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Poèmes, haïkus, etc. Py, juillet 08 – 2/2

22 novembre 2010

(…suite :)

°

cimetière
un banc où se repose
rien

°

cimetière –
un chat blanc et noir
traverse une allée

un chat
noir et blanc
longe un mur
du cimetière

°

sur les tombes : des noms
dans les rues : des noms

(: Le « cimetière de l’égalité » !)

°

sur le « Nez de Cyrano »
un pin sylvestre
: Montpellier-le-Vieux

°

quelques plumes blanches du cygne
çà et là
sur la pelouse

°

Promenade en voiture –
Nous traversons le Bonheur
(Lozère)

°

les arbres
sont des nids de cris :
cigales de l’Hérault

°

à la surface de la piscine
une bouée
qui tourne

°

sur le « super-dégraissant Maison Verte »,
un escargot,
toutes antennes dehors

°
(Du haïku :)

Le haïku n’est pas un échafaudage intellectuel
Le haïku est un déchafaudage
Le haïku se situe à l’exact opposé des échafaudages intellectuels
Le haïku c’est la vitesse de l’éclair
Le haïku est un coup de kyosaku *

* bâton du maître zen, asséné pour « réveiller » le disciple

Je ne considère pas le haïku comme étant un jeu de société, avec ses thèmes, ses concours, ses soirées… (bien que j’organise-anime le kukaï de Paris (!)),
mais comme une expression vitale (de l’expression) d’un soi, de ce qui tient à / au coeur; de profondément impérieux, d’absolument nécessaire, de fondamental(ement) (, d’)indispensable, au même titre que la parole, la musique, que tous les arts pour tous les artistes véritables; de profondément sincère, juste et vrai; d’absolument profond ; d’une ouverture ; d’un cordon (ombilical ?) ; d’une rampe – entre soi et l’autre – entre l’intérieur et l’extérieur ; d’expression d’un sens de vie.

Le haïku est un sac de lumière

Trouver le rythme le plus naturel (, libre), le moins apprêté possible (, le moins artificiel, échafaudé, fabriqué, concocté, inventé, imaginé, planifié…)

Ce moment-haïku = l’insolite, l’incongru, l’étonnant, le surprenant, l’admirable (instant).

Le haïku / c’est un instant / pris en mots.
Le haïku, c’est les mots d’un instant
(Idéalement, le haïku c’est un instant vécu, pris en mots)
Le haïku ce n’est pas un « objet » poétique

Concomitants du moment-haïku : ses mots

Le moment dictant ses mots

°

Air(s) de rien / Mine(s) de peu

°

une feuille
tendrement
tombe

a leaf
softly
falls

°

toile d’araignée –
une feuille
vibrionne

°

plus de chat noir et blanc
dans le cimetière
une religieuse âgée

°

kayakant
au bord de la Grande Bleue
mi-juillet

°

sur l’aile
une mouette prend un virage
à Sète

°

gare après gare
le train s’emplit
mi-juillet

le train passe –
sur son banc,
bouche ouverte,
elle bâille

°
(Réunion au Foyer Soleil :)

parfois quelques applaudissements grésillent
il ne pleut plus

applaudissements nourris
, abreuvés

des applaudissements
qui ont soif, maintenant ?
: plus maigres

°

à l’approche du coureur
les mouches s’écartent
de la merde

°

(L’anti-Nique / Journal d’un oisif :)

ce matin
pas grand chose :
fait couler un peu d’encre

En faire le moins possible –
Ne rien gagner –

faire du temps
SON temps.

Le maître du temps :
ce qu’il a à faire, il le fait, quand il (le) veut.

après le thé
volupté :
la sieste

travaillant
à en faire
le moins possible

°

un coup d’oiseau
dans le ciel matinal

°

magnoliers fleuris
dans le parc
au cygne

(summer) magnolia in bloom
in the park with the swan

°

dix-sept boîtes à chaussures
empilées le long de la penderie

boîtes à chaussures, 17,
empilées
contre l’armoire

°

« complètement accro au sudoku »
dit-elle
– 2 heures 20

enfermé(e)
dans la bulle
carrée
de son sudoku

°

un moustique virgule
au-dessus de mon oreille

°

des cris
font leur ronde –
vingt juillet

°

the evening wind
blowing
on my herbal tea

le vent du soir
soufflant
sur ma tisane

°
(S.S.S. :)

Le président Sark – Veau – d’Or.

S.hark (ozy)

°

matin de vacances –
une saga de réveils

°

pour traverser le pont
elle tient sa chevelure —
longue

to cross the bridge
she holds her long
hair

°

aux sons de la musique
sur la place
les branches de l’arbre
se balancent

°

miracle !
all down the toilet,
first go !

miracle !
tous disparus
du premier coup !

°

rue des Acacias
la lune qui décroît
et un hélicoptère

°

cinq pigeons se posent
et explorent
un coin du parc

°

le paraphe d’une fougère
à travers un miroir ovale
: intérieur lyonnais

°
(Du haïku :)

Écrire des haïkus
qui font du bien,
salutaires

N’écrire que des haïkus
qui font du bien,
sanitaires

, qui montrent un certain chemin de sérénité –

5/7/5 :
l’usine
à formater
les haïkus
?

Rechercher l’équilibre (exact) en haïku entre dit et non-dit, mots et silence, auteur et lecteur, (noir et blanc)…

Le mot-de-saison comme lien
de l’homme avec le reste du cosmos
des choses avec leur sens cosmique

°

par le balcon
ce matin
un sifflement inconnu

°

une petite plume blanche
joue au papillon
– soir de fin juillet

a small white feather
playing butterfly
end of a July evening

°

premier jog du stage :
les tournesols
tournés
vers nous

violettes au ras des foulées

départ de canards
des roseaux de l’étang brumeux

°

sur ses dents
le soleil du soir
: une belle femme

°

pour mieux sentir
le couchant de juillet
j’ouvre la fenêtre

°°°