Haïku, etc. – Py – avril 2011 – 2/2

°

dans ce pré
qui sont plus nombreux :
les moutons
ou les pissenlits en fleur ?

les oiseaux lancent leurs filets
– mer du nord

(: Arte, 19/4 – Frise du nord)

vie et mort
d’un mille-pattes
sous la douche
aux belles antennes

la « propreté » du nucléaire
c’est comme
pousser la merde
sous le tapis

dans un champ
trois ânes
côte à côte
: un haïku ?

°

le haïjin, c’est (comme) un réducteur de mots

Le poème,
tu y as pensé
(ou pas) ;

au moment où tu écris
les mots jaillissent


(Bashôtage :)

le haïku
c’est
la conjonction
(du saut) de la grenouille
et de l’eau


Bashô,
le haïku
(plouf !)
c’est
le centre
de la cible !

« Faire du haïku,
c’est redire
l’instant-plouf »

°

au-dessus du bosquet * qui sent si bon
des pirouettes si variées d’oiseaux

* oranger du Mexique

dans le ciment
sa main
figée,

dans le ciment
deux de ses pattes

°

Que ton haïku coule comme (de) l’eau
(cf : Santoka)

Les mots de ton haïku
coulent comme l’eau !

Retrouve la fluidité

Décante ;

les lendemains (qui) décantent ;

le temps (qui) décante…

°

deux cheminées d’incinérateur :
poteaux
pour quel ballon ?

entre les deux cheminées
de l’incinérateur
la pleine lune

(: sans lune, en plein jour, à Vitry s/Seine)

°

aujourd’hui
dès l’avant-réveil :
un jour à mots (…)



ortogriffe : scénette…

Soit une saynette –
la sonnette retentit
c’est net !

°

Dans ce village venteux
un volet claque…
: Vestern en Aveyron ?

la boule de thé,
le bol,
le soleil
: matin en terrasse

°
(mes) Réflexions sur le haïku – Kyôku à la serrure :

A l’inverse du court-long-court en usage traditionnel pour le haïku, le long-court-long me plaît au moins tout autant :

La course du vent
s’achève
dans la serrure

: Tzonka Vélikova

d.(21/4/11)

°

terrasse –
quelqu’invisible
m’enfume


(Bashôtage :)

en haut de la branche
un corbeau :
crépuscule d’avril

crimes, catastrophes, guerres, sarkozys :
à la télé =
rendre les gens malades ?



Piqûre de rappel :

que deviennent
nos petits nuages,
nos pois(s)ons
du Japon ?

quelques chiens errants
(apparemment
pas encore
malades)
autour
de la centrale
(explosée)

rejets
déchets

rejets
déchets

rejets
déchets

l’océan
empois(s)onné

l’oséan

°

la poésie, c’est :

des mots qui débordent
(de la raison « pure »)

des mots qui s’échappent
(liberté)

des mots qui se lâchent
(…)

Inventer c’est voir

c’est prendre du recul

apposer aux choses « connues »
un regard décalé…


(ancien :)

je prends la plume aussitôt l’aile

(c’est une image …)

°
(ancien :)

6 heures du soir
au-dessus de (la pendule de) Saint-Lazare
une demi-lune
(verticale)

6 heures
ce soir
au-dessus de Saint Lazare :
nulle demi-lune

°

…les mots tels qu’atterris (sur ta page)…

– des fois : poème crashé ?

°

s’exp(l)oser
au nucléaire…

le temps est irradieux,
n’est-il pas ?

°

pétales blancs
sur la chaussée
des pigeons picorent

des arbres verts
au carré
les cônes roses

la nuit : une branche
sur quoi les oiseaux
piaillent
à qui mieux-mieux

seul un oiseau
traverse le jour
le livre tremble

pins parasols –
derrière eux
la solution du soir

mon regard
croise ses cuisses
– soleil

ce moineau
prend un bain de sable
– fin avril

(cf. Onitsura)

au-dessus du bosquet
qui sent si bon
des trilles fous d’oiseaux

gare d’Orly
l’oranger du Mexique
s’épanouit

les arbres dorent –
redistribuer

(Sarko – et le nucléaire :)

– Qui
convainc-t-il encore,
englué
à pédaler
dans sa semoule
?

(elle) passe
sous le tourniquet
son string rouge

fin avril
passé par la rue
du Chat qui pêche

Théâtre de la Huchette :
juste un peu plus vieux
que la Cantatrice chauve *

* : pièce d’E. Ionesco, qui s’y joue sans discontinuer depuis 54 ans.

le bruit du couteau
qui pèle sa pomme
– soirée d’avril

au-dessus des orangers du Mexique,
trilles si mélodieux !

dans la salle
(…)

la pendule
de l’église *
éternellement
midise

* : Saint Sulpice

affûtant mes oreilles
aux chants d’oiseaux
– 1er mai

Qu’est le temps ?
: pâte à modeler

°

(Mes rélexions sur le haïku (= kyôkus) :)

Vers le haïku alexandrin =
de 17 « syllabes » vers 12 =
du rythme naturel de la poésie japonaise « traditionnelle »
au rythme naturel de la poésie française « traditionnelle »…

Etant donné qu’il y a très souvent deux éléments juxtaposés dans le haïku (japonais), ces deux éléments peuvent prendre la forme de deux hémistiches (environ), dans le haïku-alexandrin français.
L’exemple peut nous en venir (: celui du nombre restreint de syllabes – vers 12 !) de la fréquentation du haïku anglophone (/ nord-américain), qui peut dire en (si) peu ce que le japonais dit en plus (17).
Puis on peut encore écourter (en français), à condition d’en dire assez quand même [pour ne pas trop désarçonner le lecteur] :

brassant le brouillard,
l’éolienne

dp.(30/4/11)

°

parmi les jeunes feuilles
les chants verts d’oiseaux


(C’est latent, c’est patent :)

elle attend un enfant
– son enfant la tend

°
((mes) Réflexions sur le haïku :)

La forme n’existe pas
(pour elle-même)…

/ Au fond, la forme fond ?

°

d.

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