Posts Tagged ‘senryûs’

poèmes, etc – py – juin 08

2 novembre 2010

°

sur l’enseigne rouge
le soleil
se couche

ciel du soir
strié de traînes d’avions –
martinets

éclairs
derrière les fenêtres :
plans télés

arpentant le pavé :
portraitistes du Tertre

devant l’étal aux citrons
ses plus que pomelos

chants sacrés
sur France-Musique,
dehors, des mélodies d’oiseaux

mardi gris –
Ternes Étoiles

3 a.m.
the smell of bread
fills the flat

3 heures du matin
l’odeur du pain
emplit l’apparte

chemise blanche
pantalon noir –
crotte de pigeon

concert costume :
a pigeon poops

Institut des Langues Orientales :
jeux vidéo
et mangas

(d’après Yumiko, 20/6)

Conciseler.

ce soir les oiseaux –
brancher France-Musique

des vols vifs de martinets –
une sublime musique russe

 » Marlboro 3 euros !
3 euros Marlboro !  »
: Métro Barbès

son chapeau de paille
un air penché
– quai de train

yoyo d’une araignée
au bout d’un doigt :
restaurant « Les Vents d’ange »

fête de la musique :
odeurs de pétards
et de troënes

(Beauvais)

à chaque soir son soleil –
ailes au ciel

à chaque soir
son ciel
ses oiseaux

troisième jour de l’été :
des pigeons picorent
le bord du soir

martinets se pourchassent –
les couleurs du couchant

entre omoplate
et bretelle
un dauphin saute

déjà de bonne heure
la ceinture sonore
du périsphérique

au coin du trottoir
une merde bronze –
fin d’année scolaire

dernier vendredi d’école
papiers en boule
dans la rue

dans la poubelle
renversée
une femme
collecte


(Senryû sous Sarko :)

 » Immigration choisie  » :
quarante-quatre cartes
délivrées en deux ans !

à son oreille
dans la rue :
un concerto de violon

peau à peau
le soir tombe

le coup du B
au bout du quai –

dans ce
verre ballon,
ce vin
m’envole ?


(« art poétique » :)

Réduire à sa meilleure expression.

Le problème est :
jusqu’où ne pas dire ?

Si le silence est long,
le haïku est court
– et inversement

dernier dimanche de juin
en paréo
elle repasse –
fenêtre mi-ouverte

dans sa boîte en fer blanc
le cassoulet « to lose » 1
à la fourchette

j’en pince
pour elle –
son linge
sèche

sur le chemin
jaune et noire
salamandre
immobile

(<– 8/2001)

dans le ciel
un L
d'avions

entre deux cheminées
le feu
du soleil

du haut
de ce chez moi
provisoire
le ciel
et ses cris

première étoile
dans le soir
un avion monte

battements d'ailes d'un pigeon –
la ceinture sonore du périphérique

pas pu décoller d'un aria de Mozart :
taillé mes crayons

(: R. Berberova + C. Bartoli, in « Lucio Scylla » / Harnoncourt, 1983)

°

d.(6/08)

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haïkus, etc. – Py – mai 08

2 novembre 2010

°

déso(pi)lant :
le président d’une association de haïku
ignore ce qu’est
un kyôku !

traversant l’allée
l’ombre d’une feuille
se pose

tout petit matin de mai
réveillé
par une boule
d’oiseaux siffleurs

une plume se pose
au bord de ma fenêtre
puis repart

des martinets
passaient leurs cris
dans le ciel du soir

suspendant au cintre
le T-shirt Superman
du grand ado

juste après le couchant,
conciliabule aviaire
à hauteur de toits

si fin cil
traversant le ciel
lunule de mai

il pleut
une voiture-balai
passe

Écrire sur
la place de la concorde
dans les relations humaines

sous la pluie
une carpe
fait des bulles

du bar d’en bas
monte une trompette de jazz
– dernier vendredi de mai

°

d.(mai 08)