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« cette poésie « sans mots » » par Alan Watts

16 septembre 2013

Dans ‘The Way of Zen’ (‘La Voie du Zen’ en français) d’Alan Watts, dans ma traduction du chapitre 4 « Zen in the arts » (« Le Zen dans les arts »), p. 201, Alan Watts écrit :

« Depuis les temps les plus reculés, les maîtres zen avaient montré une faiblesse pour les poèmes courts, nains – laconiques et directs comme leurs réponses aux questions sur le bouddhisme. (…) ainsi la poésie du Zen la plus expressive est celle qui « ne dit rien », qui, en d’autres termes n’est pas philosophie ni commentaire SUR la vie (…)
p.202 : Un tel usage de la poésie exprime tout à fait la même sorte de vision artistique que nous trouvons dans les peintures de Ma-yüan et Much’i, la même utilisation de l’espace vide rendu vivant par quelques coups du pinceau. En poésie, l’espace vide est le silence environnant que requiert un poème ((chinois)) de deux lignes – un silence de l’esprit dans lequel on ne pense pas « au » poème, mais on éprouve en fait la sensation qu’il évoque – d’autant plus fort que peu a été dit.
Au 17° siècle les Japonais avaient amené cette poésie « sans mots » à la perfection dans le haïku, ce poème de 17 syllabes seulement, qui laisse tomber le sujet presque aussitôt qu’il le prend. »

Cette formule fort controversée (surtout – uniquement ? – en France (!)) du « poème sans mots » a inspiré Éric W. Amann pour écrire son « essai sur le zen dans le haïku » (: « A study of zen in haïku » : ‘The Wordless Poem’, 1969, 1978) / ‘Le poème sans mots’ (trad. D. Py), éd. gammes, Canada, 2006.