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Compte-rendu kukaï Paris n° 82

15 octobre 2013

82 du 12 /10 /2013

En présence de dix-sept participants, 54 haïkus furent échangés. Un haïku obtint 4 voix, 7 en obtinrent trois, 4 en eurent deux, et 18 en obtinrent une.

°

Avec 4 voix :

solitude –
j’invite mon ombre
à entrer

: Michel Duflo.

°

Avec trois voix :

Début d’automne –
Dans ses yeux le même bleu
qu’autrefois

: Isabelle Ypsilantis,

Deux fils d’argent :
l’araignée d’un arbre à l’autre
trace l’horizon

: Danièle Étienne-Georgelin,

Fin des vendanges –
le saisonnier repart
à pôle emploi

: Marie-Alice Maire,

La petite vieille
derrière sa fenêtre
parle aux nuages

: Patrick Fetu,

lit défait –
l’oreiller
sur l’oreiller

: Paul de Maricourt,

Raisin pressé –
Le goût acidulé
de l’enfance

: Isabelle Ypsilantis,

une araignée grimpe
sur l’ombre de l’échelle –
soleil d’automne

: Michel Duflo.

°

Avec deux voix :

Au cri des oies
se mêlent ceux des enfants
– départ et rentrée

: Patrick Fetu,

Canapés de luxe
Un couple SDF s’installe
devant la vitrine

: Danièle Étienne-Georgelin,

pleine lune
au-dessus du cyprès –
un i

: Bernadette Becker,

rouge vermeil –
au bord de ses lèvres
l’éclat d’un baiser

: Bernadette Becker.

°

Avec une voix :

Au fond de ma poche
ce galet poli
depuis tant d’années

: Patrick Fetu,

Au milieu du marasme
Des grenouilles, un panneau
Calme et prudence

: Noémie Guibert,

caisse –
la coccinelle n’a pas
de code barre

: Valérie Rivoallon,

crac crac crac
crac crac crac crac crac –
les doigts du voisin

: Valérie Rivoallon,

Dans son cartable neuf
le sac de billes
de sa mère

: Lydia Padellec,

Des montgolfières s’élèvent
au-dessus de la Loire
puis la pleine lune

: Daniel Py,

Jeudi soir
Mon voisin lit
Le journal du dimanche

: Oriane Oberndorfer,

journée à la plage –
des soldats en plastique
à l’assaut du blockhaus

: Michel Duflo,

Il pleut des cordes –
Réfugié sous la gouttière
Un chat de gouttière.

: Isabelle Ypsilantis,

La petite fille
ne sourit pas à ses grimaces
tristesse du clown

: Monique Coudert,

les tipules
sans fin
lissant l’eau

: Daniel Py,

nuit d’automne
des feuilles courent
sur leurs mains

: Daniel Py,

parc zoologique –
du tigre ne voir
qu’un chemin de ronde

: Paul de Maricourt,

Photo de classe –
le nom de mon petit voisin
oublié

: Lydia Padellec,

Pie yin-yang
dans le vert cru
du saule

: Monique Serres,

sieste de papa –
le placard
aux cravates

: Paul de Maricourt,

Sous-bois brumeux –
L’odeur du champignon
Mon père absent

: Danièle Étienne-Georgelin,

Sous les cymaises
Un cygne blanc traverse
Une nature morte

: Roselyne Fritel.

°

Notre prochain kukaï aura lieu le samedi 16 novembre à 16 heures, au bistrot d’Eustache, 33 rue Berger, 75001 Paris,
entre l’assemblée générale de l’AFH le matin, et le « repas des 10 ans de l’AFH » le soir !

°

Le kukaï « extraordinaire » suivant, organisé par Laurent (Seegan) Mabesoone, aura lieu dans Paris, en présence des membres du Seegan Kukai : Shigeru Oobayashi, Fumiko Usuda, Guso Yamaura, Kazuko Okumura, Teru Utashiro, et Tami Kobayashi ; de Monique Leroux-Serres, invitée par le cercle Seegan ; de sept membres du kukaï de Paris, et de sept membres du Haikukai de Paris, le 7 décembre prochain. Il sera également suivi d’un dîner.

°

À bientôt donc !
Daniel

°

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Compte-rendu du kukaï de Paris du 14 sept 2013

16 septembre 2013

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 81, du 14 septembre 2013.

La séance débute par la présentation, par Lydia Padellec, de sa maison d’édition « La Lune bleue », et du recueil de Soizic Michelot pour les haïkus, et d’Alexandra Topalian, pour les aquarelles. Discussions avec les auteures, et vente de leur livret. Voir aussi sur le site de La Lune bleue.

Sur les 22 personnes présentes (plus une enfant), dix-neuf restèrent pour « faire » le kukaï.
Quarante haïkus furent échangés.
Dix sept obtinrent une ou plusieurs voix :

(avec 8 voix :)

Pluie d’automne
Ta première nuit
en terre –

: Monique Serres.

°

(avec 6 voix :)

milieu de l’été –
une aile de papillon
sur le carrelage

: Michel Duflo.

°

(avec 4 voix :)

soleil couchant –
feu dans l’eau
du caniveau

: Bernadette Becker.

°

(avec 3 voix :)

le pour
et le contre,
la queue du chat

: Daniel Py.

°

(avec 2 voix :)

Cabourg en août –
sur le sable étalés
seins nus et méduses

: Isabelle Ypsilantis ;

Le poisson
comme seul témoin –
premier baiser.

: Oriane Oberndorfer ;

s’enfoncer
dans la ruelle étroite –
jouir de Paris

: Valérie Rivoallon ;

Septembre –
au-dessus du hêtre rouge
le dernier corbeau

: Françoise Lonquety.

°

(avec 1 voix :)

Beuverie du samedi soir –
des pétales de cerisiers
roulent sur le bitume

: Meriem Fresson ;

Entré dans l’église
pour y recevoir
un peu de fraîcheur.

: Patrick Fetu ;

lueurs de l’aube –
son enfant à naître
ne naîtra jamais

: Michel Duflo ;

Matinée pluvieuse
écosser les haricots –
ah ! le cassoulet.

: Patrick Fetu ;

Nous quatre à l’ombre
sous un arbre minuscule –
un peu de fraîcheur

: Lydia Padellec ;

Pêche –
À l’hameçon ne mordent
que de petites vieilles

: Gwenaëlle Laot ;

Rebelle
il ne parle que d’une main –
le garçon muet

: Françoise Lonquety ;

saison des maillots –
au marqueur, sur leur carapace
le poids des crabes

: Meriem Fresson ;

Six cerneaux de noix
plongés dans le miel d’acacia
chante ma grand-mère

: Cécile Holdban.

°

Bravo, et merci à tou(te)s !

°

Remarque du compilateur :

Dans ces dix-sept haïkus « primés », de 13 haïkistes différents, pas un seul « je » ! ; un seul « ma », et un seul « nous » !… Serait-ce une tendance du haïku K.P. ?… À suivre !

°

Parmi ceux qui n’ont pas eu de voix, j’ai également remarqué :

À fleur d’eau / les carpes bâillent / vers les libellules
(de Danièle Étienne-Georgelin) ;

Femme voilée / Téléphone entre oreille et foulard / Mains libres
(de ?…) ;

livré / en pelleteuse – / un matelas
(de Valérie Rivoallon) ;

et :

Nuages d’été / Si j’étais vous / Je dessinerais comme ça
(de Hiro Hata ( ?…))

°

Notre prochain kukaï aura lieu à l’Indiana Café
33 rue Berger, 75001,
à seize (16H00) heures = nouvel horaire adopté !
le samedi 12 octobre prochain

°

Daniel

haïku, etc – Py – juillet 13 – 2/2

17 août 2013

juillet 2013 – 2/2 :

°

ce matin
ta main
sur ma main
sur ton sein

°

tourterelle du matin –
la dernière étape du Tour

tourterelle du matin –
le (tout) dernier jour du Tour

°

c’est si beau
à la pointe du soleil !

°

Au rayon pain
du supermarché :
« fabrication anale »

°

Au marché
des pommes Fuji
– le sommet du goût ?

les pommes Fuji
(ne sont) pas
le sommet de la saveur !

°

Le Bouddha volant *
(en atterrissant)
a laissé l’empreinte
de son pied
dans le rocher **

* 8ème siècle
** Tibet

/

le Bouddha volant
pose son empreinte
sur un rocher

(Arte, 23/7, Ladakh)

°

dans une grande clarté
aucune réponse

°

volutpés

°

Les irritiers

°

une forme plus libre et moins pesante
: liquide

°

« ernière émarque »
: fin des soldes à Saintes,
fin juilet

°

ense(i)rreins

°

Aux petites fleurs jaunes
apparemment
l’orage a plu

l’orage
a nettoyé
les peupliers

°

jogging au parc
coupé
une ligne d’araignée

°

(S.S.S. :)

Grand Seigneur,
il offre (à l’UMP) 0,06 %
du trou qu’il (y) a creusé

°

l’ombre d’un colvert
glisse
vers la mare

°

(haïku-)photo :
17 mouettes
sur le ponton
d’un carrelet

/

pris
en photo
le ponton
du carrelet
: 17 mouettes

°

voilée –
mais sa poitrine
incachable !…

°

(métro :)

un journal voyage dans la rame
saisir un titre au vol

°

des bourreaux d’études

°

le grand saule sous le vent
le trafic sur l’avenue

(Créteil)

°

Médine (France).

°

Mouche amère, D.E.

°

magicien :
ô lapin,
haut la main !

°

quelques grains de sable
tombent
du livre qui s’ouvre

(fin juillet)

°

Langue scandée,
frappée au burin
de la langue
de l’oreille (du palais)
et des dents (et des lèvres)
retouchée
remodelée,
remodulée,
travaillée
jusqu’à la satisfaction sonore
du / de son
sens abouti
( : Monique Serres, in L’Alphabet à l’ombre de ma mère, éd. L’Harmattan, 2007.)

°

Un pape vire-vol(et)ant
sur les plages du Brésil
(JMJ)

°°°

Compte-rendu du 77è kukaï de Paris du 6/4/2013

19 avril 2013

Bonjour !En présence de seize personnes (dont trois nouvelles), 49 haïkus ont été échangés.
28 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus :

°

Avec quatre (4) voix :

Ma mère
encore plus petite
que l’année dernière.

, de Patrick Fetu.

°

Avec trois (3) voix :

avril
pas le moindre bourgeon
d’inspiration

, de Cécile Duteil ;

chambre blanche
si frêles les mains de mon amie
dans les miennes

, de Cécile Duteil ;

Dans ce pays-là
même la paille au soleil
est grise

, de Françoise Lonquety ;

Dans leur écrin noir
deux turquoises sous la lune –
la chatte amoureuse.

, de Patrick Fetu.

°

Avec deux (2) voix :

Ce grand caveau
au bout du cimetière
une barre HLM

, de Françoise Lonquety ;

Ce vieux gardien
assis face à la Joconde
– Ah ! Être facteur.

, de Françoise Lonquety ;

Dimanche de Pâques
un joli petit nœud
au sac poubelle

, de Daniel Py ;

hiver sans fin –
une légende raconte
que le ciel était bleu

, de Michel Duflo ;

Matin de givre
Dehors en robe de chambre
Je brosse mes cheveux

, de Monique Serres ;

Montagnes enneigées
les flancs chatouillés
de skieurs

, Gwenaëlle Laot ;

Printemps frileux
Entre deux giboulées
l’oiseau s’entête

, de Danièle Étienne-Georgelin ;

salon du livre –
devant le stand du poète
personne

, Michel Duflo.

°

Avec une (1) voix :

allaitement –
ses seins durs
ne dansent plus ;

, Valérie Rivoallon

Au revoir pudique
il reste longtemps sur le quai
sourire figé ;

, Pascale (« une des nouvelles du jour, qui se reconnaîtra ! ») ;

bruits de voisinage
des bribes de vies
à deviner

, Cécile Duteil ;

Dernier soupir –
Même les tulipes
s’inclinent

, Isabelle Ypsilantis ;

laçant
le fil bleu
de ses chaussures
– printemps gris

, Daniel Py ;

Les épouvantails,
rapiécés, s’essorent au vent
Giboulées de mars

, Danièle Étienne-Georgelin ;

lune sur le lac
un cygne passe
et la disloque

, Philippe Bréham ;

Mon ombre
Croisant mes pas
Dansant la valse du macadam

, Andrée Forien ;

Nuit de printemps –
Dans la cour encore humide
la Grande Ourse se lève

, Gwenaëlle Laot ;

Premier duvet –
il lorgne sur le rasoir
de son père.

, Patrick Fetu ;

quinte de toux –
les flocons
redoublent

, Michel Duflo ;

Rires des enfants
des pétales chocolat
au pied des jonquilles

, Marie-Alice Maire ;

Toute fleur
brûle en naissant
Gelée d’avril

, Monique Serres ;

Une petite limace
happée par l’évier
instant de tristesse

, Pascale;

Un prunus chétif
entre les murs de la cour
affiche le printemps

, Roselyne Fritel.

°°

Nos prochains kukaïs auront lieu les :
18 mai,
8 juin,
29 juin 2013.

N.B. : Le lieu changera probablement pour le 18 mai : nous envisageons de tenir notre kukaï toujours dans le même quartier, toujours dans la même rue, toujours dans le même bloc, mais à l’Indiana café, 33 rue Berger, 75001. Ils disposent également d’une salle confortable à l’étage… Ne ratez donc pas l’annonce qui précédera notre prochain rendez-vous !

À bientôt !

Daniel

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 76

17 mars 2013

Compte-rendu du kukaï (# 76) du 16 mars 2013.

En présence de 11 (puis 12) personnes (dont 3 nouvelles), 29 haïkus ont été échangés.
24 d’entre eux ont obtenu une voix – ou plus :

°

Avec 4 voix :

Arbres élagués –
leurs moignons torves
griffent le brouillard

: Danièle Étienne-Georgelin ;

dans la penderie
trois gants
de la main gauche

: Daniel Py ;

et :

Juste assez de neige
pour écrire leurs noms
– deux amoureux

: Patrick Fetu.

°

Avec 3 voix :

Comme il penche
le panneau « Sens interdit »
– rires d’enfants

: Paul de Maricourt ;

un monument
tout neuf
dans le village
un peu mort

: Daniel Py ;

et :

Un trait de pinceau –
Naissance d’un saule
sur la toile

: Isabelle Ypsilantis.

°

Avec 2 voix :

aquagym :
juste au niveau de l’eau
son rire en canard

: Daniel Py ;

Comme un air d’opéra
dans la cuisine –
Tournedos Rossini

: Minh Triêt Pham ;

Concert de printemps
Les chaussettes du violoniste
En laine

: Gilbert Stern ;

Étrange rencontre –
Des bouddhas sur le rivage
roulés par les vagues *

: Isabelle Ypsilantis ;

* Île de Putuoshan, Chine.

fumette –
toute la nuit
le voisin hilare

: Valérie Rivoallon ;

Île Pisse-Vinaigre *
un charivari de bernaches
débarquées sans papiers

: Roselyne Fritel ;

* Champigny-sur-Marne, (par le RER A !)

premier kukai –
il est temps de me mettre
au sport d’équipe

: Minh Triêt Pham ;

et :

Rousse à souhait
la feuille sèche dévale
la Promenade des Anglais

: Roselyne Fritel.

°

Avec 1 voix :

Chutes de neige
La maison de campagne
Enfile son écharpe

: Oriane Obendorfer ;

Concert de printemps
Les pantalons du premier violon
trop courts

: Gilbert Stern ;

Givre sur la vitre –
Goût de miel et de citron
sur les papilles

: Isabelle Ypsilantis ;

La pluie
sur sa frimousse
épouse ses larmes.

: Patrick Fetu ;

meurt un tournesol
sur le bord de la fenêtre –
crépuscule d’automne

: Minh Triêt Pham ;

noir total –
seul le silence ose
y pénétrer

: Valérie Rivoallon ;

Poète des rues
entre deux verres
il en déclame d’autres.

: Patrick Fetu ;

sous
sa poitrine – son cœur
immobile

: Valérie Rivoallon ;

Temps glacial
les hérons à leur poste
de l’eau à mi-jambe

: Roselyne Fritel ;

et :

Une bicyclette
dans le brouillard épais,
sa musique va…

: Danièle Étienne-Georgelin.

°°

Quelques livres y ont été vendus/achetés :

La Valise entr’ouverte’ ( : 1ère anthologie du kukaï de Paris)
Aware – Une introduction au haïku’ (de Betty Drevniok)
Tierra de nadie’ (de Salim Bellen),
tous trois aux éditions Unicité.

Quelques projets de publications prochaines (avril – juin 2013) ont été évoqués :

– ‘Le Singe renifle en décembre – et autres textes’ : Haïbuns de Salim Bellen, éd. Unicité- Afah (avril 2013);
– ‘Enfansillages 2’, éd. Unicité (mai 2013);
– un recueil de haïkus de Valérie Rivoallon, éd. Unicité (mai 2013);
– ‘Le Haiku moderne en anglais – et autres haïkus de George Swede’, illustrations de Serge Tomé, éd. Unicité (juin 2013);
– ‘Fleurs du Silence’ haïkus de Philippe Bréham, éd. San (avril 2013);
– Un recueil de haïkus de Monique Serres, éd. Pippa (mai 2013);
– un recueil de haïkus (autour de la musique) de Daniel Py, éd. Pippa. (juin 2013)

: un riche printemps haïkiste en perspective !

°

Nos prochaines dates pour le kukaï de Paris :

6 avril,
18 mai,
8 juin,
29 juin.

°

Merci à tou(te)s !

Daniel.

°

Commentaires sur le haïbun, et sur le Chichi no shuen nikki, d’Issa, par S.(L.) Mabesoone

1 février 2013

Extraits d’un échange entre Monique Serres et Seegan (Laurent) Mabesoone, avec leur permission. Qu’ils en soient remerciés ici :

De Seegan (Laurent) Mabesoone, à Monique Serres, daté du 23 janvier 2013 :

« En ce qui concerne la définition du genre haïbun, je crois qu’il est possible de se référer à d’autres japonologues que moi, MM Sieffert, Origas ou Mlle Pigeot, entre autres.
Je vais essayer de résumer : depuis Bashô (ou plus exactement depuis Yayu (1701-1783) avec son « Uzura koromo »), le haïbun s’est différencié du kyobun (« prose folle » = prose relevant de haïjin, par opposition aux textes élégants gabun des kajin – poètes de waka).
En effet, le haïbun est considéré dès lors comme « un texte de style typique du haikai ». (Pour le « Haibun gaku daijiten » de Kadokawa : haikai teki bunsho).
Ainsi, le problème n’est pas de savoir si le texte comprend ou non des haiku (hokku). Par exemple, le « genjuan no ki » de Bashô n’en comprend qu’un ou deux (selon les manuscrits).
Ce « style typique du haikai », en prose, tout comme dans le hokku ou le renku, consiste dons dans la concision (kanketsusa) et les sauts de registre (kire), d’où naît le haimi (« humour du haikai » ou « esprit du haikai »).
À ce titre, le Okuno hosomichi (traduit par Sieffert « Sente du bout du Monde ») peut être considéré comme un haïbun, bien sûr, mais il est généralement classé dans les kikobun (« proses de l’itinéraire », dites aussi Michiyukibun, cf J. Pigeot, etc.). Car ce texte possède aussi tous les traits stylistiques des récits de voyages médiévaux.
Bref, le « Chichi no shuen nikki » d’Issa est considéré à juste titre comme le plus grand haibun du XIXè siècle (Bunka/bunsei).
Même s’il ne comprenait pas un seul hokku, il le serait tout de même, car on y observe un style concis et hybride, avec de nombreux « sauts de registres» entre la réalité la plus prosaïque et les considérations religieuses, philosophiques, voire littéraires (ceci est facilement perceptible dans le texte original, car il existe dans le japonais classique une quasi-incompatibilité entre le style grave su sino-japonais et la souplesse du « japonais de souche » ; le haibun se joue de cette frontière).
Comment dire… imaginez qu’il existe en français un style mélangeant avec « l’esprit du sous-entendu » le latin antique et le français moderne ! C’est cela le haïbun, avec ou sans haiku dans le texte.

Seegan (Laurent) Mabesoone.

Idem, du 30 janvier 2013 :

(…)
Pour ce qui est de mon analyse du texte en japonais, il y a ma thèse… en japonais, sur le site de l’université Waseda, ci-dessous :
http://dspace.wul.waseda.ac.jp/dspace/handle/2065/493?mode=full

De Monique Serres à Seegan Mabesoone, le 24 janvier 2013 :

Afin de mieux visualiser le « style typique haikai », ses sauts de registres avec le jeu sur les frontières entre éléments prosaïques et réflexions plus philosophiques s’appuyant sur des niveaux de langue différents, vous serait-il possible (…) de l’expliciter sur un passage de votre traduction, par exemple : le passage du 4 mai du journal d’Issa – cette grande journée lumineuse de rémission dans la maladie du père – (…)

De Seegan Mabesoone à M.S., le 30/1/13 :

Entre les passages d’Issa :
1)
« Le 4. Grand changement » jusqu’à « jusqu’au village de Furuma », Seegan commente :
« Tout ce passage est très prosaïque, réaliste, dans une langue « vulgaire » : japonais de base « kun yomi ».

Entre
2)
« Les nuages de pluie avaient disparu » et « entendre ses premières vocalises. » :
« passage très littéraire, mais toujours en japonais de base « kun yomi », et non en sino-japonais : références à la littérature féminine classique de Heian – wabun

Entre :
3)
« En fait, ledit oiseau… » et « d’entendre chanter le coucou pour la première fois. » :
« À nouveau, prose vulgaire. »

Entre
4)
« Voici le coucou ! » et « Jour de rémission » :
Deux hokku particulièrement « raffinés » (miyabi/ga), sans mélange « raffiné-vulgaire », ce qui est inhabituel dans les hokku d’Issa. Ce style fait donc écho au passage en « prose élégante » du 2)

Entre
5)
« Aujourd’hui c’est le jour du repiquage » jusqu’à « où nous le garderions encore quelque temps avec nous ! » :
« passage en langue vulgaire, incroyablement réaliste pour son époque, sans aucune référence, pour rappeler une certaine vulgarité de l’entourage d’Issa »

Entre
6)
« Le lien entre un enfant » et « je suis resté à lui masser le cou et les pieds. » :
« passage très littéraire, mais cette fois, dans un style antique sino-japonais (l’équivalent de notre latin). Nombreuses citations en – lecture chinoise des caractères, ou expressions abstraites tirées des classiques chinois (kan-bun), afin de conclure dans un style « carré », adapté au sujet philosophique. »

« Voici un peu comment les « sauts de registres » constituent le « sel » du style hybride qu’est le haïbun.
Le changement de style permet de créer un choc émotionnel et de seulement sous-entendre la subjectivité (comme à l’intérieur d’un haïku, avec la juxtaposition inattendue de deux sujets). »

Seegan (Laurent) Mabesoone.

Résultats du kukaï de Paris n° 74 :

20 janvier 2013

Bonjour !

En présence de 15 personnes, ce samedi 19 janvier 2013, 46 haïkus ont été échangés, dont 24 ont obtenu une ou plusieurs voix.

°

Avec 5 voix :

Nouvelle année –
je présente mes voeux
au nain de jardin

: Michel Duflo,

et :

train du soir
par la portière ouverte
montent quelques flocons

: Daniel Py.

°

Avec 4 voix :

Mon chien n’est plus –
le tapotement de la pluie
sur le toit

: Martin Dinga

°

Avec 3 voix :

Brouillard
sur l’étang
un bruissement d’ailes

: Isabelle Ypsilantis,

et :

Sourire béat
le bonhomme de neige
a perdu son nez

: Patrick Fetu.

°

Avec 2 voix :

Dans la nuit d’hiver
pas un bruit pas un souffle
l’œil de la lune

: Lydia Padellec ;

la neige la nuit
couvertures
de silence

: Gwenaëlle Laot ;

le rire des jumelles
au même instant
suit la même courbe

: Daniel Py ;

Le sang vif du houx
Un moineau dans la neige
invente l’écriture

: Monique Serres ;

lune d’hiver –
la vallée
éblouie *

: Paul de Maricourt

* lors des commentaires il fut reconnu que ce haïku (« minimal ») méritait mieux que les deux voix qu’il avait obtenues !

et :

Meilleurs vœux –
le nuage
embrasse la montagne

: Oriane Oberndorfer.

°

Parmi les 13 haïkus ayant obtenu une voix, ceux-ci furent plus commentés :

Chambre funéraire
Dernière visite à mon père
Blanc pur de la neige

: Danièle Étienne-Georgelin ;

dernier regard
au pied du cercueil
le sceau de cire rouge

: Daniel Py ;

La neige qui tombe
Par une fenêtre éclairée
le bain de l’enfant

: Monique Serres ;

Pour célébrer le nouvel an
Une coupe –
chez le coiffeur

: Oriane Oberndorfer ;

Retour de la neige –
les déclarations d’amour
sur les pare-brise

: Michel Duflo ;

et :

salle d’eau embuée
le son net d’une goutte
dans l’eau du bain.

: Cécile Duteil.

°
Sans voix, mais néanmoins remarqués :

En fourrure,
une vieille dame
nourrit les paons

: Martin Dinga;

mare au soleil
parmi les lentilles d’eau
les yeux d’une grenouille

: Cécile Duteil

et

Telle une œuvre d’art
sur la neige immaculée
une crotte de chien

: Isabelle Ypsilantis.

°°

À lire aussi sur le blog du kukaï de Paris :
http://kukai.paris.free.fr/blog/

°°

Notre prochain kukaï de Paris aura lieu le 16 février 2013.

Daniel

Enkukaï, le 9 janvier 2013

9 décembre 2012

Bonjour !

Monique Serres (du Enkukaï – et du kukaï de Paris), nous « confirme que la prochaine réunion d’Enkukai aura lieu le mercredi 9 janvier à 17h30 au Bistrot d’Eustache (75001 Paris).
Comme promis, ci-jont les coordonnées de Laurent Prigent :

prigent.lAROBASEwanadoo.fr

, qui réunit et anonyme les haikus trois jours avant chaque réunion.
Chaque participant envoie deux haikus: l’un avec thème libre et l’autre avec le kigo de Nouvel An retenu « le premier… » (cela peut-être le premier matin, la premier soleil, le premier thé, le premier oiseau, le premier paysage….. de l’année)

Bonne fin d’année à tous, M. »

alors, n’hésitez pas, abondance de kukaïs ne saurait nuire !
: Aucune contre-indication pour la santé !

le relayeur, D.

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 73 du 8/12/12

9 décembre 2012

Compte-rendu kukaïdeParis n° 73 du 8 décembre 2012

Bonjour

En présence de onze personnes, quarante (40) haïkus ont été échangés.
13 d’entre eux obtinrent une voix,
13 également, deux voix,

et un, 4 voix :

Il a parfois un chien
Le promeneur – Parfois non.
Matin de brouillard.

: Monique Serres

Avec 2 voix :

après ce jour là / elle se cachera au bain – / une goutte de sang

: Françoise Lonquety

ciel couleur pastel / la neige immaculée / entre les rails

: Lydia Padellec

Coucher de soleil – / Sur son lit d’hôpital / Mon père s’éteint

: Danièle Étienne-Georgelin

courses de Noël – / cherchant l’inspiration / au rayon lingerie

: Michel Duflo

Dans le seau d’eau / L’enfant essaye d’attraper / La lune *

: Danièle Étienne-Georgelin

* : d’après une scène du film « Miel » de Semih Kaplanoglu, 2010.

deviner l’hiver / par la fenêtre embuée – / cuisson du riz

: Michel Duflo

église déserte – / mon âme hésite / à y entrer

: Michel Duflo

Entre deux avions de ligne
la ponctuation
d’un café noir.

: Monique Serres

Je compte sur mes doigts / Les déceptions de l’année – / Mains grandes ouvertes

: Monique Serres

Jogging dans le parc / Une vieille corneille / Ses pas aussi lourds que les miens

: Martin Dinga

la Valse de Satie / le crayon de l’écrivain / s’arrête et danse

: Philippe Bréham

toujours arrêté / en rase nulle part — */ la demi-lune gonfle

: Daniel Py

* : « expression-valise » constituée des expressions « en rase campagne » et « au milieu de nulle part ».

une moitié de la lune / au-dessus des toits / et l’autre ?

: Lucia Supova

Un peu plus fort / le cri des enfants dans la cour – / première neige

: Lydia Padellec.

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Nos prochains kukaï du K.deParis pour 2013 ont été prévus aux dates suivantes :

19 janvier
16 février
23 mars
13 avril
18 mai
15 juin (ou 8 ou 22).

°

Bonnes fêtes de fin d’an à tou(te)s !

Daniel

°

PS : Monique Serres, du kukaï de Paris, et du En-kukaï (initié par Mme Madoka Mayuzumi lors de son séjour à Paris en 2011-12) nous invite à la prochaine séance du En-kukai, qui se tient lui aussi au bistrot d’Eustache, et aura lieu le mercredi 9 janvier à 17 h 30. Pour ce faire, il est besoin d’envoyer un haïku « libre » et un haïku sur le thème de « premier ».
Monique nous en communiquera plus prochainement à ce sujet !

merci à toutes et à tous
et meilleurs voeux renouvelés !

D.

Commentaire complet du kukaï « exceptionnel » du 24/11/2012

9 décembre 2012

Bonjour !

Les membres de quatre kukaï différents (Seegan Kukaï, France Haïkukaï, Kukaï de Paris et En-kukaï (Paris)), se sont rassemblés ce 24 novembre 2012, pour notre premier kukaï bilingue franco-japonais, un kukaï « exceptionnel » donc, rendu possible par l’annonce de Laurent (Seegan) Mabesoone du voyage à Paris de cinq membres de son « Seegan kukaï ». Ce furent : Mesdames Toyoko Maki, Yasuko Kobayashi, Sadako Sato, et Messieurs Tami Kobayashi (Président du Seegan Kukai) et Nagao Maki, qui participèrent à l’exposition d’estampes, de gravures, conjuguées de haïkus en japonais et en français, au centre Culturel Tenri, rue Bertin-Poirée. Paris 75001. Cette exposition avait pour thème « Après Fukushima »
, du même nom que la remarquable anthologie de haïku publiée au Japon par le Cercle Seegan, à laquelle avaient également contribué nos visiteurs.
Nos remerciements vont particulièrement à Messieurs Mabesoone qui a été le moteur principal de cet événement, et traducteur de la plupart des haïkus échangés, qui n’avait pas pu, au regret de tous, faire le déplacement en France ; à Monsieur Tami Kobayashi, son « assistant » – et notre Monsieur Loyal de la soirée, qui avait apporté (du Japon) les feuilles sur lesquelles avaient été retranscrits les haïkus traduits en japonais et en français, que nous eûmes à départager ; à Monsieur Kosuke Kawasaki, du groupe France Haikukai, également traducteur, et autre « cheville ouvrière » de cette soirée, et, last but not least, à Madame Midori Suzuki (du groupe France Haikukai également), qui avec grande compétence, s’est chargé des traductions en direct de nos échanges plus que fructueux !
Nous étions au total trente-et-un membres à nous serrer (il aurait été difficile d’y tenir plus nombreux !) au premier étage de notre fidèle Bistrot d’Eustache.
Après avoir tiré au sort nos places autour des tables, et des nombreux cadeaux qu’avaient apportés nos amis Japonais – qui furent les récompenses accordées aux « gagnants » de notre kukaï, dont quelques exemplaires du recueil de haïkus Après Fukushima, les 62 haïkus en lice furent soupesés individuellement. L’on procéda ensuite (comme dans notre kukaï de Paris) à la recension des voix, puis vint le tour des commentaires de ceux qui avaient voté pour les haïkus préférés. Les gagnants eurent donc droit à leurs petits cadeaux, qui un calendrier, qui un drapeau japonais, qui une barre de chewing-gums à la prune ume, qui un petit porte-monnaie, etc.
Voici donc les haïkus les plus remarqués :

°

(Avec 10 voix :)

Les jeunes époux mesurent / avec une feuille d’érable / les mains du bébé

Kosuké Kawasaki (France haïkukaï)

°
(avec 6 voix :)

Le fa du piano / est légèrement désaccordé… / Soleil d’hiver

Tami Kobayashi (Seegan kukaï)

°

(avec 5 voix :)

arbres dénudés – / remettant ses vêtements / après le scanner

Michel Duflo (Kukaï de Paris)

et :

Au souffle du vent / vacille la vieille femme / chandelle en hiver.

Patrick Fetu (Kukaï de Paris)

°
(avec 4 voix :)

Jour des morts – / j’offre ma vieille pomme / aux oiseaux

Valérie Rivoallon (Kukaï de Paris)

et

Maison en deuil – / Une fleur de sazanka* immaculée / Soudain est tombée

Yasuko Kobayashi (Seegan kukai)

• = camélia.

°
(avec trois voix :)

Le ciel plein d’étoiles / Tu m’accompagnes avec / tes mains si menues

Haruko Maki (France Haikukai)

dans son épaisse chevelure / une feuille jaune

Lucia Supova (Kukaï de Paris)

Il neige / sur les cerisiers – / en vain

Valérie Rivoallon (kukaï de Paris)

Pas de feu de joie / Avec ces feuilles mortes écarlates : / Gorgées de césium

Nagao Maki (Seegan Kukai)

NB : au Japon, l’on brûle traditionnellement les feuilles de l’automne ; mais ici, il est interdit de brûler ces feuilles contaminées !

Si proche son corps / dans la nuit de pleine lune / oser le toucher

Roselyne Fritel (Kukaï de Paris)

Vallée des érables / est ouverte sur la terre / comme des entrailles

Kosuké Kawasaki (France Haikukai)

Pour choisir sa courge, / Certains en caressent la peau, / D’autres la frappent.

Toyoko Maki (Seegan Kukai)

livre interminable / dans la coupe les bananes / complètement noires

Danièle Duteil (Kukaï de Paris)

et :

La calligraphie sèche — / Dans le creux du lavabo / L’intensité du noir

Meriem Fresson (Kukaï de Paris).

°

9 haïkus obtinrent également deux voix, mais, faute de temps, vus l’heure tardive (20h), et le début du concert de jazz au rez-de-chaussée du bistrot, ils ne furent pas commentés ni attribués ;
de même que les 14 autres haïkus plébiscités d’une voix.

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Après notre chaleureux kukaï, rendez-vous au restaurant voisin « Le chien qui fume ». Un peu plus des deux-tiers d’entre nous eûmes ainsi l’occasion de finir de manière des plus agréables cette soirée unique, que nombre d’entre nous voudraient pouvoir renouveler, à l’occasion. Ce sera peut-être chose à faire en 2013, et cette fois, en la présence souhaitée de Laurent (Seegan) Mabesoone !

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Merci également à toutes celles et tous ceux ont participé à cette soirée mémorable, première rencontre chapeautée par notre kukaï de Paris entre kukaïistes Japonais et Français, qui, nous en sommes convaincus, fera date dans l’histoire du Haïku de nos Kukaï respectifs, ainsi que de nos deux pays !

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Pour terminer, enfin, ce « haïku » composé pendant le kukaï – et lu lors de nos petits « discours » de circonstance, au « Chien qui fume » ensuite :

le bruit des feuilles qui tournent
ce 24 novembre
(: kukaï exceptionnel)

(Daniel)

, ainsi que celui que Roselyne Fritel, une de nos participantes, m’a envoyé ensuite, avec ses remerciements :
« écrit pendant la tournée des biscuits durant le kukaï, d’hier:

les gâteaux de riz
ont longuement voyagé
entiers ou brisés »

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Ce compte-rendu est également posté sur le blog du kukaï de Paris :
http://kukai.paris.free.fr/blog/

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Les prochains kukaï de Paris auront lieu, pour le premier semestre 2013 (sous réserve de modifications ultérieures) les :

19 janvier
16 février
23 mars
13 avril
18 mai
15 juin (ou 8 ou 22).

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