Posts Tagged ‘haiku etc’

Haiku, etc. de Py – oct. 11 – (1/2)

17 octobre 2011

°

le passé pas si
simple le passé pas si
simple le passé

°

ri pou ri pou ri
pou ri pou ri pou ri pou
ri pou ri pou ri

°

ça plaît ça ne plaît
pas ça plaît ça ne plaît pas
ça plaît ça ne plaît

°

traint contraint contraint
contraint contraint contraint con
traint contraint contraint

°

RIEN . . . T

°

rien t rien t rien
t rien t rien t rien t
rien t rien t rien

°

en religion : le Très Haut
en haïku : le très peu !

°

comme beaucoup
le premier pet sur ta voiture
un haïku

°

le haïku spirale

l’art doux
(/soft)
tout en courbes
spiralées :
sculpture-pelure-d’orange

aspirale

l’artspiral(e)…

lartdoux

°

2/3/2
3/5/3
5/8/5

°

le camion qui passe
emporte avec lui
le bruit de l’aube

(10/6/06)

°

le pont vert
sur la Seine noire
– Maison de la Radio

(6/3/09)

°

une bouteille en plastique
sur l’eau
un canard sur le bord

°

en bas du
Conservatoire de musique,
un concert de klaxons

(13/10/04)

°

le printemps
l’été
l’amour
l’hiver
°

toise –
assez d’énergie pour aller jusqu’au bout du pinceau

°

reçoit
haïku
donne

°

le soleil
joue
une harmonique
d’araignée

fil d’araignée
et soleil
en duo furtif

une harmonique de soleil
sur la corde
d’une araignée

le soleil

le soleil
joue
de l’araignée

°

parallèlement
deux hommes à valise à roulettes
à portable à l’oreille

(ancien –> 4/10/11)

°

(Bashôtage :)

un claquement,
des rides
: un haïku

un claquement,
des pattes* :
le haïkaï

* : des pieds ?

°

maison de retraite
les pommiers fleurissent dans la cour
(- octobre)

°

(une) déviaviation

(: un détournement d’avion)

°
(Zenryû / Bashôtage :)

what is the sound
of a swamp ?

quel est le bruit
d’une mare ?

avant la grenouille,
le bruit de la mare ?

après la grenouille,
le bruit de la mare ?

la grenouille
est-elle
le bruit de la mare ?

le plouf
de la grenouille
est-elle
la clé
de l’étang ?

le plouf
de la grenouille
ouvre l’étang

dès que la grenouille entre,
l’étang se referme

silence bruit silence

calme plouf ! plat

calme clame calme

CHOC

clameur calme lac

ré – calme

°

devant la cathédrale
la jeune Japonaise
danse
pour la photo

°

« Je regarde la mer. J’apprends à devenir poisson »

: le premier druide in L’enchanteur pourrissant, d’Apollinaire, p. 25, éd. Terre de Brume

°

Caprice est fini ?

°

Dans le haïku, la prose est le liant, le ciment ; le haïku étant la pierre…

°

un noyau d’avocat
vient jouer la toupie
sur le parquet

°

Le « haijin » établit (un lien entre) deux éléments, une passerelle. Tout son art consiste en cette passerelle (que le lecteur puisse emprunter), en cette architecture (plus ou moins visible…/ plus ou moins lisible…(?))

°

(À Salim,
à nous)
:

ce 9/10/11
je me souviens
du 9/8/7
où l’ami cher
disparut
sur une route
de Colombie

Où naviguons-nous ?
entre quels chiffres
bornés ?

°

Aimez-vous (le) brame ?
– Octobre
(il va sans dire !)

°

sur 50 ans
j’ouvre la langue
plusieurs fois

°

« La forge des mots »

la forge des mots
le forage des mots
le fromage des mots

S’amuser (« asobu »)
des mots,
du langage…

la faiblesse des mots…

°

sans connaître le but,
poursuivre son chemin…

°

à ceux que le zen
gêne je dis à ceux que
le zen gêne je

dis à ceux que le zen gêne
je dis à ceux que le zen

°

le gavage des poches
le gavage des proches…
: les oies du pouvoir

°

la réduction
– séduction
rédemptrice ?

°

je lis un poème rimé,
je m’endors

°

à l’époque des fleurs,
l’explosion
de Fukushima

°

l’arbre

°

le zen les a gê-
nés le zen les gêne le
zen les gênera

aux zen-tournures…

gêné né gé

°

déséqualibrer

(le haïku ?)

(pour voir
s’il tient encore
debout ?)

°

ils
cent tasses
dans le train du matin d’automne

vers la mi-octobre
, chevilles ouvrières

(et coups de pieds
/ reçus / donnés)

– Bosse ou crève !

°

je relis des pensées
où en est la lune ?

je suis d’une génération papier
où en est la lune ?

°

Peu importe que mes poèmes soient ou non des haïkus !
mais que je sache quand c’en sont,
quand ce n’en sont pas,
et pourquoi, et comment !…

°

neige abondante lush snow
maintenant fondante slush now

(: ancien)

°

une boucle d’oreille
en feuille bleue (métallisée)
au pied du parc
ce quinze octobre

°

dans les affaires
du clodo parti :
des pigeons

°

(à suivre : 2/2)

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Haiku, etc. de Py – sept 11 – (4)

2 octobre 2011

°

la cigale chante comme-ci
la grenouille chante comme-ça
– Qu’y pouvons-nous ?

il faut de tout
pour ne pas s’en faire
un monde !…

°

papillon,
passeras-tu septembre ?
ton vol égal !

épouser les papillons

les peupliers…les papillés

°

le train passe
un sac plastique s’affole

°

insomnie –
les photos de mes enfants
heureux

°

d’illusions
en ermitages
– et retours ?

°

……………
…yourte…
……………

d.17.9.11

°

.ce peu
n’est pas
…rien

« Ainsi la hutte, qui est peu, n’est-elle pas rien du tout. » Chr. Doumet inTrois huttes, Fata Morgana, 2010 – 3) Bashô, p.116.

°

..transparence..
intranscriptible

la TRANSPARENCRE

°

le monde
contient la possibilité
d’une fois

tout

°

« Les mots, dans le temps même où ils nous approchent au plus près de l’inconnu, nous le dérobent » Chr. Doumet, in Trois huttes, p. 39 (Thoreau).

DÉROBER
N’EST PAS
DÉVOILER

Que révèlent les mots ?

Que cachent les mots ?

un mot
peut en cacher

un autre

ce mot
bouche
la vue

l’ombre
du
mot

faut-il
se déporter
des mots ?

– apprendre
de biais ?

contourner
les mots

– se détourner
des mots ?

– abattre
les mots ?

°

gourou,
tu cours où ?
fais courir où ?

°

où se réfugient
les oiseaux
quand il pleut
si fort
si long
?

(Fête de l’Huma, 17/9/11)

notre Fête de l’Huma :
Joan Baez
sous les trombes d’eau

°

Montrer
transparamment

°

sols….tice

équi….noxe

°

cl…..ic

°

« Dégraisser le » haïku –
Amincir le haïku
des mots « morts » :

creux, vains, inutiles, voire même nuisibles…

°

« vers mi-sots »

°

– Se retrancher du je(u) ?

°

étendu le linge
puis étendu l’homme
au soleil
– dimanche de septembre

°

Écrire, c’est prendre ses distances
avec une certaine « réalité »
– fausse ?… : par exemple celle
en laquelle « on »* s’ingénie à nous faire croire.

* = nos « gouverneurs » de tous bords…

« Ni dieu, ni maître ! »

°

des wagons aveugles
(fermés ; plombés ?)
passent sur le pont

(Orly, 19/9)

°

des feuilles rousses
dans le sas –
rentrée de septembre

°

en haïku, faut-il « nommer » (/ « préciser ») ?

– : génériquer !

°

(5/7 :)

croquer dans la pomme
étiquetée « tentation »

°

« Happening » / « Montage » (d’une)
Exposition (permanente ? en tous cas
dans le plus d’endroits possibles à la fois)
des statues en pied (en cire genre Grévin ? / en carton ?)
qui inondent un lieu (jusque dans les toilettes, etc. la cour, les différentes salles…) –
Voir / Constater les réactions des visiteurs, des agressés, etc.
du couple Sarkozy (dont un ventre gros…)

°

« Mesdames et Messieurs, le départ
de notre train est imminent » :
Deux bombasses * arrivent
on les attend

* en bout de souffle

Mettez
la là,
votre bouteille qui glisse !…
(- TGV.)

°

Tromper le temps = le devancer ?

le temps devant soi –
établé –

(ex.: une heure et demie à glanduler)

°

petit dictionnaire lustré …

°


….pouille

°

7 h 30
les quais déjà longs de monde

(Orly, 20/9/11)

°

Lord I.
et
Lord Inateur

°

Mouvements de taï-chi –
une mouche
sur la barre de danse

°

« mouspique »,
insistait l’enfant :
on doit dire « un mouspique » !

°

salle des pas perdus
– comme un pigeon (lent)
picorant des mots

°

mon goût pour la viande a varié

°

ré….partir

°

dé….porter

°

les mollets du postier
sur sa machine !

°

ha….mac

ham….mock

°

ré….duire

°

ce pigeon ignore
que son maïs
est transgéniqué

°

Mets tes boules Quieski

°

un moucheron
aussi insomniaque
que moi !

°

arrêté de boire :
remportant à la tombola
une cave à vins

°

extraction dentaire –
encore un formidable jour

extraction dentaire
le roux et vert du parc

pendant qu’il anesthésie ma gencive,
sa respiration

m’approchant du pont
: remous dans l’eau

°

marrons écrasés
dans la cour de récréation
des petits

°

Haïkus en déconstruction

un haïku décroissant

°

(Busonade :)

un papillon
sur une cloche
endormie

°

l’oeuf haïku
les mots spermatos

°

son livre
ouvert en lotus

°

(en haïku :)

tout ce qui risque de « ternir » l’image :
effacer !

°

pick-pockets =
pioche-poches ?

°

5/7/5 : quand la forme tue parfois le fond

°

la cheminée rejette
dans les couleurs du matin –
bébé babille

°

sur le pont de la péniche
des pigeons
passent

°

penchée sur ses devoirs

penchée sur ses devoirs

°

jusqu’où le haïku
lard minimal

le haïku c’est (aussi)
se passer de(s) mots.
Question : jusqu’où ?
/ jusqu’à quel point ?
/ quelle limite ?

Y a-t-il une limite
inférieure / minimal(ist)e
au haïku ?

°

.

°
= (à) la pointe du haïku

°

.

°
= haïku monostiche vu de côté, en Occident
/ vu du dessus (ou du dessous) au Japon

°

l’âne voit en l’homme un âne
le Bouddha voit en l’homme un Bouddha

°

flûte pentatonique
creusée dans un
radius de vautour

« Ce n’est pas moi qui peins,
c’est la fourmi qui peint. »

crocodiles albinos –
le petit doigt tordu
du peintre rupestre


= in La grotte des rêves perdus, film de Werner Herzog, sur la grotte Chauvet.

°

.
.
.

°
= haïku occidental (tercet) vu de côté

°

les mots effacés,
reste le haïku blanc

: entièrement

ou presque, selon qu’il reste
encore quelque(s) mot(s) ou
bribe(s) de mot(s)
visible(s)…

le haïku : anti-conceptuel / a-conceptuel (?)

le haïku « minimaliste »,
dans un rejet de toute « émotivité »
(subjective ?) ?

minimart / minimaïku (?)

°°°

d.(sept 2011)

Haïku, etc. de Py – sept 2011 – (3)

1 octobre 2011

°

Le haïku, ça coule de source !
le haïkou, ça roule !

: du haïku d’intello(s),
ce n’est déjà plus du haïku


(le 5/7/5 :)

c’est un haïku à trucs
(de remplissage), c’est
un haïku truqué !

(= des « haïkulubrations » , pleins de mots creux…morts…)

rempli rempli rem
pli rempli rempli rempli
rempli rempli rem

°

en japonais : « kuyu » : pour « haïkuisants » / haïkouillus ?

°

nez zen nez zen nez
zen nez zen nez zen nez zen
nez zen nez zen nez

°

lambdassadeur / lambdassadique

°

vos écornocroques…

°

à chacun son caca nucléaire (?)

sous l’pont du Gard :
Marcoulé (?)

°

le brigidaire ouvert…

°

hi-han hi-han hi-
: que voilà un bon haïku
de pieds de l’âne !

°

(un ver de haïku / tous les matins / à jeun (?) :)

à boire à boire à

°

(Bashôtage :)

Du fond des temps
au fond d’étang ?

°

le haïku c’est
(à la limite)
ce qui t’échappe…

ce que tu peines à saisir –

l’à-peine saisissable
luciole-haïku

insaisisSABLE

°

Coupez le doigt qui montre la lune !

(Que reste-t-il ?)

°

Ha-Gard :
Marcoule

(?)

°

… Continue ton ratio-ciné
(seul) !

°

je délire, tu
délires, il délire,
nous délirons, vous

°

Montrer
exactement
pour que le lecteur
voie
exactement

Montrer
TRANSPAREMMENT

°

semer sa zenzanie
et
se l’haïcouler douce

°

refroidir
en permanence
le réacteur
du haïku

°

riz (x 5) == riz (fois 5)
riz (x 7) == riz (fois 7)
riz (x 5) == riz (fois 5)

.=====.
=======
.=====.

°

1 pied 2 nez 1
pied 2 nez 1 pied 2 nez
1 pied 2 nez 1

2 pieds 1 nez 2
pieds 1 nez 2 pieds 1 nez
2 pieds 1 nez 2

(faux-kus et faux tankas (ou « tankça ») :

je remplis tu rem
plis il remplit elle remplit
nous remplissons vous

remplissez ils remplissent elles
remplissent je remplis tu rem-

plein (x 5)
plein (x 7)
plein (x 5)

j’empile tu em
piles il empile elle
empile nous em

pilons vous empilez ils
empilent en manque-t-il ?

je farcis tu far
cis il farcit elle farcit
nous farcissons vous

farcissez ils farcissent elles
farcissent je farcissais tu

°

Comment le Chili
célèbre-t-il
le 11 septembre ?

°

é
cré
mer

°

la pomme rouille
peu à peu
les dents
la reblanchissent

°

En Occident, oui,
difficile
de ne pas donner
des haïkus que de tête !

°

(faux-ku à la rue :)

je rue tu rues il
rue nous ruons vous habi
tez chez vos parents ?

°

Théorire

°

obi
et ombrelle :
Japonaise
en un jardin rémois

°

………..
…hutte…
………..
d.:15.9.11.

°

………..
…ancre…

°

« wanka » =
tanka + waka ?

cf : wanker (engl) = onaniste (?)

°

Juvisy – je saute immédiatement
dans un train de retour
: un catadioptre sur le siège devant moi

°

bariolée,
portant un bouquet
de beaucoup de couleurs

°

l’ermitière

°

ron (x 5)
ron (x 7)
ron (x 5)

°

« mouspique »
insistait l’enfant :
on doit dire « mouspique » !

°
(à suivre…)

haïku,etc – Py – août 2011 3/3

3 septembre 2011

°

le printemps plaisant
plein temps présent

(5/4/11)

°

sur la portière
de sa voiture
la calligraphie
d’un autre véhicule

– sa portière
éraflée :
calligraphie

éraflé e

°

la roue continue de tourner
cerceau
nous entrons dans l’automne

le fauteuil de ma mère

trône au milieu de la page

°

dans L’EAU DES RÊVES,
pas déçu

°

un moustique
comme s’il
piquait
le mur

orties…….moustique

°
(tanka d’hu/d’a mour :)

cette nuit
je te dis
je t’aime
tu avais
tes boules Quies

°

Haïku ? Pas haïku ?
quelle inimportance !

(mais l’expression !)

pahaïku

°

Il faut
nous effacer

laisser la place

disparaître

prendre (la) mort

écran

fin

°
(à F.T.)

le silence
n’est pas
japonais !

°

la tête trop pleine
il faut
la vider

le haïku
trop plein
il faut
le vider

°

Voler
le feu
sacré

Faire exploser
les frontières / les barrières
du haïku !

, mais surtout :

faire voler en éclats
les barrières mentales
des haïkuisants *

* : les si rigides !


rigidi
fier

faire
fondre
leur esprit
mathématique / algébrique

ex
plo
ser

les
certitudes !

Faut-il ja-
pondre
?

Faut-il japper japonais ?

°

trace

limace

escargot

effacer

abstraire

s’échouer
sécher

°

écrire un haïku
de la longueur de temps
de la finale
du 100 mètres plat hommes
des championnats du monde
d’athlétisme
de Daegu
en Corée du Sud

un haïku
qui dure 9 secondes
et 92 centièmes

un haïku
qui dure
10 secondes
et 90 centièmes

°

haïcourbe

haïcourse à pied

°

comme l’écureuil
avec ses noisettes
jouer

°

haïcou parfumé

coupez le haïku !

°

la prostituée a remonté
la vitre de son camion
– fraîcheur de fin d’août

°

Travailler le moins possible
pour gagner juste ce qu’il faut

°

oreille

°

toundrap
toundrape
toundrapé
toundrapeau
toundraperie

ligne

corde ?

ligne…….linge

savane…….savate

signe……..singe

°

voir – entendre

oeil

onde

ronde

valise…….valse

valse…….vase

valise……valse……..vase

Louvre – boat

événement

vnmnt

bug

°

le blanc tendu
entre deux mots

°

redire
l’instant
plouf

°

déclic

clic

°

le silence………l’océan

l’au – céans

°

Le haïku est un sous-écrit

°

vide

plein

le monde est vide
le monde est plein

le monde est ici
le monde est ailleurs


non-né

à nous de l’accoucher

de le crever

°

es pa ce s

espèce d’espace s

°

sorti(e) du silence

on s’interroge

°

confondre
l’avoir
pour
l’être :
qu’ils sont nombreux

lavoir…….lettre

°

cul…….commode

fête…….tête

charrie……tables

°
(« haïcul » avec « kigo » :)

cani….cul

°

véhi….cul

°

mon
posté
rieur *

* cela peut s’appliquer aussi aux messages humoristiques

°

f e
s s
e s

l e
f e
o *
fe
s s
e s

* représentant le petit trou central,
l’origine des fèces !

un p’tit cul
un gros mot


(senryû à l’orage :)

satire les foudres *

* = contrepétable !

cul……..poulet

fond…….bouteille


(conseil imagnaire à « B. » :)

Méfie-toi de ne pas mériter dorénavant le surnom de Monsieur Moncul !

charrie…….tables

°

« bricolage..(:)..juron »

: D.G.

°

les petites cuillers tournent lentement sur elles-mêmes
à l’approche du soir

(2000?)

°°°

Haïkus, etc. – Py – juin 2011 – 1/3

12 juin 2011

°

vole au-dessus
de muets métro-gnomes
un insecte blanc

autour de la lampe
même en plein jour,
les mouches

18 heures :
les oiseaux se mettent à chanter
chacun à sa manière

trois cerfs-volants
au fil du champ :
épouvantails

deux papillons blancs
au-dessus de
liserons blancs

cinq juin au matin

concomidanses

désesnoir (profond)

°
(tanka :)

sur mes lunettes
des gouttes de pluie
devant mes yeux
son jeune et beau
visage

°

consciencieusement
sur son banc
son doigt et son nez

°

grande flaque
au milieu du trottoir –
la roue tordue du vélo

du verre
se jette
sur un camion

°

dans la cour de l’école
des pétales de cerisiers
jouent

des pétales de cerisiers
dans la cour de l’école


(duilien :

la cour de l’école
les pétales du cerisier

°

(d’après Sengai :)

le saule aime
quand il y a du vent
quand il n’y a pas de vent

°

plus intéressante et drôle
la lecture du « Canard »
(de cette semaine)
que cette anthologie
de haïkus japonais
d’aujourd’hui !

°

point n’est besoin
au ciel
d’envers
ni d’endroit

°

du magnolier

°

Les trois disciples
de Ramana Maharshi :
une vache,
un petit écureuil,
un vieux corbeau.

(: in : Plus on est de sages, plus on rit, d’Eric Edelmann, Le Relié Poche, 2005, p.130)

°
(Bashôtage :)

la vieille se marre –
les grenouilles
plouffent

(cf : Recueil de Vers / Quintessence de la Poésie Japonaise, Mots et poèmes tissés pour chanter la beauté du Japon, éd. Biken International, mai 2011, p.12.)

°

Haïku, etc – Py – mai 2011 – 1/3

16 mai 2011

°

quatre-vingt-onze printemps :
un bouquet de muguet
par Internet

le balcon donnait sur la mère…

(cf : Cocteau : « le balcon donnait sur la mer,
le bal qu’on donnait… »)

°
(Bashôtages :)

toute la nuit
des plongeons
dans l’étang

l’étang endormi
– splash !

torpeur –
la grenouille
éveille le poète

vieil étang
jeune grenouille

le passé dans la mare…

la grenouille
est le réveil
de l’étang

pas de rondeaux :
dans la mare la grenouille
s’exerce au haïku

°

ce matin
le monde
encore debout ?

rue du onze novembre mille-neuf-cent-dix-huit,
des chants si volubiles !

d’autres fleurs blanches
sentant si bon
– soir de mai

°

au soleil
sur la terrasse,
(à) effeuiller
des haïku

tailler
les (mots des) haïku
à la serpe

(d’après Blyth HAIKU I, p.180)

revenant sur la terrasse :
la chaude couverture
du livre

ah, l’odeur du pain
sur la terrasse –
et dans toute la maison !

de la merde séchée
étalée
sur un siège de train

un homme s’y assoit

antenne télé –
une araignée
gratte le ciel

°

(Que) le haïku frappe

par son exactitude
par sa justesse

(ex.: un dessin satirique)

:

touché /
coulé /

(Que) le haïku
déclenche l »‘explosion »
du lecteur !

°

du milieu des fleurs de cerisiers
descendant du train :
la cohue du week-end !

un vol de canards
sous la fine lune
– début mai

la sérénité de savoir
tracer son sillon :
labourer les haïku

chemin solitaire –
la joie aussi
est au rendez-vous

pas seul :
le bruit de son siège
pivotant

ce monde
mercan – tilt !

un bourdon de mai
ajoute sa musique
(enveloppante)

choix de haïku :
réveiller les gens
de leur torpeur…

un mariage passe :
klac
sonnent

klaxons
et youyous :
premier samedi d’aimer

filante
sous l’oiseau en vol

fi(l)ante

grincement de bois
sur l’après-midi :
l’ombrelle du jardin

sérénité :
même la scie du voisin
ne saurait l’interrompre

sur la voiture…

pas besoin de bouger :
les haïku viennent

– et repartent…

(la) voiture (noire)
immobile (au soleil) –
les cônes roses se balancent

du sud
au nord ;
une porte claque

le soleil
s’assied sur une chaise

( petit à petit )

je lève mon verre :
les feuilles,
les cônes de l’arbre
bougent

Fukushima –
sur un programme de concert,
le nom d’un compositeur :
Hiroaki Fukushima
(né en 1979)

l’ouzo :
zou !
– samedi de mai

le voisin
creuse les murs :
termite ?

le voisin du dessous
formatant ses planches
– pelouse

une voisine tourne
au coin du bâtiment
– pelouse

entre lampe
et bière :
premier moucheron de mai

elle plonge aux Maldives –
des glaçons dans mon ouzo

contre le verre
chantent les glaçons –
après-midi de mai

arbres encônés :
vers où le mariage
s’est dirigé…

°

Le haïku ne fait pas dans la « poésie »
(= la recherche « ampoulée » des mots),
il fait dans / il vise à
la simplicité
– voire à l’extrême, la plus nue
[des] simplicité[s]

Dépouillement :
elle passe
avec son chien
(point).

°

au bout de la branche
le cône dansant
de l’arbre
– vent de mai

soir clément de mai ;
un tapis
sur une clôture

les planches
blanches
du voisin
sur la pelouse

balcon –
protégé des voisins
par leur séchoir à linge

balcon –
un avion à réaction
fait vivre le ciel

trois chaises
face à face ;
un corbeau

trois chaises
n’ayant rien à se dire
– terrasse

dès mai, nageuse
en eaux profondes aux Mal
dives * et de mer

* : she dives !

sous l’Aquilon là,
prendras-tu une cherry,
chérie ? – Ciel, son fiel !

à fond,
sans s’occuper
de la forme !

plus le bol est vide,
plus il peut se remplir

avec le nucléaire :
les lendemains qui déjantent
(- les aujourd’huis,
les hiers, même !)

A quand un Monument
aux Morts
du Nucléaire

passés
à venir
et en cours ?

(le futur est irradieux…)

°

Du haïku, souvent,
privilégie le premier jet

(: il a la force du nouveau-né
/ l’énergie)

[: l’ énerjet !]

°

moineaux pointillistes
square Montholon
ce huit mai

la voix des moineaux
parmi les roses rouges !

elle nage
au milieu des raies-manta,
des requins-baleine ;
ici, au milieu des instruments :
concert au salon

odeur de barbecue –
fleurs et oiseaux
dans le soir de mai

repoussant sans cesse
les assauts du travail

(aliénant)

un ciel de traînes
d’avions
et de nuages blancs

(: Orly, soir de mai)

premier janvier :
un ciel d’étrennes…

prendre en photo je ne puis
le chant de l’oiseau
de ce soir

dimanche soir
un klaxon :
retour de mariage ?

Issa
et ses animaux
domes
-tiques !…

fascinant
geste
de la laveuse de carreau

sur la table
les sardines
attendent
le retour de la mèr(e)

entre trois livres de haïku
une mouche
marche

pétales jaunes
au bord du trottoir ;
variations aviaires

dans les bosquets
près de la voie

– quel bonheur !

variations aviaires
si volubiles :
retranscrire en mots
leur solfège

entre ses lèvres
le bout de sa langue
: lecture

swifts
for the first time
over other bird songs

(Nogent s/Marne, 10/5/11)

la voix des oiseaux
– plus mélodieuse
que celle des humains

café allongé :
à Simplon : 2 euros trente
à Saint-Sulpice : 5 euros

jambes
haut-croisées
: l’oeil nu

l’estafette
emplie de plants de fleurs roses :
mai municipal

balais, fourches, râteaux :
l’estafette municipale
au printemps

sur le paillasson
quelques feuilles rousses
: dix mai

retraite :
apprendre à reconnaître enfin
fleurs
et oiseaux…

elle lève son appareil photo
vers la femme
à la lyre

le soir tombe,
on dirait que le parfum des fleurs
grandit

le vieux chat
joue
dans le jardin

ah, les
Ti-he,
Ti-ui,
Tui-tui
des matins de banlieue !

coquelicots –
il s’essuie le cou

°

« Ploc!
la lettre du haïku »
=
l’épître de l’apôtre *?

* , l’auto-promu, l’auto-baptisé !

Hé, l' »apôtre » !
le vent souffle
sur la montagne !

haro
sur l’arrogant
qui s’arroge
de faux-titres
de gloriole
(le mariole) !

= le grenouille-boeuf
(du haïku) ?

légèrement condescendant…
– mais quand même du singe !

°

les ailes (vertes) en V des hamacs –
le bruissement des cigales

(d’après une carte postale : « Non à la rentrée! » – « Repartez »)

l’avion
encore au soleil
– soir de mai

/
(brille
comme un navire
qui fend le ciel)

l’araignée noire
au centre de graines
du printemps

swallows, swifts,
in and out
of the nostrils
of the Great Buddha

une plume
sur le trottoir
rue des Meuniers

dans le métro
une grenouille
: téléphone

mangeant sa salade
dans le métro,
des feuilles tombent

dans le ciel
des grues
des nuages

petits liserons,
petites pâquerettes :
une pelouse défoncée

des vagues de pas
dans le sable
: vacances,
bonheur !

grand-mère,
ses mains
de pierre
glacée

(à suivre : mai 2011 – 2/2)

Haïku, etc. – Py – avril 2011 – 2/2

2 mai 2011

°

dans ce pré
qui sont plus nombreux :
les moutons
ou les pissenlits en fleur ?

les oiseaux lancent leurs filets
– mer du nord

(: Arte, 19/4 – Frise du nord)

vie et mort
d’un mille-pattes
sous la douche
aux belles antennes

la « propreté » du nucléaire
c’est comme
pousser la merde
sous le tapis

dans un champ
trois ânes
côte à côte
: un haïku ?

°

le haïjin, c’est (comme) un réducteur de mots

Le poème,
tu y as pensé
(ou pas) ;

au moment où tu écris
les mots jaillissent


(Bashôtage :)

le haïku
c’est
la conjonction
(du saut) de la grenouille
et de l’eau


Bashô,
le haïku
(plouf !)
c’est
le centre
de la cible !

« Faire du haïku,
c’est redire
l’instant-plouf »

°

au-dessus du bosquet * qui sent si bon
des pirouettes si variées d’oiseaux

* oranger du Mexique

dans le ciment
sa main
figée,

dans le ciment
deux de ses pattes

°

Que ton haïku coule comme (de) l’eau
(cf : Santoka)

Les mots de ton haïku
coulent comme l’eau !

Retrouve la fluidité

Décante ;

les lendemains (qui) décantent ;

le temps (qui) décante…

°

deux cheminées d’incinérateur :
poteaux
pour quel ballon ?

entre les deux cheminées
de l’incinérateur
la pleine lune

(: sans lune, en plein jour, à Vitry s/Seine)

°

aujourd’hui
dès l’avant-réveil :
un jour à mots (…)



ortogriffe : scénette…

Soit une saynette –
la sonnette retentit
c’est net !

°

Dans ce village venteux
un volet claque…
: Vestern en Aveyron ?

la boule de thé,
le bol,
le soleil
: matin en terrasse

°
(mes) Réflexions sur le haïku – Kyôku à la serrure :

A l’inverse du court-long-court en usage traditionnel pour le haïku, le long-court-long me plaît au moins tout autant :

La course du vent
s’achève
dans la serrure

: Tzonka Vélikova

d.(21/4/11)

°

terrasse –
quelqu’invisible
m’enfume


(Bashôtage :)

en haut de la branche
un corbeau :
crépuscule d’avril

crimes, catastrophes, guerres, sarkozys :
à la télé =
rendre les gens malades ?



Piqûre de rappel :

que deviennent
nos petits nuages,
nos pois(s)ons
du Japon ?

quelques chiens errants
(apparemment
pas encore
malades)
autour
de la centrale
(explosée)

rejets
déchets

rejets
déchets

rejets
déchets

l’océan
empois(s)onné

l’oséan

°

la poésie, c’est :

des mots qui débordent
(de la raison « pure »)

des mots qui s’échappent
(liberté)

des mots qui se lâchent
(…)

Inventer c’est voir

c’est prendre du recul

apposer aux choses « connues »
un regard décalé…


(ancien :)

je prends la plume aussitôt l’aile

(c’est une image …)

°
(ancien :)

6 heures du soir
au-dessus de (la pendule de) Saint-Lazare
une demi-lune
(verticale)

6 heures
ce soir
au-dessus de Saint Lazare :
nulle demi-lune

°

…les mots tels qu’atterris (sur ta page)…

– des fois : poème crashé ?

°

s’exp(l)oser
au nucléaire…

le temps est irradieux,
n’est-il pas ?

°

pétales blancs
sur la chaussée
des pigeons picorent

des arbres verts
au carré
les cônes roses

la nuit : une branche
sur quoi les oiseaux
piaillent
à qui mieux-mieux

seul un oiseau
traverse le jour
le livre tremble

pins parasols –
derrière eux
la solution du soir

mon regard
croise ses cuisses
– soleil

ce moineau
prend un bain de sable
– fin avril

(cf. Onitsura)

au-dessus du bosquet
qui sent si bon
des trilles fous d’oiseaux

gare d’Orly
l’oranger du Mexique
s’épanouit

les arbres dorent –
redistribuer

(Sarko – et le nucléaire :)

– Qui
convainc-t-il encore,
englué
à pédaler
dans sa semoule
?

(elle) passe
sous le tourniquet
son string rouge

fin avril
passé par la rue
du Chat qui pêche

Théâtre de la Huchette :
juste un peu plus vieux
que la Cantatrice chauve *

* : pièce d’E. Ionesco, qui s’y joue sans discontinuer depuis 54 ans.

le bruit du couteau
qui pèle sa pomme
– soirée d’avril

au-dessus des orangers du Mexique,
trilles si mélodieux !

dans la salle
(…)

la pendule
de l’église *
éternellement
midise

* : Saint Sulpice

affûtant mes oreilles
aux chants d’oiseaux
– 1er mai

Qu’est le temps ?
: pâte à modeler

°

(Mes rélexions sur le haïku (= kyôkus) :)

Vers le haïku alexandrin =
de 17 « syllabes » vers 12 =
du rythme naturel de la poésie japonaise « traditionnelle »
au rythme naturel de la poésie française « traditionnelle »…

Etant donné qu’il y a très souvent deux éléments juxtaposés dans le haïku (japonais), ces deux éléments peuvent prendre la forme de deux hémistiches (environ), dans le haïku-alexandrin français.
L’exemple peut nous en venir (: celui du nombre restreint de syllabes – vers 12 !) de la fréquentation du haïku anglophone (/ nord-américain), qui peut dire en (si) peu ce que le japonais dit en plus (17).
Puis on peut encore écourter (en français), à condition d’en dire assez quand même [pour ne pas trop désarçonner le lecteur] :

brassant le brouillard,
l’éolienne

dp.(30/4/11)

°

parmi les jeunes feuilles
les chants verts d’oiseaux


(C’est latent, c’est patent :)

elle attend un enfant
– son enfant la tend

°
((mes) Réflexions sur le haïku :)

La forme n’existe pas
(pour elle-même)…

/ Au fond, la forme fond ?

°

d.

Haïku, etc. de Py – mars 2011 – 2/2

10 avril 2011

°

drinking
his eyes
meet
the moon

°


un membre de la famille
au port de la mort noire

°

Oh !
Ah !
Oh !

: haïku court.

°

quelle forme a donc
le nuage japonais
qui s’en vient
caresser la France
aujourd’hui ?

°

au croisement
un pigeon
sur le feu

°

se rendre compte qu’il faut laisser
le champ libre,
le bol vide,
qu’il faut passer
à la postériorité…

Revenir écouter le solo de cor anglais
de la symphonie du Nouveau Monde de Dvorak
avec « mon ancien » orchestre,

c’est comme
retourner une pierre dans la vase
et me rendre compte
que c’est là que j’ai habité
(pendant un peu plus d’un quart de siècle)

°

ce bosquet blanc qui sent si bon !
combien de milliers de fois la dose
à Fukushima ?

Fukushima, ah !
ah, Fukushima !
Fukushima, ah !

ici c’est ailleurs
ailleurs c’est ici

on ne l’imagine jamais, mais
le pire
arrive
(quand même)

réti
sens
interdit(e)

Matsushima
Hiroshima
Fukushima

etceter Ah !
Ah etceter !
Etceter Ah !

°

l’ostensible baguette
du touriste
à Paris

°

près du bassin
sans eau
une tortue
de pierre

(square de la Villa Ste-Croix, 75017)

°

Convoquer
un Fukushima
de l’environnement ?

°