Posts Tagged ‘Gonsui’

23 HAIKU d’hiver – Blyth – p.1211-1218

13 juin 2011

°
(p.1211 :)

pourquoi
certains glaçons sont-ils longs,
d’autres courts ?

Onitsura

Le bouddha sur la lande ;
du bout de son nez
pend un glaçon

Issa

°
(p.1212 :)

tempête d’hiver ;
la voix de l’eau qui jaillit
déchirée par les rochers

Buson

la tempête d’hiver
se cacha dans les bambous
et s’immobilisa

Bashô

la tempête souffle :
le visage péniblement bouffi
de quelqu’un

Bashô

°
(p.1213 :)

comme si elles touchaient une tumeur,
les branches tombantes
du saule

Bashô

rafale froide ;
de petites pierres grattent
les planches du toit

Buson

la tempête d’hiver
souffle de petites pierres
sur la cloche du temple

Buson

°
(p.1214 :)

tempête d’hiver sur la lande :
traversant sur les pierres
de la rivière

Buson

tempête d’hiver ;
on voit très clairement
les petites pierres du champ

Buson

le soleil brille clair
sur les cailloux
de la lande desséchée

Buson

écrivant un poème sur une pierre,
puis passant –
la lande desséchée !

Buson

morne et déserte,
le soleil sombre derrière les pierres
sur la lande desséchée

Buson

étincelles sur une pierre
de l’équipage du porteur de palanquin
sur la lande desséchée

Buson

°
(p.1215 :)

la tempête d’hiver
se résout finalement
dans le bruit de la mer

Gonsui

désolation hivernale :
dans un monde unicolore
le bruit du vent

Bashô

°
(p.1216 :)

sur le mont Utsu
tout est desséché, désertique :
le cheval aussi mange le gâteau de riz

Kikaku

vent d’hiver :
le cheval soudain trébuche
en rentrant au bercail

Buson

°
(p.1217 :)

la rafale sur le déclin
aiguise les rochers
parmi les cryptomeria

Bashô

dans la rafale hivernale
on appelle le masseur
en vain

Issa

sous la lune hivernale
on appelle en vain
l’aveugle

Issa

°
(p.1218 :)

la nuit le masseur
est appelé en vain,
pluie froide

Issa

froide pluie nocturne ;
on appelle en vain
le masseur

Issa

°
(p.1219 : CHAMPS ET MONTAGNES : à suivre…)

Publicités

7 HAIKU d’été – Blyth – p.771-773

11 mai 2011

°
(p.771 :)

hototogisu . koe yokotau ya . mizu no ue

Bashô

le cri du coucou
passe – ah ! obliquement
sur l’eau

sate wa ano . tsuki ga naita ka . hototogisu

Baishitsu (1768-1852)

Quoi ? Fut-ce la lune
qui chanta ?
un coucou !

°
(p.772 :)

chôchin no . shidai ni tôshi . hototogisu

Shiki

s’éloignant de plus en plus
la lanterne :
la voix du coucou !

yamadera ya . hirune no ibiki . hototogisu

Shiki

du temple de montagne
des ronflements à mi-journée
et la voix du coucou

uo hanete . mizu shizuka nari . hototogisu

Gonsui (1646-1719)

une carpe saute ;
l’eau redevient lisse ;
la voix du coucou

(trad. Munier :
la carpe fit un bond
et l’eau de nouveau lisse –
chant du coucou)

°
(p.773 :)

hototogisu . kao no dasarenu . kôshi kana

Yaha (1662-1740)

un coucou –
j’essayai de voir,
mais le treillis !…

aruki nagara . karakasa hoseba . hototogisu

Issa

marchant le parapluie fermé,
le séchant –
la voix du coucou

°
(p.774- à suivre…)

De la brièveté dans le haïku, par R.H.Blyth…

5 mai 2011

°
(in HAIKU, p. 180 :)

« Certains haïkus, malgré leur brièveté, sont trop longs :

Quelle pitié !
au milieu des insectes
une nonne solitaire

: Gonsui.

La première ligne ne fait pas seulement double emploi, mais le pathétique de la scène disparaît si nous le mentionnons, à bien y penser. Le bruissement des insectes dans le champ automnal, et la nonne qui se trouve là, seule, suffisent. Tout ce qui est en plus est en trop. »

R.H. Blyth.