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Haïku, poésie du zen (2)

12 novembre 2008

p.12 :

« Le Zen a influencé nombre d’arts et de disciplines qui, littéralement imprégnées par l’esprit de la voie (do), sont devenus de nouvelles formes de méditation et d’apprentissage : le chadô (voie du thé), le kadô(voie des fleurs), le kendô (voie du sabre), le kyûdô (voie de l’arc), le judô (voie de l’auto-défense), le shôdô (voie de la calligraphie). La dynamique sous-jacente à tous ces arts ? Une perception pleine et entière de l’instant – être ici et maintenant. Et cette force spécifique n’est nulle part aussi présente que dans l’art subtil du haïku. »

p.13 :

« Le haïku évoque un vortex d’énergie; l’instant du poème devient un espace d’intensité absolue dans lequel la saisie intuitive du poète est à son comble. »

« L’art du haïku consiste à concentrer la réalité en un seul et unique moment qui piègera poète et lecteur dans le partage d’une même expérience. C’est cette rencontre foudroyante qui fait du haïku la poésie-même du Zen – restitution de moments que la prose ou la logique échouent à décrire. »

p.15 :

« Le temps d’un instant fugitif nous percevons une structure et un sens jamais éprouvés auparavant. Restituer pareil instant, telle est précisément l’intention du haïku et de sa discipline formelle. Car la poésie du haïku est la restitution d’une expérience, et non son commentaire. »

« Chaque mot du haïku est une expérience. C’est bien la fraîcheur qui apparaît comme l’essence du haïku, en ce qu’elle est créée par l’immédiateté de la sensation. Laquelle procure au lecteur un bonheur vrai et durable. En effet, le haïku peut être lu encore et encore – avec un ravissement toujours neuf. »

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Haïku, poésie du zen

12 novembre 2008

, éd. Picquier, 2004

p.6 :

« Le moins l’emporte sur le plus » – voilà une affirmation dont le bien-fondé n’a pas toujours été reconnu en Occident. »

« Le haïku se situe naturellement dans cette poétique du moins qui l’emporte sur le plus. »

« Bouddhistes ou non, les écrivains chinois traçaient en effet de multiples parallèles entre la poésie et le Zen. »

« Il semblerait que les bouddhistes des premiers temps eussent voulu proposer comme nouveau modèle d’inspiration le sentiment exacerbé de la réalité tel qu’il surgit dans le cadre de la méditation. Ce qui bénéficia à l’ensemble de la poésie extrême orientale – et tout particulièrement au haïku. »

« Il n’est pas illégitime de mettre l’accent sur la dimension  réaliste du haïku, notamment lorsque l’observation clairvoyante de la vie quotidienne – si caractéristique d’un Bashô – transcende la dimension plus courtoise dévolue à la poésie d’autrefois. Et si, comme l’affirme un vieux dicton zen, « puiser de l’eau et porter du bois » sont les gestes mêmes par lesquels se manifeste le surnaturel, nous pouvons croire que cette vérité a trouvé sa plus parfaite réalisation poétique avec l’émergence du haïku. »

: T.H. Barrett, Professeur à l’Université de Londres.