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Poèmes de mort japonais – K – éd. Tuttle

26 novembre 2009

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(p.211) de KAGAI
mort le 7° jour du 4° mois de 1778 :

Kare-eda ya / hakanaku nokoru / semi no koe

Branches nues :
l’automne a laissé derrière lui
le cri creux d’une cigale

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(p.211) de KAIGA
(mort le 16° jour du 6° mois de 1718, à 67 ans) :

Omoshiro ya / sau no tsukai no / tobu hotaru

Étrange ! – tels des messagers
volent à gauche, volent à droite
les lucioles

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(p.212) de KAISHO
(mort en 1914 à72 ans) :

Futukoro e / suzuri shimau ya / yûzakura

Fleurs de cerisier du soir :
Je glisse la pierre-à-encre dans mon kimono
pour la dernière fois.

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(p. 213) de KANGA
(mort en 1812) :

Suzushiku mo / tama wa gazô ni / utsurikeri

Coup de froid :
Mon âme se change en
icône

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p.214 de KANNA
(mort le 15° jour du 7° mois de 1744 :

Nagaregi no
yoru kata yasashi
aki no kaze

Brise d’automne :
Du bois flotté
aborde doucement la rive.

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(p.215/6) de KARI
(mort le 12 du 3° mois de 1770, à 67 ans)

Ushi ya hana
ware o mukaeru
kumo to nari

Comme c’est triste ! les fleurs de cerisiers
se changent en nuages qui
viennent me saluer

(Extrait du commentaire de Y.Hoffmann :

 » Selon la tradition bouddhiste, des nuages apparaissent dans le ciel à l’ouest, à l’heure de la mort pour nous escorter vers l’autre monde. « )

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p.216 de KASEI
mort le 2° jour du 2° mois de 1859, à l’âge de 62 ans :

Hai ni naru / nagori mo kyû no / futsuka kana

La cendre que je laisse derrière moi
n’est qu’un traitement au moxa
– le second du mois

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p.217 :
de KASENJO
morte le 26° jour du 7° mois de 1776, à 62 ans :

Okusoko no / shirenu samusa ya / umi no oto

Abîmes de froid
incommensurable
rugissement de l’océan

NB : Kasenjo fut geisha avant de devenir nonne bouddhiste.

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(p.218) de KASSAN
mort le 12 du 6° mois de1818, à 57 ans :

Mi no ue no
natsu ya hasu no
ichimai-ba

L’été
m’aborde
feuille de lotus

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(p.219) de KATO
mort le 9 septembre 1908, à 61 ans :

Asagao ya
tsuki no wakare o
hana no hie

La lune s’en va :
du givre tombe sur
le volubilis

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(p 222) de KIBA
(mort en 1868 à 90 ans) :

oi no mi ya
hazue no omoru
tsuyu no tama

mon vieux corps :
goutte de rosée
alourdie
au bout de la feuille

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(p.223) de KIGEN
(mort le 23° jour du 8° mois de 1736, à 71 ans) :

Nanajûichi
yô wa motsutaru
tsuyu no tama

71 ans !
Combien de temps a duré
une goutte de rosée ?

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(p.224) de KIMPO
mort le 3 septembre 1894 :

Miosame no / kyô to wa narinu / Fuji-no-yama

Aujourd’hui est le jour / d’une dernière vue / du mont Fuji

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(p.225) de KIN’EI
(mort le 16° jour du 8° mois de 1778, à 45 ans):

Gokuraku no / tane zo kusabana / Namu Amida

Les fleurs d’automne
de ma prière portent
des graines du paradis

(Kin’ei mourut en automne, quand les herbes fleurissent…)

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(p.226) de KINKO
(mort le 27° jour du 7° mois de 1860 à 60 ans) :

Aki no yo mo / tada kûjaku to / akete yuku

Dans la vaste et vide
nuit d’automne
point le jour

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(p. 226) de KIN’U
(mort le 2° jour du 3° mois de 1817, à 62 ans) :

Yururi saku / kotoshi no hana no / kakugo kana

Comme nonchalamment fleurissent
les fleurs de cerisiers cette année
pas pressées par leur sort

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(p.227) de KISEI
(1688 – 18è jour du 9è mois de 1764) :

Umarete wa
shinuru hazu nari
sore naraba

Depuis que je suis né
je dois mourir,
alors …

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(p.229) : de KIZAN,
mort le 4° jour du 12° mois de 1851, à 64 ans :

Rusu naredo / tou hito mo kana / nokorigiku

Quand je partirai,
qui prendra soin
du chrysanthème que je laisse ?

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(p.229) de KOHA
(mort le 14 août 1897) :

Fude nagete / tsuki ni mono iu / bakari nari

Je repose le pinceau –
Désormais je parlerai à la lune
face à face

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(p.235) de KYOHAKU
(mort le dernier jour du 10° mois de 1847 à 75 ans) :

Ôkenaki / toko no nishiki ya / chiri-momiji

Je ne suis pas digne
de ce tapis rouge :
(les) feuilles d’érables à l’automne

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de KYOKUSAI, mort le 29 juillet 1874, à 58 ans :

Akatsuki ya
mizu kanzureba
hasu no oto

Si vous contemplez les eaux
à l’aube, vous pouvez entendre
les lotus fleurir.

(p. 236, avec ce commentaire :)

 » On dit très souvent au Japon que le lotus fait un bruit en s’ouvrant, mais il n’y a pas de base scientifique qui étaie cette croyance. Elle est née en partie de la tradition bouddhiste qui voit dans le lotus la fleur du paradis.  »

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(p. 237) de KYOSHU
(mort le 16 du 6° mois de 1769 à 80 ans) :

Sokonuke ya / kaeranu tabi no / zudabukuro

Voyage de non-retour
le sac du vagabond
n’a pas de fond

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