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69 HAIKU d’automne – Blyth – p.949-976

30 mai 2011

°
(p.949 :)

akikaze ya . shushi ni shi utau . gyosha shôsha

Buson

la brise d’automne souffle;
chez le marchand de vin, pêcheurs et bûcherons
chantent un poème

akikaze ni . chiru ya sotoba no . kanna-kuzu

Buson

dans la brise d’automne
les copeaux des poteaux de tombes
volent ici et là

aki no kaze . issa kokoro ni . omou yô

Issa

vent d’automne ;
il y a des pensées
dans la tête d’Issa

°
(p.950 :)

tsuka mo ugoke . waga naku naku koe wa . aki no kaze

Bashô

tremble, ô tombe !
ma voix en pleurs
est le vent d’automne

°
(p.951 :)

akikaze ya . mushiritagarishi . akai kana

Issa

brise d’automne ;
les fleurs rouges épanouies
que ma fille morte souhaitait cueillir

asagao ni . fukisomete yori . aki no kaze

Chora

le vent d’automne
souffla d’abord
sur les volubilis

°
(p.952 :)

hazetsuru ya . suison sankaku . shuki no kaze

Ransetsu

pêchant des gobies ;
un village de rivière, un enceinte montagnarde,
le drapeau d’une échoppe de vin dans le vent

uma orite . kawa no na toeba . aki no kaze

Shiki

descendant de cheval,
je demande le nom de la rivière –
le vent d’automne

°
(p.953 :)

akikaze ya . ikite aimiru . nare to ware

Shiki

le vent d’automne souffle;
nous sommes vivants et nous pouvons nous voir,
toi et moi

uma no o ni . busshô ari ya . aki no kaze

Shiki

la queue d’un cheval
a-t-elle la nature de Bouddha ?
vent d’automne

°
(p.954 :)

ishiyama no . ishi yori shiroshi . aki no kaze

Bashô

plus blanc que les roches
de la Montagne Rocheuse –
le vent d’automne

kanashisa ya . tsuri no ito fuku . aki no kaze

Buson

Ah, tristesse et douleur !
la canne-à-pêche tremble
dans la brise d’automne

ushibeya ni . ka no koe yowashi . aki no kaze

Bashô

dans l’étable
la voix des moustiques est faible ;
le vent d’automne

°
(p.955 :)

akikaze no . kokoro ugokinu . nawa-sudare

Ransetsu

le volet de corde
bougeant –
la nature du vent d’automne

tsuta no ha ya . nokorazu ugoku . aki no kaze

Kakei

les feuilles du lierre :
aucune n’est immobile
dans le vent d’automne

yûkaze ya . shiro-bara no hana . mina ugoku

Shiki

dans la brise d’automne
tremblent toutes
les roses blanches

°
(p.956 :)

soko no nai . oke kokeariku . nowaki kana

Buson

un seau
sans fond
roule dans la rafale d’automne

kotsuzumi no . tana yori otsuru . nowaki kana

Shiki

avec la tempête d’automne,
le petit tambour
tombe de son étagère

nowaki no yo . fumi yomu kokoro . sadamarazu

Shiki

tempête nocturne d’automne :
lisant un livre,
l’esprit agité, inquiet

°
(p.957 :)

kokorobosoku . nowaki no tsunoru . higure kana

Shiki

comme le jour tombe,
la tempête se renforce :
inquiet

kyakusô no . nikai orikuru . nowaki kana

Buson

un prêtre en visite
redescend de l’étage :
la tempête automnale !

sumiuri ni . kagami misetaru . onna kana

Buson

femme montrant
au vendeur de charbon son visage
dans un miroir

fugu-jiru no . ware ikite iru . nezame kana

Buson

me réveillant :
encore en vie
après avoir mangé de la soupe de poisson-globe !

°
(p.958 :)

kokorobosoku . nowaki no tsunoru . higure kana

Shiki

malheureux, impuissant ;
la tempête d’automne se renforce
comme le soir commence à tomber

kono nowaki . sara ni yamubeku mo . nakarikeri

Shiki

cette tempête d’automne
qui se renforce
ne s’arrêtera pas !

kyôran no . nowaki aritaki . waga omoi

Shiki

ah, que mes pensées
puissent avoir la frénésie
de ce vent « qui-divise-les-champs » !

seki no hi wo . tomoseba meiru . nowaki kana

Buson

comme ils allumaient
les lanternes de la Barrière,
la tempête d’automne se calma

°
(p.959 :)

la tempête d’automne
souffle même
les ours sauvages

Bashô

la tempête d’automne
souffle les rochers
du Mont Asama

Bashô

°
(p.960 :)

la perche du passeur
soufflée
par la tempête d’automne !

Buson

°
(p.961 :)

cinq ou six cavaliers
se hâtent vers le palais de Toba
dans la tempête d’automne

Buson

le bananier dans la tempête ;
j’écoute cette nuit la pluie
goutter dans le seau

Bashô

°
(p.962 :)

la vieille femme devant le portail
avide de bois de chauffage –
tempête d’automne

Buson

gens de la ville
se demandant des nouvelles de la veille,
la tempête d’automne

Buson

femme et enfants
mangent dans le temple :
la tempête d’automne !

Buson

°
(p.963 :)

qu’il est beau,
après la tempête d’automne,
le poivron rouge !

Buson

ce matin aussi,
après la tempête,
les poivrons sont rouges

Buson

tempête d’hiver ;
de petites pierres dans le champ
sont visibles à l’oeil nu

Bashô

°
(p.964 :)

une seule baie rouge
est tombée
sur le givre du jardin

Shiki

le nid du cygne
pend de la nasse de bambou
après la tempête

Buson

résigné au fond de moi
à être exposé aux intempéries ;
le vent me transperce

Bashô

°
(p.965 :)

dix automnes ont passé ;
je sens qu’ Edo est plutôt
là où je suis né

Bashô

la couche de l’ours sauvage,
l’herbe se soulève –
la première rosée

Kyorai

rosée matinale ;
la fumée du riz qui cuit
rampe sur l’herbe

Shiki
°
(p.965 :)

dans la rosée blanche
quatre ou cinq maisons,
un hameau

Shiki

un petit jardin
luisant de rosée :
deux litres !

Shiki

le bout de l’arc
des guerriers qui passent
frôle la rosée

Buson

°
(p.967 :)

fraîcheur !
la rosée des vagues
monte sur le bateau

Chora

°
(p.968 :)

au rendez-vous de chasse
les carquois sont lourds
de rosée

Buson

la pierre-à-encre reçoit
la rosée du chrysanthème :
toute cette vie !

Buson

ce monde de gouttes de rosée –
ce n’est peut-être qu’une goutte,
mais pourtant, pourtant !

Issa

°
(p.969 :)

dansez, d’une tige d’herbe
à une autre,
gouttes de rosée !

Ransetsu

°
(p.970 :)

« je ne veux plus rien avoir à faire
avec ce monde sordide ! »
et la rosée s’évapore

Issa

des gouttes blanches de rosée,
apprenez la voie
vers le Pays Pur !

Issa

sur la feuille de lotus
la rosée de ce monde
est distordue

Issa

°
(p.971 :)

les gouttes de rosée s’évanouissent :
encore plus de graines d’enfer
à semer aujourd’hui !

Issa

la rosée de l’oeillet rouge
renversée
est simplement de l’eau

Chiyo-ni

°
(p.972 :)

rosée blanche sur le roncier ;
une goutte
à chaque épine

Buson

allumant la lampe :
à chaque poupée
son ombre

Shiki

°
(p.973 :)

serait-elle sucrée
qu’elle serait ma rosée,
sa rosée !

Issa

Peuh ! qu’est-ce d’ailleurs,
qu’un million de ballots de riz ? –
la rosée sur mon chapeau !

Issa

°
(p.974 :)

à partir de maintenant,
le Grand Japon !
et les saules !

Issa

existe-t-il une telle nuit
en Chine aussi ? –
le rossignol qui chante !

Issa

n’oubliez jamais
le goût solitaire
de la rosée blanche

Bashô

°
(p.975 :)

je dors,
faisant de la fraîcheur
mon logis

Bashô

sors, ô grenouille
à voix rauque
de dessous la maison du ver-à-soie !

Bashô

la fleur de carthame,
par sa forme, rappelle
le pinceau à sourcils

Bashô

les robes des femmes
qui nourrissent les vers-à-soie
nous reportent aux temps jadis

Sora

°
(p.976 :)

silence ;
la voix des cigales
fore le roc

Bashô

°

= FIN de HAIKU, vol III, Blyth.

à suivre : Vol IV de HAIKU, Blyth, Hokuseido Press, 1952, 1982, 1992 :
Préface (pp. 980-1010) + AUTOMNE (ctd : Champs et Montagnes, pp.1012-1016)

°

22 HAIKU d’été – Blyth – p.752-762

8 mai 2011

°
(p.752 :)

u mo oyako . ukai mo oyako . futari kana

Issa

cormorans
et pêcheurs au cormoran aussi,
parent et enfant

waga io wa . kusa mo natsuyase . shitarikeri

Issa

l’herbe autour de ma cabane
a aussi souffert
de minceur estivale



u to tomo ni . kokoro wa mizu wo . kuguriyuku

Onitsura

mon âme
a plongé dans et hors de l’eau
avec le cormoran

(traduit par R. Munier :

Mon âme
plonge dans l’eau et ressort
avec le cormoran *

* à la pêche au cormoran)

°
(p.753 :)

omoshirôte . yagate kanashiki . ubune kana

Bashô

Comme c’est excitant, le bateau de la pêche au cormoran !
mais au bout d’un moment
j’éprouve de la tristesse

°
(p.754 :)

furiuri no . kari aware nari . ebisukô

Bashô

les oies du colporteur
font pitié :
Fête d’Ebisu

hatsushigure . saru mo komino wo . hoshige nari

Bashô

première pluie d’hiver :
le singe a l’air de vouloir porter lui aussi
un manteau de paille

kusa-makura . inu mo shigururu ka . yoru no koe

Bashô

un pauvre logement –
plainte du chien
dans la pluie nocturne

kekoromo ni . tsutsumite nukkushi . kamo no ashi

Bashô

les pattes des canards sauvages
sont bien au chaud
en leurs habits de laine

yoki ie ya . suzume yorokobu . sedo no awa

Bashô

belle maison :
les moineaux sont heureux dans le millet
du champ de derrière



taka no me mo . ima ya kurenu to . naku uzura

Bashô

maintenant que les yeux des faucons
se sont assombris,
les cailles carcaillent

°
(p.755 :)

inasuzume . chanokibatake ya . nigedokoro

Bashô

la plantation de thé
est un refuge salutaire
pour les moineaux de la moisson

u no tsura ni . kawa-nami kakaru . hokage kana

Chora (1729-1781)

miroitantes,
les vagues éclaboussent
la gueule des cormorans

u no tsura ni . kagari koborete . aware nari

Kakei

quelle pitié !
les torches coulent
sur la gueule des cormorans

°
(p. 756 :)

akatsuki ya . u-kago ni nemuru . u no tsukare

Shiki

lumière de l’aube ;
dans leur panier, les cormorans
endormis, rompus

oinarishi . ukai kotoshi wa . mienu kana

Buson

le gardien des cormorans
devenu vieux,
on ne le voit pas cette année

°
(p.757 :)

shinonome ya . u wo nogaretaru . uo asashi

Buson

aube –
les poissons rescapés des cormorans
en surface

°
(p.758 :)

u no mane wo . u yori kôsha na . kodomo kana

Issa

l’imitation de l’enfant
est plus merveilleuse
que le vrai cormoran

(traduit ainsi par R. Munier :

L’enfant qui l’imite
est plus merveilleux
que le vrai cormoran)

sushi oshite . shibaraku sabishiki . kokoro kana

Buson

serrant des sushi,
après un moment
le sentiment de solitude

°
(p.760 :)

naresugita . sushi wo aruji no . urami kana

Buson

à la vue des sushi trop faits
le maître
est plein de regrets

mugi katte . tôyama mise yo . mado no mae

Buson

Coupez l’avoine en face de la fenêtre !
Laissez-moi voir
les montagnes lointaines !

°
(p. 761 :)
yûbe ni mo . asa ni mo tsukazu . uri no kana

Bashô

elle n’appartient
ni au matin ni au soir,
la fleur de melon

°
(p.762 :)

hirugao ya . dochira no tsuyu mo . maniawazu

Yayû (1701-1783)

le volubilis de midi
à l’heure ni
pour la rosée du matin ni
pour celle du soir

°
(à suivre, p.762-)

13 Haiku d’été – Blyth – p.699-703

22 avril 2011

°
(p.699 :)

yûdachi ni . hitori soto miru . onna kana

Kikaku

averse d’été –
une femme assise seule
regarde au-dehors

yûdachi ya . chie samazama no . kaburimono

Otsuyû

averse d’été –
selon leur sagesse,
les différents couvre-chef

oto bakari demo . yûdachi no . yûbe kana

Issa

seulement le son :
c’était un soir
d’averse estivale

°

Plus on parle et pense,
plus on s’éloigne du vrai

Shinjinmei

°
(p.700 :)

Isshaku no . taki mo oto shite . yû suzumi

Issa

une cascade d’un seul pied,
mais avec le bruit qu’elle fait…
se rafraîchir au soir

inazuma ya . mori no sukima ni . mizu wo mitari

Shiki

un éclair d’orage ;
entre les arbres de la forêt
l’eau apparaît

inazuma ni . koboruru oto ya . take no tsuyu

Buson

un éclair !
le son de la rosée
tombant le long des bambous

°
(p.701 :)

inazuma ni . daibutsu ogamu . nonaka kana

Kakei

au milieu des éclairs
faisant mes dévotions à un Grand Bouddha
sur la lande

chôchin de . daibutsu miru ya . hototogisu

Shiki

avec une lanterne,
je regardais le Grand Bouddha :
un hototogisu chanta

hyôjo mo . shibashi yamikeri . raijin

Tôsha

La Cour Suprême aussi
fit une pause un moment
pendant les coups de foudre

°
(p.702 :)

inazuma ya . kinô wa higashi . kyô wa nishi

Kikaku

Eclairs orageux :
hier à l’est
aujourd’hui à l’ouest

ukigusa ya . kyô wa achira no . kishi ni saku

Otsuyû

lentilles d’eau flottant :
fleurissant aujourd’hui
sur la rive plus lointaine

inazuma ni . satoranu hito no . tôtosa yo

Bashô

qu’il est admirable
celui qui ne pense pas : « la vie est éphémère »
quand il voit l’éclair de l’orage !

°
(p.703 :)

enten ni . kiku wo yashinau . aruji kana

Shiki

au soleil brûlant,
le maître chérit
ses chrysanthèmes

°
(suite : Champs et Montagnes, p.704-719)

20 HAIKU de printemps – Blyth – p.556-561 (Arbres et fleurs)

15 janvier 2011

°
(p.556-640 :)
ARBRES ET FLEURS

tsubaki ochi . tori naki tsubaki . mata ochiru

Baishitsu

une fleur de camélia tombe;
un coq chante;
une autre tombe

tori naite . akaki ko-no-mi wo . koboshikeri

Shiki

des oiseaux chantent
et font tomber
des baies rouges

hitotsu ochite . futatsu ochitaru . tsubaki kana

Shiki

un tombe –
deux tombent –
camélias

(note de R.H. Blyth : « Plus le verset devient simple, plus le sens est fort, pur et profond. »)

ochizama ni . mizu koboshikeri . hana tsubaki

Bashô

la fleur du camélia
tombe,
renversant son eau

°
(p.557 :)

oto nashite . tatami e ochiru . tsubaki kana

Shirao

la fleur de camélia
tombant sur le tatami
produit un son

hakisôji . shite kara tsubaki . chiri ni keri

Yaha

après qu’on a
nettoyé le jardin,
quelques camélias tombent

ochinan wo . ha ni kakaetaru . tsubaki kana

Shôha

La fleur de camélia
allait tomber,
mais se prit dans ses feuilles

°
(p.558 :)

mizu irete . hachi ni uketaru . tsubaki kana

Onitsura

y versant de l’eau,
le vase reçut
le camélia

nagare ezaru . mizu no yodomi no . tsubaki kana

Shiki

dans le marigot,
l’eau qui ne pouvait s’écouler ;
des camélias

°
(p.559 :)

shrotsubaki . otsuru oto nomi . tsukiyo kana

Rankô

toute la soirée un seul bruit :
la chute
des fleurs blanches de camélia



akatsuki no . tsurube ni agaru . tsubaki kana

Kakei

à la surface du seau du puits
à l’aube,
un camélia

yanagi ari . funematsu ushi no . nisanbiki

Shiki

un saule –
et deux ou trois vaches
attendant le bateau

°
(p.560 :)

kishi kuzurete . kouwo tamarinu . kawayanagi

Shiki

où la falaise s’est affaissée
des petits poissons s’assemblent
sous le saule de la rivière



hashi ochite . ushiro samushiki . yanagi kana

Shiki

le pont est tombé;
sous le saule,
il fait seul



machi-naka wo . ogawa nagaruru . yanagi kana

un cours d’eau
traversant la ville
et les saules tout du long

°
(p.561 :)

massugu ni . horiwari tôki . yanagi kana

Shiki

dans la distance
la ligne droite du canal
et les saules

ômon ya . yanagi kabutte . hi wo tomosu

Shiki

allumant les lampes
de la Grande Porte,
un saule au-dessus de lui

shigohon no . yanagi torimaku . koie kana

Shiki

quatre ou cinq saules
entourant
une petite maison

ara ao no . yanagi no ito ya . mizu no nagare

Onitsura

Comme ils sont verts
les fils du saule
sur les eaux glissantes !

hito-gomi no . naka e shitaruru . yanagi kana

Rôka-Shônin

tombant
au milieu de la foule,
les branches du saule

°
(suite, p. 562-)

27 Haiku de printemps – Blyth – Oiseaux et animaux – p.482-489

25 octobre 2010

°
(p.482) :

uguisu ya . ume ni tomaru wa . mukashi kara

Onitsura

L’uguisu *
s’est perché sur le prunier
depuis des temps immémoriaux

* « rossignol du Japon »

°

teizen ni . shiroku sakitaru . tsubaki kana

Onitsura :

dans le jardin
le camélia fleurit
blanchement

°

yamabuki wa . sakade kaeru wa . mizu no soko

Onitsura

la rose-jaune ne fleurissant pas,
les grenouilles sont au fond
de l’eau

°

ware mukashi . fumi-tsubichu-taru . kagyû kana

Onitsura

il y a longtemps
je marchais sur
ces escargots

°

nusubito no . tsuka mo musaruru . natsu no kusa

Onitsura

sur la tombe du voleur aussi
poussent en rangs
les herbes d’été

°
(p.483 :)

shirauo ya . me made shirauo . me wa kurouo

Onitsura

l’anchois du Japon !
Tout sauf ses yeux, le poisson blanc,
mais ceux-ci : le « poisson noir » !

°

sakari naru . hana nimo taenu . nembutsu kana

Onitsura

les fleurs de cerisier à leur apogée,
mais le nembutsu *
continue sans faiblir

* « la récitation du nom du Bouddha » (R.H. Blyth)

°

uguisu no . naku ya chiisaki . kuchi aite

Buson

l’uguisu chante
son petit bec
ouvert

°
(p.484 :)

Uguisu no . mi wo sakasama ni . hatsune kana

Kikaku

sa première note :
l’uguisu
est cul par-dessus tête

°

uguisu no . eda fumi hazusu . hatsune kana

Buson

la première note de l’uguisu
quand il glissa
de l’arbre

°

uguisu no . mekikishite naku . wagaya kana

Issa

l’uguisu chante
regardant, critique,
ma maison

°
(p.485 :)

hototogisu . zoku na iori to . sami suruna

Issa

Hototogisu,
ne méprise pas
cet endroit mesquin et humble !

°

uguisu no . naku ya kinô no . ima-jibun

Chora

l’uguisu chante ;
c’était hier,
à cette même heure

°

dokoyara de . uguisu nakinu . hiru no tsuki

Shirô

quelque part ou ailleurs
un uguisu chanta :
lune de midi

°
(p.486 :)

uguisu ni . ategatte oku . kakine kana

Issa

la clôture
sera attribuée
à l’uguisu

°

uguisu no . chisô ni hakishi . kakine kana

Issa

la clôture
nettoyée en faveur
de l’uguisu

°

uguisu ni . fumarete uku ya . take-bishaku

Hôrô

l’uguisu perché dessus,
la louche de bambou
flotte encore

°
(p.487 :)

akatsuki no . tsurube ni agaru . tsubaki kana

Kakei

à l’aube
montant dans le seau du puits,
une fleur de camélia

°

uguisu ya . mochi ni fun suru . en no saki

Bashô

Ah, l’uguisu
fit sur les gâteaux de riz
de la véranda

°

uguisu ga . ume no koeda ni . fun wo shite

Onitsura

l’uguisu
fait
sur la branche frêle du prunier

°
(p.488 :)

uguisu ya . doroashi nuguu . ume no hana

Issa

l’uguisu
nettoie ses pattes boueuses
parmi les fleurs de prunier

°

uguisu no . tône ni tsururu . hinode kana

Chora

séduit par la voix lointaine
de l’uguisu,
le soleil se lève

°
ki no mata no . bentô-bako yo . uguisu yo

Issa

ah, ma boîte-à-repas
à la fourche de l’arbre !
ah, l’uguisu !

°
(p.489 :)

saifu kara . yakimeshi dashite . sakura kana

Issa

prenant de mon sac
les boules de riz toastées –
ah, les fleurs de cerisier !

°

meshi keburi . sobiyuru sato ya . hototogisu

Issa

la fumée du riz qui cuit
s’élève au-dessus du hameau :
la voix de l’hototogisu !

°

uguisu ya . kanai soroute . meshi-jibun

Buson

l’uguisu chante;
toute la famille assemblée
pour le repas

°

uguisu no . nakuya achimuki . kochira muki

Buson

un uguisu chante,
se tournant d’un côté,
se tournant de l’autre

°

(à suivre, p.490-)