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L’inspiration des anciens

10 août 2009

°

Il y a ceux qui s’inspirent
(du haïku classique japonais)
et ceux qui (le) singent
[, m’inspire Stéphane Audéguy dans Eloge de la douceur, Folio 1618, p.62 :]

 » Il ne copie pas, […] il s’en inspire, au sens presque physique du terme. D’où l’impression étrange d’un art profondément naturel […]  »
[: à propos de Gaudi.]
et encore
[ à propos de Jean Nouvel, p.86 : ]
 » s’inspirer du passé suppose, non son imitation, mais une compréhension intime des principes de son invention … ».
Enfin (p.133, à propos de Jeff Wall ) :
 » s’il se réfère à beaucoup de ses prédecesseurs (Hokusai, Manet, Cézanne, etc.), ce n’est pas pour les citer, mais pour produire, ici et maintenant, une oeuvre entièrement contemporaine. Il faut représenter notre monde comme s’il ne l’avait jamais été, en faire trans-paraître la vérité, et cela pour une raison très simple : notre monde, ici et maintenant, n’a jamais encore été représenté. Tout reste toujours à faire.  »

Haïku, poésie du zen (2)

12 novembre 2008

p.12 :

« Le Zen a influencé nombre d’arts et de disciplines qui, littéralement imprégnées par l’esprit de la voie (do), sont devenus de nouvelles formes de méditation et d’apprentissage : le chadô (voie du thé), le kadô(voie des fleurs), le kendô (voie du sabre), le kyûdô (voie de l’arc), le judô (voie de l’auto-défense), le shôdô (voie de la calligraphie). La dynamique sous-jacente à tous ces arts ? Une perception pleine et entière de l’instant – être ici et maintenant. Et cette force spécifique n’est nulle part aussi présente que dans l’art subtil du haïku. »

p.13 :

« Le haïku évoque un vortex d’énergie; l’instant du poème devient un espace d’intensité absolue dans lequel la saisie intuitive du poète est à son comble. »

« L’art du haïku consiste à concentrer la réalité en un seul et unique moment qui piègera poète et lecteur dans le partage d’une même expérience. C’est cette rencontre foudroyante qui fait du haïku la poésie-même du Zen – restitution de moments que la prose ou la logique échouent à décrire. »

p.15 :

« Le temps d’un instant fugitif nous percevons une structure et un sens jamais éprouvés auparavant. Restituer pareil instant, telle est précisément l’intention du haïku et de sa discipline formelle. Car la poésie du haïku est la restitution d’une expérience, et non son commentaire. »

« Chaque mot du haïku est une expérience. C’est bien la fraîcheur qui apparaît comme l’essence du haïku, en ce qu’elle est créée par l’immédiateté de la sensation. Laquelle procure au lecteur un bonheur vrai et durable. En effet, le haïku peut être lu encore et encore – avec un ravissement toujours neuf. »