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58 HAIKU d’automne – Blyth – p.1079-1100 – ARBRES et FLEURS

6 juin 2011

°
(p.1079 :)

il ne sourit
ni ne pleure,
cet hibiscus

Ransetsu

la haute lanterne de pierre
de jour
est un pilier de mélancolie

Senna

°
(p.1080 :)

un hibiscus
au bord de la route ;
le cheval l’a mangé

Bashô

le cerf mange
et fait tomber
les fleurs de lespédèzes

Issa

un cheval mange
la fleur d’une renouée des oiseaux ;
fumée de dessous la théière

Shiki

génération après génération,
l’hibiscus
sur cette pauvre palissade

Issa

°
(p.1081 :)

bruit de la rivière ;
la porte où fleurit l’hibiscus
n’est pas encore ouverte

Hokushi

je posai ma main dessus,
ne la cassai pas, et m’en allai :
rose de Sharon

Sampû

les feuilles du saule tombent,
des bouts de légumes
flottent sur le ruisseau

Shiki

°
(p.1082 :)

un chien dort
à la porte d’une maison vide;
des feuilles du saule s’éparpillent

Shiki

n’y pénétrant pas, ne faisant qu’y passer :
feuilles d’automne
au temple de Fujisawa

Buson

°
(p.1083 :)

renonçant au monde –
feuilles d’automne
au village de mes parents

Buson

la montagne s’assombrit,
prenant l’écarlate
des feuilles d’automne

de feuillage cramoisi,
il n’y a pas ici,
au fond des montagnes

Shiki

°
(p.1084 :)

la tempête d’automne
renverse même
les ours sauvages

Bashô

°
(p.1085 :)

les fleurs de lespédèze
ne laissent pas tomber, malgré leurs oscillations,
leurs gouttes de claire rosée

Bashô

dans l’écume,
mélangés aux petits coquillages,
des pétales de lespédèzes

Bashô

la solitude
de l’automne de la plage,
encore plus grande qu’à Suma

Bashô

°
(p.1086 :)

temple de Kôdaiji ;
une fouine dans les lespédèzes
au crépuscule

Buson

des renards jouent
au milieu des fleurs de narcisses
dans le clair de lune du jeune soir

Buson

de temps en temps
frotte contre les volets
la voix des lespédèzes

Sesshi

°
(p.1087 :)

derrière le millet indien,
le mur bas
d’un temple

Shiki

en route vers les liserons
les moustiques volent en chantonnant :
leur langueur

Bashô

exercice au bâton :
je crains
pour les volubilis

Chora

°
(p.1088 :)

une seule fleur
du volubilis :
couleur d’un lac profond

Buson

en un mètre de jardin
toutes les feuilles
d’Ueno

Shiki

les azalées en fleur ;
dans ce village reculé,
le riz est blanc

Buson

les chrysanthèmes jaunes
perdent de leur couleur
à la lueur de la lanterne

Buson

°
(p.1089 :)

tandis que j’entonne les soutras
les volubilis
à leur apogée

Kyoroku

°
(p.1090 :)

du tas de déchets
un liseron a fleuri ;
automne profond

Taigi

les volubilis ; *
sur le visage des hommes
il y a des défauts

Issa

* en japonais « volubilis » signifie « visage du matin ».

le volubilis non plus
ne pourra jamais être
mon ami

Bashô

°
(p.1091 :)

un liseron
sur la grille de mon portail
qui reste fermé tout le jour

Bashô

le volubilis
rampe sur le sol
de la maison vide

Shiki

°
(p.1092 :)

le pathos
du volubilis
même mal peint

Bashô

rosée du matin :
l’herbe de la pampa penche
le lespédèze est prostré

Chora

°
(p.1093 :)

sur la montagne, fin du jour ;
sur la lande, l’herbe de la pampa
dans le crépuscule

Buson

l’herbe de la pampa
résume à elle seule
la solitude de Saga

Ransetsu

les plumets de l’herbe de la pampa ;
les tremblements impuissants
d’un coeur solitaire

Issa

°
(p.1094 :)

la plaine de Musashino ;
au coin des champs
fleurit l’herbe de la pampa

Shiki

dans les champs,
pourquoi avoir laissé
l’herbe de la pampa en fleur ?

Shiki

°
(p.1095 :)

nul ne passe
portant javelot :
herbes fleuries de la pampa

Shiki

les cryptomères, trente mètres;
l’herbe de la pampa, un mètre
de haut

Shiki

ensemble sous un arbre géant;
qu’elles sont grandes,
les crêtes de coq fleuries !

Shiki

°
(p.1096 :)

des mèches de mes cheveux
tremblent en même temps que les plumets
de l’herbe de la pampa

Issa

dans les fleurs de deutzies,
on voit les cheveux blancs
de Kanefusa

Sora

la rose sauvage vieillissant,
les herbes de la pampa se raréfiant,
les lespédèzes délavés et faibles

Buson

=
(p.1097 :)

la rose sauvage vieillie,
les herbes de la pampa sont rares,
les lespédèzes hésitants

Buson

quand il n’y a pas de riz –
la rose
dans la gourde

Bashô

°
(p.1098 :)

ma vieille maison ;
le vin est médiocre –
mais la fleur de sarrazin !

Buson

la rose
si fine
semble avoir le plus de rosée

Bashô

la valériane, ah !
ses tiges, ainsi,
ses fleurs, ainsi !

Buson

la rose des montagnes –
feuilles et fleurs et feuilles
et fleurs et feuilles

Taigi

°
(p.1099 :)

la rose
se tient là,
vacante

Issa

à propos de quoi
hoches-tu la tête,
ô valériane ?

Issa

les mauves roses fleurissent ;
le héron veuf
de la vieille mare

Shiki

°
(p.1100 :)

autour de la maison en ruine
des poules errent;
des mauves roses fleurissent

Shiki

sous la brume pluvieuse
les mauves roses
forment un ciel clair

Bashô

la faible plante,
enfin,
a une fleur qui oscille

Issa

°
(p.1101 : à suivre)

27 HAIKU d’été – Blyth – p.831-839

17 mai 2011

°
(p.831 :)

abaraya no . to no kasugai yo . namekujiri

Bonchô

la limace,
un fermoir pour la porte
d’une maison délabrée

kono ame no . furu no ni dotchi e . deiro kana

Issa

où peut-il aller
sous la pluie,
cet escargot ?



katatsumuri . nani omou tsuno no . naga mijika

Buson

un escargot
une corne courte, l’autre longue –
Qu’est-ce qui le trouble ?

°
(p.832 :)

yûzuki ya . ôhada nuide . katatsumuri

Issa

sous la lune du soir
l’escargot nu
jusqu’à la ceinture



furusato ya . hotoke no kao no . katatsumuri

Issa

ma vieille maison –
le visage de l’escargot
est le visage du Bouddha

katatsumuri . sake no sakana ni . hawasekeri

Kikaku

l’escargot
nous le fîmes ramper
pour agrémenter notre vin

°
(p.833 :)

yûdachi ya . hararito sake no . sakana hodo

Issa

averse soudaine d’été –
assez pour agrémenter
notre vin

katatsumuri . sorosoro nobore . fuji no yama

Issa

Escargot,
escalade le mont Fuji,
mais lentenment, lentement !

ashimoto e . itsu kitarishi yo . katatsumuri

Issa

Quand arriva-t-il
près de moi,
cet escargot ?

°
(p.834 :)

minomushi wa . chi-chi to mo naku wo . katatsumuri

Buson

le minomushi *
dit « pa-pa » –
mais l’escargot ?

* : chenille burcicole

dore hodo ni . omoshiroi no ka . hitorimushi

Issa

Combien
t’amuses-tu,
papillon écaille ?

keshite yoi . jibun wa kuru nari . hitorimushi

Issa

le papillon écaille
vint juste à temps
pour éteindre la lumière

ryôsando . uro-uro heta na . hitorimushi

Issa

deux ou trois fois
hésita le maladroit
papillon écaille

°
(p.835 :)

io no hi wa . mushi sae tori ni . hitarikeri

Issa

même les insectes viennent
pour éteindre la lumière
dans mon ermitage

kogakure ya . hi no nai io ni . hitorimushi

Issa

le papillon écaille vient
dans un logis sans lampe
caché parmi les arbres



natsumushi no . shinde ochikeri . hon no ue

Shiki

des insectes d’été
tombent morts
sur mon livre

natsumushi ya . yagaku no hito no . kao wo utsu

Shôha

des insectes d’été
heurtent le visage
de l’étudiant à minuit

tobu ayu no . soko ni kumo yuku . nagare kana

Onitsura

une truite saute
des nuages bougent
au fond de la rivière

°
(p.836 :)

hitomure no . ayu me wo suginu . mizu no hiro

Shiki

un banc de truites
passa :
la couleur de l’eau !

ayu kurete . yorade sugiyuku . yowa no mon

Buson

offrant la truite
sans entrer : je m’en fus –
le portail à minuit

te wo kakete . orade sugiyuku . mukuge kana

Sampû

étendant la main,
je ne l’arrachai pas, mais continuai :
l’hibiscus

°
(p.837 :)

na ori so to . orite kurekeri . sono no ume

Taigi

« ne la casse pas ! » dit-il,
puis il en cassa une qu’il me donna :
le prunier au jardin

yûgure wa . ayu no hara miru . kawase kana

Onitsura

sur le soir,
le ventre des truites
aperçu dans les hauts-fonds

kyô no hi mo . bôfurimushi yo . asu mo mata

Issa

ce jour d’aujourd’hui
et demain aussi gâchés :
larves de moustiques

°
(p.838 :)

shizumareba . nagaruru ashi ya . mizusumashi

Taigi

le gyrin :
quand il arrête de glisser,
ses pattes se dérobent

kawakami e . kashira soroete . mizusumashi

Shiki

les gyrins,
leurs têtes toutes
vers l’amont

asakaze no . ke wo fukimiyuru . kemushi kana

Buson

la brise matinale
soulève les poils
du mille-pattes

°
(p.840- ARBRES ET FLEURS – à suivre…)

16 Haiku d’été – Blyth – p.686-691

14 avril 2011

°
(p.686 :)

samidare wo . atsumete hayashi . mogamigawa

Bashô

recueillant toutes
les pluies de mai,
la rapide rivière Mogami

samidare wo . atsumete suzushi . mogamigawa

Bashô

recueillant toutes
les pluies de mai,
la fraîche rivière Mogami

tako katte . kogokoro zo uki . ame-tsuzuki

Shôha

Lui achetant un cerf-volant,
l’enfant s’impatiente
sous les pluies incessantes

°
(p.687 :)

samidare no . take ni hasamaru . zaisho kana

Issa

mon village natal
coincé entre les bambous
sous les pluies de mai

samidare no . kumo fukiotose . ôigawa

Bashô

Ah ! rivière Ôi !
éloigne, éloigne
les nuages de pluie de mai !

samidare no . furinokoshite ya . hikaridô

Bashô

Le Hall d’Or;
c’est tout ce qui reste
sous les pluies de mai !

°
(p.688 :)

shungetsu ya . inkindô no . konoma yori

Buson

la lune de printemps s’élève
entre les arbres
du hall Inkin

°
(p.689 :)

samidare ni . kakurenu mono ya . seta no hashi

Bashô

La seule chose qui n’est pas cachée
sous les pluies de mai :
le long pont de Seta

samidare ya . hotoke no hana wo . sute ni deru

Buson

sortant jeter
des fleurs offertes au Bouddha;
la pluie de mai

fuyukawa ya . hotoke no hana no . nagare kuru

Buson

des fleurs offertes au Bouddha
descendent
la rivière d’hiver

°
(p.690 :)

kusa no ame . matsuri no kuruma . sugite nochi

Buson

après que le char du festival
est passé,
la pluie sur les herbes

samidare no . ôi koshitaru . kashikosa yo

Buson

traversant la rivière Ôi
gonflée par les pluies d’été –
quel exploit !

samidare ya . ume no ha samuki . kaze no iro

Saimaro

sous la pluie d’été,
les feuilles du prunier
ont la couleur de la brise fraîche

°
(p.691 :)

samidare no . utsubobashira ya . oi no mimi

Buson

oreilles de mon vieil âge ;
les pluies d’été
le long de la gouttière

samidare ya . aru yo hisoka ni . matsu no tsuki

Ryôta

les pluies de mai;
un soir dans le pin,
la lune secrète

samidare ya . nagô azukaru . kami zutsumi

Sampû

les pluies de mai;
voici un paquet de papier
qu’on m’a confié il y a longtemps

°
(à suivre, p.692-)

3 HAIKU d’été – Blyth, p.684

24 mars 2011

°

samidare ni . kawazu no oyogu . toguchi kana

Sampû

sous les pluies de mai
nagent les grenouilles
jusqu’à cette porte

samidare no . na mo naki kawa no . osoroshiki

Buson

pluies de mai :
même un cours d’eau sans nom
est chose redoutable

samidare ya . taiga wo mae ni . ie niken

Buson

Près d’un grand cours d’eau
sous la pluie de mai,
deux maisons

°
(à suivre : p.686-)

30 HAIKU + 1 waka DE PRINTEMPS – oiseaux et animaux – Blyth, p.490-500

26 octobre 2010

°
(p.490) :

uguisu no . achi kochi to suru ya . koie gachi

Buson

l’uguisu
volant ici et là
parmi quelques petites maisons

°

uguisu ya . yanagi no ushiro . yabu no mae

Bashô

l’uguisu !
derrière le saule,
devant le bosquet

°
(p.491 :)

mujinkyô . uguisu niwa wo . aruki keri

Shôha

l’uguisu marcha
dans le jardin,
royaume non habité par l’homme

°

aujourd’hui tombe la pluie du printemps ;
dehors dans le jardin tranquille,
les pétales des cerisiers
tombent et se dispersent d’eux-mêmes

(: waka de l’Empereur Meiji)

°

ie ni arade . uguisu kikanu . hitohi kana

Buson

n’étant pas à la maison
n’ayant pas entendu l’uguisu
de tout un jour

°
(p.492 :)

waga yado no . uguisu kikan . no ni idete

Buson

sortant sur la lande
j’écouterai
notre uguisu

°

kuru mo kuru mo . heta uguisu zo . ore ga kaki

Issa

ils viennent et viennent
mais sont tous de pauvres chanteurs,
les uguisu de ma barrière !

°

kuwa no e ni . uguisu naku ya . koume-mura

Issa

village du Petit-Prunier :
un uguisu chante,
perché sur le manche d’une houe

°

uguisu ni . hinemosu tôshi . hata no hito

Buson

l’homme au champ ;
tout le jour
les uguisu lointains

°
(p.493 :)

uguisu no . hito naki hata ni . tône kana

Ryôta

un champ vide ;
la voix lointaine
de l’uguisu

°

uguisu ya . cha-no-ki-batake no . asa-zuki-yo

Jôsô

la plantation de thé
sous la lune de la première aube ;
un uguisu chante

°

uguisu ni . temoto yasumen . nagashimoto

Chigetsu

arrêtant ce que je fais
à l’évier :
la voix de l’uguisu !

« Chigetsu, morte en 1705, était la meilleure poétesse de l’école de Bashô. (…)  » R.H. Blyth

°

uguisu no . nakeba naniyara . natsukashiu

Onitsura

l’uguisu chante,
et mon coeur s’emplit
d’une vague envie

°
(p.494 :)

uguisu no . magetaru eda wo . kezuriken

Kikaku

Il doit avoir raboté
la branche
pliée par l’uguisu

°

uguisu no . kyôdai zure ya . onaji koe

Issa

Les uguisu –
sont-ils frères ?
la même voix !

°

uguisu o . koe tôki hi mo . kure ni keri

Buson

tout le jour les voix des uguisu
lointaines ; ce jour aussi
finit

°
(p.495 :)

uguisu ya . gozen e detemo . onaji koe

Issa

L’uguisu !
même devant sa Majesté,
la même voix !

°

asagoto ni . onaji hibari ka . yane no sora

Jôsô

chaque matin
dans le ciel au-dessus de mon toit
est-ce la même alouette ?

°
(p.496 :)

asakaze ya . tada hito-suji ni . age-hibari

Ryôta

dans la brise matinale
s’élèvent les alouettes,
d’un seul coeur

°

nagaki hiwo . saezuri taranu . hibari kana

Bashô

tout le long jour –
et cependant pas assez pour l’alouette,
chantant, chantant

°

yabujiri wa . mada kurai zoyo . naku hibari

Issa

ah, alouette qui chante !
la toute fin du bosquet
est toujours dans l’ombre

°
(p.497 :)

ariake ya . ame no naka yori . naku hibari

Issa

aurore :
l’alouette chante
du milieu de la pluie

°

ko ya matan . amari hibari no . taka-agari

Sampû

tes enfants vont attendre,
alouette
si haut dans le ciel !

°

shirakumo no . ue ni koe aru . hibari kana

Kyoroku

Voix
au-dessus des nuages blancs :
alouettes

°
(p.498 :)

kuma mo naki . sora ni kakururu . hibari kana

Rikuto

l’alouette
se cache
dans l’étendue de ciel bleu

°

haranaka ya . mono nimo tsukazu . naku hibari

Bashô

au milieu de la plaine
chante l’alouette
libérée de tout

°
(p.499 :)

kojima nimo . hatake utsunari . naku hibari

Issa

même sur une petite île
un homme labourant un champ,
une alouette chantant au-dessus

°

aomugi ya . hibari ga agaru . are sagaru

Onitsura

l’alouette s’élève
l’alouette tombe –
comme est vert l’orge !

°

kawabune ya . hibari nakitatsu . migi hidari

Rankô

le bateau fluvial ;
des alouettes s’élèvent, chantent,
à gauche, à droite

°
(p.500 :)

kumo ni nami . tatete saezuru . hibari kana

Seien

l’alouette chantant
ride
les nuages

°

kôsaku no . no wa shizumarinu . yûhibari

Kiin

dans les champs de labeur
tout est calme;
alouettes au soir

°

(à suivre : p.501- )

28 Haiku de printemps Blyth – champs et montagnes p.442 et sq.

19 octobre 2010

°

yuki nokoru . itadaki hitotsu . kunizakai

Shiki

sur un des pics
de la frontière,
la neige reste

°

yukidoke ya . miyama-gumori wo . naku karasu

Gyôdai

la neige fond,
mais la montagne lointaine est ennuagée;
un corbeau croasse !

°

ie tôki . ôtakehara ya . nokoru yuki

Taigi

Les logis des hommes au loin;
un bosquet de grands bambous,
la neige qui reste dessous

°
(p.443) :

io no yuki . heta na keshiyô . shitari keri

Issa

la neige sur ma hutte
a fondu
maladroitement

°

daibutsu no . katahada no yuki . toke ni keri

Shiki

La neige a fondu
sur une épaule
du Grand Bouddha

°

monzen ya . tsue de tsukurishi . yukige-gawa

Issa

la neige commençant de fondre,
de mon bâton j’ai créé une Grande Rivière
au portail d’entrée

°
(p.444) :

yuki tokete . mura ippai no . kodomo kana

Issa

la neige ayant fondu,
le village
est rempli d’enfants

°

yukidoke ni . uma hanachitaru . buraku kana

Shiki

avec la fonte des neiges
le village libère
les poneys

°

nabe no shiri . hoshinarabetaru . yukige kana

Issa

les fonds de casseroles
séchant en rang :
la fonte des neiges

°
(p445 :)

uchitokete . kôri to mizu no . nakanaori

Teishitsu

la glace et l’eau,
leurs différences résolues
sont amies de nouveau

°

sazanami ni . toketaru ike no . kôri kana

Shiki

les vaguelettes
font fondre
la glace du lac

°
(p.446) :

haru no mizu . yama naki kuni wo . nagare keri

Buson

l’eau du printemps
s’écoule à travers
un pays sans montagnes

°

haru no mizu . tokorodokoro ni . miyuru kana

Onitsura

ici de l’eau
et là de l’eau,
les eaux du printemps

°
(p.447 :)

hashi nakute . hi bossen to suru . haru no mizu

Buson

Il n’y a pas de pont,
et le soleil se couche –
ah, l’eau du printemps !

°
(p.448 :)

ashiyowa no . watarite nigoru . haru no mizu

Buson

avançant péniblement,
ses pieds boueux
dans l’eau du printemps

°

harusame ya . mono kakanu mi no . aware naru

Buson

pluie de printemps ;
comme il fait pitié,
celui qui ne sait pas écrire !

°
(p.449)

yuku fune ni . kishine wo utsu ya . haru no mizu

Taigi

au passage du bateau
battant la rive,
les eaux du printemps

°

hashi fumeba . uo shizumikeri . haru no mizu

Shiki

piétinant sur le pont,
les poissons disparaissent au fond :
l’eau du printemps !

°
(p.450) :

hi wa ochite . masu ka to miyuru . haru no mizu

Kitô

le soleil s’est couché ;
et l’eau du printemps,
a-t-elle augmenté de volume ?

°

hitooke no . ai nagashikeri . haru no kawa

Shiki

un tonneau d’indigo
versé qui flotte :
la rivière au printemps

°
(p.451 :)

kusakago wo . oite hitonashi . haru no yama

Shiki

un panier d’herbes,
et personne –
montagnes de printemps

°

kairô ya . tesuri ni narabu . haru no yama

Shiki

rangées le long
de la rampe autour du corridor
les montagnes de printemps

°

haru no yama . kasanari ôte . mina marushi

Shiki

montagnes de printemps
s’élevant toutes si rondes
l’une au-dessus de l’autre

°
(p.452 :)

natsuyama wo . rôka-zutai no . ideyu kana

Shiki

à la source chaude
le long du corridor,
les montagnes d’été

°

haru no no ya . nani ni hito yuki . hito kaeru

Shiki

des gens viennent, des gens vont
sur la lande printanière –
je me demande pourquoi

°

furiaguru . kuwa no haikari ya . haru no nora

Sampû

la lumière
sur la houe, comme elle s’élève,
– lande printanière

°
(p.453 :)

haru no umi . hinemosu notari . notari kana

Buson

la mer de printemps
s’élevant, s’abaissant,
tout le jour

°

shimajima ni . hi wo tomoshikeri . haru no umi

Shiki

les lampes allumées
sur les îles proches et lointaines :
mer de printemps

°

(à suivre : Le Printemps – Dieux et Bouddhas, p.454-458)

°