Haïkus, etc. – Py – avril 14 – 1/3

19 avril 2014

1er avril – / une crotte fraîche / sur le trottoir

les mains pleines / de(ux) téléphones – / 1er avril

dès le premier soleil (d’avril) / un allumé / sifflote dans le train

1er avril / un neu-neu / bouche bée

1er avril / 1er lézard / sur le mur de la gare // (le coeur qui bat / de chaque côté / juste derrière les pattes avant)

1er avril / 1ères mouches / voletant dans le salon // (non loin de la lampe éteinte)

1er avril / pas un poisson / à l’horizon

1er avril / elle se lave les seins // lait caillé ? *
(* / l’écailler ?… / poisson…)

ses fesses chaudes / sur le siège / avant moi

Valls et le F.N. / aux manettes : de beaux sen- / ryûs en perspective !

2014, / D.C. : le Poilu du haïku ? // le fadasse bidasse…

Montebourg – Sapin : / "Il faut que les deux / pédale(s) ensemble !" *
* : sur FR3, le 3/4.

Tous les matins à la gare / Neu-neu serre la main / des voyageurs

Est-il en campagne, / qui serre les pognes / des Franciliens matinaux ?

Dans le métro, un / qui bat, rebat inlassa- / blement trois cartes

le soleil et toi / prenez le petit déjeuner / sur la terrasse

que lui / pour me faire autant rire : / cette fois-ci / son cerveau mousse !

(Attention à la surchauffe ! / à l’ébullition de son bulbe !)

Il n’est que rachis, je tique !

Ah, qui chantera / les merisiers en fleurs ?… // Ah, qui, l’on ?

l’air de rien, / les cerisiers / de Fukushima

non loin de Fukushima, / Matsushima, ah, / dévasté

Il haïku-mule : / moutonner (5/7/5), rimer, alambiquer (: inversion nom-adjectif), "moi-je"-ter, prosopoper…

(le prosopope aux méninges mousseuses !)
(c’est grave, docteur ?)

Ah, Fukushima ! / Matsushima, ah ! / ah, Fukushima !

l’esp / rit

entre les mores / et le ciel / …

a ya ya ye !

os cour !

sidérante accumulation d’erreurs par rapport à l’esprit-haïku (qui est :) simplicité, fluidité, légèreté, naturel, véracité, discrétion, modestie…

dans le haïku / (dans le senryû) / on est tenu / de soi rire / !

pas ridicule, / que riditête !

ah, mes genoux qui / craquent, quand je les fais tour- / ner au taiji quan !

à évoquer des q., / des p., je vois d’ici / vos grands r. !

pour un haïku complet : / (le) haut et (le) bas / (le) devant et (le) derrière / (la) gauche et (la) droite !

chez ce haïkiste, / jamais rien sous la sainte hure ?

le forçat des synapses !

(attention à l’aigüe méningite / des haïku-lubrations !)

Hélas, le haïku (ne) lui remonte toujours (qu’) à la tête !

dimanche – métro, / faisant valser à l’accordéon / le silence des couloirs

la caresse (des ailes) d’un moustique / qui lui quitte la joue / – station Sèvres-Babylone *
* / métro printanier

l’écrivain tient le stylo : / que ce je / suffise au haïku !

(dans le haïku, / cacher ce sujet / … que je ne saurais lire !?)

°

La Déclaration de Matsuyama – (suite : 2/12) -

19 avril 2014

II) L’EXPANSION DU HAÏKU À TRAVERS LE MONDE

5) La poésie traditionnelle du Japon est entrée en contact avec la poésie mondiale à travers les traductions d’hymnes et de poésie biblique. Des ouvrages de traductions tels que le "Shintaishisho" (1883) par Toyama Soichi, et al., et "Omokage" par Mori Ogai contribuèrent à établir le genre de poésie populaire en Occident. Bien que Shiki lui-même ait promu la réforme du haïku et du tanka, il exprima également son intérêt pour le Shintaishi (poésie de style nouveau) et organisa des groupes d’études du Shintaishi. Il fut particulièrement intéressé par les caractéristiques de la rime dans la poésie occidentale et compila un "dictionnaire de rimes" afin d’introduire les rimes dans la poésie japonaise. Dès le départ, Shiki se concentra sur le reste du monde et enseigna à ses contemporains japonais l’importance de la rime en poésie.

6) De même que la Shi-ika (poésie) japonaise fut fortement influencée par la poésie occidentale, le haïku a eu une forte influence sur le monde de la poésie en Occident. Le haïku fut d’abord introduit à l’Ouest à la charnière du XXè siècle par Sir Basil Hall Chamberlain et par Paul-Louis Couchoud. Quand des poètes comme Ezra Pound et Paul Éluard montrèrent un profond intérêt, le haïku se fit rapidement remarquer. Paul Claudel, par exemple, ambassadeur de France au Japon, Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, les Américains Richard Wright et Allen Ginsberg, l’Allemand Rainer Maria Rilke, l’Italien Giuseppe Ungaretti, et le Prix Nobel mexicain Octavio Paz, et d’autres poètes importants incorporèrent tous l’esprit du haïku dans leur poésie.

7) Jules Renard, dans ses Histoires Naturelles, utilisa des ressemblances appropriées dans sa courte phrase à propos du "papillon". Il écrivit : "Ce billet doux plié en deux cherche une adresse de fleur." Il décrivit "la couleuvre" en une seule ligne, lui donnant ainsi un parfum de haïku. Octavio Paz écrivit un poème ressemblant au haïku en trois vers : "Chaque fois que l’enfant la lance / la toupie retombe juste / au centre du monde". Le poème de Rilke qui commence par "Rose, ô pure contradiction" et qu’il souhaitait comme épitaphe, était aussi une espèce de haïku. Les cercles littéraires en France s’intéressaient également fortement au haïku. La Nouvelle Revue Française, éditée par Jean Paulhan, influença toute une génération d’écrivains français. En 1920, peu après sa création, la revue publia un numéro spécial sur le haïku, qui causa maint remous dans le monde poétique français.

III POURQUOI LE HAÏKU SE RÉPANDIT À TRAVERS LE MONDE. LE COEUR DU HAÏKU.

(: À suivre…)

HHaïkus inédits de Salim Bellen (UBDLA 51-58)

18 avril 2014

Se soutenant l’un l’autre
les vieux amants de la route :
le cyprès et le mur

Le petit singe
secoue le gros chien qui dort
pour jouer

Remuant vos tiges
qu’attendez-vous fleurs des champs
au bord des routes ?

Trop belle la rose
penchée sur la grille;
j’emporte son parfum

La première fleur
d’une azalée blanche
ce matin, venue au monde

Droit sur le ciel
tiré à quatre épingles
l’araucaria

Au guet, derrière la grille
cou tendu, port léger,
les papyrus

Elle s’est cassée les reins
en tombant du palmier
la palme !

°

(À suivre : "Feuilles d’automne (souvenirs de France)")

Salim Bellen : UBDLA : 41-50)

17 avril 2014

Le vautour sur le pylône
attend au bord de la route
le chien errant malchanceux

LA CASA DE LA ALEGRIA
Sur un moignon de mur
vieille inscription

Chaque dimanche au parc
il conduit ses enfants
le vieux vendeur de glaces

¨Pique-nique sur l’herbe
le chien, le mort et la famille
sur la tombe

Ici plus qu’au parc
on passe le dimanche
au cimetière

face-à-face
des deux côtés de l’autoroute
les jardins de l’au-delà

Dans le coffret le fillette
à l’enterrement
dessus, son nounours

La maison soufflée;
seul sur le mur
n’a pas bronché l’ancêtre

Pour passer la rue
le ballon rouge
prend la main de l’enfant *

* cf Salim Bellen : L’Échelle brisée, éd. AFH, 2007, p. 32-2.

Dans le bus poussiéreux
chacun sur l’autre endormi
père, mère et enfant

°

(à suivre : 51-60/222)

Résultats du Kukaï de Paris n° 88 :

14 avril 2014

En présence de treize personnes (dont une nouvelle participante (Dévi), 28 haïkus ont été échangés. 18 d’entre eux ont obtenu une ou plusieurs voix :

°

Avec 5 voix :

baisers – / la pointe de mes pieds / ne suffit plus

: Valérie Rivoallon.

°

Avec 4 voix :

Bagues dentaires ôtées, / à l’assaut du printemps / les rires de l’ado
: Danièle Georgelin;

Brume légère – soudain / au milieu du trafic / le chant du coq
: Roselyne Fritel;

Vent sur les fleurs / Mon humeur vacille / par vagues
: Monique Serres.

°

Avec 3 voix :

Jusqu’à la fin / sa bague de fiançailles / à son doigt.
: Patrick Fetu;

travaux forcés – / la racine soulève / le bitume
: Valérie Rivoallon.

°

Avec 2 voix :

La fillette attend, / immobile, le retour / de Sa coccinelle
: Danièle Georgelin;

le débutant / pêche à l’épuisette / sa balle de golf
: Marie-Alice Maire;

le vieux angoissé / sur les conseils de son psy / a cassé sa montre !
: Philippe Bréham;

Neige de printemps / le vent s’en donne à coeur joie / dans le cerisier.
: Patrick Fetu.

°

Avec 1 voix :

Bruine de printemps / les étoiles d’Orion / au pied des prunus
: Marie-Alice Maire;

C’est le printemps ! / Je vais cacher mes boutons / sous un foulard fleuri
: Monique Coudert;

Coin des pêcheurs / Tout en haut du saule pleureur / bouchon abandonné
: Monique Serres;

La moitié de la lune
La moitié de moi / Le printemps vaguement
: Hiro Hata;

les bourgeons gris / de la glycine – aujourd’hui / il aurait seize ans
: Éléonore Nickolay;

Moites effleurements, / Chaleur de son souffle – / Maudit réveil !
: Myriam Rouxel;

Sur l’affiche Paris-Plage / se pose / une mouette
: Minh-Triêt Pham;

sur la plage / le bruit des vagues s’amoncelle…
: Philippe Bréham.

°

Notre prochain (89°) kukaï se tiendra le samedi 10 mai,
et le suivant, sera reporté au 7 juin (au lieu du 31 mai !)

Merci de votre attention !
Daniel

°°°

Concours de haïku de Plougastel

13 avril 2014

De la part de Serge Tomé
(Daniel) :

Voici l’annonce du concours de haïku sur le thème de la fraise organisé par la Médiathèque de la ville de Plougastel (Bretagne).

Date limite : 23 mai 2014. Tous les détails dont le règlement du concours et la feuille de participation sur le site tempslibres.org.

http://www.tempslibres.org/tl/fr/events/event42.html

La fraise à Plougastel : http://muse-fraise.net/

Bonne chance à toutes et tous

Serge Tomé.

La Déclaration de Matsuyama (12/9/1999) – 1/12 -

5 avril 2014

"1) Le haïku fait partie de la littérature mondiale. Le haïku s’ouvre à des peuples différents dans le monde. Cette courte forme poétique de 17 syllabes est maintenant sur le point d’élargir les possibilités d’un riche éventail de formes poétiques dans le monde.

I) MATSUYAMA – LE LIEU

2) La poésie du haïkaï s’est plus épanouie à Matsuyama que dans aucun autre fief pendant la période d’Edo (1603-1868). Depuis des temps très reculés, les gens du domaine de Matsuyama, et principalement Okudaira Okyo, se divertissaient avec le haïkaï. En tant que membre du "cercle intérieur" du shogunat des Tokugawa, la ville bénéficiait de la paix et d’un climat tempéré. Le poète Ohara Kiju, qui, à l’instar d’Okyo, fut actif entre la fin de la période d’Edo et le début de l’ère Meiji, et qui devait devenir le professeur de haïkaï de Masaoka Shiki, créa la Société de Haïkaï "Meieisha", en tant que disciple de Baishitsu. Poursuivant le style poétique de l’école traditionnelle, l’Association s’investit dans des actions telles que le lancement de ce qui devint la troisième plus ancienne publication poétique mensuele : "Masago no Shirabe"; ainsi la poésie du haïkaï fut-elle très populaire jusqu’à l’arrivée de Shiki.

3) Le haïku japonais moderne (poésie de 17 syllabes) naquit à Matsuyama grâce aux efforts de Masaoka Shiki principalement. Né dans une famille de samouraïs du fief de Matsuyama, il fut incapable de concrétiser ses aspirations politiques à cause des circonstances défavorables qui résultèrent de la Restauration Meiji (1868) quand le fief de Tosa prit le contrôle de Matsuyama. Shiki ne pouvait pas abandonner la politique. Dès son plus jeune âge, il avait appris les bases de la kangaku (sinologie) et des kanshi (poésies chinoises traduites en japonais) grace à son grand-père Ohara Kanzan, et à Kawahigashi Seikei, père de Kawahigashi Hekigodo. Après plusieurs essais en politique, en philosophie, en arts et en écriture de fictions, il trouva sa voie dans le haïku. Comme les kanshi, ou lapoésie chinoise, le haïku était une forme de vers fixes et d’un genre familier à la plupart. Se plongeant dans un environnement auquel aucun des érudits contemporains ne se souciait, le haïku, il essaya d’obtenir la bénédiction des Dieux de la littérature en synthétisant les aboutissements passés du haïkaï et en le modernisant par une approche scientifique.

4) En plus de Shiki, Matsuyama se targue d’avoir produit d’autres haïjins de pointe, dont les plus en vue sont Takahama Kyoshi, Kawahigashi Hekigodo, Nakamura Kusatao, Ishida Hakyo, et d’autres qui représentent le monde moderne du haïku. Comme pour s’opposer à cette école orthodoxe, apparurent soudain, de la région de Nanyo de Shikoku, Tomisawa Kakio, Shiba Fukio et Takahashi Shinkishi, poète considéré comme le premier dadaïste au Japon. Il est vraiment étonnant qu’ils aient tous eu un rapport étroit avec Matsuyama et qu’ils aient contribué au développement et à l’enrichissement du haïku moderne. La riche fondation de haïku qu’ils réussirent à créer pour Matsuyama est vraiment étonnante.

(à suivre :
II) L’EXPANSION DU HAÏKU À TRAVERS LE MONDE)

UBDLA de Salim Bellen – (31-40)

5 avril 2014

Le Christ-Roi sur le dôme
serre dans sa main
le paratonnerre

De qui la protège-t-on
au carrefour
cette vierge sous verre ?

"Toutes mes condoléances"
il ne manque pas une occasion
ce mendiant devant l’église ! *

* cf : Salim Bellen, dans son recueil de haïbuns Le singe renifle en décembre, co-édition AFAH-Unicité : "Toutes mes condoléances", p.82.

À la porte de l’église
il promet ciel et terre
le vendeur de loterie

Il entra dans l’église
et baisa le pied du Christ
le vendeur de lacets

Le sourire du Bouddha
l’humanité souffrante
ne l’ôte pas

Les enfants des banlieues pauvres
tous leurs espoirs au ciel :
cerfs-volants

Des têtards par-dessus
la fange du bidonville :
cerfs-volants

La-haut sur le câble
cerf-volant entortillé ;
l’enfant perd ses ailes

Privé du lien à l’enfant
le cerf-volant libre
ne sait plus voler

°°°

(à suivre… 41… / 222)

Haïkus, etc. de Py – mars 2014 – 2/2

5 avril 2014

°°°

coincé sous son balcon
un père Noël
à mi-mars

Formation de taiji quan -
Les jonquilles épanouies
dans la cour

À corps éperdu.

Circulation alternée ?
: autant de plaques paires
que d’impaires

à peine éclos
déjà tombés
pétales blancs à la mi-mars

Fée ce que doigt(s)…

Ah, comme plisse la peau
dans la lame d’air *
du séchoir à mains !

* : "AIRBLADE"

un journal
crispé
sur le trottoir
- accident de voyageur

une plume
au bord d’une feuille -
un bouchon dans le bois

fait rare :
gratter une Ferrari
en longeant le bois

De leur box
les chevaux
- placides -
regardent l’engin
répartir le fourrage

le conducteur des Cars Bleus
dans sa chemise bleue
déguste son sandwich
au volant
dans le parking
du Parc des Sports

une fois le froid
passé sous les fesses,
attendre le train
- veille du printemps

entre les pâquerettes


Disparu(s) corps et maux…

"Sculpte, lime, cisèle"

Le vol d’une hirondelle
dans la pierre…

Elle était immensément belle
Mais je trouvai son orteil gauche
moche
- l’affaire capota

Autour des panneaux électoraux
des piaillements d’oiseaux

Vue sur la cathédrôle

Même à dix heures du soir
ils piaillent
- veille d’élections

veille d’élections

il prononce des "oui"
de temps à autre
- mais ne parle pas au téléphone,
le simplet

énonce des "oui"s, Titi
le simplet

le téléphone portable
de la mendiante…

quand je mourrai
aurai-je toujours autant de mouchoirs
dans ma poche ?

(5/7/? :)
le nez effilé
du TGV qui défie
les

un cylindre ("XTRA")
traverse le wagon
de droite à gauche
de gauche à droite
- vendredi soir

Singer le 5/7/5 -
Haïkoudre

sans lunettes
le nez presque sur le journal
pour lire

LI EN

"accident grave
de (plus) personne"…

à l’assemblée générale *
nous sommes sept
plus un chat médaillé **

* de l’AFAH
** un beau chat // le chat du café

brut(e) dans les (r)encards
(= violeur ?)

faire le tour du photographe
pour ne pas couper
leur fil

le voyant du portique
me dit :
"éééééééé
ééééé"

le jour tape
dans la canette
blanc-vif

Ah, printemps,
comment définir l’odeur de ce bosquet fleuri ?
: inspirer (plus) profond)

comment mettre en mots
le parfum de cette fleur ?
: inspirer

(cf "Gong-haïku # 17157) – Inspiré par Danyel :)

80 ans
et des brouettes
toujours au jardin

overblog — overblague

Dans son recueil Un bâton dans les Andes – voir ailleurs sur ce blog -, on constate que Salim Bellen n’était pas un absolutiste du 5/7/5 (dans le haïku); même si, comme la plupart des haïkistes occidentaux, il se conformait (le plus) souvent aux usages (consensuels) d’une métrique imitée du Japon… Il n’alla pas non plus jusqu’à bousculer la disposition en tercet(s)…

°°°

De Salim Bellen (UBDLA – 21/30)

31 mars 2014

Tant de rides soudain !
Deux amis se revoient
après trente ans

Dans la rue
toutes ses fiancées défilent
le vendeur de bagues

Assis sur sa caissette
la semelle usée,
le cireur de chaussures

Quelle richesse
pour le laveur de pare-brise
cette flaque d’eau

Il crache le feu par la bouche
et tend la main au feu rouge
le dragon-mendiant

Au feu rouge
qui déposa
le cul-de-jatte ?

Mon pantalon volé
revu deux jours plus tard
sur un indigent

À la Candelaria
statues et indigents
couchent dehors

INTERDIT D’URINER
braguette ouverte sous l’affiche
un gamin

Il mendiait pour de bon
bonnet rouge et fausse barbe
un père Noël

: Salim Bellen

(à suivre : 31-40)


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