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14 HAIKU de printemps – Blyth – p.521-526

22 novembre 2010

°
(p.521) :

suzume no ko . soko noke soko noke . o-uma ga tôru

Issa

petit moineau,
écarte-toi, écarte-toi du chemin,
Monsieur Cheval arrive

°
(p.522) :

ôzei no . ko ni tsukaretaru . suzume kana

Issa

un moineau épuisé
au milieu
d’une foule d’enfants

°

yûgao no . hana fumu mekura . suzume kana

Gyôdai

le moineau aveugle
saute sur la fleur
de la belle-de-nuit

°
(p.523) :

suzumego ya . otake-nyorai no . nagashimoto

Issa

bébé moineau :
la servante-Bouddha *
sous l’évier

°

otake no shiri wo . tataitara . kwan to nari

(: un senryû)

claquez les fesses d’O-Take *,
et « cling ! »
elles sonneront

* O-Take était une servante modèle… devenue une sorte d’image Bouddhiste faite ordinairement en métal (d’après R.H. Blyth).

°
(p.524) :

zenkôji e . itte kita kao ya . suzume no ko

Issa

les moineaux
ont l’air de revenir d’un pèlerinage
au temple Zenkôji

°

suzumego mo . ume ni kuchi aku . nenbutsu kana

Issa

les jeunes moineaux aussi
ouvrant leur bec aux fleurs de prunier :
c’est le Nenbutsu

°

suzumego mo . asa kaichô no . ma ni ainu

Issa

à l’exposition matinale
de l’image bouddhique,
les moineaux aussi sont à l’heure

°

kaichô ni . au ya suzume mo . oyako-zure

Issa

à l’exposition de l’Image,
les parents moineaux
et leurs enfants aussi

°

(p.525 :)

suzumego ya . hane aritake no . ureshi-gao

Sekiu

le jeune moineau
manifeste le bonheur
de toutes ses ailes

°

yake ni iza . ume ni iza to ya . oya-suzume

Issa

« Allons maintenant dans les bambous,
dans le prunier ! »
la maman moineau

°
(p.526 :)

tobikawasu . yatake-gokoro ya . oyasuzume

Buson

sautillant d’avant, d’arrière,
inquiets et agités,
les parents moineaux

°

kaki ni kite . suzume oya yobu . koe sewashi

Shiki

venant à la barrière
la maman moineau appelle
d’une voix insistante

°

jihi sureba . fun wo suru nari . suzume no ko

Issa

Si vous êtes tendre avec eux,
les jeunes moineaux
feront sur vous

°
(à suivre, p.526-)

30 HAIKU + 1 waka DE PRINTEMPS – oiseaux et animaux – Blyth, p.490-500

26 octobre 2010

°
(p.490) :

uguisu no . achi kochi to suru ya . koie gachi

Buson

l’uguisu
volant ici et là
parmi quelques petites maisons

°

uguisu ya . yanagi no ushiro . yabu no mae

Bashô

l’uguisu !
derrière le saule,
devant le bosquet

°
(p.491 :)

mujinkyô . uguisu niwa wo . aruki keri

Shôha

l’uguisu marcha
dans le jardin,
royaume non habité par l’homme

°

aujourd’hui tombe la pluie du printemps ;
dehors dans le jardin tranquille,
les pétales des cerisiers
tombent et se dispersent d’eux-mêmes

(: waka de l’Empereur Meiji)

°

ie ni arade . uguisu kikanu . hitohi kana

Buson

n’étant pas à la maison
n’ayant pas entendu l’uguisu
de tout un jour

°
(p.492 :)

waga yado no . uguisu kikan . no ni idete

Buson

sortant sur la lande
j’écouterai
notre uguisu

°

kuru mo kuru mo . heta uguisu zo . ore ga kaki

Issa

ils viennent et viennent
mais sont tous de pauvres chanteurs,
les uguisu de ma barrière !

°

kuwa no e ni . uguisu naku ya . koume-mura

Issa

village du Petit-Prunier :
un uguisu chante,
perché sur le manche d’une houe

°

uguisu ni . hinemosu tôshi . hata no hito

Buson

l’homme au champ ;
tout le jour
les uguisu lointains

°
(p.493 :)

uguisu no . hito naki hata ni . tône kana

Ryôta

un champ vide ;
la voix lointaine
de l’uguisu

°

uguisu ya . cha-no-ki-batake no . asa-zuki-yo

Jôsô

la plantation de thé
sous la lune de la première aube ;
un uguisu chante

°

uguisu ni . temoto yasumen . nagashimoto

Chigetsu

arrêtant ce que je fais
à l’évier :
la voix de l’uguisu !

« Chigetsu, morte en 1705, était la meilleure poétesse de l’école de Bashô. (…)  » R.H. Blyth

°

uguisu no . nakeba naniyara . natsukashiu

Onitsura

l’uguisu chante,
et mon coeur s’emplit
d’une vague envie

°
(p.494 :)

uguisu no . magetaru eda wo . kezuriken

Kikaku

Il doit avoir raboté
la branche
pliée par l’uguisu

°

uguisu no . kyôdai zure ya . onaji koe

Issa

Les uguisu –
sont-ils frères ?
la même voix !

°

uguisu o . koe tôki hi mo . kure ni keri

Buson

tout le jour les voix des uguisu
lointaines ; ce jour aussi
finit

°
(p.495 :)

uguisu ya . gozen e detemo . onaji koe

Issa

L’uguisu !
même devant sa Majesté,
la même voix !

°

asagoto ni . onaji hibari ka . yane no sora

Jôsô

chaque matin
dans le ciel au-dessus de mon toit
est-ce la même alouette ?

°
(p.496 :)

asakaze ya . tada hito-suji ni . age-hibari

Ryôta

dans la brise matinale
s’élèvent les alouettes,
d’un seul coeur

°

nagaki hiwo . saezuri taranu . hibari kana

Bashô

tout le long jour –
et cependant pas assez pour l’alouette,
chantant, chantant

°

yabujiri wa . mada kurai zoyo . naku hibari

Issa

ah, alouette qui chante !
la toute fin du bosquet
est toujours dans l’ombre

°
(p.497 :)

ariake ya . ame no naka yori . naku hibari

Issa

aurore :
l’alouette chante
du milieu de la pluie

°

ko ya matan . amari hibari no . taka-agari

Sampû

tes enfants vont attendre,
alouette
si haut dans le ciel !

°

shirakumo no . ue ni koe aru . hibari kana

Kyoroku

Voix
au-dessus des nuages blancs :
alouettes

°
(p.498 :)

kuma mo naki . sora ni kakururu . hibari kana

Rikuto

l’alouette
se cache
dans l’étendue de ciel bleu

°

haranaka ya . mono nimo tsukazu . naku hibari

Bashô

au milieu de la plaine
chante l’alouette
libérée de tout

°
(p.499 :)

kojima nimo . hatake utsunari . naku hibari

Issa

même sur une petite île
un homme labourant un champ,
une alouette chantant au-dessus

°

aomugi ya . hibari ga agaru . are sagaru

Onitsura

l’alouette s’élève
l’alouette tombe –
comme est vert l’orge !

°

kawabune ya . hibari nakitatsu . migi hidari

Rankô

le bateau fluvial ;
des alouettes s’élèvent, chantent,
à gauche, à droite

°
(p.500 :)

kumo ni nami . tatete saezuru . hibari kana

Seien

l’alouette chantant
ride
les nuages

°

kôsaku no . no wa shizumarinu . yûhibari

Kiin

dans les champs de labeur
tout est calme;
alouettes au soir

°

(à suivre : p.501- )