Posts Tagged ‘poème de mort japonais’

Poèmes de mort japonais – GIMEI

23 juillet 2011

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GIMEI
(mort le 4è jour du 10è mois de 1748, à 51 ans.)

la maladie dure et dure
jusqu’au-dessus de la lande desséchée de Bashô
la lune

Ce poème de mort emprunte la métaphore trouvée dans le jisei de Bashô, que Gimei appelle okina, « le vieux ». Il se peut que Gimei espérait en secret quitter ce monde le jour anniversaire de la mort de Bashô (le 12è jour du 10è mois), mais la mort l’emporta huit jours plus tôt.
 » champ desséché » (kareno) est une image d’hiver, saison à laquelle tous deux moururent.

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(à suivre : Ginka)

Poème de mort japonais – GETSUREI

21 juillet 2011

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GETSUREI
(mort le 29 janvier 1919, à 40 ans)

titube,
tombe,
glisse le long de la pente enneigée

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(à suivre : GIMEI)

Poème de mort japonais : GENGEN’ICHI

20 juillet 2011

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GENGEN’ICHI
(mort le 25è jour du 8è mois de 1804, à 63 ans.)

volubilis,
bien que tu fanes,
l’aube se lèvera encore

Gengen’ichi perdit la vue enfant. Sa femme et ses enfants, plus tard, lui apprirent à lire et à écrire.

Le volubilis (asagao) fkeurit autour du mois d’août en couleurs différentes. La fleur s’ouvre à l’aube et se fane l’après-midi du même jour, d’où son nom en japonais : « visage du matin ». Il est considéré comme un symbole de l’évanescence. Sa saison de floraison se termine au début de l’automne, saison à laquelle Gengen’ichi mourut.

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(à suivre : Getsurei)

Poèmes de mort japonais – D –

30 juin 2011

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DAIBAI
(meurt le 29è jour du 5è mois de 1841, à 70 ans)

mes 70 ans – l’herbe
de la pampa desséchée
et tout autour
des iris fleurissent

Daibai mourut en été, quand l’iris (ayame) fleurit. Il compare son vieil âge à un plant desséché d’herbes de la pampa (kareobana), bien que cette herbe meure en hiver.
Daibai, érudit en littérature chinoise, en réponse à des critiques qui doutaient de sa capacité à devenir un haijin, composa cette strophe :

vous ne pouvez pas
faire connaître le goût du poisson
fugu
à qui n’en a jamais goûté !

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DOHAKU
(mort en 1675)

sans chargement
en direction du ciel
le vaisseau de la lune

Il y a un petit jeu de mots dans le poème oeiginal. Tsumi peut signifier « péché » aussi bien que « chargement ». On pourrait ainsi rendre la première ligne par « sans péché ».
Tsuki no fume signifie, comme traduit : « vaisseau de la lune », mais la ligne peut aussi se comprendre comme « vaisseau sous la lune ».

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(à suivre… : E)

Poème de mort japonais – BANKOKU

26 juin 2011

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BANKOKU
(mort le 3è jour du 11è mois de 1748, à 70 ans)

la plus longue nuit de l’hiver :
de pétales de prunier tombent et enfin
la lune de l’ouest

La « lune de l’ouest » fait allusion à la Terre Pure de l’Ouest.

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Poème de mort japonais – BAKO

26 juin 2011

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BAKO
(mort le 1er jour du 5è mois de 1751, à 65 ans)

me retournant vers la vallée :
plus de maisons, seul
le chant du coucou

l’hototogisu, espèce de coucou, également « oiseau du temps » (en caractères chinois), apparaît souvent en poésie comme un messager de la mort.

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Poème de mort japonais – BAISEKI

26 juin 2011

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BAISEKI
(mort le 16è jour du 9è mois de 1716, à 67 ans)

le voyage vers l’Ouest,
un chemin que tous voudraient prendre :
champ de fleurs

Dans les sectes Jodo ou de la Terre Pure du Bouddhisme japonais, on croit que les morts renaissent dans la Terre Pure de l’Ouest, sous le règne d’Amida, le Bouddha de la Lumière Eternelle. On dépeint souvent la mort comme étant un voyage vers l’Ouest.

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Poème de mort japonais – BAISEI

26 juin 2011

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BAISEI
(mort le 1er jour du 1er mois de 1745)

Ile de l’Eternité :
une tortue sèche sa carapace
aux premiers rayons de l’année

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Poème de mort japonais – BAIRYU

26 juin 2011

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BAIRYU
(mort le 11è jour du 6è mois de 1863, à 59 ans)

Ô, hortensia –
tu changes et retournes
à ta couleur première

Le nom commun de la fleur d’hortensia (ajisai) est nanabake, « 7 changements », comme elle change 7 fois de couleur, de nuances de vert à jaune, bleu, violet, rose, et finalement de retour au vert.

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Poème de mort japonais – BAINEN

26 juin 2011

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BAINEN
(mort le 12è jour de janvier 1905, à 80 ans)

Maintenant le printemps est arrivé
dans mon monde :
adieu !

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