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‘Une mare cachée’ : une anthologie moderne de haïku – 11/24

21 mai 2015

°

ubaguruma natsu no dotô ni yokomuki ni

Hashimoto Takako (f) (1899-1963) Apprit d’abord le haïku avec la haijin Sugita Hisao (1890-1946) à Kyûshû. Puis étudia la construction interne du haïku avec Yamaguchi Seishi.

une poussette de bébé
se tourne de côté, face à des
vagues d’été déferlantes

°

ningún yo fuku no sejiwa wa ase no tame

Hayashi Shô (m) (1914-) Conseiller auprès de magazine du groupe Oki (« Au large ») et membre senior du groupe de haïku Ashibi (« Andromède japonaise »).

Vous, êtres humains,
habits tout froissés dans le dos
par la transpiration

°

enten no tôki ho ya waga kokoro no ho

Yamaguchi Seishi (1901-1994)

sous un ciel de feu
une voile au loin –
la voile dans mon coeur

°

enten no dokonimo furezu modori kinu

Kamikura Utsuwa (1927-) Leader du groupe Fûdo (« Climat »), destiné principalement aux (plus) jeunes poètes.

Revenant,
n’ayant pas été touché
par le soleil brûlant

°

me no shita o fume o tôseru atsusa kana

Saitô Umeko (f) (1929-) Leader du groupe de haïku Seikaiha (« Vagues bleues »).

chaleur d’été éblouissante
et cependant passe un navire
juste sous mes yeux

°

awaki haha koki tsuma doyô suginikeri

Hasegawa Sôgyo (m) (1897-1987) Editeur d’un magazine appelé Seiju (« Arbres verts ») qui connut plus de trois cents numéros. Reçut le Prix Dakotsu en reconnaissance de la dévotion de sa vie entière à l’art de la composition du haïku.

Mère dans une pâle lumière,
femme dans une ombre profonde –
la canicule des étés disparus

°

shizukasa no seboneni shizumu taisho kana

Mori Sumio (h) (1919-)

sérénité qui
pénètre jusqu’à la colonne vertébrale –
un jour de la mi-été

°

naarai no minawa osamari aburaderi

Itami Mikihiko (1920-) Leader du groupe de haïku Seigen.

après avoir lavé des légumes verts –
ronds de vaguelettes qui s’élargissent
et soleil d’huile

°

minzoku no kôgan kuroki nishibi kana

Nagata Kôi (1900-1997)

Les testicules noires
d’une race entière – chaleur venant du
soleil de l’ouest

On peut comparer ce haïku avec celui du poète américain Raymond Roseliep (-1983) :

Christ en main
balance le gentil sac
entre mes jambes

°

suiren e ago o noshiori hiyashiushi

Ikegami Shôjin (1925-); Etudia avec Nakamura Kusatao. Ce haïku, composé en Inde, reçut de grands compliments de la part de Kaneko Tôta :

une vache se rafraîchissant
tend son menton vers
les nénuphars

°

(A suivre, p. 124)

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L’ANNÉE HAÏKU de Daniel Py : Recueil, 2003.

21 août 2010

L’ANNÉE HAÏKU
de
Daniel Py

Radijs 25

Marginale Uitgeverij
‘tHoge Woord
Pays-Bas

Éditeur : Wim Lofvers,
2003

Version française, uniquement :

°°°

JANVIER

La mare avala
la grenouille, laissant
le poète à ses mots

FÉVRIER

Deux bancs se font face
avec, entre eux,
la neige…

MARS

Le cri de la scie
avant que l’arbre
ne s’abatte

Le bruit de la pluie
nous entoure :
la forme du train

Je mange ma soupe –
dans le noir, fenêtre ouverte,
la lune de trois heures

Sur chaque vague
qui se forme, naît un ourlet
de lune

AVRIL

Des pigeons se promènent
parmi les pétales du prunier
– soirée d’avril

Au doux soleil d’avril
les voitures se chauffent
alignées

Six heures du matin :
qu’ils sont les rois du pavé,
les oiseaux le sifflent !

MAI

L’éclair de l’orage
fait sursauter
l’ombre du chat

Lune ronde –
comme j’ai du mal
à dormir !

JUIN

Sur le livre calligraphié
un long cheveu
tien

JUILLET

Trille sous ma paume
oiseau matinal
la pointe de ton sein

Au bout de chaque brin
de lavande, le bourdon fait
de la balançoire

AOÛT

Nue
dans la chambre
elle chasse les mouches

Bruit mouillé du vent
dans les feuilles du maïs

– midi, milieu d’août

Sur les pommes du matin
le soleil
vient boire

Les gouttes de pluie
referment
le livre de haïkus

Sous l’ardeur du soleil
la maison s’étire
midi, fin d’août

SEPTEMBRE

Plus que demi-lune
au ciel du matin
la barrière est ouverte

Au-dessus de la brume
les noix ont chuté
dans le chemin

Sur les tombes lisses
la pluie trace – brièvement
des caractères

OCTOBRE

Dans la cour vide
trois maîtresses balayent
les feuilles d’automne

Dans la cathédrale
neige grise la poussière
sur les monuments

NOVEMBRE

La tour Eiffel est
comme le mont Fuji
vue de tous côtés

Milliers d’étoiles
sur le trottoir
– soir de novembre

DÉCEMBRE

Sur un pare-brise
une amende
sur le suivant
feuille d’automne

Entouré
par toutes sortes de temps
j’attends l’horlogère

°°°

jusqu’au

28 juillet 2009

°

jusqu’au dernier moment :
recueils de haïkus

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d.(28/7/09)