Posts Tagged ‘Hokushi’

25 HAIKU d’hiver + 1 d’automne – Blyth – p.1201-1210

12 juin 2011

°
(p.1201 :)

beaucoup de parapluies
passent
ce soir de neige

Hokushi

si c’était mon enfant,
il ne vous accompagnerait pas,
cette nuit de neige !

Ukô-ni

°
(p.1202 :)

jour de neige ;
il est aussi le fils de quelqu’un,
ce contrôleur de fûts vides !

Kanri

lourde chute de neige –
on va fermer
la grande porte de la Barrière

Buson

°
(p.1203 :)

onze chevaliers
chevauchent dans la neige tourbillonnante
sans tourner la tête

Shiki

entrant de la neige tourbillonnante :
« Une chambre pour la nuit ! »
et il jette son épée dans un coin

Buson

logis refusé ;
les lumières d’une rangée de maisons
sous la neige

Buson

°
(p.1204 :)

la lampe nocturne noire de fumée,
la neige froide tombe
dans le soir

Etsujin

un seul parapluie
passe :
soirée de neige

Yaha

°
(p.1205 :)

indifférente au vent,
une feuille du paulownia
tombe

Bonchô

un bulbul chanta
puis se tut :
la neige tomba dans le soir

Arô

de temps à autre
il grêle;
le vent souffle fort

Shiki

°
(p.1206 :)

dans le bateau abandonné
la grêle
rebondit

Shiki

sortant rappeler le poissonnier
invisible ;
la grêle se mit à tomber

Bonchô

°
(p.1207 :)

si sérieusement majestueux
le bruit de la grêle
sur mon chapeau de cyprès

Bashô

les grêlons
brillent en rebondissant des rochers
de la Montagne Rocheuse

Bashô



Comme elle est lourde la pluie
sur le chapeau volé
à l’épouvantail !

Kyoshi

tempête de montagne :
la grêle pénètre
dans l’oreille du cheval

Tairo

°
(p.1208 :)

sur le pont
le bruit de la grêle
est sombre

Shiki

Voyez, enfants,
les grêlons !
Sortons voir !

Bashô

la grêle
vole dans le feu
aussi vite que ses pattes peuvent la porter

Issa

°
(p.1209 :)

dans la pierre-à-encre
du temple de la montagne,
le premier gel est précoce

Buson

je m’éveillai soudain
avec la glace nocturne
quand le pot à eau éclata

Bashô

une mare
au fond de la forêt ;
la glace est épaisse

Shiki

°
(p.1210 :)

je brûlai
le pinceau gelé
à la flamme de la lampe

Tairo

un rat s’approche
de l’huile gelée
de la lampe

Buson

°
(p.1211 : à suivre…)

Publicités

58 HAIKU d’automne – Blyth – p.1079-1100 – ARBRES et FLEURS

6 juin 2011

°
(p.1079 :)

il ne sourit
ni ne pleure,
cet hibiscus

Ransetsu

la haute lanterne de pierre
de jour
est un pilier de mélancolie

Senna

°
(p.1080 :)

un hibiscus
au bord de la route ;
le cheval l’a mangé

Bashô

le cerf mange
et fait tomber
les fleurs de lespédèzes

Issa

un cheval mange
la fleur d’une renouée des oiseaux ;
fumée de dessous la théière

Shiki

génération après génération,
l’hibiscus
sur cette pauvre palissade

Issa

°
(p.1081 :)

bruit de la rivière ;
la porte où fleurit l’hibiscus
n’est pas encore ouverte

Hokushi

je posai ma main dessus,
ne la cassai pas, et m’en allai :
rose de Sharon

Sampû

les feuilles du saule tombent,
des bouts de légumes
flottent sur le ruisseau

Shiki

°
(p.1082 :)

un chien dort
à la porte d’une maison vide;
des feuilles du saule s’éparpillent

Shiki

n’y pénétrant pas, ne faisant qu’y passer :
feuilles d’automne
au temple de Fujisawa

Buson

°
(p.1083 :)

renonçant au monde –
feuilles d’automne
au village de mes parents

Buson

la montagne s’assombrit,
prenant l’écarlate
des feuilles d’automne

de feuillage cramoisi,
il n’y a pas ici,
au fond des montagnes

Shiki

°
(p.1084 :)

la tempête d’automne
renverse même
les ours sauvages

Bashô

°
(p.1085 :)

les fleurs de lespédèze
ne laissent pas tomber, malgré leurs oscillations,
leurs gouttes de claire rosée

Bashô

dans l’écume,
mélangés aux petits coquillages,
des pétales de lespédèzes

Bashô

la solitude
de l’automne de la plage,
encore plus grande qu’à Suma

Bashô

°
(p.1086 :)

temple de Kôdaiji ;
une fouine dans les lespédèzes
au crépuscule

Buson

des renards jouent
au milieu des fleurs de narcisses
dans le clair de lune du jeune soir

Buson

de temps en temps
frotte contre les volets
la voix des lespédèzes

Sesshi

°
(p.1087 :)

derrière le millet indien,
le mur bas
d’un temple

Shiki

en route vers les liserons
les moustiques volent en chantonnant :
leur langueur

Bashô

exercice au bâton :
je crains
pour les volubilis

Chora

°
(p.1088 :)

une seule fleur
du volubilis :
couleur d’un lac profond

Buson

en un mètre de jardin
toutes les feuilles
d’Ueno

Shiki

les azalées en fleur ;
dans ce village reculé,
le riz est blanc

Buson

les chrysanthèmes jaunes
perdent de leur couleur
à la lueur de la lanterne

Buson

°
(p.1089 :)

tandis que j’entonne les soutras
les volubilis
à leur apogée

Kyoroku

°
(p.1090 :)

du tas de déchets
un liseron a fleuri ;
automne profond

Taigi

les volubilis ; *
sur le visage des hommes
il y a des défauts

Issa

* en japonais « volubilis » signifie « visage du matin ».

le volubilis non plus
ne pourra jamais être
mon ami

Bashô

°
(p.1091 :)

un liseron
sur la grille de mon portail
qui reste fermé tout le jour

Bashô

le volubilis
rampe sur le sol
de la maison vide

Shiki

°
(p.1092 :)

le pathos
du volubilis
même mal peint

Bashô

rosée du matin :
l’herbe de la pampa penche
le lespédèze est prostré

Chora

°
(p.1093 :)

sur la montagne, fin du jour ;
sur la lande, l’herbe de la pampa
dans le crépuscule

Buson

l’herbe de la pampa
résume à elle seule
la solitude de Saga

Ransetsu

les plumets de l’herbe de la pampa ;
les tremblements impuissants
d’un coeur solitaire

Issa

°
(p.1094 :)

la plaine de Musashino ;
au coin des champs
fleurit l’herbe de la pampa

Shiki

dans les champs,
pourquoi avoir laissé
l’herbe de la pampa en fleur ?

Shiki

°
(p.1095 :)

nul ne passe
portant javelot :
herbes fleuries de la pampa

Shiki

les cryptomères, trente mètres;
l’herbe de la pampa, un mètre
de haut

Shiki

ensemble sous un arbre géant;
qu’elles sont grandes,
les crêtes de coq fleuries !

Shiki

°
(p.1096 :)

des mèches de mes cheveux
tremblent en même temps que les plumets
de l’herbe de la pampa

Issa

dans les fleurs de deutzies,
on voit les cheveux blancs
de Kanefusa

Sora

la rose sauvage vieillissant,
les herbes de la pampa se raréfiant,
les lespédèzes délavés et faibles

Buson

=
(p.1097 :)

la rose sauvage vieillie,
les herbes de la pampa sont rares,
les lespédèzes hésitants

Buson

quand il n’y a pas de riz –
la rose
dans la gourde

Bashô

°
(p.1098 :)

ma vieille maison ;
le vin est médiocre –
mais la fleur de sarrazin !

Buson

la rose
si fine
semble avoir le plus de rosée

Bashô

la valériane, ah !
ses tiges, ainsi,
ses fleurs, ainsi !

Buson

la rose des montagnes –
feuilles et fleurs et feuilles
et fleurs et feuilles

Taigi

°
(p.1099 :)

la rose
se tient là,
vacante

Issa

à propos de quoi
hoches-tu la tête,
ô valériane ?

Issa

les mauves roses fleurissent ;
le héron veuf
de la vieille mare

Shiki

°
(p.1100 :)

autour de la maison en ruine
des poules errent;
des mauves roses fleurissent

Shiki

sous la brume pluvieuse
les mauves roses
forment un ciel clair

Bashô

la faible plante,
enfin,
a une fleur qui oscille

Issa

°
(p.1101 : à suivre)

52 HAIKU d’automne – Blyth – p.1033-1050

5 juin 2011

°
(p.1033 :)

assis dans le palais
écoutant la nuit
les grenouilles lointaines

Buson

devant garder la maison toute la journée,
à l’écoute du coucou
lointain

Buson

frappez la mailloche de foulage pour moi,
dans ma solitude ;
maintenant, de nouveau, arrêtez

Buson

dans une maison
une voix en pleurs ;
le son d’une mailloche de foulage

Shiki

°
(p.1034 :)

« Pourquoi ne viens-tu pas au lit ? »
dit le mari, s’éveillant ;
son de la mailloche de foulage dans la nuit

Taigi

le montreur de singes
repasse la petite veste
avec la mailloche de foulage

Bashô

ma chaumière ;
dehors,
est-ce la moisson ?

Bashô

°
(p.1035 :)

ramassant les épis tombés,
avançant
vers la partie au soleil

Buson

amassé lors d’un pèlerinage
et assemblé :
l’épouvantail

Tôrin

°
(p.1036 :)

du jour où il est né,
il est vieux,
l’épouvantail !

Nyofû

une sauterelle chante
dans la manche
de l’épouvantail

Chigetsu-ni

l’épouvantail au loin,
marche
quand je marche

San-in

juste à ses pieds
on vole les haricots –
quel épouvantail !

Yayû

°
(p.1037 :)

l’épouvantail
protègeant l’enfant au sein
du vent

Issa

dans mon vieil âge,
même devant l’épouvantail
j’ai honte !

Issa

°
(p.1038 :)

le vent de l’automne
pénètre les os mêmes
de l’épouvantail

Chôi

gelée de minuit :
je pourrais dormir, si j’empruntais
les manches de l’épouvantail !

Bashô

leurs squelettes entourés
de soie et de satin :
ils admirent les fleurs de cerisier

Onitsura

la claire pleine lune –
comme si rien d’extraordinaire,
l’épouvantail, là

Issa

°
(p.1039 :)

les moineaux de la moisson
atteints par la flèche de l’épouvantail
tombent à la mer

Shiki

l’arc de l’épouvantail
s’est tourné de l’autre côté
dans la brise matinale

Shôha

l’épouvantail
tend son arc vers
le champ d’un autre

Setsugyo

°
(p.1040 :)

même devant Sa Majesté,
l’épouvantail ne retire pas
son chapeau tressé

Dansui

l’épouvantail :
indifférent
aux rayons du soleil couchant

Shirao

où je vis,
il y a plus d’épouvantails
que de gens

Chasei

le propriétaire du champ
va voir l’état de l’épouvantail
et revient

Buson

°
(p.1041 :)

une nuit de lune
les épouvantails ressemblent aux hommes :
si pitoyables !

Shiki

l’épouvantail
a l’air humain
quand il pleut

Seibi

le riz moissonné,
l’épouvantail
a l’air transformé

Buson

°
(p.1042 :)

l’eau descendant,
comme elles semblent fines et longues,
les jambes de l’épouvantail !

Buson

au soleil du soir
l’ombre de l’épouvantail
atteint la route

Shôha

les gens, bien sûr !
mais même les épouvantails
ne sont pas droits !

Issa

°
(p.1043 :)

son chapeau tombé,
l’épouvantail
a l’air dépité

Buson

l’épouvantail,
ses pieds dans la terre inondée,
endure tout ça

Shiki

°
(p.1044 :)

son chapeau tombé,
qu’elle est sans pitié
la pluie sur l’épouvantail !

Hagi-jo

dans ce monde fugace,
l’épouvantail aussi
a un nez et des yeux !

Shiki

d’où
vient le froid,
ô épouvantail ?

Issa

°
(p.1045 :)

de toutes les choses qui existent
la plus stupide
est l’épouvantail

Shiki

l’automne avance ;
les épouvantails portent
des feuilles tombées

Otsuyû

le regardant ce matin,
l’épouvantail s’est tourné
de ce côté-ci

Taigi

°
(p.1046 :)

nous avons lié amitié –
maintenant nous devons nous séparer,
épouvantail !

Issa

l’épouvantail :
en retard pour prendre
le bateau de la moisson

Shihyaku

les moineaux volent
d’épouvantail
en épouvantail

Sazanami

°
(p.1047 :)

« Monseigneur Moineau,
c’est l’épouvantail
qui s’adresse à vous ! »

Sôseki

l’hiver venu,
les corbeaux se perchent
sur l’épouvantail

Kikaku

le vent d’automne
bouscula l’épouvantail
puis continua sa course

Buson

°
(p.1048 :)

bruit de quelque chose :
l’épouvantail
tombé de lui-même

Bonchô

la première chose soufflée
par le vent de la tempête :
l’épouvantail

Kyoroku

°
(p.1049 :)

soufflé, relevé,
resoufflé :
l’épouvantail !

Taigi

rendant l’âme
debout :
l’épouvantail

Hokushi

sous la baignoire portative :
dernière demeure
de l’épouvantail

Jôsô

°
(p.1050 :)

pourrissant :
même pas bon pour le feu,
cet épouvantail !

Shôshû

°
(p.1051-1078 : OISEAUX ET ANIMAUX : à suivre…)

32 HAIKU d’automne – Blyth – p.936-948

29 mai 2011

°
(p.936 :)

nashi no ki ni . yotte wabishiki . tsukimi kana

Buson

approchant du poirier
solitaire
contemplation de la lune



shizu no ka ya . ine surikakete . tsuki wo miru

Bashô

l’enfant pauvre
pilant le riz,
contemple la lune

yamadera ni . kometsuku oto no . tsukiyo kana

Etsujin (1656-1702)

au temple de montagne
le bruit du pilage du riz,
une nuit de pleine lune

°
(p.937 :)

meigetsu ni . inukoro suteru . shimobe kana

Buson

pleine lune –
un domestique
laissant mourir un chiot



tsuki ni kikite . kawazu nagamuru . tanomo kana

Buson

écoutant la lune,
contemplant le croassement des grenouilles –
la surface de la rizière

°
(p.938 :)

miidera no mon . tatakaba ya . kyô no tsuki

Bashô

je frapperais volontiers
au portail du temple Mii
sous cette pleine lune

tsuki wo matsu ni . kaketari hazushite . mo mitari

Hokushi

je n’arrêtais pas
d’accrocher la lune au pin
et de l’en dépendre,
tout en la contemplant

yoshinaka no . nezame no yama ka . tsuki kanashi

Bashô

sont-ce les collines
où Yoshinaka s’éveilla ?
la lune est triste

°
(p.939 :)

hitotsu to wa . omowanu yo nari . kyô no tsuki

Ryôta

la lune de cette nuit ! –
impensable
qu’il n’y en eut qu’une !

tachiyoreba . meigetsu motanu . matsu mo nashi

Atsujin (1857-1936)

marchant jusqu’à eux :
aucun pin
qui n’ait sa pleine lune !

°
(p.940 :)

fude toranu . hito mo arô ka . kyô no tsuki

Onitsura

la lune d’aujourd’hui :
y aura-t-il quelqu’un
qui ne prendra pas son pinceau ?

nusubito ni . torinokosareshi . mado no tsuki

Ryôkan

le voleur
a laissé
la lune à la fenêtre

mi no aki ya . tsuki wa mukizu no . tsuki nagara

Issa

l’automne de ma vie ;
la lune est parfaite,
malgré tout

°
(p.941 :)

tsukimi suru . za ni utsukushiki . kao mo nashi

Bashô

parmi la foule qui admire la lune,
pas un n’a
visage de beauté

nani kite mo . utsukushiku naru . tsukimi kana

Chiyo-ni

quoique l’on porte
on a l’air beau
en admirant la lune

meigetsu ya . chigotachi narabu . dô no en

Bashô

pleine lune d’automne ;
des enfants assis en rang
sur la véranda du temple

°
(p.942 :)

meigetsu ya . umi ni mukaeba . nana-komachi

Bashô

pleine lune :
se tournant vers la mer,
les sept Komachi *

* Bashô compare les différentes beautés de la lune aux sept formes que prit dans sa vie Ono no Komachi (834-900).

meigetsu wo . totte kekuro to . naku ko kana

Issa

l’enfant pleure :
« Donne-la moi ! » :
pleine lune éclatante

akai tsuki . kore wa tare no ja . kodomotachi

Issa

à qui appartient-elle,
mes enfants,
cette rouge, rouge lune ?

°
(p.943 :)

tera ni nete . makotogao naru . tsukimi kana

Bashô

séjournant dans un temple :
admirant la lune
avec mon véritable visage

°
(p.944 :)

yûzuki ya . nabe no naka nite . naku tanishi

Issa

claire lune d’automne :
crient dans la poële
les escargots
(d’étangs)

meigetsu no . goran no tôri . kuzuya kana

Issa

pleine lune –
mon cabanon :
tel que vous le voyez

°
(p.945 :)

meigetsu no . kosumi ni tateru . ashiya kana

Issa

lune d’automne –
ma chaumière
poussée dans un coin

hashimori to . katarite tsuki no . nagori kana

Taigi

parlant au garde du pont,
je lançai un dernier au-revoir
à la lune

ukiyo no . tsuki mi sugoshi ni keri . sue ninen

Saikaku

deux ans de plus *
ai-je vu la lune des moissons
de ce monde éphémère


* Saikaku vécut jusqu’en 1693, âgé de 52 ans. Cinquante ans était alors considéré comme l’âge qu’atteignaient les Japonais avant de mourir.

ie ko nari . tsuki ochikakaru . kusa no ue

Shiki

une maison seule ;
la lune décline
sur les herbes

°
(p.946 :)

ware wo tsurete . waga kage kaeru . tsukimi kana

Sodô

après avoir admiré la lune,
mon ombre rentre
avec moi

iru tsuki no . ato wa tsukue no . yosumi kana

Bashô

la lune a sombré sous l’horizon :
il ne reste que
les quatre coins d’une table

°
(p.947 :)

akisame ya . mizusokono kusa wo . fumaretaru

Buson

sous la pluie d’automne
marchant sur l’herbe
sous l’eau

akisame ya . waga sugemino wa mada . nurasaji

Buson

tombe la pluie d’automne ;
je n’ai pas encore mouillé
mon imperméable en carex

°
(p.948 :)

nikenya ya . niken mochitsuku . aki no ame

Issa

deux maisons !
deux maisons où l’on confectionne des gâteaux de riz –
pluie d’automne

kuchi akete . oya matsu tori ya . aki no ame

Issa

bec ouvert
ils attendent leurs parents
sous la pluie d’automne

°
(p.949 : à suivre)

19 HAIKU d’été – Blyth – p.864-870

22 mai 2011

°
(p.864 :)

kyonen made . shikatta uri wo . tamukekeri

Ôemaru

« la pivoine était grande comme ça »
dit la petite fille
en ouvrant ses bras

ôgi nite . shaku wo toraseru . botan kana

Issa

pour mesurer cette pivoine
il eut recours
à son éventail

°
(p.865 :)

temo satemo . temo fukusô no . botan kana

Issa

ah, vraiment,
quelle grosse tête réjouie
fait cette pivoine !

niji wo haki . hirakan to suru . botan kana

Buson

prête à fleurir
et exhaler un arc-en-ciel,
cette pivoine !

°
(p.866 :)

bôtan ya . shirogane no neko . kogane no chô

Buson

la pivoine ;
un chat argenté ;
un papillon d’or

kinbyô no . kakuyaku to shite . botan kana

Buson

sur l’écran doré
une pivoine
brille fort

yamaari no . akarasama nari . shirobotan

Buson

la fourmi montagnarde
ressort
sur fond de pivoine blanche

°
(p.867 :)

shirobotan . aru yo no tsuki ni . kuzurekeri

Shiki

pivoine blanche ;
sous la lune, un soir,
s’effrita et tomba



botan chitte . uchikasanarinu . nisanpen

Buson

la pivoine est tombée ;
quelques pétales dispersés
posés l’un sur l’autre

°
(p.868 :)

botan chitte . kokoro mo okazu . wakarekeri

Hokushi

les pivoines tombées,
nous nous séparâmes
sans regrets



ame no hi ya . kado sagete yuku . kakitsubata

Shintoku

jour de pluie ;
quelqu’un passe ma porte
avec des iris



hebi nigete . yama shizuka nari . yuri no hana

Shiki

le serpent se sauve,
la montagne est silencieuse :
cette fleur de lys !

°
(p.869 :)

hebi nigete . ware wo mishi me no . kusa ni nokoru

Kyoshi

le serpent s’enfuit
mais les yeux qui me fixèrent
restèrent dans l’herbe

yane hikuki . monookigoya ya . kiri no hana

Shiki

le toit bas
du hangar ;
fleurs de paulownia



kiri no hana . saku ya miyako no . furuyashiki

Shiki

paulownias en fleurs ;
vieux manoirs
de la capitale

nikkô no . furuki yadoya ya . kiri no hana

Shiki

vieilles auberges
de Nikkô ;
paulownias en fleurs

°
(p.870 :)

shiro-ato ya . mugi no hatake no . kiri no hana

Shiki

les ruines d’un château ;
fleurs de paulownia
dans un champ d’orge

bara wo kaku . hana wa yasashiku . ha wa kataki

Shiki

roses :
les fleurs, faciles à peindre,
les feuilles, difficiles

bara wo miru . me no tsurake ya . yamiagari

Shiki

après la maladie,
regardant les roses,
mes yeux fatigués

°
(p.871- à suivre…)

13 HAIKU d’été – Blyth – p.811-815

15 mai 2011

°
(p.811 :)

sabishisa ya . wazurau ko ni . hotaru-kago

Ryôta

une cage de lucioles
pour l’enfant malade :
solitude

utsusu te ni . hikaru otaru ya . yubi no mata

Taigi

entre les doigts
de la main qui la fit entrer,
brilla une luciole

°
(p.812 :)

kawa bakari . yami wa nagarete . hotaru kana

Chiyo

dans la rivière seule
coule l’obscurité –
les lucioles !



sashiyanagi . hotaru tobu yo to . nari ni keri

Issa

le saule né d’une bouture
est devenu une nuit
remplie de lucioles



mayoigo no . naku naku tsukamu . hotaru kana

Ryûsui

l’enfant perdu,
pleure, pleure, mais il
continue d’attraper les lucioles

°
(p.813 :)

sabishisa ya . isshaku kiete . yuku hotaru

Hokushi

dans l’espace d’un pied
la lumière de la luciole s’éteint –
solitude

yûdachi ni . hashirikudaru ya . take no ari

Jôsô

averse du soir :
les fourmis descendent en courant
le long des bambous

°
(p.814 :)

ari nagasu . hodo no ôame to . nari ni keri

Kuson

cela devint une pluie
assez forte
pour balayer les fourmis

yukue naki . ari no sumika ya . satsukiame

nulle part où aller ;
les logis des fourmis
sous la pluie d’été



haari tobu ya . fuji no susono no . koie yori

Buson

des fourmis ailées s’envolent
d’une petite maison
au pied du Mont Fuji

aogaeru . naku ya wakaba no . tôriame

Rogetsu

les grenouilles vertes coassent
tandis que l’averse passagère
tombe sur les jeunes feuilles

(trad. Munier :
Quand l’averse qui passe
tombe sur les jeunes feuilles
les grenouilles crient)

°
(p.815 :)
amagaeru . bashô ni norite . soyogikeri

Kikaku

la grenouille arboricole
sur la feuille du bananier
se balance et tremble

nabe migaku . oto ni magiruru . amagaeru

Ryôkan

la voix des grenouilles arboricoles
se mêle au bruit des casseroles
qu’on récure

°
(p.816- à suivre…)

7 HAIKU d’été – Blyth – p.681-683

18 mars 2011

°
(p.681 :)

ie no naki . hito niman-nin . natsu no tsuki

Shiki

Le Grand Incendie de Takaoka

vingt mille personnes
sans toit –
la lune d’été

tsurizao no . ito ni sawaru ya . natsu no tsuki

Chiyo-ni

La lune d’été
touchée par la ligne
de la canne-à-pêche

natsu no tsuki . kawa no mukai no . hito wa tare

Chora

lune d’été;
sur l’autre bord de la rivière,
qui est-ce ?

°
(p.682 :)

nesetsukeshi . ko no sentaku ya . natsu no tsuki

Issa

Elle a endormi l’enfant,
et maintenant lave le linge;
lune d’été

waregane no . hibiki mo atsushi . natsu no tsuki

Hokushi

le son de la cloche fendue
est chaud également;
lune d’été

°
(p.683 :)

kayo wo dete . mata shôji ari . natsu no tsuki

Jôsô

émergeant de la moustiquaire,
toujours là dans l’écran de papier :
la lune d’été !



yûzuki ya . suzumigatera no . hakamairi

Issa

sous la lune du soir,
ils visitent les tombes,
appréciant la fraîcheur

°
(à suivre, p.684-)

14 HAIKU d’été – Blyth – p.676-680

16 mars 2011

°
(p.676 :)

kumo no mine . narabete hikushi . umi no hate

Shiki

les nuages houleux
empilés bas le long
de la ligne lointaine de la mer

kumo no mine . ishiusu wo hiku . tonari kana

Riyu

nuages moutonnants;
à côté,
un mortier moud

noyashiro ni . yaiko uchi keri . kumo no mine

Hokushi

le tambour résonne
dans le sanctuaire des champs là-bas,
nuages blancs qui s’empilent haut

°
(p.677 :)

uwabami no . sumu numa karete . kumo no mine

Shiki

nuages surplombant
un marais asséché
où loge un python

ho no ôki . orandasen ya . kumo no mine

Shiki

un navire hollandais
aux nombreuses voiles;
les nuages moutonnants



ari no michi . kumo no mine yori . tsuzukiken

Issa

cette ligne de fourmis
continue-t-elle
depuis les nuages qui moutonnent ?

°
(p.678 :)

natsuarashi . kijô no hakushi . tobi-tsukusu

Shiki

un vent de tempête estival;
les papiers blancs du bureau
tous envolés

yomizu toru . satobito no koe ya . natsu no tsuki

Buson

les voix des villageois
irriguant les champs –
la lune d’été

°
(p.679 :)

shônen no . inu hashirasu ya . natsu no tsuki

Shôha

un garçon
faisant courir un chien
sous la lune d’été

sunahama ya . nani ni hi wo taku . natsu no tsuki

Shiki

la plage de sable –
pourquoi font-ils un feu
sous la lune d’été ?

samidare ni . hito ite fune no . kemuri kana

Shiki

les pluies d’été –
quelqu’un dans le bateau,
de la fumée s’élève

°
(p.680 :)

takotsubo ya . hakanaki yume wo . natsu no tsuki

Bashô

le piège à poulpes :
rêves fugaces
sous la lune d’été

uodomo ga . oke tomo shirade . yûsuzumi

Issa

les poissons dans la barrique
ne savent pas que c’est ainsi –
fraîcheur du soir

hashi ochite . hito kishi ni ari . natsu no tsuki

Taigi

le pont emporté,
des gens sur la rive :
la lune d’été

°
(à suivre, p.681-)

14 HAIKU de printemps – Blyth, p.533-537

27 novembre 2010

°
(p.533 :)

ware wo mite . nigai kao suru . kawazu kana

Issa

la grenouille
me regarde –
mais d’une face amère !

°

ore to shite . niramikura suru . kawazu kana

Issa

la grenouille
fait un concours de regards
avec moi

°

oyabun to . miete jôza ni . naku kawazu

Issa

pas de doute c’est le boss
cette grenouille qui coasse
dans le siège d’honneur !

°

umisô na . hara wo kakaete . naku kawazu

Issa

la grenouille coasse
avec un ventre
prêt à accoucher

°
(p.534 :)

toritsukanu . chikara de ukabu . kawazu kana

Jôsô

la grenouille monte à la surface
par la force
de son non-attachement

°

oshiôte . naku to kikoyuru . kawazu kana

Hokushi

d’après leurs coassements
on dirait que les grenouilles
se tiennent les coudes

°

ta wo urite . itodo nerarenu . kawazu kana

Hokushi

après avoir vendu le champ
je n’ai pas pu dormir :
la voix des grenouilles

°
(p.535 :)

yûzen to . shite yama wo miru . kawazu kana

Issa

calme et sereine
la grenouille admire
les montagnes

°

yasegaeru . makeru na issa . kore ni ari

Issa

grenouille fine,
ne sois pas abattue,
Issa est ici !

°
(p.536 :)

oyogu toki . yorube naki sama no . kawazu kana

Buson

quand elle nage
la grenouille semble
impuissante

°

tobiitte . shibashi mizu yuku . kawazu kana

Rakugo

y sautant,
la grenouille bouge à travers l’eau
un moment

°

sono koe de . hitotsu odore yo . naku kawazu

Issa

avec cette voix
fais-nous une petite danse,
grenouille coassante !

°
(p.537 :)

mukimuki ni . kawazu no itoko . hatoko kana

Issa

grenouilles de-ci,
grenouilles de là, mais toutes
cousines ou cousines germaines !

°

ukikusa ni . notte nagaruru . kawazu kana

Keisa

la grenouille
à cheval sur les lentilles d’eau
dérive

°
(à suivre, p.538-)