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Haïku, etc. de Py – sept 11 – (2)

1 octobre 2011

°

le japonais n’est pas le français
le 5/7/5 n’est pas le 5/7/5 !

5/7/5 : ce costume mal séant !

°

sé . . . . cé
an . . . . an
ce . . . . se

°

… la tension à l’intérieur-même d’un seul mot !

°

fen . . . du

le blanc, c’est ce qui
. . sé . . pare . .

comme le
. si . lence .

°

. dé .
jouer

. dé .
coudre

°

le lecteur
franchit le pont
(invisible, blanc)
entre les mots
du haïkuiste

beaucoup de mots => petit pont
peu de mots => grand pont

°

rigueur budgétaire :
moins de guerres
à poursuivre (?)

°

.éc.
rire

°

écrire
ici
maintenant

sans cesse s’enfuyant

°


.
..boule

°

haïkuiste :
calligraphe du silence des mots

°

le
bleu
se
rêve

°

(le ciel se rêve)

l’herbe bleue

°

les mots
débouchent
le blanc

°

l’oeil
du
dire

°

– tiens, j’entends des cordes !

°

…….peu…….*

°

* d’après :

« …../..rien…/….. »

de Patrick Blanche.

°

« le monde du haïku est ficelé par les lobbys les plus conservateurs, Université de Tokyo, NHK, Jiminto »
Laurent Mabesoone.

°

Nucléaire (1945-2011) :
le cauchemar
ne fait
que commencer…

Hiroshima-Fukushima :
66 ans
de cauchemar nucléaire

°

votez blanc

°

en
cad

°

encstré

°

flot
….te

°

5/7/5 = systématique
(or) casser tout systématisme !

°

dé-
vi-
ss-
er

°

jusqu’où peut-on aller
dans le moins ?

°

ra(p)ide

°


fe
nes
tré

°

en . . . . . . . lé
vo . . . . . . vo
lé . . . . .en

°

at
.ter
…ri _

°

un grand rien
. . rieur . .

°

val . . . . val . . . . val
. . se . . . . .se . . . . .se

val . . . val . . . val . . . .val
. . che . . . .che . . . .che

°

une aile de papillon
volant
sur le trottoir

°

sur l’orgue
la poussière
immobile

°

(ancien :)

enterrement d’un collègue :
le portable de Jean-Jacques
sonne dans l’église

(déc -95 ?)

°

son « post » est rieur…

de rieur
à rien
qu’y a-t-il ?
– peu

supé . . rieur

. . . . .risible

°

étale le moi détale

°

les fleurs
les petits oiseaux
et
Fukushima
(par exemple)

°

le bonsaïku

°

l’avocarotte

°

modéralisateur

°

haïcou(p) de poin)te(

°

(Bashôtage :)

la mare gît
naturellement
une grenouille
réveille
l’oreille
du bananier

°

donner
haïcoudepied(s)
dans l’haïcourmilière !

°

haïding !
haïdong !

haïdingue !

°

.un.
d..e

°

encreusant

encreuser

°

rêveil

°

franco-phoney !

°

toujours plus
simple
!
toujours moins
long
!
haïcourt,
bonsaïcou !

(- Priez pour nous !…)

°

la nuit
passe
peu
à très
peu –
(nuit)
blanche
si
noire
si
long
temps

°

des séries d’o :

ooooo
ooooooo
ooooo
ooooooo
ooooo

(décès
rideau
)

°

se refaire un présent sans cesse

°

photographiant
l’orage
au flash

°

le gouvernement a(-t-il)
mal aux niches * (?)

* fiscales, évidemment…

°

dans la cour
de la maternelle
un oiseau
pleure…

°

des plumes sur le trottoir
– écrire ?

°

2 ordis :
vin à une table
fromage à l’autre

°

3 heures du matin –
les pas
de la voisine
au plafond

°

au passage
deux grains de raisin

°

sursaligned’oooooooo

°

(ancien : « contre B.N. » :)

sous « la cascade du futur »
: il se touche
les neurones !

(4/6/07)

°

l’auto-buste :
celui qui déjà se
portraiture
en postérieur !

il posthérite (?)

°

quatre noirs
à trois heures vingt six
rient
dans la rue

°

dispute : soucoupes violentes ?

(d’après 1/9/07)

°

soleil dans le bureau –
bel oeil dans le sureau

°

onze septembre
américanisé :
indigestion médiatique

°

j’arrache les pieds du haïku

l’arrache-pieds du haïku

le haïku, d’arrache-pieds !

°

mi . roir
mi . quoi
d’autre ?

°

nous sommes tellement dans le dire,
dans les mots encore,
pauvres haïkuisants !
haïkuisiniers d’Occident !

°

je comble tu com-
bles il comble elle com
ble nous comblons vous

cons blets ils comblent elles
comblent entièrement

°

fossoyeurs du haï
ku qui ne font que combler
de mots son trou

°

(à suivre…)

de Mary Davila

11 septembre 2011

°

test results –
the doctor asks
if I go to church

: Mary Davila, in « Versions Weekly » –

résultat de tests –
le docteur demande
si je vais à l’église

(tr. D.P.)
Voir aussi : http://WHCfrench

de Curtis Dunlap

11 septembre 2011

°

closing one eye to pick up the liquor bottle hazy day

: Curtis Dunlap, sur « Versions Weekly » –

fermant un oeil pour attraper la bouteille de liqueur jour brumeux

: C.D. (tr. D.Py)

haïku, etc – Py – août 2011 – 2/2

3 septembre 2011

°

en plein soleil
arrosant
la pelouse pelée

le haïku-grenouille
de laboratoire ?

Lâcher prise –

Laisser place à la vie
qui remplace(ra) *
notre mort

* remplira (?)

nuage

parapente

l’ombre d’un parapente
traverse la route

(Causse noir)

Ils ont tout fait
pour l’étouffer (…)

Adopter le rythme le plus fluide qui soit.

… sur le mont des Muses

°
(S.S.)*

la « règle d’or »
forgée par
le Veau d’or ?

Sarkozy,
Dark Veau d’Or

(D.V.D.)

(Carla – DVD : Sarkozy)

Règle d’or :
la baguette magique
de D.V.D.

* S.S. = Sous Sarkozy.

°

lac

°

lac lac

le vent s’est levé
la voile claque

°

lac

silents cieux y dérivant à l’envers

°

« l’unique trait de » haïku

°

Humani terré(s)

Humaniterreur

Humani. . .taire

°

RÉDACTION

RÉDUCTION

°

De temps à autre
dans la nuit
le frigidaire
décoche sa note
qui peu à peu
s’amenuise
et disparaît

jusqu’à la prochaine

°

Tu as un fax fixe ?

c’est fou c’qu’on peut faire !

°

lush snow
slush now

neige opulente
maintenant fondue

sur WHCVanguard, 200?)

°
(ancien : 2007?) :

Passage Dieu
elle
téléphone

ou :

Passage Dieu
au
téléphone

(Paris 75020)

°

tound ras



(: d’après le haïku de Cor van den Heuvel)

°

au coeur d’écrire
crier
rire

°

la prison (des barreaux) 5/7/5…

5 7 5 7 5
7 5 7 5 7
5 7 5 7 5
7 5 7 5 7
5 7 5 7 5

comment (s’)en sortir ?

TAN KA TAN KA TAN
KA TAN KA TAN KA
TAN KA TAN KA TAN
KA TAN KA TAN KA
TAN KA TAN KA TAN *

* : tankadrillé

la monotone pluie

sonotone

hiver

hiver –
nid vert

fruit ver(t)
(bruit vert ?)

(pré vert)

°

l’aube est de bonne qualité

°

rivière –
placide
la tortue
regarde
les cyclistes
qui passent
dans son lit

°

laissons l’empoté l’emporter

°

r haïcou rci

°

au-dessus des étables
la voie lactée

(: d’après Lee Gurga :
from house
to barn :
the milky way)

la voie lactée
les étables

°

derrière chaque mur il y a une marée

derrière chaque mur, la rumeur d’une marée…

°

jour bleu :

nuages
et ombres de nuages

°

3 heures
puis 2
chemin de haïku

°

le silence
est l’avenir
de l’homme

: écoute.

°

on s’allège

on randonne

on emporte (/ on garde)
le moins
de mots
possible

°

il ne fait pas froid dehors
contrairement aux idées reçues

°

haïku (z) à sécher

allégés d’encre

°

l’épinard haché

°

« HAÏK » :
ainsi écris-je, entre haïkaï, haïku, etc.

°

nue

°

sofa

°

. t .
. as .

°

ra
ts

°

Le haïku te touche*
ou ne te touche pas

c’est tout

*…comme la « scène » a pu toucher l’auteur qui a tâché de la restituer
* mono no aware ?

°

(être :)

vagues se renouvelant
sans cesse venant saper
les fondements
(de la forteresse)
. . . 575 . . .

°

………………e
……………l
……..c
……….i
………….o
…..u
…l



(: à Luciole totoro / Juliette Clochelune + 2011)

°

sã fyzi *

* = écriture phonétique

s’entend
cent ans

°

sac plastique
froissé au fond d’un placard :

nuage-haïku
en formation

°

la table
dressée
fait la belle

°

cauchemar, jument de nuit

(night/mare)

°

Elle habite Abbeville
Sa profession :
poisson

°
(peintures anciennes :)

l’amour
s’avance masqué
d’une feuille de vigne
vierge

vit
d’ange

°

« sûreté
nucléaire » :
quel bel oxymoron !

°

Faire prendre conscience, (r)éveiller

°

elle entre
dans le miroir
pour sortir
ce soir

elle sort
du miroir :
elle sort
ce soir

°

une feuille
sur la
tombe
tombe

°

S’amuser
est-ce
abuser ?

°

Plus courts qu’haïku : « haïk ».

°

île

nage

°

île

cîel

. v .

°

Cassandre :
Ca-cendres

°

guêtre de Guéret

°

dans ses narines
sentant l’eau
qui pourrait tomber –
soir sec

°

seul

°

…… seul..
seule……..
………seul
….seule….
seul …seule
..seule…seul
…..seule…
seule…..seul
….seul……

°

bl
oc

°

la main
dans
la main

main…….main
….dans la….

°
(bashôtages… :)

le vieil étang –
….plouf !….
– et la lumière fut

feu dans sa maison
près de la mare :
Bashô y saute

(remerciements à Sengaï, à D.T.Suzuki)

°

le feu
feule

°

la concision
des mots les plus fins

°

– de quel atoll est-il ?
– de 1906
(deux-mille-neuf-cent-six ?)

°

feu
naître

°

le son de la cloche
tourbillonne
la neige

neige…….cloche

°

l’orage long roule
l’eau crépite

°

concis
lié

°

dis..joint

°

de sous le balai
déboule une araignée
– maison de campagne

°

photographie…

°

n……i
…e
………g
…..e

°

le haïkuiste trouve
le lecteur cherche

°

sauté sur tous ces cassis
(disons dos d’ânes)

°
(haïku)

distendre les liens

°

« quand l’amour, ce rat mort »

(cf. Joe Dassin: « L’Été indien »)

°

dans le jardin les grenouilles faisaient du yoga

°

(à F.T. :)

Il est de bon ton (?)
de descendre Blyth
– Mais l’as-tu lu, au moins ?

°
(haïku)

assemblague

°

la compagnie des vents de banlieue

°

CRAIE(S)

CARIE(S)

°

antennes paraboliques
/ fleurs (blanches) de pissenlits

°
(à F.T.)

Le Christ s’est arrêté à Eboli
le nuage à la frontière
le haïku à Shiki (!)?

°

dis…….tance

°

J’te laisse avec ton
……linSeul…….
(me) dit-elle en se marrant

°

en suite

°

l e n t e m e n t

°

face à face

dos à sod

°

main dans la main
pour traverser la nuit

°

loin….près

°

dessus
dessous

°

main/tenant

°

vert…u

noir…ci

je…une

ja…une

°

haut est plus long que bas

(long est plus court que court)

°
(ABC de la grammaire française :)

« Josette pense à qui ?
Jean mange quoi ?

Mon chien s’appelle Médor. »

« le menuisier scie, rabote et cloue pendant toute la journée »

« Aimez-vous les fruits ? »

« un veuf
un loup
un époux »

« une fille
une poule
une mère »

« un garçon
un coq
un père »

« un chat
une fille »

« mon stylo, mais ma plume, etc… »

« chou-fleur, va-et-vient »

« Monsieur Durand
Madame Martin »

« le fauteuil de ma mère »

trône au milieu de la page

°

Battre en brèche
leurs idées figées

Ruer dans leurs certitudes endormies

(les oeillèr – aïku…)

La tête trop pleine, il faut la vider.

Voler
le feu
sacré

Faire exploser
les frontières / les barrières
du haïku !

, mais surtout :

faire voler en éclats
les barrières mentales
des haïkuistes !

°

trop excité
…paic citron !

°

°

haïku du haïbun « Un bilan » – de Salim Bellen

29 août 2011

°

Il eut trois enfants
planta deux cent quarante arbres
écrivit un livre

°

: Salim Bellen, mer.3/1/07, p.134 du recueil de haïbun Le Singe renifle en décembre, coll. particulière.

« Haïkunoclaste » – 2004 – Py

24 juillet 2011

°

« le haïku
aussi aérodynamique
qu’un suppositoire »

°
d.(10/11/2004, posté sur « gong-haïku »)

Haiku, etc, – Py – juillet 2011 – 1/2

20 juillet 2011

°

– Quel temps fait-il aujourd’hui ?
– Soleil
avec un nuage et demi

en doigts vagabonds sublimes

la part écrite du haïku…
… sa part non écrite

La part émergée du haïku *
seule montre.

* : « Ice-ku »

entre deux
et onze juillet
pas un mot ;
un arc-en-ciel
entre les pins

Babillé /
Atelier dessin de nus au fusain

Détourner les mots
(de leur « vieux » cours…)


(S.S.S)

Malgré tous ses coups de gueule
en l’air
– comme des pets dans l’eau –
l’insécurité
prospère…

les mots perce-blanc

« les confins blancs »

une fourmi noire
encercle le bol blanc
– onze juillet

°

Equilibrer l’encre
et le papier

Faire la part
exacte
du noir
du blanc

(: « taoku »)

le son et le silence

°

la limite inférieure du haïku :
la concentration (de l’encre…)
(de Chine, du Japon, …, de France…)

17 -> 16 -> 15 -> 14 -> …

le « précepte » de Bashô du moins de 50 % (de) formulé !…

– Que le lecteur tombe dans le vide du haïku :
le vide à la fin de l’encre du haïku *,
de la suggestion

Surtout :
ne pas tout « dire » !

« Plus encore que dans le cas du tanka, ce qui est suggéré l’emporte de loin sur ce qui est exprimé. Voilà pourquoi tous les passionnés de silence […] sont susceptibles de devenir passionnés de haïku. »
Ôoka Makoto, p. 12 de Poèmes de tous les jours, Picquier Poche, 1995.

* Equilibrer l’auteur et le lecteur,
la part de l’auteur et la part du lecteur…

°

(à J.A.) :

Le haïku c’est tout le contraire d’un auto-portrait;
c’est un négatif, à la rigueur, une image en creux (du poète)…

« Le poète, suivant en cela les règles du genre, ne s’exprime pas directement. »

Ôoka Makoto, ibid. p. 13.

la cigale tue,
le chant des oiseaux

une fourmi explore
le plat propre


(jour – rouge)

le jour se lève
sur le rouge rutilant du vélo
– pluie

une toile d’araignée
tissée
devant le rétroviseur

pédalant
de chaque côté
de la toile d’araignée

la lune
se glisse entre les rideaux
pour voir s’il n’y aurait pas
quelque sommeil
à dérober

dans son oreille gauche
une tourterelle
puis dans sa droite
une autre
– mi-juillet

la fleur de prunier
rêve-t-elle encore
de sa coupe de saké ?

(cf p.29 de Poèmes de tous les jours, Anon. du Manyôshû)

A quel moment nommer la lune ?

pleins
la lune et le cheval
dorment

°

(à suivre, 2/2)

Haiku, etc. de Py, juin 2011, 3/3

17 juillet 2011

°

lavande :
systématiquement
sa main
dans leur parfum

passant devant
« le jardin fleuriste
de Marie-Antoinette »
interdit
au public

(Sèvres)

premier jour de l’été
sur le banc du parc
une coccinelle endormie

sur le dos du banc vert
une coccinelle dorée
s’éveille

, tourne,

feint de s’envoler

: seule une de ses ailes sort
de sa carapace,
qu’elle range ensuite,
à nouveau.

au pied d’un banc
du parc de Sèvres
le magazine « A nous Paris »

sous l’arbre recevant
une volée de fruits verts :
premier jour de l’été

étonné
que dans ce livre de haïkus
ne vienne pas un insecte
ce premier jour de l’été

ivre
au premier jour de l’été
un papillon
s’élève
à hauteur d’arbre

jour de la Fête de la Musique :
sur le banc
à l’écoute :
oiseaux
et moteurs d’engins

le long du tracé de la Seine
le vrombissement
d’un hélicoptère

coléoptères,
hélicoptères :
le premier jour de l’été

le carnet de haïkus (?),
notes, poèmes…
se termine :
premier jour de l’été

sur le Guide
du Domaine National,
un petit insecte,
brièvement

premier soir de l’été
entre les arbres
un papillon
se faufile

premier soir de l’été
un chien trottine
dans l’allée

sur mon pantalon beige
un insecte
minusculement
marche

entre deux planches
de l’aire des boulistes
un liseron
passe le bras

le ciel craque un peu
la pluie commence à tomber
entre les sifflets de l’oiseau

la pluie
débouche parfois
les petits losanges
de la plaque métallique

de Matsushima
à Fukushima,
Ah !

(en passant par
Hiroshima !)

un rustre
tenant un bouquet
– ah, tendresse !

après Matsushima,
après Hiroshima,
après Fukushima,
quoi ?

: Sarkoshima ?

tant et tant et tant
bour

sur le toit plat
toujours
ce talon haut

(Issy-Val de Seine)

un moustique
et mon bras
– le temps qu’il y fut

(Bashôtage…)

les parenthèses
refermées
de l’étang

L’écriture est une recherche
d’expression,
un chemin, un essai,
une tentative /(une tentation)

L’encre creuse le sens

la mine avance dans la craie
dans le blanc
dans le papier

le crayon creuse sa mine
sa galerie

la maladie d’écrire,
la « diarrhée verbale » …

une fourmi
galante :

laisse passer
l’orage

… et puis,
au bout d’une galerie d’encre,
une pépite de sens…

le trésor (aveuglément) cherché !

tirant toute la couverture à lui,
se couvrant de ridicule…

ouvrant le livre :
un si bémol

(29/30-6-11)

garder le mystère du / au haïku

dix-sept places de parking
au nouveau Centre Médical,
et un amateur de haïkus

(un) agent de la circulation du haïku…

ceux qui meurent
enroulés autour d’un arbre
le premier jour de l’an

les toutes premières culottes
de la voisine
sur son fil

le vertige
du vide

du rien
du silence
du néant

où nous aboutirons,
[néons]

les haïkus surprenants,
illogiques,… mystérieux,…

le silence assourdissant
des fuites radioactives

comme précisé,
j’envoyai mon poème
à la date limite
du 31 juin

une licorne ailée blanche
s’approchant
dans un ciel tout gris
C’est tout

(30/6-1/7/11)

°

Haïku, etc. de Py – mai 2011 – 3/3

2 juin 2011

°

dernière touche
à leur beauté :
train du matin

dernier passage de lèvres
avant d’embrasser
leur journée

avant d’embrasser leur journée :
un dernier tour de lèvres

°

la glycine fleurie :
l’odeur
de la voiture qui démarre

°

les sillages d’avions –
les martinets du soir

lampadaires du soir
et traînes d’avions :
le même rosé

°

ratant ses trains :
rentrée

(: septembre, voire octobre, pour retourner travailler au CRR de Reims ! *)

(* = Conservatoire à Rayonnement Régional.)

ce matin,
le trafic très ralenti
du RER ;

ce matin : jour en (l’) »R » !

°

entre l’Eyjafjöll
et le Grimsvötn,
les imprononçables
nuages de Fukushima

°

ce soir
reconnaissant
le Tui – Ti-ui
(de l’oiseau)
gare d’Orly

°

(L’esprit du haïkaï :)

Tant que nous pouvons
nous extraire
du centre du poème,
faisons-le !

°

matin frais de fin mai
deux Japonaises en ombrelles

°

la fleuriste
penche un pot
: boutons

°

fin mai
les femmes
perdent leurs feuillages

°
(l’art du haïku… :)

la (très forte) tentation
des haïkistes occidentaux :
dire
(au lieu de
suggérer) !

°

(Bashôtages :)

sommeil matinal –
le cri du marteau-piqueur
enfonce la roche

le marteau-piqueur
casse la croûte
du sommeil

°

rempotant sur la terrasse :
le « Duo des fleurs » à la radio

°

secousse,
ses seins tressautent –
les nuages passent

°

le pizziste
monte en mob’ rouge
les marches de son magasin

°

une branche
du matin sciée :
le sommeil s’envole

°

le fils de la rivière se dédouble en fleur

°

get the haiku-fish
as soon as the float
plunges

dès que le bouchon
s’enfonce
ferrer le haïku

dès que les mots glissent
à la conscience
: capture !

sans penser
les mots
atterrissent
sur la page

la trace
d’une cerise
tombée d’un bec

… me poussant au haïku…

°

Avenue Maginot
la coupe au carré
des arbres

°

le train tarde
un corbeau crie

°

sur une feuille verte
un chewing-gum rose

le chewing-gum rose
va-t-il dévorer
la feuille verte ?

°

vient le week-end
et son sourire ventral

°

torsade :
l’angoisse
des glaçons sauteurs

°

fenêtres au soir :
les lampes d’intérieur
et les reflets
des nuages chauds

sur le pare-brise
des traces
de nuages
du couchant

fenêtres :
les différentes
couleurs du soir

°

matin – l’oiseau
ouvre son bec
au soleil

°

fuyant un wagon
pour le suivant :
le fils violoniste
du précédent ?

°

une feuille de ginkgo verte
un trottoir de fin mai

°

furie
du verre
ouvert
déversé
dans le camion

°

au milieu du toit
une chaussure à talon

°

la Fête des voisins
bat son demi-plein

°

les cônes fleuris
des arbres au carré

°

toutes les grues
tendues
dans la même direction –
route du week-end

°

il se trouve que
le ciel
au coin d’une lettre
se couvre

°

Le haïku
défait les liens ;

le lecteur
en reforme

(s’il lui chante !)

°

dans cet escalier
déboulent des feuilles –
silence

°

Insomnie –
demain remplir
la feuille d’impôts

la feuille d’impôts
tombe au printemps

°

je lis
des haïkus de saules…
les pages du livre oscillent

°

bousculé par la bourrasque,
un oiseau circonflexe

°

il s’assied
dans le sens des aiguilles
du train

°

il semblerait
que les oiseaux ont bien dormi :
leur chant clair
ce matin

°

des sandales
aux feuilles des arbres :
blanc de sable

°

toutes les rampes de la gare
un son différent —
cui-cuis de fin mai

°

– Pour qui j’écris ?

– Pour sonner juste.

°

son mollet
bien galbé –
la forme d’un haïku

°

printemps :
planter
de nouveaux radars ?

°

sur la porte ouverte
cette affiche :
« La porte est fermée »

°

pédale et
descend
sans cesse
vers son genou
sa jupe

( rue Marcadet, dernier jour de mai)

°

les vaches
regardent peut-être
passer les trains,

les hommes
plus sûrement
regardent passer les chevaux,

yeux
(d)rivés
à l’écran

(faisant cour
autour
de l’écran
où courent
les chevaux)

claque
une partie gratuite

le balai repousse
tous les paris morts

feuille morte,
paris des joueurs,
le garçon de salle
balaie

°

d.(23-31/5/11)

46 HAIKU de la préface au T. IV de HAIKU – Blyth – p.978-993

31 mai 2011

°
(p.978 :)

faisant du calme
mon seul compagnon :
solitude hivernale

Teiga

°
(p.981:)

regardant attentivement –
une bourse-à-pasteur
fleurit sous la haie

Bashô

dans le radis amer
qui me pique, je sens
le vent d’automne

Bashô

°
(p.982 :)

au sixième mois
le mont Arashi
pose des nuages à son sommet

Bashô

éclairs estivaux !
hier à l’est
aujourd’hui à l’ouest

Kikaku

on peut voir maintenant
quelques étoiles –
et grenouilles de coasser

Yayu

°
(p.983 :)

jetant les cendres,
les blanches fleurs de prunier
se troublèrent

Bonchô

le printemps bientôt fini,
la rose jaune blanchit,
la laitue devient amère

Sôdô

°
(p.984 :)

des fleurs de prunier ici et là,
il fait bon aller vers le nord,
il fait bon aller vers le sud

Buson

fleurs de colza ;
n’allant pas voir le prêtre,
passant juste à côté de chez lui

Buson

prétendant faire exprès
et traversant un temple –
la lune brumeuse

Taigi


(p.985 :)

élevant la hache
pour la couper –
elle bourgeonnait

Shiki

affûtant la faucille,
l’ansérine
a l’air de s’affliger

Meisetsu

froid matinal ;
les voix des voyageurs
qui quittent l’auberge

Taigi

°
(p.986 :)

des voyageurs
s’enquièrent du froid de la nuit
de leurs voix endormies

Taigi

sur le point de saisir l’eau,
je la sentis entre mes dents :
l’eau de la source

Bashô

le cheval rabat ses oreilles en arrière ;
les fleurs du poirier
sont froides

Shikô

ces fleurs de prunier,
comme elles sont rouges, rouges,
oui, si rouges !

Izen

°
(p.987 :)

le long du rivage
tombent les vagues, tombent et sifflent,
tombent et sifflent

Izen

à travers les cèdres
ouf, ouf, ouf,
souffle la brise

Izen

jour le plus chaud de l’année ;
le seul chapeau que j’avais :
volé !

Issa

nuit chaude ;
dormant au milieu
de sacs et de bagages

Issa

claire de lune d’automne :
des poux de mer courent
sur les pierres

Tôrin

°
(p.988 :)

dans la brise printanière
le héron neigeux vole blanc
entre les pins

Raizan

des souriceaux dans leur nid
couinent en réponse
aux jeunes moineaux

Bashô

herbes d’été ;
sur le sentier qui mène au temple de montagne,
des statues en pierre du Bouddha

Gojô

°
(p.989 :)

un coucou chante
parmi les ombres du soir ;
aucun bruit de bûcheron

Kozan

algues vertes ;
dans le creux des rochers,
la marée oubliée

Kitô

un temple de montagne ;
de l’eau claire coule sous la véranda,
de la mousse sur les bords

Kitô

élevant ses cornes,
le troupeau regarde les gens
sur la lande estivale

Seira

°
(p.990 :)

labourant le champ,
pas un oiseau ne siffle
à l’ombre de la colline

Buson

la cascade
tombe en rugissant
dans la verdure luxuriante

Shirô

combien de papillons
ont-ils franchi
ce mur de toit ?

Bashô

à l’aube
les baleines mugissent ;
une mer gelée

Gyôdai

°
(p.991 :)

à côté,
on a cessé de piler le mortier :
froide pluie nocturne

Yaha

le goutte-à-goutte
du seau à savon cesse :
la voix du grillon

Bonchô

le bruit de la carpe,
l’eau légèrement sombre,
les fleurs de prunier blanches

Uryû

jour de printemps ;
on ouvre les portes coulissantes
du grand temple

Gusai

ici et là
des grenouilles coassent dans la nuit,
des étoiles brillent

Kikaku

°
(p.992 :)

la pluie d’hiver
tombe sur l’étable ;
la voix du coq

Bashô

le jour s’assombrit,
gens du printemps qui descendent
du temple Mii

Gyôdai

un printemps non vu par les hommes –
au dos du miroir,
un prunier en fleur

Bashô

le coucou !
la terre des rizières colle
aux supports des sabots

Bonchô

°
(p.993 :)

un coucou siffle ;
entre les arbres,
une tour d’angle

Shihô

champs pour semer des haricots,
appentis à bois –
rien que des endroits célèbres

Bonchô

dans la tempête hivernale
le chat ne cesse
de cligner des yeux

Yasô

°
(p.994 : à suivre)