Jisei – Poèmes de mort japonais – G –

°
(p.166) de GAKI,
mort le 24 juillet 1927, à 36 ans :

Gaki, plus connu sous son vrai nom d’Akutagawa Ryunosuke, donna par
l’intermédiaire de sa tante ce poème à lire le matin suivant à son docteur, avec cette préface :
« riant de moi-même » :

Mizubana ya / hana no saki dake / kure nokoru

Un seul point / brille encore dans le noir : / mon nez morveux

Il s’empoisonna la nuit même.
Akutagawa était un des plus grands auteurs japonais modernes. Une de ses
premières nouvelles, très admirée par Natsume Soseki (1867-1916) le propulsa sur le devant
de la scène littéraire. Elle s’appelait : Hana (« Le nez »).

°
p. 167 de GANSAN
(mort en 1895 à 81 ans) :

Fukaba fuke
hana wa sunda zo
aki no kaze

Gansan

Souffle si tu veux,
vent d’automne – les fleurs
ont toutes fané

°

P.169 de GENSHO
(mort le 5° jour du 1° mois de 1742, à 58 ans) :

Hakahara ya
aki no hotaru no
futatsu mitsu

Un cimetière :
lucioles d’automne
deux ou trois

°
(p.172) de GITOKU
(mort le 24° jour du 11° mois de 1754, à 53 ans) :

Sora saete
moto kishi michi o
kaeru nari

Ciel clair –
le chemin par lequel je vins
je reprends maintenant

°
(P. 174) de GOFU
(mort le 18° jour du 8° mois de 1771, à 38 ans) :

Mada akanu
yo o akikaze no
yukue kana

Je ne me suis pas encore
lassé de ce monde – où soufflent
les vents de l’automne ?

°
P.175 de GOHEI
(mort le 7° jour du 7° mois de 1819) :

Aki ya ima
kiyoshi to kiri no
hito-ha chiru

Une feuille solitaire de paulownia
tombe à travers
l’air pur de l’automne

(un autre haijin du nom de Gohei, mourut le 2° jour du 2° mois de 1808)

°

(p.177) de GOSHI
(mort le 13 du neuvième mois de 1775, à 66 ans) :

Shôgai no / oreigashi ya / higashi muki

Rendant grâces
pour la vie, je me retourne et salue
vers l’Est.

« Pour remercier les vivants pour la gentillesse qu’il a reçue durant sa vie, le poète mourant se tourne en direction de l’Est avant d’accomplir son voyage vers l’Ouest, direction du paradis. »

°
(p.178/9) de 1°) GOZAN

(mort le 2° jour du 3° mois de 1733, à 38 ans) :

Ka ya hiraki / nori toku tori no / kirabiyaka

Des fleurs embaument l’air
Le chant insouciant d’un oiseau
fait écho à la vérité.

 » Ce haiku est un  » kaïbun « , un palindrome dans lequel la séquence des syllabes est identique qu’on lise le poème par le début ou par la fin. Une telle forme était populaire dans la poésie japonaise aux XVII et XVIII° siècles …  »

2°) GOZAN
(mort en 1789, le 17° jour du 12° mois, à l’âge de 71 ans) :

Hana to mishi
yuki wa kinô zo
moto no mizu

La neige d’hier
tombée comme pétales (de cerisiers)
est maintenant de l’eau

°

Étiquettes :

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :