neige

du bonhomme
ne reste plus
qu’un chapeau de neige
sous la pluie

tant qu’il y a
cette neige en tas :
mots blancs

au pied
du dernier tas de neige
une (…)

(: 21-28/1/13)

°°°