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Bashôtages à la grenouille – Py

25 août 2011

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dans le vieil étang,
plouf !
– et la lumière fut.

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Feu dans la maison
près de la mare :
Bashô y saute

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d.(25/8/11)(d’après D.T. Suzuki, Sengaï et Bashô)

« Bashô et la grenouille » : Sengaï – D.T. Suzuki

25 août 2011

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Un vieil étang
Bashô y saute,
Le bruit de l’eau !

Un vieil étang
Quelque chose vient d’y sauter
Plouf !

S’il y avait un étang par ici,
Je sauterais dedans
Pour qu’il entende le plouf !

« Ces trois variations sur le texte original de Bashô (1643-1694) montrent bien la fascination qu’exerçait sur Sengaï le célèbre haïku :

Un vieil étang
Une grenouille y saute
Le bruit de l’eau.

Quoi d’extraordinaire à décrire le bond d’une grenouille dans l’eau, et à faire du son, produit par ce bond, un événement qui déchaîne l’enthousiasme ?
Si vous permettez, je puis dire qu’à l’oreille de Bashô le saut de la grenouille dans le vieil étang et le plouf qu’il produisit furent comparables à la parole de Dieu : Que la lumière soit !
N’est-ce pas là un événement de première importance ? Dans cet instant, l’esprit de Bashô a pénétré les secrets de la création, et capté tout l’univers du commencement sans commencement jusqu’à la fin sans fin.
Le poète transforme la vie quotidienne d’un peuple à l’esprit prosaïque en quelque chose d’unique. Le poète discerne la poésie là où les sens ordinaires ne la discernent pas. Les haïkus de Sengaï ne doivent pas être pris pour de simples parodies. Dans ses commentaires, il traduit en réalité son propre point de vue du Zen. En substituant Bashô, par exemple, à la grenouille qui saute dans l’étang, il tente peut-être de recréer la scène pour provoquer aussi chez le lecteur une expérience intérieure. »

: D.T. Suzuki, in Le rire, l’humour et le silence du Zen, Le Courrier du Livre, 2005, p.201

De Sengaï (1750-1837) – De Lao tseu

24 juillet 2011

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« En général les dessins des artistes sont comme les jolies femmes
qui détestent que l’on rie d’elles.
Mais mes dessins à moi, sont comme un comédien qui adore provoquer le rire. »

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Lao tseu dit : »Quand de simples mortels me regardent, ils se moquent. »

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: in Sengaï, « Le rire, l’humour et le silence du Zen » par D.T.Suzuki; éd. Le Courrier du Livre, 2005., p.149

de Sengaï (1750-1837) – / Bashô

2 mars 2011

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Sous la falaise nuageuse
Près de la porte du temple
Au milieu des herbes brunes de l’étang
Une grenouille saute dans l’eau
Flop !
Surpris le poète lâche son pinceau. *

Sengaï (1750-1837)

* « Dans l’eau du vieil étang,
Le bruit
Du saut de la grenouille. »
C’est par ce très célèbre poème que Bashô (1644-1694) a exprimé sous forme de haiku, forme poétique japonaise la plus courte, l’instant de son illumination. N.d.T.

,in : 365 jours ZEN, tr. (de l’américain) par Claire Fontaine; éd. Le Courrier du Livre, 2000