La Déclaration de Matsuyama – 3/12 -

21 avril 2014

III) POURQUOI LE HAÏKU S’EST RÉPANDU À TRAVERS LE MONDE. LE COEUR DU HAÏKU.

8) La poésie occidentale est riche et comporte des styles différents. Quelques poèmes sont très courts, mais d’autres très longs, de plusieurs centaines de vers. De plus leurs formes ne peuvent pas être clairement définies, à cause de leur très grande diversité. Le haïku, à l’opposé, est un poème complet et indépendant, de seulement dix-sept syllabes. Ceci constitua un choc pour les lecteurs occidentaux.

9) Le haïku n’est pas un genre de poésie où une conclusion logique doit offrir au lecteur une réponse poétique précise. En d’autres termes, le haïku transcende la logique. Par exemple, même si les haïkaï de Bashô :

aki chikaki kokoro no yoru ya yoojoo han
l’automne venant nos coeurs se rapprochent dans cette petite salle de thé

fuyugomori mata yorisowan kono hashira
confinement hivernal de nouveau je m’appuierai contre ce pilier

hiyahiya to kabe o fumaete hirune kana
grande fraîcheur mes pieds contre le mur pour une sieste

étaient traduits en français comme ci-dessus, et qu’on essaie de les expliquer par la logique, ils ne pourraient pas l’être entièrement. Chaque traduction est entièrement différente. Dans le haïku, un objet d’émerveillement est exprimé tel qu’il est. On saisit le haïku avec ses cinq sens, pas par la logique. Des choses que la logique ne pourrait pas expliquer peuvent être exprimées par le haïku. Afin de franchir le fossé séparant la logique des sens, le Japon inventa des techniques rhétoriques appropriées telles que le "kireji" et le "kigo".

10) On considère que le haïku est un "cadeau de la nature". Ceci se base sur le point de vue japonais que "la nature n’est pas quelque chose contre laquelle il faut lutter, mais plutôt quelque chose dans laquelle il faut se fondre". Et la vision japonaise de la vie consiste à "projeter la vie humaine dans la nature". De même que le tanka contemporain rompt avec la tradition et la sensibilité aux saisons propre au waka ancien, le haïku a hérité de cette tradition et l’a même renforcée. Du waka du Japon ancien au tanka d’aujourd’hui, la tradition de la nature et la sensibilité aux saisons ont perduré et se sont même renforcées dans le haïku

11) En d’autres termes, le haïku rappelle à ses lecteurs que les hommes en tant qu’êtres vivants vivent dans la nature, en conséquence de quoi il leur suggère de vivre dans la nature en sympathie et en symbiose avec les autres créatures. Ainsi disposés, ils seront dotés d’un coeur non refermé sur lui-même, mais d’un coeur ouvert à tous les autres.

12) De plus, le haïku est la poésie des gens du commun. Le haïku est né chez eux, a été perfectionné par eux et est retourné vers eux. Ajouté à cela, il permet d’écrire à propos de n’importe quel sujet de la vie quotidienne. Il n’est donc pas étrange que le haïku ait continué à agrandir de beaucoup le cercle de ses disciples et à gagner en popularité, phénomène très rare de nos jours.

13) Il est, en premier lieu, facile de composer des haïkus. Quand nous écrivons un haïku au Japon, nous alignons 5, 7 et 5 syllabes, et insérons un kigo (mot de saison), et cela ressemble à un haïku. Le haïku remplit chaque poète de ravissement.

14) En second lieu, le haïku provient du haïkaï, qui est un art littéraire de groupe, qui nécessite structurellement les autres. Les groupes qui ont cet intérêt partagé de créer et d’évaluer des haïkaï, s’appellent des "Renju". Ainsi, un poète de haïku a une méthode créatrice différente du poète moderne typique qui écrit de la poésie isolément.

15) En résumé, cette nature démocratique du haïku provoqua un impact nouveau sur les poètes du monde. Ils l’acceptèrent comme quelque chose qu’ils pouvaient utiliser.

(À suivre : IV LES PROBLÈMES DE TEIKEI (LA FORME FIXE) ET DES KIGOS (MOTS DE SAISONS).

(Trad. : D. Py.)

Haïkus de Salim Bellen (in UBDLA) – 59-70/222 -

21 avril 2014

"Feuilles d’automne" (souvenirs de France) :

Nulle répétition / dans ce théâtre : / ballet de feuilles sur l’eau courante

Silence : qu’il est sublime / le bruissement des pas / dans les forêts d’automne !

Papillons d’automne : / les feuilles se posent / couleur de feu sur le sol

Quand on ferme ils restent au parc ; / mêmes couleurs, / l’automne et le rouge-gorge

Qui poursuit l’autre / dans le vent / le balayeur ou les feuilles ?

Lâchant prise / la feuille se livre à l’air ; / son art : le non-agir

Plus rien sur l’arbre / après le hold-up d’automne ; / les bras en l’air !

Tant de beauté les feuilles / une splendeur sans tourment / quand l’heure sonne !

°

(À suivre : 68…)

Haïkus, etc. – Py – avril 14 – 2/3

21 avril 2014

telle une merde ocre / qui tombe du paquet / la purée lentilles corail potimarron

Le si cérébral haïkiste / à contre-emploi !…

Il célèbre / le cérébral / – c’est la cérébrité !

Il peine tant / à faire pénétrer / la poésie dans le haïku / (ou : le haïku dans la poésie) / , ce chantre du / moi-cérébrel-ku !

: il ne baisse jamais / les cérébra / les circonvolutions !

Ah, ce moi-je pensant !

(le haïkiste des circonvolutes cervicales…)

Il jeta son dévoluth cervical sur le haïku…

(… Atterré par tous ces manquements à l’éthique – et à l’esthétique-haïku !… qui prône(nt) simplicité, fluidité, légèreté, naturel*, concret, véracité, discrétion, modestie…)

* cf : La Souplesse du dragon de Cyrille J.-D. Javary, Éd. Albin Michel, 2014, p.233, à propos de la calligraphie : "parvenir, à l’issue d’un long travail, à l’aisance du naturel."

prisonnier(e) du lasso du silence…
(l’assaut du silence)

cercles avec les bras / en Qigong – / la porte grince / vers l’extérieur

son rouge-à-lèvres /(sur ses lèvres) / comme un sens interdit

Est-ce pour vos fesses / ou pour vos sacs, Madame, / ce siège ?
(gare d’Orly, mar. 8/4)

(Ancien :)
à la sauvette / un jeune délinquant / arracha de ma poche / un Canard Enchaîné

aujourd’hui / le portique du RER / aligne / "éééééééééééééé"
(St-Michel, 8/4)

du bout des moignons sciés / naissent des feuilles : / le vert s’élève //(La terre pousse au ciel)

Avril / Ah, vrilles !

Avril, / Ah, trilles !

Juillet, / ah, grilles !

Décembre, / ah, frilles ! *

* cf esp. : "frio", froid.

sur le parquet / de la salle de taiji quan / quelques pétales blancs (de cerisiers)

Ah, le verbe, / ah, le verbeux, / ah, le contempl(at)eur biblique !… :

Au début n’était PAS / le verbe ! / (: Au début était le NOM !)

On dit NOMMER / on ne dit pas VERBER ! // (On dit GERBER (, cependant !))

Ne pas / moisir-croupir / dans la gangue / de la langue !

pépiements : / bourgeons, feuilles / de l’arbre du ciel…

Quelles buisses ! / Belle cuisson ! /… / bardant l’huisson

Ces haïkus de cerveau(x) / sont à chier !

(Le haïku de cerveau *, ça se soigne ?)
* = (très) souvent un "moi-ku" !

Après de longues investigations, j’en suis arrivé à la découverte suivante : le moi est dans la tête !

Décerner un prix des pires haïkus (du printemps) ? / (: en lice : J.A., I.A.,…)
(: Le Prix "Aïe Aïe Aïe" des pires haïkus…)
(/ Le(s) Prix du "je-moi-ku"…)

Le train part / dans le sens inverse / – des aiguilles d’une montre ?

Avril, / Ah, brille !

Avril, / Ah, prie !

La leçon de Bashô : / À ses fur et mesure / de moins en moins de métaphores, / de moins en moins de "je" / dans ses hokku *
* : voir article de F. Kretz dans "Gong" 43 *
* contrairement aux femmes (plus douées pour le tanka – voire le "tanku" !) et aux "modernes" !

/ Dire Non à la (sur)représentation du moi (: "je", "mon", etc.) dans le haïku… Retourner voir Bashô ! :

Bashô a travaillé sa vie durant à réduire le "je" à sa plus rare occurrence !

le troupeau des herbes / secoue ses crinières…

… En regardant une "mûre", on pourrait penser qu’elle a (effectivement) des yeux (à facettes)… mais de là à penser qu’elle puisse être "myope", il y a un grand pied !

ou bien Mûre Myop(lait)
ou bien Myoplait à la mûre ?…

Ne pas tant dire (dans le haïku) "une myope", que de montrer comment elle l’est : ex : "son nez sur son écran" (?)…

de long en large / il arpente ses haïkus / – accordéon

Penser, c’est s’évader du corps; / Toujours le réincarner !
(/ Réincarner le corps (entier !) du haïku !)

Que tout concoure au haïku ! / le mot de saison itou = / unité (globalité)

- Mon époux s’tasse ! / – On y passe tous !

un silence de mores…

L’espace dans le haïku = / un silence de mores ?

Le bonheur de son "bonjour !" / ce matin / en bord de Seine

Il mord / les marches du matin

whiffs of waffles / enter the wagon / – wednesday morning
(métro, L.5, 16/4)

(Ancien :)
le vent (d’automne) / pousse la porte grillagée / du jardin vide

le lampadaire / dans l’arbre enfeuillagé / – soirée d’avril

Pâques, / je leur sonne / les cloches…

°

(à suivre : 3/3)

Haïkus, etc. – Py – avril 14 – 1/3

19 avril 2014

1er avril – / une crotte fraîche / sur le trottoir

les mains pleines / de(ux) téléphones – / 1er avril

dès le premier soleil (d’avril) / un allumé / sifflote dans le train

1er avril / un neu-neu / bouche bée

1er avril / 1er lézard / sur le mur de la gare // (le coeur qui bat / de chaque côté / juste derrière les pattes avant)

1er avril / 1ères mouches / voletant dans le salon // (non loin de la lampe éteinte)

1er avril / pas un poisson / à l’horizon

1er avril / elle se lave les seins // lait caillé ? *
(* / l’écailler ?… / poisson…)

ses fesses chaudes / sur le siège / avant moi

Valls et le F.N. / aux manettes : de beaux sen- / ryûs en perspective !

2014, / D.C. : le Poilu du haïku ? // le fadasse bidasse…

Montebourg – Sapin : / "Il faut que les deux / pédale(s) ensemble !" *
* : sur FR3, le 3/4.

Tous les matins à la gare / Neu-neu serre la main / des voyageurs

Est-il en campagne, / qui serre les pognes / des Franciliens matinaux ?

Dans le métro, un / qui bat, rebat inlassa- / blement trois cartes

le soleil et toi / prenez le petit déjeuner / sur la terrasse

que lui / pour me faire autant rire : / cette fois-ci / son cerveau mousse !

(Attention à la surchauffe ! / à l’ébullition de son bulbe !)

Il n’est que rachis, je tique !

Ah, qui chantera / les merisiers en fleurs ?… // Ah, qui, l’on ?

l’air de rien, / les cerisiers / de Fukushima

non loin de Fukushima, / Matsushima, ah, / dévasté

Il haïku-mule : / moutonner (5/7/5), rimer, alambiquer (: inversion nom-adjectif), "moi-je"-ter, prosopoper…

(le prosopope aux méninges mousseuses !)
(c’est grave, docteur ?)

Ah, Fukushima ! / Matsushima, ah ! / ah, Fukushima !

l’esp / rit

entre les mores / et le ciel / …

a ya ya ye !

os cour !

sidérante accumulation d’erreurs par rapport à l’esprit-haïku (qui est :) simplicité, fluidité, légèreté, naturel, véracité, discrétion, modestie…

dans le haïku / (dans le senryû) / on est tenu / de soi rire / !

pas ridicule, / que riditête !

ah, mes genoux qui / craquent, quand je les fais tour- / ner au taiji quan !

à évoquer des q., / des p., je vois d’ici / vos grands r. !

pour un haïku complet : / (le) haut et (le) bas / (le) devant et (le) derrière / (la) gauche et (la) droite !

chez ce haïkiste, / jamais rien sous la sainte hure ?

le forçat des synapses !

(attention à l’aigüe méningite / des haïku-lubrations !)

Hélas, le haïku (ne) lui remonte toujours (qu’) à la tête !

dimanche – métro, / faisant valser à l’accordéon / le silence des couloirs

la caresse (des ailes) d’un moustique / qui lui quitte la joue / – station Sèvres-Babylone *
* / métro printanier

l’écrivain tient le stylo : / que ce je / suffise au haïku !

(dans le haïku, / cacher ce sujet / … que je ne saurais lire !?)

°

La Déclaration de Matsuyama – (suite : 2/12) -

19 avril 2014

II) L’EXPANSION DU HAÏKU À TRAVERS LE MONDE

5) La poésie traditionnelle du Japon est entrée en contact avec la poésie mondiale à travers les traductions d’hymnes et de poésie biblique. Des ouvrages de traductions tels que le "Shintaishisho" (1883) par Toyama Soichi, et al., et "Omokage" par Mori Ogai contribuèrent à établir le genre de poésie populaire en Occident. Bien que Shiki lui-même ait promu la réforme du haïku et du tanka, il exprima également son intérêt pour le Shintaishi (poésie de style nouveau) et organisa des groupes d’études du Shintaishi. Il fut particulièrement intéressé par les caractéristiques de la rime dans la poésie occidentale et compila un "dictionnaire de rimes" afin d’introduire les rimes dans la poésie japonaise. Dès le départ, Shiki se concentra sur le reste du monde et enseigna à ses contemporains japonais l’importance de la rime en poésie.

6) De même que la Shi-ika (poésie) japonaise fut fortement influencée par la poésie occidentale, le haïku a eu une forte influence sur le monde de la poésie en Occident. Le haïku fut d’abord introduit à l’Ouest à la charnière du XXè siècle par Sir Basil Hall Chamberlain et par Paul-Louis Couchoud. Quand des poètes comme Ezra Pound et Paul Éluard montrèrent un profond intérêt, le haïku se fit rapidement remarquer. Paul Claudel, par exemple, ambassadeur de France au Japon, Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, les Américains Richard Wright et Allen Ginsberg, l’Allemand Rainer Maria Rilke, l’Italien Giuseppe Ungaretti, et le Prix Nobel mexicain Octavio Paz, et d’autres poètes importants incorporèrent tous l’esprit du haïku dans leur poésie.

7) Jules Renard, dans ses Histoires Naturelles, utilisa des ressemblances appropriées dans sa courte phrase à propos du "papillon". Il écrivit : "Ce billet doux plié en deux cherche une adresse de fleur." Il décrivit "la couleuvre" en une seule ligne, lui donnant ainsi un parfum de haïku. Octavio Paz écrivit un poème ressemblant au haïku en trois vers : "Chaque fois que l’enfant la lance / la toupie retombe juste / au centre du monde". Le poème de Rilke qui commence par "Rose, ô pure contradiction" et qu’il souhaitait comme épitaphe, était aussi une espèce de haïku. Les cercles littéraires en France s’intéressaient également fortement au haïku. La Nouvelle Revue Française, éditée par Jean Paulhan, influença toute une génération d’écrivains français. En 1920, peu après sa création, la revue publia un numéro spécial sur le haïku, qui causa maint remous dans le monde poétique français.

III POURQUOI LE HAÏKU SE RÉPANDIT À TRAVERS LE MONDE. LE COEUR DU HAÏKU.

(: À suivre…)

HHaïkus inédits de Salim Bellen (UBDLA 51-58)

18 avril 2014

Se soutenant l’un l’autre
les vieux amants de la route :
le cyprès et le mur

Le petit singe
secoue le gros chien qui dort
pour jouer

Remuant vos tiges
qu’attendez-vous fleurs des champs
au bord des routes ?

Trop belle la rose
penchée sur la grille;
j’emporte son parfum

La première fleur
d’une azalée blanche
ce matin, venue au monde

Droit sur le ciel
tiré à quatre épingles
l’araucaria

Au guet, derrière la grille
cou tendu, port léger,
les papyrus

Elle s’est cassée les reins
en tombant du palmier
la palme !

°

(À suivre : "Feuilles d’automne (souvenirs de France)")

Salim Bellen : UBDLA : 41-50)

17 avril 2014

Le vautour sur le pylône
attend au bord de la route
le chien errant malchanceux

LA CASA DE LA ALEGRIA
Sur un moignon de mur
vieille inscription

Chaque dimanche au parc
il conduit ses enfants
le vieux vendeur de glaces

¨Pique-nique sur l’herbe
le chien, le mort et la famille
sur la tombe

Ici plus qu’au parc
on passe le dimanche
au cimetière

face-à-face
des deux côtés de l’autoroute
les jardins de l’au-delà

Dans le coffret le fillette
à l’enterrement
dessus, son nounours

La maison soufflée;
seul sur le mur
n’a pas bronché l’ancêtre

Pour passer la rue
le ballon rouge
prend la main de l’enfant *

* cf Salim Bellen : L’Échelle brisée, éd. AFH, 2007, p. 32-2.

Dans le bus poussiéreux
chacun sur l’autre endormi
père, mère et enfant

°

(à suivre : 51-60/222)

Résultats du Kukaï de Paris n° 88 :

14 avril 2014

En présence de treize personnes (dont une nouvelle participante (Dévi), 28 haïkus ont été échangés. 18 d’entre eux ont obtenu une ou plusieurs voix :

°

Avec 5 voix :

baisers – / la pointe de mes pieds / ne suffit plus

: Valérie Rivoallon.

°

Avec 4 voix :

Bagues dentaires ôtées, / à l’assaut du printemps / les rires de l’ado
: Danièle Georgelin;

Brume légère – soudain / au milieu du trafic / le chant du coq
: Roselyne Fritel;

Vent sur les fleurs / Mon humeur vacille / par vagues
: Monique Serres.

°

Avec 3 voix :

Jusqu’à la fin / sa bague de fiançailles / à son doigt.
: Patrick Fetu;

travaux forcés – / la racine soulève / le bitume
: Valérie Rivoallon.

°

Avec 2 voix :

La fillette attend, / immobile, le retour / de Sa coccinelle
: Danièle Georgelin;

le débutant / pêche à l’épuisette / sa balle de golf
: Marie-Alice Maire;

le vieux angoissé / sur les conseils de son psy / a cassé sa montre !
: Philippe Bréham;

Neige de printemps / le vent s’en donne à coeur joie / dans le cerisier.
: Patrick Fetu.

°

Avec 1 voix :

Bruine de printemps / les étoiles d’Orion / au pied des prunus
: Marie-Alice Maire;

C’est le printemps ! / Je vais cacher mes boutons / sous un foulard fleuri
: Monique Coudert;

Coin des pêcheurs / Tout en haut du saule pleureur / bouchon abandonné
: Monique Serres;

La moitié de la lune
La moitié de moi / Le printemps vaguement
: Hiro Hata;

les bourgeons gris / de la glycine – aujourd’hui / il aurait seize ans
: Éléonore Nickolay;

Moites effleurements, / Chaleur de son souffle – / Maudit réveil !
: Myriam Rouxel;

Sur l’affiche Paris-Plage / se pose / une mouette
: Minh-Triêt Pham;

sur la plage / le bruit des vagues s’amoncelle…
: Philippe Bréham.

°

Notre prochain (89°) kukaï se tiendra le samedi 10 mai,
et le suivant, sera reporté au 7 juin (au lieu du 31 mai !)

Merci de votre attention !
Daniel

°°°

Concours de haïku de Plougastel

13 avril 2014

De la part de Serge Tomé
(Daniel) :

Voici l’annonce du concours de haïku sur le thème de la fraise organisé par la Médiathèque de la ville de Plougastel (Bretagne).

Date limite : 23 mai 2014. Tous les détails dont le règlement du concours et la feuille de participation sur le site tempslibres.org.

http://www.tempslibres.org/tl/fr/events/event42.html

La fraise à Plougastel : http://muse-fraise.net/

Bonne chance à toutes et tous

Serge Tomé.

La Déclaration de Matsuyama (12/9/1999) – 1/12 -

5 avril 2014

"1) Le haïku fait partie de la littérature mondiale. Le haïku s’ouvre à des peuples différents dans le monde. Cette courte forme poétique de 17 syllabes est maintenant sur le point d’élargir les possibilités d’un riche éventail de formes poétiques dans le monde.

I) MATSUYAMA – LE LIEU

2) La poésie du haïkaï s’est plus épanouie à Matsuyama que dans aucun autre fief pendant la période d’Edo (1603-1868). Depuis des temps très reculés, les gens du domaine de Matsuyama, et principalement Okudaira Okyo, se divertissaient avec le haïkaï. En tant que membre du "cercle intérieur" du shogunat des Tokugawa, la ville bénéficiait de la paix et d’un climat tempéré. Le poète Ohara Kiju, qui, à l’instar d’Okyo, fut actif entre la fin de la période d’Edo et le début de l’ère Meiji, et qui devait devenir le professeur de haïkaï de Masaoka Shiki, créa la Société de Haïkaï "Meieisha", en tant que disciple de Baishitsu. Poursuivant le style poétique de l’école traditionnelle, l’Association s’investit dans des actions telles que le lancement de ce qui devint la troisième plus ancienne publication poétique mensuele : "Masago no Shirabe"; ainsi la poésie du haïkaï fut-elle très populaire jusqu’à l’arrivée de Shiki.

3) Le haïku japonais moderne (poésie de 17 syllabes) naquit à Matsuyama grâce aux efforts de Masaoka Shiki principalement. Né dans une famille de samouraïs du fief de Matsuyama, il fut incapable de concrétiser ses aspirations politiques à cause des circonstances défavorables qui résultèrent de la Restauration Meiji (1868) quand le fief de Tosa prit le contrôle de Matsuyama. Shiki ne pouvait pas abandonner la politique. Dès son plus jeune âge, il avait appris les bases de la kangaku (sinologie) et des kanshi (poésies chinoises traduites en japonais) grace à son grand-père Ohara Kanzan, et à Kawahigashi Seikei, père de Kawahigashi Hekigodo. Après plusieurs essais en politique, en philosophie, en arts et en écriture de fictions, il trouva sa voie dans le haïku. Comme les kanshi, ou lapoésie chinoise, le haïku était une forme de vers fixes et d’un genre familier à la plupart. Se plongeant dans un environnement auquel aucun des érudits contemporains ne se souciait, le haïku, il essaya d’obtenir la bénédiction des Dieux de la littérature en synthétisant les aboutissements passés du haïkaï et en le modernisant par une approche scientifique.

4) En plus de Shiki, Matsuyama se targue d’avoir produit d’autres haïjins de pointe, dont les plus en vue sont Takahama Kyoshi, Kawahigashi Hekigodo, Nakamura Kusatao, Ishida Hakyo, et d’autres qui représentent le monde moderne du haïku. Comme pour s’opposer à cette école orthodoxe, apparurent soudain, de la région de Nanyo de Shikoku, Tomisawa Kakio, Shiba Fukio et Takahashi Shinkishi, poète considéré comme le premier dadaïste au Japon. Il est vraiment étonnant qu’ils aient tous eu un rapport étroit avec Matsuyama et qu’ils aient contribué au développement et à l’enrichissement du haïku moderne. La riche fondation de haïku qu’ils réussirent à créer pour Matsuyama est vraiment étonnante.

(à suivre :
II) L’EXPANSION DU HAÏKU À TRAVERS LE MONDE)


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