Posts Tagged ‘Gyôdai’

40 HAIKU d’hiver – ARBRES et FLEURS – Blyth – p.1266-1281.

13 juin 2011

°
(p.1266 :)

le soleil couchant
derrière le nid de l’aigle
dans les branches du camphrier

Bonchô



chrysanthèmes d’hiver;
du son de riz tombé
autour du moulin manuel

Bashô

après les chrysanthèmes,
en dehors du radis blanc,
il n’y a rien

Bashô

°
(p.1267 :)

allant arracher les radis blancs,
le petit garçon
perché sur le bât

Bashô

à cheval sur le navet long,
je tirai de toutes mes forces :
sa petite racine !

Ginkô

l’arracheur de radis blancs
montre le chemin
avec un radis blanc

Issa

°
(p.1268 :)

dans la rivière hivernale,
arraché et jeté,
un navet rouge

Buson

des démons semant de l’orge
dans les longs rayons
du soleil couchant

Buson

ombres d’hommes
semant de l’orge
dans les longs rayons du soleil couchant

Buson

°
(p.1269 :)

désolation hivernale ;
dans la cuve d’eau de pluie
marchent les moineaux

Taigi

désolation hivernale ;
des ordures déposées
au fond de la rivière

Ichiku

parmi les arbres de l’hiver
quand la hache s’enfonça,
l’odeur !

Buson

°
(p.1270 :)

les deux rois Deva
tannés par les intempéries
au milieu des bocages d’hiver du temple Mii

Kikaku

dans le bocage hivernal
des échos
d’il y a bien, bien longtemps

Issa

°
(p.1271 :)

l’herbe de la pampa tombe :
l’oeil peut voir
le froid qui augmente

Issa

herbe de la pampa flétrie ;
il était une fois,
une vieille sorcière…

Issa

après avoir acheté des poireaux,
je m’en revins
parmi les arbres desséchés

Buson

°
(p.1272 :)

les jonquilles,
enclos dans la barrière du jardin :
Mont Tsukuba

Issa

des renards jouent
parmi les narcisses ;
claire nuit de lune

Buson

musique sacrée de nuit;
dans les feux de joie
volettent les feuilles teintes

Issa

°
(p.1273 :)

il a l’air d’avoir cent ans,
le jardin de ce temple,
avec ses feuilles tombées !

Buson

les feuilles étant tombées,
qu’elle est misérable, la glycine
du vieux temple !

Buson

de près, de loin,
on entend la voix des cascades,
les feuilles tombent

Bashô

°
(p.1274 :)

le feu pour la pêche;
les vagues lappant,
feuilles teintées qui tombent

Richô

°
(p.1275 :)

le vent apporte
assez de feuilles
pour faire un feu

Ryôkan

le chaton
immobilise la feuille
un moment

Issa

°
(p.1276 :)

les feuilles qui volent
dans le champ d’en face
provoquent le chat !

Issa

°
(p.1277 :)

les feuilles tombées ont sombré
et gisent sur un rocher
sous l’eau

Jôsô

les feuilles du chêne
sont tombées ce matin ;
cuve au soja caillé

Issa

°
(p.1278 :)

les feuilles tombent
pour pour le gagne-pain
du coucou

Issa



les feuilles tombent;
je n’ai même pas
de fût à saumure

Bashô

°
(p.1279 :)

soufflant de l’ouest
les feuilles se rassemblent
à l’est

Buson

quand le vent souffle du nord
les feuilles fraternisent
au sud

Buson

la tempête de montagne
repousse ensemble
les oiseaux aquatiques

Buson

une rafale de vent :
les oiseaux d’eau
deviennent blancs

Buson

°
(p.1280 :)

peu de gens ;
une feuille tombe ici
une feuille, là

Issa

les balayant
puis ne les balayant pas,
les feuilles tombées

Taigi

les feuilles en tombant
gisent l’une sur l’autre;
la pluie tombe sur la pluie

Gyôdai

°
(p.1281 :)

tranquillité –
un oiseau marche sur des feuilles tombées :
leur bruit !

Ryûshi

les herbes du jardin
tombent –
et gisent
ainsi

Ryôkan

°

FIN DE HAIKU (vol IV) de R.H. Blyth, Hokuseido Press, 1982.

(traduction de l’anglais : Daniel Py, 1/4/2007-13/6/2011.)

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26 HAIKU d’hiver – Blyth – p.1133-1145

9 juin 2011

°
(p.1135 :)
LA SAISON

début de l’hiver ;
à deux ans
je lui montre comment
tenir les baguettes

Gyôdai

je suppose
d’après l’ombre du poteau de l’étendoir à linge
que c’est l’hiver profond

Shiki

°
(p.1136)

matin froid ;
l’ombre du panier à thé
sur la clôture

Issa

aiguilles de pin tombées
dans un temple zen ;
le mois sans dieux

Bonchô

il faisait si froid,
j’ai laissé le balai de bambou
sous le pin

Taigi

°
(p.1137)

le propriétaire précédent :
je sais très bien
comme le froid le pénétrait

Issa

« les latrines sont ici »
dit le cheval ;
froid nocturne

Issa

°
(p.1138 :)

Période de Grand Froid :
si seulement c’était le huitième mois !
la lune dans le pin

Issa

nuit d’hiver ;
sans aucune raison
j’écoute mon voisin

Kikaku

°
(p.1139 :)

un couteau de cuisine à fine lame
tomba au bord du puits –
le froid !

Buson

le son de la scie
est si pauvre
ce minuit d’hiver

Buson

les poireaux
juste lavés blancs –
quel froid !

Bashô

°
(p.1140 :)

un poireau
flotte sur la rivière Ekisui –
ah, quel froid !

Buson

les blanches fleurs de prunier ;
le Kôrokan *
sent l’encre de Chine

Buson

* : Bureau Chinois, où l’on recevait les hôtes étrangers, les ambassadeurs, etc.

°
(p.1141)

le bruit
d’un rat sur une assiette –
quel froid !

Buson

un rat
tomba dans une cruche à eau :
quelle nuit froide !

Taigi

désolation hivernale ;
passant par un petit hameau,
un chien aboie

Shiki

°
(p.1142 :)

le son d’une cascade
tombant dans l’océan –
nuit froide d’hiver

Kyokusui

moins de dix ans,
l’enfant offert au temple ;
froid glacial !

Shiki

à la lumière de la chambre voisine,
assis à ma petite table à manger ;
ah, le froid !

Issa

°
(p.1143 :)

l’enfant morveux
n’a pas été « vendu » ;
quel froid !

Shiki

nuit ;
mordant le pinceau gelé
avec une dent qui me reste

Buson

°
(p.1144 :)

dans le ciel froid de l’aube
un seul pin
sur le pic

Gyôdai

°
(p.1145 :)

levant la tête
je regarde ma forme couchée ;
froid glacial

Raizan

il fait plutôt froid
nul insecte n’approche
de la lampe

Shiki

l’air est glacé ;
je presse l’enfant contre moi,
elle est si mignonne !

Shiki

°
(p.1146 : à suivre…)

19 HAIKU d’automne – Blyth – p.1012-1021

3 juin 2011

°
(p.1012 :)
CHAMPS ET MONTAGNES

s’éclaircissant au soir –
dans le pâle ciel bleu,
rangée après rangée de montagnes automnales

Issa

éloigné d’une lieue :
pour les sourcils
sont froids les pics d’automne

Buson

la rosée blanche :
assez pour mouiller les poils
de la poitrine du chasseur

Buson

°
(p.1013 :)

deux maisons
aux portes ouvertes :
montagnes d’automne

Michihiko

montagnes d’automne ;
ici et là
de la fumée s’élève

Gyôdai

route sur la lande d’automne –
quelqu’un s’en vient
derrière moi !

Buson

°
(p.1014 :)

rencontrant quelqu’un –
qu’elles sont impressionnantes,
les montagnes d’automne !

Shiki

dix pas
hors de la maison :
la vaste mer d’automne

Shiki

°
(p.1015 :)

dans chaque village
le sommeil s’approfondit ;
l’eau tombe

Buson

dans les champs,
hors des champs,
l’eau de l’automne tombe

Buson

°
(p.1016 :)

l’écoulement de l’eau
devient l’obscurité
de chaque champ

Buson

°
(p.1017 :)
DIEUX ET BOUDDHAS

vivides,
comme si devant nous :
la Fête de Toutes les Âmes

Kigin

La Fête de Toutes les Âmes ;
aujourd’hui aussi s’élève la fumée
des incinérations

Bashô

°
(p.1018 :)

la mare aux lotus ;
tels qu’ils sont, pas cueillis,
pour le Festival de Toutes les Âmes

Bashô

°
(p.1019 :)

table des Esprits ;
la rosée et les larmes
sont l’huile

Ransetsu

la table des Esprits ;
la desservant :
c’est la même pièce qu’avant

Buson

la chat qui ne sait pas
que l’automne est arrivé
est un Bouddha

Issa

°
(p.1020 :)

sur l’autel,
au centre,
crie un grillon

Issa

le riz amassé près de lui,
Jizô a l’air délaissé
au bord de la route

Shiki

°
(à suivre, p.1022 : AFFAIRES HUMAINES)

46 HAIKU de la préface au T. IV de HAIKU – Blyth – p.978-993

31 mai 2011

°
(p.978 :)

faisant du calme
mon seul compagnon :
solitude hivernale

Teiga

°
(p.981:)

regardant attentivement –
une bourse-à-pasteur
fleurit sous la haie

Bashô

dans le radis amer
qui me pique, je sens
le vent d’automne

Bashô

°
(p.982 :)

au sixième mois
le mont Arashi
pose des nuages à son sommet

Bashô

éclairs estivaux !
hier à l’est
aujourd’hui à l’ouest

Kikaku

on peut voir maintenant
quelques étoiles –
et grenouilles de coasser

Yayu

°
(p.983 :)

jetant les cendres,
les blanches fleurs de prunier
se troublèrent

Bonchô

le printemps bientôt fini,
la rose jaune blanchit,
la laitue devient amère

Sôdô

°
(p.984 :)

des fleurs de prunier ici et là,
il fait bon aller vers le nord,
il fait bon aller vers le sud

Buson

fleurs de colza ;
n’allant pas voir le prêtre,
passant juste à côté de chez lui

Buson

prétendant faire exprès
et traversant un temple –
la lune brumeuse

Taigi


(p.985 :)

élevant la hache
pour la couper –
elle bourgeonnait

Shiki

affûtant la faucille,
l’ansérine
a l’air de s’affliger

Meisetsu

froid matinal ;
les voix des voyageurs
qui quittent l’auberge

Taigi

°
(p.986 :)

des voyageurs
s’enquièrent du froid de la nuit
de leurs voix endormies

Taigi

sur le point de saisir l’eau,
je la sentis entre mes dents :
l’eau de la source

Bashô

le cheval rabat ses oreilles en arrière ;
les fleurs du poirier
sont froides

Shikô

ces fleurs de prunier,
comme elles sont rouges, rouges,
oui, si rouges !

Izen

°
(p.987 :)

le long du rivage
tombent les vagues, tombent et sifflent,
tombent et sifflent

Izen

à travers les cèdres
ouf, ouf, ouf,
souffle la brise

Izen

jour le plus chaud de l’année ;
le seul chapeau que j’avais :
volé !

Issa

nuit chaude ;
dormant au milieu
de sacs et de bagages

Issa

claire de lune d’automne :
des poux de mer courent
sur les pierres

Tôrin

°
(p.988 :)

dans la brise printanière
le héron neigeux vole blanc
entre les pins

Raizan

des souriceaux dans leur nid
couinent en réponse
aux jeunes moineaux

Bashô

herbes d’été ;
sur le sentier qui mène au temple de montagne,
des statues en pierre du Bouddha

Gojô

°
(p.989 :)

un coucou chante
parmi les ombres du soir ;
aucun bruit de bûcheron

Kozan

algues vertes ;
dans le creux des rochers,
la marée oubliée

Kitô

un temple de montagne ;
de l’eau claire coule sous la véranda,
de la mousse sur les bords

Kitô

élevant ses cornes,
le troupeau regarde les gens
sur la lande estivale

Seira

°
(p.990 :)

labourant le champ,
pas un oiseau ne siffle
à l’ombre de la colline

Buson

la cascade
tombe en rugissant
dans la verdure luxuriante

Shirô

combien de papillons
ont-ils franchi
ce mur de toit ?

Bashô

à l’aube
les baleines mugissent ;
une mer gelée

Gyôdai

°
(p.991 :)

à côté,
on a cessé de piler le mortier :
froide pluie nocturne

Yaha

le goutte-à-goutte
du seau à savon cesse :
la voix du grillon

Bonchô

le bruit de la carpe,
l’eau légèrement sombre,
les fleurs de prunier blanches

Uryû

jour de printemps ;
on ouvre les portes coulissantes
du grand temple

Gusai

ici et là
des grenouilles coassent dans la nuit,
des étoiles brillent

Kikaku

°
(p.992 :)

la pluie d’hiver
tombe sur l’étable ;
la voix du coq

Bashô

le jour s’assombrit,
gens du printemps qui descendent
du temple Mii

Gyôdai

un printemps non vu par les hommes –
au dos du miroir,
un prunier en fleur

Bashô

le coucou !
la terre des rizières colle
aux supports des sabots

Bonchô

°
(p.993 :)

un coucou siffle ;
entre les arbres,
une tour d’angle

Shihô

champs pour semer des haricots,
appentis à bois –
rien que des endroits célèbres

Bonchô

dans la tempête hivernale
le chat ne cesse
de cligner des yeux

Yasô

°
(p.994 : à suivre)

35 HAIKU d’été – Blyth – p.798-810

15 mai 2011

°
(p.798 :)

hae utsu ni . hana saku kusa mo . utarekeri

Issa

frappant la mouche,
je frappai aussi
une plante en fleur



hito hitori . hae mo hitotsu ya . ôzashiki

Issa

un humain,
une mouche,
dans la pièce spacieuse

(trad. Munier :
Un humain
une mouche
dans la vaste chambre)

°
(p.799 :)

hae nikkushi . utsu ki ni nareba . yoritsukazu

Shiki

mouches haïssables ;
quand je veux les tuer
elles n’approchent pas !

hae utte . shibaraku yasushi . yojôhan

Shiki

tuant la mouche,
pour un temps, la petite pièce
est calme

°
(p.800 :)

nemuran to su . nanji shizuka ni . hae wo ute

Shiki

je voudrais dormir ;
tuez les mouches
doucement, s’il vous plaît !

hiru no ka wo . ushiro ni kakusu . hotoke kana

Issa

les moustiques du jour,
le Bouddha les cache
derrière lui !

furuido ya . ka ni tobu uo no . oto kurashi

Buson

dans le vieux puits
un poisson saute sur un moucheron :
le son de l’eau est sombre

(trad. Munier :
Dans le vieux puits
un poisson gobe un moustique –
le bruit de l’eau est sombre)

°
(p.801 :)

waga yado wa . ka no chiisaki wo . chisô kana

Bashô

dans ma cabane,
tout ce que j’ai à vous offrir
c’est la petitesse des moustiques



waga yado wa . kuchi de fuite mo . deru ka kana

Issa

dans ma cabane
il suffit que je siffle
pour qu’arrivent les moustiques !



medetasa wa . kotoshi no ka ni mo . kuwarekeri

Issa

de quoi me féliciter :
les moustiques de cette année aussi
m’ont piqué

°
(p.802 :)

ka no koe su . nindô no hana . chiru tabi ni

Buson

la voix des moustiques
chaque fois qu’une fleur de chèvrefeuille
tombe



ka ga chirari . horari kore kara . oi ga yo zo

entrevu un moustique :
dès lors,
le monde des seniors

himabito ya . ka ga deta deta to . fure akuru

Issa

gens oisifs
le bruit se répand
que les moustiques sont là !

°
(p.803 :)

ka mo orazu . demizu no ato no . sabishisa yo

Shiki

même après l’inondation,
il n’y a pas de moustiques :
quelle solitude !

nowake shite . semi no sukunaki . ashita kana

Shiki

après l’orage
peu de cigales
ce matin d’automne

neya no ka no . bun to bakari ni . yakarekeri

Issa

moustique dans la chambre :
un seul zzz
et il brûla !

°
(p.804 :)

kabashira ni . yume no ukibashi . kakaru nari

Kikaku

de l’autre côté des colonnes de moustiques,
le pont flottant
de mes rêves

kabashira ya . futoshiki tatete . miyazukuri

Shiki

des colonnes de moustiques
grosses, épaisses,
comme celles d’un palais



kabashira no . ana kara miyuru . miyako kana

Issa

par un trou à travers
la colonne de moustiques,
on voit
la capitale !

°
(p.805 :)

kabashira ya . natsume no hana no . chiru atari

Gyôdai

colonnes de moustiques
près des fleurs de jujube
qui tombent et se dispersent



yoigoshi no . tôfu akari ni . yabuka kana

Issa

le tofu d’hier soir
brille blanc ;
des moustiques rayés le survolent

°
(p.806 :)

hatsuhotaru . tsui to soretaru . tekaze kana

Issa

la première luciole !
partie, envolée :
le vent seul dans ma main

nigete kite . tameiki tsuku ka . hatsubotaru

Issa

t’échappant ici,
as-tu poussé un soupir de soulagement,
première luciole ?

°
(p.807 :)

kusa no ha wo . otsuru yori tobu . hotaru kana

Bashô

la luciole,
en tombant de la feuille,
s’envola !

owarete wa . tsuki ni kakururu . hotaru kana

Ryôta

pourchassée,
la luciole
se cache dans la lune

(trad. Munier :
Poursuivie
la luciole
se cache dans la lune)

tobu hotaru . are to iwan mo . hitori kana

Taigi

une luciole voltigeant :
« Regarde ! », faillis-je dire ;
(mais) j’étais seul

°
(p.808 :)

ou hito ni . akari wo misuru . hotaru kana

Ôemaru

la luciole
éclaire
son poursuivant

hitotsu kite . niwa no tsuyukeki . hotaru kana

Kirei

une seule luciole s’en vient ;
le jardin
est si couvert de rosée !

°
(p.809 :)

koko kashiko . hotaru ni aoshi . yoru no kusa

Hôjo

ici et là
l’herbe de la nuit est verte
grâce aux lucioles

te no hira wo . hau ashi miyuru . hotaru kana

Banko

la luciole,
quand elle rampe sur ma paume,
je vois ses pattes

hiru mireba . kubisuji akaki . hotaru kana

Bashô

à la lumière du jour
la luciole montre
son cou rouge

akenureba . kusa no ha nomi zo . hotaru-kago

Onchô

à l’aube,
que des herbes
dans la cage aux lucioles

°
(p.810 :)

yo ga akete . mushi ni naritaru . hotaru kana

Aon

quand arrive l’aube,
la luciole devient
insecte

(trad. Munier :
Quand l’aube pointe
la luciole
devient un insecte)

moeyasuku . mata kieyasuki . hotaru kana

Chine-jo

aussi facilement qu’elle luit
elle s’éteint,
la luciole



te no uchi ni . hotaru tsumetaki . hikari kana

Shiki

la lueur
de la luciole
froide dans la main

(trad. Munier :
La luciole –
sa luisance
froide dans la main)

°
(P.811- à suivre…)

17 HAIKU d’été – Blyth – p.764-770

10 mai 2011

°
(p. 764 :)

kusa ikire . hito shini oruto . fuda no tatsu

Buson

herbes chaudes, luxuriantes ;
une pancarte y dit
que quelqu’un est mort

aoume ni . mayu atsumetaru . bijin kana

Buson

prunes vertes;
les sourcils de la beauté
se rejoignent

°
(p.765 :)

aoume ni . uchinarasu ha ya . kai no oto

Buson

la dent
grince sur la prune verte –
bruit d’une coquille

°
(p.766 :)
OISEAUX ET ANIMAUX

hototogisu . naku ya ariso no . nami-gashira

Gyôdai (1732-1793)

un hototogisu* chante ;
sur la côte sauvage
crêtes mousseuse des vagues

* : coucou.

hototogisu . naku ya yoake no . umi ga naru

Shirao (1735-1792)

un hototogisu chante ;
la mer gronde
à l’aube

hototogisu . ôtake yabu wo . moru tsukiyo

Bashô

le clair de lune penche
à travers la grande bambouseraie :
un hototogisu chante

°
(p.767 :)

tsuki no de no . kusa ni kaze fuku . hototogisu

Shiki

la lune se lève,
vent dans les herbes –
un coucou chante



kore wa sate . nemimi ni mizu no . hototogisu

Issa

soudain frappé –
Dieu me bénisse !
la voix du coucou

chôchin de . daibutsu miru ya . hototogisu

Shiki

admirant le Grand Bouddha
à la lumière de la lanterne –
la voix du coucou !

°
(p.768)

hototogisu . ika ni kijin mo . tashika ni kike

Sôin

un coucou !
bien que vous soyez des Dieux,
ô, écoutez !

hototogisu . naki naki tobu zo . isogashiki

Bashô

le coucou,
volant, chantant, volant :
quelle vie affairée !

sewashisa wo . ware ni utsusu na . hototogisu

Issa

hototogisu !
ne me prends pas
à tes affaires !

°
(p.769 :)

hototogisu . naku ya goshaku no . ayamegusa

Bashô

la voix du coucou,
et les iris
d’un mètre-cinquante

haiwataru . hashi no shita yori . hototogisu

Issa

de dessous le pont suspendu
grimpant dessus :
la voix du coucou

hototogisu . kieyuku kata e . shima hitotsu

Bashô

le cri d’un coucou
disparaît vers
une île solitaire

°
(p.770 :)

hototogisu . heianjô wo . sujikai ni

Buson

Ah, le coucou !
il a volé en diagonale
sur Kyôto *

* « le château des Heian »

hototogisu . akatsuki kasa wo . kawasekeri

Kikaku

un coucou crie ;
l’aube me fait acheter
un parapluie

°
(p.771- à suivre…)

10 HAIKU d’été – Blyth – p.646-653

24 février 2011

°
(p.646 :)

waga tame ni . toboshi osokare . haru no kure

Gyôdai

par égard pour moi,
allumez les lampes tard,
ce soir de printemps

°
(p.647 :)

ume ikete . tsuki to mo wabin . tomoshikage

Taigi

arrangeant les fleurs de prunier,
je les apprécierais à la lueur de la lampe,
comme si sous la lune !

°
(p.651 :)

LA SAISON :

rokugatsu no . umi miyuru nari . tera no zô

Shiki

les bouddhas du temple;
au loin,
la mer de juin



ôari no . tatami wo aruku . atsusa kana

Shirô

une énorme fourmi
marche sur le tatami;
quelle chaleur !

fûrin wa . narade tokei no . atsusa kana

Yayû

la clochette-à-vent silencieuse;
la chaleur
de la pendule

°
(p.652 :)

umabae no . kasa wo hanarenu . atsusa kana

Shiki

les mouches du cheval
ne quittent pas mon kasa;
quelle chaleur !

shinanoji no . yama ga ni ni naru . atsusa kana

Issa

sur la route de Shinano,
la montagne est un fardeau que je porte –
oh ! quelle chaleur, quelle chaleur !

°
(p.653 :)

atsukurushi . midaregokoro ya . rai wo kiku

Shiki

chaleur oppressante ;
mon esprit tourbillonnant,
j’écoute les coups de tonnerre

hagakure wo . kokedete uri no . atsusa kana

Kyorai

les melons ont si chaud
qu’ils ont roulé
hors de leur cachette feuillue

kaze ikka . ninau atsusa ya . uchiwauri

Kakô

le vendeur d’éventails
porte un chargement de vent –
ah, quelle chaleur !

°
(à suivre, p.654-)

24 haiku de printemps – Blyth – p.634-640-

12 février 2011

°
(p.634 :)

yoku mireba . nazuna hana saku . kakine kana

Bashô

regardant soigneusement –
une bourse-de-pasteur fleurit
sous la barrière

yoku mireba . kiuri no tsubomi ya . kusa no naka

Shiki

regardant soigneusement –
les bourgeons d’une fleur de concombre
dans l’herbe

akazume ya . nazuna no mae mo . hazukashiki

Issa

devant mon gruau de bourse-de-pasteur
j’ai honte :
ces ongles sales !

°
(p. 635 :)

furudera ya . hôroku suteru . seri no naka

Buson

le vieux temple :
un plat à rôtir
jeté au milieu des seri *

* « seri est une des Sept Herbes du printemps » (Blyth.)

°
(p.636 :)

kore kiri ni . komichi tsukitari . seri no naka

Buson

c’est tout ce qu’il y a :
le sentier finit
parmi les seri

michi taete . ka ni semari saku . ibara kana

Buson

le chemin finissant,
approchant du parfum,
des roses sauvages fleuries !

samidare ni . miezu narinuru . komichi kana

Buson

dans les pluies d’été,
le sentier
a disparu

uragare no . naka ni michi aru . teruha kana

Buson

à travers le taillis desséché
un sentier ;
feuilles jaunissantes

°
(p.637 :)

sankei no . juppo ni tsukite . tade no hana

Buson

après trois pas
finit le jardin :
fleurs de renouée du Japon

soba katte . iru ya ware yuku . michi no hata

Buson

coupant le sarrasin
sur le bord de la route
où je marche

chikamichi ni . dete ureshi no no . tsutsuji kana

Buson

prenant un raccourci,
les azalées sur la lande Ureshi *
quel bonheur !

* Heureuse

ware kaeru . michi ikusuji zo . haru no kusa

Buson

sur le chemin du retour,
combien de rangées
d’herbes du printemps !

michi no be ya . te yori koborete . soba no hana

Buson

au bord de la route,
échappées des mains de quelqu’un
des fleurs de sarrasin

furumichi to . kiite yukashiki . yukino kana

Buson

entendre que c’était une ancienne route,
ce fut plaisant
sur la lande enneigée

massugu ni . michi arawarete . kare no kana

Buson

sur la lande desséchée
la route s’étend
droite

°
(p.638 :)

hasomichi ni . nariyuku koe ya . kannembutsu

Buson

chantant nenbutsu du milieu de l’hiver,
les voix des dévots plus faibles,
le chemin plus étroit



hosomichi wo . uzumi mo yaranu . ochiba kana

Buson

la sente étroite,
pas entièrement recouverte
de feuilles tombées

yamaji kite . naniyara yukashi . sumire-gusa

Bashô

venant le long du sentier montagneux,
il y a quelque chose de touchant
chez ces violettes



suwaritaru . fune wo agareba . sumire kana

Buson

sortant de bateau
qui a accosté –
les violettes !



sumire tsumeba . chiisaki haru no . kokoro kana

Gyôdai

cueillant une violette –
le tendre
Coeur du Printemps !

°
(p.639 :)

tsumu mo oshi . tsumanu mo oshiki . sumire kana

Naojo

dommage de la cueillir,
dommage de la laisser,
ah, cette violette !

te ni toreba . nao utsukushiki . sumire kana

Koshû

la violette :
tenue dans la main,
encore plus jolie

haya sabishi . asagao maku to . yû hatake

Issa

un parterre de fleurs
où on sème des belles-du-jour –
déjà la solitude !

°
(p.640 :)

honeshiba no . karare nagara mo . ki-no-me kana

Bonchô

le bois mort,
bien que coupé pour le feu
commence à bourgeonner

°

FIN de PRINTEMPS (vol. II) de HAIKU de R.H.Blyth, the Hokuseido Press, Tôkyô, 1950.

À suivre : ÉTÉ (vol. III), p.641-886.

12 HAIKU de printemps – Blyth – p.586-591

27 janvier 2011

°
(p.586 :)

fumi wa ato ni . ume sashiidasu . tsukai kana

Kikaku

Le messager :
il offre la branche de fleurs de prunier
puis la lettre

ume chirite . sabishiku narishi . yanagi kana

Buson

les fleurs de prunier tombées,
comme est solitaire
le saule !

°
(p.587 :)

shiraume ya . kaki no uchisoto ni . koborechiru

Chora

fleurs blanches de prunier;
à l’intérieur, à l’extérieur de la haie,
elles tombent et s’éparpillent

chiru tabi ni . oi-yuku ume no . kozue kana

Buson

avec chaque pétale qui tombe,
les branches du prunier
vieillissent

ume chiru ya . sôdô ni hiwo . tomoshiyuku

Gyôdai

allant allumer les bougies
dans le temple couvert de chaume,
des fleurs de prunier tombent

°
(p.588 :)

yûzuki ya . ume chirikakaru . koto no ue

Shiki

lune du soir –
des fleurs de prunier tombent
sur le luth

kôbai no . rakka moyuramu . uma no fun

Buson

les fleurs tombées du prunier rouge
semblent brûler
sur les crottes de cheval

akindo wo . hoeru inu ari . momo no hana

Buson

un chien aboie
après un colporteur –
pêchers en fleurs

°
(p.589 :)

(du Saikontan *
:

l’aboiement d’un chien dans un village de fleurs de pêchers;
le chant d’un coq au milieu des mûriers

* cf HAIKU, vol 1, p.74.)

kûte nete . ushi ni narabaya . momo no hana

Buson

après manger, s’endormir
et devenir un boeuf
sous les fleurs de pêcher !

°
(p.590 :)

akebono ya . koto ni tôka no . tori no koe

Kikaku

l’aube –
et la voix, par-dessus tout,
du coq des fleurs de pêcher !

(p.591 :)

l’aube –
la voix, par-dessus tout
du coq-de-combat couleur pêche !

furudera no . momo ni kome fumu . otoko kana

Bashô

près du vieux temple
des fleurs de pêcher;
un homme foulant du riz

sendô no . mim no tôsa yo . momo no hana

Shikô

fleurs de pêcher !
mais le passeur
est sourd…

°
(à suivre, p.592 -)

14 HAIKU de printemps – Blyth – p.521-526

22 novembre 2010

°
(p.521) :

suzume no ko . soko noke soko noke . o-uma ga tôru

Issa

petit moineau,
écarte-toi, écarte-toi du chemin,
Monsieur Cheval arrive

°
(p.522) :

ôzei no . ko ni tsukaretaru . suzume kana

Issa

un moineau épuisé
au milieu
d’une foule d’enfants

°

yûgao no . hana fumu mekura . suzume kana

Gyôdai

le moineau aveugle
saute sur la fleur
de la belle-de-nuit

°
(p.523) :

suzumego ya . otake-nyorai no . nagashimoto

Issa

bébé moineau :
la servante-Bouddha *
sous l’évier

°

otake no shiri wo . tataitara . kwan to nari

(: un senryû)

claquez les fesses d’O-Take *,
et « cling ! »
elles sonneront

* O-Take était une servante modèle… devenue une sorte d’image Bouddhiste faite ordinairement en métal (d’après R.H. Blyth).

°
(p.524) :

zenkôji e . itte kita kao ya . suzume no ko

Issa

les moineaux
ont l’air de revenir d’un pèlerinage
au temple Zenkôji

°

suzumego mo . ume ni kuchi aku . nenbutsu kana

Issa

les jeunes moineaux aussi
ouvrant leur bec aux fleurs de prunier :
c’est le Nenbutsu

°

suzumego mo . asa kaichô no . ma ni ainu

Issa

à l’exposition matinale
de l’image bouddhique,
les moineaux aussi sont à l’heure

°

kaichô ni . au ya suzume mo . oyako-zure

Issa

à l’exposition de l’Image,
les parents moineaux
et leurs enfants aussi

°

(p.525 :)

suzumego ya . hane aritake no . ureshi-gao

Sekiu

le jeune moineau
manifeste le bonheur
de toutes ses ailes

°

yake ni iza . ume ni iza to ya . oya-suzume

Issa

« Allons maintenant dans les bambous,
dans le prunier ! »
la maman moineau

°
(p.526 :)

tobikawasu . yatake-gokoro ya . oyasuzume

Buson

sautillant d’avant, d’arrière,
inquiets et agités,
les parents moineaux

°

kaki ni kite . suzume oya yobu . koe sewashi

Shiki

venant à la barrière
la maman moineau appelle
d’une voix insistante

°

jihi sureba . fun wo suru nari . suzume no ko

Issa

Si vous êtes tendre avec eux,
les jeunes moineaux
feront sur vous

°
(à suivre, p.526-)