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Haïku, etc. de Py – sept 2013 – 1/2

22 septembre 2013

Haïkus, etc. Py – sept 2013 – ½

°

Le petit Jésus
avec un grand
gît

°

Mon haïku
soit comme une peinture
où jouent
le vide et le plein

°

(Pour Romain :)

Bordeaux –
Le Pont de pierre
a dix-sept arches * :

Napol
éon Bona
parte

* ( : le haïku « traditionnel » au Japon compte 17 « syllabes » )

°

(Tipules, araignées d’eau.)

La tipule
stipule
que l’eau est sans fond

°

Drôle(s) ces haïkus
qui
dès que vous les lisez
sonnent faux

( : pensant à maints de …)…

°

Première récré de rentrée (:)
les petits du village
à grands cris

(Castillon, 06)

°

Deux femmes * sur la plage :
après les chiens,
les chats

/

deux grands-mères sur la plage :
les mérites comparés
des chiens et des chats

/

deux mémés sur la plage :

(Menton, plage de Garavan)

°

de Nice
un avion
entre les étoiles

au-dessus du ronron de la clim’
le cri-cri des cigales
– nuit de septembre
au-dessus de Menton

pulsant
entre les étoiles
l’avion vers Nice
– how nice !

°

contrefaçon(s)
(de haïkus)…

°

un haïku d’archet
un haïku d’archer (-type)

°

cet aujourd’hui
qui déjante…

(cf : les lendemains…)

°

D’amour, tendre.

°

en coup de vent,
en coup derrière…

°

dépassant l’avion avec une plume Sergent Major

°

L’âme calme
et plate
comme une planche
sur la Méditerranée
face à Menton
un soir du début septembre (2013)
avec mes deux enfants
de 30 et 24 ans
et la petite Kate
10 mois
qui mange le sable
et parfois des mégots

°

tous unis
comme une seule pomme

(- celle d’Ève ?)

°

Ah l’amour à l’âme
Hourra l’amour ras la moue
rat l’amour a lame(s)

Ève l’amour
L’Adam la dent / l’a
dans la pomme

(de) la sorcière

°

larme alarme

ah l’amour mourra
l’amour mourrâle…

Oural l’amour mourra (le)
rat mou l’amour mourra

L’amour mou râle

°

Les tipules
sur la pointe de leurs pattes
calligraphient l’eau
invisiblement

°

il gremouille

une gremouille

°

soli
cité

°

le haïku
comme un
éclat
– de rire
– de vers

°

Le haïku
c’est aussi, parfois :
cherche, lecteur, cherche !

( :
Au bord de la Loire
sous la pleine lune
des tipules )

°

Elle fait la manche dans le métro
en vantant * un guide
de restaurants parisiens

* proposant

°

Étalage de la confiture du moi =
anti-haïku.

°

N’attachant Natacha
éboulis éblouis
le feu nu

°

de l’huile essentielle
de lavande entre les draps
… (humer)…

°

le pour
le contre,
la queue du chat

the pros
the cons,
the cat tail

°

wagons * à l’ancienne
où l’on pouvait
s’allonger
et dormir

* compartiment(s) à l’ancienne
où l’on peut encore
s’allonger et dormir
(- si vide(s))

* compartiment à six places / …

* ce train lent / …

°

sur fond de pluie
un feu d’artifice –
mi septembre

°

en pleine nuit
l’ordinateur lance
son indicatif
: insomnie

pleine nuit
l’ordi se met à chanter
son indicatif
coq d’insomnie

°

un métier :
courir l’Anpe

°

cure de raisin :
au bout de quelques jours
plus sensible aux odeurs

cure de raisin :
au bout de quelques jours
les odeurs exaltées

°

terrain détrempé :
fouler la Fête de l’Huma
(- mi-septembre)

un papillon passe
devant le trille de la flûte
: « L’oiseau de feu » *

* d’Igor Stravinski, Orch. National de France.

odeur de beuh
à l’audition de « L’oiseau de feu »
(Fête de l’Huma)

des you-yous aussi
saluent la fin du concert
classique

°

haïkus :
(ces vers)
rongeurs de nuits

°

les marteaux-perceurs
entament la semaine
(- de bonne heure)

(- boules quies)

°

les tipules
essaient de lisser
la surface de l’eau

les tipules
glissent
pour lisser
l(e plan d’)eau *

l’eau du fleuve

les tipules
glissent
(et) lissent
l’eau
du plan

les tipules
essaient de lisser
sans fin
l’eau

les tipules

°

(dans le haïku) cacher son je !

°

(Ancien :)

L’ombre du colvert
glisse vers la mare

(Jonzac, 7/13)

°°°

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Haïkus, etc. de Py – mars 2013 – 2/2

24 avril 2013

°°°

au-dessus
du matin de neige
les petits oiseaux
parfument mes oreilles
– pschitt, pschitt !

peintures grottesques *

* = pariétales

feuilles de tilleul
sur lit de neige

pas dans la neige
non
pas dans la neige !

corde verte
délaissée dans la cour
: a sauté !

LOVEZ – MOI !
disait le panneau
publicitaire

(à rapprocher de :

« Déviation
disait le panneau
tordu »)

crépuscule –
un nuage pince
un coin de ciel

(cf mars 13 – 1/2)

°

Manifestement
le tanga
manque d’exposition !

Le roulis du tanga ?

le tanga
sur son séant,
ça roule,
ça gîte !

le tanga,
cet (illustre) inconnu !

, cet inco-presque-nu !

Rire de tout
Rire des mots
surtout !

(en fait : Rire
(du ridicule) des hommes * !!)

* / prétentieux !

°

Le haïku :
enjoliver ? Non
Élaguer : oui !

Éliminer les scories –

Le haïkiste sculpte
au plus près
au plus juste

Haïku : transparaître

°

ses bas chair à points noirs
jusqu’aux deux tiers cuisses
– ligne 14

Au commencemoment…

La commensemence…

°

Rou
leau(x)

P
longeons !

je fais la planche
comme un hareng sur l’huile…

°

Le tracé des chewing-gums
tout au long du trottoir
: Poucets du matin ?

Un convoi de la
WellSNCFargo
attaqué par un gang de jeunes :

argent, montres, téléphones portables…

°

(À cause de la lenteur)

Quand j’étais petit
je voulais être verre d’eau
Je suis maintenant
croque-temps

b-
rêves

°

tipules,
patineuses fascinantes
sur le bord du Cens,
(cette) rivière de mon enfance…

Sur un sac, un cœur
– et elle :
jolie comme un sac *

* donc !

Au salon du Véhicase d’occulion…

Une fois la neige (re)partie
on retrouve la terre
avec ses touffes
ses mottes
ses crottes…

Retraite :

Coco, (dé)laisse tes rôles !…

(-> Cholestérol)

Panneau s©olaire…

°

(Nécrograph(i(sm))es :)

Le cimetière observe
les minutes
de silence

Nos os
demandent leur place
au soleil

(= en lisant T. Tranströmer)

°

Les ongles des morts
patiemment
creusent le temps

( : cf É. Chevillard : Choir, éd. de Minuit, 2010, p. 124)

°

Aide-toi,
(et) dieu reconnaîtra les chiens

°

(langage des oiseaux :)

L’orant goûtant
les suprêmes * délices de l’extase

* / exquises

L’odorant goûtant

L’oran(t) dégoût(t)ant…

°

en petit short blanc
sur son balcon
elle tripote ses pots
– Ah, venue du printemps !

Au pied *(de l’entrepôt) des bétonneuses
coule la Seine
– Quai de Bercy

* / Aux roues (des bétonneuses)

°

tirant,
poussant
avec grand-père
la cardeuse
à laine
à matelas

piquant avec son alène
à égales distances
dans l’épaisseur de la toile
rayurée

°

sur le balcon
la soupe d’hier soir
– fin mars frisquet

j’embrasse
rétrospectivement
Buson
sur sa couverture

Ah,
la transparence
du papier !

(mon haïku (s’é)bat libre…)

(engoncé dans aucun carcan)

Un château aux pommes…

°

week-end :
samedinateur
ordimanche

/

Il vit par procurécran

°

un
rat do bibliethèque ? …

°

(« haïku moindre » – Ancien : )

après-midi avec mouche

°

« L’énergie du foie
monte au printemps,
la colère aussi !

On se relaxe,
on respire,
on médite,
on fait du Qi-Gong !… »

: lors de la conférence de Sandrine Rigaud sur la Diététique Chinoise, Centre sportif Élisabeth, 75014, 24/3/13.

°

Une fraîcheur d’âne…

L’âme de l’âne :
du côté du Hi
ou du côté du Han ?

Le Yin et le Yang
Le Hi et le Han

°

On propose à Ma-
de devenir petit rat
d’opéra
– Non !

°

«ça me coûte
les yeux du cul !»…

debout, 2 chandelles,

U.E., F.M.I., … :
Le grand Banquitisme

Le dandytisme…

°

Un jour le corbeau
écrira-t-il ses pensées
– de sa plus belle plume ?

Le corbeau:
quand va-t-il sortir
un recueil
de ses pensées ?

Ah, pénétrer la pensée du corbeau !

Ah, lire
du corbeau
les pensées !

/

Ah, lire
par-dessus
le corbeau !

°

Pousse les mots
dans leurs ultimes
retranchées…

°

fin mars 2013 –
un rat court-circuite
la Centrale de Fukushima
pendant trente heures…

mars 2013 –
16 000 porcs repêchés
morts
dans le fleuve Huangpu *

* à Shangaï, à Jiaxing.

°

Sainte Larissa *
: la piquante ?

* martyre Goth de Crimée, IVè siècle.

Plein de Saints,
des Saints tous les jours
aujourd’hui Habib

(/Abibe), ron(d) ?

« Cet autobus
a pour terminus »
« le bout du ciel »…

laçant
le fil bleu
de ses chaussures
– un printemps gris

Le 5/7/5,
c’est un leurre,
un appeau
(pour le haïku
occidental)…

un conard enchaîné…

mur
ou trottoir
mon ombre parfois
se casse

rasant le mur
décrépi(t),
son ombre

/

son ombre rasant
le mur décrépit

des plages de fatigue
(de plus en plus fréquentes…)

D’habitude
notre ombre
nous porte…
À Paris
nous portons *
notre ombre
plutôt…

* / porterions

°

(Ses genoux)

Sais-je nous ?

Neige sous ?

Savons-nous ?
Savonnons-nous ?

Que nous savonnassions…

°

Fortuné = L’écu rieur !

°

un chat
pour décorer
la fenêtre

°

Tout va sur des rou(i)llettes …

Un sifflet à roulottes ?

Les portes, zou, vertes !

Je suis (un) homme de tes reins…

Des ampoulpes …

un coq de bas secours ( ?)

°

Autant grasse
qu’il est maigre :
couple à Coca-

(RER Choisy-le-Roi)

Quand tu es
au centre de la création,
que crains-tu ?

Dimanche de Pâques,
un joli petit nœud
au sac-poubelle

Jacqueline,
cloche d’Abbeville
s’en va-t-à Pâques
: l’église démontée

(: France-Info)

Dimanche de Pape :
la ruée vers l’œuf

Dimanche de Pâques
il fait la mayonnaise

Comme ma grand-mère,
Buson disparut
un vingt-cinq décembre

Dimanche de Pâques
à vélo elle secoue sa main
– froid de fin mars

°°°

haïku etc. de Py, oct. 2012 – 1/2

29 octobre 2012

°

Les mots des discours étant généralement plutôt lourds, nous avons bien besoin du champagne au pot qui suit pour nous en alléger, voire les oublier !

°

Après quelques jours / (après quelques tours) / je ne vis plus le mulot mort au milieu du chemin. / Probablement l’avait-on emporté / vers un ailleurs meilleur / pour y pourrir.

°

les feuilles brunes (tombées)
prisonnières des bras verts du houx

°

(cf 23 sept :)
dimanche matin
il banjoïse en chantonnant
sur le pourtour du parc

°

Avance !… Avance !
me dit ce bambin
en me voyant trottiner
dans l’allée du parc

°

aux obsèques
d’un obséquieux

dans son cercueil verni
sous son marbre poli,
l’obséquieux

– Et faire le deuil du dieu ?

°

Qu’allez-vous vous empêtrer
dans ce 5/7/5
qui n’est que japonais ?

°

1 papillon
devant la voiture
1er octobre

°

au pied du rail
une aile du pigeon
s’écarte encore
au vent

°

(quoi dire d’autre que :)
les oreilles roses
de son téléphone portable

°

« La ville en mouvement »
est-il écrit sur un mur
au-dessus des voies ferrées

°

il pissa à quatorze heures :
un jet sur douze
l’autre sur deux

(Issy-les-Moulineaux)

°

un baiser de soleil sur les lèvres ;
il avait encre de beaux jours
à côté de lui

°

bien mal acquis
n’amasse que mousse

°

Porte de Versailles,
tous ceux qui
revenant du salon de l’auto
prennent le métro

°

senryûs :
les valeurs amassacrées

°

Du Petit Prince
j’ai l’ombre de l’écharpe.
À part ça, rien.

°

Le haïku c’est un déclic –
le déclic d’un instant,
le coup de foudre, l’étincelle…

– La cliqu-haïku ?…

°

(Progrès)

Il y a 45 ans, il fallait compter en moyenne
une minute et demie
entre chaque station de métro.
Aujourd’hui, il faut environ
une minute trente.

°

The chicken in the kitchen

°

Je serais ridicule
si j’écrivais des haïkus en forme de 5/7/5 syllabes :
– parce que typiquement – et uniquement – japonais !
– parce que dès que tu veux traduire un haïku d’une langue dans une autre, ton 5/7/5 disparaît presque automatiquement (sinon tu le contorsionnes, etc : voir – primo – les traductions de René Sieffert parfois, souvent même alambiquées au possible, pour pouvoir « respecter » ce fameux sacro-saint 5/7/5 !…!
– parce que Kyôshi a dit (en 1936) qu’en dehors du Japon on pouvait s’en passer …
– parce que les onji ne sont pas des syllabes…
– parce que des Seisensui, Santôka, Hôsaï ont déjà rejeté ce moule il y a déjà presque un siècle…

°

l’ubiquiste / l’ubicuistre /

le haïku n’est ni ubi-cuist(r)e
ni obi-cuist(r)e

Un haïkuilibriste

L’invention d’un personnage narrateur (« le pape volant » en l’occurrence)
alors que le haïku n’est pas un roman, si court fût-il !

°
(de L.A. Davidson, in Aware de Betty Drevniok, éd. Unicité, 2012 – trad. D.Py :)

ninety degree day
the jackhammers in the street below
exploding the heat

trente-trois degrés –
les marteaux-piqueurs dans la rue d’en bas
explosent la chaleur

°

Nous mentionnions Prévert,
le gamin de la famille :
Ah, oui, le poète !
Il a écrit tellement de poésies
qu’il en est mort

°

métro –
une femme
toute à son portable
consciencieusement se cure
les deux narines

°

il s’arrêta
page 69
et s’endormit

°

Rebecca Rébécarre

Vélodie(s)…

collègue Oleg

oreillons frais / au rayon frais

°

De plus en plus nouveau :
après le « haïku papal »
le haïku PayPal

chaque instant présent
est le comble (/ le culmen)
de la modernité (/ de la « nouveauté »)

Nouveauté, nouveauté,
proclame-t-il
prenant pour référence le maître
d’il y a 450 ans

°

Un touche-à-rien

°

Que ressent la mare
à l’attaque
de la grenouille ?

°

la limace,
sa traîne
d’argent

l’escargot
luit
sous lui

°

l’étang
étend
le temps
étale

la grenouille
rompt le temps
(l’espace) étale
de l’étang

l’espace
de l’étang
divisé *
par la grenouille

* divinisé

le silence
de l’étang
qu’interrompt
la grenouille

que fait
la grenouille
à ce fameux
étang ?

plongeon séculaire
de la grenouille

son corps en croix
le saut de l’ange
dans l’éternel
étang

se détend,
s’étang
la grenouille

étang donné, une grenouille…

l’arc
de la grenouille

la cible
de l’eau

l’étang en-cercle(s) (autour de) la grenouille

la grenouille
ne peut sauter
qu’au centre
de l’eau

qu’au centre
d’elle-même

c’est merveilleux

d’une grenouille
Bashô frappa
le centre de la
cible-haïkaï

la grenouille
ne saurait être
que le centre
de l’eau

impa – cible

°

un défilé
de harengs

°

Dernière minute :
Nous apprenons que le vaisseau spa-pal
vient de capoter
dans la cordillière des Viandes

– Paix à descendre !

Nous sommes tous impatients
que ce Benoît Lévitant
(dit Félix-bras-en-x)
nous narre
une cruci-fiction !

Dernière minute :
Le très célèbre Benoît Lévitant
(dit Félix-bras-en-x)
vêtu de son seul bermuda
a disparu de nos écrans-radars

Méfiez-vous des haïkuistres !
(Méfiez-vous du pope haïkuistre !)

Le concepteur de ce faux personnage
( : Benoît Lévitant)
est-il lui-même réel ?

°

au milieu de la nuit
le pain cuit
dans sa narine

°

Le haïku
c’est une mise en mots
d’un instant vécu.
C’est parfois même – malheureusement ? –
une mise à mort de cet instant vécu
(quand il est « mal » retranscrit, quand il ne lui « colle » plus !…)

°

De qui la reconnaissance ?
De ses impairs * ?

* impers ?

°

une larme à feu…

°

beaucoup de monde ce matrain

°

musiques de rue :
les percussions
des marteaux-piqueurs

°
(ancien, gare de Lyon, RER A :)

devant la porte ouverte
de ce train de banlieue bondé
une casquette à terre

°

dans le métro
sa valise à roulettes
part (déjà) en voyage…

s’émancipe à roulettes

les roulettes
oeuvrant pour l’émancipation
des valises…

déjà dans le métro
sa valise part en voyage
(Cadet Roulette)

Cadet Roulette
né un dix octobre
pense déjà à ses futurs voyages

Cadet Roulette,
fatigué de voyager
ne veut plus que rester au près

voire s’arrêter

sans mousse

°

Le haïku n’embellit pas.

(Une embellie…)

°
(ancien -2007?- :)

ce débardeur
vert caca d’armée
doit-on vraiment le repasser ?

°

moderne à tout prix :
la pointe de son stylo
d’avant-garde


En avant, toute !
Ne te retourne pas sinon
ton encre se changera en sel !

son esprit
roulé en huit
n’aspire qu’au neuf

du nouveau, du nouveau,
et la patine, alors ?

il voulait devancer
sa vie : toujours
pousser son premier cri !

hélas,
le dernier cri
est déjà supplanté !

ce constant
souci du neuf
si vite démodé !

il veut du nouveau
toujours,
toujours,

figé
sur ses pointes

refuse de vieillir,
le moderniste ?

l’avide du neuf
à jamais sans repos

après le neuf
à tout prix
le dix !?

le mécontent du présent –
l’incontinent du futur…

pourquoi
n’invente-t-il pas
tous ses mots
s’il veut rester
absolument moderne ?

pour être plus moderne
que moderne
il écrit (tous ses haïkus)
en novlangue

se rend-il compte
que tous les mots
qu’il emploie
sont – affreusement – anciens ?

dès qu’il crée un mot,
il vieillit (déjà) !
Ah, le désespoir
du moderniste !

(nouveau mou d’veau)

du mou de veau,
oui,
mais
du mou-de-veau nouveau !

Il écrivit tellement nouveau
qu’il était le seul
à pouvoir se comprendre

nou – veau d’or !

il n’écrit pas,
il VEUT écrire
(« nouveau », etc.)

condamné au modernisme,
ce Sisyphe du haïku nouveau !

certains croient-ils au
tout nouveau, tout beau ?
je crois, personnellement,
au tout neuf, tout bœuf

pourquoi faut-il que quand il entend « nouveau »
lui vienne aussitôt à l’esprit « mou-de-veau » ?

Lynn est psy
(/ Line est psy)

°

mes voisines
(de TGV),
ces tchat-chieuses !

à la gym aquatique,
ce qu’elles n’ont pas besoin de muscler :
la langue !

°

Les hippos campent…

Des hippos * allumés
(s ‘éteignent dans la pièce
d’O…)

* « Zippo » : briquets.

°

Un bègue
peut-il être à la pointe
de la nouveauté ?

un haïku de pointe
et
un haïku de marteau

°

il m’insulquai(t)

°
(ancien :)

les petits pois
refroidis à l’ordi
: « parésiaste ».

°

Égrenier. Égrenier les souvenirs…

°

il la ferme, elle s’ouvre,
il la ferme, elle s’ouvre,
: la portière de son autolib’ *

(Place de la Nation, 13/10/12)

: or. : « la portière de sa voiture /
électrique de location ».

°

lèche la rosée
de la rare rose d’octobre
le rare joggeur sous la pluie

°

Rien besoin d’ « inventer » :
chaque seconde est nouvelle !

si j’écris
« la pluie la pluie la pluie »
n’est-elle pas déjà vieille
au bout de la ligne ? *

Patine-t-il
dans la nouveauté,
celui qui bégaie ?

haïku :
(de) l’actualité
en force
(?)

Actuel / Factuel

En Occident,
on veut faire le plein
… (en haïku).

En Orient,
on chercherait plutôt
à faire le vide,
épurer…

*
écrire
pluie
n’a jamais mouillé personne

(les mots
n’étant pas les choses…)

°°°

(à suivre : Oct.12 – 2/2.)

Haïku, etc. de Py – mars 2012 (1/2)

16 mars 2012

°

l’extension du soi
au monde / au cosmos :

SOI – R

IL – E

: s’évasion…

°

le pou
voir dé mou
voir des mots…

°

À ta santé, grand arbre !,
À ta santé, ciel bleu !,
À ta santé, Cosmos !,
À ta santé, Esprit-Un !

(Millau, 1/3/12)

°

le rire
déstabiliser
/ déstabilisateur (?)

cosmique cosmétique

comique cosmique

°

pigeon tout blanc
sur une branche
qui se stabilise

°

Ce que cache la langue
Ce que cachent les mots

Distinguer, oui,
entre les mots
et les « choses » !

°

midi
les bruits refluent
:
pauser
pour (m)anger…

je m’ange…

je ne joue pas le « je » (?)
( – en haïku ?)…

le haïku s’est pos(t)é là. C’est une photo.
C’est son objectif.

(encore jamais vu / lu / dit,
si possible !)
c’est jouer donc aussi
avec des mots nouveaux
in-ventés

J’écoute le silence
… qui n’est jamais –

le silence des hommes
toujours / souvent trop bruyant(s)
: un bruant
– qui chante – ? –

p(i)aille

les sons de la nature,
les sons naturels,
par opposition aux sons humains
brouhahanant(s)

Écrire quelquefois trouve…

°

« Little M »
pus-je saisir
sur sa poitrine…

°

d’eau bouillante
do bouillant
d’os bouillants
dos bouillant

°

dans « électricité »
n’y a-t-il pas
« excité » ?

La Fée Ec-cité(e) ! … ?

°

l’s passe

leste passe

l’es peste

°

de (ba)garre en (ba)garre
portant (ses) valise(s)…

°

Les étranges étangs…

°

la caqueteresse
le caqueteur
le jacteur
éjecte(r) le jacteur !…

°

(pour) un pompier
(qui) pète le feu !

°

« Une idée par jour »
Il s’a-J.T.e,
le petit bonhomme
du bocal
télévisant

°

Les cervicalmes

°

« le crépuscule d’automne
se pose sur un arbre dénudé
un corbeau »

(: nouvelle « adaptation » du haïkaï de Bashô…)

°

(une) amalgamelle

°

aux narin’ un’ odeur …

°

j’é-jectable
jet jectable

°

L’indifférence du vent

°

Épouse-toi de là !…

°

Vent(s) d’hiver
le cimetière
se rhabille

°

t-rêves

°

la lumière
seule
sur sa tombe
abandonnée

°

dans 2 ans
et demi
la 2ème anthologie
du kukaï de Paris

°

un peu d’aquarelle
sur ses yeux
avant le cours
de peinture

°

ma nuit emplie
de mouvements de taï-chi-chuan :
examen blanc !

°

enfoncer le coinconnu…

°

le grand silence
de sa lecture
: 10 ans

(Emma : Charly et la chocolaterie, de Roald Dahl)

°

Margot :
son sein griffé
– par quel chat ?

°

le haïku : ce nu – éclair (?)

°

qui
fait du bourrage
de l’urne-télé ?

°

S. : le nain – culte !

°

sur la vitre du train
qu’elle embue
elle écrit :
DEISA

°

en rollers
(avec) son cadi
et son chien

°

pour éternuer
le motard
relève son casque

(Pont de Sèvres, 15/3/12)

°
(à suivre, mars 2012, 2/2)

haïku, etc. de Py – fév. 12 – 1/2

16 février 2012

°

Un oulipote…

°

écoutant
le cachet effervescent
s’éteindre

°

le haïku,
ce moment
Fuji-tif !

(d’après Nicole Voltz, dans « L’atelier d’écriture et le haïku », in Le haïku et le forme brève en poésie française, André Delteil, P.U.P., 1989.)

°

sur le pas de son paillasson
un chien aboie –
du sel épars par terre

°

entre les quatre tours
de la bibliothèque
les deux cheminées
détachent leur fumée
sur le ciel froid de février

°

la grenouille
ouvre l’oeil
de la mare

(cf : « kaigan », « l’ouverture de l’oeil », in « Notes dans la paume », de Roland Halbert, p.168)

°

dans les toilettes hommes
du centre culturel japonais*,
ça sent la pisse !

* Tenri, Paris 75001

°

finissant
sa canette de bière :
la lune presque pleine

°

lucid(r)e…

°

un p’tit coup dans le zen !…

°

deux pies
picorent la neige –
premier dimanche de février

°
(Ancien : après 1980 :)

4 heures du matin
le frigidaire se réveille
le chien en peluche garde les yeux ouverts

°

Il rentra
dans ses nerfs
et composa
une fleur
invisible

°
(À propos des 1012 haïkaï de Bashô :)

avancent
sous la neige
des haïkus

°

R.E.R
REtaRdé :
la matinée saute…

°

prendre un papa
par la main…

°

vent glacial
le (carillon de) bambous chante(nt)

°

crépuscule –
son oeil au beurre noir

°
(Bashôtage (kyôku au vieux marc) :)

le vieux marc –
un bouchon saute
pop !

°

Monsieur ou Madame Dusson-Égal
est demandé au parloir…

Monsieur Tiroir-Caisse et Monsieur Caisse-Tiroir
ont rendez-vous.
Ils échangent.

°
(Ancien :)

me demandant son chemin :
ses si belles gambettes
avenue Gambetta !

°

Reims –
le canal couvert
de neige gelée

°

Pour les élections
allons-nous voter
U.f.M.n.P. ?

°

grand froid –
un défilé de sous-vêtements
en bande-annonce
sur Internet

°

la candidature
du polichinelle
cousu(e) de fil blanc

le fantôme fantoche
de l’ultra-capitalisme !

°
(Ancien :)

crépitement :
sur le buisson sec
la neige

°
(Ancien :)

cohue matinale :
devant la porte ouverte
du train de banlieue,
une casquette.

°

hors d’inaire

°

Bah, c’est là que le o (/ haut) blesse !…

°

(à suivre, 2/2)