Posts Tagged ‘haiku de printemps’

18 Haiku de printemps + 1 waka – Blyth – p.580-586

26 janvier 2011

°
(p.580 :)

nioi shite . tonari no ume no . mienu kana

Chora

Comme il sent,
le prunier d’à côté !
mais je ne peux pas le voir !

tsuchikure ni . muchi utsu ume no . aruji kana

Buson

le maître du prunier
frappe une motte
avec sa canne

°
(p.581 :)

ume saite . obi kau heya no . yûjo kana

Buson

pruniers en fleur ;
des courtisanes dans leur chambre
achètent des ceintures

hitotsuya ni . yûjo mo netari . hagi to tsuki

Bashô

couchant sous le même toit
avec des courtisanes :
des fleurs de lespédèzes et la lune

tori no ne ni . sakô to mo sezu . yabu no ume

Issa

le chant de l’oiseau !
mais le prunier dans la futaie
ne fleurit pas encore

kono ame ni . noppiki naraji . hototogisu

Issa

cette pluie
et son inévitable
hototogisu

°
(p.582 :)

taoraruru . hito ni kaoru ya . ume no hana

Chiyo-ni

la branche fleurie du prunier
donne son parfum
à celui qui l’a cassée

shiraume no . kareki ni modoru . tsukiyo kana

Buson

à la lumière de la lune
le prunier blanc redevient
un arbre d’hiver

teshoku shite . iro ushinaeru . kigiku kana

Buson

allumant la lanterne,
les chrysanthèmes jaunes
perdent leur couleur

byôsô no . niwa haku ume no . sakari kana

Sora

le moine malade
balaie le jardin,
les pruniers en pleine floraison

°
(p.583 :)

hitoeda wa . kusuri no bin ni . ume no hana

Shiki

un des rameaux
de fleurs de prunier
dans la fiole médicinale

ume yasete . mugi wa mabara nari . yabubatake

Shiki

le prunier en désordre,
l’orge fin et rare :
un champ dans les futaies

shiraume ni . akuru yo bakari to . nari ni keri

Buson

maintenant chaque nuit
tombera
du prunier blanc

°
(p.584 :)

tebana kamu . oto sae ume no . sakari kana

Bashô

le son de quelqu’un
qui se mouche dans sa main;
les pruniers à leur apogée

hatauchi ya . tebana wo nejiru . ume no hana

Issa

cultivant le champ,
il essuie sa main morveuse
sur les fleurs de prunier

°
(p.585 :)

ume no hana . koko wo nusume to . sasu tsuki ka

Issa

« Vole celle-ci, »
semble dire la lune
« cette branche du prunier en fleur ! »

kôbai ya . irihi no osou . matsu kashiwa

Buson

fleurs rouges de prunier :
le soleil couchant assaille
pins et chênes

akokuso no . kokoro wa shirazu . ume no hana

Bashô

l’esprit intime d’Akokuso
je ne connais pas –
mais ces fleurs de prunier !


(p.586 :)

Le coeur des gens je ne connais pas;
mais les fleurs de cerisier
de mon endroit natal,
leur parfum est ancien !

Tsurayaki (883-946), appelé, enfant, Akokuso. (n. de R.H. Blyth).

°
(à suivre, p.586-)

20 HAIKU de printemps – Blyth – p.556-561 (Arbres et fleurs)

15 janvier 2011

°
(p.556-640 :)
ARBRES ET FLEURS

tsubaki ochi . tori naki tsubaki . mata ochiru

Baishitsu

une fleur de camélia tombe;
un coq chante;
une autre tombe

tori naite . akaki ko-no-mi wo . koboshikeri

Shiki

des oiseaux chantent
et font tomber
des baies rouges

hitotsu ochite . futatsu ochitaru . tsubaki kana

Shiki

un tombe –
deux tombent –
camélias

(note de R.H. Blyth : « Plus le verset devient simple, plus le sens est fort, pur et profond. »)

ochizama ni . mizu koboshikeri . hana tsubaki

Bashô

la fleur du camélia
tombe,
renversant son eau

°
(p.557 :)

oto nashite . tatami e ochiru . tsubaki kana

Shirao

la fleur de camélia
tombant sur le tatami
produit un son

hakisôji . shite kara tsubaki . chiri ni keri

Yaha

après qu’on a
nettoyé le jardin,
quelques camélias tombent

ochinan wo . ha ni kakaetaru . tsubaki kana

Shôha

La fleur de camélia
allait tomber,
mais se prit dans ses feuilles

°
(p.558 :)

mizu irete . hachi ni uketaru . tsubaki kana

Onitsura

y versant de l’eau,
le vase reçut
le camélia

nagare ezaru . mizu no yodomi no . tsubaki kana

Shiki

dans le marigot,
l’eau qui ne pouvait s’écouler ;
des camélias

°
(p.559 :)

shrotsubaki . otsuru oto nomi . tsukiyo kana

Rankô

toute la soirée un seul bruit :
la chute
des fleurs blanches de camélia



akatsuki no . tsurube ni agaru . tsubaki kana

Kakei

à la surface du seau du puits
à l’aube,
un camélia

yanagi ari . funematsu ushi no . nisanbiki

Shiki

un saule –
et deux ou trois vaches
attendant le bateau

°
(p.560 :)

kishi kuzurete . kouwo tamarinu . kawayanagi

Shiki

où la falaise s’est affaissée
des petits poissons s’assemblent
sous le saule de la rivière



hashi ochite . ushiro samushiki . yanagi kana

Shiki

le pont est tombé;
sous le saule,
il fait seul



machi-naka wo . ogawa nagaruru . yanagi kana

un cours d’eau
traversant la ville
et les saules tout du long

°
(p.561 :)

massugu ni . horiwari tôki . yanagi kana

Shiki

dans la distance
la ligne droite du canal
et les saules

ômon ya . yanagi kabutte . hi wo tomosu

Shiki

allumant les lampes
de la Grande Porte,
un saule au-dessus de lui

shigohon no . yanagi torimaku . koie kana

Shiki

quatre ou cinq saules
entourant
une petite maison

ara ao no . yanagi no ito ya . mizu no nagare

Onitsura

Comme ils sont verts
les fils du saule
sur les eaux glissantes !

hito-gomi no . naka e shitaruru . yanagi kana

Rôka-Shônin

tombant
au milieu de la foule,
les branches du saule

°
(suite, p. 562-)

17 HAIKU de printemps + 1 waka – Blyth p.526-532

25 novembre 2010

°
(p.526) :

nete okite . ô-akubi shite . neko no koi

Issa

ayant dormi, le chat se lève,
et avec de grands bâillements
s’en va faire l’amour

°
(p.527) :

hige ni tsuku . meshi sae omoezu . neko no koi

Taigi

amours du chat –
même oublieux du riz
qui colle à ses moustaches

°

osoroshi ya . ishigaki kuzusu . neko no koi

Shiki

comme c’est terrible !
ils ont cassé le mur de pierre
les chats amoureux !

°

naku neko ni . akamme wo shite . temari kana

Issa

la petite fille jouant à la balle
fait maintenant une grimace
au chaton qui miaule

°
(p.528 :)

neko no ko ya . hakari ni kakari . tsutsu yareru

Issa

le chaton
pesé sur la balance
joue encore

°

momo no kado . neko wo hakari ni . kakeru nari

Issa

fleurs de pêchers à la porte ;
on met les chats
sur les balances

°
(p.529 :)

kome-maki mo . tsumi zoyo tori ga . keau zoyo

Issa

éparpiller du riz ,
est aussi un péché :
les poules se donnent des coups de pattes

°

yanagi kara . momongâ to . deru ko kana

Issa

 » écureuil volant !  »
sorti de sous les saules,
l’enfant

°
(p.530 :)

shirauo ya . sanagara ugoku . mizu no iro

Raizan

la blanchaille –
comme si la couleur de l’eau
bougeait

_

shirauo ya . sanagara ugoku . mizu no tama

Raizan

la blanchaille –
comme si l’esprit de l’eau
bougeait

°

ta wo tsuite . uta môshiaguru . kawazu kana

Sôkan

plaçant ses mains sur le sol,
la grenouille respectueusement
récite son poème

°
(p.531 :)

saigyô no . yô ni suwatte . naku kawazu

Issa

la grenouille,
assise et chantant
comme Saigyô

°

si les gens demandent
où est allé Sôkan,
répondez-leur donc :
 » Il est parti faire quelque affaire
dans l’au-delà  »

Sôkan (= son waka de mort)

°
(p.532 :)

haru wa naku . natsu no kawazu wa . hoe ni keri

Onitsura

au printemps, les grenouilles chantent
en été,
elles aboient

°

hitotsu tobu . oto ni mina tobu . kawazu kana

Wakyu

au son d’une qui saute,
toutes les grenouilles
sautent

°

hashi wataru . hito ni shizumaru . kawazu kana

Ryôto

quelqu’un passa sur le pont
et toutes les grenouilles
étaient silencieuses

°

kaze ochite . yama azayaka ni . kawazu kana

Ôemaru

le vent tombe,
les montagnes sont claires –
maintenant les grenouilles !

°

hi wa hi kure yo . yo wa yo ake yo to . naku kawazu

Buson

le jour : « Assombrissez le jour »
la nuit : « Éclaircissez la lumière »
chantent les grenouilles

°

(suite, p.533…)

16 HAIKU de printemps – Blyth, p. 516-520

16 novembre 2010

°

umi koete . kasumi no ami e . iru hi kana

Buson

traversant la mer,
le soleil couchant
dans le rets du brouillard

°

kôbai ya . irihi no osou . matsu kashiwa

Buson

fleurs rouges de prunier ;
le soleil couchant rougit
pins et chênes

°

asa kare to . yûhi konogoro . naname naru

Buson

coupez les cannabis !
le soleil couchant
penche tôt

°

waka-take ya . yûhi no saga to . nari ni keri

Buson

jeunes bambous ;
maintenant, c’est Saga
au coucher du soleil

°
(p.517) :

hakidame e . tsuru ga orikeri . waka no ura

Issa

Waka-no-Ura * :
la grue s’est posée
sur une décharge

* « un des lieux les plus beaux du Japon » (Blyth)

°

shokûdo ni . suzume naku nari . yûshigure

Shikô

au réfectoire,
les moineaux pépient
sous la pluie vespérale

°

nureashi de . suzume no ariku . rôka kana

Shiki

le moineau sautille
le long de la véranda,
pattes mouillées

°
(p.518) :

ochite naku . ko ni koe kawasu . suzume kana

Taigi

les pépiements de l’oisillon tombé
se mêlent à ceux
de la maman moineau

°

ina-suzume . cha-no-ki-batake ya . nige-dokoro

Bashô

moineaux des rizières ;
la plantation de thé
est leur havre de paix

°
(p.519 :)

cha no hana ni . kakurenbo suru . suzume kana

Issa

les moineaux
jouent à cache-cache
parmi les fleurs de thé

°

neko no ko no . kakurenbo suru . hagi no kana

Issa

le chaton
joue à cache-cache
au milieu des fleurs de lespedeza

°

kusa no ha ni . kakurenbo suru . kawazu kana

Issa

parmi les feuilles d’herbes
les grenouilles
jouent à cache-cache

°

suzume-go ya . akari-shôji no . sasa no kage

Kikaku

sur la fenêtre de papier,
les ombres des bambous nains ;
des moineaux pépient

°
(p.520 :)

hito ni nige . hito ni naruru ya . suzume no ko

Onitsura

maintenant amical,
maintenant craintif,
le bébé moineau

°

suzume-go to . koe nakikawasu . nezumi no su

Bashô

des souris dans leur nid
vagissent en réponse
aux jeunes moineaux

°

ware to kite . asobe ya oya no . nai suzume

Issa

viens jouer avec moi,
moineau
sans père et sans mère !

°
(suite, p.521…)

14 Haïkus de printemps – Blyth – p. 510-515

9 novembre 2010

°
(p.510 :)

kura narabu . ura wa tsubame no . kayoi michi

Bonchô

derrrière une rangée d’entrepôts
où les hirondelles volent
haut et bas

°

tsubakuro ya . nani wo wasurete . chûgaeri

Otsuyû

l’hirondelle
fait une culbute;
qu’a-t-elle oublié ?

°
(p.511 :)

tô-yama ya . tombo tsui yuki . tsui kaeru

Akinobô

la libellule
rapide jusqu’à la montagne lointaine,
rapide au retour

°

daibutsu no . hana kara detaru . tsubame kana

Issa

une hirondelle
s’envole du nez
du Grand Bouddha

°

nobotoke no . hana no saki kara . tsurara kana

Issa

du bout du nez
du Bouddha sur la lande,
pendent des glaçons

°
(p.512 :)

tsubakurame . naite ja wo utsu . koie kana

Buson

les hirondelles s’agitent la nuit :
des gens du hameau
frappent le serpent

°

yûtsubame . ware ni wa asu no . ate mo nashi

Issa

ah, hirondelle du soir !
mon coeur est rempli de craintes
pour le lendemain

°

yodôshi ni . nani wo kigan no . isogi kana

Rôka

pourquoi les oies qui reviennent
devraient-elles se hâter
toute la nuit ?

°
(p.513 :)

junrei ni . uchimajiri-yuku . kigan kana

Ransetsu

les oies sauvages qui reviennent
se mêlent
aux pèlerins

°

kaeru kari . tagoto no tsuki no . kumoru yo ni

Buson

oies sauvages revenant,
une nuit où dans chaque rizière
la lune se couvre

°
(p.514 :)

kari yukite . kadota no tôku . omowaruru

Buson

les oies sauvages parties,
la rizière devant la maison
semble lointaine

°

kyô kara wa . nihon no kari zo . raku ni ine

Issa

à partir de ce jour
vous êtes des oies du Japon ;
dormez en paix

°
(p.515 :)

kinô ini . kyô ini kari no . naki yo kana

Buson

s’envolant la nuit dernière,
aujourd’hui aussi, oies sauvages s’envolant –
aucune cette nuit

°

yamadori no . o wo fumu haru no . irihi kana

Buson

le soleil qui se couche
marche sur la queue
du faisan cuivré

°

(suite, p.516-)