Compte-rendu du Kukaï de Paris du 18 mai 2013

20 mai 2013

 

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 78 du 18 mai 2013.

 

°

Bonjour !

En présence de 12 personnes (dont la jeune Maria, haïkiste et dessinatrice dans l’anthologie Enfansillages 2, éd. Unicité, 2013), 37 haïkus ont été échangés. 20 d’entre eux ont réuni une ou plusieurs voix.

 

°

 

A réuni 5 voix :

 

Seul à prier

dans l’église en ruine

le vent.

 

: Patrick Fetu.

 

°

 

A réuni 4 voix :

 

salé   sucré –

une larme

dans sa tisane

 

: Valérie Rivoallon.

 

°

 

Ont réuni 3 voix :

 

Premier mai

Seule avec un brin

De nostalgie

 

: Isabelle Ypsilantis ;

 

seul

le bruit des chaussettes –

l’une contre l’autre

 

: Valérie Rivoallon ;

 

Sur le tableau noir

l’enfant gribouille des nuages

- dehors les terrils

 

: Françoise Lonquety ;

 

Sur un iris bleu

La danse blanche

D’un papillon

 

: Isabelle Ypsilantis ;

 

°

 

A obtenu 2 voix :

 

sous le cerisier

près d’éclore

une vieille chaise en bois

 

: Daniel Py.

°

Ont obtenu 1 voix :

 

concert de printemps

sous la voûte assombrie –

éclats de cuivre(s)

 

: Gilbert Stern ;

 

Heures câlines –

sa bouche encore plus rouge

après nos baisers.

 

: Patrick Fetu ;

 

Jour d’armistice

un maigre défilé

traverse la brocante

 

: Pascale Henri ;

 

jours de grisaille

elle veut faire un pansement

à sa poupée

 

: Cécile Duteil ;

 

La sirène hurle –

On embarque la folle

à la gendarmerie

 

: Maria Wu ;

 

Le cancre –

Encre ses mains

Mais pas sa feuille

 

: Maria Wu ;

 

lundi de Pâques

les cloches de Notre-Dame

à Rome

 

: Gilberts Stern ;

 

Quelques mots d’amour

Le muguet se fane

À sa boutonnière

 

: Isabelle Ypsilantis ;

 

Retour de l’hirondelle

d’un toit à l’autre,

indécise…

 

: Dany Étienne-Georgelin ;

 

sur l’eau de l’étang

ondule une rainette

écartant les cuisses…

 

: Philippe Bréham ;

 

trois chaises

n’ayant rien à se dire

-       terrasse

 

: Daniel Py ;

 

un pigeon

au milieu de jonquilles

qui tardent à fleurir

 

: Daniel Py ;

 

Vers la tombe

ils avancent à reculons –

soldats inconnus

 

: Françoise Lonquety.

 

°

 

N’ayant pas reçu de voix, mais remarqués cependant :

 

Assise dans l’herbe tendre

la future maman

parle à son bébé

 

: Roselyne Fritel ;

 

Un orage de printemps

Le feu du ciel danse

La vie quitte mon ami

 

: Hiro Hata.

°

 

Merci à tou(te)s pour votre présence, et bravo pour votre participation !

 

Nos prochains kukaï auront lieu :

 

samedi 15 juin, à 16h30 à l’Indiana Café (33 rue Berger, 75001), pour un nouvel essai !

samedi 29 juin, 16h30 – lieu à déterminer.

 

 

°

 

Valérie Rivoallon nous a également présenté son anthologie Enfansillages 2, aux éditions Unicité, (2è trim. 2013), et

Philippe Bréham, son recueil (de haïkus également) Fleurs de silence, aux éd. SAN, mai 2013.

 

°

 

N’oubliez pas samedi prochain 25 mai, à partir de 14 heures, d’aller à la signature de Monique Serres pour son recueil de haïkus : Le jour au petit point, aux éditions Pippa, 25 bis rue du Sommerard, Paris 75005 !

 

Le Marché de la Poésie se tiendra place Saint Sulpice du 7 au 10 juin prochain.
Damien Gabriels dédicacera sur le stand d’Éclats d’encre son dernier recueil de haïkus, L’autre bout du ciel, vendredi après-midi le 7 ;

isabel Asunsolo présentera sur son stand l’anthologie Haïkool le samedi 8, à 18 heures…

 

Les 22 et 23 juin aura lieu le Salon des Éditeurs indépendants dans la cour du lycée Henri IV, 23 rue Clovis Paris 75005, où j’aurai très probablement le plaisir de dédicacer les tout frais :

Le haïku moderne en anglais (et autres haïkus) de George Swede, sur le stand des éd. Unicité,

et mon recueil de haïkus Bulles de musique (illustré par Pouch, préfacé par Claude-Henry Joubert), sur le stand des éditions Pippa !

 

Bien à vous,

et à bientôt !

Daniel

Haïkus, etc. de Py – mai 2013 – 1/2

19 mai 2013

*

le voisin,
un malade de la mèche,
ce matin encore (à 9 heures 10)
alors que je trône,
éveillé par ma feuille d’impôts

-

une fleur d’impôts

-

caca : une fleur d’impôt

*

Pourquoi vouloir faire 5/7/5
alors qu’on peut très bien s’en passer ?
(pour écrire des haïkus) ?

*

le TGV longe la côte :
Ah, être en bas
immobile sur sa serviette
de plage !

*

La caco-fouill-nie

*

ridicu-cul ?
(: les staccacas de X. sur Gong-h. ?)

*

« Ce train dessert… »

Ce train-entrée… ?

*

pieds allongés
sur le siège d’en face

bonne bière
bon livre
bonne lumière

: rentrant d’une longue journée de travail,

: le bien-être
(à 317 km-heure…)

(TGV Reims-Paris)

-

L’ivresse livresque
le bon grain…

-

entre semer les graines
et cueillir les fruits,
que fais-je ?

-

Le train trace

Encore 15 minutes
et nous serons rendus
vomis sur le quai
dans la ville

et nous éparpillerons
puces
et nous coloniserons
ce soir du 3 mai

*

Ce matin
près de l’ordi
fume le thé aux chrysanthèmes
et baies de goji

*

Badaudant

Badaud’âne

*

(randonneurs)

ronds d’honneur

*

l’ombre de soi
portée –
hirondelles

*

Lancer les tâches
Tancer les lâches

*

La mémère d’autoroute

(la même aire…)

**

(FOLKESTONES / Folkestonians / Folkestoned :)

Première photo-haïku de Folkestone :
le Bienvenue de la mouette
sur la vitre arrière

A seagull’s Welcome
to Folkestone on the car’s
rear window

Welcome à Folkestone :
la fiente d’un oiseau sur
notre vitre arrière

Welcome to Folkestone
droppings of a gull
on our rear window

-

Folkestone, le huit mai,
seuls deux chiens
se baignent

Folkestone, May 8th
Only 2 dogs
bathing

Folkestone, début mai,
deux chiens
à la mer

Folkestone, May 8th,
2 dogs
at sea

-

défaire les vagues,
déferlez !

*

Tourner autour du mot
(- pot)

*

Automne
en Sologne,
les brâmes
en tombent

*

Sur le parking de Saint-Andrews
voitures
et pétales de cerisiers

-

vieilles pierres tombales
dressées
autour
du cerisier en fleur

(Priory Gardens)

Priory Gardens
the old tombstones surround
the cherry-tree in bloom

*

Coming from two different countries
to a haiku gathering
two haijins
with the (exact) same jacket

(J. Snyder – D. Py : Leeuwarden, Holland, 2003)

*

cutting (the) grass
just like a golf player °

° like he would play golf

-

swinging his grass-cutter
just like he would
a golf club

*

(réveil :)

écartant les rideaux :
un haïku
à la fenêtre

-

écartant les rideaux
un haïku
passe

-

écartant les rideaux
un haïku
remonte de la mer

*

Le vent
soufflant sur les haïkus
toute la nuit

wind blowing
all night long
along the Leas

Au matin
les haïkus
impassibles

in the morning
the haiku
impassive

*

The Leas cliff lift

-

Father and son
jogging down
the zigzag path

-

Haiku reading
at the grass amphitheater
a lone magpie

Sur les gradins
de l’amphithéâtre de verdure
une pie :
lecture de haïkus

*

La guerre des mots :
on n’y perd guère
que quelques plumes !…

*

Nous sommes tant °
sans compter les étoiles

we are so numerous
not including the stars

° Nous sommes si nombreux

-

A game of darts
the sky already so punched !

jeu de fléchettes
le ciel déjà si piqueté !

*

désert de silence ;
quelqu’un a ri
autour de la table

le mets arri
ve

*

Unhappy
with the (/our) haiku
the wind
across the Leas

mécontent des haïkus ?
le vent
sur la promenade

2nd night -
the haiku blown away
- transience

2ème nuit :
les haïkus soufflés
- impermanence

Leaves on the Leas ?
the haiku blown away

*

tombées les barrières
en arrière
poroses

-

Tomber les barrières…

*

Le soleil danse
sur le fil d’araignée

the sun dances (walks ?)
along the spider’s thread

I watch the sun
make it
onto a spider’s thread

… the sun
climbing onto
a spider’s thread

… the sun
playing along
(on) a spider’s thread

*

frenglich

*

les mots
le prennent au sommeil
nuit noire sur blanche

*

posé(e) sur une blanche
l’oiseau qui pépie ?

*

Des Contes de Cantorbéry
extraire
quel haïku ?

From the Canterbury Tales,
which haiku ?

Devant le vitrail
sa langue fourche :
« l’Élévation de la Verge » °

in front of the stained-glass (window)
a slip of the tongue :
(his tongue « forking » :)
« Elevation of the Virgin (/ Penis) »

° : i – deux !

*

une haie taillée
en tête de chien
: campagne du Kent

-

Dégueulis à l’entrée
du monastère des Franciscains
Fish and Chips

vomit
at the gate of Greyfriars House
Fish and Chips

-

under the soon-to-bloom
cherry tree
an old wooden chair

sous le cerisier
près d’éclore
une vieille chaise en bois °

° / une chaise
vermoulue

-

Traverser la crypte
en silence
- et mon (téléphone) portable ?

*

le museau chaud
du mouton
sur son tronc d’arbre °

° statue de rue, près de la gare des autobus, Canterbury

*

steam of the kettle
on the mirror –
tomorrow’s departure

vapeur de la bouilloire
sur le miroir
demain le (grand) départ

*

un croquillage

*

last meeting between haijins
the nude model on the wall
arms and legs crossed

lecture du haïbun lié :
le nu dupliqué au mur
bras et cuisses croisés

*

les chevaux blancs °
sur la Manche
hennissent nicely

° the «white horses»
over the Channel
gentiment whinny

*

rapportées en France
deux fientes de goélands
du Kent

**

Poète,
prends ton anacoluthe !

-

Et voici que passe l’anacoluthe
jouée par un anachorète

*

Délyre(r)

Délur(é)(e)

*

Ici pissa
maintes fois
un admirateur d’Issa

( : plaque à apposer sur le mur du passage entre la rue du Verger et la rue …, Orly)

*

(portrait matinal :)

faux cils
mais vrais seins ;
écouteurs
et (une) grand croix
d’une oreille

(métro République-Gare de l’est, 14/5)

**

Haïkus, etc. de Py – avril 2013

6 mai 2013

°

Lundi de Pâques
Lapin d’avril

(: 1/4/13)

°

un médicament :
l’Algisédal
mais parfois :
l’Algi-sé-que-dalle !

-

ton manoir, tamanoir !

-

Week-end de Pape

-

Jean-Sébastien Bâche

-

Les tontons fringueurs

-

Craquer, bouillir, muer =>
Craque, bout, mue !

(cf. pub métro Expo La Villette « Krach, boom, mue ? »)

°

(cf antérieur :
crépuscule – / un nuage pince / un coin de ciel)

crépuscule
un nuage
pince

-

crépuscule
un nuage
crépu

°

coléOPTÈRe
il est temps d’adOPTER
une position
moins rigide !

/

« Imper qu’un porte » :

Entend-on parler de Quimper
ces jours-ci ?
Quimper l’ensommeillée ?
QuIMPER
où l’on se fait grIMPER
au rideau
comme ailleurs

°

je travaillais
ferme
à la défense
des éléphants

-

du rang (que) dalle

dalle en dur

°

le haïku est un anti-récit

(C’est un (haï)court-circuit !)

°

son imprimante
ramait

( : haïku court )

/

son
imprimante
rame

°

Parlons-nous tant
parce qu’il n’y a
au bout de nous
que le silence ?

(cf É. Chevillard, in Choir, éd. de Minuit, 2010, p. 227)

°

La grenouille
immortellement plonge
dans la mare
comme les avions
dans les tours
jumelées aux USA
fait ploc
ou plouf
et disparaît
(l’) éternelle
ressuscitante
remonte à la surface
et recommence son manège
pour le plus grand
ébahissement
des haïkistes du monde entier
- mon dentier
posé devant la mare
du papier
où glissent les mots
tipules
concomitantes

°

(ces monstres familiers :)

un hydralion

-

Elle a des boucles d’oreilles
à faire sauter un lion
dedans…

-

Imaginer un
loup-phoque,
oui,
c’est loufoque !

°

Alors, morose ?

°

Un négrociant =
quelqu’un qui fait
(du commerce en gros)
du négroce
(= un (né)grociste !?)

-

Les ponctionnaires
du Ministère des
Finances…

°

De chaque côté


°

Fukushima –
les cerisiers en pleurs

°

un mauvais stek =
un stek à chier ?

°°

Callypige quoi ?

/ Quoi callypige ?

/

Callypaysagiste ?…

°

Avec sa raclette à chewing-gums
(dessus noir dessous rose)
il arpente le quai

/

Vu (pour la première fois)
un racleur de chewing-gums à terre
à l’œuvre

( : noir dessus, rose dessous )

(et) piqué(s) du coin de son racloir

/

(Petite annonce :)

Achèterais / Céderais
racloir à chewing-gums
bon marché

°

premier soleil tardif
à mi-avril
me découvre de maint fil…

°

un galop de chevaux

°

Le haïku doit retrouver
la plus grande exactitude possible

, ne pas se laisser entraîner par
les sirènes du « beau », de la « poésie »… !

°

Enterrons la vache de guerre !

/

À mes anciens « ennemis »
oserais-je dire :
« Enterrons la vache de guerre ! » ?

°

un pigeon

°

L’uFmNp
défile
(comme un seul homme)
contre
le mariage pour tous !

/

- L’amalgamelle !

/

Guaino
vote pour le mariage pour tous !
= Guai-si !

°

L’écho passé
Les pots cassés

-

Au fouet et à l’œil

-

Mettre la puce à la plume !

-

(Partir en vacances)
La fleur au pot !

-

Le(s) pouvoir(s) de la sorte enfin

°°

tombée du livre de Sélim
cette petite étoile
qu’il m’envoie ?

(TGV Paris-Nice, 26/4/13)

-

le haïku
(telle la mouche de Sélim)
va, vient
où bon lui semble

/

Libre
le haïku va et vient
où bon lui semble

( : cf p. 150 LSred : « Libre / la mouche va et vient / où bon lui semble » : S. Bellen.)

-

Saurait-on dire
cette amitié si chère ? –

(un) cierge
allumé
à sa mémoire

(août 2007)

-

tombée du poinçon du contrôleur,
je colle la petite étoile
sur le livre
de l’ami disparu

°°

Les vers ne regardent pas à la viande.

-

Écrire : faire apparaître
une certaine strate à / de
la conscience

°

"Montrez-moi le moi"
dit le maître
- Mince !

°

beau bord de la mer

(Cannes -> Antibes)

beau bar de la mer…

°

Ce p’tit ami,
un p’titamic ?

°

Les moutons qui m’appellent dans la chambre…

°

Les pets (/ L’épée)
de la Dame au clebs

°

Haïku couché
(en une seule ligne) ou
haïku allongé –

Haïku accroupi
prêt à plonger
dans la mare
des haïkus

-

Le papier (blanc) c’est la mare
où peut venir plonger
la grenouille d’un haïku

détendue
ou / puis
repliée

-

La grenouille frappe l’eau
et l’imagination

-

La grenouille frappe l’eau
et l’oreille

-

La grenouille frappe l’o
reille

-

La source du haïku (/ haïkaï) c’est la grenouille

-

« furu ike ya… » (Bashô) :

vieille mare, ah !
une grenouille saute
bruit de l’eau

/

vieille mare, ah !
une grenouille plonge
- le bruit de l’eau

-

Le haïkaï c’est une grenouille
(d)étendue dans son saut

-

dans grenouille il y a oreille
dans rainette il (n’)y a rien

-

« sur la mare à la rame »

-

à la ramasse-nasse…

-

vieille peau
puce-saut
bruit de la main

-

grenouille en vol
pré-haïku

°

chasser


°

un oiseau du matin :
« tu-y-dis tu-y-dis tu-y-dis ! »
et un autre :
« Dis-y dis-y dis-y ! »

(Castillon, 06; 28/4)

°

(haïku :)

traduire en mots
le langage innommé
du monde…

°

« Zizanie dans le métro »

°

Le cheveu de la réalité

°°°

Haïkus, etc. de Py – mars 2013 – 2/2

24 avril 2013

°°°

au-dessus
du matin de neige
les petits oiseaux
parfument mes oreilles
- pschitt, pschitt !

-

peintures grottesques *

* = pariétales

-

feuilles de tilleul
sur lit de neige

-

pas dans la neige
non
pas dans la neige !

-

corde verte
délaissée dans la cour
: a sauté !

-

LOVEZ – MOI !
disait le panneau
publicitaire

(à rapprocher de :

« Déviation
disait le panneau
tordu »)

-

crépuscule –
un nuage pince
un coin de ciel

(cf mars 13 – 1/2)

°

Manifestement
le tanga
manque d’exposition !

-

Le roulis du tanga ?

-

le tanga
sur son séant,
ça roule,
ça gîte !

-

le tanga,
cet (illustre) inconnu !

, cet inco-presque-nu !

-

Rire de tout
Rire des mots
surtout !

(en fait : Rire
(du ridicule) des hommes * !!)

* / prétentieux !

°

Le haïku :
enjoliver ? Non
Élaguer : oui !

-

Éliminer les scories –

Le haïkiste sculpte
au plus près
au plus juste

-

Haïku : transparaître

°

ses bas chair à points noirs
jusqu’aux deux tiers cuisses
- ligne 14

-

Au commencemoment…

La commensemence…

°

Rou
leau(x)

-

P
longeons !

-

je fais la planche
comme un hareng sur l’huile…

°

Le tracé des chewing-gums
tout au long du trottoir
: Poucets du matin ?

-

Un convoi de la
WellSNCFargo
attaqué par un gang de jeunes :

argent, montres, téléphones portables…

°

(À cause de la lenteur)

Quand j’étais petit
je voulais être verre d’eau
Je suis maintenant
croque-temps

-

b-
rêves

°

tipules,
patineuses fascinantes
sur le bord du Cens,
(cette) rivière de mon enfance…

-

Sur un sac, un cœur
- et elle :
jolie comme un sac *

* donc !

-

Au salon du Véhicase d’occulion…

-

Une fois la neige (re)partie
on retrouve la terre
avec ses touffes
ses mottes
ses crottes…

-

Retraite :

Coco, (dé)laisse tes rôles !…

(-> Cholestérol)

-

Panneau s©olaire…

°

(Nécrograph(i(sm))es :)

Le cimetière observe
les minutes
de silence

-

Nos os
demandent leur place
au soleil

(= en lisant T. Tranströmer)

°

Les ongles des morts
patiemment
creusent le temps

( : cf É. Chevillard : Choir, éd. de Minuit, 2010, p. 124)

°

Aide-toi,
(et) dieu reconnaîtra les chiens

°

(langage des oiseaux :)

L’orant goûtant
les suprêmes * délices de l’extase

* / exquises

-

L’odorant goûtant

-

L’oran(t) dégoût(t)ant…

°

en petit short blanc
sur son balcon
elle tripote ses pots
- Ah, venue du printemps !

-

Au pied *(de l’entrepôt) des bétonneuses
coule la Seine
- Quai de Bercy

* / Aux roues (des bétonneuses)

°

tirant,
poussant
avec grand-père
la cardeuse
à laine
à matelas

-

piquant avec son alène
à égales distances
dans l’épaisseur de la toile
rayurée

°

sur le balcon
la soupe d’hier soir
- fin mars frisquet

-

j’embrasse
rétrospectivement
Buson
sur sa couverture

-

Ah,
la transparence
du papier !

-

(mon haïku (s’é)bat libre…)

(engoncé dans aucun carcan)

-

Un château aux pommes…

°

week-end :
samedinateur
ordimanche

/

Il vit par procurécran

°

un
rat do bibliethèque ? …

°

(« haïku moindre » – Ancien : )

après-midi avec mouche

°

« L’énergie du foie
monte au printemps,
la colère aussi !

On se relaxe,
on respire,
on médite,
on fait du Qi-Gong !… »

: lors de la conférence de Sandrine Rigaud sur la Diététique Chinoise, Centre sportif Élisabeth, 75014, 24/3/13.

°

Une fraîcheur d’âne…

-

L’âme de l’âne :
du côté du Hi
ou du côté du Han ?

-

Le Yin et le Yang
Le Hi et le Han

°

On propose à Ma-
de devenir petit rat
d’opéra
- Non !

°

«ça me coûte
les yeux du cul !»…

-

debout, 2 chandelles,

-

U.E., F.M.I., … :
Le grand Banquitisme

-

Le dandytisme…

°

Un jour le corbeau
écrira-t-il ses pensées
- de sa plus belle plume ?

-

Le corbeau:
quand va-t-il sortir
un recueil
de ses pensées ?

-

Ah, pénétrer la pensée du corbeau !

-

Ah, lire
du corbeau
les pensées !

/

Ah, lire
par-dessus
le corbeau !

°

Pousse les mots
dans leurs ultimes
retranchées…

°

fin mars 2013 –
un rat court-circuite
la Centrale de Fukushima
pendant trente heures…

-

mars 2013 –
16 000 porcs repêchés
morts
dans le fleuve Huangpu *

* à Shangaï, à Jiaxing.

°

Sainte Larissa *
: la piquante ?

* martyre Goth de Crimée, IVè siècle.

-

Plein de Saints,
des Saints tous les jours
aujourd’hui Habib

(/Abibe), ron(d) ?

-

« Cet autobus
a pour terminus »
« le bout du ciel »…

-

laçant
le fil bleu
de ses chaussures
- un printemps gris

-

Le 5/7/5,
c’est un leurre,
un appeau
(pour le haïku
occidental)…

-

un conard enchaîné…

-

mur
ou trottoir
mon ombre parfois
se casse

-

rasant le mur
décrépi(t),
son ombre

/

son ombre rasant
le mur décrépit

-

des plages de fatigue
(de plus en plus fréquentes…)

-

D’habitude
notre ombre
nous porte…
À Paris
nous portons *
notre ombre
plutôt…

* / porterions

°

(Ses genoux)

Sais-je nous ?

Neige sous ?

-

Savons-nous ?
Savonnons-nous ?

-

Que nous savonnassions…

°

Fortuné = L’écu rieur !

°

un chat
pour décorer
la fenêtre

°

Tout va sur des rou(i)llettes …

-

Un sifflet à roulottes ?

-

Les portes, zou, vertes !

-

Je suis (un) homme de tes reins…

-

Des ampoulpes …

-

un coq de bas secours ( ?)

°

Autant grasse
qu’il est maigre :
couple à Coca-

(RER Choisy-le-Roi)

-

Quand tu es
au centre de la création,
que crains-tu ?

-

Dimanche de Pâques,
un joli petit nœud
au sac-poubelle

-

Jacqueline,
cloche d’Abbeville
s’en va-t-à Pâques
: l’église démontée

(: France-Info)

-

Dimanche de Pape :
la ruée vers l’œuf

-

Dimanche de Pâques
il fait la mayonnaise

-

Comme ma grand-mère,
Buson disparut
un vingt-cinq décembre

-

Dimanche de Pâques
à vélo elle secoue sa main
- froid de fin mars

°°°

Compte-rendu du 77è kukaï de Paris du 6/4/2013

19 avril 2013

Bonjour !En présence de seize personnes (dont trois nouvelles), 49 haïkus ont été échangés.
28 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus :

°

Avec quatre (4) voix :

Ma mère
encore plus petite
que l’année dernière.

, de Patrick Fetu.

°

Avec trois (3) voix :

avril
pas le moindre bourgeon
d’inspiration

, de Cécile Duteil ;

-

chambre blanche
si frêles les mains de mon amie
dans les miennes

, de Cécile Duteil ;

-

Dans ce pays-là
même la paille au soleil
est grise

, de Françoise Lonquety ;

-

Dans leur écrin noir
deux turquoises sous la lune –
la chatte amoureuse.

, de Patrick Fetu.

°

Avec deux (2) voix :

Ce grand caveau
au bout du cimetière
une barre HLM

, de Françoise Lonquety ;

-

Ce vieux gardien
assis face à la Joconde
- Ah ! Être facteur.

, de Françoise Lonquety ;

-

Dimanche de Pâques
un joli petit nœud
au sac poubelle

, de Daniel Py ;

-

hiver sans fin –
une légende raconte
que le ciel était bleu

, de Michel Duflo ;

-

Matin de givre
Dehors en robe de chambre
Je brosse mes cheveux

, de Monique Serres ;

-

Montagnes enneigées
les flancs chatouillés
de skieurs

, Gwenaëlle Laot ;

-

Printemps frileux
Entre deux giboulées
l’oiseau s’entête

, de Danièle Étienne-Georgelin ;

-

salon du livre –
devant le stand du poète
personne

, Michel Duflo.

°

Avec une (1) voix :

allaitement –
ses seins durs
ne dansent plus ;

, Valérie Rivoallon

Au revoir pudique
il reste longtemps sur le quai
sourire figé ;

, Pascale (« une des nouvelles du jour, qui se reconnaîtra ! ») ;

bruits de voisinage
des bribes de vies
à deviner

, Cécile Duteil ;

Dernier soupir –
Même les tulipes
s’inclinent

, Isabelle Ypsilantis ;

laçant
le fil bleu
de ses chaussures
- printemps gris

, Daniel Py ;

Les épouvantails,
rapiécés, s’essorent au vent
Giboulées de mars

, Danièle Étienne-Georgelin ;

lune sur le lac
un cygne passe
et la disloque

, Philippe Bréham ;

Mon ombre
Croisant mes pas
Dansant la valse du macadam

, Andrée Forien ;

Nuit de printemps –
Dans la cour encore humide
la Grande Ourse se lève

, Gwenaëlle Laot ;

Premier duvet –
il lorgne sur le rasoir
de son père.

, Patrick Fetu ;

quinte de toux –
les flocons
redoublent

, Michel Duflo ;

Rires des enfants
des pétales chocolat
au pied des jonquilles

, Marie-Alice Maire ;

Toute fleur
brûle en naissant
Gelée d’avril

, Monique Serres ;

Une petite limace
happée par l’évier
instant de tristesse

, Pascale;

Un prunus chétif
entre les murs de la cour
affiche le printemps

, Roselyne Fritel.

°°

Nos prochains kukaïs auront lieu les :
18 mai,
8 juin,
29 juin 2013.

N.B. : Le lieu changera probablement pour le 18 mai : nous envisageons de tenir notre kukaï toujours dans le même quartier, toujours dans la même rue, toujours dans le même bloc, mais à l’Indiana café, 33 rue Berger, 75001. Ils disposent également d’une salle confortable à l’étage… Ne ratez donc pas l’annonce qui précédera notre prochain rendez-vous !

À bientôt !

Daniel

coquille 2)

2 avril 2013

°

C’est comme (pour)
Henri Guano ! -
Mais là, je ne sais pas si je vais
lui rendre son i !

°

D. (2/4/13)

Article de Kyosuké dans Ploc ! 41

31 mars 2013

Dans son article intitulé "Le haïku est-il un moyen de séduction", de la revue "Ploc!" n° 41, Kyosuké écrit (p.28) :

"Quelques prétendus * font des haïkus déformés, en se prenant pour Santôka ou Hôsai en se servant du mot de la liberté comme un prétexte (…) Alors il n’est pas question de les prendre comme modèle."

* veut-il dire "prétentieux" ?

S’agit-il de "se prendre pour Santôka ou Hôsai" ? Chacun a / et / chacun à sa place, non ?
… et pourquoi ne pourrait-on pas prendre l’un ou /et l’autre comme modèle ? Ils ont "dépoussiéré" le genre du haïku, justement, avec leur très grand sens de la "liberté", du "dépouillement", et de la "simplicité", ce qui serait – à mon sens – amplement suffisant pour qu’on les prenne, justement, pour modèles !

By the way,
au Festival de Haïku sis à Constantza (Roumanie) début août 2013 (du 7 au 12),
je ferai justement une présentation (assez brève) de ces deux poètes japonais du début du XXè siècle, qui ont su salutairement redonner un sang neuf au genre un peu trop compassé du haïku !

coquille

31 mars 2013

J’omis inopportunément en tapant le "p" de "Chipot"
et lus donc "Chiot"
mais l’y replaçai le plus promptement possible !

D.(31/3/13)

À propos du tanka – 2)

31 mars 2013

°

"Le Tanka mort est celui dont le sujet résulte d’une longue rêverie, au lieu d’avoir été pris dans la réalité. Je ne puis mieux faire que de le comparer à une fleur artificielle. Il n’émeut pas car il ne possède pas la vie. Le Tanka vivant est l’oeuvre du poète qui sait admirer la nature et vibrer devant elle. C’est la fleur vivante qui propage son parfum. En lui tout est vérité, fraîcheur et simplicité." *

* Jehanne Grandjean, L’Art du tanka- Éd. EIT, 1957.
in Le livre du tanka francophone de D. Chipot; Éd. du tanka francophone, 2011.

°

À propos du tanka – 1)

31 mars 2013

°

" Votre expression doit venir de votre coeur. On doit sentir votre originalité et votre sincérité dans vos oeuvres." *
" Cette sincérité, cette vérité des faits est aussi importante que la simplicité ou la concision." ** "Elle est essentielle au tanka puisque ce poème doit savoir émouvoir la personne qui le lit." ***

* Hisayoshi Nagashima 21.
** Dominique Chipot.
*** Janick Belleau.

: p.188 de Le livre du tanka francophone de Dominique Chipot, éd. du Tanka francophone, 2011.

°

Et encore :

"Le tanka est le reflet du coeur. Donc il faut être sincère avec soi-même et n’employer que des phrases ou expressions personnelles."****

**** Jehanne Grandjean 40 citant Hisayoshi Nagashima.

"Pour réussir un bon Tanka, il faut : l’enthousiasme, l’amour du travail, la persévérance et une sincérité parfaite." ****

**** Jehanne Grandjean 32.

: p. 190, op. cit.

°


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